TOUT EST DIT

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lundi 6 septembre 2010

A quoi joue Claude Guéant ?


"A l'UMP, il y a des gens qui parlent plus fort que d'autres"


Femmes au bord de la crise de nerfs

Et si l’on s’offrait une dernière carte postale du monde avant, dès demain, de ne parler plus que de la France, de ses retraites et d’un remaniement ministériel. Une carte postale du Chili. Et des nouvelles de nos 33 mineurs, bloqués depuis le 5 août, 688 mètres sous terre. Le forage censé les libérer s’active mais l’opération, on le sait, prendra des mois. Forcément, le suspense en prend un coup, l’histoire s’annonce aussi animée qu’un épisode de “Derrick”. Avec la tentation pour l’opinion de filer directement à la dernière page, autrement dit de les retrouver à leur sortie dans trois mois. Si tout se passe bien. C’était sans compter sur la faiblesse des hommes. Et la colère des femmes, depuis que les autorités chiliennes ont promis une compensation financière de dizaines de milliers d’euros pour les familles des mineurs. À eux de désigner celles qui recevront l’argent. C’est là tout le problème, car les épouses ont vu, ces derniers jours, débarquer d’autres femmes prétendant être le véritable amour. Ce qui forcément a entraîné des tensions et même des bagarres. Les travailleurs humanitaires parlent de “cauchemar” et tentent de démêler le vrai du faux. Pas simple. En plus de sa partenaire officielle, un mineur aurait poursuivi sa relation avec une épouse dont il n’a pas divorcé, il aurait eu un enfant avec une autre et il y a cette femme qui dit être sa petite amie actuelle. Tout cela promet de jolies retrouvailles.


Frédéric AILI

La réforme et après

Demain, sur fond d’unité syndicale, la France va connaître sa énième journée de grève contre la réforme des retraites lancée par le gouvernement. Même s’ils devaient atteindre une grande ampleur, les cortèges n’auront, au fond, qu’une portée symbolique. Plus personne, ou presque, ne conteste la nécessité d’aménager, une nouvelle fois, le système des pensions. Quant aux modalités, la potion ne pouvait qu’être amère : sauver le dispositif signifiait d’emblée des efforts pour tous. Pour qui d’abord ? Ce sera précisément l’objet des conversations la semaine prochaine. Des aménagements sont possibles, sur l’épineuse question de la pénibilité ou sur les carrières longues.

En fait, le scénario est bel et bien écrit : Nicolas Sarkozy voulait mener à bien cette réforme – centrale pour son quinquennat – et, selon toute vraisemblance, il y parviendra. En tirera-t-il le bénéfice qu’il en attendait ? C’est moins sûr. L’équité n’a pas été la préoccupation centrale dans la réflexion du gouvernement, et, même si des ajustements sont arrachés par les partenaires sociaux dans la dernière ligne droite, ils ne suffiront pas à corriger le sentiment d’un chantier mené à la hussarde (comme en 2003), au détriment de la construction plus patiente d’un consensus.

Enfin, comment ne pas voir que les embarras du ministre chargé de conduire le changement n’ont pas aidé à clarifier les intentions ? Il est facile de soutenir qu’il n’y a pas de rapports entre le dossier des retraites et l’affaire Woerth-Bettencourt. Mais comment ne pas voir que ses développements ont éclairé – d’une lumière crue – le choc de deux mondes : celui de la rigueur nécessaire, censée s’imposer à tous, et celui des exceptions que s’autorisent largement certains ? En ces temps de réforme, voilà qui est bien dommage.


François Ernenwein


L'AGE DE LA RETRAITE ÉTAIT À 65 ANS AVANT 1981, CE SONT LES SOCIALISTES QUI L'ONT IMPRUDEMMENT AMENÉ À 60 ANS, DEPUIS LES CAISSES SE VIDENT ENCORE PLUS VITE.

Chevènement n'exclut rien pour 2012

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) décidera à l'automne 2011 s'il se présente à l'élection présidentielle de 2012 ou s'il soutient le candidat que le PS doit désigner par les primaires. Jean-Pierre Chevènement, qui doit rencontrer Martine Aubry, numéro un du PS, le 15 septembre, a répété que le MRC ne participerait pas aux primaires du PS.




COMME BEAUCOUP D'AUTRES, IL NE MANQUE PAS D'AIRE LE VIEUX CROÛTON !!!

Sous le pavé, les enjeux

L'échiquier politico-syndical pourrait bien être bousculé par la journée de mobilisation de demain. Qu'elle soit une réussite ou un échec pour ses organisateurs. Pour le front syndical, presque reconstitué, la réforme des retraites et de leur financement est acceptée comme une nécessité. Mais les grandes centrales entendent qu'elle corresponde à des critères d'équité sociale qu'elles ne trouvent pas dans le projet du gouvernement. En particulier sur la pénibilité et parce que les hauts revenus ne sont pas suffisamment associés à l'effort commun. Mais au-delà de cet enjeu prioritaire, la mobilisation sera aussi l'instrument de mesure de l'efficacité syndicale et du degré de rejet de la politique sociale de Nicolas Sarkozy.

En entrant dans le dialogue direct avec le gouvernement, les syndicats se placent sur une ligne de défense des valeurs du travail et de la solidarité qui peut se traduire pour eux par un regain de vitalité. Ils redonneraient ainsi un sens à l'action sociale et au militantisme qui n'ont pas toujours trouvé leur compte dans le paritarisme et la cogestion. Sur ce sujet des retraites, qui concerne tout le monde mais dont personne ne pense qu'elles sont garanties par la réforme, une très large mobilisation peut contribuer au retour des salariés dans la vie syndicale.

S'il sort sans dommages de cette journée, Nicolas Sarkozy pourra se targuer d'avoir fait taire tous les clivages dans son camp et d'avoir maté la majorité en l'obligeant à faire bloc sur le projet cardinal de son quinquennat et en maintenant Éric Woerth malgré les affaires. En prenant prétexte de ce conflit classe contre classe, le président de la République pourrait réussir à annihiler toutes les velléités internes de diversification et de remise en cause de sa politique sécuritaire.

Le Parti socialiste se frotterait bien sûr les mains d'une réussite de la journée qui affaiblirait Nicolas Sarkozy. Mais le PS sait aussi que des syndicats redevenus forts se tiendront en dehors de la bataille politique de l'alternance pour n'être que des acteurs du dialogue social. Il y a trop longtemps que les socialistes n'ont pas contribué à faire avancer l'idéal de justice sociale pour qu'ils puissent imaginer tirer parti d'une victoire syndicale.

DANIEL RUIZ

Allumer le feu ?

Une fois de plus, Johnny, avec le flamboyant témoignage dominical qui lui a été consacré, a donné le tempo. Cette semaine sera rock'n roll ou ne sera pas. On dit qu'elle sera celle « de tous les dangers », ou on l'estampille déjà du label « de vérité » : le fantasme du grand rendez-vous quinquennal affole chroniqueurs et rédactions. Une seule certitude : ça va déchirer.
Le succès, plutôt inattendu, des manifestations de samedi contre la politique sécuritaire du gouvernement donne une première indication du potentiel de mobilisation pour la grande journée de demain. Dans les ministères comme à l'Elysée, on s'attend déjà à un télescopage explosif des colères et des affaires.
L'UMP avait parié sur l'été pour étouffer la polémique Woerth, ou au moins réduire sa charge nocive. C'est exactement le contraire qui se produit. Les « aveux » d'un ministre du Travail acculé par les faits et bien obligé de concéder son appui direct pour faire décorer M. de Maistre ne pouvaient tomber au plus mauvais moment. La majorité crie, naturellement, à la manipulation politique, mais c'est bien le choc entre un pouvoir trop proche du monde de l'argent et les efforts que les Français pressentent qui créent les frustrations et les colères.
Même chez ses amis qui prétendent officiellement le contraire, personne ne se fait d'illusion : M. Woerth est bel et bien affaibli pour mener l'acte principal de la réforme majeure du quinquennat. Les cortèges de demain seront sans pitié pour ce ministre déstabilisé et surtout dévalorisé par des dissimulations successives qu'il a toujours habillées de sa bonne foi, au mépris - circonstance aggravante - du bon sens élémentaire de l'opinion. Raté. Aujourd'hui, c'est la réforme toute entière qu'il avait portée jusque là avec compétence et efficacité qui se trouve fragilisée.
Au plus bas dans les sondages, le président de la République prend tous les risques pour braver ce coup du sort en soutenant son poulain. Trop tard pour faire machine arrière... Mais surtout, il ne veut pas donner l'impression de céder à la pression médiatique. Grave erreur d'analyse : c'est l'indignation populaire voire l'écœurement qui ont donné à l'affaire cette étonnante résistance aux démentis et au contre-attaques.
Le chef de l'Etat n'a pas voulu admettre que le « C'est légal » répété en boucle ne suffirait pas davantage à retourner les Français que la presse. Même protégé par la présomption d'innocence, Eric Woerth, avec ses amitiés ambiguës et ses faux-vrais mensonges, n'a plus la légitimité ni le profil exemplaire indispensables pour défendre un texte forcément douloureux. Le président le sait mais, au plus bas dans les sondages, il a tout de même choisi de passer en force en jouant le tout pour le tout. Au risque d'allumer le feu.

Olivier Picard

Les syndicats au pied du mur

Si le mot déterminant a un sens en politique, c'est bien le moment de l'appliquer. Soumise au double feu de la rentrée parlementaire et syndicale, la réforme des retraites va subir, cette semaine, un test déterminant. Décisif et attendu, tant il est vrai que le Président n'a pas vraiment cherché à l'éviter. On l'a bien vu, le guichet de la concertation-négociation du gouvernement est resté délibérément fermé tout l'été.

C'est peu dire pourtant que Nicolas Sarkozy n'aborde pas l'épreuve de force dans les meilleures dispositions. Sa diversion sécuritaire a fait pschitt et s'est même révélée contre-productive. Ses troupes parlementaires se retrouvent, aujourd'hui, plutôt désarçonnées et désabusées quand elles ne cèdent pas aux querelles fratricides.

Pis, de plus en plus empêtré dans l'affaire Bettencourt, le ministre du Travail chargé de porter le dossier emblématique du quinquennat est plus proche de la sortie que de la promotion. Après le lâchage par les syndicats, la curée politique de l'opposition et, parfois, le désaveu de son camp, sa parole n'est plus ni audible ni crédible. C'est mission impossible de faire porter un message essentiel par un messager 3D : déboussolé (personnellement), déconsidéré (publiquement), dévalué (politiquement).

Plus grave peut-être, le gouvernement a perdu, cet été, la bataille de la communication sur le point de friction central de la réforme : son côté injuste. Le fait que l'effort exigé par la double butée légale ¯ âge de départ légal à 62 ans, âge du taux plein à 67 ans ¯ pèse d'abord sur les salariés modestes privés d'études, les exclus, les chômeurs de longue durée, les femmes...

En constatant que sept Français sur dix jugent la réforme « pas juste », le dernier sondage Ifop-dimanche ouest-france signe la victoire de l'explication syndicale sur la pédagogie gouvernementale. En même temps qu'il souligne, par ailleurs, un recul de l'adhésion à la mesure phare des 62 ans et une radicalisation des positions, a priori favorables à la mobilisation.

Mieux, à en croire le même sondage, les syndicats dégagent dans l'opinion une large majorité de soutien à leur journée de ce mardi 7 septembre. Là encore, sept Français sur dix ! Reste, évidemment, que tout le problème est de transformer l'essai dans la rue. Et là, c'est la bouteille à l'encre. Même le tandem CGT-CFDT, qui donne désormais le tempo revendicatif en France, fonctionne avec une réelle efficacité, en contraignant ses partenaires à s'aligner. FO en tête, qui a dû se résoudre à rentrer dans le rang, ne serait-ce que pour continuer à exister.

Pour autant, aucun conflit de rentrée n'a donné le moindre signal avant-coureur de la forte mobilisation qu'espèrent les syndicats. Ce qui est sûr, c'est que la clé la plus inédite du mouvement est apparemment entre les mains des jeunes. Neuf d'entre eux sur dix, toujours selon le sondage Ifop-dimanche ouest-france, affichent leur soutien à la journée du 7. Passeront-ils de l'adhésion symbolique à la contestation militante, eux qui répugnent, par ailleurs, à l'engagement syndical ? Leur réponse sera décisive.

En tout état de cause, les syndicats, s'ils veulent faire bouger la ligne élyséenne, sont condamnés à faire sensiblement plus fort que le 24 juin. Simplement rééditer le score de juin serait perçu comme une incapacité à accentuer et à accélérer la mobilisation, au moment précis où le temps parlementaire enclenche, lui, la vitesse supérieure. Le temps est clairement l'allié du gouvernement.

Les sables mouvants japonais

L'électrochoc n'a pas eu lieu. Lorsque les économistes ont annoncé, à la mi-août, que le PIB japonais avait été inférieur au deuxième trimestre à celui généré, sur la même période, par la Chine, Tokyo est resté de marbre. Quelques experts et officiels japonais ont bien reconnu à mi-voix que leur pays allait abandonner à la Chine, en 2010, le titre de deuxième puissance économique mondiale qu'il détenait depuis plus de trente ans, mais ils ont immédiatement pointé l'évolution mécanique des courbes statistiques et rappelé avec insistance que leur PIB par habitant, mesuré à 39.731 dollars, restait dix foix supérieur à celui de leur voisin communiste. Même dans les médias nippons les plus critiques, la symbolique de ce bouleversement du classement économique mondial n'a pas généré de réel débat. L'arrivée quotidienne en convois de bus de fortunés touristes chinois dans les boutiques de luxe du quartier Ginza de Tokyo n'interpelle personne.

Il y a encore dix ans, la puissance économique japonaise, tant redoutée en Occident dans les années 1980, était pourtant encore plus de deux fois supérieure à celle de la Chine. Les experts pariaient alors sur un « rattrapage chinois » dans les années 2015 ou 2020. La crise financière de 2008, qui a plongé le Japon dans la récession, et l'insolence d'une croissance chinoise, dopée à coups de crédits bancaires par le Parti, auront accéléré leurs scénarios sans véritablement émouvoir les élites japonaises, qui semblent de plus en plus tournées sur elles-mêmes et n'ont enclenché, ces dernières années, ni les réflexions ni les chantiers qui auraient permis à leur pays de défendre, au moins un temps, sa deuxième place sur le podium. Comme l'avaient fait ses nombreux prédecesseurs avant lui, Naoto Kan, l'actuel Premier ministre, vient de proposer, pour sortir le pays de son marasme, un énième plan de relance mêlant une timide politique d'assouplissement monétaire et quelques vagues dépenses publiques limitées par l'énorme dette du pays -évaluée à 10.000 milliards de dollars, elle équivaut à 200 % du PIB -sans oser amorcer de véritable réflexion sur l'identité économique du pays. Confronté au vieillissement accéléré de sa population, le pays n'a toujours pas décidé s'il souhaitait développer, à moyen terme, une société à l'européenne où un complet système de protection sociale serait géré par de lourdes et coûteuses structures gouvernementales ou opter pour un modèle américain plus minimaliste et économe.

L'organisation le 14 septembre prochain de cruciales élections internes au sein du Parti démocrate du Japon (DPJ), qui dirige le pays depuis seulement un an après plusieurs décennies de domination conservatrice, pourrait être l'occasion de raviver ces questionnements. Le chef du gouvernement va affronter pour la présidence de cette formation Ichiro Ozawa, l'un des politiciens les plus machiavéliques du pays. Le vainqueur de ce duel au sein de la formation majoritaire prendra naturellement la direction du prochain gouvernement et pourrait théoriquement réinventer la stratégie de réforme de la nation.

Mais, depuis qu'ils sont entrés en campagne, en début de semaine, auprès des parlementaires de leur groupe et des petits cadres locaux du parti, qui voteront le 14 septembre, les deux hommes ont apparemment opté pour un affrontement plus classique concentré sur les maux traditionnels du pays. Ils ont ainsi consciencieusement promis de lutter contre le vieillissement de la population et le drame de la déflation. Pariant sur une baisse continue des prix, les ménages japonais ne cessent de retarder leurs achats et contraignent les entreprises à enclencher d'interminables campagnes de promotion qui pèsent sur leurs profits. Les deux hommes ont aussi assuré qu'ils allaient lutter contre l'envolée du yen, qui apparaît comme le plus pressant des défis de l'Archipel.

Malgré une croissance en berne, des taux d'intérêt proches de zéro et une Bourse déprimée, le yen continue en effet de s'apprécier et de peser sur les performances du secteur exportateur, qui reste, avec la consommation, l'un des principaux moteurs de la croissance japonaise. La semaine dernière, la devise japonaise a atteint son plus haut niveau des quinze dernières années face au dollar et battu de nouveaux records contre l'euro. Les investisseurs, qui redoutent une détérioration de la conjoncture aux Etats-Unis et en Europe, continuent d'investir dans le yen, qui apparaît, en partie grâce aux surplus de la balance japonaise des paiements, comme une valeur refuge. Cette escalade affole les industriels locaux. Toyota estime qu'il perd 30 milliards de yens (350 millions de dollars) chaque fois que la monnaie nationale gagne un yen contre le billet vert -hier 1 dollar ne valait plus que 85 yens.

Concentrant une partie de leur campagne sur ce malaise, Naoto Kan et Ichiro Ozawa ont annoncé qu'ils emploieraient « tous les moyens possibles » pour faire baisser la valeur du yen. Mais ces déclarations chocs n'ont pas ému les marchés, conscients que l'exécutif japonais n'a presque plus prise sur le cours de sa monnaie. Pour enclencher une baisse significative de sa devise, la banque centrale devrait non seulement vendre massivement du yen sur les marchés, mais également convaincre d'autres investisseurs internationaux de suivre sa stratégie. Le scénario paraît peu probable tant les Etats-Unis et l'Union européenne semblent peu enclins à tolérer un renchérissement de leurs propres devises en cette période de doute.

Face aux combats stériles de ses dirigeants qui feignent toujours d'ignorer ces contraintes internationales et se concentrent sur l'accumulation de postes, l'opinion publique, qui avait espéré un renouveau de la politique en votant l'an dernier pour le Parti démocrate du Japon, semble résignée et en est désormais réduite à parier sur le temps de survie de ses Premiers ministres. Si Ichiro Ozawa emportait la présidence du DPJ le 14 septembre prochain -il est très impopulaire dans la population, mais bénéficie d'un fort réseau de soutien au sein de la formation politique -il deviendrait le sixième Premier ministre du pays depuis le départ de Junichiro Koizumi en septembre 2006.



Yann Rousseau

Le vrai danger de la rentrée

Une fois n'est pas coutume, les oracles du climat social, les Cassandre de la météo politique auront raison : la rentrée sera chaude. Voilà bien vingt ans qu'ils l'annonçaient et qu'aucune éruption ne se produisait plus avant la fin de l'automne dans un pays moins enclin, au retour des vacances, aux problématiques collectives qu'aux préoccupations personnelles. Nul doute cette fois : chauffés tout l'été sur les plages par les caravanes syndicales, assourdis au feuilleton de l'affaire Bettencourt-Woerth, nourris de l'injustice supposée faite aux Roms, les Français se mobiliseront en masse demain. Contre tout et rien, contre la réforme des retraites, contre la rigueur imposée par la crise, mais aussi contre la politique de sécurité, contre ces liens prêtés au pouvoir avec l'argent, contre un style de présidence, et puis, et puis, et puis…

Le communiqué final de cette apothéose de la contestation populaire - précédée, en lever de rideau, d'un mouvement d'enseignants -est déjà écrit par les syndicats. Vrai ou faux, il y aura demain, pour les besoins de la cause, 2 millions de manifestants au bas mot. Mais il ne faut pas s'y tromper, ce ne sera pas le début d'une dynamique incontrôlable similaire à celle de l'automne de 1995, mais la fin d'un cycle. Car, même si d'autres journées seront programmées, les syndicats se sont bel et bien résignés à voir l'âge légal de la retraite passer de 60 ans aujourd'hui à 62 ans en 2018. En atteste la tentative de François Chérèque de négocier sur la deuxième borne, celle de l'âge donnant droit à la retraite au taux plein (65 ans qui doivent passer à 67 ans). A quoi bon mobiliser la France entière pour obtenir des concessions - sur la prise en charge de la pénibilité du travail notamment -que l'Elysée, Claude Guéant, a de nouveau offertes hier ? Pour revenir sur la réforme des retraites, la CFDT et la CGT placent maintenant leurs espoirs sur le printemps 2012, pas sur l'automne 2010.

Pour cette raison et parce que la réalité sociale est devenue meilleure, avec la baisse du chômage et l'accalmie dans les plans sociaux, cette rentrée pourrait bien n'être pas si périlleuse que cela pour Nicolas Sarkozy. Au contraire, puisque le débat parlementaire sur la réforme des retraites aura pour mérite de faire revenir à la surface l'immense mur financier que représente un système perdant 30 milliards d'euros par an alors qu'il engloutit déjà 15 % de la richesse nationale. Le vrai, le seul danger de la rentrée serait, au prétexte d'antisarkozysme, de contester, de minorer, de différer une réforme qui pèche plutôt par défaut que par excès de sévérité.



JEAN-FRANCIS PÉCRESSE

dimanche 5 septembre 2010






Maîtrise du temps

Il est temps qu’il arrive, ce remaniement! Il donnera un nouveau souffle à un gouvernement déclaré officiellement en sursis avant même le grand débat sur les retraites – dans la rue et au Parlement. Il permettra de passer à une autre "séquence".

La politique est avant tout l’art de gérer le calendrier. Jacques Chirac, grand jeune homme pressé, a été un Président qui laissait filer le temps. François Mitterrand en fut le maître incontesté: "Donner du temps au temps", disait-il. Mieux que quiconque, il savait donner le tempo, laisser les dossiers mûrir, aller parfois jusqu’à la catharsis, cette éruption si forte qu’elle permet de changer de pied. Nicolas Sarkozy a un rapport moins constant au temps. Il se veut l’homme des séquences. Aujourd’hui, elles s’entremêlent.

La séquence des retraites, polluée par l’affaire Woerth-Bettencourt, est bousculée par un épisode sécuritaire. Et la séquence du remaniement a déjà commencé. Elle doit déboucher sur la présidence française du G20. Maîtriser le temps, c’est avant tout donner de la sérénité. Le quinquennat a démarré dans la frénésie des réformes à accomplir. Il s’est poursuivi dans l’urgence des réponses à donner à la crise. Il appelle maintenant à retrouver une perspective. Comme dit l’adage, le temps n’épargne point ce que l’on fait sans lui.



Olivier Jay

Sept Français sur dix approuvent la journée de mobilisation pour les retraites

Une majorité de Français (70 %) approuvent la journée de mobilisation syndicale organisée mardi 7 septembre contre le projet de loi sur les retraites, selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest-France. La courte majorité qui jugeait "acceptable" de reculer l'âge légal de départ de la retraite de 60 à 62 ans, point clé de la réforme, s'est érodée en septembre (53 % contre 58 % en juin). Interrogés sur le report progressif de l'âge légal à 62 ans en 2018 souhaité par le gouvernement, 53 % le jugent "tout à fait" ou "assez acceptable", contre 47 % le qualifiant de "tout à fait" ou "assez inacceptable". La proportion de "tout à fait inacceptable" atteint 30 %, soit sept points de plus qu'en juin dernier. A l'inverse, la part des "tout à fait acceptable" chute de sept points à 21 %.
L'étude montre de fortes différences selon l'âge, l'opposition au projet de recul de l'âge de départ à la retraite étant majoritaire chez les 25-34 ans (52 % le jugent inacceptable) et les 35-49 ans (53 %). Dans le même temps, une très large majorité des français (70 %) approuve la mobilisation du 7 septembre contre la réforme des retraites, approbation qui culmine (87 %) chez les 18-24 ans, les employés (82 %) et les ouvriers (79 %).

Lorsque cette question avait été posée sur une manifestation sur le même sujet en mai 2008, 43 % des français trouvaient la manifestation justifiée, précise l'étude. C'est un "tableau balancé et contradictoire : les Français trouvent le projet courageux et nécessaire mais pas juste, et soutiennent majoritairement le mouvement qui s'y oppose", explique Jérôme Fourquet, de l'IFOP. Si une très forte proportion des sondés s'accorde à estimer que le gouvernement n'est "plutôt pas ouvert au dialogue" (69 %), "plutôt pas juste dans ses choix" (67 %) et "plutôt pas attentif aux questions liées à la pénibilité de certains métiers" (62 %), une majorité plus courte lui reconnaît le fait d'être "courageux dans ses choix" (53 %) et "déterminé à maintenir le système de répartition français" (57 %). Pour 70 % des sondés, il est "responsable vis-à-vis des générations à venir". Enfin chez les ouvriers, 76 % des sondés trouvent que le gouvernement n'est "plutôt pas attentif aux questions liées à la pénibilité de certains métiers".

Ce sondage a été réalisé par l'Ifop par téléphone les 2 et 3 septembre auprès d'un échantillon de 957 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Selon un autre sondage réalisé par l'IFOP sur le même échantillon et la même période, mais pour Sud-Ouest Dimanche, 49 % des Français jugent les propositions du Parti socialiste "plus équilibrées en ce qui concerne les efforts demandés aux différentes catégories de Français". Les propositions socialistes ne sont cependant jugées "plus sérieuses que celles du gouvernement concernant le financement à long terme du système de retraite par répartition", que par 40 % des sondés.

LES SOCIALISTES ONT INCULQUÉ L'ESPRIT DE LA FAINÉANTISE AUX FRANÇAIS, À COUPS DE PENSIONS DIVERSES, DES 35 HEURES PAYÉES 40 PAR LE PATRON, LES RTT. LA PLÉTHORE DE FONCTIONNAIRES TERRITORIAUX INUTILES ET INUTILISÉS, UN DROIT DE GRÈVE TROP SOUVENT ASSIMILÉ À UNE JOURNÉE DE RÉCRÉATION PAR CEUX QUI BATTENT UN PAVÉ QUI N'A PAS CONNU 1968. LA RETRAITE À 60 ANS ? QU'ILS LA PRENNENT MAIS QU'ILS NE VIENNENT PAS PLEURER, ALLER SARKO, LAISSE LES DANS LA MERDE, ILS NE COMPRENDRONT JAMAIS.

La France qui soutient les Roms dans la rue

Associations, syndicats, partis politiques de gauche appellent à manifester ce samedi contre la politique du gouvernement à l'égard des Roms.
"Face à la xénophobie et la politique du pilori: liberté, égalité, fraternité!": c'est le slogan de la journée de mobilisation qui réunit ce samedi associations, syndicats et partis politiques dans toute la France et en Europe, pour dénoncer la politique du gouvernement français à l'encontre des Roms. Des manifestations sont organisées dans plus de 130 villes, ainsi que devant des ambassades françaises de plusieurs pays de l'Union européenne.

Depuis fin juillet, quelque 1000 Roms roumains et Bulgares ont été reconduits à la frontière et une centaine de campements illicites démantelés, suscitant un concert de critiques en France et à l'étranger.
A Paris, la journée a commencé dès 11h00, à proximité du ministère de l'Immigration, où des artistes, parmi lesquels Régine, Jane Birkin (voir photo), Agnès Jaoui ou Jeanne Cherhal devaient interpréter symboliquement la chanson "Les p'tits papiers", avant de se joindre à la manifestation qui partira à 14h00 de la place de la République.

Plusieurs dizaines d'organisations seront représentées, dont de Emmaüs, Droit au logement, Attac ou le Mrap. La mobilisation sera également suivie par des organisations syndicales (la CGT, la CFDT, FSU...) et des partis de gauche: d'Olivier Besancenot à Bertrand Delanoë, de Cécile Duflot à Jean-Luc Mélenchon, de Jean-Paul Huchon à Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon, ses leaders seront massivement présents dans le cortège parisien.
"Nous avons décidé de réagir car une borne a été franchie", a expliqué Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des droits de l'Homme, jeudi dernier lors d'une conférence de presse. "Ce qui nous rassemble, c'est notre attachement commun à la démocratie", a-t-il ajouté.

De son côté, Laurent El Ghozi, président de la Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les tsiganes et Gens du voyage (Fnasat), estimait qu'il "y a une politique ouvertement raciste qui vise une population en raison de son origine ethno-raciale".

samedi 4 septembre 2010

Lapidation

C'est quoi, la barbarie ? La mise à mort à coups de pierres d'une femme en place publique. Cela s'appelle une lapidation, et cela pourrait avoir lieu demain dimanche en Iran : Sakineh, 43 ans, y est menacée d'être ainsi exécutée pour adultère et meurtre de son mari. L'Iran, vieille et grande civilisation, terre d'un des plus subtils poètes de l'amour, Omar Khayam… Mais la barbarie, c'est aussi ces condamnés qui, aux Etats-Unis, attendent des années dans le couloir de la mort avant de s'asseoir sur la chaise électrique. C'est, plus près de nous, à Aix-en-Provence, des hommes et des femmes qui soudain martyrisent et tuent à coups de pierre un marginal, comme ça, dans un accès de folie collective. Il est juste et bon de se mobiliser pour sauver l'Iranienne Sakineh de la lapidation. Mais il n'est pas non plus inutile de se souvenir que la barbarie, ce n'est pas que les autres.

Irak : une nouvelle aube ?

De la Tempête du désert déclenchée par George W. Bush à l'Aube nouvelle annoncée par Barack Obama, sept années auront passé.
Cette guerre d'Irak, « guerre stupide », avait déclaré alors l'actuel président américain, guerre que nous n'avons pas voulue, aura sans doute été l'une des plus néfastes qu'ait connue le Moyen-Orient. Pour abattre un dictateur abominable, on a cassé un pays.

Le bilan est effrayant pour les Irakiens : 250 000 morts, des dizaines de milliers de blessés, 700 000 veuves, un à deux millions d'orphelins (on ne sait pas), entre trois et quatre millions de personnes déplacées à l'intérieur ou à l'extérieur du pays... Côté américain, des milliers de morts (4 500), des dizaines de milliers de blessés (30 000). De plus, le pays est ravagé, les réseaux d'électricité déficients, la production de pétrole inférieure à ce qu'elle était sous Saddam Hussein. La population, en grande difficulté, souffre.

Des choix politiques erronés ont provoqué ce désastre, à commencer par la dissolution soudaine et brutale de l'armée irakienne et de l'administration en place. On a ainsi plongé dans la misère et la révolte officiers, soldats et fonctionnaires. De là, sont nées les factions extrémistes et fondamentalistes qui ont pu s'armer aisément dans les dépôts de Saddam Hussein laissés à l'abandon et sans surveillance par l'armée américaine. Celle-ci, en outre, a fermé les yeux pendant trop longtemps sur les pillages, les violences, les règlements de comptes qui ont suivi la chute du dictateur. Tout était fait pour conduire au chaos.

Le pari du développement

Aujourd'hui, l'Irak, pays artificiel, certes, mais comme beaucoup d'autres dans cette région, est plus divisé que jamais. Les élections de mars n'ont pas dégagé de majorité de gouvernement, mais révélé l'éparpillement politique qui divise les diverses populations, même au sein des ethnies ou des religions. L'armée, elle-même en voie de reconstruction, est traversée par différents courants. C'est la désunion générale.

La guerre a cessé, c'est vrai. Les Américains peuvent donc dire qu'ils ne sont plus en guerre. Ils s'en vont, au moins partiellement, et les Irakiens sont soulagés, mais il n'y a rien à la place et ils s'en inquiètent car l'expression violente des conflits internes se poursuit, exigeant forces spéciales et « conseillers » américains. Certains hauts dignitaires de l'armée irakienne estiment même que ces conseillers devraient rester jusqu'en 2020.

En ce qui concerne l'extérieur, l'Iran poursuit ses objectifs et ses calculs à long terme. L'Irak est, en effet, son premier marché et la vieille idée religieuse de regroupement des chiites demeure. La Syrie veut garder de l'influence sans pour autant se mettre à dos l'Arabie Saoudite qui, elle-même, s'inquiète du retrait américain. Ces derniers, dit-on, aimeraient que le futur gouvernement irakien ait une politique claire et non hostile à l'Iran. La situation est donc encore plus complexe qu'avant la guerre. Le rêve de George W. Bush qui, par la guerre, voulait « épargner de grands dangers au monde et instaurer la démocratie », s'est évanoui en fumée et mué en destruction.

Aujourd'hui, avec Aube nouvelle, Barack Obama transfère les responsabilités des militaires combattants à des militaires bâtisseurs chargés de la reconstruction du pays. Que ne l'ont-ils intensifiée plus tôt ! Mais la corruption qui a englouti des sommes faramineuses va-t-elle cesser pour autant ? Si oui, de vrais investissements productifs pourraient enfin être réalisés. C'est un nouveau pari qui commence, dans la difficulté, mais celui-là vaut mieux que celui de la guerre.

Irak : une nouvelle aube ?

De la Tempête du désert déclenchée par George W. Bush à l'Aube nouvelle annoncée par Barack Obama, sept années auront passé.
Cette guerre d'Irak, « guerre stupide », avait déclaré alors l'actuel président américain, guerre que nous n'avons pas voulue, aura sans doute été l'une des plus néfastes qu'ait connue le Moyen-Orient. Pour abattre un dictateur abominable, on a cassé un pays.

Le bilan est effrayant pour les Irakiens : 250 000 morts, des dizaines de milliers de blessés, 700 000 veuves, un à deux millions d'orphelins (on ne sait pas), entre trois et quatre millions de personnes déplacées à l'intérieur ou à l'extérieur du pays... Côté américain, des milliers de morts (4 500), des dizaines de milliers de blessés (30 000). De plus, le pays est ravagé, les réseaux d'électricité déficients, la production de pétrole inférieure à ce qu'elle était sous Saddam Hussein. La population, en grande difficulté, souffre.

Des choix politiques erronés ont provoqué ce désastre, à commencer par la dissolution soudaine et brutale de l'armée irakienne et de l'administration en place. On a ainsi plongé dans la misère et la révolte officiers, soldats et fonctionnaires. De là, sont nées les factions extrémistes et fondamentalistes qui ont pu s'armer aisément dans les dépôts de Saddam Hussein laissés à l'abandon et sans surveillance par l'armée américaine. Celle-ci, en outre, a fermé les yeux pendant trop longtemps sur les pillages, les violences, les règlements de comptes qui ont suivi la chute du dictateur. Tout était fait pour conduire au chaos.

Le pari du développement

Aujourd'hui, l'Irak, pays artificiel, certes, mais comme beaucoup d'autres dans cette région, est plus divisé que jamais. Les élections de mars n'ont pas dégagé de majorité de gouvernement, mais révélé l'éparpillement politique qui divise les diverses populations, même au sein des ethnies ou des religions. L'armée, elle-même en voie de reconstruction, est traversée par différents courants. C'est la désunion générale.

La guerre a cessé, c'est vrai. Les Américains peuvent donc dire qu'ils ne sont plus en guerre. Ils s'en vont, au moins partiellement, et les Irakiens sont soulagés, mais il n'y a rien à la place et ils s'en inquiètent car l'expression violente des conflits internes se poursuit, exigeant forces spéciales et « conseillers » américains. Certains hauts dignitaires de l'armée irakienne estiment même que ces conseillers devraient rester jusqu'en 2020.

En ce qui concerne l'extérieur, l'Iran poursuit ses objectifs et ses calculs à long terme. L'Irak est, en effet, son premier marché et la vieille idée religieuse de regroupement des chiites demeure. La Syrie veut garder de l'influence sans pour autant se mettre à dos l'Arabie Saoudite qui, elle-même, s'inquiète du retrait américain. Ces derniers, dit-on, aimeraient que le futur gouvernement irakien ait une politique claire et non hostile à l'Iran. La situation est donc encore plus complexe qu'avant la guerre. Le rêve de George W. Bush qui, par la guerre, voulait « épargner de grands dangers au monde et instaurer la démocratie », s'est évanoui en fumée et mué en destruction.

Aujourd'hui, avec Aube nouvelle, Barack Obama transfère les responsabilités des militaires combattants à des militaires bâtisseurs chargés de la reconstruction du pays. Que ne l'ont-ils intensifiée plus tôt ! Mais la corruption qui a englouti des sommes faramineuses va-t-elle cesser pour autant ? Si oui, de vrais investissements productifs pourraient enfin être réalisés. C'est un nouveau pari qui commence, dans la difficulté, mais celui-là vaut mieux que celui de la guerre.

vendredi 3 septembre 2010

Revivez l'université d'été du Medef minute par minute

L'Université d'été du Medef s'est achevée ce vendredi midi. Pendant trois jours, chefs d'entreprises, politiques, dirigeants de grandes organisations institutionnelles et personnalités de la société civile ont débattu, à Jouy-en-Josas sur "l'étrangeté du monde, mode d'emploi", la thématique choisie cette année. Latribune.fr vous propose de revivre cet événement, y compris depuis les coulisses, avec nos trois envoyés spéciaux.
Mercredi 1er septembre

12h45 à Jouy-en-Josas, Yvelines: Des hommes en costume et des femmes en tailleur descendent du bus bondé qui a fait la navette depuis le siège du Medef, à Paris. A l'accueil, un haut-parleur diffuse le tube "Je ne veux pas travailler", apologie de la paresse signé Pink Martini. Ciel bleu azur, chaleur estivale: les cravates se desserrent, l'ambiance est décontractée. Une heure avant la conférence de lancement des Universités d'été 2010 par Laurence Parisot, le campus de HEC Paris, qui accueille l'évènement, est déjà bondé. La cafétéria est prise d'assaut. "Laurence Parisot fait beaucoup de bien à l'image du patronat en France, j'attends son discours avec impatience", s'enthousiasme une adhérente, tout sourire.

13H21: Laurence Parisot, la patronne du Medef est au micro de BFM Radio, sur les retraites, "Si nous continuons sur cette lancée, en 2015, nous serons à 100% de ratio de dette sur le PIB endettés jusqu'au cou."

13H31: En attendant le début de la conférence, les personnes flânent entre les stands. Selon Arnaud Delaunay, responsable de l'information sociétale au Medef, 4.000 personnes sont attendues sur les trois jours, 175 intervenants prendront la parole. Cette année, le thème de l'Université d'été du Medef est l'étrangeté du monde de l'emploi. "L'idée c'est que nous sortons d'une crise un peu étrange, on croit le connaître mais il évolue, le but est de trouver les clés pour le comprendre et nous adapter, nous avons trois jours!", sourit Arnaud.

14h40: John Chambers, président du Cisco, répond à Laurence Parisot qui l'interroge sur la sortie de la crise, en direct de San José, Californie. "Je suis globalement optimiste pour la reprise mondiale car de nouveaux emplois vont être créés grâce à l'essor des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Les cercles financiers et les gouvernements doivent travailler étroitement ensemble pour vaincre la crise, aux Etats-Unis et partout dans le monde."

15h00: "Je ne vais pas vous demander votre taux de croissance, car nous allons avoir un coup de blues ici". Laurence Parisot, à son interlocuteur chinois.

15h02: Pour Yan Wang, le président du 3è opérateur de téléphonie mobile en Chine, la Chine n'est pas encore passée de puissance émergente à puissance émergée. "Des déséquilibres dans la croissance montrent qu'une réforme du développement chinois est nécessaire. La Chine a des besoins énormes dans les infrastructures, le logement et les énergies."

15h20: Laurence Parisot conclut la première séance plénière de l'Université d'Eté du Medef en disant qu'il y a plus de signaux de confiance que de raison de s'inquiéter, même prendre ces signaux avec précaution.

15h53: Début de la table ronde ayant pour thème "Tectonique de la crise: les nouveaux centres de gravité économique". Dominique de Montvalon, Rédacteur en chef du service politique de France Soir, et maître de cérémonie, oublie de présenter Hubert Védrine. L'ancien Ministre des affaires étrangères déclarait par ailleurs ce matin au micro d'Edwige Chevrillon sous la tente de BFM Radio qu'il "faudrait un million de personnes pendant 30 ans pour moderniser l'Afghanistan". Il a aussi comparé le nouvel ordre mondial à "une réunion de 192 copropriétaires qui ne prendrait jamais fin".

16h15: La culture, voie d'avenir pour les entrepreneurs ambitieux? En ces temps de crise, le Medef cherche de nouveaux horizons pour les entrepreneurs français, notamment en Orient. La culture est-elle l'une des clés de l'intégration des entreprises françaises sur le marché asiatique ? Pour l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans un marché ultra-compétitif, la France doit abattre la carte culturelle. "Les Chinois disent que la France est un pays romantique, un pays de culture. Cette civilisation de 5000 ans, qui a conscience de son importance, respecte et admire la civilisation française". De ses visites en Asie, Jean-Pierre Raffarin a tiré une certitude: la culture est un "média" pour les entreprises françaises. "Tout se conquiert. Il serait faux de dire que les Chinois nous attendent. Nous devons nous imposer avec nos armes." D'autant plus que dans un monde globalisé, l'influence culturelle est également un des critères de la puissance économique. Les Chinois l'ont bien compris. "A mesure que les performances économiques chinoises progressent, les normes culturelles de la Chine nous pénètrent peu à peu, doucement mais sûrement", analyse l'ex-Premier ministre. Le classement de Shanghaï, les festivals de plus en plus nombreux autour de la Chine en sont, selon lui, des exemples. "La France doit utiliser son potentiel culturel."

16h40: Jean-Pierre Raffarin, superstar du jour ? L'ancien Premier ministre, très éloquent, se distingue par des traits d'humour qui enchantent l'auditoire. Exemple: "On me demande souvent que penser des Chinois. C'est une question difficile, je ne les connais pas tous." Son intervention, dans le cadre du colloque sur l'Orient, s'est terminée par des applaudissements enthousiastes de la salle.

17h15: C'est à Hubert Védrine, oublié en début de table ronde sur les nouveaux centre de gravité économiques mondiaux, que revient la tâche de conclure la conférence. Et c'est sur un ton pour le moins sentencieux qu'il répond à la question posée par le Medef sur l'étrangeté du monde: "Nous avons déjà perdu beaucoup de temps dans notre compréhension du monde après la chute de l'URSS, qui a conduit les Américains à un triomphalisme absurde. Pour la première fois depuis quatre ou cinq siècles, nous n'avons plus le monopole du pouvoir. Elle est là l'étrangeté. Que l'Europe ne soit pas l'idiot du village global".

17h30: Ümit Boyner, la présidente du Medef turque, a déclaré en marge de la table ronde "Tectonique de la crise", que le référendum turque relatif aux amendements constitutionnels qui permettraient de traduire des officiers militaires devant la justice turque "n'est pas une régression". "Nous avons besoin d'une nouvelle constitution qui octroierait au citoyen une place centrale", a-t-elle ajouté.

17h32: Jean-Pierre Raffarin, sur la réforme des retraites: "Le talent politique, c'est d'être capable d'entraîner tout le monde derrière soi. Cela demande un certain talent, et certaines circonstances, qui ne sont pas toujours réunies. Aujourd'hui, le Président est fondamentalement déterminé sur la réforme des retraites. Mais certains veulent opposer la rue au gouvernement. Il va falloir tenir."

17h33: Aux questions d'entrepreneurs angoissés, Jean-Pierre Raffarin se prononce pour la création par la Caisse des dépôts d'un fonds d'intervention pour aider les entreprises à investir: "Je pense qu'il nous faut créer un fonds d'intervention et de financement des projets pour soutenir l'investissement des entreprises françaises. Je crois également qu'il serait bien, même en période de rigueur, d'avoir un ministre du commerce extérieur à temps plein."

18h15: Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, est applaudie alors que pour débuter la table ronde ayant pour thème "La Chine a-t-elle déjà gagné?", elle commence par rappeler, pragmatique, que "le nombre de touristes chinois a augmenté de 100% en France" cet été...

Jeudi 2 septembre

9h12: Loin de l'effervescence du premier jour, la table ronde intitulée "Monde à l'endroit, monde à l'envers, actualité de la chienlit" vient de débuter dans le calme. Sur cette thématique sociale, Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République, s'exprime le premier en affirmant que "la France vit un petit bonheur individuel et un grand malheur collectif. On ne pourra pas rester dans une société qui remplit les porte-feuilles et qui vide les coeurs" ajoute-t-il.

9h23 : Thierry Saussez, délégué interministériel à la Communication et directeur du service d'information du gouvernement prend la parole lors de la conférence intitulée "Quand l'écran brouille les images" : "Au bout d'un certain temps, j'ai compris qu'il fallait être très équilibré pour ne pas se suicider après un journal télévisé! Nous vivons dans une société où les Français sont très bien informés, voire surinformés...Mais jamais les gens n'ont jamais eu autant besoin d'autant d'exprimer, de communiquer" s'exclame-t-il.

9h32 : Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, invitée de la conférence "Quand l'écran brouille les images" : "Pourquoi les alcooliques auraient le droit d'être anonymes et pas les internautes sur Internet ? L'anonymat permettrait d'éviter un certain nombre de dérives et de risques. Je suis pour."

9h41. Pour cette deuxième journée des Universités d'été, le temps est, comme la veille, au beau fixe. La panoplie d'invités qui se succèderont aux conférences, tables rondes et débats du jour est impressionnante. Parmi les plus prestigieux : Pascal Lamy, directeur général de l'OMC, Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, ou Juan Somavia, directeur général de l'OIT. Des personnalités politiques sont également à l'honneur : Alain Juppé, ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, Michel Rocard, ex-Premier ministre socialiste, ou encore Jean-François Copé, le patron de l'UMP à l'Assemblée nationale. Autres grands noms présents aujourd'hui : le philosophe Raphaël Enthoven, le PDG de la Société Générale Frédéric Oudéa, Xavier Couture (Orange), Stéphane Truchi (Ifop), ou Patrick Poivre D'Arvor. Du beau monde.

10h58. En direct des allées de l'Université d'été. Nathalie Kosciusko-Morizet, la diva du jour. Entourée par son équipe, la secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement numérique provoque des bouchons lorsqu'elle traverse les allées du campus HEC pour se rendre à la grande conférence sur les nouvelles relations internationales. "Oooooh, c'est NKM !!", s'esclaffe une femme dans la foule. Les appareils photo crépitent, les passants s'arrêtent pour regarder passer l'icône du gouvernement, qui s'arrête devant les stands et serre des mains.

11h18. La conférence intitulée "Les nouvelles relations internationales" débute. Le plateau est le plus prestigieux depuis le début des Universités d'été. Animée par Laurence Parisot (qui, aujourd'hui, a délaissé la couleur-symbole du Medef, le violet, pour le marron), trois des plus importantes figures de la finance internationale débattent, en français, sur la sortie de la crise : Pascal Lamy, directeur de l'OMC, Juan Somavia, son homologue de l'OIT (Organisation internationale du Travail), et Angel Gurria, de l'OCDE.

11h38. Juan Somavia, le directeur général de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), donne ses pistes pour sortir de la crise : "Il faut penser global, c'est la seule solution" "On ne va pas sortir de la crise en reproduisant les actions qui ont mené à la crise. Il faut de nouvelles idées, remettre l'emploi au coeur des choses, comme l'a fait l'OIT avec le Pacte international pour l'emploi, signé l'an dernier.Il faut également un système financier au service de l'économie, et non l'inverse." Juan Somovia insiste également sur la nécessité d'une protection sociale universelle, notamment dans les pays en développement : "Il faut un socle universel de protection sociale, pour protéger le travail lui-même".

12h28. "Je suis très honorée d'être la seule femme parmi ce groupe d'hommes. Mais j'espère tout de même que dans quelques années nous serons une majorité parmi les chefs des grandes entreprises" Imoni Akpofure, déléguée générale en Europe de l'IFC Groupe Banque Mondiale.

12h41: Nathalie Nathalie Kosciuscot Morizet, sur les évolutions d'Internet: "Avec le net,il y a un risque vis-à-vis de certains pays, comme la Chine par exemple: du jour au lendemain, le pays peut transformer son Internet en Intranet et se couper du reste, c'est un nouveau combat à venir qui est devant nous".

13h35: Pascal Lamy, Président de l'OMC: "Si le sommet de Copenhague a été si catastrophique, c'est une question de valeurs qui sont derrière les pays: les Europeens, les Americains...n'ont pas les mêmes valeurs (...) on ne passe pas assez de temps sur les systèmes de valeurs, or il n'y a pas de système de gouvernance sans un système de valeurs."

13h41: Angel Gurria : "On a sauvé nos systèmes financiers, il faut finir. On est sortis de la récession, il faut finir. Maintenant il faut faire face aux déficits, à la dette. Comment le faire sans argent ? Il faut penser structures: éducation, retraite,sécurité sociale innovation, croissance verte... C'est ça qui peut permettre d'avoir une croissance. En 2011, le G20 est dirigé par la France. Elle a la possibilité de relancer, de rediriger mais pas de réinventer. Il faut que le G20 soit ambitieux et couronné de succès, comme l'a dit Nicolas Sarkozy."

13h52: "Je me fous de la publicité, je suis déjà leader mondial!" Pierre Bellon, Président de Sodexo, lors de la table ronde sur "L'émergence de nouvelles autorités."

14h32: pause déjeuner. Les participants se ruent sur les paniers repas distribués par le Medef. En dessert, des glaces d'une marque prestigieuse sont offertes aux plus rapides, qui les dégustent en mode farniente sur les pelouses.

15H46: L'amphithéâtre Tocqueville est bondé. Sur les marches ou serrés contre les murs, les gens tentent de se faire une place. La promiscuité est à son comble, réalité que souligne la plainte d'une observatrice "Ce débat est passionnant mais la chaleur est insupportable". Pour cause, le thème "Et nous et nous et nous" attire. Et surtout cette question qui revient souvent avec la montée de l'individualisme à laquelle on assiste: où va la société d'aujourd'hui? Florence Hosteau, docteur en théologie tranche: "Notre lien (social) est malade, la société est malade il y a beaucoup trop de peur, de l'autre, de l'étranger".

Alain Touraine, sociologue, est plus pessimiste encore. "La société, c'est fini, une météorite gigantesque a tout détruit et cette météorite, c'est l'économie globalisée. On a assisté à un éclatement de la société ces vingt dernières années. Le danger aujourd'hui est alors le repli entre communautés. Ca m'ennuie d'avoir à l'avouer car je suis sociologue, mais il n'y a plus de société". Les rires du public concluent cette boutade.

Riposte de Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des solidarités actives: "Je ne dirai pas ça, nous avons la nécessité de construire une société dans un nouveau décor. Il faut créer un baromètre pour les jeunes, car les jeunes ont des valeurs nouvelles auxquelles on ne pense pas comme le respect." Surenchère de Maria Nowak, Présidente de l'ADIE (association pour le droit à l'initiative économique): "Nous sommes une société de vieux au bénéfice des vieux. On veut aider la jeunesse ? Mais on est incapables de leur donner un emploi -rire nerveux de l'amphithéâtre- on leur laisse une dette énorme".

Question anodine de Claude aux intervenants: "Depuis le début nous parlons de valeurs, fraternité, égalité, liberté, mais nous n'avons pas entendu une seule fois le mot amour, alors je vous le demande: l'amour existe-t-il encore ?" -éclat de rire général - "Bonne question, nous allons la poser à l'Amiral", sourit François Lenglet, animateur des débats. Pas pris de court pour autant, le vice-amiral d'escadre Olivier Lajous conclura tout simplement par la positive.

16h59: Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, au milieu d'un débat de spécialistes sur les nanotechnologies. "Je n'ai pas tout compris à ce qu'ils ont raconté. Ce que j'ai compris, c'est qu'on est à l'aube d'une révolution technologique et sociétale. Je n'ai pas encore compris si notre action va dans le bon sens ou pas, mais je compte sur vous pour me le dire."

17h07: A la table ronde intitulée "Les best practice de la nature", on s'interroge sur les moyens de préserver la nature tout en utilisant l'écologie comme moyen de sortie de crise. Jean Therme, directeur de recherche au Centre d'études de Grenoble: "Je pense que le défi n°1 est le défi climatique. S'il y a une chose à faire dans la planète aujourd'hui, et ce n'est pas quelque chose qu'on entend souvent, c'est de développer le charbon propre. C'est-à-dire faire en sorte qu'on puisse utiliser le charbon sans mettre de CO2 dans l'atmosphère. C'est ce qui aurait dû sortir de Copenhague."

17h15: Eclats de rire et applaudissements dans la salle. Roselyne Bachelot, amatrice de bons mots, qualifie Jean Therme, directeur de recherche sur les nanotechnologies, de "seigneur des nanos". Le public s'esclaffe. La ministre met l'ambiance. Qui aurait cru qu'un débat sur les nanotechnologies, pourtant très rondement mené, puisse se révéler aussi drôle ?

17h26: Malgré la tenue de quatre conférences avec des invités prestigieux, le hall et les couloirs ne désemplissent pas. A l'espace café, c'est la cohue. Le stand de glaces gratuites vient de rouvrir. Une file d'attente déjà longue est formée. Un jeune entrepreneur fait la queue avec un collègue: "J'espère qu'il reste encore des pots au Macadamia Nut Brittle !" C'est l'été, il fait chaud, et aux Universités d'été du Medef, les participants sont comme tous les étudiants qui se respectent : ils ont aussi envie de se détendre.

Vendredi 3 septembre

8h32: Pour cette troisième et dernière journée des universités d'été du Medef, il règne ce matin une effervescence particulière. Eric Woerth, le Ministre du Travail, est attendu à 9h pour assister à la table ronde intitulée "De l'esprit d'entreprise pour soulever l'univers". Alors que les appels à sa démission se multiplient un peu partout, la question ici est sur toute les lèvres : "viendra-t-il?..."

8h51: Arrivée d'Eric Woerth. Le Ministre fend la foule de journalistes rassemblés devant l'entrée extérieure de l'amphithéâtre où va se tenir la conférence, sans faire le moindre commentaire.

9h11: Eric Woerth, installé à la table de conférence animée par Nicolas Doze de BFM Radio, déclare: " Je ne crois pas que ce soit la peine de répondre" à François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, dont les propos ce matin suggérait sa démission. A quelques jours du débat à l'Assemblée nationale relatif au plan de réforme des retraites, le Ministre du travail s'est dit par ailleurs "mobilisé à 120%", avant d'être applaudi chaleureusement par l'assemblée venue assister au débat.

9h30: Alors que la conférence retransmise en direct sur BFM Radio marque une pause, l'antenne, retransmise dans la salle, diffuse les titres du jour. Eric Woerth peut ainsi entendre ses propres déclarations faites quelques minutes plus tôt. La salle éclate de rire. Le Ministre lui, est hilare.

10h: Fin de l'intervention d'Eric Woerth, qui s'éclipse discrètement, sans faire plus de commentaires. D'autres intervenants s'installent pour poursuivre le débat portant sur l'esprit d'entreprise, dont Pascal Homsy, PDG d'Alcatel-Lucent France et Jean-Pierre Letartre, PDG d'Ernst&Young France.

10h17. La conférence "La France qui plaît", a accueilli une invité de marque, non annoncée dans le programme : Rama Yade. La secrétaire d'Etat aux Sports, qui caracole en tête des sondages sur la popularité des membres du gouvernement, s'éclipse avant la fin du débat. Elle remonte l'allée centrale de l'amphithéâtre, dévorée des yeux par le public.

10h24. Maxime Holder, PDG des Boulangeries Paul : "Dès lors qu'on mettra de côté une certaine arrogance et un individualisme forcené qui sévit en France, nous arriverons à créer un modèle d'entreprise française à l'étranger, car la France a des atouts et certaines entreprises font des envieux dans le monde."

10h28. Pierre-André de Chalendar, directeur général de Saint-Gobain : "Pour réussir à l'étranger, il faut que la France se plaise un peu plus à elle-même. Et là, il y a beaucoup à faire, notamment pour jouer collectif, par exemple pour qu'au niveau politique on soutienne les entreprises."

10h47: Dans les allées et couloirs de l'Université d'été du Medef, l'ambiance est différente, un peu plus tendue que les jours précédents. Une atmosphère de tension et d'excitation flotte dans l'air. La venue d'Eric Woerth, qui se trouve en pleine polémique, ainsi que le passage éclair de la charismatique Rama Yade ne sont pas étrangers à cette ambiance survoltée.

10H48 : Conférence sur le thème des "insolites réussites". Un peu le coin des artistes et des audacieux. L'ambiance est détendue dans l'auditoire face aux entrepreneurs, tous différents qui viennent raconter leur parcours. Du spécialiste du tag, au créateur du mur végétal à la fondatrice d'un rallye au Maroc...Les profils atypiques qui montrent que l'originalité est un secteur qui porte aussi.

10H50 : A l'issue de la conférence des insolites réussites, l'animateur, Nicolas Rossignol demande à chaque entrepreneur de donner leur conseil pour réussir. Les réponses sont simples, à méditer "être monomaniaque", pour l'excentrique Patrick Blanc, créateur du mur végétal, "savoir être très motivé et toujours se battre" pour Mireille Ballestrazi, Directrice adjointe de la police judiciaire ou encore "lutter contre le goût dominant" pour Alain-Dominique Galliizia, Spécialiste du tag et architecte.

11h13. Laurence Parisot a une méthode très patronale pour sermonner les retardataires à la conférence de clôture des Universités d'été : "S'il vous plaît, soyez audacieux, dépêchez-vous!"

11h15: Début de la séance plénière de clôture de ces trois jours d'université d'été du Medef, présidée par Laurence Parisot. La patronne des patrons ouvre la conférence ayant l'audace pour thématique, avec une citation de Goethe: "Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence le. L'audace a du génie, l'audace a du pouvoir, l'audace a de la magie" dit-elle, avant de faire le parallèle, près de deux siècles plus tard, avec le "Yes we can" de Barack Obama.

11h59: Le professeur Bernard Devauchelle, chef du service de chirurgie maxillo-facial du CHU d'Amiens qui a réalisé la première greffe de visage voici 5 ans, lance un appel à l'auditoire: "Nous allons continuer les transplantations, nous allons poursuivre la recherche sur la transplantation et je vous annonce que nous souhaitons créer un institut dévolu à la défiguration, pour lequel nous avons besoin de partenariats, celui-ci ne pouvant reposer uniquement sur des fonds publics", a fait savoir le professeur.

12h39. Alain Ducasse, Chef multi étoilé et dirigeant de l'empire du Groupe Alain Ducasse, empire d'hôtellerie-restauration : "La naissance de mon audace a commencé le jour où je fus le seul rescapé d'un accident d'avion, en août 1984. Je n'ai jamais accepté ma condition physique. C'est cette farouche envie de rester en vie qui a façonné mon audace et mon envie de réussir. J'étais sorti de la société et j'ai voulu y entrer à nouveau."

12h48: "On va faire du homard et des patates au Plaza Athénée!" Alain Ducasse, chef, en réponse à Laurence Parisot lui demandant quel est son mélange culinaire le plus audacieux.

12h55. Pour conclure les Universités d'été du Medef, Laurence Parisot interroge ses invités sur l'audace, essentielle pour réussir dans les affaires, surtout en temps de crise. Le chef multi-étoilé Alain Ducasse, le chirurgien Bernard Devauchelle et d'autres entrepreneurs racontent des anecdotes sur leur carrière et donnent au public, essentiellement composé de chefs d'entreprise, quelques recettes pour prospérer. La dernière conférence de la patronne des patrons veut conclure ces trois jours sur un ton résolument optimiste. Laurence Parisot espère que son message sera passé : patrons, fini le blues de la crise, place à l'audace !

13h02: L'Université d'été touche à sa fin, Laurence Parisot donne rendez-vous aux participants en 2011 pour "un événement encore plus audacieux"

Réactions:

"Agréablement surpris". Paul-Arthur Patarin, jeune participant est content : « c'est la première fois que je viens aux Universités et j'ai trouvé ça vraiment bien. Alors que le Medef traîne une réputation de casserole dans l'opinion publique j'ai été agréablement surpris parce que ce n'était pas justifié. Pour mes le thème était pas mal mais en réalité ce n'est pas ça l'important, c'est juste un thème fédérateur, mais la finalité mais ici c'est avant tout un lieu de rencontre et d'ajustement".

"Pas assez business". Pour cette dirigeante e-commerce qui vient régulièrement, "l'Université de 2010 était trop tournée vers l'extérieur, avec les débats trop larges sur l'étranger, ce qui fait qu'on perd la concentration de ce pourquoi on est venus, c'est-à-dire faire du business, on est là pour parler business et cette année, on a moins fait de rencontres moins distribué de cartes, pas trop serré de mains, c'était pas très satisfaisant".

"Un bon moyen de sensibilisation". Pour Marc Schillaci, président du Directoire d'Oxatis (entreprise d'e-commerce), "les Universités ont été satisfaisantes. Notre but à nous c'est d'engager un dialogue avec les décideurs pour promouvoir l'e-commerce, nous avons été plutôt contents sur ce point". Sa collègue ajoute que "Laurence Parisot est restée 7 minutes à notre stand, vu son emploi du temps sur les trois jours, c'est très positif!".

"Ultra positif pour les affaires". Benoît Paget fait partie des entrepreneurs qui ont profité de l'Université d'été du Medef pour tenir un stand et faire la publicité de leur entreprise. La sienne, Canibal" est spécialisée dans le recyclage. Il a profité de ces trois jours pour présenter son dernier bébé, le "Canibal", une machine qui recycle les emballages des boissons, notamment les canettes. "Ces trois jours ont été ultra positifs pour les affaires. Beaucoup de chefs d'entreprise se sont montrés intéressés par notre produit, quelques contrats sont en bonne voie. Nathalie Kosciusko-Morizet est très intéressée par notre machine pour sa commune de Longjumeau, Laurence Parisot également pour le siège du Medef. C'est très bon."

"De bons échanges entre collègues". Chantal Fouquart, employée du Medef Paris, est comblée. "C'est de mieux en mieux tous les ans. Les thèmes des débats étaient en général de grande qualité, notamment celui sur la lutte contre la faim. En tant qu'employée du Medef, j'ai vécu cette expérience comme un enrichissement. J'ai pu découvrir des collègues sous un angle nouveau grâce aux pique-nique notamment, on a discuté d'autre chose et partagé de bons échanges. J'ai aussi appris des choses grâce aux conférences. Je suis comblée."

Elisa Perrigueur, Sylvain Rolland et Cindy Salhi

Sarkozy déterminé sur la réforme des retraites : "je la mènerai !"

"Passer de 60 à 62 ans, ça rapporte à la caisse d'assurance qui paie vos retraites 28 milliards d'euros, voilà. Est-ce qu'on ne vous a pas suffisamment menti dans le passé ? " a lancé ce vendredi le Chef de l'Etat.
Nicolas Sarkozy affiche sa détermination sur la réforme des retraites malgré la mobilisation sociale attendue pour mardi, jour de l'ouverture du débat sur le projet de loi à l'Assemblée nationale.

Il souligne qu'il ne quittera pas l'Elysée "sans avoir réglé la question". "Je ne serai pas le président de la République qui partira sans avoir réglé la question de l'équilibre des régimes de retraite. C'est clair, je suis extrêmement déterminé".

Il a fait ces déclarations ce vendredi lors d'un discours sur l'industrie devant des salariés de l'usine Valinox Nucléaire de Montbard qui appartient au groupe Vallourec, leader mondial des tubes sans soudure.

Le Chef de l'Etat a ajouté : "Il y a 10% des retraités français dont on finance les retraites par des emprunts parce qu'il n'y a pas d'argent (...), je ne serai pas le président qui laissera cette situation en l'état. Cette réforme des retraites, je la mènerai parce que c'est votre intérêt à vous les Français que quelqu'un dise +il n'y a plus assez d'argent pour financer les retraites, on doit trouver les moyens. Je veux que tous ceux qui travaillent puissent se dire +quand je partirai à la retraite, ma retraite sera payée+".

"Passer de 60 à 62 ans, ça rapporte à la caisse d'assurance qui paie vos retraites 28 milliards d'euros, voilà. Est-ce qu'on ne vous a pas suffisamment menti dans le passé ? Est-ce que c'est pas plus rassurant de se trouver face à quelqu'un qui vous dit les choses telles qu'elles se présentent ?".

Éric Woerth : "Sans moi, pas de débat sur la réforme des retraites"

Éric Woerth se bouche ostensiblement les oreilles. Le ministre du Travail feint de ne pas vouloir entendre les flashes d'actualité qui interrompent régulièrement le débat auquel il participe vendredi matin sur "l'esprit d'entreprendre, pour soulever l'univers". Il est 9 heures passées à l'université d'été du Medef qui se termine vendredi, à Jouy-en-Josas. À l'antenne, tournent en boucle les propos des syndicats selon lesquels il ne peut plus mener le débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée...

Alors qu'il a implicitement reconnu, jeudi, avoir soutenu la demande de Légion d'honneur de Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, les critiques sont aujourd'hui plus vives encore. Mais le ministre n'en a que faire. Il s'accroche, se sent prêt lui aussi à "soulever l'univers". Il ne veut penser qu'à sa mission : mener à bien la réforme du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Non sans une certaine dose d'ironie, il répond à ceux qui en doutent. "Si on ne me retrouve pas (mercredi) dans l'hémicycle, c'est qu'il n'y a pas de débat", rétorque-t-il à l'animateur qui lui demande s'il sera encore à l'Assemblée mardi pour l'ouverture des débats. Le ministre peut être sûr de lui : assailli par l'opposition et les syndicats, il reste soutenu par ses pairs de la majorité, au premier rang desquels François Fillon qui, jeudi soir, lui a renouvelé toute sa "confiance", réaffirmant qu'Éric Woerth mènerait la réforme des retraites "à son terme".

Alors, même si, en coulisse, sa situation apparaît comme plus délicate, sur la scène de Jouy-en-Josas le ministre martèle aux patrons venus l'écouter que le gouvernement ne reculera pas sur l'essentiel. "S'il n'y avait pas de manifestation sur les retraites, on ne serait plus en France", lance-t-il à propos de la mobilisation syndicale. Applaudissements dans la salle. À ses côtés à la tribune, le directeur général de Cisco France, Laurent Blanchard, est convaincu. "Je l'ai trouvé en cohérence avec lui-même. C'est un alpiniste comme moi et, face à la paroi, il ne tremble pas", confie au Point.fr ce patron qui connaît bien le ministre. Éric Woerth, lui, est déjà loin, il file vers sa ville, Chantilly, dont il est maire. Sans avoir dit un mot supplémentaire à la presse.

LES SOCIALISTES RENONÇANT DEVANT L'INÉLUCTABLE MUTATION DU RÉGIME DES RETRAITES, S'ATTAQUENT À CELUI QUI PORTE COURAGEUSEMENT CETTE RÉFORME TABOU.
PEU IMPORTE LE MOYEN POURVU QU'ILS AIENT SA PEAU !

La dérive intellectuelle d'Alain Minc

Certains ont pensé qu'un excès de discours sécuritaire risquait de revenir comme un boomerang sur le gouvernement. Les sondages ne le vérifient pas.

En revanche, un célèbre conseiller du pouvoir – qu'il soit de gauche ou de droite – s'est exercé à ce sport avec un manque évident de talent. Emporté par le zèle médiatico-mondain anti-Benoît XVI, Alain Minc a reproché au pape d'être "allemand", et pour cette raison, lui a enjoint de se taire. Manifestement, dans son esprit, le fait d'appartenir au peuple qui a élu Adolf Hitler, il y a un certain nombre de générations, crée pour tous les Allemands une culpabilité collective. De même qu'il y a un peuple élu, il y aurait, en quelque sorte, un peuple maudit…
Sans doute, par distraction, Alain Minc ne se rend pas compte que son discours est précisément celui qui rend le nazisme particulièrement condamnable. Le nazisme consistait à reprocher à certaines personnes d'être nées, aux juifs d'être Juif, et en tirait la conclusion que tout ce que faisaient, ce que disaient, ce qu'écrivaient les juifs, était nécessairement mauvais. C'est ainsi qu'on a brûlé les œuvres de Stefan Zweig. Alain Minc conseille-t-il de brûler les encycliques de Benoît XVI ? Juge-t-il non les actes ni les discours, mais l'homme qui en est l'auteur, parce qu'il est né Allemand ? Qu'une pareille dérive intellectuelle se produise chez une personne qui a la réputation d'éclairer les responsables politiques au plus haut niveau est assez effrayant.

RESPECT MUTUEL

Dans le débat actuel sur l'expulsion des Roms, il y a deux interprétations de la politique gouvernementale. Ceux qui la critiquent considèrent qu'il s'agit d'une politique qui vise un groupe ethnique particulier : c'est ainsi que certains ont osé parler d'un "racisme d'Etat". Ceux qui soutiennent l'action menée par le gouvernement – et j'en suis – pensent, au contraire, qu'il s'agit d'une réponse à des comportements qui ne sont pas tolérables : occupations illégales de terrains, délinquance, mendicité agressive, prostitution… La solution consiste donc à demander au gouvernement Roumain, dans le cadre européen, d'améliorer la situation des Roms sur son territoire, et la France est prête à apporter sa contribution.

D'une façon particulièrement maladroite, Alain Minc vient "défendre" la position du gouvernement en employant à l'encontre du pape un argument évidemment raciste, germanophobe, comme si Benoît XVI était si peu que ce soit responsable des exactions commises par les nazis à l'encontre des tsiganes. Il est d'ailleurs assez incroyablement irresponsable qu'une personnalité réputée proche du président de la République stigmatise ainsi l'Allemagne, c'est-à-dire aussi celle d'aujourd'hui, avec laquelle il est essentiel, dans le contexte économique actuel, que nous ayons des relations de respect mutuel et de solidarité constructive. Son dérapage est toutefois révélateur de l'hostilité pavlovienne que le pape actuel suscite dans certains milieux.

Christian Vanneste, député (UMP) du Nord


Il n'y a pas plus pro-européen et pro-allemand que moi

Monsieur le député,

J'ai lu avec soin votre propos sur ma "dérive intellectuelle". Puis-je vous rappeler un fait ? S'exprimant avec la légitimité qui est la sienne, Madame Merkel avait rendu public son appel téléphonique au pape après la nomination de l'évêque révisionniste et avait précisé qu'elle lui avait demandé de revenir sur cette désignation.

Croyez-vous que la chancelière aurait appelé un pape italien ou argentin dans les mêmes circonstances ? Non, bien sûr. Pourquoi elle qui a en charge l'intérêt supérieur de l'Allemagne s'était-elle manifestée ? Parce qu'elle estimait qu'un Allemand, fut-il pape, était certes non responsable mais héritier de l'Histoire et donc tenu, sur certains sujets, à un degré de réserve supplémentaire.

Il n'y a pas plus pro-européen et pro-allemand que moi. En particulier à cause du doigté avec lequel les Kohl, Merkel, Fischer assument le poids de l'Histoire tout en donnant au monde l'image de la plus accomplie des démocraties européennes.

Se seraient-ils exprimés comme le pape ? Je ne le crois pas.

Veuillez croire, Monsieur le député, à l'expression de ma considération la plus distinguée.
Alain Minc, essayiste et consultant

Baroin à tort et à raison


Le plan de relance des Bleus

Ce n’est pas un bulletin météo, mais ça y ressemble. Pas non plus un sondage sur le moral des Français, mais quelque chose dans le genre, qui nous renseigne toujours un petit peu sur l’état de forme du pays : l’équipe de France de football et ses résultats.

Car même si pour parler aux filles cet été, il valait mieux être nageur ou sprinteur, le foot reste le foot. Peut-être parce qu’avec un ballon et deux maillots disposés par terre, on peut jouer partout. A la récré ou au pied des immeubles. Ce n’est pas un bulletin météo, mais ça y ressemble. À voir le fiasco de la Coupe du monde qui a tourné à l’affaire d’Etat, avec cette surenchère dans le vocabulaire : mention spéciale aux “caïds immatures”.

Autant de commentaires “inspirés”, à droite comme à gauche, qui ont conduit les “mutins” au tribunal. L’honneur est sauf. Ouf ! Qu’on se rassure, l’équipe de France n’est pas morte dans un bus en juin dernier. Le plan de relance a des allures de cause nationale, Blanc et Zidane ont fait leur rentrée. Et à en croire le Net, Domenech s’est mis au poker. Tant mieux. Les Bleus affrontent la Biélorussie, ce soir, en qualification pour le championnat d’Europe.

Ce n’est pas à proprement parler une affiche, certains vous diront même que le match a pour seul mérite de mieux situer la Biélorussie sur une carte. C’est faux. Car grâce à ce match, les profs de géo, à peine rentrés, vont aussi s’arracher les cheveux pour expliquer à leurs élèves ce que fait la Biélorussie en Europe.

Dieu n'a pas créé l'univers, selon Stephen Hawking

L'astrophysicien britannique Stephen Hawking affirme que l'univers n'a pas eu besoin de Dieu pour être créé. Dans son nouveau livre, The Grand Design, Stephen Hawking souligne qu'en comprenant une série complexe de théories physiques, la création de l'univers s'expliquera. Des extraits de cet ouvrage, écrit avec le physicien américain Leonard Mlodinow, ont été publiés jeudi dans The Times.
"Il n'est pas nécessaire d'invoquer Dieu (...) L'univers peut et s'est créé lui-même à partir de rien", selon Stephen Hawking. "La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, la raison pour laquelle l'univers existe et nous existons."

Dans Une brève histoire du temps (1989), Stephen Hawking semblait accepter l'éventualité d'un créateur. C'est la découverte d'autres sytèmes solaires en dehors du nôtre, en 1992, qui a remis en cause selon lui une des idées phares d'Isaac Newton – à savoir que notre monde était si intelligemment conçu pour la vie que seule une origine divine pouvait en être l'explication.

C'EST ENCORE HEUREUX, DIEU N'EXISTE QUE POUR EXPLOITER L'INCONNU ET LES PEURS DE L'HOMME, AFIN DE MIEUX L'ASSERVIR.