Fondé sur des indicateurs à la pertinence discutable, le débat sur les inégalités est largement surfait et biaisé.
lundi 21 janvier 2013
Les inégalités : des indicateurs trompeurs
De nombreux articles et livres fleurissent pour nous démontrer que les inégalités s’accroissent en France et dans le monde. Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz publiait ainsi récemment un livre intituléLe Prix de l’inégalité. Ces publications rencontrent traditionnellement un bon accueil dans notre pays car les Français se sentent très concernés par ces problématiques. L’égalité est en effet, avec la liberté et la fraternité, l’un des trois piliers de la devise républicaine : il serait donc naturel de lutter contre les inégalités.
Ce serait faire là une terrible confusion et manquer l’ambiguïté qui existe dans le terme d’égalité, dont jouent ceux qui poussent à toujours plus de redistribution. Référons-nous à la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. L’article 1 dispose que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » alors que l’article 2 rappelle que le but de toute association politique doit être «la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme », identifiés comme étant « la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression ». Selon l’article 1, l’égalité est donc bien celle des droits, pas celle des résultats. La loi doit donc être la même pour tous et il ne doit pas exister de passe-droit. L’égalité des revenus et des possessions est même indirectement exclue par l’article 2 puisque celle-ci permet la conservation de la propriété.
Ceci étant posé, examinons tout de même ces « inégalités ». Il existe de nombreux indicateurs statistiques tentant de mesurer les inégalités mais deux d’entre eux sont couramment utilisés : le rapport inter-décile et l’indice de Gini. Le premier consiste à faire le rapport entre le neuvième et le premier décile [1] : plus ce ratio est élevé, plus l’inégalité des revenus est importante. Le second est issu d’une formule plus complexe [2] mesurant les écarts par rapport au revenu moyen. L’indice est compris entre 0 et 1, 0 correspondant à l’égalité parfaite et 1 à la situation où tous les revenus seraient gagnés par un seul individu.
Notons d’abord que contrairement aux idées reçues et malgré les quelques rémunérations exorbitantes dont peuvent bénéficier certains sportifs, chanteurs, acteurs ou patron du CAC40 faisant les gros titres des journaux, les inégalités de revenus en France sont globalement stables depuis 30 ans et largement en baisse par rapport aux années 1970 :
Soulignons cependant que ces indicateurs présentent des faiblesses presque insurmontables car ils mesurent des groupes qui ne sont pas statiques. Par exemple, dans le cas du rapport inter-décile, la composition des déciles varie d’une année l’autre. Ainsi, imaginons la situation suivante. À un instant donné le ratio inter-décile est élevé, signe de fortes inégalités. Quelques années plus tard, on mesure de nouveau D1 et D9 : ils sont inchangés (ou affichent le même taux de progression). Quand on regarde ce que sont devenus les individus composant le premier décile à l’origine, on s’aperçoit qu’ils sont désormais tous dans le dernier décile, et vice et versa. Et pourtant l’indicateur statistique conclura à des inégalités importantes et constantes ! De la même manière, si la hiérarchie des revenus était inversée en conservant les rapports d’ordre de grandeur, l’indice de Gini demeurerait inchangé et conclurait de manière similaire à des inégalités fortes et constantes.
Évidemment, ce sont deux situations extrêmes qui n’ont aucune chance de se produire, mais cette mobilité est loin d’être négligeable. On apprend par exemple ici que les revenus moyens des Américains qui se situaient dans le plus bas quintile en 1996 avaient augmenté de 91% en 2005, mais qu’en revanche ceux du premier percentile – c’est-à-dire les 1% ayant les revenus les plus élevés – avaient diminué de 26%. En outre, plus de la moitié de ces derniers ne figuraient plus dans le premier percentile en 2005.
Une autre étude de l’Université du Michigan a démontré que seulement 5% des individus situés dans le cinquième quintile des revenus (mesurant les revenus les plus faibles) en 1975 y était encore en 1991, alors que 29% d’entre eux avaient atteint le premier quintile à cette date. Plus de la moitié des individus du dernier quintile en 1975 avaient été dans le premier quintile pendant au moins une année entre 1975 et 1991.
Conclusion similaire dans cet autre article : une première étude montre que 86% des Américains les plus pauvres en 1979 ne le sont plus neuf années plus tard. Une seconde étude, portant sur une durée un peu plus longue (de 1975 à 1991) conclut à 95% de personnes sortant des 20% aux revenus les plus faibles.
On observe le même phénomène quand on tente d’observer les inégalités de revenus non plus entre les individus mais entre les différents peuples. Le rapport mondial sur le développement humain 2000/2001 préconisait ainsi une comparaison entre les 20 pays les plus riches et les 20 pays les plus pauvres, et ce ratio était passé de 23 en 1960 à 39 en 2000. Toutefois, en effectuant le calcul sur le même ensemble de pays (c’est-à-dire en conservant la répartition des pays les plus riches et les plus pauvres en 1960), un résultat radicalement opposé était observé puisque le ratio diminuait à 9,5.
Le débat sur les inégalités est donc largement surfait, biaisé, et se réalise de plus à l’aide d’indicateurs à la pertinence largement discutable.
Une place dans l’histoire
Une place dans l’histoire
Barack Obama attaque aujourd’hui son second bail à la Maison Blanche. Comme tous les présidents américains qui ont pu exercer un second mandat, il consacrera une partie de ces quatre ans à laisser une trace dans l’Histoire. Une tâche pas aussi facile qu’il n’y paraît. L’Amérique est empêtrée dans la crise économique et le terrorisme planétaire, deux défis qui n’ont pu être vaincus par Obama au cours de son premier mandat. Les pessimistes diront que ce qui n’a pu être fait en quatre ans, ne pourra être résolu, malgré le volontarisme du premier président noir de l’histoire américaine.
Obama a organisé le retrait américain d’Afghanistan, mais ce départ sonne comme une défaite. Le régime de Kaboul est bien faible pour résister aux talibans, qui n’ont rien perdu de leur capacité de nuisance. Rien ne dit qu’ils renonceront à réactiver le chaudron où mijote le terrorisme mondial.
La prise d’otages en Algérie a tragiquement démontré que l’extrémisme islamiste est loin d’avoir été affaibli par la mort de Ben Laden. La situation au Mali souligne d’ailleurs que les hésitations américaines ont lourdement pesé sur le destin de ce pays et du Sahel. Obama n’a pas été épargné par une forme d’angélisme qui rappelle l’époque de Jimmy Carter, ridiculisé par l’Iran. Trente ans plus tard, les ayatollahs continuent de défier les USA en faisant tout pour se doter de l’arme nucléaire.
Cette prudence américaine à l’encontre des interventions extérieures est largement due aux difficultés intérieures. La première économie mondiale souffre d’un déficit abyssal qui pèse sur le budget de l’État et conduit le président à d’incessants bras de fer avec les républicains. L’Amérique du temps de Barack Obama n’est guère plus tendre avec ses pauvres qu’elle ne le fut par le passé.
Symboliquement, le président réélu veut s’attaquer au problème des armes à feu, responsables de tant de tueries dans son pays. Il s’agit d’un immense défi lancé à ses compatriotes qui croient plus en Smith et Wesson ou en Winchester qu’en leur président.
Obama II s’ouvre sur un monde incertain. Dans quatre ans, Barack Obama saura s’il a été à la hauteur de son slogan : « Yes we can ! », grâce auquel il aura, malgré tout, inscrit son nom dans l’Histoire.
Les sociétés familiales plus solides
Les entreprises familiales ont globalement mieux résisté à la crise grâce à leur capacité d'innovation et à leur sens de la gestion des ressources humaines, selon une étude du cabinet de conseil Ernst & Young. Menée auprès de 280 personnes travaillant dans une entreprise familiale dans 33 pays, cette étude montre que 60% des entreprises interrogées déclarent une croissance de plus de 5% entre juillet 2011 et juin 2012, et une sur six une croissance d'au moins 15%, explique Ernst & Young.
Et ceci alors que trois-quarts d'entre elles sont implantées aux Etats-Unis ou en Europe, où les difficultés sont plus aiguës.
"Cela montre que le modèle de l'entreprise familiale demeure solide face à l'adversité", estime le cabinet.
Premier facteur de la plus grande réussite de ces entreprises: l'inscription de leur stratégie dans le long terme liée à leur structure même, appelée à se transmettre. La capacité d'adaptation à l'environnement économique, aussi hostile soit-il, est également cité par une majorité d'entreprises comme un facteur déterminant de croissance. Pour près de la moitié des entreprises par exemple, les nouvelles économies émergentes représentent l'ouverture de nouveaux marchés plus qu'une concurrence supplémentaire.
Côté financement, les entreprises familiales rencontrent également des vents favorables. Elles disposent en effet souvent de bénéfices non distribués aux actionnaires "plus abondants" que les autres entreprises, et s'en servent pour "renforcer leur indépendance à l'égard des marchés de capitaux". Selon Ernst & Young, cela leur permet de se concentrer davantage sur l'innovation, clé du développement.
Par ailleurs, "l'une des différences entre les entreprises les plus performantes et les moins performantes ayant pris part à l'étude réside dans leur attitude à l'égard de leurs ressources humaines", affirme le cabinet. Or, une des forces de l'entreprise familiale est justement de ne plus considérer "l'appartenance à la famille comme une qualification suffisante pour prétendre à un poste de direction".
"Les sociétés ayant les meilleurs résultats sont presque deux fois plus nombreuses que les autres à accorder aux cadres non familiaux un niveau d'implication plus élevé", assure Ernst & Young. Elles appliquent en outre des incitations considérées comme plus efficaces que de très haut salaires en associant davantage les cadres hors famille aux décisions.
Liberté religieuse : un avertissement de la Cour européenne ?
Les convictions religieuses doivent-elles sortir de l'espace de la vie privée pour pénétrer la vie publique et guider le législateur ?
L'arrêt Eweida et a. c. Royaume Uni, rendu par la Cour européenne le 15 janvier 2013 suscite bon nombre de commentaires, surtout en France. Il est en effet relatif à la liberté de religion, actuellement mise en avant par ceux qui estiment que les convictions religieuses doivent sortir de l'espace de la vie privée pour pénétrer la vie publique et guider le législateur.
En l'espèce, et il convient de ne pas l'oublier, les requérants sont quatre citoyens britanniques qui se présentent comme "Chrétiens pratiquants". Deux femmes, Mesdames Eweida et Chaplin, l'une est employée par British Airways et l'autre infirmière gériatrique, se plaignent de ne pas avoir l'autorisation de porter de manière visible et pendant leur travail une croix autour de leur cou. Les deux autres, Mme Ladele et M. Mc Farlane, estiment que leurs convictions religieuses leur interdisent toute action qui aboutirait à reconnaître l'homosexualité. Or, Mme Ladele est officier d'état civil, et doit célébrer des cérémonies de "partenariat civil" entre des couples homosexuels. Quant à M. Mac Farlane, il exerce les fonctions de conseiller dans un organisme britannique, Relate, qui offre des services de conseil conjugal et de sexothérapie.
Les quatre requérants contestent les diverses poursuites disciplinaires dont ils ont fait l'objet, mais il faut reconnaître que les situations sont très différentes. Dans les deux premiers cas, les requérantes revendiquent le port ostensible de signes religieux pendant l'exercice de leurs fonctions. Dans les deux autres, des agents publics invoquent leurs convictions pour refuser d'assumer une partie de leur service. Tous en tout cas s'appuient sur les dispositions combinées des articles 9 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme qui consacrent la liberté religieuse et le principe de non-discrimination.
Liberté religieuse, et ingérence de l’État
La Cour commence par rappeler que "la liberté de pensée, de conscience et de religion est l'un des fondements d'une société démocratique". Elle est aussi indispensable aux croyants qui peuvent affirmer leur identité, qu'aux athées et agnostiques, puisqu'elle constitue un élément du pluralisme de la société. Reprenant les deux alinéas de l'article 9, la Cour fait observer que la liberté religieuse a une double dimension, à la fois liberté de la conscience la plus intime de l'individu, mais aussi liberté de manifester sa religion collectivement, par l'exercice du culte ou l'accomplissement des rites. Comme pratiquement toutes les libertés consacrées par la Convention européenne, la liberté de religion peut cependant donner lieu à des restrictions, lorsque l'ingérence étatique constitue une "mesure nécessaire dans une société démocratique à la sécurité publique, à la protection de l'ordre, de la santé ou de la morale publique, ou à la protection des droits et libertés d'autrui".
De cette formulation, certains auteurs déduisent le caractère "relatif" de la liberté religieuse. À dire vrai, elle n'est ni plus ni moins relative que les autres libertés. Le droit européen, exactement comme le droit français, considère en effet que les libertés s'exercent dans un cadre juridique défini par la loi de l’État. Celle-ci peut donc "s'ingérer" dans l'exercice d'une liberté, dans un but d'ordre public ou pour garantir le respect des droits des tiers.
La Cour européenne constate, dans les deux hypothèses, que les autorités britanniques sont effectivement à l'origine d'une "ingérence" dans la liberté religieuse, ce qui n'implique aucune appréciation sur le bien-fondé de cette ingérence. C'est seulement après avoir constaté l'existence de cette ingérence que la Cour s'intéresse à sa proportionnalité par rapport aux objectifs poursuivis par la législation. Sur ce point, la décision de la Cour n'a rien de novateur. Elle ne consacre pas une quelconque "relativité" de la liberté religieuse, notion qui n'existe d'ailleurs pas en droit européen, et pas davantage en droit interne. Elle se borne à mettre en œuvre la célèbre jurisprudenceSunday Times c. Royaume Uni adoptée le 26 novembre 1991, il y a vingt et un ans, et qui consacre ce contrôle de proportionnalité.
Dans l'affaire Eweida, la Cour effectue exerce ainsi son contrôle de proportionnalité sur chacune des quatre requêtes. Elle rend donc un arrêt très nuancé, puisqu'elle traite différemment des situations différentes.
Le port des signes religieux
Dans le cas de deux requérantes qui estiment impossible de travailler sans porter une symbole religieux, la Cour rend une décision conforme à sa jurisprudence antérieure. Elle estime en effet que les États disposent d'une large "marge d'appréciation" pour réglementer le port des signes religieux. À propos d'une législation turque qui interdisait le port du foulard islamique dans les universités, la Cour observe ainsi que les autorités turques font effectivement ingérence dans la liberté religieuse. Mais cette ingérence a une base légale et peut être considérée comme "nécessaire dans une société démocratique" (CEDH, GC, 10 novembre 2005, Leyla Sahin c. Turquie). Rien n'interdit donc aux États de légiférer dans ce domaine, et d'interdire aussi bien le port du voile islamique que celui d'une croix.
En revanche, lorsqu'il n'existe aucune législation, la Cour se montre évidemment plus souple dans son contrôle de proportionnalité. Dans l'arrêt Lautsi du 18 mars 2011, elle considère que la présence de crucifix dans les écoles publiques italiennes ne porte pas une atteinte excessive à la liberté de conscience des élèves, dès lors que la loi italienne ne l'interdit pas. Le Royaume Uni est dans une situation comparable, et n'a pas adopté de législation interdisant le port de signes religieux sur les lieux de travail. La Cour observe dès lors que la contrainte imposée à Mesdames Eweida et Chaplin n'a pas de fondement légal, mais repose uniquement sur une décision du chef de service. La Cour se livre donc au contrôle de proportionnalité, et, de nouveau, rend une décision différente dans chaque cas.
Dans le cas de Madame Eweida, la Cour considère que les tribunaux britanniques n'ont pas fait une juste appréciation des intérêts en présence. S'il est légitime pour l'entreprise de vouloir véhiculer une certaine image de marque laïque, notamment en imposant le port d'un uniforme, le refus total de tout signe religieux apparaît excessif, d'autant que, après les faits et confrontée à d'autres recours, l'entreprise a finalement changé son code vestimentaire pour autoriser le port de signes religieux discrets. Dans le cas de Mme Chaplin, en revanche, la Cour observe que l'interdiction repose sur un motif d'intérêt général, dès lors qu'un patient peut s'accrocher à ce bijou et provoquer des blessures. En l'espèce, la Cour considère que l'employeur a pris une décision proportionnée aux intérêts en cause, et que les juges britanniques ont confirmé à juste titre cette appréciation.
Homosexualité et non-discrimination
Dans le cas de Mme Ladele et de M. Mc Farlane, la Cour se montre plus rigoureuse. Elle rappelle que toute différence de traitement en raison de l'orientation sexuelle ne peut se justifier que par des motifs particulièrement solides (par exemple : CEDH, Schalk et Kopf C. Autriche, 2004). Les sanctions prises contre les deux requérants apparaissent alors à la Cour tout à fait proportionnées par rapport à l'objectif de non discrimination poursuivi par les autorités publiques et dont le respect s'impose à tous les agents publics. La requête est donc fermement rejetée.
Il est tout de même intéressant de noter une petite phrase, glissée par la Cour dans la rédaction de l'arrêt. Conformément à sa jurisprudence antérieure, elle affirme que les États jouissent d'une grande liberté d'appréciation pour organiser dans leur ordre interne la situation des couples homosexuelles. Mais elle ajoute immédiatement que "les couples homosexuels sont globalement dans une situation identique à celle des couples hétérosexuels au regard de leur reconnaissance juridique et de la protection de leur relation". Cette formule n'a sans doute pas été introduite par hasard dans la décision et elle sonne un peu comme un avertissement pour les États membres, et pour la France en particulier. La liberté religieuse ne saurait être invoquée pour justifier une législation qui maintiendrait des discriminations entre les couples, en fonction de leur orientation sexuelle.
L’affaire malienne
Au premier coup d’œil, on comprend qu’il s’agit d’une erreur monumentale.
Fallait-il intervenir ? Les commentateurs déclinent un même slogan : il fallait y aller. L’affaire est entendue. Un général clôt la discussion : « Peu importe, c’est fait ». C’est l’une des seules tribunes publiées sur le sujet dans la grande presse. Même la majorité des médias en ligne est conformiste. La torpeur des intellos de gauche est totale. Un intello de droite ne rachète pas la médiocrité d’ensemble en imputant l’existence d’AQMI à des questions de toxicomanie.
Il est de bon ton d’arborer la mine entendue d’une attitude « responsable ». Émettre des doutes serait presque passer pour un mauvais Français. Une lueur est discernable du côté de quelques journalistes (Guy Sitbon rappelle que même l’Algérie n’a pas pu triompher de l’islamisme armé) et de quelques outsiders politiques. Si Mélenchon est à côté de la plaque avec son néo-colonialisme, et Villepin avec sa dénonciation du néo-conservatisme, Giscard a tout compris en mettant en garde contre une guerre de reconquête.
Comme le note le Herald Tribune, il serait temps que l’armée malienne prenne une part active aux combats. Mais cette armée semble minée par la corruption. Chauffés à blanc par la population du sud et la peur ancestrale des ethnies du nord, certains soldats ne risqueraient-ils pas demain des réflexes revanchards ? Ces questions méritent d’être posées avant, pas après.
Donner moins de leçons
La prise d’otages en Algérie est dissociée par certains de l’affaire malienne (« ça n’a rien à voir »). Pour d’autres, elle est même censée prouver a posteriori le bien-fondé de l’interventionnisme. Le président de la République répète que « la France n’est pas seule » et estime que la prise d’otages en Algérie « justifie encore davantage » sa décision.
À cause de cette prise d’otages, il n’est maintenant plus possible de faire machine arrière au Mali. Mais il est encore temps de changer radicalement d’optique en se fixant désormais des buts limités : tenir un temps la ligne de front tacitement établie qui sépare le sud-Mali du nord et laisser la balle dans le camp des nations d’Afrique de l’ouest. Rester surtout le moins longtemps possible pour ne pas être forcé de plier bagages à la hâte comme les Américains en Somalie.
En l’état, les buts de guerre que la France s’est assignée (unité territoriale assortie de nation building) sont beaucoup trop ambitieux. D’autant que l’ennemi fait preuve d’une tactique coordonnée. On l’a sous-estimé à cause de ses sandales et burnous. Il y a soixante ans, un général français voulut « donner une leçon aux Nha Que », aux culs-terreux. Il se cassa les dents sur le stratège Giap.
Les satellites espions ne suffisent pas. Il n’existe certes pas de sanctuaire comme le massif montagneux de Tora Bora en Afghanistan. Mais il subsiste des possibilités de se fondre dans l’environnement. Ils ne sont certes pas nombreux. Mais il en viendra d’autres, car leur légende noire est déjà en route.
Persister ne serait pas productif, à moyen terme, tant au regard des intérêts de l’Occident que de ceux du monde musulman. Il faut cesser de vouloir « aller les chercher » pour les déloger de leurs bases arrières avant qu’ils ne s’enkystent, etc. Arrêter de les bombarder. Les laisser se démystifier et se déconsidérer. Leur livrer un peu la guerre de l’ombre, la guerre médiatique et la guerre psychologique suffirait. Chaque jour qui passe use déjà le crédit des islamistes modérés au pouvoir dans les jeunes démocraties arabes. Va naître le scepticisme sur l’idée que « l’islam est la solution » aux maux sociaux.
La démocratie selon le parti socialiste français: les simulacres de débat ouvert
Le monde vient d'adopter l'étalon-or
Le monde vient d'adopter l'étalon-or si l'on regarde les actions récentes des banques centrales.
Le monde vient d'adopter l'étalon-or. Tel est le titre de l'un des derniers articles du site belge Express.be qui montre bien à quel point, malgré des cours calmes et une grande discrétion médiatique, les choses sont en train de changer de façon radicale sur l'or.
Selon cet article, l'étude annuelle de la GFMS pour 2012 avait déjà indiqué que les banques centrales à travers le monde avaient acheté plus d'or l'année dernière qu'elles ne l'avaient fait quasiment au cours des cinquante dernières années. Elles ont ainsi acquis 536 tonnes d'or en 2012, qui ont été substituées aux réserves détenues dans les 4 devises les plus courantes : le dollar, l'euro, le yen et la livre sterling.
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| Très imagé..comme étalon or |
Parallèlement, ces mêmes banques centrales ont réduit de 26% leurs détentions en obligations souveraines européennes de la zone euro, leur faisant retrouver les niveaux qu'elles avaient atteint il y a une décennie.
La perte de confiance commence
Toujours selon cet article, c'est donc un phénomène de « perte de confiance dans les deux plus grandes devises de réserve du monde, le dollar et l'euro, qui suscite cette évolution. La crise de la dette a révélé les défauts de la monnaie unique, qui ne dispose pas d'une trésorerie capable d'intervenir pour la soutenir, tandis qu'elle est agitée de crises successives ; quant au dollar, c'est la dette abyssale des États-Unis qui lézarde sa crédibilité ».
PIMCO s'y met aussi !
PIMCO est le plus gros fonds obligataire américain avec des centaines de milliards de dollars sous gestion. Selon Mohammed El Erian, le CEO de Pimco, cet événement pourrait déclencher un vaste mouvement d'imitation à travers le monde. « Aucun pays ne voudra se retrouver à être le dernier à sous-traiter toute cette activité à des banques centrales étrangères », a-t-il dit en parlant de l'opération de son or par l'Allemagne sur son propre territoire.
Un système monétaire international à 3 jambes
Enfin, dans cet article passionnant, Audrey Duperron cite Evans-Pritchard, pour qui « l'or devrait plutôt s'intercaler comme un troisième étalon de référence aux côtés du dollar et de l'euro, ce qu'il estime être une bonne chose. Un étalon-or partiel, créé par le marché international, et n'appartenant à personne, est le meilleur des mondes. Il offre une valeur de conservation (quoique sans rendement). Il agit comme un contrepoids. Il n'est pas assez dominant pour nuire au système. Offrons-nous donc trois devises mondiales, un tripode avec une jambe d'or. Il pourrait même offrir le luxe d'être stable », conclut-il.
L'or se remonétise progressivement
Alors oui, incontestablement, nous faisons face à un changement majeur. Vous l'aurez compris, les acheteurs d'or, ou pour être plus précis les vendeurs d'obligations libellées en dollars ou euros et qui sont essentiellement des titres de dettes d’États, sont les pays émergents. La Chine, la Russie, le Brésil, bref ! Tous les grands pays qui détiennent des réserves de change importantes se délestent progressivement des titres de dettes que nous ne rembourserons jamais.
Ce simple fait condamne les pays occidentaux que nous sommes à une utilisation immodérée de la planche à billets et à une fuite en avant dans la création monétaire qui restera notre seule solution pour financer le rachat de nos dettes passées et le financement de nos dettes futures.
Cette solution, qui n'en n'est pas une bonne mais au mieux la moins mauvaise, aura pour conséquence une dépréciation inéluctable des deux monnaies de référence mondiales que sont le dollar et l'euro.
Logiquement, l'or continuera son mouvement d'appréciation contre ces devises, jusqu'au jour où il apparaîtra clairement que ce qui a de la valeur ce sont les métaux précieux comme l'or et l'argent (métal) et que nos billets ne valent guère plus que le prix du papier et de l'encre qui ont servi à les fabriquer.
Vous ne le savez peut-être pas encore, mais les Allemands, eux, l'ont déjà compris. C'est pour cela qu'ils ramènent leur or à la maison. Nous venons donc de franchir une étape très importante pour l'or et c'est une excellente nouvelle pour tous ceux qui en possèdent. Il existe même désormais des cartes MasterCard... qui permettent de payer en or !
Nos dirigeants sont dans le déni des vrais problèmes
Les maux qui accablent la France (et les solutions qui en découlent) sont connus des observateurs, mais ignorés par nos hommes politiques. Jusqu'à quand ?
Il existe un consensus assez large des économistes et des analystes financiers au sujet des problèmes fondamentaux de l'économie française : double problème de compétitivité et de profitabilité des entreprises, en raison du bas niveau de gamme de la production qui force les entreprises à baisser leurs prix de vente ; insuffisante productivité et inefficacité du secteur public conduisant à une pression fiscale anormalement élevée qui détruit la croissance potentielle ; marché du travail absolument non concurrentiel, d'où l'absence totale de lien entre la croissance des salaires et la situation économique ; inefficacité du système éducatif conduisant à l'inemployabilité de nombreux jeunes ; inefficacité du système de requalification des adultes, de formation professionnelle.
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