Il est parfois bon de se reposer de l’Orient à Paris et d’y admirer
le visage féminin sans masque et sans peur. Notre liberté des femmes y
est une histoire ancienne que l’on retrouve narrée avec humour par
Louis-Sébastien Mercier, merveilleux auteur du XVIIIème siècle. « Les
femmes de Paris à l’époque des Lumières » (éditions Tallandier) est un
livre pétillant pour des vacances françaises.
En ces temps d’assassinat de femmes (en Afghanistan) et de
voilement général des espérances ; en ces temps où les révolutions
arabes - que leurs héroïnes espéraient universalistes et féministes- se
muent en contre-révolutions obscurantistes, il y a quelque chose de
fascinant à relire un délicieux ouvrage sur les Parisiennes d’un certain
Louis-Sébastien Mercier. Ecrit à la fin de l’Ancien régime puis après
la Révolution, cet adorable tableau de mœurs m’a été récemment très
utile dans quelques capitales où être femme pose des problèmes de plus
en plus compliqués. Glissé dans ma valise au Caire, je l’ouvrais pour
respirer un peu d’air frais au soir de journées poisseuses passées à
cahoter entre niqabs et hidjabs, insultes et tumultes. J’en savourais
également quelques pages à Tunis où le ténébreux spectacle des
salafistes adulés par le gouvernement au pouvoir a de quoi obscurcir,
hélas, le beau sourire des filles de Carthage. Je suis sûre que Habib
Bourguiba, qui aimait et respectait tant le visage des femmes libres,
avait lu Mercier !
Ecrivain, dramaturge et journaliste, ce dernier a fait une part bien méritée aux femmes dans son Tableau de Paris
qui court sur 2000 pages. L’extrait republié chez Tallandier est un
chef-d’œuvre car il donne la clé principale de l’irrésistible liberté
qui garde le teint si frais aux Parisiennes jusque dans un âge où toutes
les autres femmes de la terre ont remisé depuis longtemps leurs charmes
et leurs espérances. Car entre la Seine, Montmartre, la Bastille et le
Palais-Royal, l’indépendance féminine, c’est historique ! Mercier ne
peut que constater : « Les femmes à Paris, accoutumées dans les
lieux publics à se mêler avec les hommes, ont leur fierté, leur audace
et presque leur démarche ». Flânant dans les magasins, le nez collé
aux vitrines, il s’émerveille du charme des vendeuses et des
marchandes, aussi roses que leurs fleurs et aussi brillantes que leurs
parures. « Les femmes d’artisans travaillent de concert avec les hommes et s’en trouvent bien » se félicite ce badaud inspiré qui ajoute, complètement bluffé, : « Les femmes de Paris recèlent les femmes les plus gaies, les mieux portantes et les moins bégueules ! ».
Inquiet, cependant, du sort des plus pauvres, ces grisettes qui ont la
taille aussi mince que leurs ressources, le bon Mercier supplie le
législateur point encore convaincu des bienfaits du travail féminin : « Que
les filles soient autorisées à exercer le métier qu’elles choisiront
sans maitrise, sans gêne ni contrainte, sans taxe quelconque.../ Que
l’on donne aux femmes la même liberté dont jouissent les hommes, avec
qui elles sont incessamment mêlées... »
Où l’on voit
que notre liberté de Parisiennes remonte à loin, tout comme l’humeur
gracieuse des hommes qui nous aiment ! Cette aisance à se mouvoir dans
la capitale française qui est par ailleurs l’une des villes les plus
féminines au monde, nous a été enviée par les femmes du monde entier.
Quant aux mâles exotiques, russes ou orientaux, il est clair que le
charme légendaire qui les attirait vers la Parisienne tenait moins à sa
beauté- peu classique- qu’à son impertinence, fruit spirituel, nacré et
dodu des libertés individuelles et collectives.
Lire ces
pages lointaines et si modernes est aussi agréable aujourd’hui que
nécessaire. En effet, il m’arrive de plus en plus souvent de croiser sur
mes chemins parisiens des visages tristement voilés et comme en deuil.
Qui enterre-t-on dans le métro, l’autobus, sous les platanes, de la
place Clichy à la place de l’Etoile ? Pour qui sont ces fichus noirs,
serrés collés sur un front juvénile ? Ne sont-elles pas Parisiennes,
elles aussi, ces porteuses de chiffon sévère importé de cieux affreux où
l’on flagelle, censure et torture à tour de gros bras ? N’ont-elles pas
compris, ces jeunes et moins jeunes femmes, l’avantage immense qui est
le nôtre, le leur, le mien : celui de marcher, nez au vent, dans une
ville qui, historiquement, n’a jamais séparé hommes et femmes ! Ne
savent-elles pas que leur façon d’obéir à une propagande religieuse
fabriquée en dépit du bon sens humain, sous des cieux opaques, constitue
une véritable faute de goût dans notre Paris, capitale de la liberté ?
Chères sœurs parisiennes, la démocratie primordiale, celle de l’espace
partagé, est ici, voyez-vous, une réalité si ancienne qu’elle nous est
devenue comme instinctive. C’est pourquoi, épuisée par le spectacle des
linceuls qui s’abattent ailleurs, je me ranime à lire Louis-Sébastien
Mercier, témoin de la beauté des vies féminines parisiennes. Il eût
sûrement été aussi navré que moi par les voiles qui tentent aujourd’hui
d’en attrister le ciel !
jeudi 12 juillet 2012
Eloge de la Parisienne par temps islamiste
PSA : les politiques rivalisent d'indignation
Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif : "Nous n'acceptons pas en l'état le plan."
Jean-Marc Ayrault, Premier ministre : "Il est nécessaire que soient approfondies les causes de la situation actuelle du groupe qui conduisent à ce plan, les conséquences d'un tel plan sur les territoires et la filière automobile, ainsi que les garanties que peut offrir le groupe sur le maintien à long terme de l'activité industrielle des sites du groupe."
Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale : "Je souhaite que l'État soit au rendez-vous de la protection des salariés : il serait immoral de laisser ces travailleurs seuls face à eux-mêmes. C'est pourquoi je salue la démarche du Premier ministre, qui vient d'exiger de PSA une concertation sans délai avec les partenaires sociaux vouée à maintenir une activité industrielle sur tous les sites français."
Marisol Touraine, ministre des Affaire sociales : "Une onde de choc pour notre pays."
Benoît Hamon, ministre délégué chargé de l'Économie sociale et solidaire : "C'est insupportable de voir aujourd'hui ces saignées dans l'emploi industriel."
Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : "Nous n'allons pas prendre pour argent comptant cette annonce brutale de suppression d'emplois."
Franck Don, de la CFTC : "La baisse des effectifs en recherche et développement est gravissime et n'augure rien de bon pour l'avenir."
Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts (EE-LV) : "Le gouvernement (de François Fillon) n'a pas anticipé, pas aidé, pas posé les conditions à un futur possible."
Gérard Ségura, maire PS d'Aulnay-sous-Bois : "PSA Aulnay, c'est 3 300 emplois mais aussi 9 000 avec les sous-traitants : nous n'avons pas la capacité d'accuser ce choc tout seuls."
Jean-Louis Borloo, président du Parti radical : "En aucun cas, les difficultés partielles rencontrées aujourd'hui ne peuvent avoir pour seule réponse une réduction drastique des effectifs qui détruirait les compétences et le savoir-faire de l'entreprise."
Xavier Bertrand, ancien ministre UMP du Travail : Il faut "très, très vite un plan massif de soutien à toute la filière automobile".
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP : "La cote d'alerte est dépassée. Je suis extrêmement préoccupé par cette annonce (...). Il faut que le gouvernement sache que, dans ce domaine, l'opposition, au nom (de laquelle) je m'exprime ce matin, sera à ses côtés s'il s'agit d'assumer enfin que la priorité absolue pour notre pays, c'est la compétitivité de notre industrie."
Marine Le Pen, présidente du Front national : "L'État doit (...) mettre immédiatement en place un plan national de soutien à la filière automobile française (...), quitte à monter au capital de PSA."
Nicolas Dupont-Aignan, député non inscrit de l'Essonne : "Je demande la création immédiate d'une commission d'enquête à l'Assemblée nationale pour que mes collègues députés comprennent enfin les vraies raisons de ce désastre industriel."
Emprunts à taux négatifs : les prémices d'une explosion de l'euro?
Immédiatement le gouvernement et l'opposition se sont renvoyés la balle sur le sujet. Côté gouvernement, cette marque de confiance montrerait que la politique économique de François Holllande s'est rendue crédible auprès des investisseurs. Côté opposition, Valérie Pécresse s'est empressée de percevoir dans cette performance le résultat de la politique de Sarkozy. Mais les uns comme les autres semblent se réjouir de la nouvelle. Ils n'ont pas forcément raison. Voyons pourquoi.
D'abord, nombreux sont les économistes à insister sur le caractère très relatif de cette confiance accordée à la France par les marchés. Il s'agit de très court terme (trois et six mois), même si les obligations à dix ans bénéficient également de taux favorables (2,4% environ). L'économiste et ancien expert du MEDEF Jean-Luc Gréau considère qu'il y a «une dimension de pari» dans ces taux négatifs proposés à la France. Il n'hésite pas à rappeller qu'en 2006, juste avant la crise économique, «la Grèce et l'Irlande avaient obtenu sur les marchés des taux d'emprunt plus avantageux que l'Allemagne, preuve que les investisseurs ne sont pas infaillibles.»
Les investisseurs qui ont des liquidités à placer n'ont plus aucune confiance dans le système bancaire, pouvant théoriquement rapporter plus d'argent mais présentant trop de risques. C'est dans cette perspective que, mardi 10 juillet, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a parlé de «dysfonctionnement des marchés » : le secteur bancaire apparaît fermé aux investisseurs car trop instable. Ceux-ci préfèrent se réfugier vers les titres d'Etat. En quelque sorte, prêter à la France revient pour eux à choisir la sécurité pour leurs placements, comme s'ils louaient un coffre-fort...
Cette confiance dans la dette française doit également s'interpréter au regard de la très grande inquiétude suscitée par les pays du Sud, la Grèce, l'Espagne et l'Italie notamment.
Pour l'économiste Paul Jorion, l'un des rares commentateurs économiques à avoir anticipé la crise des subprimes américains de 2007, «ces taux d'emprunt sont certes une bonne nouvelle pour la France car ils vont faciliter l'objectif de retour à 4,5% de déficit public à la fin de l'année. Mais ils témoignent de l'état de dégradation de la zone euro. Les marchés viennent clairement de couper l'Europe en deux : ceux qui peuvent survivre avec l'euro et les autres. L'Espagne emprunte aujourd'hui à des taux avoisinant les 7% (sur 10 ans), c'est une situation impossible.» Et selon lui, si la France se retrouve dans le cercle des pays vertueux, c'est parce que François Hollande a «totalement capitulé face à l'Allemagne et s'est aligné sur la vision d'Angela Merkel et de son traité de discipline budgétaire. Avec Sarkozy, la France et l'Allemagne étaient unis à 80%, avec Hollande il y a fusion à 95%.» En visite à Londres, le Président Hollande semble confirmer cette analyse en prônant, devant le Premier ministre anglais Cameron, une Europe à plusieurs vitesses.
Un mécanisme pervers
En outre, cette confiance dans la dette qui place la France parmi les pays vertueux, ne doit pas occulter un autre problème, celui de la compétitivité et du déficit commercial, s'élevant environ à 70 milliards d'euros par an. Si les marchés sont myopes et n'ont pas regardé l'avenir au-delà des six mois pour les émissions d'obligations, les difficultés ne doivent pas être masquées, selon Jean-Luc Gréau : «Les recettes sont en baisse et l'emploi est de plus en plus fragilisé. D'ici l'automne, le pays risque d'entrer en récession, les chiffres de la production ont de grandes chances d'être très mauvais. La crise est loin d'être terminée et 2013 sera peut-être semblable à l'année 2008. Mais l'avenir économique est pour l'instant imprévisible...»
Le jour de sa rencontre à Paris avec le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, mardi 10 juillet, la Suédoise Cecilia Malmström, commissaire européenne aux Affaires intérieures, proclamait dans Le Monde : « L’immigration sera nécessaire pour l’Europe. » Une façon claironnante d’annoncer la couleur. Ou plutôt la teneur du message que la commissaire européenne venait transmettre à son homologue français. Bruxelles ne connaît ni la crise ni le chômage, ni les tensions communautaires. Rien d’autre que son idéologie euro-mondialiste exigeant la disparition des identités nationales pour les remplacer par le maelström vorace de la globalisation. Un maelström d’individus indifférenciés, rassemblés non plus dans des nations mais dans des espaces économiques, pour lequel Mme Malmström vient plaider auprès du gouvernement socialiste, normalement tout acquis à cette cause internationaliste de la libre installation des individus. Des individus qui préfèrent généralement, surtout les moins qualifiés d’entre eux, venir s’installer en Europe, avec armes et bagages, plutôt qu’en Chine ou dans d’autres pays émergents où se trouvent pourtant aujourd’hui les gisements d’emplois. Mais où les systèmes sociaux sont moins généreux.
Manuel Valls avait, lors de son premier Conseil européen à Luxembourg, en juin dernier, approuvé la demande faite par Nicolas Sarkozy d’un éventuel rétablissement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen, en cas de circonstances « exceptionnelles ». Ce qui lui valu d’être aussitôt accusé par le député européen Daniel Cohn-Bendit de « chausser les pantoufles de Claude Guéant ». Par rapport aux souliers à clous de jadis cela constitue déjà un progrès… Cecilia Malmström est donc venue mardi à Paris expliquer au ministre français, au nom de l’Union européenne, qu’il se trompait : l’espace Schengen doit être ouvert à tous…Vive le sans-frontiérisme où l’on rentre comme dans un moulin à brasser les peuples !
Et pour commencer, Mme Malmström, grande prêtresse du maelström tourbillonnaire des races et des cultures, exprime ses reproche pour l’attitude trop « défensive » adoptée par certains pays européens – suivez son regard désapprobateur – lors des révolutions qui se sont déroulées l’année dernière dans les pays arabes. « Qu’avons-nous dit à ces gens qui se réclamaient de nos valeurs ? Que nous étions en crise et que nous avions peur de vagues bibliques d’immigrés. »
Cette position immigrationniste de la missionnaire bruxelloise va à contre-courant de l’opinion des peuples dans les pays européens ? La commissaire européenne en a bien conscience. Mais, comme disait Edith Cresson lorsqu’elle était Premier ministre (1991-1992), elle n’en a rien à cirer. « Le rôle de la Commission de Bruxelles est d’envisager les problèmes sur le long terme et de s’élever au-dessus des contingences nationales. » D’ailleurs Madame Maelström, non, excusez-moi, Malmström, réclame « une supervision des situations nationales par la Commission… ». Autrement dit, le droit pour les technocrates de Bruxelles de répartir selon leur bon vouloir dans les différents pays européens des contingents d’immigrés par centaines de milliers. Enfin, tous ceux que les fonctionnaires de l’UE jugeront nécessaires à notre bonheur. Ce n’est plus l’immigration choisie, mais bien l’immigration imposée… Par Bruxelles ! Il reviendra sans doute à ces mêmes eurocrates de fixer le montant des prestations auxquelles ces migrants auront droit ? Et aux contribuables nationaux de les régler…
Pour échapper à ce sort funeste, une seule solution : sortir de cette union mortifère. C’est aussi le seul moyen de rebâtir une Europe viable et durable : l’Europe des nations, où les génies des uns et des autres s’ajouteraient et se complèteraient au lieu de se dissoudre dans l’acide de l’idéologie mondialiste.
mercredi 11 juillet 2012
Tempérament et rationalisme politique
Comment expliquer que l'on devienne libéral et non socialfachocommuniste
? Le milieu culturel et l’éducation ne suffisent pas à comprendre ces
orientations. N’y aurait-il pas quelque chose du tempérament personnel
mais aussi du rationalisme intellectuel pour expliquer le destin mental
de nos choix sociétaux et politiques.
On me pardonnera je l’espère ce soupçon d’autobiographie. Né dans une famille modeste passablement inculte, quelle chance avais-je de devenir, sans en faire un titre de gloire, un intellectuel libéral ? Mes parents, pour l’une était dépourvue de tout discours politique, pour l’autre était vaguement de droite conservatrice, par atavisme paysan, quoique irréligieux, attaché à Jacques Chirac pour cause d’âge commun, attaché aux valeurs du travail et de la propriété terrienne. Ma seule chance fut d’habiter dans une ville universitaire. Pourquoi réclamai-je des livres, des encyclopédies, alors que l’on lisait si peu ou pas du tout autour de moi, même si l’école obligatoire y a peut-être contribué ? Pourquoi découvris-je Jules Verne et le romantisme allemand, France Musique, Schumann et Bach, alors que l’on se limitait à RTL et aux variétés d’usage ? Pourquoi encore, stimulé par mon enseignante de philosophie qui proposa l’étude de Marx et de Nietzsche, me sentais-je cette différence, cette indépendance… Certainement de par une répugnance à la fois innée et intellectuelle envers tout enfermement dans un concept de classe, de masse, de nation, dans tout déterminisme sociologique, qu’il soit conservateur ou marxiste. Quant à cette pulsion aristocratique, peut-être orgueilleuse, qui me poussait vers l’élection des arts et de la littérature, d’où me venait-elle ? Finissant ainsi bientôt par me persuader que la démocratie était devenue pour moi : « une aristocratie qui s’est élargie au point de devenir une aristocratie universelle » [1].
Un tempérament éthique et esthétique serait alors plus ou moins à l’œuvre en chacun de nous de façon à nous différencier. Si l’on ne peut remettre en question le rôle prépondérant et invariablement nécessaire de l’éducation, il n’en reste pas moins que la nécessité de l’acquis n’écarte en rien le caractère originel d’une innéité. Sans aller jusqu’à prendre le pari plus que risqué d’une inscription génétique des goûts et des philosophies, on peut imaginer que nos biochimies ne nous proposent pas à tous les mêmes chemins. Sans recourir à la théorie des humeurs des Anciens, une approche neuronale et psychologique des tempéraments politiques peut être effleurée. Ainsi, entre le libéral, le socialiste et le totalitaire, que ce dernier soit communiste, fasciste ou théocrate islamiste, les différences sont criantes.
À peine au-delà du roi philosophe platonicien, du socialiste magistrat philosophe égaré par l’hubris intellectuel, l’homme totalitaire a quelque chose du tempérament sanguin, du coléreux, sans cesse aiguillonné par la libido dominandi, par la foi en son concept politique englobant et salutaire, voire miraculeux. Il ne supporte pas que qui que ce soit échappe à sa doxa, à sa bienfaisance, à sa horde de préjugés, à sa tyrannie, familiale, étatiste, nationaliste ou théocratique, dans une sorte de crispation mimétique où l’autre est sommé d’être comme soi, sinon rendu esclave… Nombreux par ailleurs sont ceux qui adhèrent à un totalitarisme du groupe, de l’instinct grégaire, de la corporation professionnelle, syndicale ou de parti, par goût de la servitude volontaire, par paresse et passivité, mais aussi par envie et ressentiment envers les nantis, envers ceux qui savent réussir, par goût de l’égalité contrainte, par nécessité intime de se sentir rassurés en les rails d’une idéologie, qu’elle soit marxiste ou religieuse, et par la chaude communauté de destin d’une confrérie. À moins que la foule, la meute, permettent de libérer les instincts les plus brutaux, les plus violents, sous couvert de la force collective et d’une pseudo légitimité révolutionnaire ou théologique.
Le libéral quant à lui est un indépendant paisible, un individualiste entreprenant respectant l’individualisme de ses partenaires, un amant du doux commerce selon Montesquieu, un qui a le goût du risque, de la responsabilité et de l’indépendance, sans craindre l’acuité de la solitude. Depuis l’animal politique libre aristotélicien et dans la tradition humaniste du libre arbitre de Saint Thomas d’Aquin, il s’affranchit de la fatalité divine et de la grâce augustinienne pour valoriser son thymos [2], son soi fier, et satisfaire son désir de reconnaissance, reconnaissant du même coup celui de tout homme. En passant par les Lumières, de Locke à Voltaire, il tolère ainsi la liberté d’autrui, que ce soit par indifférence ou par cet égoïsme et ces vices privés (avarice et cupidité) qui contribuent aux vertus publiques de la prospérité, pour reprendre l’argumentation de Mandeville dans la Fable des abeilles [3], ou de par le soin de la « main invisible » [4] du marché conceptualisée par Adam Smith. De même, en s’appuyant sur des valeurs d’étude, de travail et de mérite, dans le cadre du respect de la propriété, et du pluralisme dynamique du marché, voire de la capacité d’association, il éprouve le juste respect d’un contrat social cohérent avec son profil psychologique et intellectuel. Il sait la nécessité, pour jouir de ses propres libertés, d’accorder et d’encourager ces mêmes libertés économiques, d’expression et de mœurs à autrui, que ce soit par empathie ou par calcul rationnel…
Car à en rester à cette voie du tempérament politique, il n’y aurait plus qu’à baigner dans le relativisme et abandonner toute prétention à faire du libéralisme politique un universalisme. Sauf qu’une démarche intellectuelle rationnelle simple (c’est alors qu’intervient l’éducation) permet de départager le libéral du totalitaire plus ou moins doux et plus ou moins bien intentionné. Certes, on peut imaginer que parmi ceux qui choisissent un socialisme, qu’il soit rose, rouge, brun ou vert, qu’il soit national ou international, il en est quelques-uns animés du sens de l’utopie, et d’une empathie au service de l’humanité. Mais l’on sait que l’enfer est pavé des meilleures intentions, et que les généreuses planifications d’un bonheur à tous imposé par la gestion prétendument rigoureuse d’un parti, d’un État ou d’un orwellien gouvernement mondial ne peuvent qu’écraser les individus sous le marteau de l’égalité. Et bientôt exacerber les insupportables inégalités et les frustrations qu’une culture du ressentiment contribue à surexploiter par ces « banques de la colère » [5] que sont les partis révolutionnaires. C’est ainsi que l’Histoire a montré que l’égalité de la pauvreté parmi les États communistes, hors pour quelques oligarques et apparatchiks, reste la moins pire des conditions, avant la concentration meurtrière des goulags …
Il faut alors porter un regard objectif sur les conditions de la prospérité économique. Où et à grâce à quelle culture, quelle démocratie, quelle éthique économique fondée sur le marché et la concurrence est-on le mieux parvenu à libérer le maximum d’humanité des tyrannies de la pauvreté et de la censure, sinon dans les démocraties libérales occidentales ? Un simple examen permet de constater par exemple que ce sont des politiciens qu’il est de bon ton de décrier, comme Margaret Thatcher et Ronald Reagan, qui ont permis que sous leurs mandats, grâce à une politique libérale de diminution considérable des impôts pour les particuliers et les entreprises, le chômage fut divisé par deux, pour être ramené autour de 5%, ce que l’on appelle d’ailleurs un chômage structurel. De constater qu’avec les mêmes conditions de mondialisation et de concurrence internationale que la France malheureuse, l’Allemagne, le Canada et la Suède surfent allègrement sur les voies de la prospérité économique… À l’observateur rationnel ne peut manquer la sagacité qui permet de constater que les politiques de dette, de déséquilibre budgétaire, de contrôle des loyers, de relance keynésienne et d’interventionnisme étatique, de redistribution et de delirium fiscal, fussent-elles animées des meilleures intentions de la justice sociale et de la libido dominandi, sont non seulement contreproductives mais attentatoires aux droits de propriété et à la liberté d’entreprendre, donc foncièrement immorales. Car « contrôle économique et totalitarisme » [6] vont bientôt de pair. Devons-nous accuser nos gouvernants du seul aveuglement idéologique, ou de cet appétit de pouvoir qui les voit préférer un absolutisme colbertiste et socialiste supporté par la démagogie, ou de cynisme mortifère et suicidaire ? À moins que le rationalisme économique et politique soit parfaitement étranger à leur système neuronal…
Ce serait évidemment, en me parant du titre de libéral issu des Lumières, autant par tempérament que par rationalisme, me tresser une couronne de lauriers moraux que la modestie m’interdit de porter… Ainsi l’amant des libertés, quoique en se gardant de tout « dogmatisme libéral » [7], trouvera-t-il une pensée aussi cohérente qu’efficace au service du développement de l’humanité. Et, auprès d’une bibliothèque des écrivains et philosophes choisis, un sommet montagneux où s’isoler des nuisances totalitaires, à moins que ces dernières ne lui laissent que l’abri précaire de l’isolement d’un sommet intérieur.
----
Sur le web.
- Leo Strauss : Le Libéralisme antique et moderne, PUF, 1990, p 15. ↩
- Ce terme, venu de La République de Platon, a été repris par Francis Fukuyama en tant que « désir de reconnaissance », ce dans le cadre de la démocratie libérale comme aboutissement ; dans La Fin de l’Histoire et le dernier homme, Flammarion, 1992. ↩
- General Books, 2012. ↩
- Adam Smith : Enquête sur la nature et les causes de la Richesse des nations, PUF, 1995, p 513. ↩
- Peter Sloterdijk : Colère et temps, Hachette Littérature, 2009, p 87. ↩
- Friedrich A. Hayek : La Route de la servitude, PUF, 2010, p 68 et suivantes. ↩
- Raymond Aron : Essai sur les libertés, Calmann-Lévy, 1965. ↩
PSA : Sapin accuse Sarkozy d'avoir «retardé» de «mauvaises nouvelles»
Alors que PSA Peugeot Citroën doit dévoiler jeudi des mesures visant à redresser le groupe, les syndicats s'attendent un plan supprimant entre 8 000 et 10 000 emplois, soit près de 10% des effectifs en France, au lieu de 6 000 prévus jusqu’à présent.
préoccupations : le site d'Aulnay (Seine-Saint-Denis), dont la fermeture est redoutée depuis un an.
A la veille de ce Comité central d'entreprise extraordinaire (CCE), le
ministre du Travail, Michel Sapin, dit s'attendre à de «mauvaises
nouvelles». Interrogé par France
Inter, il met en cause l'ancien président de la République qui aurait,
selon lui, demandé à ce que les annonces de licenciement soient
repoussées à l'après-présidentielle. Le plan redouté pour le site
d'Aulnay-sous-bois est «typiquement un de ces plans» que Nicolas Sarkozy
a «demandé de retarder plutôt que de trouver des solutions», accuse
Michel Sapin. «Je pense que vous avez remarqué que M. Varin (le président du directoire de PSA Peugeot Citroën)
avait été plusieurs fois convoqué dans le bureau de Nicolas Sarkozy.
Vous pensez que c'était pour parler du nouveau modèle qui allait sortir
chez Citroën ou chez Peugeot ? Non, c'était pour parler de ces sujets
là, en lui disant : Tu verras ça plus tard», ironise le ministre.
Interrogé sur l'hypothèse d'une fermeture d'Aulnay, Sapin dit «exiger de PSA que le dialogue soit exemplaire et que les contreparties soient à la mesure des problèmes rencontrés». «Si Aulnay ne conserve pas de production de PSA, quels sont les efforts faits par PSA pour qu'il y ait de l'activité à l'emplacement d'Aulnay, ce qu'on appelle de la réindustrialisation ? Voilà typiquement une responsabilité qui incombe à une entreprise», prévient le ministre, estimant qu'il devait «y avoir des propositions en matière de reclassement».
PS : les savants calculs de Martine Aubry
La première secrétaire cosigne une contribution avec Jean-Marc Ayrault en vue du congrès.
Ils demandent en outre «à l'ensemble des dirigeants du PS, comme aux membres du gouvernement, de soutenir de façon exclusive cette contribution générale». Un message adressé en particulier à l'aile gauche du PS, qui hésite ces derniers temps à déposer elle-même une motion.
Lundi, des proches de Martine Aubry ont apposé leur signature, aux côtés de celles de proches du leader de l'aile gauche Benoît Hamon, au bas d'un texte publié dans Libération. Intitulé «Pour une gauche durable», il esquisse une critique de la politique du président de la République en assurant que «l'appel à la croissance pour relancer l'emploi ne suffira pas». Or, du côté de l'Élysée, on souhaite un PS à l'image de ce qu'il fut de 1997 à 2002, lorsque, avec François Hollande à sa tête, il était chargé d'accompagner la politique de Lionel Jospin et en aucun cas de gêner le premier ministre.
Les grandes manœuvres n'ont pas échappé à François Hollande, dont l'un des plus proches lieutenants et désormais ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, s'est fendu d'une tribune dans Le Monde pour lancer une mise en garde contre la division et appeler, en creux, à une motion unique de soutien au président de la République lors du prochain congrès. Selon lui, le PS doit désormais accompagner l'action du chef de l'État en choisissant «une ligne politique claire». Comprendre: hollando-hollandiste.
Poser ses «conditions»
Pour autant, le geste de Martine Aubry n'en dit pas plus sur sa volonté, ou non, de briguer un nouveau mandat à la tête du parti. Fin mai, elle avait assuré que finalement elle ne partirait que «si toutes les conditions (étaient) réunies», mais sans préciser outre mesure quelles étaient ces «conditions». Elles sont désormais plus claires: Martine Aubry partira à la seule condition que le PS adopte la motion unique qu'elle cosigne avec Jean-Marc Ayrault. En quelque sorte, elle remet son sort à la tête du PS entre les mains de l'aile gauche du parti. Que le courant de Benoît Hamon décide de présenter une motion et Martine Aubry pourrait décider de se représenter.Dans la logique du PS, le fait de signer une contribution n'est pas un acte anodin. Il s'agit du premier pas vers la constitution d'une motion dont le premier signataire est généralement le candidat au poste de premier secrétaire. Le doute subsiste d'autant plus que, la semaine dernière, Harlem Désir avait annoncé au Figaro qu'il ne serait pas candidat si Martine Aubry se présentait, comme pour anticiper l'annonce.
La chef du PS reste dans l'ambiguïté. Mais les socialistes sont habitués à décoder ce genre de message de la maire de Lille. À lire du Martine Aubry dans le texte, on relève mieux l'ambiguïté de ses propos. «J'ai toujours pris mes responsabilités, les Français le savent, et je les prendrai là aussi», déclarait-elle l'année dernière à propos de sa candidature à la primaire du PS, qui ne faisait pas de doute. Alors, maintenant qu'il s'agit de signer une contribution…
Liberté d’entreprendre dans la Constitution ? Petit guide des avantages et difficultés à être entrepreneur en France
Le côté sombre
- l’administration et le droit français
- la fiscalité française
- la finance française
- peut-être le pire de tous : la mentalité et la culture anti-patrons françaises
La finance française est un sujet encore bien plus préjudiciable que les deux précédents. Les PME en création sont confrontées à une carence majeure de solutions de financement d’amorçage. Les Anglais ont des structures spécialisées pour la levée de fonds privés, entre 50 K€ et 250 K€. Paradoxalement en France, il est plus facile de lever 10 millions pour une entreprise qui tourne que 200 K€ pour créer une nouvelle PME innovante. Prenez rendez-vous chez Oseo, si vous réussissez à obtenir une garantie de prêt à 80% de 100K€, tentez de trouver une banque qui prendra le risque des 20% restant. A propos des banques, la PME française à un droit au Compte mais selon votre projet (ou plutôt votre capital initial) cette simple étape peut se transformer en véritable challenge, sauf si vous trouvez des fonds pour amorcer votre activité. Jusqu'en 2011, il y avait une possibilité de financement pour l’amorçage les jeunes PME, puisque la loi TEPA permettait aux plus riches (payant l’Impôt sur la fortune) de réduire de 75% leur impôt lorsque celui-ci était versé au capital d’une PME. L’instabilité des lois de finance en 2011 a eu pour conséquence l’immobilisme de ces dernières chances de l’amorçage, et à divisé par cinq les montants levés par ce biais en 2012.
Le côté clair
Bilan mitigé
L'affaire «pénible à vivre» de Ségolène Royal
Invitée mardi matin du journaliste Jean-Michel Apathie sur RTL, Ségolène Royal qui participe en ce moment à la conférence sociale est revenue très brièvement sur l'épisode de La Rochelle au 2è tour des législatives, le 17 juin dernier, affirmant que c'était «une affaire pénible à vivre »
Battue par le dissident socialiste
Olivier Falorni, elle a redit mardi matin avoir été « victime d'une
trahison » : « Si tous les dissidents s'étaient maintenus c'était une
centaine de circonscription que la gauche perdait ». Elle a aussi dit
avoir reçu « un coup extrêmement dur » après que Valérie Trierweiler,
compagne de François Hollande, se soit immiscée dans la campagne législative.
M. Falorni, qui a remporté la 1ère circonscription de La Rochelle avec 63% des voix contre 37%
pour Royal, avait reçu par le biais d'un message sur Twitter, le
soutien de la première dame. « Courage à Olivier Falorni qui n'a pas
démérité, qui se bat aux côtés des Rochelais depuis tant d'années dans
un engagement désintéressé », écrivait la compagne de François
Hollande. Un twitt qui a fait l'effet d'une bombe d'autant plus que
cette position n'était pas raccord avec celle du chef de l'Etat... Le
matin-même, François Hollande apportait son soutien à son ex-femme,
présidente de la région Poitou-Charentes. «Dans cette circonscription de
Charente-Maritime, Ségolène Royal est l'unique candidate de la majorité
présidentielle qui peut se prévaloir de mon soutien et de mon appui »,
écrivait-il dans sa profession de foi.
Ségolène Royal, présidente socialiste de la... par rtl-fr
mardi 10 juillet 2012
La hausse des impôts c'est maintenant, la diminution des dépenses on verra plus tard...
Marchés actions : inquiétudes sur l’économie américaine
Secteurs : l’assurance européenne redevient attractive
Un Français invente la voiture qui ne coûte rien (ou presque)
Et s’il était possible de circuler en voiture gratuitement ? A l’heure où les Français pestent contre un budget automobile en explosion,
Michaël Oualid, ingénieur et ancien de l’industrie automobile, a
planché pendant plusieurs années sur son projet de Free Car. Sa voiture
se veut libre, car affranchie de beaucoup de codes automobiles, et
gratuite, car son propriétaire verra son prix d’achat, déjà faible,
remboursé au fil de son utilisation grâce à un ingénieux système de
"cash-back". Enfin, elle peut être made in France et selon Michaël
Oualid, elle permet même aux constructeurs, dont les bénéfices ont bien
souffert ces derniers temps, de dégager des marges plus confortables.
Quel est le principe ?
Concrètement, le véhicule est équipée d’un boîtier. A chaque fois que son propriétaire utilise la voiture, il glisse sa carte bleue dans ce boîtier. Cela ne lui coûte rien, mais cela lui permet d'être identifié à la fois comme le propriétaire d'une free car et comme conducteur pour le trajet en cours. Ensuite, si au cours de son déplacement, il effectue un achat chez un partenaire (si par exemple il va acheter des étagères en kit chez un marchand de meubles), il règle son achat avec sa carte bleue. Le marchand de meubles lui consent alors une petite remise, de l’ordre de 2% et il rétrocède une commission au constructeur. Même chose quand le conducteur passe à la pompe, fait entretenir sa voiture… toutes ses dépenses habituelles font l’objet d’une remise. Au bout de quelques années, les réductions mises bout à bout remboursent le coût de la voiture.
Quel est l’intérêt pour le marchand de meubles, dont les parkings sont pleins, de payer ses clients ?
Il s’agit d’une simple forme de promotion, rien d’autre ! Evidemment, le week-end, les parkings débordent et le marchand de meubles n’a pas intérêt à faire venir davantage de clients. En revanche, le mardi après-midi, il peut rechercher une affluence supplémentaire, avec des incitations.
En plus d’inciter l’automobiliste avec un "cash-back", le marchand de meubles rétrocède aussi un petit montant des achats au constructeur, un peu de la même façon que les hôtels rémunèrent les sites de location de chambres, ou que les marchands en ligne versent des commissions à Google si le client est venu sur leur site par l’intermédiaire du moteur de recherches.
Le constructeur est rémunéré comme un apporteur d’affaires, car il génère des ventes supplémentaires pour le magasin. Pour le constructeur, la voiture devient rentable non plus au moment de sa vente, mais au moment de son utilisation.
Quel est l’intérêt pour l’automobiliste ? Au départ il doit payer pour utiliser la "free car" ?
En premier lieu, il verse un montant modéré. Au lieu de payer le prix total de la voiture, le consommateur s’acquitte d’un droit d’entrée, qui peut être compris entre 1 et 3.000 euros. Je penche tout de même pour un prix un peu plus élevé que 1 euro : un peu comme chez le psy, il faut que le conducteur s’engage ! Mais au fil du temps, ce droit d’entrée est remboursé grâce aux multiples promotions octroyées par les partenaires. Par ailleurs, le fait que la voiture soit équipée d’un boîtier qui mesure effectivement les distances parcourues permet un système d’assurances plus souple, sur le modèle du "pay as you drive".
L’assureur identifie simplement le conducteur grâce à la carte bleue introduite dans le boîtier, et elle facture celui qui utilise effectivement la voiture. Ainsi le propriétaire peut prêter sa voiture à un ami sans payer une prime d'assurance supplémentaire. Autre avantage pour ceux qui souhaitent partager une free car : un même véhicule peut être rattaché à de multiples conducteurs, tous assurés individuellement. Les assureurs ont une analyse plus fine de leurs risques, et les usagers payent le juste prix.
Pouvez-vous nous parler de la voiture en elle-même ?
Elle a plusieurs caractéristiques. En premier lieu, son design doit évoquer une ouverture aux autres partenaires : grande distribution, assurances, tourisme, énergie, divertissement, service, et même quelques éléments de personnalisation. Cette construction ouverte va de pair avec un aspect robuste, car la free car doit pouvoir durer de nombreuses années. Cela implique donc un design qui ne se démode pas trop vite. C’est, de toute façon, une voiture dont l’usage est plus important que la propriété : c’est une automobile sobre et sans fioritures, qui renchérissent son coût de fabrication.
Même en terme d’équipement, elle est extrêmement dépouillée. Elle peut avoir un chauffage, mais le système est bien moins sophistiqué que sur les modèles existants. Cette sobriété présente un autre avantage : la free car est beaucoup plus légère. Cela la rend plus sûre, car les éventuels accidents sont moins graves, et surtout cela la rend plus écologique, car elle mobilise beaucoup moins de matières premières et est plus légère, donc consomme moins. Enfin, elle est open-source. Cela signifie que le constructeur doit en livrer les plans en même temps que les pièces, afin que les garagistes puissent l’assembler eux-mêmes. Mais aussi qu’on puisse la personnaliser après sa fabrication, ajouter des éléments de confort ou des jeux sur le boitier, sans coût supplémentaire.
A qui s’adresse-t-elle ?
Tout le monde a besoin d’une automobile abordable : les retraités, les jeunes, les chômeurs, les familles (qui en font leur deuxième voiture), et maintenant les populations des pays émergents. Le cabinet AT Kearney a réalisé une étude sur l’Ultra Low Cost Car (ULCC), il évalue le marché à 15,6 millions de voitures par an en 2020 !
Quelle est la différence avec les voitures low-cost telles que Renault les fabrique ?
Les Dacia ont été conçues avec une base de coûts faible mais elles sont commercialisées exactement de la même manière que des voitures classiques : l’argent rentre dans les poches du constructeur au moment où la vente se réalise.
La free car coûte beaucoup moins cher à développer et à assembler : son prix de revient, avec une estimation pessimiste, est au maximum de 6.000 euros. Le coût de production, lui, est en partie pris en charge par l’automobiliste dans le droit d’entrée. Avec 5% de rétro-commissions, on estime que le constructeur peut gagner environ 500 euros par an. Cela signifie que les constructeurs, qui gagnent habituellement entre 500 et 1.000 euros par modèle, peuvent gagner entre 5 et 10 fois plus qu’avec leur actuel modèle économique. En clair, la free car coûte deux fois moins cher à fabriquer, mais peut rapporter cinq fois plus d’argent. Cette rentabilité permet aux constructeurs de continuer à assembler des voitures en France.
Cette free car remet totalement en cause le modèle économique des constructeurs…
Oui, mais cela résout aussi leur problème de rentabilité ! J’ai travaillé sur ce projet en me mettant avant tout à la place du constructeur. Cela suppose, tout de même, une période de transition. Dans un premier temps, en test, le boîtier pourrait être installé sur les voitures existantes.
Coût du travail et compétitivité : mue salutaire de Hollande
Le
« peuple de gauche » doit avoir la gueule de bois, mais François
Hollande se révèle être un président raisonnable… qui prend autant ses
distances que possible avec son programme économique suicidaire (que les
médias s’étaient bien gardés de dénoncer pendant la campagne même si
chacun savait qu’il était irréalisable). Finies les envolées lyriques
contre « l’empire de l’argent », le chef de l’Etat a fait de la
compétitivité et de la baisse du coût du travail son nouveau cheval de
bataille.
Les bonnes surprises ne sont pas légions depuis la double victoire
socialiste à la présidentielle et aux législatives, mais le pragmatisme
économique de François Hollande a de quoi rassurer… Bien sûr ses
électeurs, qui croyaient au « changement » (sans qu’on sache bien de
quoi il retourne) doivent être sacrément déçus, mais la France est
gagnante à ne pas voir appliquer un programme de gauche en cette période
de crise économique mondiale.
Bien sûr, il y a ce « coup de pouce » totalement anecdotique au Smic ;
il y a cette manie du « dialogue social » dont on sait qu’il ne sert à
rien face à des syndicats qui ne représentent rien d’autre qu’eux-mêmes ;
il y a surtout ces embauches dans la fonction publique (même si elles
se feront à des coupes drastiques dans d’autres ministères) et ces
« emplois aidés » et autres « contrats de génération » qui ne sont que
de vastes fumisteries bonnes à produire des chômeurs…
Mais le cap que vient de fixer le président de la République est le
bon. La hausse de la CSG va faire grincer des dents mais il est inutile
de se voiler la face : les Français vont devoir se serrer la ceinture
(et pendant un bout de temps) s’ils ne veulent pas se tiers-mondiser à
l’image de la Grèce, de l’Espagne ou du Portugal. Se serrer la ceinture
tout en améliorant la compétitivité de notre économie et allégeant le
coût du travail.
Une politique libérale de bonne aloi dont on peut féliciter François
Hollande tout en regrettant les entraves que son programme démagogiques
vont mettre sur sa route. A gauche, on ne choisit pas ses amis… et leur
idéologie !
Enregistrements de Merah : le CSA va annoncer sa décision concernant TF1
Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, devait s'exprimer à 15 heures lors d'une conférence de presse au sujet de la diffusion par TF1 dimanche des extraits d'enregistrements audio entre Mohamed Merah et les policiers.
Michel Boyon et Rachid Arhab, président du groupe de travail sur la
déontologie au CSA, doivent annoncer quelles décisions ont été prises au
sujet de TF1, sa chaîne d'information en continu LCI, mais aussi de BFM
et i-TELE, qui ont retransmis des extraits de l'enregistrementLes Sages de la Tour Mirabeau ont entendu pour TF1 et LCI, la directrice
de l'information Catherine Nayl et le PDG Nonce Paolini, ainsi que les
représentants des chaînes d'information: Hervé Béroud pour BFM-TV et,
pour i-TELE Cécilia Raguenau avec Céline Pigalle, respectivement
directrice générale et de la rédaction.
Chargé de la régulation du secteur audiovisuel, le CSA relève les
manquements des chaînes. Les sanctions qu'il prononce relèvent en
général de la mise en garde ou de la mise en demeure. En cas de
récidive, le gendarme audiovisuel peut décider, dans de très rares cas,
de sanctions, comme la suppression d'une tranche de publicité, la
lecture d'un communiqué d'excuses lors d'un journal télévisé ou une
amende qui peut aller jusqu'à 3% du chiffre d'affaires.
Dans un communiqué publié mardi,
Reporter sans frontières (RSF) regrette « la réaction répressive et
disproportionnée des autorités françaises » et pointe du doigt « les
méthodes mises en œuvre, à savoir la réquisition effectuée auprès de la société de production de l'émission « Sept à Huit »
et la convocation devant le Conseil de l'audiovisuel des dirigeants des
chaînes qui ont diffusé des extraits ». L'organisation de défense de la
liberté de la presse fait valoir le droit à l'information et considère
cette audition devant le CSA comme une menace au principe de la
protection des sources.
















