TOUT EST DIT

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mercredi 23 décembre 2009

De coup d'éclat en coup de colère, le débat sur la burqa divise la majorité

Les activités parlementaires devaient être suspendues, mercredi 23 décembre, pour les fêtes de fin d'année. Avant que les portes du Palais-Bourbon se referment, le président du groupe UMP, Jean-François Copé, s'est réservé un dernier effet de surprise. Il a annoncé le dépôt, dès la première quinzaine de janvier 2010, d'une proposition de loi visant à interdire le port de la burqa "dans l'espace public".
Effet garanti, car la mission parlementaire sur la pratique du voile intégral, qui regroupe des représentants de toutes les forces politiques, travaille encore. Elle ne doit rendre son rapport qu'à la fin du mois de janvier. Sans attendre ses conclusions, M. Copé précipite donc le mouvement et décide d'accélérer le calendrier législatif, même si, en tout état de cause, le texte ne pourra pas être examiné avant les élections régionales du mois de mars.

CAVALIER SEUL

Ce cavalier seul du président du groupe UMP a été désapprouvé par le président de l'Assemblée nationale. Bernard Accoyer a jugé l'initiative "prématurée". "Sur une telle question de société, mettant en jeu les principes fondamentaux de notre République, la recherche prioritaire d'un large consensus s'impose", a-t- il rappelé dans un communiqué, visiblement irrité par ce coup d'éclat.

"Chacun est dans son rôle, mais, je vais vous dire, cela ne m'empêchera pas de dormir", s'est contenté de commenter M. Copé. De fait, le président du groupe UMP a préempté ce débat depuis que, à l'initiative du député (PCF) du Rhône, André Gerin, la question du port du voile intégral sur le territoire français a été soulevée.

Le jour même où la mission parlementaire était installée, début juillet, Jean-François Copé prenait position pour "une loi d'interdiction précédée d'une phase de dialogue, d'explications et d'avertissements". Parallèlement, il mettait en place son propre groupe de travail, coprésidé par Nicole Ameline et François Baroin.

A présent, il prend une nouvelle fois de court la représentation parlementaire en déposant un texte de loi portant la seule signature de l'UMP. Celui-ci, se fondant sur "des motifs d'ordre public et de sécurité", devrait stipuler qu'aucune personne, hors circonstances exceptionnelles, ne peut évoluer dans l'espace public le visage entièrement recouvert. Une formule qui ne porte pas exclusivement sur le voile intégral, afin de ne pas s'exposer à un risque d'inconstitutionnalité, mais l'inclut de fait.

M. Copé a annoncé simultanément le dépôt d'une proposition de résolution – qui n'a pas de valeur normative – appelant au respect des principes républicains et des droits des femmes. "Il va de soi que, si la mission apportait des éléments complémentaires à notre proposition de loi, nous les étudierions", a ajouté M. Copé lors de son point de presse.

"LE CONTRAIRE DE LA REVALORISATION DU PARLEMENT"

Réagissant à cette annonce, André Vallini (PS, Isère), jugeait ce "coup médiatique choquant". "C'est le contraire de ce qu'on appelle la revalorisation du Parlement, s'indignait l'ancien président de la commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice à Outreau. C'est faire peu de cas du travail d'une mission parlementaire et se comporter de façon hégémonique."

M. Copé ne fait pas que prendre de vitesse la mission parlementaire. Par la même occasion, il brûle la politesse à l'UMP, qui devait également, au cours du mois de janvier, faire part de sa position officielle auprès de la mission.

Le secrétaire général du parti présidentiel, Xavier Bertrand, s'était jusqu'à présent montré plutôt réservé à l'idée d'une loi. Tout en soulignant qu'"il faut vraiment attendre les conclusions de la mission", il penche dorénavant pour "un ensemble cohérent : la loi, la résolution, la circulaire, la pédagogie".

Le débat n'est pas clos pour autant, y compris au sein du groupe UMP, même si, selon Christian Jacob, proche de M. Copé, "90 % du groupe sont aujourd'hui sur cette position". Toutefois, mardi matin, malgré les précautions préalables dont s'était entouré le président du groupe afin d'"éviter les amalgames", le tour pris par la discussion a provoqué un coup de colère de Nora Berra.

La secrétaire d'Etat aux aînés a claqué la porte de la salle Colbert, où se réunit à huis clos le groupe majoritaire, après avoir entendu Pascal Clément (UMP, Loire), déclarer que, "le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ce ne sera plus la France". La secrétaire d'Etat a jugé ces propos "insupportables".

Si un tel geste de la part d'un membre du gouvernement est rarissime, l'entourage de Mme Berra assure qu'il s'agit d'"une décision réfléchie". "Nora Berra ne veut pas qu'il y ait des amalgames entre la burqa, l'immigration, les mosquées. Le danger, ce sont les amalgames. C'est comme le coup de la casquette à l'envers [en référence aux propos tenus par Nadine Morano]", estime un membre de son cabinet.

"MADAME MERRA, VERRA, JE NE SAIS MÊME PAS SON NOM..."

D'autres membres du gouvernement ont également pris leurs distances. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la prospective, dit attendre "un débat d'un autre niveau", tandis que Martin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités, estime qu'"il y a des bornes à ne pas franchir".

M. Clément a démenti les propos qui lui étaient reprochés. "J'ai toujours été favorable aux lieux de culte, quels qu'ils soient. S'agissant des minarets, j'ai dit qu'il s'agissait d'un problème d'urbanisme. Je refuse qu'on m'associe à Le Pen. Quant à Mme Merra, Verra, je ne sais même pas son nom... on me dit que c'est le sujet qui l'a agacée", a déclaré l'ancien ministre de la justice à la sortie de l'Hémicycle.

"Je voulais en effet donner un signal fort", a expliqué l'intéressée, mercredi, sur Europe 1. L'échange a été "intéressant jusqu'au point où un député a en effet tenu ce genre de propos qui, pour moi, allait à l'encontre de la règle et du fondement de la laïcité", a-t-elle poursuivi. "Quand on entend ce genre de propos, on a une image passéiste de la France qui nous renvoie à une certaine tranche de la population." Et "ce débat [sur l'identité] trouve plus que jamais sa nécessité", a ajouté Mme Berra.

Dans un communiqué diffusé un peu plus tard, M. Clément reprochait à "Mme Berra, qui n'a jamais été députée", de "chercher la publicité sur le dos d'un ami politique".
Patrick Roger

Elections régionales : "Il faut avoir envie", lance M. Sarkozy à ses troupes

En langage d'entreprise, cela s'appelle un séminaire de motivation. La majeure partie des têtes de liste de la majorité pour les élections régionales s'est retrouvée à huis clos, mardi 22 décembre, dans un salon de l'Elysée, à un peu plus de trois mois du scrutin, prévu les 14 et 21mars. Ne manquaient à l'appel que Thierry Mariani (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Christophe Béchu (Pays de la Loire), Laurent Hénart (Lorraine) et Alain Marleix (Auvergne), qui s'était fait remplacer par le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, initialement pressenti pour être candidat dans cette région.
Sagement assis en demi-cercle, avec toasts et boissons, les candidats ont écouté un Nicolas Sarkozy aux accents de campagne leur rappeler qu'il n'est pas question de baisser les bras, même si les sondages font grise mine. "Il faut y aller à fond", a affirmé le président de la République, flanqué d'Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, parti allié de l'UMP, et de Xavier Bertrand, le secrétaire général de la formation présidentielle.

"Il a remonté les troupes et nous a dit qu'il fallait avoir envie", raconte une tête de liste. "La motivation est la première chose que veulent les électeurs", a martelé M. Sarkozy, qui considère que son volontarisme a été une des clés de son succès lors de la présidentielle 2007.

"ON NE M'ENFERMERA PAS !"

Le chef de l'Etat a ensuite appelé ses têtes d'affiche à ne pas mener une campagne strictement locale. "Il nous a dit : “De toute façon, si vous n'intégrez pas la dimension nationale, elle vous rattrapera”", raconte un participant. Il a affirmé qu'il s'impliquerait personnellement dans la campagne : "On ne m'enfermera pas !"

"Il nous a fait du coaching. Il a été très “punchy”. Il nous a expliqué que l'action du gouvernement devait être le socle de la campagne. En même temps, il nous a demandé d'avoir un projet régional le plus enthousiasmant possible", raconte une autre tête de liste.

Cette réunion à l'Elysée avait été décidée après le conseil national de l'UMP d'Aubervilliers, fin novembre. Nicolas Sarkozy, déjà, y avait prononcé un discours de défense de son bilan, devant toutes les têtes de liste. "Mais il n'avait pu voir tout le monde, faute de temps", explique son conseiller Franck Louvrier.

Mardi il s'est donc adressé à tout le monde dénonçant "la folie fiscale des régions socialistes" et appelant les candidats de la majorité à vanter ses réformes. "Il nous a dit de rappeler que la France résiste mieux à la crise que les autres pays, de parler du plan de relance, de la suppression de la taxe professionnelle, de la baisse des droits de succession, de la baisse de la TVA dans la restauration, du service minimum."

M. Sarkozy a aussi insisté sur l'importance de la dynamique du premier tour, alors que ses troupes s'inquiètent de l'absence de réserve de voix entre les deux tours. Il n'a pas évoqué la possibilité de triangulaires avec le Front national, redoutée par certains.

"Il a rappelé que l'opposition part divisée, et qu'elle n'arrivera pas à vraiment se réconcilier avant le second tour", poursuit un participant. Le président a aussi appelé au renouvellement des listes. "C'est le seul moyen de surprendre, face à des sortants", a-t-il expliqué alors que vingt régions métropolitaines sur vingt-deux sont dirigées par l'opposition.

AGENDA FLOU

A la suite de cette rencontre à l'Elysée, les cadres de l'UMP se sont réunis en comité exécutif. Pour balayer les grands thèmes de campagne. "La fiscalité, mais aussi l'emploi, la sécurité dans les transports, la vidéoprotection, la réforme territoriale… Même si rien n'est encore arrêté", confie un participant.

On est loin des thématiques de l'immigration et de l'identité nationale que le chef de l'Etat avait mises en avant cet automne et qui heurtent certains candidats. Le dispositif sera dévoilé fin janvier, lors d'un nouveau conseil national de l'UMP, où seront présentées les listes complètes.

Dès janvier, M. Bertrand se déplacera dans chaque région et prévoit d'y rester trente-six heures. Le premier ministre, François Fillon, devrait aussi participer à de nombreux meetings. L'agenda de M. Sarkozy reste plus flou. Le 8 décembre, il a rencontré des militants UMP à huis clos, en Alsace. En janvier, il est attendu en Corse. Les deux seules régions encore détenues par la droite, dont la perte serait considérée comme un fiasco.
Pierre Jaxel-Truer, avec Béatrice Jérôme

Quelques événements du 23 DÉCEMBRE

23 décembre 1420
Lit de justice où le dauphin est déshérité. Jean sans Peur, duc de Bourgogne, avait fait assassiner en 1407 son cousin le duc d'Orléans. Ce meurtre fut vengé par un autre meurtre. Le dauphin, fils de Charles VI, ayant attiré le duc de Bourgogne dans une entrevue, le fit ou le laissa du moins assassiner en sa présence. Le fils du duc assassiné joignit son ressentiment à celui d'Isabelle de Bavière, devenue une marâtre implacable pour le dauphin, qui lui avait enlevé des trésors amassés au dépens du peuple. Tous deux appellent Henri V, roi d'Angleterre, à leur secours. Isabelle lui donne sa fille en mariage, et la France pour dot, avec le titre de régent jusqu'à la mort du roi. Henri vint s'établir à Paris, où il régna sans contradiction. Le duc de Bourgogne fit demander solennellement justice aux deux rois du meurtre de son père. Il fut convoqué une assemblée de tout ce qui restait de grands, à laquelle assista le premier président du parlement de Paris, et quelques députés de son corps.
C'est dans ce fameux lit de justice, tenu en présence de Henri V, roi d'Angleterre, que Charles VI nomma son très-aimé fils Henri, héritier et régent du royaume ; au lieu de parler de son propre fils, seul et unique héritier de la couronne, il ne le nommait que Charles, soi-disant dauphin. Malgré cette condamnation, le dauphin régna par la suite sous le nom de Charles VII.

23 décembre 1482
Traité d'Arras, conclu entre l'empereur Maximilien d'Autriche et Louis XI. Par ce traité, la France acquiert le duché de Bourgogne et la Picardie.

23 décembre 1588
Henri III fait assassiner le duc de Guise aux états de Blois. Le duc reçut plusieurs avis qu'on en voulait à sa vie. La veille du jour de sa mort, il trouva en dînant, sous sa serviette, un billet qui lui marquait que son dernier moment approchait. Il dit seulement : « Il n'oserait », et acheva de dîner tranquillement. Néanmoins l'après-dîner, sur des avis réitérés, il tint conseil avec le cardinal de Guise, son frère, et l'archevêque de Lyon, sur le parti qu'il devait prendre. Le cardinal fut d'avis qu'il s'en allât à Paris ; mais l'archevêque lui ayant représenté que s'il abandonnait les états, tous ses amis perdraient courage, et qu'il ne retrouverait jamais une si belle occasion d'établir son autorité, il se résolut à tout hasarder. Le lendemain, il alla chez le roi : il fut un peu surpris de voir la garde renforcée, les cent-suisses rangés sur les degrés. Dès qu'il fut entré dans la première salle, on ferma la porte. Il ne laissa pas de faire bonne mine, salua tous ceux du conseil avec ses grâces ordinaires ; et dans le temps qu'il voulait entre dans le cabinet, il fut percé de plusieurs coups de poignard, sans pouvoir mettre l'épée à la main, et expira en disant : « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! » Dès qu'il fut mort, le roi descendit dans la chambre de la reine mère qui était malade, et lui dit ce qui venait d'être fait. « Je ne sais, lui dit-elle, si vous en avez bien prévu les suites. »

23 décembre 1787
Mort de Louise-Marie de France, fille de Louis XV, et tante de Louis XVI.

mardi 22 décembre 2009

PME : 23 500 entreprises accompagnées par Oseo en 2009

Au 15 décembre, 7.500 PME ont reçu une aide pour financer leurs projets d'investissement, 16.000 autres ont bénéficié de 3,5 milliards d'euros de prêts bancaires garantis pour renforcer leur trésorerie.

La banque publique Oséo a accompagné 23.500 entreprises cette année dans le cadre du plan de relance, a annoncé le gouvernement français. Le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, et le directeur général délégué d'Oséo, Joël Darnaud, ont présenté un bilan de l'action de la "banque des PME" à l'issue d'une visite d'un atelier de fabrication de chocolat dans les Hauts-de-Seine.

Au 15 décembre, 7.500 PME avaient été accompagnées par Oséo pour financer leurs projets d'investissement avec 1,3 milliard d'euros de prêts en partenariat avec les banques et 1,2 milliard d'euros de prêts bancaires garantis. Seize mille autres ont bénéficié de 3,5 milliards d'euros de prêts bancaires garantis pour renforcer leur trésorerie.

Oséo a également présenté les résultats d'une étude auprès de 5.556 entreprises accompagnées entre fin 2008 et juin 2009 qui montre que 50% d'entre elles ont été sauvées de la faillite par les mesures de soutien à la trésorerie, ce qui a permis de sauvegarder 30.000 emplois sur ces six mois. "La prolongation en 2010 des mesures du plan de relance mises en oeuvre par Oséo, sur un rythme progressivement moins important, va permettre de soutenir les entreprises à la trésorerie fragile en attendant les effets de la reprise", a souligné Patrick Devedjian. "Nous restons mobilisés aux côtés des entreprises qui rencontrent des difficultés conjoncturelles mais aussi, et c'est très important, aux côtés de celles qui souhaitent investir pour préparer la reprise", a dit pour sa part Joël Darnaud.

Ségolène Royal, cauchemar du Parti socialiste


Ségolène Royal n'est plus Ségolène Royal. Deux ans et demi après sa défaite, la candidate à la présidentielle de 2007 a changé de statut. Non seulement elle n'a plus les faveurs de l'opinion, mais une majorité de Français désapprouvent désormais ses choix, son discours, sa stratégie. Elle ne passe plus, loin de là, pour la meilleure opposante à Nicolas Sarkozy, pire, elle est perçue comme un handicap pour l'opposition. Réalisée en décembre pour Canal+, une enquête BVA (1) montre que, pour trois Français sur quatre, Ségolène Royal est « plutôt un handicap » pour le Parti socialiste. Les deux tiers des sympathisants de gauche le pensent et 70 % des seuls sympathisants du PS. C'est surtout son positionnement, en fort décalage avec la formation de la rue de Solférino, quoique non en rupture avec elle, qui est sanctionné. Ainsi, 60 % des sympathisants de gauche et 62 % des Français interrogés pensent que la présidente de la région Poitou-Charentes devrait « soutenir les positions de son parti ».

Plus préoccupant encore : si elle apparaît comme un mauvais service rendu au PS, la stratégie de Ségolène Royal est aussi perçue comme jouant en sa défaveur. Sa cote de popularité est tombée à des niveaux qu'elle n'avait pas connus depuis de nombreuses années. Dans le baromètre politique de décembre TNS Sofres - Logica pour « Le Figaro Magazine » (2), seuls 28 % des Français disent souhaiter lui voir jouer un rôle dans les mois et les années à venir. Deux points seulement devant François Hollande et 10 points derrière la première secrétaire, Martine Aubry. Son fonctionnement très personnel et le privilège donné au temps court, celui du coup médiatique, sur le temps long, celui de la réflexion politique, ont lassé au-delà de ses plus fidèles soutiens. Sa glissade dans l'opinion a fini par persuader de nombreux ténors socialistes que Ségolène Royal ne constitue plus ni une menace pour eux-mêmes ni une chance pour 2012. Ceux qui, au PS, la croient politiquement finie sous-estiment la puissance de ses ressorts et surestiment leur propre capacité à rassembler les galaxies de la gauche. La « femme debout » a un genou à terre, mais elle peut tout à fait se relever.

Trois solides constats plaident en ce sens. Le premier est assez contre-intuitif : c'est le socle de crédibilité sur lequel peut encore s'appuyer Ségolène Royal. Avoir affronté Nicolas Sarkozy au deuxième tour et avoir réalisé un score plus qu'honorable continue de la qualifier pour la fonction auprès d'une part de l'électorat. Selon BVA, 39 % des sympathisants de gauche pensent qu'elle ferait « un bon président », à égalité avec Martine Aubry (40 %), derrière Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoë mais loin devant tous les autres.

Le deuxième constat est celui de son positionnement particulier, voire unique, à l'épicentre de trois univers de la gauche, ceux que l'institut Viavoice identifie comme la « gauche antisystème écologiste », la « gauche anticonsumériste » et la « gauche sociale-libérale ». Pour François Miquet-Marty, directeur général adjoint de Viavoice, « personne d'autre ne pourra parler dans les mois à venir à toutes ces familles à la fois ». Rester sur ses thèmes de prédilection, la famille, l'éducation et l'écologie, lui permet de renforcer cette position, potentiellement plus rassembleuse que celle d'une Martine Aubry (« gauche interventionniste ») ou d'un DSK (« gauche sociale-libérale »).

Au service de cette situation politique, Ségolène Royal, dispose d'une intuition intacte de ce qui monte de la société. Exemples : elle a été l'un des rares dirigeants politiques à se saisir de la question du stress au travail, juste avant que n'éclate la polémique autour des suicides en série à France Télécom, la première à identifier l'impopularité de la taxe carbone… Ce serait un tort de négliger ce lien particulier avec une « France d'en bas » si prompte à se détourner de la politique. Même s'il ne croit plus guère dans les chances de celle dont il a été très proche, le sénateur François Rebsamen observe : « On verra si notre prochain candidat fait autant de voix qu'elle dans les quartiers populaires… » Enterrer politiquement l'ancienne présidentiable socialiste serait d'autant plus prématuré qu'elle a déjà montré sa capacité de rebond. En septembre 2005, elle plafonnait à 30 % d'opinions favorables dans les sondages, à peu près son niveau actuel.

Le troisième élément est ce que son ancien directeur de campagne, Jean-Louis Bianco, appelle une « ténacité indestructible ». C'est cela qui inquiète le plus ses concurrents au PS : peut-elle conduire une Ségolène Royal qui donne de plus en plus de marques d'indépendance à se présenter en 2012, au besoin en s'affranchissant des primaires ? François Rebsamen doute qu'elle fasse cavalier seul : « Elle ne finira pas sa carrière politique en dehors du parti. » Mais tous ne partagent pas cet avis. Pour Pierre Moscovici, animateur des Ateliers du changement du PS, « il faut absolument internaliser Ségolène Royal », sous peine de la voir faire cavalier seul. Une peur souvent inavouée mais largement partagée au PS, car elle ressuscite le « cauchemar » de 2002, celui d'une double candidature dans la famille socialiste et radical-socialiste, synonyme d'absence au deuxième tour. « Si elle voit qu'elle n'a aucune chance aux primaires, ce qui est probable, ou si elle pense que le processus n'est pas sérieux, ce qui est possible, elle est capable de partir sous sa propre bannière, même pour faire 10 % », résume un hiérarque du parti. C'est l'un des grands enjeux internes des régio-nales : la perte d'une ou plusieurs régions (Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Ile-de-France pour citer les plus « fragiles ») et un large succès de Ségolène Royal en Poitou-Charentes la relanceraient pour 2012. Avec ou sans le PS.


JEAN-FRANCIS PÉCRESSE

La justice américaine refuse d'abandonner les poursuites contre Polanski

La justice américaine a refusé lundi d'abandonner des poursuites lancées contre le cinéaste franco-polonais Roman Polanski pour une affaire de détournement de mineure remontant à 1977. Une Cour d'appel californienne a rejeté la demande d'abandon des poursuites déposée au début du mois par les avocats du cinéaste, actuellement assigné à résidence en Suisse après avoir été arrêté le 26 septembre. Les Etats-Unis réclament à Berne son extradition.
Le 10 décembre, l'avocat Chad Hummel avait dénoncé devant les trois juges de la cour d'appel du second district de Californie de graves erreurs de procédure au moment des faits, commises selon lui par le juge chargé de l'affaire à l'époque, Laurence Rittenband, décédé depuis.






L'AMÉRIQUE POUSSE SA PUDIBONDERIE JUSQU'AU VICE, LES AMÉRICAINS SONT DES HYPOCRITES, ON Y RECENSE PLUS DE PERVERS SEXUELS QUE PARTOUT AILLEURS DANS LE MONDE, ET ELLE VEUT LAVER LE LINGE ÉTRANGER PLUS BLANC QUE LE SIEN !!
QUELLE OUTRECUIDANCE QUE CETTE NATION DE PARVENUS !!

Sarkozy a "l'indignation bling bling" (PS)

Aurélie Filippetti (PS) a estimé aujourd'hui que Nicolas Sarkozy avait "l'indignation bling bling" lui reprochant de jouer "les chefs de gare" pour les passagers de l'Eurostar qui vont "faire leurs courses de Noël à Londres", sans se soucier des usagers du RER A touchés par la grève. "Je ne comprends pas pourquoi tout d'un coup il joue les chefs de gare en ce qui concerne l'Eurostar", a déclaré la députée de Moselle sur i-Télé.

La veille, le chef de l'Etat avait demandé la reprise dès mardi du trafic ferroviaire entre la France et la Grande-Bretagne après les incidents du week-end qui ont bloqué quelque 2.000 passagers.

"C'est effectivement la France que défend et qu'aime Nicolas Sarkozy. Il y a les gens qui ont les moyens d'aller faire leurs courses de Noël à Londres" et puis les usagers du RER en Ile-de-France qui "depuis deux semaines voyagent dans des conditions déplorables". Le président de la République "a l'indignation bling bling" et "ça, ça suffit", a-t-elle asséné, reprochant au gouvernement d'avoir choisi "la stratégie du pourrissement" dans le conflit social sur la ligne de RER A.

SI CETTE CONNE N'A QUE ÇA À DIRE QU'ELLE FERME SON CLAQUE MERDE SOCIALISTE !!

QUAND UN MEDIA POUSSE À LA DÉLATION !!!

Quelques événements du 22 DÉCEMBRE

22 décembre 641
Prise d'Alexandrie, en Egypte, par les Musulmans. Au XIXe siècle, l'incendie de la fameuse bibliothèque des Ptolémées par Omar lors de cette prise fut contestée.

22 décembre 1522
Les Turcs, commandés par Soliman II, enlèvent l'île de Rhodes aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, appelés depuis chevaliers de Malte.

22 décembre 1528
François Ier déclare la guerre à l'empereur Charles Quint. Cette guerre prendra fin en 1529 avec la Paix des Dames.

22 décembre1895
Première radiographie
Le physicien allemand Wilhelm Konrad Röntgen qui a fait la découverte des rayons X le 8 novembre, effectue la première radiographie sur la main de sa femme. La radiologie sera enseignée dans la plupart des facultés de médecine européennes à partir de 1897. Mais les radiologues ne connaissaient pas les risques de la radiodermite et ne se protégeaient pas contre les rayons.

22 décembre 1989
Nicolae Ceausescu fuit la Roumanie
Le dictateur roumain surnommé "le génie des Carpates" quitte précipitamment la Roumanie devant la vague révolutionnaire qui déferle sur son pays depuis moins d'une semaine. Au même moment les "révolutionnaires" s'emparent de la télévision roumaine. Le 16, les habitants de Timisoara s'étaient soulevés contre l'arrestation du pasteur Lazlo Toekes défenseur des droits des minorités hongroises. Le 21 une manifestation d'ouvriers a conspué le régime dictatorial devant le siège du PC à Bucarest. Les époux Ceausescu seront vite arrêtés sur le chemin de l'aéroport de Pitesti et fusillés après un simulacre de procès le 26. Nicolae et Elena seront reconnus coupables de génocide et de détournement de fonds. Les évènements de Roumanie seront les premiers à être intégralement retransmis par la télévision.

lundi 21 décembre 2009

«La grève a coûté 5 millions d'euros à la RATP»

Alors que les grévistes en sont à leur 13e jour de grève, Pierre Mongin, le PDG de la RATP, déplore les conséquences de ce mouvement social.
La reprise du trafic semble proche sur le RER A. Les rangs des grévistes qui entament ce mardi leur 13e journée consécutive de mouvement commencent à s'éclaircir. Un conducteur est venu travailler samedi, huit dimanche et vingt lundi. Pierre Mongin s'estime donc conforté dans sa stratégie : le PDG de la RATP a fait, très tôt, d'importantes concessions mais il refuse depuis d'aller plus loin.

LE FIGARO. - La grève dure depuis 13 jours sur le RER A. Croyez-vous à une sortie prochaine du conflit ?

Pierre MONGIN. - Oui. Nous sommes actuellement en phase d'appel à la reprise du travail. Le trafic a démarré lundi matin à 6 heures et non à 7 h 30 grâce au retour des premiers grévistes. La grève est toujours l'expression d'un rapport de force et cette fois-ci les salariés n'ont pas assez mesuré notre détermination. Je pense que le trafic va reprendre progressivement.

Vous n'irez pas donc pas au-delà des propositions que vous avez déjà faites aux grévistes...

Nous nous sommes engagés à une écoute renforcée de nos salariés. Nous allons mettre en place des tableaux de service qui intègrent les observations faites sur le terrain. Nous avons avancé à début 2010 les réunions de négociation sur le déroulement des carrières initialement prévues fin 2010. Et nous avons annoncé une prime supplémentaire de 80 euros par mois si les conducteurs atteignent les objectifs que nous fixe le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif). Nous ne pouvons aller plus loin car cela nous exposerait à un dérapage des salaires insoutenable en cette période de crise : cette année, notre résultat opérationnel devrait diminuer de moitié du fait de la baisse du trafic et de la baisse des ventes de pass Navigo. Une hausse de 80 euros de la prime est loin d'être négligeable. C'est aussi une manière d'associer les conducteurs aux résultats de la RATP. C'est un changement de culture qui me tient à cœur : nous nous orientons vers une prise en compte plus importante de nos résultats dans les salaires.

Ces propositions ont été faites il y a une semaine. Pourquoi le conflit s'est-il enlisé ?

Nous sommes dans une période préélectorale à la RATP puisque les représentants du personnel seront désignés fin 2010. Le nouveau seuil de 10% pour qu'un syndicat soit représentatif donne à ces élections un enjeu de survie pour certaines organisations. Du coup, notre dialogue a souffert de réticences des syndicats à expliquer ces avancées sur le terrain par peur d'être soupçonnés de faiblesse et d'en subir les conséquences électorales.

Pensez-vous qu'il s'agisse d'une grève de nantis ?

Non. Ce mouvement est avant tout l'expression des difficultés d'exploitation de cette ligne sur laquelle nous avons de plus en plus de journées à un million de voyageurs. Cette ligne qui était adaptée lors de sa création ne l'est plus. Pour y remédier, j'ai décidé l'an dernier d'augmenter de 10% le trafic sur le tronçon central pour mieux desservir la branche de Cergy-Pontoise. L'intervalle entre deux trains est de deux minutes aux heures de pointe et de trois minutes trente le reste de la journée. Nous n'avons plus «d'heures creuses» pour ajuster le trafic : le moindre grain de sable dans l'exploitation a des répercussions sur l'ensemble de la journée. Nous comprenons ce que ressentent nos conducteurs et nous les aidons. La ligne A du RER fait l'objet d'un plan sans précédent. Nous avons engagé 1 milliard d'euros de dépenses : 930 millions d'euros sont consacrés à l'achat de trains à deux étages qui arriveront en 2011 et le reste à des dépenses d'infrastructures. Cet effort est inédit, d'autant plus que le Stif n'y contribue qu'à hauteur de 30%, alors qu'il finance 50% des nouveaux Transiliens.

Cette grève illustre-t-elle les avancées de la loi sur le service garanti ?

Oui, c'est la première fois que nous assurons au RER notre objectif d'un train sur deux en heure de pointe inscrit au contrat Stif. Cela a été rendu possible grâce à l'implication de 80 salariés volontaires. Je conviens volontiers que le service a été insuffisant pour nos clients, mais le RER A ne s'est jamais arrêté et nous avons donné la priorité à la sauvegarde des déplacements professionnels en Île-de-France.

Allez-vous rembourser les usagers lésés ?

En ayant rempli notre obligation de service garanti, nous ne sommes pas tenus de le faire. Nous allons y réfléchir, mais le conflit nous a déjà coûté très cher. J'évalue à ce jour à 5 millions d'euros le coût de cette grève.

CE CONFLIT EST ABSOLUMENT IGNOBLE, LES EMPLOYÉS DE LA RATP SONT DES AGENTS DE L'ETAT, ILS BÉNÉFICIENT D'AVANTAGES EXTRAVAGANTS, IL NE FAUT RIEN LEUR CÉDER DE PLUS.

Pourquoi Copenhague ne vous passionne pas?

DEBAT - C'est la question qui se pose depuis douze jours qu'a commencé le sommet sur le climat...
Le sujet ne fait que peu d’adeptes sur les sites d’informations. Parmi les articles les plus lus de 20minutes.fr, nulle trace de Copenhague. Idem sur le nouvelobs.com, où le podium était occupé ce week-end par les perturbations engendrées par la neige, Susan Boyle et l’idée d’un député UMP de «nationaliser» l’Internet. Sur lemonde.fr, même tonalité. Aucun sujet sur Copenhague ne figurait ni dans les articles les plus commentés ni dans les articles plus envoyés. Pas non plus de présence du sommet parmi les articles les plus consultés du site du Parisien.

Pourquoi Copenhague ne vous a pas passionné? Vous êtes nombreux à nous l'avoir dit dans les commentaires. Dépité, Grib répond par exemple ceci: «Les français ne vivent que pour le foot et pour Johnny... voilà les vraies valeurs des Français, des drogués, des alcooliques, des tricheurs dont ils font leurs dieux... Les Français sont de petits égoïstes qui ne s'intéressent qu'aux sujets de bas étages... alors l'avenir de l'Homme (et donc de leurs enfants, ce qu'ils semblent oublier bien vite) en quoi ça les concerne?»

De son côté, Vie «trouve indécent de pleurer les ours polaires quand des mères africaines n'ont même pas de lait pour leur bébé. Je me suis intéressé au sommet de Rome mais les médias n'en ont pas parlé.»

«On ne s'intéresse pas à Copenhague parce que c'était évident que les intérêts à court terme allaient prendre le dessus sur les intérêts long terme de la planète», estime quant à lui Supergreen. Ne Confondons Pas ajoute: «Ce n'est pas le sommet de Copenhague ou l'écologie qui ne nous intéressent pas... Ce sont les hommes politiques et leurs mensonges qui nous saturent!»

Quelques événements du 21 DÉCEMBRE

21 décembre 1641
Mort de Sully. Maximilien de Béthune, baron de Rosny, duc de Sully, l'ami de Henri IV, le restaurateur des finances, était né au ch&acric;teau de Rosny, en 1560. Il signala d'abord sa valeur à la bataille de Coutras, à celle d'Arques, et surtout à celle d'Ivry, où il partagea les fatigues et la gloire de son maître. Aussi bon politique qu'excellent guerrier, il fut employé avec succès dans plusieurs ambassades, en Italie et en Angleterre. Devenu surintendant des finances en 1598, son administration tint en quelque sorte du miracle.
Avant lui on levait 150 millions sur le peuple, pour en faire entrer 30 dans le trésor royal. Sully mit un si bel ordre dans les affaires de son maître, qu'avec 35 millions de revenu, il acquitta 200 millions de dettes en dix ans, et mit en réserve 30 millions d'argent comptant dans les coffres du roi.
Les courtisans et les maîtresses de Henri IV, dont l'avidité s'irritait de son austère économie, avaient souvent travaillé à le desservir dans l'esprit de son maître, et y avaient quelquefois réussi ; mais un mot d'explication entre le roi et son ministre, avait toujours dissipé le nuage et resserré plus fortement les noeuds de leur intimité, à la grande confusion des courtisans. On se rappelle ce fameux éclaircissement terminé par ces belles paroles du monarque : « Relevez-vous, Sully, ils croiront que je vous pardonne. »
Ce ministre qui résistait si fortement à l'avidité des courtisans, ne ménageait pas davantage les passions de son maître. Henri IV ayant eu la faiblesse de faire une promesse de mariage à la marquise de Verneuil, Sully, à qui le prince la montra, eut le courage de la déchirer devant lui. « Ventre saint gris, dit le roi en colère, vous êtes donc fou ? », ce à quoi Sully répondit : « Oui, sire, et plût à Dieu que je fusse le seul en France ! »

21 décembre 1721
Mort du peintre français Antoine Watteau, né en 1684.

21 décembre 1782
Mort de l'abbé de Reyrac. La pureté de ses moeurs et la douce onction de ses paroles, faisaient aimer la religion qu'il annonçait. Sa ligure respirait la sérénité de la bonne conscience, et on ne pouvait l'approcher sans participer à ce calme heureux d'une âme juste dont il jouissait. « La vertu, disait-il, fait le plus doux charme du talent. Ce ne sont ni les livres, ni les succès qui rendent heureux les gens de lettres, mais bien la retraite, la modération de l'âme, la vie simple et l'amitié. » Il était cher à ses amis, par une aménité de caractère, une honnêteté et une politesse réunies en lui à la sensibilité du coeur. Son Hymne au soleil, poème charmant, écrit en prose poétique, avec une harmonie et une élégance qui approchent celles de Fénélon, est le principal fondement de sa réputation. Ses Poésies sacrées sont d'un style bien moins poétique, et, quoiqu'en vers, font bien moins de plaisir que sa prose.

21 décembre 1879
Naissance de Staline. Il s'appelait véritablement Iossif Djougachvili et vit le jour à Goti, en Géorgie, où son père gagnait maigrement sa vie en exerçant la profession de cordonnier et consacrait le plus gros de ses revenus à la consommation de la vodka. La mère de Iossif, qui l'aimait beaucoup et le surnommait tendrement « Sosso », le fit entrer au séminaire de Tiflis, espérant ardemment faire de son fils un pope. Mais ce dernier n'était point doué pour la théologie orthodoxe, et quitta le séminaire dès 1899, « emportant avec lui, nous dit l'un de ses contemporains, une hostilité rentrée, mais forcenée, contre l'école, contre la bourgeoisie, contre tout ce qui existait dans le pays et incarnait le tsarisme. Une haine contre toute autorité ».

«Arrêtez ce débat, Monsieur le Président !»

SOS racisme lance une pétition pour réclamer l'abandon du débat sur l'identité nationale lancé par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Eric Besson, et prévu pour courir jusqu'au 4 février. En voici le texte:

«Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au «mieux» stigmatisante, au pire raciste.

Malheureusement, ces prédictions apparaissent aujourd’hui se situer bien en-deçà d’une réalité inquiétante et nauséabonde. En effet, depuis plusieurs semaines, les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population.

Un nombre substantiel de réunions nous font honte tant les propos qui y sont tenus heurtent nos consciences de républicains et de démocrates, attachés aux valeurs du vivre ensemble. Propos violents envers les immigrés et leurs enfants, vision caricaturale des «jeunes de banlieue», obsession autour de la figure du musulman comme euphémisation d’un racisme anti-arabe qui n’ose plus s’exprimer en ces termes: voilà quelles semblent être les principales réflexions qui émergent des réunions tenues sur le territoire.

Pire, des responsables politiques de premier plan ont cédé au tropisme de la stigmatisation. Ainsi, il y a quelques jours, une Ministre de la République, Nadine Morano, livrait en creux sa vision du musulman, essentialisé dans la position de celui qui refuse de s’intégrer à la Nation, fût-il français.

La technique consistant, face aux tollés soulevés par de tels propos, à expliquer que ces derniers ont été mal compris ne doit pas faire illusion. La preuve n’est plus à faire que le débat sur l’identité nationale, bien loin de renforcer l’adhésion aux valeurs de la République, est un facteur de haine et de désunion, là où notre pays devrait s’atteler à cultiver le vivre ensemble. Un vivre ensemble trop fragile pour qu’il soit affaibli à travers un débat qui, posé en ces termes, ne pouvait finalement rien produire d’autre.

Face à cette réalité qu’il est inutile de vouloir camoufler, il est tout aussi inutile de sortir la carte du «peuple dont l’expression est légitime». Car, dans notre pays comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. À cet égard, les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans l’espace public.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à ces réunions, sans quoi la République française que vous représentez aura fait le choix de laisser se tenir en son sein et avec son assentiment un débat de nature à briser durablement les fondements de notre vivre ensemble.»

La pétition «arrêtez ce débat» est à signer en ligne ici.
Les premiers signataires:

Ameziane ABDAT, président de l'association Zy Va; Isabelle ADJANI, comédienne; Pierre AIDENBAUM, maire du 3ème arrondissement de Paris; Jean-François AMADIEU, professeur Université Paris 1; Pouria AMIRSHAHI, secrétaire national du PS chargé des droits de l’homme; Nathalie ANDRE, réalisatrice; Mouloud AOUNIT, co-président du MRAP; Pierre ARDITI, comédien; Gérard ASCHIERI, secrétaire général de la FSU; Eliane ASSASSI, sénatrice de Seine-Saint-Denis (PCF); David ASSOULINE, sénateur de Paris (PS); Yvan ATTAL, comédien; Martine AUBRY, première secrétaire du Parti Socialiste, maire de Lille; Clémentine AUTAIN, co-secrétaire de la fondation Copernic; Josiane BALASKO, cinéaste; Massira BARADJI porte parole de la FIDL; Claude BARTOLONE, président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis; Pierre-Louis BASSE journaliste - écrivain; Eric BASSET, producteur; Djamel BEN SALAH, cinéaste; BENABAR chanteur; Ghaleb BENCHEIKH, théologien; Jean BENGUIGUI, comédien; Yamina BENGUIGUI, réalisatrice - adjointe au Maire de Paris; Jean-Luc BENNAHMIAS, député européen, vice-président du Modem; Pierre BERGE, président de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent; Charles BERLING, comédien - réalisateur; Jean-Louis BIANCO, député et président du Conseil général des Alpes de Haute-Provence; Martine BILLARD, députée, porte parole du Parti de Gauche; Jane BIRKIN comédienne; Nicole BORVO COHEN-SEAT, sénatrice de Paris (PCF); Farid BOUDJELLAL, dessinateur; Ali BOUGHERABA, humoriste; Michel BOUJENAH, humoriste; Pascal BREITH président du Paris Foot Gay; Marie-George BUFFET, secrétaire national du Parti Communiste, députée, ancienne ministre; Dominique BURDOT, éditeur; CALI, chanteur; Gwénaële CALVES, Professeur Université de Cergy-Pontoise; Jean-Christophe CAMBADELIS, député de Paris (PS) ; CARTOUCHE, humoriste; Philippe CASTEL, porte-parole de l’Inter-LGBT; Christian CHARRIERE BOURNAZEL, bâtonnier de l'Ordre des avocats du barreau de Paris; Noëlle CHATELET, écrivain, universitaire; Pascal CHERKI, maire du 14e arrondissement de Paris; Daniel COHN-BENDIT, député européen; Eric COQUEREL, secrétaire national du PG; Geneviève DE FONTENAY, présidente du Comité Miss France; Jerôme DEGUEY, musicien- compositeur ; Magloire DELCROS-VARAUD, acteur; Karima DELLI, députée européen; Laurianne DENIAUD, présidente du MJS; Jean-François DEREC; Harlem DESIR député européen; Manu DI BANGO, chanteur; Marc DOLEZ Député du Nord (PG) Boris DOLIVET, cinéaste, co-scénariste des Lascars; Philippe DOUCET, maire d'Argenteuil Mohammed DRIDI Ancien Champion du Monde de Kickboxing; Jean-Pierre DUBOIS, président de la Ligue des droits de l'Homme; Cécile DUFLOT, secrétaire nationale des Verts, porte-parole d’Europe-Ecologie; Laurent FABIUS, ancien Premier Ministre, député; Eric FASSIN Sociologue - ENS Michel FEHER philosophe - Président de Cette France-là; Dan FRANCK, écrivain; Elodie FRENCK comédienne; Laurent GIOVANNONI Secrétaire général de la Cimade; Daniel GOLDBERGDéputé de Seine-Saint-Denis (PS), Romain GOUPIL, comédien; Raphael HADDAD, ancien Président de l’UEJF; Marek HALTER, écrivain; Clara HALTER, plasticienne; Pierre HENRI, président de France Terre d'Asile; Anne HIDALGO, première adjointe au maire de Paris; Catherine HIEGEL, sociétaire de la Comédie française; François HOLLANDE, député, président du Conseil général de Corrèze; Robert HUE, sénateur, président du MUP; Lionel JOSPIN, ancien Premier ministre; Esther KAMATARI, ancien mannequin; Tcheky KARYO, comédien; Taïg KHRIS, champion du monde de roller; Thomas KIRSZBAUM, sociologue - IEP- ENS Cachan; Jean-François KLEIN, historien INALCO; Nicolas KLOTZ, cinéaste; Patrick KLUGMAN, avocat au Barreau de Paris, conseiller de Paris; Richard KOLINKA, musicien; LAAM, chanteuse; Valérie LANG, comédienne; Jack LANG, député du Pas-de-Calais (PS), ancien ministre; Jacques LE GOFF, historien; LE KAFEAR, La Brigade- artiste; Alain LE VERN, président du conseil régional de Haute-Normandie, Corinne LEPAGE, députée européen; Serge LE PERON, cinéaste; Nolwenn LEROY, chanteuse, Claude LEROY, entraîneur; Nikita LESPINAS, comédienne; Bernard-Henri LEVY, Ecrivain; Vincent LINDON, comédien; Philippe LIORET, cinéaste; Patrick LOZES, président du CRAN; Benoit MAGIMEL comédien; Jacky MAMOU, président du Collectif Urgence Darfour; Stéphane MAUGENDRE, président du GISTI; Pierre MAUROY, ancien Premier ministre; Sandrine MAZETIER, députée; Jean-Luc MELENCHON, député européen, président du Parti de Gauche; André MIQUEL, historien; Jean-Pierre MOCKY, cinéaste; Marie-José MONDZAIN philosophe; Mathilde MONNIER, chorégraphe; Alain MONOD, avocat au conseil; Bernard MONTIEL, animateur - comédien; Laurent MULLER, éditeur; Vincent PEILLON député européen; Patrick PELLOUX, président de l'Amuf; Elisabeth PERCEVAL, cinéaste; Sébastien PIETRASANTA, maire d'Asnières; Denis PODALYDES, cinéaste; Jean-Baptiste PREVOST, président de l’UNEF; Franck PUPUNAT, secrétaire national du PG et fondateur d'Utopia; Firmine RICHARD, comédienne; Pierre ROSANVALLON historien; Elisabeth ROUDINESCO, psychanalyste; Daniel SABBAGH universitaire; Richard SANCHEZ, membre du CN du PCF, président de Fier-e-s Révolutionnaires; marjane SATRAPI, Dessinatrice; Arielle SCHWAB, présidente de l’UEJF; Mohamed SIFAOUI, journaliste; Yves SIMON, écrivain et compositeur; Danielle SIMONNET, secrétaire nationale du PG; SMAïN, humoriste; Dominique SOPO, président de SOS Racisme; Benjamin STORA, historien; Fodé SYLLA, membre du Conseil Economique et Social; Benoit THIEULIN, La Netsquad; Samuel THOMAS, président de la Fédération des maisons des potes, Stéphane TROUSSEL, vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis; Manuel VALLS, député- Maire d'Evry; Dominique VOYNET, Sénatrice - Maire de Montreuil; Lambert WILSON, comédien; Medhi YAZI-ROMAN, conseiller municipal à Pantin; Baki YOUSSOUFOU, président de la Confédération Etudiante, Malik ZIDI, comédien.

JE SUIS POUR CE DÉBAT.

Malgré l'échec de Copenhague, M. Sarkozy continue d'investir le terrain de l'écologie

On continue comme avant. En dépit de l'échec de Copenhague, Nicolas Sarkozy veut continuer d'occuper le terrain de l'écologie en France. "Le président ne cédera pas d'un pouce sur les engagements qu'il a pris", explique Franck Louvrier, conseiller en communication de l'Elysée.
Le chef de l'Etat recevra en début de semaine les associations environnementales et compte, selon M. Louvrier, prendre des "initiatives fortes", alors que de nouveaux rendez-vous sont attendus au printemps 2010 à Bonn, en Allemagne, et à la fin de l'année à Mexico. Il n'empêche, la France est menacée d'un "Copenhague-blues".

"Il va y avoir un questionnement sur les politiques française et européenne qui avaient vocation à s'inscrire dans un espace mondial", analyse la spécialiste de l'environnement, la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet. "Ces politiques ne perdent pas forcément de leur pertinence, mais doivent être réinterprétées. Soit l'on tombe dans les désillusions : le monde va dans le mur, allons-y gaiement sous la pression des industriels qui demanderont la levée des contraintes. Soit l'on persévère. Mais cela implique de poser la question de la compensation carbone aux frontières de l'Europe ou d'un espace plus vaste de pays décidés à lutter contre le réchauffement", précise-t-elle.

Toutefois, la taxe aux frontières proposée par M. Sarkozy ne fait pas l'unanimité en Europe. Mme Kosciusko-Morizet déplore que l'Union européenne impose essentiellement des normes. Elle propose la création d'une politique de l'environnement intégrée, par exemple en matière de recherche.

"PERSÉVÉRANCE"

A l'approche des élections régionales de mars 2010, la droite veut capitaliser sur l'engagement écologique du chef de l'Etat. L'UMP oppose son "écologie populaire" qui lie environnement et croissance, à l'"écologie politique" des Verts, qui aurait reçu un camouflet. "On l'a bien vu à Copenhague, l'argument de la décroissance ne fonctionne dans aucun pays du monde", estime M. Louvrier, qui conseille aux Verts de "faire un séminaire pour repenser leurs thèses".

L'idée est de se différencier du parti écologiste après le coup de semonce reçu en septembre à Rambouillet, où les Verts ont failli gagner une législative dans une circonscription ancrée à droite. "Nous devons tenir notre discours sur la croissance verte créatrice d'emplois", renchérit Mme Kosciusko-Morizet.

Il convient aussi de convaincre les Français qu'ils ne sont pas dispensés d'efforts. "L'Europe fait partie des grands pollueurs", rappelle Brice Hortefeux, le ministre de l'intérieur. Le gouvernement ne remettra pas en cause l'introduction au 1er janvier de la taxe carbone, qui renchérira le prix de l'essence. "Les Français toucheront leur chèque Vert en février", affirme M. Louvrier.

Pour Hervé Mariton, "Copenhague est une invitation à la persévérance". Le député de la Drôme, proche de Dominique de Villepin, estime que la politique de l'environnement doit s'expliquer dans la durée. "On n'a pas suffisamment inscrit la taxe carbone dans le cadre d'une fiscalité écologique. Qu'adviendra-t-il d'elle après 2010 ? Normalement, il devrait y avoir une aggravation de cette taxe."

Enfin, M. Sarkozy conteste l'organisation de la négociation internationale et plaide pour un fonctionnement sur le modèle du G20, que la France présidera en 2011. "La négociation est devenue opérationnelle à Copenhague lorsqu'on s'est retrouvés à 28. C'était un G20 élargi", explique M. Louvrier, alors que le chef de l'Etat a dénoncé un système des Nations unies "à bout de souffle".
Arnaud Leparmentier

La Serbie déposera mardi sa candidature pour entrer dans l'Union européenne

Boris Tadic se rendra mardi 22 décembre à Stockholm pour déposer la candidature de son pays à l'Union européenne, a confirmé lundi 21 décembre la présidence serbe. Cette décision, qui intervient après plusieurs semaines de rapprochement entre Belgrade et l'UE, a été saluée par le premier ministre suédois qui s'est félicité que la Serbie "ait franchi une étape historique en décidant de présenter sa candidature".
Au début du mois de décembre, les Vingt-Sept Etats membres de l'UE ont donné leur accord à la mise en œuvre, longtemps bloquée, d'un accord de libre-échange entre l'UE et Belgrade. Les ressortissants serbes sont également autorisés depuis samedi, lorsqu'ils sont détenteurs d'un passeport biométrique, à se rendre dans l'espace Schengen de libre circulation des personnes, qui regroupe la majorité des pays de l'Union.

Un dépôt de candidature auprès de la présidence de l'UE est la toute première étape pour un pays aspirant à l'Union. La Serbie est le dernier pays en date, issu de l'ex-Yougoslavie, à présenter sa candidature à l'UE. La Slovénie fait partie de l'Union depuis 2004, la Croatie est bien engagée dans les négociations d'adhésion et espère la rejoindre en 2011, la Macédoine est candidate depuis décembre 2005 mais piétine pour ouvrir les négociations d'adhésion, le Monténégro a déposé sa candidature en décembre 2008.

La Bosnie, empêtrée dans une impasse institutionnelle, est à la traîne, tout comme le Kosovo, dont la Serbie conteste la proclamation d'indépendance devant la Cour internationale de justice (CIJ). La proclamation d'indépendance par les autorités de Pristina a été reconnue à ce jour par 64 pays dans le monde, dont 22 des 27 Etats de l'UE. L'Albanie a déposé sa candidature à l'UE en avril dernier.

Un Français sur deux insatisfait du débat sur l'identité nationale

Contesté chez les politiques, il mécontente aussi la moitié des Français. Selon un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, 29 % veulent un arrêt du débat et 21 % sa suspension.
Une majorité de Français (50%) affirme ne pas être satisfaite de la manière dont se déroule le débat sur l'identité nationale, voulu par le gouvernement mais qui suscite la controverse, selon un sondage CSA paru dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de lundi.

Selon cette enquête d'opinion, 25% des personnes interrogées se disent au contraire satisfaites du déroulement du débat, 25% ne se prononçant pas.

Les sondés sont partagés sur le devenir de ce débat lancé début novembre: 34% estiment qu'il faut le poursuivre, 29% souhaitent son arrêt et 21% juste sa suspension. 16% ne se prononcent pas.

Invité à commenter ces résultats, le ministre de l'Immigration Eric Besson répond qu'"il faut bien évidemment poursuivre ce débat, qui continue de passionner nos concitoyens". Le ministre précise qu'il "s'étalera jusqu'à fin 2010, bien au-delà des élections régionales".

Au contraire, la première secrétaire du PS, Martine Aubry déclare que "devant les nombreux dérapages, nous demandons à nouveau d'en finir avec ce débat, comme d'ailleurs de supprimer le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, dont l'existence même fait honte à notre pays".

Sondage réalisé par téléphone les 16 et 17 décembre auprès d'un échantillon représentatif de 1 005 personnes majeures (méthode des quotas).

UN FRANÇAIS SUR DEUX EST DONC SATISFAIT DU DÉBAT SUR L'IDENTITÉ NATIONALE.

dimanche 20 décembre 2009

L'Egypte veut le buste de Néfertiti

L'Egypte va demander officiellement le retour du buste de Néfertiti, chef d'oeuvre de l'art pharaonique actuellement exposé dans un musée allemand, a annoncé au Caire le chef du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass. M. Hawass va "convoquer une réunion extraordinaire pour étudier les formalités afin de demander officiellement le retour de la statue", selon un communiqué publié après des entretiens avec Friederike Seyfried, la directrice du Musée égyptien et de la Collection de papyrus au sein du Neues Museum de Berlin.

Le buste, vieux de quelque 3.400 ans, a été découvert en 1912 dans le sud de l'Egypte par l'archéologue allemand Ludwig Borchardt. L'Egypte réclame sa restitution depuis les années 1930, sans succès.

M. Hawass affirme qu'après sa découverte, la statue a été recouverte de glaise pour passer inaperçue et envoyée en Allemagne par bateau.
LE CAIRE — L'Egypte va demander officiellement le retour du buste de Néfertiti, chef d'oeuvre de l'art pharaonique actuellement exposé dans un musée allemand, a annoncé dimanche au Caire le chef du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass.

M. Hawass va "convoquer une réunion extraordinaire pour étudier les formalités afin de demander officiellement le retour de la statue", selon un communiqué publié après des entretiens avec Friederike Seyfried, la directrice du Musée égyptien et de la Collection de papyrus au sein du Neues Museum de Berlin.

Le buste, vieux de quelque 3.400 ans, a été découvert en 1912 dans le sud de l'Egypte par l'archéologue allemand Ludwig Borchardt. L'Egypte réclame sa restitution depuis les années 1930, sans succès.

M. Hawass affirme qu'après sa découverte, la statue a été recouverte de glaise pour passer inaperçue et envoyée en Allemagne par bateau.

Selon lui, Ludwig Borchardt a délibérément écrit que le buste était en plâtre et celui d'une princesse royale "tout en sachant que c'était une statue en calcaire de la reine Néfertiti."

Ceci "prouve que Borchardt a fait cette description de manière à ce que l'Allemagne puisse conserver la statue", a indiqué M. Hawass.

"Cela confirme nos informations selon lesquelles la statue a quitté l'Egypte de manière non éthique et qu'il y a eu une fraude et une tromperie de la part de l'Allemagne à cette période", a-t-il ajouté. Le fait que M. Borchardt ait caché la statue pendant dix ans avant de la rendre publique est une autre preuve de sa sortie illégale d'Egypte, a assuré le chef des antiquités égyptiennes.

Berlin soutient au contraire que l'acquisition s'est faite de manière légale en 1913, et insiste sur le danger de tout déplacement imposé à une sculpture "fragile".

Mme Seyfried a notamment présenté le document prouvant selon les autorités allemandes la sortie légale de la statue.

Le buste est exposé depuis le 17 octobre au Neues Museum de Berlin, dans la célèbre "Ile aux musées" de la capitale allemande, où il était apparu pour la première fois au grand public en 1924, avant d'être transféré au Musée égyptien à Berlin-Ouest.

Outre Néfertiti, l'Egypte exige la restitution d'oeuvres comme la célèbre pierre de Rosette, qui permit de percer le mystère des hiéroglyphes, exposée au British Museum de Londres depuis plus de 200 ans.

En octobre, l'Egypte avait obtenu du Louvre la restitution de cinq fragments de peintures murales vieux de plus de 3.000 ans, après avoir annoncé la suspension de sa coopération avec le musée français tant que ces pièces ne seraient pas rendues.

Handball. Les Françaises battues par les Russes en finale du Mondial

Les handballeuses françaises ont été battues en finale du Championnat du monde par les Russes (25-22). Les Tricolores n'ont pas réussi à rééditer leur exploit de la semaine dernière contre les mêmes adversaires lors d'un match de poule décisif dans leur marche vers le podium.

Les Bleues n'ont mené que pendant les douze premières minutes, après quoi les Russes ont imposé leur physique, particulièrement efficace en attaque placée.

Dans la première partie du match, les Françaises sont parvenues à voler plusieurs ballons pour marquer sur contre-attaque. Mais les Russes, échaudées par leur précédente mésaventure, avaient décidé elles aussi de défendre très fort. A la mi-temps, elles comptaient trois buts d'avance (14-11).

Même menées, les Françaises ne se sont pas découragées et sont même revenues à un but (15-16, 37e) grâce à une série d'arrêts de Cléopâtre Darleux, entrée à la pause, et à l'efficacité de Mariama Signaté, la meilleure au tir de loin (8 buts) et d'Allison Pineau (6 buts).

Mais, incapables de stopper l'ailière Elena Dmitrieva (8 buts), elles n'ont pas pu refaire le coup de Yangzhou, où elles avaient remonté un retard de cinq buts dans les vingt dernières minutes. Les Russes ont géré assez tranquillement la fin de match.

La Russie remporte son troisième titre mondial d'affilée après 2005 et 2007, le septième au total si l'on compte la période soviétique.

De son côté, la France décroche pour la troisième fois une médaille au Championnat du monde après l'argent de 1999 et l'or de 2003. Il s'agit d'un superbe résultat pour une équipe jeune, qui personne n'attendait à ce niveau-là, surtout pas après les deux premiers matches perdus contre la Suède et le Danemark.

RUSSIE - FRANCE : 25-22 (14-11)
Spectateurs: 13 000
Arbitres: MM. Gjeding et Hansen (DEN)
ET LÀ FAUT VIRER DOMENECH AUSSI ? L'ARBITRE ? LES RUSSES ? MAIS FAUT TROUVER QUELQU'UN À VIRER !! LES FRANÇAIS SONT LES MEILLEURS DU MONDE !!!!!

Coup de froid sur le globe



Quelques événements du 20 DÉCEMBRE

20 décembre 69
Fin tragique de Vitellius. Aulus Vitellius avait été proclamé empereur le 2 janvier précédent, à Cologne, par l'armée de la Basse-Germanie, dont Galba lui avait donné le gouvernement. A peine fut-il assis sur le trône, qu'il donna une libre carrière à sa cruauté. Une infinité de têtes précieuses, parmi lesquelle on compta sa mère, en furent les victimes. A ce vice, il joignit, comme les bêtes féroces, une insatiable gourmandise. Il donna des repas où l'on servit deux mille plats de poissons exquis, et sept mille de volaille ou d'oiseaux rares. Il vivait dans la sécurité au milieu de l'opprobe et de la haine publique, tandis que l'Orient lui donnait un concurrent, dans la personne de Vespasien. Le général du nouvel empereur entra dans Rome, presque sans obstacle ; il se livra au dedans et au dehors des murs plusieurs combats, dans lesquels périrent plus de 50 000 hommes. Le peuple romain, spectateur de ces combats, applaudissait à son tour, comme dans le cirque, au parti le plus fort. Vitellius, sur le point d'être forcé dans le palais, alla se cacher chez le portier, dans la loge aux chiens ; il en fut tiré et mis en pièces par le peuple ; son cadavre fut traîné, avec un croc, dans le Tibre, et sa tête promenée dans toute la ville, au bout d'une lance. Il reçut cependant les honneurs de la sépulture, par les soins de Galeria, sa vertueuse veuve. Cette femme, digne d'un autre mari, ne s'était jamais laissée éblouir par les fausses grandeurs de sa maison ; et lorsque Vitellius osa donner le nom de Germanicus à son fils, « laissez là, lui dit galeria, laissez là tous ces grands noms ; je sais bien que je n'ai mis au monde qu'un Vitellius ».

20 décembre 1192
Richard Coeur-de-Lion, revenant de la Palestine, fait naufrage sur les côtes de Venise ; ensuite il traverse, déguisé, la moitié de l'Allemagne, et est arrêté par Léopold, duc d'Autriche.

20 décembre 1664
Jugement de Fouquet. On avait fait croire à Louis XIV que Fouquet faisait de grandes fortifications à Belle-Isle, et qu'il avait des liaisons dangereuses au dedans et au dehors du royaume. Il parut bien, quand il fut arrêté et conduit à la Bastille et à Vincennes, que son parti n'était composé que de quelques courtisans, qui recevaient de lui des pensions, et qui l'oublièrent dès qu'il ne fut plus en état d'en donner. Il lui resta d'autres amis, et cela prouve qu'il en méritait. L'illustre madame de Sévigné, Pelisson, Gourville, mademoiselle Scudéri, plusieurs gens de lettres se déclarèrent hautement pour lui, et le servirent avec tant de chaleur, qu'ils lui sauvèrent la vie.
Faire le procès du surintendant, c'était accuser la mémoire du cardinal Mazarin. Les plus grandes déprédations dans les finances étaient son ouvrage. Il s'était approprié, en souverain, plusieurs branches des revenus de l'Etat. Il avait traité en son nom et à son profit, des fournitures des armées. « Il imposait, dit Fouquet dans ses défenses, par lettres de cachet, des sommes extraordinaires sur les généralités, ce qui ne s'était jamais fait que par lui et pour lui, et ce qui est punissable de mort par les ordonnances. »
L'abus que le cardinal Mazarin avait fait de sa puissance despotique, ne justifiait pas le surintendant ; mais l'irrégularité des procédures faites contre lui, la longueur de son procès, l'acharnement du chancelier Séguier contre lui ; le temps qui éteint l'envie publique et qui inspire la compassion pour les malheureux ; enfin, les sollicitations, toujours plus vives en faveur d'un infortuné, que les manoeuvres pour le perdre ne sont pressantes, tout cela lui sauva la vie. Le procès ne fut jugé qu'au bout de trois ans, en 1664. De vingt-deux juges qui opinèrent, il y en eut neuf qui conclurent à la mort, et les treize autres, parmi lesquels il y en avait à qui Gourville avait fait accepter des présents, opinèrent à un bannissement perpétuel. Le roi commua la peine en une plus dure. Cette sévérité n'était conforme ni aux anciennes lois du royaume, ni à celles de l'humanité.
Fouquet fut enfermé au château de Pignerol. Il mourra en 1680.

20 décembre 1741
Mort de Montfaucon, l'un des plus savants antiquaires de France, membre de l'académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Jamais savant n'a été plus laborieux ni plus fécond. Ses ouvrages les plus connus sont : l'Antiquité dévoilée et les monuments de la monarchie française.

20 décembre 1786
Mort de l'abbé Boismont, membre de l'académie Française. Ses talents pour l'éloquence de la chaire, sont connus du public par l'impression d'un panégyrique de saint Louis, et de trois oraisons funèbres, l'une du grand dauphin, l'autre de la reine, femme de Louis XV, et la troisième de ce dernier prince. La fécondité des idées, les mouvements et la rapidité du style, la noblesse et la vivacité des images, la philosophie et le sentiment, distinguent ces quatre discours. Dans ceux dont le sujet lui fournit peu, l'orateur supplée à cette stérilitéà force d'art et d'esprit ; mais ses efforts se font un peu trop sentir, et les gens de goût lui ont reproché trop d'apprêt, trop de bel esprit. Ce défaut donne à différents morceaux de ses oraisons funèbres, un air maniéré et monotone, qui en dépare quelquefois les beautés.

Le Grand soir du climat attendra Mexico

Jamais rendez-vous n'avait suscité autant de passion et d'enthousiasme. Copenhague cristallisait tous les espoirs, la déception est immense: le Grand soir du climat attendra fin 2010 et la prochaine conférence de Mexico.

Scène de théâtre pour les ONG, défilé de "people" verts, d'Al Gore à Wangari Maathai, rendez-vous altermondialiste: pendant deux semaines, du 7 au 18 décembre, Copenhague était "the place to be", rehaussée en clôture par le sommet de plus de 120 chefs d'Etat et de gouvernement portant la lourde responsabilité de sceller un accord déterminant pour l'avenir de l'humanité.

"J'espère que cela va donner quelque chose, parce que si cela ne donne rien du tout, moi, je sais qui sont les gens au pouvoir en ce moment, je ne risque pas d'oublier leurs têtes", lançait à mi-parcours la chanteuse béninoise Angélique Kidjo. Au final, après deux semaines de négociations chaotiques mais un extraordinaire foisonnement, avec des délégations venues de 193 pays, l'amertume domine.

Pour John Hay, du secrétariat général de la Convention climat de l'ONU (CNUCC), le rendez-vous danois restera comme "le plus grand sommet de chefs d'Etat et de gouvernement dans l'histoire des Nations unies et probablement dans l'histoire tout court". Mais c'est un aussi désenchantement, tant le résultat est loin des critères de réussite que les responsables de la Convention eux-mêmes avaient arrêté depuis de longs mois.

L'accord de Copenhague ne répond ni aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés recommandés par la science (de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990), ni aux objectifs de long terme pour l'ensemble de la planète (- 50% en 2050). Et surtout, il omet de fixer un calendrier jusqu'à la conclusion d'un traité contraignant, espéré courant ou fin 2010 dès lors qu'il était évident qu'un "Protocole de Copenhague" n'était plus à portée. Sa vertu tient essentiellement à son existence, à l'issue d'un processus de négociation mené à la cravache par une présidence danoise déterminée à aboutir, au risque d'afficher des positions très pro-américaines - pour s'assurer du retour des Etats-Unis dans le jeu climatique - et de violenter parfois les règles du multilatéralisme.

Ejectée en fin de parcours par son Premier ministre, Connie Hedegaard, qui reconnaissait samedi sa déception, s'est attirée les foudres et même la hargne des pays en développement. Débordée par son succès, la petite capitale danoise, sur les dents à l'approche et pendant l'événement, a été contrainte d'envoyer certains de ses visiteurs à plus de 100 km, tandis que le Bella Center, site de la conférence des Nations unies sur le changement climatique, devenait l'épicentre du monde. La police danoise, qui avait affiché sa volonté de fermeté, a fait preuve d'un zèle peu commun, procédant à plusieurs centaines d'interpellations préventives lors des manifestations.

Les militants de Climate Justice Action (CJA), qui fustigent une "diplomatie climat" inefficace, ont dénoncé une réaction policière "disproportionnée et arbitraire". "C'est comme un match de football, nous écartons les hooligans pour ne pas troubler la fête", ont répondu les forces de l'ordre. Et la diplomatie climat continue.

Chacun a déjà les yeux rivés sur la prochaine grande conférence, à Mexico, fin novembre. Samedi soir, dans le Bella Center déserté, la crainte des derniers délégués présents, à l'image de la rayonnante Dessima Williams, représentante de Grenade et des petits îles menacées par la montée des océans, était palpable. Tous espèrent un sursaut salutaire l'an prochain. En sachant déjà que la prochaine grand-messe du climat ne suscitera plus la même mobilisation à travers le monde, des citoyens aux chefs d'Etat. (afp)

Le pourquoi d'un échec au sommet

1. Que vaut le texte adopté samedi matin à Copenhague?
Ce n’est pas un traité, ni même un accord contraignant. S’il acte l’objectif réclamé par les scientifiques de contenir le réchauffement de la planète en deçà de + 2 °C par rapport au niveaux préindustriels, cette disposition n’est assortie d’aucune garantie. L’ambition de 50% de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2050 n’y est pas mentionnée. D’ici au 31 janvier, les pays industrialisés devront simplement communiquer leurs objectifs de réduction d’émissions à l’horizon 2020 et les pays en développement devront annoncer les actions qu’ils comptent mettre en œuvre pour atténuer les leurs.

Quant au paragraphe stipulant la nécessité d’aboutir à un traité "légalement contraignant" d’ici à la conférence de Mexico fin 2010, un temps envisagé, il a été retiré. L’échec est donc patent au regard des espoirs portés notamment par les ONG à Copenhague. D’un autre côté, la Chine et les Etats-Unis, absents du protocole de Kyoto, y sont inclus et rejoignent donc officiellement le camp de ceux qui luttent contre le réchauffement. L’accord prévoit également 30 milliards de dollars à court terme, puis jusqu’à 100 milliards d’ici à 2020, destinés en priorité aux pays les plus vulnérables.

2. Qui est responsable des blocages?
En premier lieu les deux principaux pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine, arc-boutés sur leurs intérêts nationaux, et dans une moindre mesure l’Inde. Les pays pétroliers ont également cherché à bloquer tout accord. Ils ont été à la manoeuvre jusqu’à la dernière minute de l’assemblée plénière, samedi. Les insuffisances de la présidence danoise n’ont rien arrangé. En faisant circuler entre pays riches un texte provisoire rédigé en catimini dès le début de la négociation, le pays hôte a alimenté le soupçon d’être à la solde de Washington.

3. Quelle était la marge de manœuvre d’Obama?
Le président américain avait deux impératifs: ménager une opinion publique pour laquelle la lutte contre le réchauffement est loin d’être une priorité et éviter de braquer un Sénat qui n’a toujours pas adopté sa loi sur la santé. A moins de dix mois des élections de mi-mandat, Obama ne peut tenter de rattraper qu’à tout petits pas le retard pris aux Etats-Unis sous l’ère Bush dans la prise en compte de l’urgence climatique. Il s’est donc rendu à Copenhague les mains presque vides. Samedi matin, les journaux américains saluaient l’issue du sommet: l’essentiel était sauf, leur président n’avait pas fait de concessions inconsidérées.

4. Quel a été le jeu de la Chine?
Les Chinois ont bien accepté d’infléchir la courbe de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur PIB; mais ils restent rétifs à toute surveillance internationale et n’entendent pas sacrifier leur développement économique sur l’autel du climat. Le sommet a surtout montré combien leur position était "indexée" sur celle des Américains, auxquels ils ne veulent rien céder.

5. La France a-t-elle joué le rôle moteur auquel elle prétendait?
Nicolas Sarkozy avait espéré infléchir le cours des choses par sa déclaration tonitruante à la tribune jeudi après-midi. Ce coup de poker a eu au moins le mérite de déclencher une rencontre entre chefs d’Etat, le soir même, après le dîner offert par la reine du Danemark. Si la France n’a pas obtenu ce qu’elle souhaitait, notamment une organisation mondiale de l’environnement (seul un organisme européen sera créé), son engagement ne s’est pas démenti au long du sommet. Dans la nuit de jeudi, sur les trente négociateurs encore présents à 6 heures du matin, il y avait seize Français. Et l’accord signé samedi est largement inspiré, même s’il est beaucoup plus timoré, du plan justice-climat porté par Jean- Louis Borloo. L’alliance climatique avec l’Afrique théorisée par Nicolas Sarkozy, elle, demande encore à être consolidée.

6. Un sommet de ce type est-il viabledans le cadre de l’ONU?
C’est peut-être le seul sujet de consensus: ce type de négociations onusiennes est totalement inefficace, par sa lourdeur, quand il faut répondre à l’enjeu climatique. Samedi, alors qu’il s’apprêtait à reprendre l’avion après une ultime nuit blanche de négociations, Jean-Louis Borloo racontait: "Vendredi, nous avons passé huit heures avec Nicolas Sarkozy, Barack Obama et les principaux chefs d’Etat européens à noussubstituer, Bic à la main, à un système défaillant…" La règle de l’unanimité n’était pas adaptée aux enjeux de Copenhague.

7. Peut-on encore sauver les meubles?
Un premier signal sera donné dès le début de l’année, quand les pays qui ont signé l’accord coucheront sur papier leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Certains, comme la Russie, pourraient pour l’occasion revoir leurs annonces à la hausse, assure-t-on dans le camp français. Une session de rattrapage pourrait alors se dessiner à Bonn, dans six mois, pour le sommet intermédiaire avant la conférence de Mexico, prévue fin 2010.

La gauche peut-elle retrouver les prolos ?

En raison d'évolutions de long terme, et aussi sous l'effet de la crise, les différences de sensibilité politique et culturelle n'ont jamais été aussi faibles entre les classes populaires et les classes moyennes. Le temps est sans doute venu pour les partis de gauche de se défaire d'une vision dégradante des prolos, et de reconstruire une vraie majorité populaire.

Les ouvriers sont-ils de retour ? Une note récente de la Fondation Jean Jaurès intitulée « Les ouvriers français, valeurs, opinions et attentes » laisse entrevoir une réhabilitation de la classe ouvrière dans les discours politiques et, plus largement, un retour en force des thématiques des classes populaires. Ce n’est pas aussi flamboyant qu’un « Lip dub » mais, pour les socialistes et la gauche, c’est peut-être l’ébauche d’un nouveau rapport avec les classes populaires.

La gauche s’était progressivement mais sûrement éloignée de son électorat populaire après 1983. L’offensive du FN sur l’électorat populaire de droite à partir de 1983 puis de gauche au cours des années 1990 avait contribué à couper peu à peu la gauche des ouvriers et des employés. Rappelons les faits : en 2002, 1% des ouvriers ont voté pour le PCF, 11% ont voté pour le PS ! Et si Ségolène Royal a redressé la situation en 2007, il ne faut pas mésestimer le retard pris par la gauche dans l’électorat ouvrier et en particulier chez… les ouvrières ! Ces dernières, plus fragiles socialement que les ouvriers, ont massivement soutenu Nicolas Sarkozy au premier tour.

L’analyse de Jérôme Fourquet démontre que les ouvriers ne sont ni plus racistes ni plus homophobes que la moyenne des Français. C’est peut-être la fin d’un mythe, celle d’un peuple réduit à la figure de «Dupont-Lajoie ». Cela ferait le plus grand bien à la gauche de sortir enfin d’un certain racisme social et de la figure du « beauf » véhiculée par Charlie Hebdo, organe officiel de la prolophobie. Jérôme Fourquet décrit une France ouvrière manifestement beaucoup moins rétive au « libéralisme culturel » et sociétal qu’il n’y paraissait si l’on se référait aux discours élitaires. Il semble ainsi que 72% des ouvriers français acceptent l’homosexualité comme « une façon acceptable de vivre sa sexualité » contre 77% pour l’ensemble des Français. Ainsi également, sur la question de l’immigration ou des sans-papiers, il semble bien que les ouvriers, du moins les plus jeunes, n’en fassent pas une priorité puisqu’ils parlent moins des sujets qui lui sont reliés que la moyenne des Français.

Cette mise au point qui règle son compte à nombre d’idées reçues révèle ainsi la fin de la priorité donnée au sociétal sur le social. Les ouvriers sont, depuis plus de deux décennies, les principales victimes de la profonde mutation sociale que connaît notre pays sous le choc de la globalisation. Ce dernier point est le plus problématique… Quand l’auteur pointe le fait que les séquestrations de patrons sont beaucoup plus acceptées par les ouvriers que par l’ensemble des Français, ne faut-il pas voir enfin que la « lutte des classes » est, comme le disait François Mitterrand, un « fait » qu’il s’agit simplement de constater. Il est donc logique qu’en conclusion, Jérôme Fourquet fasse l’hypothèse « que c’est d’abord sur l’équité fiscale et la juste répartition des richesses que devraient aujourd’hui se déterminer électoralement les catégories populaires. »

Cependant, il est une réalité que l’auteur n’aborde qu’à moitié : celle de la géographie sociale des classes populaires. Certes, il y a une France ouvrière du Nord-ouest plus ouverte sociétalement que la France ouvrière du Nord-est. Mais l’essentiel n’est pas là, il réside dans la fracture béante entre une France des centres-villes et une France périphérique (périurbaine et rurale), entre une France connectée à la mondialisation néolibérale et devenue partie intégrante du « village global » et une France qui paye au quotidien le prix de la globalisation financière. Son potentiel déflagrateur est-il analysé ? En faisant de la seule « banlieue », des « quartiers », l’incarnation exclusive de la France populaire, les dirigeants de gauche ont souvent oublié de parler à la France des dominés. En remplaçant le prolétariat par les exclus, ils ont aussi acquis un rôle : celui de confesseur du système néolibéral, lui donnant l’absolution pour peu qu’il pratique charité et compassion humanitaire.

Il importe donc, en l’absence de parti tribunicien, de définir un projet républicain qui rassemble les Français; pas un catalogue de « bonnes intentions » mais une vision de la France qui répondrait à cette grande passion française, celle de l’égalité, hélas mise à mal par le cyclone du déclassement qui frappe notre pays. Il y a en France environ 60% d’ouvriers et d’employés et la situation de ces derniers est loin de correspondre au mythe de la « classe moyenne » qu’on lui faisait miroiter voici trente ans. Les stratèges de Nicolas Sarkozy ont d’ailleurs raison sur un point essentiel : ce sont les classes populaires, les ouvriers et les employés, le salariat des zones périphériques qui feront l’élection de 2012. Il est peut-être enfin temps d’en prendre conscience et de bâtir la coalition sociale majoritaire qui peut permettre de gagner en 2012 et de gouverner dans la durée.

Gaël BRUSTIER et Jean-Philippe HUELIN sont les auteurs de « Recherche le peuple désespérément », Bourin Editeur, octobre 2009

Retrouvez ici l'étude de Jérome Fourquet sur les ouvriers