Pour le philosophe, ancien ministre de la Jeunesse, de l'Education nationale et de la Recherche, le lipdub conçu par les jeunes de l'UMP et mettant en scène plusieurs ministres du gouvernement est «consternant» et «horrible». «Ça me choque vraiment que le show biz le plus médiocre puisse s'inscrire dans la politique», a-t-il déclaré au Talk Orange-Le Figaro.
jeudi 10 décembre 2009
Le RER A paralysé en raison d'une grève illimitée
Le trafic est inexistant, jeudi 10 décembre au matin, au premier jour d'une grève illimitée sur la ligne du RER A avec un train sur deux prévus en moyenne, selon la SNCF. Six syndicats de la RATP qui revendiquent une prime d'au moins 120 euros ont appelé à cette grève illimitée sur la ligne de RER A. Le trafic sera très perturbé avec un train sur deux aux heures de pointe et quasiment aucun train aux heures creuses. Le RER A est la ligne la plus importante d'Ile-de-France avec un million de voyageurs chaque jour, desservant le quartier des affaires de la Défense. A l'occasion de cette grève, la RATP renforce d'ailleurs les lignes de métro 1, 2, 4, 6 et 14.
La RATP gère le tronçon de Saint-Germain-en-Laye et Nanterre vers Boissy-Saint-Léger et Marne-la-Vallée. La partie exploitée par la SNCF (de Poissy et Cergy-le-Haut vers Nanterre-Préfecture) n'est pas concernée par les préavis. Sur le tronçon SNCF, durant les heures de pointe jeudi, les trains en provenance de Poissy auront pour terminus la Défense, et les trains à destination de Poissy partiront de la Défense. Et tous les trains en provenance ou à destination de Cergy-le-Haut arriveront ou partiront de la Gare Saint-Lazare, afin d'assurer la liaison avec les métros. Pour vendredi, la RATP prévoit un trafic à la même hauteur que jeudi. Pour samedi, elle prévoit un trafic "très perturbé".
18 HEURES DE NÉGOCIATIONS DEPUIS NOVEMBRE
Le président du STIF, Jean-Paul Huchon (PS), a demandé un accord social rapide ou, à défaut, la nomination d'un médiateur, comme pour le conflit dans le transport routier. Le PS a jugé que "le gouvernement est responsable des perturbations" dans plusieurs secteurs des transports. Mais pour le Medef d'Ile-de-France, qui réclame un renforcement du service minimum avec des réquisitions, la grève n'est "pas acceptable pour l'économie". Le maire UMP de Saint-Germain-en-Laye, Emmanuel Lamy, a aussi dénoncé une "prise d'otages" des usagers. Depuis le 9 novembre, il y a eu dix-huit heures de négociations, fait valoir la RATP.
Les syndicats ont déjà mené une journée de grève le 9 novembre pour les mêmes motifs qu'aujourd'hui. Ils ont revu leurs prétentions à la baisse et demandent une prime de 120 euros (UNSA) à 150 euros dont 30 euros variables (CGT, FO, CFDT, SUD, indépendants). D'après eux, la direction a mis sur la table la création d'une prime d'efficacité et d'une prime fonction de la régularité de la ligne, soit environ 100 euros.
Les syndicats de la ligne A, qui réclament aussi des effectifs supplémentaires, estiment que leurs exigences sont "un dû" car depuis l'augmentation de l'offre de RER vers Cergy en février 2008, qui a induit une dégradation des conditions de travail selon eux, les 550 conducteurs n'ont pas été augmentés. De plus, ils ont dû s'adapter à de nouveaux matériels. "Leur professionnalisme n'a jamais été pris en défaut malgré la hausse du nombre de voyageurs et du trafic", selon Joël Joseph (CGT).
Informations sur le trafic : www.ratp.info/orienter/trafic.php?cat=2
La Serbie s'ouvre la voie d'une candidature d'adhésion à l'Union européenne
La Serbie et l'Union européenne (UE) ont relancé, lundi 7 décembre, leur processus de rapprochement. Réunis à Bruxelles, les ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept ont accepté d'appliquer un accord de libre-échange signé voici plus d'un an avec Belgrade, en récompense des efforts accomplis dans la traque des criminels de guerre. Cet accord dit "intérimaire" était bloqué depuis une année par les Pays-Bas, en raison d'une coopération jugée insuffisante de Belgrade avec le Tribunal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), à La Haye.
Lundi, les Néerlandais ont assoupli leur position après avoir pris note des progrès constatés par le procureur du TPIY, le Belge Serge Brammertz. D'après ce dernier, la coopération de Belgrade avec le tribunal continue "de se renforcer". "Il y a des chances réelles d'obtenir l'arrestation" des derniers fugitifs, a-t-il indiqué : "La balle est dans le camp des autorités serbes."
Le déblocage pourrait encourager les Serbes à déposer, d'ici au début de l'année prochaine, leur candidature en vue d'une adhésion à l'UE. En signe de bonne volonté, les Vingt-Sept lèveront l'obligation de visa, à compter du 19 décembre, pour les ressortissants serbes, macédoniens et monténégrins. "La possibilité pour la Serbie de déposer sa candidature à l'UE est ouverte maintenant", s'est réjoui, lundi, Boris Tadic, le président serbe. D'après lui, son pays procédera à une telle démarche quand il "sera sûr que la réaction sera la meilleure possible".
Candidature trop précipitée
Le dégel de l'accord commercial ne règle pas tout. Les Pays-Bas bloquent toujours l'accord de stabilisation et d'association (ASA) signé avec Belgrade en avril 2008, conjointement avec l'accord "intérimaire". L'ASA est considéré par les Vingt-Sept comme un préliminaire indispensable à toute candidature. Mais le gouvernement néerlandais n'entend pas lever son veto avant d'obtenir l'arrestation de Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, inculpé de génocide. Le fugitif est, entre autres, impliqué dans le massacre de 8 000 Musulmans à Srebrenica en 1995, sous les yeux des casques bleus néerlandais impuissants.
Les Vingt-Sept feront un nouveau point dans six mois au sujet du rapprochement. D'ores et déjà, plusieurs gouvernements, dont l'Allemagne et la Belgique, mettent en garde contre une candidature serbe trop précipitée. Pour eux, l'élargissement doit d'abord être finalisé avec la Croatie, voire l'Islande, d'ici à 2012, avant de concerner l'ensemble des pays des Balkans. Au-delà du cas serbe, les Vingt-Sept se divisent au sujet de la candidature de la Macédoine. La Commission préconise d'ouvrir les négociations d'adhésion à une date qui reste à préciser. Mais la Grèce refuse toute reconnaissance officielle de la Macédoine sous ce nom, et s'oppose, avec le soutien de la France, au lancement des pourparlers.
Philippe Ricard
Sarkozy privilégie l'île Seguin pour accueillir le Musée de l'histoire de France
Nicolas Sarkozy pourrait installer son Musée de l'histoire de France à Boulogne-Billancourt, sur l'île Seguin (Hauts-de-Seine). Le président de la République n'a pas encore fait ses arbitrages. Mais, selon des sources concordantes, c'est cette o
ption qu'il privilégie.
Le lieu, qui abritait jadis les usines Renault, est en panne de projet depuis que le milliardaire et ami de Jacques Chirac, François Pinault, a renoncé à y installer sa fondation, lui préférant la ville de Venise, en Italie.
"Ce n'est pas une mauvaise idée, mais il faut voir ce qu'il en est de l'île Seguin. Il y a eu beaucoup de projets avortés", déclare Franck Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, qui précise : "Ce n'est pas décidé."
Le chef de l'Etat a dévoilé en partie ses intentions lors de son discours sur l'identité nationale, prononcé le 12 novembre à La Chapelle-en-Vercors (Drôme) : "Je retiens la belle idée de créer un Musée de l'histoire de France que tous les enfants des écoles iront visiter, qui sera le musée le plus moderne qui soit, qui ne sera pas figé dans le passé mais qui sera vivant, qui apprendra l'histoire au nom de l'avenir. Ce musée, nous devons l'inventer ensemble."
M. Louvrier précise qu'on peut faire du moderne dans de l'ancien. Il n'empêche, les hauts lieux de l'histoire de France ne rallient pas pour l'instant l'unanimité des suffrages.
LEGS HISTORIQUE
A l'origine, Versailles avait été évoqué. Mais le château de Louis XIV contient déjà un Musée de l'histoire de France, fondé sous Louis-Philippe.
Il a été envisagé de s'installer à Fontainebleau, mais le château de François Ier est mal desservi. Il serait difficile de le faire visiter à tous les élèves de France.
Les Invalides sont marqués par Napoléon Ier. Reste le château de Vincennes : il se trouve à l'est de Paris, ce qui permettrait de rééquilibrer le développement de la capitale, et embrasse toute l'histoire de France, de Saint-Louis à Louis XIV sous la Fronde en passant par Napoléon. Mais il contient déjà un musée militaire, et son aménagement est jugé délicat par certains proches de M. Sarkozy.
Résultat, au lieu de chercher des lieux chargés d'histoire, pourquoi ne pas prendre un site complètement neuf qui permettrait de l'audace architecturale ? Il permettrait au chef de l'Etat, qui ne s'est pas lancé dans une politique de grands travaux, d'avoir un legs historique comparable à celui de Georges Pompidou avec Beaubourg.
Boulogne-Billancourt a aussi l'avantage d'être dans les Hauts-de Seine, fief historique de Nicolas Sarkozy, dans lequel son fils Jean a aussi choisi de s'implanter.
Toutefois, un musée entièrement neuf coûte cher. A l'Elysée, on reconnaît que le plan de financement n'a pas été monté.
"L'île Seguin est une piste sérieuse, mais ce n'est qu'une piste parmi d'autres", tempère Jean-François Hebert, le nouveau président de l'Etablissement public du château de Fontainebleau, chargé en septembre par Frédéric Mitterrand, le ministre de la culture, de mettre en œuvre le projet de Musée de l'histoire de France. "Et rien, de toute façon, ne sera annoncé avant les élections régionales" de mars 2010.
Arnaud Leparmentier et Thomas Wieder
mercredi 9 décembre 2009
Copenhague : la réponse des pays émergents au texte de la présidence danoise
Le Monde a réussi à se procurer le brouillon ("draft") de l'accord souhaité à Copenhague par les pays émergents et en développement. Un texte mis au point, en secret, par la Chine avec le Brésil, l'Inde, l'Afrique du sud, et le Soudan – en tant que président du G-77 qui regroupe les pays en développement. Ce document confidentiel est leur réponse au texte qu'avait discrètement fait circuler le Danemark, qui préside le Sommet sur le climat, comme l'avait révélé Le Monde, le 3 décembre.
Envoyé par fax le 30 novembre de Pékin, ce document est intitulé "Copenhagen accord (draft)". Il marque nettement les positions du G-77, mais ouvre la porte à des compromis. Insistant en préambule sur le maintien du Protocole de Kyoto, le document indique que la hausse de la température du globe "ne doit pas dépasser 2°C". Il promeut l'engagement des pays développés à réduire leurs émissions de façon contraignante, et inclut une formule visant au même objectif pour les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto.
Le texte mentionne aussi les actions qu'entreprendront les pays en développement, soulignant qu'elles ne seront pas contrôlées par une instance internationale. Des dispositions spécifiques sont aussi prévues pour le financement, notamment la création d'un fonds sous l'égide de l'ONU.
Ecrit dans un langage diplomatique assuré, bien équilibré, ce texte se veut réaliste et acceptable. Il montre que le G-77 est prêt à prendre la direction des opérations.
Les grands pays émergents n'ont pas voulu diffuser le texte que révèle Le Monde. Le document sera intégralement reproduit sur Le Monde.fr, jeudi 10 décembre, au moment de la publication du Monde qui analysera ce texte important.
Hervé Kempf
A Rome, la messe de minuit sera dite à 22 heures
"La santé du pape est absolument normale", a affirmé, mardi 8 décembre, le directeur du bureau de presse du Vatican, le père Federico Lombardi, se disant "étonné" des rumeurs qu'elle suscite. La veille, deux quotidiens italiens, le Corriere della sera et Il Giornale avaient publié l'information selon laquelle la traditionnelle messe de minuit du 24 décembre célébrée par Benoît XVI, âgé de 82 ans, en la basilique Saint-Pierre serait avancée de deux heures. Une première qui verra Rome célébrer la Nativité avant Bethléem et qui a obligé d'ores et déjà de nombreuses télévisions à revoir leur grille de programmes.
Si la nouvelle n'en est pas une - elle a été officialisée il y a plusieurs semaines dans le calendrier des célébrations liturgiques -, ce sont les commentaires de la presse italienne qui ont fait réagir le Vatican. Les vaticanistes transalpins n'ont pas manqué de souligner que cela n'était jamais arrivé sous le pontificat de son prédécesseur, Jean Paul II, même en 2004, au comble de ses souffrances, quelques mois avant sa mort. A la fin de son pontificat, celui-ci avait fait toutefois aménager les horaires de sa participation au chemin de croix du vendredi saint.
La communication du Vatican n'est pas sans ambiguïté. Tout en expliquant que rien ne motive une quelconque inquiétude concernant la santé du souverain pontife, le Père Lombardi explique qu'il s'agit d'une mesure de "prudence" destinée à "rendre un peu moins fatigantes, pour le pape, les journées de Noël au cours desquelles il a de nombreux engagements". Benoît XVI doit prononcer, le 25 décembre, son traditionnel message urbi et orbi à Rome diffusé en Mondovision.
Appliqué à un homme de 82 ans, victime cet été d'une fracture au poignet, le seul mot de "prudence" suscite le doute. Le pape se soumet à de nombreux examens. "Il prend des médicaments pour la circulation et veille particulièrement à son coeur, écrit le vaticaniste du Corriere della sera, Gian Guido Vecchi. Ce n'est pas pour rien que son médecin personnel, Patrizio Polisca, est un cardiologue."
Activité dense
L'activité officielle de Benoît XVI, bien que plus légère que celle de Jean Paul II, n'en reste pas moins dense. Jeudi 10 décembre, il recevra les lettres de créances du nouvel ambassadeur de Cuba près le Saint-Siège et, le lendemain, il s'entretiendra avec le président du Vietnam. En 2010, son programme prévoit une visite à Malte (avril) et au Portugal (mai). Des voyages à Chypre (juin) et en Grande-Bretagne (septembre) sont également envisagés.
Quoi qu'il en soit, Benoît XVI est apparu en pleine forme lors de la célébration de la journée de l'Immaculée Conception, mardi, à Rome. L'occasion d'adresser une critique très sévère aux médias en les appelant à plus de "responsabilité éthique". "Chaque jour, a-t-il dénoncé, le mal est raconté, répété, amplifié, en nous habituant à des choses horribles, en nous faisant devenir insensibles."
Philippe Ridet
Sarkozy : "J'ai choisi d'être le DRH" du PS
"Vous savez, au fond, ce qui manque au Parti socialiste ? C'est d'un directeur des ressources humaines. Ils ont des talents, ils ne savent pas s'en servir. Franchement. Donc, j'ai choisi d'être leur directeur des ressources humaines." Nicolas Sarkozy ne résiste jamais à un bon mot pour railler le PS et mettre les rieurs de son côté. Quitte à répéter mot pour mot une blague inaugurée – déjà avec succès – deux ans plus tôt à l'université d'été du Medef.
Lors d'une rencontre "fermée" avec huit cents militants UMP, mardi 8 décembre à Lingolsheim, en Alsace, le président s'est donc une nouvelle fois gaussé du management du Parti socialiste pour vanter auprès d'une base pas toujours réceptive les mérites de l'ouverture : "Strauss-Kahn ? A Washington ! Kouchner ? Avec nous ! Jack Lang ? Avec moi ! Vous savez, une formation politique qui a des talents pareils et qui choisit Martine Aubry ou Ségolène Royal..."
La salle rit. "Poliment", assure sur son blog un militant UMP qui rend compte de cette réunion et de ce "long, trop long tunnel sur l'ouverture à gauche". Après des "moments d'enthousiasmes et d'applaudissements forts", ce passage du discours présidentiel est même qualifié de "douche froide" par ce militant guère conquis par les vertus de l'ouverture.
Ce n'est pas la première fois que Nicolas Sarkozy se présente comme le DRH du PS. A l'université d'été du Medef, le 30 août 2007, il avait déclaré devant une assistance ravie : "Peut-être que je suis celui qui sait le mieux exploiter les richesses humaines du Parti socialiste. Ils ont des gens très bien, ils ne les utilisent point. Dans une autre vie, je pourrais peut-être faire directeur des ressources humaines." Cette fois-là, c'était devant les caméras de LCI.
Le débat sur l'identité nationale tourne au débat sur l'islam
La tribune de Nicolas Sarkozy au "Monde" privilégie la question religieuse. Le chef de l'Etat suscite des critiques à gauche et ne lève pas l'embarras à l'UMP.
Après son discours sur l'identité nationale à La Chapelle-en-Vercors le 12 novembre, le président de la République vient de livrer, dans les colonnes du Monde du 9 décembre, sa nouvelle vision du débat lancé par le ministre de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale, Eric Besson.
Il y rappelle sa conception de la laïcité, "principe de neutralité et non principe d'indifférence" envers les religions, et demande fermement aux musulmans de respecter "le pacte social et civique" français. Les croyants doivent "savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation", insiste-t-il aussi, dans une allusion implicite au débat sur le port du voile intégral (niqab).
En novembre, le chef de l'Etat s'était essayé à une définition de l'identité française, en convoquant tour à tour – au risque de contradictions –, les racines chrétiennes et les vertus de la laïcité, la Révolution, l'Ancien Régime et les Lumières, le terroir et le métissage.
Depuis, les discussions voulues par M. Besson se sont déplacées sur le terrain quasi exclusif de l'immigration, avant de se concentrer sur l'islam et la question de son rejet mise en lumière par la votation suisse interdisant les minarets.
En revenant sur ce sujet polémique, et alors que le problème des minarets demeure en France une question plus virtuelle que réelle, M. Sarkozy semble vouloir prendre acte de l'évolution observée ces dernières semaines : sa nouvelle contribution au débat réduit spectaculairement la question de l'identité nationale à la présence de l'islam en France et en Europe.
Dans un préambule consacré aux vertus de la démocratie populaire, qui justifie le vote suisse contre les minarets, le président de la République prend clairement le parti du peuple contre "le mépris du peuple". Ce faisant, il s’inscrit dans un contexte marqué au niveau européen par une poussée du populisme.
"Les peuples d’Europe ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés", insiste-t-il, tout en reconnaissant que "leur longue histoire leur a appris que pour rester soi-même il faut accepter de changer"…
Puis, son propos s’adresse explicitement aux musulmans, "à mes compatriotes musulmans", insiste le chef de l’Etat. Il leur rappelle sa conception de la laïcité, qui "n’est pas le refus de toutes les religions mais le respect de toutes les croyances" et les assure de sa volonté de lutter contre "toutes formes de discrimination" à leur égard.
"DÉFI"
Mais, dans un climat marqué par le rejet d’une partie de la société française du voile intégral ou de la construction de mosquées, M. Sarkozy assortit désormais son discours d’une nette mise en garde aux musulmans : "Tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à l’héritage [chrétien] et aux valeurs condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un islam de France", prévient-il.
Deux ans tout juste après son discours sur la "laïcité positive" prononcé au Latran, dans lequel il louait le rôle essentiel des "croyants" dans la République, le chef de l’Etat exige désormais de leur part "une humble discrétion".
Parallèlement, M.Sarkozy ramène l’islam à l’immigration et semble réduire l’immigré à sa religion. "Respecter ceux qui arrivent c’est leur permettre de prier dans des lieux de culte décents", écrit-il.
Cette insistance à définir le nouvel arrivant comme musulman occulte le fait que l’immigration actuelle trouve ses sources en Afrique noire, en Asie et en Turquie – ce qui relativise le caractère exclusivement musulman de ces populations.
C’est oublier que l’on peut être de culture musulmane sans être un fervent pratiquant de l’islam. C’est faire mine d’ignorer que depuis une dizaine d’années, l’islam, au niveau local, s’implante de manière généralement apaisée. C’est oublier, enfin, que l’islam est aujourd’hui une réalité en partie franco-française.
Si les chiffres concernant la population musulmane en France varient de 3,5 à 6 millions, selon les méthodes de comptage, les sociologues des religions estiment que près de la moitié est désormais de nationalité française.
Quant à "tout ce qui pourrait apparaître comme un défi" à la République, autrement dit les pratiques religieuses ostentatoires, elles ne se résument pas au port du voile intégral mais restent marquées par une grande diversité.
Un tiers des personnes issues d’une famille d’origine musulmane se déclarent "croyants et musulmans", selon une étude de l’IFOP parue en août 2009, mais seuls 23 % fréquentent une mosquée le vendredi. C’est le jeûne du ramadan, suivi par 70 % des personnes interrogées, qui constitue la pratique religieuse la plus répandue chez les musulmans de France.
Stéphanie Le Bars
Les finances publiques espagnoles dans le collimateur de Standard and Poor's
L'agence de notation Standard & Poor's a abaissé ce mercredi à "négative" sa perspective sur la note souveraine de l'Espagne en soulignant que le royaume risquait de voir cette note abaissée d'ici deux ans faute de mesures radicales pour assainir les finances publiques.
Après la Grèce, l'Espagne ? Dans un communiqué, l'agence de notation Standard & Poor's explique ce mercredi qu'elle abaisse à "négative" sa perspective sur la note souveraine de l'Espagne, et que les finances publiques du pays sont menacées d'une détérioration plus profonde et d'une période de ralentissement économique plus longue que prévu lorsqu'elle a abaissé, en janvier, la note souveraine du pays à AA+ contre AAA.
"De notre point de vue, la correction des importants déséquilibres budgétaires et économiques de l' Espagne nécessite des mesures fortes, qui ne se sont pas encore matérialisées", estime l'agence de notation.
Les actions des banques espagnoles étaient en baisse après la publication du communiqué de S&P, qui entretient la nervosité des marchés financiers après la dégradation par Fitch de la note de la Grèce mardi. Vers 15 h GMT, Santander perdait 3,5% et BBVA 3,4% alors que l'indice DJ Stoxx paneuropéen des banques abandonnait 1,5%. L'indice de la Bourse de Madrid cédait 2,2% au même moment tandis que l'écart de rendement entre les emprunts publics espagnols à 10 ans et les titres allemands de même échéance, qui traduit la prime de risque exigée par le marché pour détenir des emprunts espagnols, se creusait à 69 points de base, son plus haut niveau depuis juillet.
Le ministère de l'Economie espagnol n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat sur la décision de S&P. Malgré son avertissement, l'agence de notation reconnaît que le gouvernement espagnol dispose encore d'un certain temps pour prendre des mesures aptes à éviter une dégradation de la note souveraine.
"Si le gouvernement annonce des mesures budgétaires concrètes que nous jugeons crédibles pour atteindre un excédent primaire annuel de 2% ou plus d'ici la fin de la période de prévisions en 2012, la pression à la baisse sur les notes pourrait diminuer", a expliqué Trevor Cullinan, analyste crédit de S&P.
Le déficit budgétaire espagnol devrait avoisiner 10% du produit intérieur brut (PIB) cette année et le ratio dette publique/PIB pourrait atteindre 67% l'année prochaine, selon Standard & Poor's.
Alistair Darling
Son idée de surtaxer les bonus n'a pas de quoi faire chérir Alistair Darling par les banquiers, mais il permet au chancelier de l'Echiquier de renouer avec les engagements radicaux de sa jeunesse. Ce pilier de tous les gouvernements travaillistes depuis une décennie, qui présente aujourd'hui son pré-projet de budget, a milité durant ses années étudiantes à la section britannique de la Quatrième Internationale. L'avocat natif de Londres mais fidèle à ses racines écossaises a jeté depuis lors le trotskisme aux orties pour tracer son sillon au Labour. Elu député d'Edimbourg, où son grand-oncle avait exercé le même mandat côté conservateur, il a décroché le portefeuille du Travail puis ceux du Transport et du Commerce. Sa décision d'alourdir les taxes sur les alcools lui a valu un bannissement national de la part des tenanciers de pubs, mesure dont cet homme réputé austère a toutefois peu souffert. Le père de deux enfants, marié à une journaliste, a reconnu en revanche avoir goûté autrefois au cannabis et continue d'apprécier la musique planante des Pink Floyd et de Leonard Cohen. C'est peut-être à force de planer qu'il s'est trompé dans sa déclaration d'impôt, déduisant à tort, selon la presse anglaise, le salaire de son comptable ainsi que des travaux réalisés dans un
Sondage : Sarkozy et Fillon au plus bas
Les cotes d'approbation de Nicolas Sarkozy (39%) et de François Fillon (44%) sont à leur plus bas niveau depuis l'élection présidentielle de 2007, selon le tableau de bord politique Ifop* pour Paris Match à paraître demain.
A la question "approuvez-vous ou désapprouvez-vous l'action de Nicolas Sarkozy comme président de la République", 39% approuvent, soit autant qu'en novembre, mais 61% désapprouvent (+1).
Selon l'Ifop, c'est le plus haut niveau d'opinions défavorables depuis mai-juin 2007. Ce taux est maximal chez les 25-34 ans (74%), les ouvriers (73%), les diplômés du supérieur (70%) et les sans diplômes (68%). Des catégories de population qui s'étaient pourtant révélées décisives pour l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence. Il y a deux ans, l'actuel chef de l'Etat obtenait par exemple environ 50% de soutien chez les ouvriers et près de 40% parmi les jeunes...
Politiquement, le sondage Ifop montre que le taux de désapprobation de Sarkozy est presque aussi élevé chez les sympathisants du FN (79%) que chez ceux du PS (84%) et de l’extrême gauche (80%). Dans le détail, tous les traits d’image du président se détériorent, sauf celui ayant trait à sa capacité à réformer le pays (+1 à 53%). La baisse la plus nette s'observe sur la question de la défense des intérêts de la France à l'étrangèr (-3 à 68%).
L'opposition ne ferait pas mieux
De son côté, le premier ministre François Fillon chute de cinq points d'opinions favorables à 44%, son plus bas niveau depuis mai-juin 2007. 55% (+5) des personnes interrogées portent un jugement négatif sur son action, un record également depuis deux ans et demi, et 1% ne se prononcent pas.
Pour l'Ifop, cette dégradation va "de pair avec une plus forte présence médiatique du premier ministre (congrès des maires de France, taxe professionnelle...)". Dans le détail, les critiques les plus vives tournent toujours autour de sa politique sociale (56% de jugements négatifs).
Toutefois, pour 68% (+1) des personnes interrogées, l'opposition ne ferait pas mieux que le gouvernement actuel si elle était au pouvoir. 32% (inchangé) pensent le contraire.
Enfin, le sondage souligne que l'expansion de la grippe A-H1N1 est le sujet qui a le plus intéressé les Français, 86% disant qu'elle a animé leurs conversations. En revanche le projet de transférer les cendres d'Albert Camus au Panthéon vient à la fin des sujets proposés, avec 10%.
* Sondage réalisé par téléphone du 3 au 4 décembre auprès d'un échantillon national représentatif de 1.002 personnes de 18 ans et plus (méthode des quotas).
L'App Store expurgé d'un millier d'applications
Molinker est une société chinoise qui a publié plus d'un millier d'applications sur l'App Store, le système de distribution et de ventes de logiciels pour l'iPhone et les iPod Touch d'Apple. Principaux points communs de ces logiciels : il s'
agit le plus souvent de clones d'applications existantes, et ils ont presque tous d'excellentes critiques.
L'App Store permet aux utilisateurs de noter et de commenter les applications. Un internaute qui a téléchargé le logiciel est invité à le noter sur une échelle allant de une à cinq étoiles, et peut également laisser un commentaire en texte. Seules les applications approuvées par App peuvent être téléchargées sur l'App Store, ce qui garantit en théorie un certain niveau de sécurité.
Le système de notation, en revanche, n'est pas directement surveillé par Apple. Or la quasi-totalité des applications de Molinker avaient reçu un classement supérieur à quatre étoiles, et des commentaires élogieux mais rédigés dans un anglais approximatif. Ce qui a mis la puce à l'oreille d'utilisateurs, qui ont demandé à Apple d'enquêter sur ces classements étranges. Après vérification, l'entreprise a décidé d'exclure l'ensemble des applications de Molinker de son système de distribution, soit près d'un pour cent des logiciels disponibles sur sa plate-forme. Molinker avait mis en place un système de triche élaboré, offrant par exemple des applications en échange d'une critique positive.
LES ENJEUX DE LA NOTATION
Les critiques positives d'utilisateurs sont un enjeu majeur pour les développeurs d'applications, notamment sur les systèmes de distribution comme ceux de l'iPhone ou d'Android. Toutes les études sur le marketing en ligne montrent que les commentaires d'autres utilisateurs, même inconnus du client, font partie des principaux critères auxquels les utilisateurs accordent leur confiance. Obtenir d'excellentes notes permet également aux applications de remonter dans les classements automatiques du type "les mieux notés", qui sont également très prescripteurs.
En bannissant d'un seul coup un millier d'applications, Apple envoie un signal fort aux développeurs qui seraient tentés de détourner son système de notation. Ce choix suscite toutefois des inquiétudes au sein de la communauté des développeurs : Apple ayant un contrôle total de son outil de distribution, rien n'empêche la marque à la pomme de décider de bannir d'autres sociétés pour n'importe quelle raison.
Par ailleurs, il est peu probable que les utilisateurs qui ont acheté des applications de Molinker soient remboursés par l'entreprise. Or de prochaines mises à jour du logiciel de l'iPhone pourraient rendre ces logiciels inutilisables, étant donné qu'ils ne peuvent plus être mis à jour. Apple, qui touche 30 % de la vente de chaque application, n'a pas indiqué si un geste commercial serait fait pour les utilisateurs concernés.
Critiques, frustrations et inquiétudes au congrès de la CGT
C'est avec soulagement que Bernard Thibault et la direction confédérale de la CGT ont accueilli, mardi 8 décembre, le vote en faveur du rapport d'activité, avec 77,3 % des voix. Malgré de nombreuses critiques formulées la veille et le matin même, le bilan de la direction sortante a donc été validé par une forte majorité des délégués du 49e congrès, réuni à Nantes.
Comparé au précédent congrès, le pourcentage des votes en faveur du rapport d'activité est en léger recul. En 2006 à Lille, ils étaient 82 % à voter pour, 18 % contre.
Reste que le résultat de mardi ne saurait occulter les problèmes qui ont été soulevés durant la journée. La salle de la Beaujoire, stade historique de l'équipe de football des Canaris nantais, a résonné des interventions des délégués les plus durs à l'encontre de Bernard Thibault et de son équipe mais aussi de ceux, plus conciliants qui, sans attaquer frontalement la direction, ont exprimé leurs inquiétudes sur l'avenir du syndicat.
UNE ORIENTATION DÉNONCÉE
A 9 h 25, mardi, c'est le candidat virtuel Jean-Pierre Delannoy, métallo du Nord et porte-parole d'une opposition mieux structurée que lors des congrès précédents, qui a ouvert le feu : "Le véritable danger, ce n'est pas le débat mais l'orientation proposée par la direction sortante", a-t-il déclaré, en essayant de démontrer que sa candidature au poste de secrétaire général était "légitime", même si, au regard des statuts, elle ne peut aboutir.
S'il a été sifflé lorsqu'il a dénoncé une CGT "syndicat d'accompagnement du système actuel", M. Delannoy a été applaudi par une grande partie de la salle au moment où il a réclamé le "retour aux 37,5 années de cotisation pour les retraites dans le secteur public". Il a été à nouveau salué en déclarant que "ce n'était pas avec des mobilisations tous les trois ou quatre mois, qu'on allait faire reculer le gouvernement et le patronat".
UNE STRATÉGIE TROP FLOUE
Cet argument, beaucoup de délégués l'ont repris, sans être nécessairement affiliés à l'opposition historique qui déplore "l'abandon de la lutte des classes" par la CGT. "Nous sommes retombés dans des conflits défensifs", se sont plaints les syndicalistes des chantiers navals de Saint-Nazaire, relayés par Sophie Duquesnes des métaux des Pays de la Loire. "La direction aurait dû être plus offensive après la deuxième journée d'action du printemps", a regretté Alain Le Maux (construction, Morbihan) quand Sophie Lacaze (syndicat des journalistes des Echos à Paris) a demandé : "La grève serait-elle devenue taboue à la CGT ?"
Nombre de délégués ont aussi critiqué le flou des revendications avancées par la confédération. "Il faut être plus offensifs dans nos revendications", a réclamé Gérard Bousteau, cheminot à Chartres. "Mobiliser ne peut se faire que sur des objectifs clairs, sans ambiguïté", a plaidé Alain Roques, de l'INRA (Loiret). "Qu'attendons-nous pour élever le niveau de la lutte pour élargir le mouvement ?", a résumé Laurent Delaporte, des ports et docks du Havre.
Le besoin d'être éclairé sur la stratégie de la CGT était très présent dans le congrès. Certaines interventions ont aussi ciblé l'engagement de la CGT dans la Confédération européenne des syndicats (CES), véritable bête noire de ceux qui, en 2005, avaient milité pour le "non" au traité constitutionnel européen. Son secrétaire général, John Monks, présent mardi à Nantes, a été en partie sifflé. Tout comme l'a été aussi, par une petite partie des délégués, le nom de la CFDT.
DES SANS-PAPIERS OVATIONNÉS
Le congrès a aussi fait une longue ovation aux travailleurs sans papiers, dont trois sont délégués au 49e congrès. Mais ils étaient une cinquantaine sur la tribune pour entourer Mondibou Traoré, "du Mali, 31 ans et dans une société de gardiennage depuis huit ans".
Durant de longues minutes, celui-ci a dénoncé les conditions faites aux sans-papiers, dénonçant le "ministre des reconduites à la frontière", Eric Besson. "Les travailleurs sans papiers ne demandent qu'une seule chose, c'est de cotiser, de faire partie d'un système", a-t-il dit, rappelant que, pour beaucoup de sans-papiers, c'était du "travail déclaré".
En répondant aux interventions des délégués, Daniel Prada, de la commission exécutive sortante, n'a pas hésité à se servir de l'enthousiasme du congrès à l'égard des sans-papiers. Réfutant "l'abandon des valeurs de la CGT par la direction", M. Prada a déclaré : "Merci Traoré, tu nous a apporté une meilleure réponse que je n'aurais pu le faire moi-même." Sur le fond des critiques, il a repris l'argumentation développée par Bernard Thibault la veille, dans son rapport introductif.
Ce dernier, en fin de journée, mardi, lors d'un point de presse, s'est satisfait des débats… et du résultat des votes, notamment ceux de la métallurgie, dont est issu l'opposant déclaré M. Delannoy. Vote favorable qui aurait été supérieur à la moyenne du congrès, s'est réjoui le secrétaire général de la CGT.
Rémi Barroux
mardi 8 décembre 2009
Bouygues Telecom va tester la 4G en 2010
L'opérateur a annoncé qu'il testerait la technologie LTE avec Alcatel-Lucent en 2010, sur des sites tests dans l'ouest de la France.
L'opérateur Bouygues Telecom a choisi l'équipementier franco-américain Alcatel-Lucent pour tester la technologie LTE (Long term evolution), la quatrième génération de téléphonie mobile, a annoncé mardi Alcatel-Lucent dans un communiqué. Le programme de test débutera en 2010 sur plusieurs sites de l'ouest de la France.
"Avec ce nouveau projet, Alcatel-Lucent compte désormais 19 clients pour des tests", tels l'américain Verizon Wireless, l'espagnol Telefonica ou le chinois China Mobile, a indiqué groupe.
La technologie LTE est la quatrième génération (4G) de téléphonie mobile, appelée à succéder progressivement à la 3G. Elle promet en théorie des débits supérieurs à 100 mégabits, permettant ainsi un accès beaucoup plus rapide à l'internet sur mobile que la 3G. Elle doit ainsi favoriser le développement de la télévision mobile, la visiophonie et le téléchargement de vidéos sur téléphone mobile.
Fin novembre, le président du régulateur des télécoms, l'Arcep, Jean-Ludovic Silicani, avait indiqué que la procédure d'attribution des licences 4G en France serait lancée au second semestre 2010 et se terminerait début 2011.
RER A : à peine un train sur deux jeudi
Jeudi s'annonce comme une nouvelle journée de galère dans le RER A. En raison d'un préavis de grève lancé par six syndicats, la RATP prévoit un train
sur deux aux heures de pointe (7h30-9-30 et 16h30-19h30) et un trafic quasi nul aux heures creuses, sur la partie du réseau géré par la régie parisienne.
Ce tronçon, l'un des plus chargés du monde avec près d'un million de passagers par jour, relie Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) et Nanterre (Hauts-de-Seine) à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne) et Marne-La-Vallée (Seine-et-Marne).
La partie SNCF qui circule de Poissy (Yvelines) et Cergy-Le-Haut (Val d'Oise) vers Nanterre-Préfecture n'est pas concernée par les préavis.
Durant les heures de pointe, les trains qui circuleront entre Poissy et La Défense auront pour terminus ces deux gares, tout comme les rames reliant Cergy-Le-Haut à la gare Saint-Lazare.
Les lignes 1, 2, 4, 6 et 14 du métro seront renforcées.
LA RATP a mis en place un numéro vert d'information (0 800 15 11 11), les horaires sont également consultable sur son site internet.
Le préavis de grève de la CGT, la CFDT, FO, les Indépendants, Sud et l'Unsa est illimité et concerne les salaires des conducteurs. Ils réclament une prime pérenne de 120 euros mensuels et une prime variable de 30 euros.
Nicolas Sarkozy : "Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent"
Par référendum, le peuple suisse vient de se prononcer contre la construction de nouveaux minarets sur son territoire. Cette décision peut légitimement susciter bien des interrogations. Le référendum impose de répondre à la question posée par oui ou par non. Peut-on répondre par oui ou par
non à une question aussi compliquée, qui touche à des choses aussi profondes ? Je suis convaincu que l'on ne peut que susciter des malentendus douloureux, un sentiment d'injustice, blesser les âmes en apportant une réponse aussi tranchée à un problème qui doit pouvoir être résolu au cas par cas dans le respect des convictions et des croyances de chacun.
Mais comment ne pas être stupéfait par la réaction que cette décision a suscitée dans certains milieux médiatiques et politiques de notre propre pays ? Réactions excessives, parfois caricaturales, à l'égard du peuple suisse, dont la démocratie, plus ancienne que la nôtre, a ses règles et ses traditions, qui sont celles d'une démocratie directe où le peuple a l'habitude de prendre la parole et de décider par lui-même ?
Derrière la violence de ces prises de position se cache en réalité une méfiance viscérale pour tout ce qui vient du peuple. La référence au peuple, c'est déjà, pour certains, le commencement du populisme. Mais c'est en devenant sourd aux cris du peuple, indifférent à ses difficultés, à ses sentiments, à ses aspirations, que l'on nourrit le populisme. Ce mépris du peuple, car c'est une forme de mépris, finit toujours mal. Comment s'étonner du succès des extrêmes quand on ne prend pas en compte la souffrance des électeurs ?
Ce qui vient de se passer me rappelle comment fut accueilli le rejet de la Constitution européenne en 2005. Je me souviens des paroles parfois blessantes qui ont été proférées contre cette majorité de Français qui avait choisi de dire non. C'était opposer irréductiblement la France du oui à celle du non, ouvrir une fracture qui, si elle avait dû se creuser davantage, n'aurait jamais permis à la France de reprendre sa place en Europe.
Pour réconcilier la France du oui et celle du non, il fallait d'abord essayer de comprendre ce qu'avaient voulu exprimer les Français. Il fallait admettre que cette majorité ne s'était pas égarée, mais qu'elle avait, comme la majorité des Irlandais ou la majorité des Néerlandais, exprimé ce qu'elle ressentait et rejeté en toute connaissance de cause une Europe dont elle ne voulait plus parce qu'elle donnait le sentiment d'être de plus en plus indifférente aux aspirations des peuples.
Ne pouvant changer les peuples, il fallait changer d'Europe. La France du non a commencé à se réconcilier avec celle du oui à partir du moment où, au lieu de la juger, on a cherché à la comprendre. C'est alors que, dépassant ce qui la divisait, la France a pu prendre la tête du combat pour changer l'Europe.
RIEN NE SERAIT PIRE QUE LE DÉNI
Alors, au lieu de vilipender les Suisses parce que leur réponse ne nous plaît pas, mieux vaut nous interroger sur ce qu'elle révèle. Pourquoi en Suisse, pays qui a une longue tradition d'ouverture, d'hospitalité, de tolérance, un tel rejet peut-il s'exprimer avec tant de force ? Et que répondrait le peuple français à la même question ?
Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu'il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français. Rien ne serait pire que le déni. Rien ne serait pire que de ne pas regarder en face la réalité des sentiments, des préoccupations, des aspirations de tant d'Européens.
Comprenons bien d'abord que ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience. Nul, pas plus en Suisse qu'ailleurs, ne songe à remettre en cause ces libertés fondamentales.
Les peuples d'Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés. Et le sentiment de perdre son identité peut être une cause de profonde souffrance. La mondialisation contribue à aviver ce sentiment.
La mondialisation rend l'identité problématique parce que tout en elle concourt à l'ébranler, et elle en renforce en même temps le besoin parce que plus le monde est ouvert, plus la circulation et le brassage des idées, des hommes, des capitaux, des marchandises sont intenses, et plus on a besoin d'ancrage et de repères, plus on a besoin de sentir que l'on n'est pas seul au monde. Ce besoin d'appartenance, on peut y répondre par la tribu ou par la nation, par le communautarisme ou par la République.
L'identité nationale c'est l'antidote au tribalisme et au communautarisme. C'est pour cela que j'ai souhaité un grand débat sur l'identité nationale. Cette sourde menace que tant de gens dans nos vieilles nations européennes sentent, à tort ou à raison, peser sur leur identité, nous devons en parler tous ensemble de peur qu'à force d'être refoulé ce sentiment ne finisse par nourrir une terrible rancœur.
Les Suisses comme les Français savent que le changement est une nécessité. Leur longue histoire leur a appris que pour rester soi-même il faut accepter de changer. Comme les générations qui les ont précédés, ils savent que l'ouverture aux autres est un enrichissement. Nulle autre civilisation européenne n'a davantage pratiqué, tout au long de son histoire, le métissage des cultures qui est le contraire du communautarisme.
Le métissage c'est la volonté de vivre ensemble. Le communautarisme c'est le choix de vivre séparément. Mais le métissage ce n'est pas la négation des identités, c'est pour chacun, vis-à-vis de l'autre, la reconnaissance, la compréhension et le respect.
C'est de la part de celui qui accueille la reconnaissance de ce que l'autre peut lui apporter. C'est de la part de celui qui arrive le respect de ce qui était là avant lui. C'est de la part de celui qui accueille l'offre de partager son héritage, son histoire, sa civilisation, son art de vivre. C'est de la part de celui qui arrive la volonté de s'inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société qu'il va contribuer à transformer, dans cette histoire qu'il va désormais contribuer à écrire. La clé de cet enrichissement mutuel qu'est le métissage des idées, des pensées, des cultures, c'est une assimilation réussie.
SE GARDER DE TOUTE OSTENTATION
Respecter ceux qui arrivent, c'est leur permettre de prier dans des lieux de culte décents. On ne respecte pas les gens quand on les oblige à pratiquer leur religion dans des caves ou dans des hangars. Nous ne respectons pas nos propres valeurs en acceptant une telle situation. Car, une fois encore, la laïcité ce n'est pas le refus de toutes les religions, mais le respect de toutes les croyances. C'est un principe de neutralité, ce n'est pas un principe d'indifférence. Lorsque j'étais ministre de l'intérieur, j'ai créé le Conseil français du culte musulman (CFCM) pour que la religion musulmane soit mise sur un pied d'égalité avec toutes les autres grandes religions.
Respecter ceux qui accueillent, c'est s'efforcer de ne pas les heurter, de ne pas les choquer, c'est en respecter les valeurs, les convictions, les lois, les traditions, et les faire – au moins en partie – siennes. C'est faire siennes l'égalité de l'homme et de la femme, la laïcité, la séparation du temporel et du spirituel.
Je m'adresse à mes compatriotes musulmans pour leur dire que je ferai tout pour qu'ils se sentent des citoyens comme les autres, jouissant des mêmes droits que tous les autres à vivre leur foi, à pratiquer leur religion avec la même liberté et la même dignité. Je combattrai toute forme de discrimination.
Mais je veux leur dire aussi que, dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France qui, sans rien renier de ce qui le fonde, aura su trouver en lui-même les voies par lesquelles il s'inclura sans heurt dans notre pacte social et notre pacte civique.
Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre.
Les nettoyeurs du Net
Quand on tape sur Google"Paul Lambert" (le nom a été changé à la demande de notre interlocuteur), la première page de résultats affiche une liste de textes informatifs su
r l'usine de biocarburants qu'il a créée en Italie. Les clients, les fournisseurs, les candidats à l'embauche et les concurrents qui cherchent à se renseigner sur cet homme d'affaires découvrent un site d'entreprise très bien fait, des articles élogieux sur ses procédés innovants, des évaluations signées par des experts en marketing et en développement durable.
Or, il y a quelques mois, la situation était très différente. Sur les dix premiers résultats Google, six étaient des documents rappelant que, dans les années 1980 et 1990, l'homme était un trafiquant d'armes international, et qu'il avait été mêlé à deux scandales politico-financiers. A l'époque, il avait même écrit un livre sur son métier. Puis il s'était expatrié et avait refait sa vie.
Par quel miracle, en quelques mois, "Paul Lambert" s'est-il refait une virginité numérique ? Il a fait appel aux services de Hington & Klarsey, une jeune agence basée en Angleterre, spécialisée dans la gestion de la "e-reputation". L'équipe, qui réunit des informaticiens, des juristes et des gens de communication, a mis au point un procédé très efficace. Elle mène des recherches pour identifier les auteurs des textes visés et les responsables des sites qui les publient. Puis elle leur demande de supprimer les contenus compromettants, ou au moins de les modifier, en remplaçant le nom de leur client par ses initiales. Xavier Desfeuillet, directeur exécutif de Hington & Klarsey, se dit partisan de la manière douce : "Nos arguments sont avant tout d'ordre moral. Nous expliquons aux éditeurs que ces informations sont sans valeur, car obsolètes. Elles nuisent à notre client sans rendre service à quiconque." Ainsi, il réussit à convaincre le quotidien L'Humanité de supprimer de ses archives en ligne un article sur son client, datant de 1993.
Bien sûr, ce système est imparfait. L'une des affaires impliquant "M. Lambert" fut évoquée lors d'une enquête parlementaire, dont le compte rendu reste publié sur un site officiel. Par ailleurs, des blogueurs militants, qui ont republié certains articles et rédigé des commentaires, refusent de les effacer, et s'insurgent contre cette forme de censure.
Dans d'autres cas, l'agence ne parvient pas à identifier les propriétaires du site, ou n'obtient aucune réponse car ils vivent dans un pays lointain. Certains essaient aussi d'extorquer de l'argent pour effacer un contenu dérangeant. Quand le "nettoyage" s'avère impossible, les agences ont recours à une autre technique, le "noyage" : on neutralise les documents gênants en les faisant reculer dans la hiérarchie des résultats des moteurs de recherche. Qui se soucie de ce que Google publie en quatrième ou en cinquième page ?
L'agence crée alors une série de sites dont l'adresse contient le nom du client, ce qui les propulse en tête du classement. Pour plus de crédibilité, elle leur accole des mots-clés comme "news", "market" ou "audit" ... Il faut ensuite les remplir de "contenu positif" rédigé dans un style neutre et professionnel, souvent accompagné de photos et de vidéos. Vient enfin l'étape cruciale du référencement : l'agence possède des centaines de pages Web apparemment indépendantes, dont la fonction essentielle est de publier des liens en direction des sites dont on veut faire la promotion. Ceux-ci sont alors repérés en priorité par les algorithmes de Google.
Ces prestations haut de gamme sont réservées aux chefs d'entreprise, aux stars du show business et aux hommes politiques, car elles peuvent coûter des dizaines de milliers d'euros. Pour les citoyens ordinaires, d'autres agences proposent des services plus modestes, à des tarifs abordables. Aux Etats-Unis, la gestion de "e-reputation" est en train de devenir une industrie, fonctionnant sur le modèle des compagnies d'assurances. Pour un abonnement de 15 dollars par mois, la société californienne Reputation Defender effectue ainsi sur Internet une veille permanente pour le compte de ses clients. A chaque fois que leur nom ou leur photo apparaît sur un nouveau site, elle les avertit. Si le client estime que ce contenu est dérangeant, la société lance une offensive pour le faire effacer. Elle facture 29 dollars par document supprimé.
Michael Fertik, le patron de Reputation Defender, affirme posséder plusieurs milliers de clients modestes : psychologue accusé d'avoir acheté son diplôme, parents découvrant que leur fils raconte des secrets de famille sur des forums... Il note aussi la multiplication des affaires impliquant des images. La mode des photos érotiques prises dans l'intimité du couple se répand dans la jeunesse occidentale. Quand la passion s'estompe, les images restent à l'abandon sur un disque dur, mais en cas de crise ou de dispute, elles surgissent au grand jour : par vengeance, des hommes éconduits ou trompés les affichent sur Internet. Parfois, la femme contre-attaque en publiant des textes assassins sur son compagnon. Du coup, les deux parties deviennent clientes de Reputation Defender.
En France, une start-up baptisée Reputation Squad vient de se lancer sur le même créneau. Parmi ses premiers clients, un homme qui fut victime d'une escroquerie, largement couverte par les médias. Des années après l'affaire, son nom figure toujours dans de nombreux articles sur Internet. Personne ne lui reproche rien, mais il exècre ce statut d'éternelle victime.
Quand les documents sont diffamatoires ou attentatoires à la vie privée, les agences peuvent utiliser des méthodes plus musclées. La société parisienne Les Infostratèges n'hésite pas à envoyer aux blogueurs et modérateurs de forums des rappels à la loi et des menaces de poursuites. Avec les sites des médias classiques, c'est plus compliqué, mais Didier Frochot, le juriste des Infostratèges, imagine déjà une réforme ambitieuse : "Les sites officiels comme Legifrance (qui publie sur Internet les arrêts de différents tribunaux) anonymisent leurs archives au bout de deux ans, pour accorder aux justiciables un droit à l'oubli. Les médias devraient faire la même chose. S'ils n'arrivent pas à s'autodiscipliner, il faudra faire voter une loi contraignante." M. Frochot a saisi la CNIL de cette question, sans résultat à ce jour.
Certaines victimes s'adressent, plus classiquement, à des avocats, qui apprennent sur le tas le métier de nettoyeur du Net. Me Blandine Bonvoisin, avocate à Lille, a récemment reçu dans son cabinet une employée de banque en plein désarroi. Son fils de 15 ans, qui s'était amusé à taper le nom de sa maman sur Google, est tombé par hasard sur un film pornographique datant de 1987, dont elle était la vedette. Côté familial, le mal est fait, mais l'ex-actrice craint à présent que ses collègues ne fassent la même découverte. L'avocate estime que le recours aux tribunaux sera suffisant : "La plaignante doit prouver qu'elle subit un préjudice, mais dans le cas d'une oeuvre pornographique, ce sera facile. Par ailleurs, à l'époque du tournage, ma cliente n'a pas pu céder ses droits pour une exploitation via Internet, car il n'existait pas."
Les avocats s'estiment très efficaces dans les cas de non-respect de la présomption d'innocence. En 2002, la responsable d'une association est mise en examen dans une affaire d'abus de confiance. Garde à vue, licenciement... Son nom est cité dans les médias, et les articles les plus accusateurs sont repris et commentés sur des forums. En 2006, elle bénéficie d'un non-lieu, mais personne n'en parle. Résultat, deux ans plus tard, quand on tapait son nom sur Google, on tombait sur des articles non datés, donnant l'impression qu'elle était toujours au centre d'une affaire en cours : "Je cherchais du travail, se souvient-elle ; à cause d'Internet, les recruteurs étaient tous au courant de mon passé judiciaire. Bien qu'innocentée, j'étais terrassée par la honte." Elle crée sa propre entreprise, mais sa réputation sur Internet lui fait perdre plusieurs clients. En 2008, elle a enfin assez d'argent pour faire appel à une avocate.
Pour des raisons techniques, le problème risque de s'aggraver très vite. Des nouveaux logiciels de reconnaissance visuelle vont bientôt permettre de retrouver toutes les photos d'une personne sur Internet à partir d'une seule image de son visage. Les moteurs de recherche, qui ne scannent aujourd'hui qu'une partie des serveurs accessibles via Internet, s'enfoncent de plus en plus profondément dans les bases de données, et vont dénicher des documents jusque-là épargnés, notamment dans les réseaux sociaux et les archives à l'abandon. Des étudiants qui avaient publié dans les années 1990 des blagues de potaches sur le réseau universitaire Usenet, oublié de tous, découvrent aujourd'hui avec horreur qu'ils ont refait surface sur les forums de Google Groups.
A l'époque, les documents Usenet étaient archivés par une société privée, dont le fonds a été racheté par Google. Une jeune Française a récemment essayé de supprimer de Google Groups des messages très intimes laissés dix ans plus tôt sur Usenet, en vain. Elle fait alors appel à une avocate, qui écrit à Google, sans résultat. Elle va jusqu'à porter plainte, mais le juge décide que le droit français n'est pas applicable à un service appartenant à une société californienne. En désespoir de cause, elle saisit la CNIL, qui lui répond que ce jugement est regrettable, mais qu'elle n'y peut rien. Puis un jour, la jeune femme constate que les messages ont mystérieusement disparu. Malgré tout, elle a résilié son abonnement Internet.
Le patron de Google estime que la protection de la vie privée est "une question de discernement"
"Si vous souhaitez que personne ne soit au courant de certaines choses que vous faites, peut-être que vous ne devriez tout simplement pas les faire". Mais si vous utilisez des moteurs de recherche, vous devez savoir que vos informations personnelles, comme v
otre historique de recherche, peuvent être vus par d'autres, a expliqué le PDG de Google, Eric Schmidt, lors d'une interview à CNBC.
Interrogé sur la confiance que les internautes peuvent accorder à Google, Eric Schmidt a estimé que les problèmes de vie privée n'étaient finalement pas du ressort de Google. "C'est une question de discernement. (...) Tous les moteurs de recherche, dont Google, conservent des données personnelles pendant un certain temps (...) et aux Etats-Unis, le Patriot Act permet aux autorités d'accéder à ces informations", a rappelé le patron du plus grand moteur de recherche.
La presse américaine relève l'ironie de ces déclarations, considérant qu'en 2005 les journalistes de CNET s'étaient vus privés d'interviews par Google pour avoir publié un article dévoilant diverses informations personnelles sur Eric Schmidt... glanées sur Google.
Aux Etats-Unis, le débat sur le respect de la vie privée par les moteurs de recherche a connu un tournant la semaine dernière, lorsqu'ont été publiées sur le Web des documents révélant les sommes facturées par Yahoo! pour fournir des informations privées aux autorités.
Google dévoile une fonction de recherche "en temps réel"
Google a présenté lundi les améliorations qu'il est en train d'apporter à son moteur de recherche pour apporter des réponses "en temps réel", grâce à des résultats croisés avec les sites de réseau sociaux Facebook, MySpace et Twitter.
Traditionnellement, l'un des principaux reproches faits aux moteurs de recherche est le délai. Il faut en général plusieurs heures pour que de nouvelles pages ou de nouvelles informations soient indexées par les moteurs, qui utilisent de petits programmes appelés "robots" pour traquer les modifications du Web.
Les réseaux sociaux ont changé la donne, grâce à leurs mises à jour instantanées. En intégrant ces réseaux dans sa recherche, Google prévoit que "les internautes obtiendront des résultats au moment même où ils sont produits. C'est la première fois qu'un moteur de recherche intègre le Web en temps réel dans sa page de résultats", explique l'entreprise. Mais si Google est le premier, il ne sera pas longtemps le seul : Bing, le moteur de recherche de Microsoft et l'un de ses principaux concurrents, a lui aussi annoncé en octobre avoir conclu un accord avec Facebook et Twitter pour les intégrer à ses pages de résultats. Le montant de ces accords n'a pas été rendu public.
Dès les jours qui viennent, les résultats de Twitter apparaîtront dans un encadré de la page de résultats en anglais. Le service devrait être étendu à MySpace et Facebook ainsi qu'aux autres langues début 2010. Marissa Mayer, la patronne des activités de recherches, a précisé que "les utilisateurs de MySpace et Facebook peuvent décider ce qu'ils veulent voir utiliser sur Google". A terme, l'idée est de personnaliser les recherches pour que Google mélange les informations publiques avec des actualités personnelles. "Nous en sommes encore loin", a convenu Mme Mayer. "Mais à terme, on espère que le moteur de recherche puisse fouiller le Web comme on le voit : si on le voit, Google doit pouvoir le référencer, c'est notre but", a-t-elle dit.
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La bataille du "temps réel"
Si Google et Microsoft souhaitent intégrer le temps réel à leur moteur de recherche, plusieurs jeunes entreprises proposent déjà un service similaire. Très exhaustif, Collecta recense aussi bien les sites de microblogging, que les commentaires sur les blogs et les images du site Flickr. Scoopler permet de créer une chaîne d'actualité en temps réel, quand OneRiot ajoute la possibilité de rechercher des vidéo. Centré sur les thèmes qui font un "buzz" sur le web, Almost.at propose une interface graphique innovante. L'agrégateur Yauba mise enfin sur l'anonymat des requêtes.
Il existe aussi des moteurs spécifiques, spécialement dédiés à la recherche sur Twitter. le plus célèbre est Twitter search. Mais Topsy, Twazzup ou Tweetmeme, ajoutent des fonctionnalités supplémentaires.
Le "Climategate" sème la discorde à Copenhague
Le piratage informatique de la correspondance privée de quelques climatologues de renom parviendra-t-il à faire capoter les négociations de Copenhague ? La question se pose depuis que le "Climategate" a été, lundi 7 décembre en conférence plénière, brandi par Mohammed Al-Sabban, le chef de la délégation saoudienne. "Le niveau de confiance est affecté", a-t-il ainsi déclaré, faisant référence aux travaux des climatologues, synthétisés par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). M. Al-Sabban a en outre demandé la tenue d'"une enquête internationale et indépendante" sur cette affaire.
Celle-ci "prouve que certains sont prêts à verser dans l'illégalité, peut-être pour discréditer le GIEC, a de son côté rétorqué son président, l'Indien Rajendra Pachauri, en ouverture de la conférence climat. "Mais notre panel dispose d'un historique d'évaluations transparentes et objectives sur plus de vingt et un ans, établies par des dizaines de milliers de scientifiques de tous les coins de la planète."
L'affaire enflamme littéralement la blogosphère depuis fin novembre. Quelques semaines avant l'ouverture des négociations de Copenhague, un ou des pirates informatiques pénètrent dans les serveurs de l'unité de recherche climatique (CRU) de l'université d'East Anglia (Royaume-Uni). Ils y récupèrent frauduleusement de nombreux documents ainsi que les archives de treize années d'échanges de courriels entre les scientifiques du CRU et leurs collègues américains et européens ; une soigneuse sélection d'un millier de ces messages environ est exposée sur le Net le 19novembre.
Les messages exposés suggèrent que certains climatologues ont tenté d'entraver la publication de travaux "climato-sceptiques" qu'ils jugeaient indigents. De même, cette correspondance met au jour la volonté d'un scientifique de ne pas partager certaines données brutes avec le reste de la communauté scientifique. Pour la blogosphère "climato-sceptique", certains messages montrent en outre que leurs auteurs manipulent leurs résultats.
Un unique message, remontant à 1999, pouvait être interprété comme une tentative de corruption de données. Dans celui-ci, Phil Jones, directeur du CRU, explique avoir eu recours à une "astuce" pour "masquer le déclin de températures". Sortie de son contexte, la phrase peut faire entendre que la température moyenne terrestre établie par le CRU a été artificiellement rehaussée. M.Jones a expliqué avoir utilisé le terme "astuce" dans un contexte familier pour corriger une divergence, bien documentée entre l'épaisseur de cernes d'arbres et les températures à en déduire…
DOCUMENTS DÉROBÉS
Pour autant, M. Jones s'est mis temporairement en retrait de ses fonctions pendant la durée d'une enquête indépendante, qui doit rendre ses conclusions au printemps. Sans attendre celles-ci, la revue britannique Nature, l'une des plus vénérables institutions scientifiques, qui a publié les travaux de certains climato-sceptiques, consacrait à l'affaire son éditorial du 3 décembre.
"Les négateurs", ironise la revue, qui reprend cette terminologie à son compte pour la première fois, pensent détenir la preuve "que les climatologues du courant dominant ont systématiquement conspiré pour supprimer les éléments contredisant leur doctrine selon laquelle les hommes réchauffent la planète". "Cette interprétation paranoïaque serait risible si des politiciens obstructionnistes du Sénat des Etats-Unis n'allaient probablement l'utiliser l'an prochain pour étayer leur opposition à la nécessaire loi sur le climat", poursuit Nature.
L'enquête lancée par la police britannique ne portera sans doute pas ses fruits avant l'issue des négociations, mais de premiers éléments techniques sur le piratage, à prendre avec précaution, sont d'ores et déjà dans le domaine public. Une intrusion dans les serveurs de l'université d'East Anglia a sans doute eu lieu le 12 novembre – les documents dérobés les plus récents étant datés de ce jour.
Le 17 novembre au matin, les fichiers volés étaient frauduleusement mis en ligne sur le blog "RealClimate", tenu par un groupe de climatologues proche des scientifiques du CRU. Selon le climatologue Gavin Schmidt (Goddard Institute for Space Studies), qui administre le site, l'adresse IP (Internet Protocol) de la machine ayant déposé le fichier sur RealClimate.org est enregistrée en Turquie.
Un peu plus tard, un internaute poste un message sur "Climate Audit", célèbre blog "climato-sceptique", annonçant qu'"un miracle a eu lieu" et publiant un lien pointant vers les fichiers discrètement déposés quelques heures auparavant sur "RealClimate"… Selon Stephen McIntyre, qui édite "Climate Audit", l'internaute ayant posté le message en question opérait depuis une machine installée à Nijni-Novgorod, en Russie…
Ce n'est pas tout. Lorsque Gavin Schmidt remarque que des fichiers ont été frauduleusement déposés sur son site, il les en ôte. Deux jours plus tard, c'est un lien déposé sur un autre blog "climato-sceptique" posté depuis une adresse IP cette fois enregistrée en Arabie saoudite et pointant vers les mêmes fichiers, stockés cette fois-ci sur un serveur basé en Russie. Selon le Mail on Sunday, ce serveur se trouverait à Tomsk, en Sibérie occidentale.
"Cela ne donne pas la localisation des pirates, explique M. Schmidt. Ils ont apparemment utilisé des “proxies ouverts” [ordinateurs pouvant servir de relais] basés dans ces pays pour masquer leur véritable localisation."
Reste désormais à savoir si les autorités de deux pays gros exportateurs d'hydrocarbures, la Russie et l'Arabie saoudite, collaboreront de bonne grâce à l'enquête britannique en cours pour remonter vers les commanditaires du piratage…
Stéphane Foucart
Sarkozy : "Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent"
Dans une tribune publiée par Le Monde, dans son édition datée du 9 décembre, Nicolas Sarkozy, s'exprime pour la première fois publiquement après le référendum en Suisse sur les minarets. Le président de la République rappelle les valeurs de tolérance et d'ouverture de la Fran
ce et appelle au respect mutuel entre "ceux qui arrivent" et "ceux qui accueillent".
"L’ouverture aux autres est un enrichissement", écrit ainsi M. Sarkozy. Opposant "le métissage", qui "est la volonté de vivre ensemble", au "communautarisme", qui "est le choix de vivre séparément", il insiste sur la nécessité, tout à la fois, de "respecter ceux qui arrivent" et de "respecter ceux qui accueillent".
Le président de la République considère que "chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre".
Quelques événements du 8 DÉCEMBRE
8 décembre 65 av. JC
Naissance du poète latin Quintus Horatius Flaccus, Horace, fils d'un affranchi aisé.
8 décembre 1554
Ambroise Paré reçoit le bonnet de docteur en chirurgie.
8 décembre 1694
Mort de Scaramouche, célèbre acteur de l'ancienne troupe italienne, renommé pour son agilité et son talent de mime.
8 décembre 1695
Mort de Barthélémi d'Herbelot, le premier, en France, qui ait bien connu les langues et les histoires orientales. Il est l'auteur d'une Bibliothèque orientale encore fort estimée.
8 décembre 1709
Mort de Thomas Corneille.
8 décembre 1744
Mort de Madame de Châteauroux, maîtresse de Louis XV. Marie-Anne de Nesle, quatrième fille du marquis de Nesle, succéda à sa soeur Mme de Mailly, dans le lit du roi. Louis XV lui donna alors le duché de Châteauroux et, afin d'avoir toujours sa nouvelle maîtresse sous la main, en fit une dame du Palais de la reine. Lorsque le roi tomba grièvement malade à Metz, l'évêque de Soissons, avant d'administrer le mourant, exigea une amende honorable pour le passé et des promesses solennelles pour l'avenir. Le comte d'Argenson fut alors chargé de signifier à la favorite la lettre de cachet qui prononçait cet éloignement. Lorsque Louis XV recouvra la santé, Mme de Châteauroux fut rappelée à la Cour, tandis que l'évêque de Soissons reçut l'ordre de se retirer dans son diocèse. Le comte d'Argenson, qui avait signifié à la favorite son exil, fut chargé de lui annoncer publiquement son rappel, et de lui demander, de la part du roi, le nom de tous ceux dont elle désirait l'éloignement. Il semble à peu près prouvé que la duchesse mit le nom d'Argenson à la tête de la liste. Mais elle n'eut guère le temps de jouir de sa vengeance, puisque, quelques jours plus tard, Mme de Châteauroux rendait le dernier soupir.
8 décembre 1793
Marie-Jeanne Gomard de Vaubernier, comtesse du Barry et favorite de Louis XV, est arrêtée le 22 septembre, condamnée à mort en novembre, avant d'être amenée, ce 8 décembre, à l'échafaud place de la Révolution. Terrorisée, elle hurle ; le bourreau se voyant contraint de la porter en haut des marches de l'échafaud. Elle hurle encore lorsque tombe le couperet.
8 décembre 1807
Napoléon donne à son plus jeune frère, Jérôme, la couronne du royaume de Westphalie. Un royaume qu'il a créé de toutes pièces pour atteindre l'Autriche.
Les IUFM mobilisés contre la réforme de leurs cursus
La réforme de la formation des enseignants, voulu par la ministre de la recherche, Valérie Pécr
esse, et par le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, n'en finit pas de semer le trouble dans les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). La quasi-totalité des 32 IUFM de France étaient mobilisés contre le projet, lundi 7 décembre, à l'initiative de leurs directeurs.
Ainsi, à midi, l'amphithéâtre de l'IUFM de Paris IV, dans le 16e arrondissement, ne suffisait pas à accueillir tout le monde. Professeurs et élèves y ont débattu des conséquences de la mastérisation du cursus des futurs professeurs. Le principe de la réforme est simple : élever les niveaux des enseignants en les recrutant à bac + 5 contre bac + 3 aujourd'hui. A la sortie, deux sentiments dominent : défiance et inquiétude.
"La mastérisation est d'abord une chance pour les enseignants et les élèves" écrivaient pourtant les deux ministres, le 18 novembre, dans une tribune publiée dans Le Monde. Un discours qui a laissé impassible un corps enseignant échaudé par la politique menée par Xavier Darcos, père spirituel de cette réforme. Ainsi, Thomas, professeur des écoles stagiaire, voit dans ce projet la poursuite de la stratégie du "moins disant économique" : "non-remplacement de professeurs, augmentation du nombre de classes surchargées, suppression du Réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased)... Au vu de la politique générale du gouvernement concernant l'éducation nationale, on peut légitimement s'inquiéter de toute initiative."
"LE BAGAGE QUE L'ON NOUS PROPOSE EST DÉJÀ TRÈS FAIBLE"
La réforme prévoit le recrutement d'enseignants qui prendront leur poste après une préparation académique à l'université, mais sans formation pédagogique dans les IUFM et parfois même sans stage en situation scolaire concrète. Dans le plan gouvernemental, les stages sont seulement "conseillés". Un changement minime pour Gabriela, selon qui la formation pédagogique délivrée par les IUFM est de toute façon "largement insuffisante". "Nous avons un jour de formation pédagogique par semaine, explique l'étudiante, le bagage que l'on nous propose est déjà très faible"."Il y a des insuffisances, c'est vrai, admet Thomas, on nous apprend à transmettre des connaissances, mais on ne nous donne aucune clé pour bien gérer un groupe. Ce n'est pas pour autant qu'il faut faire table rase d'un système qui fonctionne, nuance l'étudiant, au contraire, il faut l'améliorer."
Pour Elsa, le virage que prend l'éducation nationale en modifiant son mode de recrutement la conduit vers un "système à l'anglo-saxonne". "Bientôt, à l'issue du concours nous n'aurons plus de poste assuré. Nous devrons postuler auprès des écoles, collèges ou lycées en fonction des besoins, comme dans une entreprise." Une école publique qui suivrait le modèle de recrutement du privé... "C'est cette dérive que nous pouvons craindre."
Eric Nunès











