TOUT EST DIT

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vendredi 6 septembre 2013

Les trois plaies de la France


Trois plaies françaises empoisonnent la vie des affaires et nuisent à l'entrepreneuriat.

Malgré l’optimisme du gouvernement, depuis bien des années, l’économie française n’est pas particulièrement reluisante et les petites entreprises souffrent. On peut blâmer l’économie mondiale ou encore l’Europe, mais il suffit alors de sortir du pays pour constater que le problème est interne.
Pas besoin d’avoir fait l’ENA pour comprendre quelles sont les trois principales plaies de la France. Il suffit soit d’expérimenter soi-même en entreprenant, soit de discuter avec des entrepreneurs et autres personnes qui font des affaires ou côtoient ces gens. Heureusement il y a des personnes qui en profitent.
La fiscalité

La fiscalité en France pose problème. D’abord elle est pour beaucoup de monde confiscatoire, car trop lourde. Elle n’est pas trop lourde pour les plus riches, mais pour ceux juste en-dessous. Suffisamment riches pour payer beaucoup d’impôts, mais pas assez pour réaliser une réelle optimisation fiscale.
Car non seulement la fiscalité est lourde, mais en plus elle est foisonnante et complexe. Amusez-vous à naviguer sur le site des impôts pour découvrir les multiples impôts et taxes.
Comme cela ne suffit pas, cette fiscalité est mouvante ! Elle change en permanence. Pas seulement les taux, mais les modalités et bien entendu les noms. On augmente par ci, on baisse éventuellement par là ; on supprime celle-ci, puis on en crée une nouvelle… Nos hauts-fonctionnaires et responsables politiques ont une imagination débordante. Malheureusement, jamais ils ne prennent la peine de remplir les formulaires qu’ils nous imposent.
À qui cela profite ? Aux entrepreneurs ? Non, c’est pure perte de temps et d’argent. À l’État ? Probablement pas, un système stable et simple lui coûterait moins cher et, courbe de Laffer oblige, s’il était moins gourmand il y gagnerait probablement plus.
Il n’y a bien qu’aux experts comptables et fiscalistes que cela bénéficie ! Sans oublier les fonctionnaires employés pour gérer l’usine à gaz.
La réglementation
Depuis le bureau d’un énarque ça doit être un bien joli tableau : la forêt réglementaire française foisonnante, les massifs de bureaucrates imposants et les flots d’abrogations avec l’écume des circulaires…
La réalité c’est que les 12 travaux d’Astérix ne sont pas une caricature. Nous avons tous eu une expérience déplorable avec l’administration française.
D’un point de vue économique, c’est un immense boulet. Coûteux pour l’État, donc le contribuable qui doit le financer, diminuant ainsi son pouvoir d’achat. Coûteux également pour l’entreprise qui doit veiller à tout respecter. Est-ce être anarchiste que de demander à alléger tous ces codes ?
D’un point de vue humain, c’est ingérable. Nul n’est censé ignorer la loi, dit-on…
Enfin, non seulement les lois et règlements sont très contraignants, non seulement ils sont foisonnants et complexes, mais en plus ils changent en permanence !
Cette fois-ci, ce sont plus les métiers juridiques et ceux reliés aux ressources humaines qui en profitent. Mais également tout un tas d’entreprises exploitant telle ou telle loi comme argument de vente. Pour quelle réelle création de richesse au fait ? Pourtant elles contribuent au PIB…
La justice
C’est probablement la plaie la plus insidieuse, celle que personne ne conteste, mais qui, pourtant, n’est l’objet d’aucune promesse électorale.
En France la justice est lente, donc coûteuse. Si vous n’avez jamais lu les journaux ni été dans un tribunal, quand je vous dis que c’est lent, il ne s’agit pas de quelques mois… On parle en années ! Inutile que ce soit complexe pour que cela dure. Nous engorgeons nos tribunaux avec des affaires de crimes et délits sans victimes : drogues, défense du corporatisme et comportements routiers. Nos prisons sont pleines de ces faux criminels et nos policiers, quand ils ne remplissent pas de paperasses, ne s’occupent plus que de cela.
Comme la justice est procédurière, parfois contre tout bon sens, elle en devient stupide.
À qui cela profite-il ? Aux avocats, peut-être. Mais surtout aux crapules. Une crapule, que ce soit votre client ou votre fournisseur, sait combien cela va vous coûter et combien de temps vous allez perdre à saisir la justice, alors il fait du chantage. Vous avez le choix : vous pouvez perdre de l’argent et du temps en refusant de céder, ou bien perdre juste de l’argent en cédant à cet odieux chantage.
Ainsi la justice sert-elle les crapules, qui vivent dans l’impunité la plus totale, au détriment des victimes. Surtout ces victimes qui ne rentrent pas dans les statistiques nationales car jamais elles ne feront appel à la justice.
Résumons
Les trois plaies de la France sont les suivantes :
  • une fiscalité complexe, lourde et instable,
  • une réglementation complexe, contraignante et instable,
  • une justice inique exploitée par les crapules.
Sans toucher aux « services publiques », sans toucher au « filet social », sans faire ces grandes réformes qui divisent profondément les Français, le gouvernement pourrait régler simplement ces trois grandes plaies comme suit :
  • un impôt à taux unique et une TVA unique stables, sans niches fiscales,
  • une énorme coupe dans les codes, une grande simplification générale et figer les choses pour un paquet d’années,
  • mettre fin à la guerre contre les drogues, mettre fin à la criminalisation des automobilistes, cesser de protéger les corporatismes ; sanctionner les vraies crapules et les vrais criminels, rapidement (sans être expéditif).
Bien entendu, nous le savons pertinemment, la classe politique n’a pas besoin de porter le débat sur ces questions, il lui suffit d’acheter des électeurs avec l’argent des contribuables. Et si le contribuable n’avait plus d’argent ?

jeudi 5 septembre 2013

Syrie : «La France est dans une situation humiliante»

Syrie : pour en finir avec la BHLisation des esprits


Le dossier syrien est pollué par une approche manichéenne du problème, marqué par le règne de l’émotion et de la com. Cela porte un nom : la BHLisation des esprits.

On se croirait revenu plusieurs années en arrière, au temps de l’éclatement de l’ex Yougoslavie ou du conflit au Kosovo. Comme à cette époque, les médias sont investis par deux sortes de personnages : des « experts » de la chose militaire transformés en commentateurs, et des éditorialistes prompts à chausser leurs rangers pour régler un conflit complexe au moyen de solutions simplifiées à l’extrême. Le « Moyen Orient compliqué »(De Gaulle) ? Foutaises. « Y’a qu’à » bombarder Assad et tout sera réglé. 

C’est la forme supérieure de la BHLisation des esprits. Elle consiste à ériger l’émotion en guide suprême, à vider l’ONU de son contenu et à faire de quelques va-t-en guerres les shérifs attitrés d’une nouvelle police internationale autoproclamée. Bernard-Henri Lévy écrit dans sa dernière chronique du « La force est le dernier recours pour faire entendre raison aux assassins ». Au nom de quoi il faut « faire bloc autour du chef des armées ». A vos ordres, mon général. Ces paroles viriles sont dignes des chambrées nationalistes de 1914. 

Certes, l’émotion face aux révélations sur le recours probable au gaz par Assad ou l’un de ses sbires est légitime, même si l’échelle des responsabilités reste peu claire. Mais on ne peut laisser BHL écrire de ceux qui ne partagent pas son entrain guerrier comme unique riposte possible que cette histoire d’attaque au gaz ne leur fait « ni chaud, ni froid ». Personne n’a le monopole de l’indignation. Encore faut-il voir plus loin que le bout d’un missile Tomahawk et se demander comment apporter une réponse qui ne peut se résumer à une simple « punition », pour reprendre l’expression puérile de François Hollande. 

« La loi internationale » existe, écrit BHL. Justement. Si elle existe, il faut la faire respecter par les instances habilitées, aussi lourdes soient-elles à manœuvrer, et ne pas se laisser aller à une riposte à la hussarde. 

Or c’est ce qu’ont fait les Etats-Unis et la France, relayés par quelques potentats arabes rêvant de déstabiliser la Syrie à des fins inavouables. Barack Obama et François Hollande ont brandi l’étendard de la guerre contre l’avis de l’Onu, de la plupart des pays européens, et de la totalité des Brics. Mine de rien, ça fait du monde. 

BHL aime à se déchaîner contre la Russie de Poutine (au demeurant fort critiquable), ou contre la Chine. Mais il oublie de relever que l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du sud sont également contre une intervention. Va-t-on nous expliquer que c’est parce qu’ils soutiennent eux aussi l’infâme Assad ? En vérité, ces pays mesurent peu ou prou les risques d’un engrenage dont nul ne sait à quelles extrémités il peut conduire. 

L’historien Edward Luttwak, qui fut pourtant conseiller en stratégie de Reagan et de Bush père, dit de Barack Obama, dans Le Point « Il s’est fait piéger en nommant autour de lui des gens qui sont des interventionnistes enthousiastes…des droits-de-l’hommiste, des Bernard-Henri Lévy, en somme ». Et de poursuivre : « Aucun d’entre eux ne comprend quelque chose à l’armée, aucun n’a jamais revêtu l’uniforme, mais ils poussent le président à utiliser la force armée à toute occasion ». 

On connaît très bien cette engeance. On se gardera de la confondre avec tous ceux qui prônent une intervention ponctuelle, même s’ils font fausse route. Il y a parmi eux des gens fort respectables. Tous ne sont pas des clones de BHL ou de Bernard Guetta, soudain transformé en conseiller militaire matinal de France Inter. On comprend la nécessité de ne pas laisser la Syrie se transformer en champ d’expériences attentatoires à des principes universellement reconnus. Mais rien ne serait plus périlleux que de succomber aux sirènes de l’aventurisme au nom des bons sentiments. 

C’est ce qu’a fait Sarkozy en Libye, naguère, déjà téléguidé par BHL. Résultat : Kadhafi a été éliminé, ce dont personne ne se plaindra, mais la Libye est devenu un foyer de terrorisme qui a débordé au Mali, forçant la France à intervenir afin de déloger des fous de Dieu qui attendent qu’elle vienne les aider en Syrie en bombardant cet autre fou qu’est Assad. Dans l’art d’avancer en s’embourbant, il est difficile de faire mieux. Renouveler l’opération en Syrie pourrait avoir des conséquences incalculables.

Vers la suppression des niches fiscales pour les parents d'étudiants et de lycéens

D'après Les Echos, le gouvernement réfléchit à la suppression des réductions d'impôts pour les familles avec des enfants scolarisés dans le secondaire et le supérieur. Ce qui pourrait lui rapporter 445 millions d'euros en 2014.

Le gouvernement envisage de supprimer dans le budget 2014 des réductions d'impôts pour les familles avec des enfants scolarisés dans le secondaire et le supérieur, indiquent mercredi Les Echos. La suppression de ces niches fiscales permettrait à l'Etat d'obtenir 445 millions d'euros de recettes supplémentaires, a précisé le journal, citant des documents budgétaires.

Le gouvernement avait annoncé début juin la suppression de la niche fiscale concernant les élèves scolarisés dans le secondaire, dans le cadre de la réforme des prestations familiales, rappelle le journal qui souligne que cette mesure "était alors passée relativement inaperçue". Il prévoyait ainsi des recettes supplémentaires de 235 millions d'euros. Dans le courant de l'été, l'exécutif aurait décidé "d'élargir le champ de la mesure" pour l'étendre aux familles dont les enfants sont étudiants dans le supérieur, selon Les Echos. Grâce à ces recettes, l'Etat percevrait 210 millions d'euros supplémentaires.

Retraites : la France mécontente

Retraites : la France mécontente


Décidément, en France, l’indice de satisfaction reste du domaine de la théorie. Selon le dernier sondage Ifop publié mercredi par le magazine Pèlerin, ce sont désormais 74 % des Français qui ne sont pas satisfaits de la réforme des retraites présentée par Jean-Marc Ayrault.
Ça fait tout de même beaucoup, trois quarts de nos concitoyens ! Surtout qu’il ne s’en trouve que 2 % pour être « très satisfaits ». Sans doute n’avaient-ils pas compris la question…
Oh ! certes, les insatisfaits sont plutôt des sympathisants de l’UMP, et l’on imagine déjà Pépère fourguer ledit sondage au panier. Pas trop vite, toutefois. Car, s’il prend le temps de lire les chiffres jusqu’au bout, il s’apercevra que 80 % des 25-49 ans en font également partie. Alors qu’on aurait pu – dû ? – supposer que cette tranche d’âge n’envisageait pas, déjà, l’heure de la retraite. Ce qui prouve que, à force d’être matraqués, les Français sont décidés à réfléchir un peu, et à voir plus loin que le bout de leur nez.
Pour Hollande, la question est tout de même cruciale, parce qu’elle a une conséquence immédiate sur sa popularité. Même si celle-ci, selon la formule de l’AFP, « remonte mais reste basse ». Genre quadrature du cercle sans doute.
Cela dit, à l’Ifop, on commente en assurant que cela signifie que, « en plein conflit syrien, 55 % des Français jugent qu’il défend bien les intérêts du pays à l’étranger ». Va falloir qu’on me les présente ceux-là. Ce ne sont pas précisément ceux que l’on croise au café, ou dans le métro.
Il est vrai que le commentateur ajoute : « Sa gestion de la réforme du système des retraites semble à ce stade avoir été bien perçue par l’opinion. »
Ah ?
Ce n’est pas précisément ce qu’a compris le collectif « La Retraite une affaire de jeunes » qui redoute, au contraire, que les jeunes soient « les premiers perdants » de cette réforme. Et appelle en conséquence à la mobilisation le 10 septembre.
« Désolé les jeunes, aujourd’hui vous êtes précaires, demain vous allez être au chômage, et après-demain vous n’aurez pas de retraite à taux plein », a ainsi lancé Emmanuel Zemmour, président de l’Unef, lors d’une conférence de presse.
Faut tout de même pas en conclure que le gouvernement ne serait composé que d’esprits obtus… Ainsi le ministère de la Fonction publique, sous la férule de Marylise Lebranchu, envisage-t-il d’étaler dans le temps les hausses des cotisations retraites des… fonctionnaires.
On sait déjà que ça ne leur suffira pas. Pour FO, Christian Grolier observe : « Ça ne m’étonne pas qu’on essaye d’atténuer le choc supplémentaire de baisse du pouvoir d’achat ; mais pour nous ce n’est absolument pas une solution. La solution, c’est l’augmentation de la valeur du point. Donc, ce n’est pas cet artifice technique qui va nous satisfaire. »
On s’en doute…
Mais il y a pire. A savoir le manque de psychologie manifeste de nos dirigeants. Au moment où trois quarts de nos concitoyens clament leur insatisfaction d’une réforme, annoncer un coup de pouce, si dérisoire soit-il, en faveur des fonctionnaires, ce n’est pas précisément se rendre favorable l’opinion publique.
Il est vrai que, au point d’impopularité auquel il est arrivé, François Hollande ne peut plus guère se permettre d’illusions.

Kodak de retour aux affaires

En janvier 2012, Kodak se plaçait sous la protection de la loi contre les faillites. L’entreprise, qui a tenu de main de maître le marché de la photographie durant des décennies (Kodak a été créé en 1881), s’est retrouvée bien nue lorsque la révolution numérique a bousculé tous les marchés, le sien y compris.
La période de banqueroute, durant laquelle la société a été protégée de la férocité des créanciers pour se restructurer, est terminée : la nouvelle version allégée de Kodak est désormais seule en piste. Au passage, la compagnie a tenté de gratter partout où elle le pouvait (notamment dans les poches d’Apple), elle a perdu la face en justice, et a revendu sa propriété intellectuelle - 1.100 brevets pour 525 millions de dollars, alors qu’elle en attendait 2 milliards… Cette mauvaise fortune a néanmoins permis aux frères ennemis que sont Apple et Google de se réconcilier, au moins pour dépecer le trésor.
Kodak a également cédé toute son activité grand public. On ne risque pas de retrouver demain des appareils photo griffés de la marque, mais qui sait. La société va se concentrer sur les marchés pro, comme le packaging, l’impression pour entreprises, la communication graphique et le service, annonce le CEO Antonio Perez. L’an dernier, Kodak a perdu 1,38 milliard de dollars.

Non, le travail n'est pas un gâteau

Michel Rocard et Pierre Larrouturou persistent dans l’erreur et promeuvent une nouvelle réduction du temps de travail pour lutter contre le chômage.


C'est un argument qui revient régulièrement dans la bouche des socialistes de tous horizons : il y a de moins en moins de travail à pourvoir et de plus en plus de personnes sans emploi. La solution est donc simple : il faut réduire le temps de travail des gens qui ont un travail – sans perte de salaire, cela va de soi – et donner la quantité de travail restante aux chômeurs.

Cette approche résulte d'une conception particulière de notre univers : elle signifie que la quantité de travail est finie, qu'elle présente une limite supérieure indépassable tout comme la croissance qui en est à l'origine. Or force est de constater que la croissance existe encore. Mais contrairement à ce que croit massivement nos gouvernements, elle ne se décrète pas par des lois. On peut juste lui donner des conditions favorables d'exister. Ni plus, ni moins. C'est alors aux investisseurs de faire le reste, à savoir créer de la richesse et donc des emplois [1]. Quant à la baisse du temps de travail, elle peut exister, mais doit résulter de gains de productivité et en aucun d'une loi.
D'ailleurs au regard de l'histoire, aucune baisse – significative – du chômage n'a été enregistrée par la baisse du temps de travail, pas plus en 1936 avec les 40 heures hebdomadaires [2] que depuis 1998 avec la fameuse loi des 35 heures [3]. Pourtant l'échec de ces mesures pousse ses promoteurs à pousser le raisonnement encore plus loin : comme 35 heures par semaine, c'est apparemment encore trop, ils veulent descendre à 32 heures [4], voire même à 28 heures. À ce compte-là, si on passe à la semaine de 2 heures, je pense – sans nulle hésitation – que le chômage devrait disparaître avant la fin de l'année...
Non, si le gouvernement actuel veut faire baisser durablement le chômage il faut qu'il éclaircisse d'urgence l'horizon des investisseurs potentiels. Que ce soit sur la réglementation du travail, rendue complexe par l'amoncellement constant de lois, ou bien la fiscalité alourdie, ces revirements continuels n'ont de cesse de fragiliser la confiance en l'avenir. Stabiliser et assouplir ces contraintes redonneront l'impulsion nécessaire à l'investissement et à la croissance, nécessaires à la création d'emplois. Car la politique – il s'agit toujours de la même – menée en France depuis plus de 40 ans, ne produit que pénurie et déserts industriels. Un comble quand on voit les progrès technologiques effectués sur la même période.
  1. Rappelons-nous la phrase d'Helmut Schmidt, ancien chancelier de la RFA : "les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après demain". 
  2. Alfred Sauvy déclara dans son ouvrage Histoire économique de la France entre les deux guerres que la reprise économique n'aura véritablement lieu qu'avec assouplissement de la loi en 1938. 
  3. À ceux qui me diront le contraire, je leur conseille de regarder les chiffres de la croissance et ceux du chômage sur les quinze dernières années... 
  4. C'est ce que promeuvent Michel Rocard et Pierre Larrouturou dans leur livre commun, La Gauche n'a plus le droit à l'erreur, Flammarion, 2013. 

L’éradication du christianisme comme but ultime du « printemps arabe »

La chute du régime de Bachar al-Assad signera la fin de la civilisation chrétienne en Syrie mais aussi dans toute la région du Proche-Orient, redoutent les experts. Les chrétiens de cette partie du globe sont déjà persécutés et leur vie est en danger. Après le christianisme ce sera peut-être le tour des autres grandes religions.


Ceux qui mènent aujourd’hui la guerre contre Bachar al-Assad en Syrie sont liés au terrorisme international représenté, par exemple, par Al-Qaïda. Ces gens-là ne respectent pas les religions sauf la leur ce qui fait que ceux qui ne partagent pas leurs vision de vie et opinions politiques sont proclamés « étrangers », a dit le président du Conseil des oulémas de l’Association de l’entente islamique des muftis de Russie, Farid Salman.
« Al-Qaïda est l’un des mouvements islamiques qui n’acceptent catégoriquement pas les chrétiens. Si l’islam traditionnel considère que les chrétiens et les Juifs sont les gens de l’Ecriture sainte, les extrémistes, islamistes et autres estiment que ni les chrétiens, ni les Juifs ne peuvent être leurs partenaires dans un dialogue interconfessionnel et ne sont considérés non plus comme êtres humains. C’est ce qu’on observe, par exemple, aujourd’hui en Egypte. C’est également ce qui se passe aujourd’hui en Syrie. »
Farid Salman est convaincu que si les islamistes s’emparent de la Syrie, l’éradication des chrétiens y sera beaucoup plus sévère que ce n’a été en Irak.
« A la différence de l’Irak les relations entre les chrétiens et les musulmans sont beaucoup plus stables et profondes en Syrie. Si en Irak les rapports interconfessionnels portaient toujours le caractère de simple partenariat, en Syrie ils sont plus humains et humanitaires. L’attitude des islamistes envers les chrétiens sera donc toute différente. Du point de vue des islamistes tout ce qui a le rapport au christianisme est à effacer. Moi, j’ai vu de mes propres yeux l’héritage chrétien en train d’être détruit en Syrie. »
En lançant un appel à la croisade contre le gouvernement Bachar Assad les pays occidentaux n’ont pas pensé qu’en le faisant ils signaient l’arrêt de mort du christianisme en Syrie, considère le politologue Ajdar Kourtov, expert de l’Institut russe des études stratégiques.
« En suivant les déclarations faites par les politiques occidentaux et les publications dans la presse occidentale je peux dire que les problèmes évoqués au sujet de la Syrie concernaient en général les violations du droit humanitaire international protégeant la population civile alors que les problèmes interconfessionnels, on n’en a pratiquement pas parlé. »
De l’avis de nombreux historiens et politologues, c’est la présence des chrétiens en Syrie et au Proche-Orient qui constituait une sorte de garantie de préservation et du renforcement des positions de l’islam traditionnel dans la région.

mercredi 4 septembre 2013

Heures supplémentaires : un débat sur leur défiscalisation divise la gauche


Et si la défiscalisation des heures supplémentaires revenait au centre des débats ? Évoquée mardi 3 septembre mais démentie dans la foulée, la possibilité de re-défiscaliser les heures supplémentaires - une mesure prise sous Nicolas Sarkozy et supprimée par François Hollande - provoque quelques dissensions au sein du Parti socialiste. C'est le porte-parole du groupe PS à l'Assemblée, Thierry Mandon, qui a, le premier, proposé que l'on accorde une franchise d'impôts de 1 000 à 1 500 euros pour les salariés qui feraient des heures supplémentaires dans les PME-PMI. Une idée qui excluait de facto les grandes entreprises. "Ce serait une mesure de pouvoir d'achat et de soutien à la consommation qui ne coûterait pas trop cher et qui pourrait tout à fait être présentée comme un dispositif de justice sociale et aussi d'accompagnement à la reprise attendue", affirmait-il alors.
Thierry Mandon est soutenu par François Kalfon. Selon le leader de la Gauche populaire au sein du PS, "il est temps désormais de passer à la redistribution en direction des salariés (...) On ne peut plus fermer a priori la porte à une défiscalisation des heures supplémentaires au nom du pouvoir d'achat". Un argument soutenu par Philippe Doucet. Dans une tribune publiée sur le site de l'Huffington Post, le député-maire PS d'Argenteuil estime qu'"augmenter le pouvoir d'achat des salariés, en particulier des plus modestes d'entre eux, c'est le sens du combat historique de la Gauche. C'est pourquoi je crois que c'est aujourd'hui le devoir de la majorité parlementaire de rouvrir le dossier de la défiscalisation des heures supplémentaires", ajoutant que la fiscalisation des heures supplémentaires ne permettait pas, contrairement à ce que soutient le gouvernement, de lutter contre le chômage.
D'autres députés socialistes tels que Gérard Bapt et Laurent Grandguillaume soutiennent la proposition de Thierry Mandon et souhaitent la tenue d'un débat "sur des propositions pragmatiques, sans esprit polémique, au sein du groupe socialiste".

Le gouvernement refuse de faire marche arrière

Mais face à ces élus, le gouvernement ne cède pas. Le ministre du Travail s'est d'ores et déjà fermement opposé à un retour sur la mesure. "Quand pour une entreprise, c'est moins cher de payer plusieurs salariés en heures supplémentaires que d'embaucher un salarié supplémentaire, eh bien, elle choisit la facilité, c'est-à-dire le chômage", estime-t-il. Des propos renforcés ce matin par la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. Invitée de BFMTV/RMC, la ministre des Droits des femmes affirme que "la défiscalisation des heures sup' ne va pas dans le sens avec l'inversion de la courbe du chômage. Réduire les cotisations des employeurs sur les heures sup', c'est les décourager à embaucher. On ne revient pas sur la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires".
Le gouvernement dispose d'ailleurs de deux soutiens de poids au sein de l'Assemblée nationale. Si le président du groupe PS dans l'Hémicycle, Bruno Le Roux, concède qu'"il peut y avoir des analyses sur ce que nous avons fait, les conséquences sur les plus petits salaires, la perte de pouvoir d'achat", il refuse de revenir sur la défiscalisation, "au moment où nous sommes engagés dans l'inversion de la courbe du chômage".
Même son de cloche du côté de la présidente PS de la commission des Affaires sociales.Selon Catherine Lemorton, un retour en arrière n'aurait que des effets négatifs : "Ce serait nous tirer une balle dans le pied. Cela créerait de nouvelles inégalités entre salariés et des effets de seuil pour les entreprises". Conscients du coût des mesures de la loi Tepa pour l'Etat - plus de 4 milliards d'euros par an - mais soucieux de préserver un dispositif qui rapportait, selon eux, en moyenne 500€ par an à ses bénéficiaires, les députés Jean-Pierre Gorges (UMP) et Jean Mallot (PS) proposaient, dans un rapport publié en 2011, de ne supprimer que la réduction de charges patronales pour conserver la défiscalisation des heures supplémentaires. Une recommandation que n'aura finalement pas suivie le gouvernement Ayrault.

'Il faudra 20 ans à la Grèce pour recréer le million d'emplois détruits pendant la crise'

Il faudra 20 ans à la Grèce pour recréer le million d'emplois perdus au cours des quatre dernières années de crise, a indiqué mardi l'Institut du Travail de la Confédération Générale du Travail Grec (GSEE).

Lors d’une émission de télévision, le directeur de l’institut, Savvas Rombolis, a expliqué qu’il faudrait 20 ans pour que le taux de chômage repasse sous la barre des 10% en Grèce. Il prévoit que le chômage devrait poursuivre sa hausse pour atteindre 29 à 30% cette année, et même 31,5% en 2014. Pire : l’institut prédit que le chômage des jeunes devrait grimper à 64% cette année.
Le message a suscité la colère du gouvernement. Le ministre du Travail Yiannis Vroutsis a évoqué «les cassandres qui  utilisent les scénarios du pire de leurs modèles mathématiques pour prédire la destruction et voler la vedette ». « Selon les données de l’Agence Nationale Grecque des Statistiques (ELSTAT), le taux de croissance du nombre de chômeurs sur une base annuelle a baissé de 42,8% en juillet 2012 à 16,3% en mai 2013, ce qui est un signe clair de stabilisation du marché du travail », a précisé le ministre.
  1. Rombolis lui a répondu dans le journal Ekathimerini, affirmant que « par sa nature, l’analyse scientifique n’était pas compatible avec l’alarmisme ». Pour que l’économie grecque puisse créer annuellement 50.000 emplois, le PIB doit croître de 3,5% par an. « Ce scénario est pessimiste en soi, mais il est indiscutable », a déclaré l’économiste.

Selon l'institut, les employés et les travailleurs indépendants ont perdu 41 milliards d’euros de revenus depuis 2009. Au cours de la même période, les salariés ont perdu un quart de leur pouvoir d’achat. 

    Les impôts commencent à peser sur la cote de confiance de Hollande


    Près d'un Français sur cinq n'ayant pas confiance dans le président de la République cite la fiscalité comme facteur explicatif de sa défiance. Un tournant, selon Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique-opinion de Harris Interactive.

    Alors que la question du ras-le-bol fiscal des Français a animé le débat politique de la fin du mois d'août,
    Normal ?
     François Hollande a décrété la " pause fiscale ". Selon certains médias, le président de la République aurait même envisagé un temps de revenir sur la suppression de ladéfiscalisation des heures supplémentaires avant que la porte-parole du gouvernement n'écarte officiellement cette option...
    Quoi qu'il en soit, une enquête d'opinion de Harris Interactive publié ce mercredi apporte un éclairage sur les dessous de ces débats. Elle indique en effet que " pour la première fois, la thématique fiscale constitueun élément explicatif de l'absence de confiance exprimée en François Hollande pour près d'un Français sur cinq ", affirme Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique-opinion de l'institut de sondages.
    " Tendanciellement, entre 7 et 10% des Français n'accordant pas leur confiance au Président mentionnaient les impôts. Aujourd'hui, ce sont 19% d'entre eux, détaille encore le politologue. Et alors qu'en juin ou juillet derniers les principales critiques reposaient sur la personnalité du chef de l'Etat ("mou", "incompétent") ou sur sa difficulté à traduire en actes ses promesses de campagne ("mensonges", "promesses non tenues") le terme "impôts" occupe aujourd'hui - et pour la première fois - une place centrale ".

    Les déçus de la fiscalité sont aussi à gauche

    Si, sans surprise, les électeurs de droite et les plus de 50 ans se montrent le plus sensibles à cette thématique, l'étude fait apparaître une " proportion non négligeable d'électeurs de François Hollande ". Ces déçus de gauche de la fiscalité représentent 20% des personnes ne lui accordant plus leur confiance. Autre première, selon Harris Interactive, des personnes issues des catégories populaires s'emparent à leur tour de ce sujet, soit 14% des sondés exprimant un avis négatif sur le président.
    A l'inverse, écrit encore Jean-Daniel Lévy, " les 35% de Français déclarant faire confiance à François Hollande ne mobilisent pas l'argument selon lequel la fiscalité serait empreinte de justice. Et la frange de la Gauche qui avait vibré au Bourget à la résonance du terme " égalité " ne mobilise pas ce terme pour qualifier positivement l'action du Président ". D'après lui, " les Français perçoivent plus la fiscalité comme une dépense immédiate de leur part sans que la finalité de l'utilisation des fonds ne soit perçue alors, qu'en début de mandat, ils la considéraient plus comme un investissement pour la préparation de l'avenir ".

    Oradour-sur-Glane et “un passé qui se regarde en face” : pourquoi les Allemands ont toujours été plus efficaces que les Français pour examiner leur responsabilité dans la Seconde Guerre mondiale


    François Hollande a qualifié le massacre de 642 personnes par une division SS à Oradour-sur-Glane, où il se rend ce mercredi avec le président Allemand, de "passé qui se regarde en face". Chose que nos voisins germaniques ont toujours su mieux faire que nous.

    Ce mercredi 4 septembre, François Hollande et le président de la République allemand, Joachim Gauck, se rendent à Oradour-sur-Glane pour commémorer le massacre de 642 personnes perpétré par une division SS le 10 juin 1944. Cette première visite d’un président allemand à Oradour-sur-Glane signifie-t-elle que les blessures de la Seconde Guerre mondiale sont refermées ou au contraire qu’elles ne le seront jamais ?

    Cécile Desprairies : Il y a là deux questions en une. La visite de Joachim Gauck traduit une fois encore que l’Allemagne assume depuis 70 ans la responsabilité de ce qu’elle fait sous le régime nazi. Et au-delà du fait que l’Allemagne soit en campagne électorale et qu’Angela Merkel ait également fait des déplacements commémoratifs, il s’agit d’un geste très fort et positif qui s’inscrit dans une logique globale allemande de reconnaissance de son passé et de sa responsabilité.
    Sur la question des blessures de la France ouvertes pendant la Seconde Guerre mondiale,les commémorations sont une bonne chose dans le sens où elles évitent que ce soit le silence qui entoure ces évènements. Il est important d’ouvrir le passé et de le regarder. Cependant, il semble que la France pourrait, au-delà de la responsabilité du régime nazi, ouvrir le débat sur sa propre responsabilité. Aujourd’hui, la plupart des historiens s’accordent sur cette nécessité. Je me souviens d’un dialogue que j’ai eu avec Olivier Wieviorka chez Jean-Pierre Elkabbach, et nous étions tombés d’accord pour dire que les résistants « encartés » représentaient à peine 1% des Français. Or, la fausse image de la France résistante que les gaullistes ont imposée depuis 70 ans nous empêche de regarder les choses en face.

    Cette image de « La France résistante » que vous évoquez ne permet-elle pas de tenir à distance des idéologies proches du nazisme et plus largement de tels massacres ?

    Non, je ne le crois pas. Au contraire. Cette représentation flatte l’ego, elle est valorisante mais ne résout rien. Il faut comprendre qu’elle fait passer sous silence une ambiance de guerre civile qui allait jusqu’à diviser des fratries au sein des familles quant au comportement adopté sous l'Occupation. Cette image a servi de ciment mais elle est clairement bâtie sur un mensonge.
    Les Allemands, eux, n’avaient rien à perdre et ont donc pu regarder leur passé et faire face à leur responsabilité. Nous, Français avions encore un peu à perdre et nous nous sommes donc reconstruits sur ces 1% de Français qui ont eu le courage de résister. Car malgré tout ne l’oublions pas, certains l’ont fait – ils ont d’ailleurs été plus nombreux dans les trois dernières semaines. Ainsi, entretenir cette fausse image d’une France résistante qui n’a pas collaboré est négative parce qu’elle est fausse, que les gens le savent et elle est même dangereuse par ce qu’elle cache de ce que les Français ont fait – ou non.

    Au sein de cette division SS responsable du massacre se trouvaient de nombreux Alsaciens, des Français donc. La Collaboration est-elle la véritable blessure que porte en eux les Français ?

    De toute évidence. C’est cela la blessure car la Collaboration ne se limite pas uniquement aux « collaborationnistes » et à la Gestapo, elle comprend aussi la Collaboration entre Français et Allemands, celle entre Français et Français, les « malgré nous » - ces 140.000 Alsaciens, Mosellans et autres enrôlés de force. Je fais, pour mon prochain ouvrage un tour de France des archives de l’époque et je réalise à quel point cette Collaboration allait se loger dans une dimension humaine et quotidienne, entre gens qui habitaient le même quartier et qui se croisaient tous les jours.
    Oradour-sur-Glane c’est la « division venue de nulle part » qui remonte la France et massacre tout sur son passage, elle est emblématique, elle est horrible mais elle ne révèle pas la totalité du fait.

    Avons-nous plus facilement pardonné aux Allemands qu’à nos concitoyens ?

    Pardonner est une notion catholique, je trouve que cela donne une grande valeur à tout cela et je ne pense pas qu’il soit pertinent pour moi de juger de ce qui a été pardonné ou pas et à qui. Je citerais tout de même un proverbe corse qui dit ceci : « Pardonner est d’un chrétien, oublier, d'un imbécile». Ne soyons pas imbéciles, en premier lieu pour ce qui nous concerne.
    Les Français ont toujours eu une relation très complexe aux Allemands, faite à la fois de fascination et de rejet, ils sont pour les Français des « autres qui ne sont pas vraiment autres ». Quant à savoir si les Français pardonnent ou non, il est certain qu’au-delà du pardon ou pas à nous-mêmes et à nos aïeuls, nous ne voulons pas encore regarder ce qu’il en a vraiment été. Signalons toutefois que la disparition progressive des gens ayant vécu cette époque tend à faciliter ce déblocage.

    Depuis l’amnistie qui a été votée pour les Français ayant participé au massacre d’Oradour-sur-Glane, les relations sont tendues entre les élus locaux et les représentants de l’Etat. Pardonne-t-on jamais à son propre pays quand on a le sentiment qu’il nous a trahi ?

    Il est bien facile d’amnistier, trop peut-être. Le général De Gaulle lui-même a fait libérer d’anciens officiers nazis dans le cadre de l’amitié franco-allemande, lors du traité de l'Élysée, en 1962. Cela relève de la même rapidité de traitement que l’épuration pour laquelle Bousquet a été un des derniers à comparaître et qu'il a été acquitté malgré sa grave culpabilité. Il est l'organisateur de la rafle du vél d'Hiv ! Avant d’amnistier, il aurait fallu prendre le temps d’élucider notre passé sans quoi, et comme c’est la cas, on génère de la frustration dans l’esprit des gensIl y a donc bien au-delà de la question judiciaire une question pédagogique. Il faut sortir des termes d’amnistie ou de pardon qui entretiennent les notions de bien et de mal, c’est autour de la vérité qu’il faut travailler pour avancer.

    Une fracture s’est-elle ouverte entre les Français et leur Etat depuis la Seconde Guerre mondiale, dont nous constatons aujourd’hui les résultats ?

    Non, je ne crois pas que la fracture provoquée par la Seconde Guerre mondiale se situe entre l’Etat, le gouvernement, et les citoyens. Ce n’est pas une question de gouvernement, c’est une question de mémoire collective. La fracture est interne à la société française qui a conscience de vivre sur de fausses images d’elle-même. Sortons de la Seconde Guerre mondiale, mais restons sur l’Allemagne. Il est de bon ton de dire que le couple franco-allemand est le moteur de l’Europe alors que tout le monde sait qu’aujourd’hui seule l’Allemagne sert de moteur au vieux continent. C’est de cela que souffre la France, de se mentir sur ce qu’elle est et a été.

    La solitude de François Hollande


    Après le refus du Parlement britannique d'intervenir en Syrie et la volte-face d'Obama, qui a finalement décidé de convoquer le Congrès pour décider ou non d'une intervention, le président se retrouve seul sur le front syrien.
     Dessin de Sondron. 
    Mais avec le vote négatif du Parlement britannique et la surprenante décision de Barack Obama de demander l'accord du Congrès avant d'agir, les cartes ont changé, commente le quotidien espagnol La Vanguardia. François Hollande se retrouve désormais "seul, très seul dans la crise syrienne", ajoute le journal, qui explique que son seul allié, les Etats-Unis, se trouve de l'autre côté de l'Atlantique dans une position délicate. La France, selon La Vanguardia, serait d'ailleurs incapable de conduire seule cette intervention.

    De plus, précise le quotidien, François Hollande ne peut même plus compter sur les Français, "hostiles pour 64 % d'entre eux à une intervention française en Syrie", et doit faire face à une opposition qui réclame un vote au Parlement.

    Ainsi, le dirigeant politique occidental qui avait proposé avec le plus de conviction d'intervenir en Syrie se retrouve finalement seul, abandonné par ses principaux alliés et par une opinion publique peu convaincue.

    LE PHÉNOMÈNE "THIGH GAP"

    Zoom sur un phénomène chez les adolescentes en quête de minceur qui inquiète les psychiatres et les nutritionnistes. Le phénomène s'appelle le "thigh gap", littéralement "écart cuisses", considéré comme nouveau critère de minceur, voir même de maigreur. Des centaines de jeunes-filles en France, étalent sur leur blog, leur quête du "thigh gap". Cette "mode" vient des Etats-Unis et prend une ampleur alarmante.

    Zoom sur un phénomène chez les adolescentes en quête de minceur qui inquiète les psychiatres et les nutritionnistes. Le phénomène s'appelle le "thigh gap", littéralement "écart cuisses", considéré comme nouveau critère de minceur, voir même de maigreur. Des centaines de jeunes-filles en France, étalent sur leur blog, leur quête du "thigh gap". Cette "mode" vient des Etats-Unis et prend une ampleur alarmante.

    Assis sur un tas de cadavres

    Assis sur un tas de cadavres


    Les morts reposent, les vivants fuient. Au train où vont les choses, il n’y aura bientôt plus personne à bombarder en Syrie. Deux millions d’habitants, soit un sur dix, ont déjà quitté la mère patrie. En matière d’exode, les chiffres dévoilés hier par l’ONU donnent le vertige. Du jamais vu dans l’histoire récente.
    Les réfugiés, avec le désespoir pour unique bagage, s’installent au-delà des frontières proches. D’immenses camps d’infortune grossissent alentours : Jordanie, Liban, Turquie, Irak. Tout y manque, à commencer par l’eau. Les maladies prospèrent, l’horreur sociale aussi. L’Unicef pointe notamment les risques de travail forcé, de mariages précoces et d’exploitation sexuelle.
    Au-delà du regard porté sur le régime de Damas, cette calamité humanitaire s’impose au monde. D’autant que les pays d’accueil, débordés, lancent à leur tour des SOS. Ils ne réclament pas des armes, eux, mais de l’argent pour héberger et soigner. Soit cinq milliards de dollars jusqu’alors introuvables…
    Pareil désastre, avec ou sans attaque chimique, devrait suffire à condamner Assad. Au contraire, il triomphe ! La valse-hésitation d’Obama lui tient lieu de victoire provisoire. La Russie le soutient toujours. Et la France, dindon de la farce tragique, devient un “ennemi” privilégié. Assis sur un tas de cadavres, le président syrien maintient ses positions. De toute façon, désormais, en redescendre signerait sa propre mort…

    Mémoire en ruines

    Mémoire en ruines


    François Hollande y a sûrement pensé, mais on ne lui en tiendra pas rigueur. Oradour-sur-Glane sera, aujourd'hui, le lieu d'un de ces gestes hautement symboliques qui jalonnent l'histoire de la réconciliation franco-allemande et façonnent les destins. La visite du président allemand Joachim Gauck, au côté de François Hollande, dans ce bourg de la Haute-Vienne où furent massacrées 644 personnes le 10 juin 1944, n'a pas de précédent. Mais elle prend de surcroît une signification particulière au moment où résonnent, de par le monde, d'inquiétants bruits de bottes en réponse à une barbarie toujours renaissante.
    Rien ne laissait prévoir, lorsque fut pris, en mai dernier, le rendez-vous entre notre président et son homologue allemand, qu'une actualité explosive viendait interférer avec ce moment mémoriel. Dès hier, après avoir accueilli Joachim Gauck, François Hollande a dit sa constante détermination dans le dossier syrien en plaidant (tardivement) pour une réunion entre Européens. Il y a là, de sa part, un net infléchissement destiné à le sortir de son intenable isolement.
    Aujourd'hui aussi, on guettera le poids des mots dans les discours des deux présidents. Rien ne servirait, dans des textes parcheminés, d'évoquer les blessures de l'histoire en oubliant après coup d'en tirer toutes les leçons. Se souvient-on qu'à Oradour, en 1994, François Mitterrand invita les « générations prochaines à bâtir un monde où des Oradour ne seront plus possibles » ?
    Rappellera-t-on qu'à l'occasion du 60 e anniversaire du Débarquement, le chancelier Schröder exhorta citoyens et politiciens européens « à ne donner aucune chance, ici et ailleurs, aux guerres, aux crimes de guerre et au terrorisme » ? Aujourd'hui, à Oradour-sur-Glane, François Hollande et Joachim Gauck vont célébrer la si nécessaire amitié (sans tension) franco-allemande dans une Europe unie et agissante. Notre président insistera aussi sur la réconciliation des Français avec eux-mêmes. De quoi inspirer l'action à venir de nos dirigeants afin que, d'Oradour à Damas, le devoir de mémoire ne tombe pas en ruines.