TOUT EST DIT

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lundi 25 mars 2013

« 17 SALOPARDS »

« 17 SALOPARDS »


« Qu’ils dégagent tous », « salopards », « échec du gouvernement »… Le vocabulaire utilisé hier lors du 3e Congrès, à Bordeaux, du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon a traduit une radicalisation que le Parti socialiste a aussitôt vivement dénoncée.
Durant ces assises qui s’achèvent aujourd’hui, et qui ont été largement dirigées contre les « politiques d’austérité » du gouvernement et de l’Europe, les dirigeants du PG s’en sont en particulier pris au ministre de l’Economie Pierre Moscovici. François Delapierre, secrétaire national, a dénoncé « les 17 salopards de l’Europe » faisant référence à l’attitude des 17 gouvernements de la zone euro à l’égard de Chypre. Dans ces 17 salopards, il y a un Français, il a un nom, il a une adresse, il s’appelle Pierre Moscovici et il est membre du Parti socialiste », a-t-il dit vivement applaudi par les 800 délégués. « Une très belle expression », dit en souriant aux journalistes Jean-Luc Mélenchon, en qualifiant le ministre de « petit intelligent qui a fait l’ENA » et qui « ne pense pas français, qui pense finance internationale ».
Ces propos ont été qualifiés « d’inacceptables » par le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, qui a demandé à Mélenchon de les « retirer ». « C’est un vocabulaire des années 30 que l’on ne pensait plus entendre de la bouche d’un républicain et encore moins d’un dirigeant de gauche. Cette attaque sur l’identité française de Pierre Moscovici donne le haut-le-cœur. Elle signe une dérive dangereuse qui doit cesser dans l’injure et la mise en cause personnelle ». De son côté, David Assouline, porte-parole du PS, a déclaré : « Le style, l’insulte et l’appel ad hominem à la vindicte publique du Front de Gauche contre Pierre Moscovici, au-delà de sa vulgarité, est indigne d’un parti de gauche ». « D’autant, a-t-il poursuivi, que la violence du verbe n’a d’égal que (son) silence assourdissant sur le scandale des placements oligarques russes dans le paradis fiscal Chypriote étonnamment épargné aussi ».

Bettencourt : le juge Gentil va porter plainte contre Guaino

Le député UMP sera cité pour avoir "injurié" le juge d'instruction en charge de la mise en examen de Nicolas Sarkozy. 
Le juge Jean-Michel Gentil va porter plainte contre le député UMPHenri Guaino, après les propos qu'il a tenus sur lui vendredi matin, a indiqué samedi son avocat à l'AFP, confirmant une information de RTL : "Il m'a mandaté pour étudier une plainte pénale contre M. Guaino, suite aux propos qui ont été tenus hier matin sur Europe 1, où les propos ont été tout à fait inadmissibles. On a accusé M. Gentil de porter atteinte à la République, d'être le déshonneur de la justice et des institutions et j'en passe, a déclaré Me Rémi Barousse.

"M. Guaino", a-t-il déclaré, "sera cité devant le tribunal correctionnel pour répondre des infractions qui lui sont reprochées". "Je précise, a-t-il ajouté, que c'est tout à fait périphérique au dossier dont a pu être saisi M. Gentil, qui a été injurié par quelqu'un qu'il ne connaît pas, qui est tout à fait extérieur au dossier, et qui semble aussi avoir des connaissances assez sommaires en matière de procédure pénale".
Évoquant le juge Gentil, qui est, outre son client, son ami et ancien collègue magistrat, Me Barousse a observé : "Il est magistrat, mais comme toute personne, il a le droit de défendre ses droits, il a le droit à ne pas être injurié publiquement et à ne pas être outragé publiquement. Donc il a le droit de se défendre comme toute personne."
"C'est quelqu'un d'extrêmement sérieux, compétent et travailleur et totalement impartial et indépendant. J'entends des commentaires, ou j'ai pu lire des commentaires où on le soupçonne de connivence politique, mais je peux affirmer que tout cela est absolument faux", a conclu l'avocat.

"Grotesque"

Henri Guaino, proche de Nicolas Sarkozy, a estimé vendredi que le juge Jean-Michel Gentil avait "déshonoré la justice" en mettant en examen l'ex-chef de l'État pour abus de faiblesse. "Je conteste la façon dont il fait son travail (...), je la trouve indigne, je trouve qu'il a déshonoré un homme, les institutions, la justice", a notamment déclaré M. Guaino. Il a aussi qualifié de "grotesque, insupportable" la qualification d'abus de faiblesse retenue.
"Cette décision est irresponsable, elle n'a pas tenu compte des conséquences qu'elle pouvait avoir sur l'image du pays, de la République, de nos institutions", a-t-il insisté, avant de demander au juge "de venir expliquer aux Français pourquoi (...) il a pris une décision aussi lourde de conséquences". L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été mis en examen jeudi à Bordeaux pour abus de faiblesse à l'encontre de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt
PETITE VENGEANCE D'UN PETIT POIS QUI N'A PAS AIMÉ QUE NICOLAS SARKOZY PUISSE UN JOUR L'EMPÊCHER D'INSTRUIRE EN ROND.

Un peu de « off » !

Mission accomplie, chef ! Les soldats français, vainqueurs, vont rentrer au pays, non plus en mars mais en avril. Aux forces africaines de prendre la relève et aux Maliens de voter. Scénario officiel. En privé, le son de cloche (ou de kora) est moins optimiste. 

À la demande générale, une force française devra rester pour dissuader ou riposter aux actions terroristes prévisibles. Quant à l'issue politique, elle est confuse. L'ensablement menace. Bercy sauvé ? Après le départ fatal de Jérôme Cahuzac, tout serait donc à nouveau parfait dans le meilleur des mondes ? 
En « off », un important ministre confie qu'il faudra mettre fin à cette diaspora de chefs à Bercy et y placer un seul patron. Entre couacs et manque de compétences au gouvernement, il y a, dit-il, une marge de progression ! 
 Le cap est clair depuis le début, soutient l'exécutif ! En fait, le débat a été vif l'an dernier entre ceux qui prônaient un discours churchillien, qui aurait donné du sens aux efforts de tous, et ceux qui n'ont pas voulu rajouter à l'anxiété des Français. 
 On va s'en sortir, assurent-ils. Au pire l'an prochain. C'est faux, rectifie, off, un ministre éléphant. Nous ne traversons pas une crise de quelques mois, avec retour proche à une embellie, mais un changement de monde qui implique de profondes réformes. « Nous pouvons réussir, dit-il. Notre chance c'est d'être aux manettes… pour 4 ans » !

dimanche 24 mars 2013

CENSURE SOCIALISTE

EXISTE-T-IL UNE CENSURE SOCIALISTE DANS LES MEDIAS ? 

Assurément, la censure est totalement intégrée dans les médias, elle est latente mais persistante. 
Elle est sournoise et dirigée vers le sommeil du peuple. 

Je n'en veux pour preuve que l' Affaire Sarkozy /Bettencourt qui tombe à point nommé pour étouffer celle de Cahuzac, celles des minis scandales socialistes, celle de Martine Aubry, bien plus grave encore. Nous avons devant nos yeux incrédules l'Union Sacrée des médias à charge contre Sarko.

Même le Figaro se censure, de peur d'avoir à s'expliquer, journal qui a perdu ses couilles depuis longtemps, il ressemble de plus en plus aux morasses de Libération.

Quelques remarques de lecteurs qui ne sont pas dupe de cette Affaire Sarkozy:

Il n'y a rien à dire lorsqu'un juge d'instruction met quelqu'un en examen. Mais ici le motif d' "abus de faiblesse" est tellement en contradiction avec tous les éléments connus du dossier que l'indignation de certains devient justifiée et que la publication de ce dossier devient un moyen de défense plausible et même souhaitable lorsque ce juge a pris publiquement et pendant l instruction de ce dossier, des positions anti-sarkozistes. Le juge d'instruction s'est mis dans une situation telle qu'il doit normalement être désaissi de ce dossier pour suspicion légitime évidente. L'opposition tient là une affaire en or d'autant plus que la « star » Taubira a cru peu risqué de mettre son poids conséquent de garde des sceaux dans le mauvais plateau de la balance. Elle a ainsi choisi par mégarde sa place dans la prochaine purge, Hollande la jugeant trop dangereuse dans cette « France apaisée ! » conduite par Ayrault qui seul sait où il nous entraine.


Depuis sa mise en examen c'est drôle on ne parle plus que de lui;amnésie totale pour Aubry,Cahuzac,guerini etc....la liste est trop longue.Bien entendu cela n'a rien de politique!!!A la porte cette gauche pourrie avant qu'elle ne mène à un nouveau MAI68 car là il n'y aura personne pour y mettre fin.

Jugement partisan c'est certain avec le si peu d'arguments ! Cette mise en examen est inadmissible, injuste et révoltante ! N.Sarkozy a eu raison de réagir de cette manière et c'était son plus grand droit en disant qu'il n'en resterait pas là ! Il n'y a aucunes menaces dans cette dernière phrase, il ne fait que dire qu'il prouvera son innocence de ces accusations injustes ! S'il faut un comité de soutien, eh bien on créera ce comité et on descendra dans la rue pour défendre Nicolas Sarkozy et que la vraie justice soit appliquée! Oui, H.Guaino a complètement raison ! La justice de notre pays est en danger !

Ce soi disant juge Gentil "n'a qu'un oeil" devrait se rappeller les positions et méthodes employées lors de certaines affaires et mentionnées dans les procés verbaux d'interrogatoires à savoir affirmer de faux propos pour essayer d'obtenir des renseignements. Trés curieusement aucune suite n'a été donnée à ces procédés scandaleux alors que sa hierarchie était au courant. Voila la conception de la justice dont se réclame cet homme.

Je souhaite que le Figaro lance une pétition pour soutenir Henri Guaino ! Ras le bol de cette caste qui se croit intouchable ! Dans une véritable démocratie on doit pouvoir tout dire et tout penser ! On doit pouvoir avoir le droit de dire aux magistrats ce qu'on pense d'eux et de leurs décisions sans avoir à subir les foudres de ces mêmes magistrats, habituellement si prompts à condamner les conflits d'intérêts !

Pour ce dernier commentaire, je doute que le Figaro fasse quoi que ce soit.

Qu’est-ce que le modèle français ?


Le modèle français d’État providence, librement inspiré du keynésianisme, repose sur une intervention répétée de l’État dans les secteurs économiques, sociaux et politiques.
On évoque souvent le modèle français, voire le pacte républicain, pour le louer ou le dénoncer. Mais quel est-il vraiment ? Le modèle économique et social dans lequel nous vivons actuellement fut bâti à l’issu de la Deuxième Guerre mondiale, et date, pour l’essentiel, d’une batterie de lois prises en 1946. Il est inspiré à la fois du programme économique de la résistance, et des idées socialistes et communistes d’après-guerre. C’est notre État providence, légèrement différent de celui des Anglais, notamment parce qu’il fait désormais l’unanimité de la classe politique et que personne ne semble vouloir le remettre en cause. Quand on propose de le réformer, c’est pour le faire durer, pour lui permettre de survivre, non pas pour passer à un autre modèle.
Ce modèle d’État providence, librement inspiré du keynésianisme, repose sur une intervention répétée de l’État dans les secteurs économiques, sociaux et politiques.
1/ L’État entrepreneur
L’État est tout d’abord un entrepreneur. Il dirige des entreprises et se veut le moteur de la vie économique. Si l’on excepte la nationalisation de Renault pour cause de collaboration, les grandes vagues de nationalisation française ont eu lieu en 1946, sous le gouvernement du socialiste Félix Gouin, gouvernement dans lequel figuraient également de nombreux communistes.
Parmi celles-ci, mentionnons la nationalisation des mines avec la création des charbonnages de France, la nationalisation du gaz et de l’électricité, et la création d’EDF et de GDF, la nationalisation d’Air France, de nombreuses banques et des assurances.
2/ L’État planificateur
L’État se veut aussi un planificateur. La création, en 1945, du Commissariat au Plan par Jean Monnet vise à fixer des objectifs à 5 ans. Il s’agit d’assurer la reconstruction d’un pays qui a été largement détruit par la guerre. Il faut redresser l’appareil productif français, rebâtir ponts, routes, voies ferrées, et créer de nombreux logements. Les tickets de rationnement sont utilisés jusqu’au début des années cinquante. Nous avons aujourd’hui du mal à considérer le colossal effort qu’il a fallu effectuer pour redresser le pays.
3/ L’État protecteur
L’État est protecteur. Pour cela, il organise la protection sociale en créant la Sécurité sociale par l’ordonnance d’octobre 1945. Les assurances sociales existaient déjà, mais elles étaient privées. La nouveauté c’est qu’à côté de ces assurances privées figure une assurance publique. Le deuxième temps survient en 1946, toujours cette année décisive dans l’élaboration du modèle social, quand la sécurité sociale est nationalisée, et que son affiliation est rendue obligatoire pour les salariés. La Sécu que nous connaissons aujourd’hui est donc davantage l’héritière de 1946 que de 1945. On passe ainsi d’un système d’assurance, où chacun est couvert selon ses versements, à un système de transferts sociaux, où chacun reçoit la même chose, mais où les cotisations sont proportionnelles aux revenus.
4/ L’État logeur
Le rôle que s’attribue l’État dans le logement ne peut se comprendre sans l’urgente nécessité à bâtir des habitations pour des millions de Français qui en étaient privés, suite aux destructions de la guerre. C’est là que s’ouvre la période des grands ensembles, des HLM, des barres puis des tours. L’État devient bailleur social, il organise la construction et l’attribution des logements. C’est la fin des bidonvilles, dont le célèbre de Nanterre, existant jusque dans les années 1970, c’est la fin aussi des logements insalubres.
La loi de 1946 qui maintient fixes les coûts de location veut aussi permettre de faciliter le logement. Elle aura pour conséquence de ruiner les propriétaires et d’empêcher les nécessaires travaux d’entretien, causant aujourd’hui des situations d’insalubrités, notamment à Paris. L’État logeur est aussi une façon de donner des pouvoirs accrus aux maires et aux offices HLM en leur donnant la possibilité d’attribuer les logements, avec les risques de clientélisme que cela engendre.
5/ L’État aménageur du territoire
C’est l’État qui lance la voie de la modernisation des infrastructures du pays : construction des autoroutes, des lignes TGV, modernisation des ports, édifications des aéroports parisiens d’Orly et Roissy, édification des barrages et des centrales nucléaires. Le tout sous l’égide de la DATAR et de nombreuses commissions créées pour l’occasion.
À ces éléments du modèle, il faut ajouter le statut général des fonctionnaires, adopté en octobre 1946, et largement rédigé sous l’inspiration de Maurice Thorez, alors chef du parti communiste, ainsi que l’organisation de la presse française, avec les NMPP, créées en 1947 et devenues Prestalis en 2009.
Le modèle économique et social français, encore largement en vigueur, est donc récent dans l’histoire du pays. Il est exagéré de dire qu’il est lié au pacte républicain, car la république datant de 1792 puis de 1880, elle n’a pas de lien direct avec ce modèle qui est surtout d’inspiration socialo-communiste. Fut-il efficace ? Certains historiens y voient les raisons du grand développement économique que connut la France et que Jean Fourastié appela Trente glorieuses. Cela est assez contestable, car les difficultés que subit le pays dans les années 1970 sont largement dues à l’obsolescence de ce modèle, et c’est son démantèlement progressif à partir des années 1980 qui permirent à la France de connaître un grand essor économique et un enrichissement important de sa population.

Les boulevards de la crédulité


Ils existent, ces gens qui pensent que la Terre est plate ! On a beau leur dire que des images prises de l’espace prouvent sa rotondité, ils répondent qu’il s’agit d’un montage.
Ils sont un peu plus nombreux à penser que l’homme n’a jamais posé un pied sur la Lune. Ils sont plus nombreux encore à croire que les attentats du 11 septembre 2001 sont l’oeuvre de la CIA.

Les progrès de la science et l’élévation du niveau de l’instruction n’ont pas vaincu la crédulité, contrairement à certains espoirs nés des Lumières. Elle menace toujours de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, un dictateur pour un philanthrope, un démagogue pour un sauveur, un Trissotin pour un génie.

Elle trouble même les esprits les plus riches, leur faisant juger inapplicables des solutions accessibles, et possibles des idées saugrenues. Un sociologue, Gérald Bronner (1), soutient que la production gigantesque et sans cesse croissante d’informations invérifiables sur l’Internet et leur accès immédiat et universel permettent aux croyances, les plus bizarres parfois, de se répandre en épidémie et de s’ancrer dans bien des esprits.

Notre actualité est riche de ces erreurs de perspective, de ces hagiographies infondées, de ces condamnations expéditives. Ni Dieu ni Diable, Hugo Chavez est un tribun populiste qui finançait ses généreuses idées par la manne pétrolière, mais sans construire une économie solide capable de garantir une durable redistribution.

Stéphane Hessel était un honnête homme et un esprit brillant, mais rien dans sa vie ni son oeuvre ne le désigne pour entrer au Panthéon ou pour la béatification.

Marcela Iacub n’est ni un monstre ni une sorcière, mais une intellectuelle à la pensée riche et paradoxale. Que certains illuminés imaginent une Terre plate ne gêne pas grand monde. Que d’autres croient que les autorités américaines ont piégé les tours du World Trade Center inquiète davantage, et en dit long sur l’altération du jugement que provoque un aveuglement idéologique. D’autant qu’ils pourront nourrir leur suspicion à partir de véritables opérations de désinformation, comme les fausses preuves de l’existence des armes de destruction massive en Irak.

La persistance de la crise en Europe ouvre des boulevards aux démagogues et aux manipulateurs. Qu’ils entrent dans les parlements ou fassent descendre des foules dans la rue, ils sapent progressivement les fondements de la démocratie en s’appuyant sur notre fâcheuse et très ancienne propension à la crédulité.

1. Gérald Bronner, « La démocratie des crédules », aux PUF ; « Pourquoi sommesnous si crédules », dans La Revue des Deux Mondes, février 2013.

Que reste-t-il du modèle français ?


Le modèle français, qui repose sur une intervention de l’État dans les secteurs économiques, sociaux et politiques, s'effrite. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?
Par Jean-Baptiste Noé.
Après avoir vu les origines du modèle économique et social français, nous allons désormais voir dans quelles mesures celui-ci subsiste actuellement. Si nous reprenons les cinq catégories caractéristiques énoncées, nous constatons que ce modèle s’est largement effrité.
1/ L’État entrepreneur
Le processus nationalisateur de 1946 a trouvé son terme dans les vagues de privatisations menées au début des années 1980. Chose piquante, c’est un gouvernement socialo-communiste qui a nationalisé, et c’est ungouvernement socialo-communiste qui a privatisé, celui de Pierre Mauroy. Cela a d’ailleurs scellé la fin du Parti communiste et de l’illusion socialiste en France. Rares sont aujourd’hui les entreprises encore nationalisées, même GDF et La Poste ont des capitaux ou un statut privé. Ne demeure que l’Éducation nationale, nationalisée par Jules Ferry dans les années 1880 et qui demeure entre les mains de l’État pour des motifs plus idéologiques que de réalité économique.
2/ L’État planificateur
Le commissariat au Plan est tombé en désuétude. L’État essaye toujours d’ordonner, de planifier, mais plutôt dans un souci de prévoyance et de prospective. Il n’y a plus d’ardente nécessité du Plan, comme dans les années 1950.
3/ L’État protecteur
C’est ici que le modèle de 1946 reste le plus prégnant. Le monopole de la Sécurité sociale a du mal à disparaître, en dépit des directives de l’Union européennes. L’assurance chômage est encore aux mains de l’État, alors qu’elle ne témoigne guère d’une grande efficacité. La classe politique est largement adepte de ce modèle social, qui conjugue pourtant inefficacité économique, gouffre budgétaire, inégalité sociale et inefficacité médicale. On dit que les Français y tiennent. Est-ce vraiment certain ? S’ils connaissaient le coût réel de la protection sociale, et ce que cela leur coûte en terme de prélèvement, il n’est pas sûr qu’ils continuent à y adhérer. Les jours de ce modèle sont comptés, notamment en raison de ses déficits chroniques.
4/ L’État logeur
Là aussi le modèle continue, et se renforce même, avec la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux dans les communes. C’est complètement inefficace, cela ne permet pas de loger les Français ni même de contribuer à maintenir des prix bas. La seule raison de cette permanence est des raisons politiques. La gauche estime que les habitants des HLM votent pour elle, d’où sa volonté d’imposer 20% de logements sociaux, afin de s’assurer, dans chaque commune, un électorat captif. La lutte contre la pauvreté est souvent associée à l’entretien de cette pauvreté.
5/ L’État aménageur du territoire
Nous sommes loin, là aussi, des temps bénis de la DATAR. C’est que les conditions politiques sont largement différentes. Nous ne sortons plus de quatre années de guerre dévastatrice, et les infrastructures françaises sont désormais efficientes et modernes. Les entreprises de gestion des autoroutes ont été privatisées, Veolia transport fait concurrence à la SNCF, et même l’acheminement électrique n’est plus le monopole d’EDF. L’État continue de guider l’action d’aménagement du territoire, mais de loin.
Quant au statut des fonctionnaires, s’il demeure en place, il a lui aussi fortement évolué. En posant la question de la pertinence de ce statut, de son efficacité économique, en posant comme règle le non-remplacement des fonctionnaires, et même en assurant l’embauche de certains fonctionnaires sous contrat de droit privé, le mythe de la fonction publique a été largement écorné. Il reste encore un long travail à parcourir pour s’en défaire, mais c’est une certaine vision de la fonction publique qui a disparu.
Le modèle social français édifié en 1946 n’existe donc plus, dans ses structures et dans ses manifestations. Celui-ci a été largement défait à partir des années 1980, ce qui a permis à la France de connaître une modernisation sans précédent de son économie, et à ses entreprises de partir à la conquête du monde. Les Français se sont plus enrichis entre 1980 et 2010 qu’entre 1945 et 1975. Ce qui demeure du modèle français c’est davantage une idée qu’une réalité. L’idée que l’État doit intervenir dans la vie économique, que celui-ci doit protéger les populations, qu’il peut prendre part au développement. Le large déficit du pays sera peut-être bénéfique sur ce point. Il oblige en effet l’État à faire d’importantes économies. Or il ne sera pas toujours possible de limiter les dépenses à la marge. Les économies, pour être vraiment efficaces, devront se faire dans les postes qui génèrent le plus de dépenses, à savoir l’Éducation nationale et la Sécurité sociale. La mise en place du chèque scolaire et la fin du monopole de la sécu sont les deux dernières mesures à prendre pour enterrer un modèle obsolète, et une vision de l’État erronée, c’est-à-dire le passage d’un État providence à un État subsidiaire.


Hollande chute encore et bat son record d’impopularité

QUO NON ASCENDENT ?
Jusqu'où ne montera-t-il pas ?

Le président de la République perd six points et tombe à 31% de personnes satisfaites de son action. Jamais au bout de dix mois de présidence, un locataire de l’Elysée n’était tombé aussi bas. Jean-Marc Ayrault lui lâche un point et garde la confiance de 36% des Français.

Voilà un record dont François Hollande ce serait sûrement passé. Jusqu’à présent, c’est Nicolas Sarkozy qui était le plus impopulaire des présidents de la République au bout de dix mois de présence à l’Elysée. Avec la perte de six points en mars, son successeur socialiste ne bénéficie plus qu’un d’un petit tiers de Français qui lui font encore confiance. Le nombre de personnes très mécontentes progresse de six points preuve d’une radicalisation et de jugement de plus en plus tranché des Français. Un record pour un président depuis 1958, date du premier baromètre Ifop.
Il s’agit en tout cas depuis le début du quinquennat de troisième ressac : le choc fiscal en septembre 2011 avait provoqué une baisse de onze points ; l’épisode de Florange entre octobre-novembre (-5) et maintenant ce premier bilan de l’action du chef de l’Etat (-6). "Pour les Français, l’alternance n’a changé leur vie. Pire, leur situation ne s’est pas amélioré nous disent-ils" explique Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop.

Lâché par les alliés du PS

Résultat : François Hollande est minoritaire dans toutes les catégories. Un peu comme Nicolas Sarkozy en 2008, il est rejeté par "la France du travail". Il ne recueille que 27% de bonnes opinions chez les 35-49 ans, 28% chez les salariés du privé et seulement 25% chez les ouvriers. Pour la première fois, il est minoritaire chez les alliés du PS : -13 points au Front de gauche et -6 chez ceux d’Europe Ecologie/Les Verts. Sans surprise, il continue de faire l’unanimité contre lui à l’UMP (93%), à l’UDI (88%) et au FN (94%). Bref, une bienveillance zéro au centre, à droite et à l’extrème droite. Une première sous la Ve République.

samedi 23 mars 2013

Le paravent fiscal

Le paravent fiscal


Tant que perdurent des batailles de polochons sur la hauteur de son taux, on sait ce que la taxe sur les très grands revenus confisque : le débat sur une vraie réforme fiscale. Faut-il s’en étonner ?
L’idée des 75 % procède d’une intention électorale. Durant la présidentielle, le candidat Hollande a voulu frapper les esprits par un geste effrontément de gauche et assez médiatique pour contenir un trop envahissant Mélenchon. D’étendard électoral, le super-taux est devenu symbole politique. À la fois trop encombrant pour être caché sous le tapis constitutionnel. Et suffisamment voyant pour détourner les regards de l’essentiel.
Passé l’effet d’annonce, et au-delà des querelles fatigantes sur le seuil jugé confiscatoire, ce projet de taxation des stars du ballon et des Obelix du cinéma, notamment, apparaît bien mince au plan fiscal. Il est même anecdotique par les assujettis et le produit escomptés.
Pendant ce temps se lève l’énorme tempête des comptes sociaux. Et le pays rame de manière désordonnée et inégale dans un océan de prélèvements obligatoires dont plus personne ne maîtrise ni les frontières économiques, ni la profondeur institutionnelle. Ce n’est pas à ce pouvoir que l’on peut reprocher un demi-siècle de manque de courage pour défaire un système surréaliste. Mais feindre que de la super-taxe viendrait la preuve d’un engagement gouvernemental est léger.
Un chantier comme la modulation des allocations familiales selon les revenus est autrement emblématique d’une révision de la fiscalité sur le fond. On verra ce qu’il adviendra d’une piste aussi radicale et risquée. À moins que ne se dresse, d’ici là, un autre de ces paravents peu coûteux à la collectivité et tellement efficaces pour cacher que le ménage n’a pas été engagé, comme la feuille de paie des grands dirigeants par exemple.

Recréer la confiance

Recréer la confiance


« Je sais où je vais et je sais comment faire pour y parvenir ! » Cette déclaration forte du Premier ministre, à l'Assemblée nationale, a suscité de vives protestations dans l'opposition. Pourquoi ? Parce que l'opinion publique a le sentiment de ne pas savoir où l'on va. La crise est là et l'horizon semble bouché. Il est inutile de récapituler, outre le chômage, tout ce qui inquiète, tout ce qui semble insurmontable, tout ce qui doit être réformé et qui est cependant combattu par les uns ou par les autres.


À cela s'ajoute une certaine déception de ceux qui avaient voté pour le « changement maintenant ». Si l'on a changé de majorité, les difficultés qu'ils espéraient voir écarter sont les mêmes et toujours là. Quant à ceux qui n'ont pas voté pour la majorité actuelle et qui s'efforcent de constituer une opposition pugnace, ils savent bien, au fond d'eux-mêmes, que la crise mènerait autant le bal s'ils étaient au pouvoir.

C'est donc à une grande clarification qu'aspire l'opinion publique. Le Premier ministre a fait un premier pas dans ce sens au Parlement. Il a bien raison de vouloir rassurer. Il affirme connaître son cap et le tenir, mais l'opinion publique ne se satisfera pas d'affirmations et de bonne volonté. Elle est troublée par la bizarrerie de la méthode gouvernementale. Les annonces de mesures nouvelles se succèdent souvent sans suite, comme s'il s'agissait de ballons d'essais destinés à évaluer la force des éventuelles réactions.
La fiscalité évolutive et ce qu'elle présage ne suggère rien de bon aux contribuables. Ceux-ci désormais se méfient et cherchent à éviter de se trouver, demain, en porte-à-faux. On économise comme on peut. Du coup, on prend plus de précautions que de risques, alors que seul le dynamisme et l'audace pourraient propulser le pays vers l'avant. Dans le domaine du dialogue social, l'accord intervenu entre syndicats et patronat, et soutenu par le gouvernement, apparaît prometteur à beaucoup. Mais il est battu en brèche par deux grandes organisations syndicales. Que donnera-t-il finalement ?
Se méfier des eaux qui dorment
L'école, le cumul des mandats suscitent l'interrogation. De plus, de grands changements sociétaux lancés à la va-vite, comme le mariage dit pour tous ou les lois bioéthiques, dont on ne discute pratiquement pas, viennent remuer la société dans ses profondeurs et provoquent de nouveaux clivages transversaux à l'intérieur des partis, des Églises, des institutions...
Le départ brusqué d'un ministre essentiel du gouvernement, la mise en examen spectaculaire de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, les perquisitions conduites ici ou là à travers le pays, et visant des personnalités politiques, nourrissent les inquiétudes. Tout cela détériore l'image du monde politique, incite au doute, aux accusations sans nuance, au rejet des autorités de quelque bord qu'elles soient. Du coup, les incertitudes de la crise se trouvent amplifiées. Or, la peur est mauvaise conseillère. Il ne faudrait pas que le désarroi que l'on ressent de plus en plus se transforme un jour en panique ou en colère.
Il est donc urgent de recréer la confiance sinon les vieux démons auront de beaux jours devant eux pour présenter leurs solutions simplistes et séduisantes qui ne règlent rien, mais donnent l'illusion que, demain, sans effort, ce sera mieux. La France est calme comparée à ses voisins : l'Espagne, l'Italie, ou bien le Portugal et la Grèce. Mais il faut toujours savoir se méfier des eaux qui dorment.

Aveu de faiblesse

Aveu de faiblesse


Après la mise en examen de Nicolas Sarkozy, l’UMP tombe dans un piège qu’elle se tend elle-même. S’en prendre individuellement au travail du juge d’instruction Jean-Michel Gentil – jusqu’à dire, comme Henri Guaino, ancien conseiller spécial de l’ex-président, que ce magistrat « déshonore » la justice – ou laisser entendre que la justice est aux ordres du pouvoir actuel ne sert à rien. Sinon, à provoquer des réactions… favorables au juge et aux juges, dont l’indépendance est à préserver au nom de la démocratie.
Rien ne prouve, pour l’instant, que Nicolas Sarkozy ait commis contre Mme Bettencourt, un « abus de faiblesse ». Mais un aveu de… faiblesse, en revanche, est manifeste : celui de la droite. On peut comprendre son désarroi, puisque sa personnalité la plus emblématique est frappée en pleine tentative de redécollage. Mais de là à utiliser de telles ficelles pour organiser la riposte…
Jeter le discrédit sur une personne qui se met en travers de votre chemin – celui du retour, que l’ancien locataire de l’Élysée venait d’entreprendre – est un réflexe classique, humain, bêtement humain.
En politique, quand la maîtrise des événements vous échappe, existe un autre réflexe conditionné, celui d’imaginer une machination. Ici, une opération destinée à faire oublier la mise en examen, quelques heures auparavant, du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac. C’est mal connaître le rythme de la justice, d’une lenteur souvent considérée comme excessive. Encore plus, lorsqu’il s’agit du chef de l’État, dont le statut permet de suspendre le cours d’éventuelles poursuites pénales pendant qu’il est en fonction. Immunité forte, mais provisoire, Jacques Chirac en a fait la cruelle expérience, en étant mis en examen – puis, pour ce qui le concerne, condamné en 2011, à deux ans de prison avec sursis – après avoir quitté la fonction suprême en 2007. Nicolas Sarkozy a été rattrapé par le même calendrier, indépendant du calendrier politique et médiatique. C’est tout.
L’heure des comptes – qui se solderont peut-être par une mise hors de cause – est venue. Aucun leurre, attaque personnelle ou thèse d’un improbable complot n’y pourront rien.

Tableau de chasse

Tableau de chasse


La confrontation entre un ancien président de la République et le majordome de la femme la plus riche du monde a tout du, mauvais, roman de genre. Pourtant, c’est bien ce qui s’est passé hier. À peine revenu de Libye, où on a déroulé le tapis rouge devant lui, Nicolas Sarkozy est brutalement ramené à la réalité française.
Cette rencontre judiciaire n’a rien de surprenant tant l’affaire Bettencourt avait pris de l’ampleur lors des derniers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy. La justice a suivi son cours et elle se rappelle aujourd’hui au bon souvenir de l’ancien chef de l’État. Celui-ci pourra vérifier par lui-même le vieil adage romain qui disait que la roche tarpéienne est proche du capitole, rappelant ainsi aux puissants du jour que la chute les attend le lendemain.
La concomitance des rendez-vous judiciaires peut laisser perplexe. Cahuzac, Lagarde, Sarkozy, le calendrier judiciaire est sans pitié et n’épargne aucun camp. Ne doutons pas que la lenteur de la procédure explique ce tir groupé des magistrats.
Pour ce qui est de l’ancien président, sa mise en examen hier pour « abus de faiblesse » arrive au mauvais moment. Face aux divisions de son camp, Nicolas Sarkozy avançait ses pions. Les rumeurs à propos du « recours » Sarko se multipliaient. Le rebondissement judiciaire fera pousser un soupir de soulagement aux dirigeants de l’UMP qui rêvent d’assurer sa succession.
À gauche, l’onde de choc de l’affaire Cahuzac est amortie. Le gouvernement et l’Élysée ne pouvaient rêver meilleur contre-feu. Entre une milliardaire de droite et un maladroit de gauche, il n’y pas photo. L’une est soupçonnée d’avoir financé une campagne électorale. L’autre est accusé d’avoir mis de l’argent « à gauche » et en Suisse, ce qui n’est en l’occurrence pas antinomique.
La question est surtout de savoir si cela va supplanter dans l’esprit de l’électeur, les difficultés économiques, la hausse des taxes ou, surtout, cet immense ras-le-bol face à des dirigeants qui ont l’art et la manière de prêter le flanc à la critique. À ce titre, les prochains scrutins risquent fort d’être « saignants ».