Présente dans les plastiques -dont les biberons- cette molécule fait l'objet de multiples rapports pour tenter de déterminer son degré d'innocuité.
Le bisphénol A est encore en première ligne. L'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) vient en effet d'annoncer qu'elle reprenait ses travaux sur les effets de cette molécule. Depuis quelques années, des nuages noirs s'accumulent au-dessus de ce composé chimique largement utilisé dans la fabrication d'objets en matière plastique et notamment les biberons. Au point qu'en mars dernier les six plus gros fabricants américains ont annoncé qu'ils allaient cesser de vendre aux États-Unis des biberons contenant ce produit. Et, fin juin, le Canada a été le premier pays à interdire définitivement l'utilisation de ce type de biberons.
Une décision prise au nom du principe de précaution : «Le gouvernement a conclu que les taux d'exposition pour les nouveau-nés et les nourrissons âgés de moins de dix-huit mois ne sont pas assez importants pour causer des effets sur la santé», précise le site officiel de l'agence de santé canadienne, qui ajoute : «Toutefois, comme certaines études ont soulevé des doutes quand aux effets possibles de faibles doses de bisphénol, le gouvernement veut réduire encore plus le taux d'exposition.»
Les craintes sont notamment liées à la migration du bisphénol lorsque le plastique est chauffé. Le passage au micro-ondes ou le simple versement d'un liquide très chaud sont en cause pour les biberons.
Il y a un peu plus d'un an, l'Afssa en France avait rendu un rapport concluant à l'innocuité du micro-ondes sur les biberons. «En conditions de chauffage réalistes - inférieure à dix minutes -, les quantités de bisphénol A transférable à l'aliment restent très inférieures à la valeur maximale de 50 µg par litre retenue par l'AESA (autorité européenne de sécurité des aliments) pour son calcul d'exposition conservateur», précisait le communiqué qui conduisit Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, à se montrer très rassurante.
L'alerte est revenue avant l'été par l'intermédiaire de Chantal Jouanno. Dans un courrier adressé à son homologue de la Santé, la secrétaire d'État à l'Écologie souligne que «des études scientifiques récentes semblent apporter des éléments nouveaux concernant les risques pour la santé». Une étude américaine publiée en janvier montre notamment que le bisphénol reste beaucoup plus longtemps dans l'organisme que ce qui était reconnu jusqu'à présent.
«Principe de précaution»
«Nous rouvrons le dossier comme on le fait chaque fois que l'on dispose d'éléments nouveaux», explique Marc Mortureux, le nouveau directeur de l'Afssa. Comme les autres agences européennes, cette dernière dispose ainsi d'une étude qui porte sur la neurotoxicité du produit, effectuée par les industriels selon un protocole précis, dans le cadre du programme européen Reach (il doit permettre d'évaluer d'ici à 2018 les effets sur la santé et l'environnement de 30 000 substances chimiques aujourd'hui sur le marché). «Ce sera également l'occasion de regarder les autres études parues ces derniers mois», ajoute Marc Mortureux.
Sans préjugé du résultat, quelques villes françaises ont d'ores et déjà choisi de supprimer dans les crèches les biberons contenant du bisphénol A. À Paris et, plus récemment, Besançon. Durant l'été, des sénateurs radicaux de droite et de gauche ont de leur côté déposé une proposition de loi demandant l'interdiction du bisphénol A dans les plastiques alimentaires au nom «du principe de précaution».
Le nouveau rapport de l'Afssa attendu pour début 2010 permettra de valider ou non ces choix.
dimanche 1 novembre 2009
Le bisphénol A de nouveau sur la sellette
Un an après, les anti-Obama relèvent la tête
Un an après l’élection du président noir, ses adversaires multiplient les slogans extrémistes. Qui sont ces opposants que l’on entend beaucoup depuis quelques semaines et qui inquiètent ?
«Barack Obama… c’est un traître. » Mike Brady sourit, embarrassé : s’il aime la provocation, il mesure malgré tout la portée de ses mots. Pourtant, son propos résume le fond de sa pensée. « Il est en train de détruire notre pays, de balayer notre Constitution pour faire des États-Unis un pays socialiste, affirme-t-il. Il a déjà nationalisé l’industrie automobile, maintenant il veut que le gouvernement s’occupe de notre santé… Ce n’est pas notre pays, ça. Nous sommes une nation capitaliste, pas socialiste. Ce qu’il fait, ce n’est pas américain. »
Mike et sa femme Maria sont en colère. Depuis un an. Ce couple de quinquas tranquilles, propriétaires d’une entreprise d’impression à Boiling Springs, petite ville de Caroline du Sud, n’a pas digéré l’élection de Barack Obama. Une colère qu’ils expriment avec l’énergie des convertis. Dans les années 1970, Mike s’était laissé porter par l’air du temps, et les paradis artificiels, jusqu’en Californie. Aujourd’hui, l’homme aux cheveux blancs et à la moustache poivre et sel n’entame plus un repas sans une prière.
Maria, elle, c’est à la politique qu’elle s’est convertie. Jusqu’à la victoire de Barack Obama, ce qui se passait à Washington la laissait indifférente. « Quand il a été élu, j’ai compris que quelque chose ne tournait pas rond », lâche-t-elle sans avoir une idée précise de la nature du problème.
Depuis, Maria rattrape le temps perdu, passe ses journées devant Fox News ou son ordinateur à dévorer les infos publiées par la droite radicale. La moindre rumeur sur Internet devient, en atterrissant dans sa boîte aux lettres virtuelle, une confirmation du traquenard qui menace le pays. Une preuve que Maria s’empresse de faire suivre aux 4 500 noms que compte sa liste de contacts.
Le « mouvement patriote », incarnation de la droite populiste
Car Mike et Maria n’entendent pas rester les bras croisés. Depuis ce printemps, ils ont rejoint le « mouvement patriote », incarnation de la droite populiste américaine la plus dure. Cette famille compte plusieurs branches, depuis la droite religieuse jusqu’aux économistes ultra-libéraux, en passant par les poujadistes opposés aux « élites ». La spécialité de Mike et Maria ? L’organisation de « tea party ». Au programme, pas plus de gâteaux secs que d’Anglaises qui lèvent le petit doigt dans un salon, mais des slogans agressifs et des Américains qui lèvent le poing dans la rue.
Sur les pancartes colorées, trois lettres rouges de colère : TEA, pour « Taxed Enough Already » (« déjà suffisamment taxés »). Mais l’expression n’est pas qu’un sigle. Elle renvoie à un épisode fondateur de la révolution américaine, la « tea party » de Boston, en 1773, quand des Américains en devenir, refusant un nouvel impôt levé par la Couronne britannique sur le thé, avaient jeté à la mer la cargaison de trois navires en provenance de Londres.
Le 15 avril dernier, rejoignant une initiative nationale, Mike et Maria ont mis sur pied leur propre « tea party » à Boiling Springs. À leur grande surprise, deux cents personnes les ont rejoints. Gonflé à bloc, le couple a poursuivi ses efforts, participant à une marche sur Washington, le 12 septembre. Depuis, ils ont organisé le départ de neuf bus pour la capitale fédérale. À chaque occasion, Mike l’ancien artiste se déguise en Américain de l’époque coloniale, façon de souligner que le patriotisme est de son côté… À ses côtés, d’autres hommes en colère portent des tee-shirts plus inquiétants, où Obama apparaît sous les traits d’un Hitler.
Dans ce magma contestataire, le racisme est présent
Neuf mois à peine après l’investiture de Barack Obama, beaucoup d’observateurs ont tendance à ne voir qu’un phénomène marginal, réunissant quelques hurluberlus en colère, mais peu nombreux et inoffensifs. Pas Chip Berlet, journaliste et activiste de gauche qui surveille depuis une trentaine d’années les activités et les différents visages de la droite radicale américaine. « Il s’agit d’un vrai mouvement de masse, estime-t-il dans son bureau de Boston.
Un mouvement difficile à mesurer : pas de QG, pas de listes de membres… C’est très diffus, et même leurs rassemblements donnent lieu à l’éternelle guerre des chiffres. Mais d’après ce que j’entends dans le pays, il s’agit d’un vrai phénomène qui gagne du terrain. » D’après les médias, la manifestation de Washington aurait réuni quelques dizaines de milliers de personnes. « Plus d’un million », répondent les organisateurs.
Dans ce magma contestataire, le racisme est présent. Mais dans quelle mesure ? Sans doute pas autant qu’on pense, vu d’Europe. Car le véritable ennemi commun de ces différentes mouvances est l’État, accusé de tous les maux par une partie de l’Amérique frustrée par la crise et les milliards accordés à Wall Street.
Ce phénomène n’est pas nouveau : le populisme a toujours été une force politique aux États-Unis. Mais les nouvelles technologies offrent aujourd’hui une vitrine formidable aux théories les plus paranoïaques… Sans parler de Fox News, qui a récemment consacré quatre heures d’antenne à des « camps d’internement » que le gouvernement américain aurait commencé à construire. Avant de conclure qu’il s’agissait d’une rumeur infondée.
Remettre en cause la légitimité du président américain
« Cette histoire est intéressante, explique Chip Berlet, car cette théorie ne date pas d’Obama : elle était déjà là dans les années 1990, propagée dans l’univers des milices, ces organismes armés antigouvernementaux présents dans certaines régions du pays et en forte expansion au début des années Clinton. Du recyclage, mais propagé au-delà de ces cercles restreints. »
Jusque chez Mike et Maria, par exemple, qui y croient et y voient une confirmation supplémentaire que Barack Obama est un « fasciste » – ou un « socialiste », c’est selon. D’ailleurs, est-il vraiment américain ? « On ne sait pas… Personne n’a vu son certificat de naissance », lâche Maria, reprenant un discours de la droite radicale qui estime que le président est en fait né en Afrique, et qu’il n’est pas un citoyen américain. Donc pas légitime.
Car ces propos ne visent pas tant à attaquer la politique de Barack Obama qu’à remettre en cause sa légitimité même. Les images de Barack Obama en Hitler ou en Staline, aussi absurdes soient-elles, créent un climat malsain. À Greenville, cœur de la région la plus conservatrice de Caroline du Sud, Frère Jay Scott Newman, de l’Église Sainte-Marie, relativise : « Des radicaux un peu toqués, nous en avons. Mais il en existe aussi en Europe. Il ne faut pas faire trop attention. Je vous rappelle que les deux derniers présidents qui ont été visés par la violence étaient des républicains – Ronald Reagan et Gerald Ford. »
Chip Berlet est plus inquiet. Non pas qu’il redoute un attentat contre le président, très bien protégé, mais plutôt un acte de violence contre un symbole de l’État, comme celui qui avait visé, en avril 1995, un bâtiment du FBI à Oklahoma City, faisant 168 morts. « Je ne dis pas que ça va arriver, explique-t-il. Je dis seulement que le climat actuel et la colère d’une minorité d’Américains actifs rappellent la situation après l’arrivée de Bill Clinton à la Maison-Blanche. »
Gilles BIASSETTE (à Greenville et Boston)
Les inégalités salariales ont explosé depuis 1995#
Une étude sur les salaires dans le monde du BIT montre que les salaires réels ont progressé bien moins vite que la productivité sur douze ans
Les salaires n’ont pas suivi la courbe de la croissance économique. C’est ce que montre une étude du Bureau de l’Organisation internationale du travail (OIT). Les chercheurs de cette agence des Nations unies, qui a vocation à promouvoir la justice sociale, ont suivi l’évolution sur douze ans (1995-2007) des salaires moyens (déduits de l’inflation), dans 85 pays, représentant 70 % de la population mondiale.
Bien que l’économie mondiale ait connu une croissance moyenne de 3,3 % par an entre 1995 et 2007, le taux d’augmentation annuel des salaires est, lui, resté inférieur, à 3 %. Après 1999, cette hausse a même subitement ralenti, avec un taux moyen tombé à 1,9 %.
Ces variations sont très disparates d’une zone géographique à l’autre. Les deux tiers des pays ont connu une croissance annuelle des salaires inférieure à 3 % sur les douze ans. C’est le cas des pays industrialisés, où la hausse moyenne a été de 1 % par an, mais aussi de l’Amérique latine (0,5 %) et de l’Afrique (– de 0,5 %). À l’inverse, la Chine voyait ses salaires augmenter de 10 % par an. Et les pays de l’Est, de + 14 %. « À l’exception de ces hausses rapides de salaires dans les économies en transition, l’Europe se caractérise par une modération générale des salaires sur l’ensemble de la décennie », note l’étude.
Records de hausse des salaires de dirigeants
En analysant la façon dont les salaires ont été distribués entre les différentes catégories de salariés, le BIT note une réduction lente de l’écart salarial entre femmes et hommes, ainsi qu’une explosion de l’écart entre le salaire le plus haut et le plus bas.
Des records de hausse des salaires de dirigeants ont notamment été observés en Asie (Thaïlande, Corée du Sud), en Argentine et en Afrique du sud, ainsi que dans les pays de l’Est. Les États-Unis ne montrent pas l’exemple. Comme le relève une autre étude du BIT, les PDG des 15 plus grosses entreprises gagnaient 500 fois plus que le salarié moyen en 2007, contre 360 en 2003.
La période 1995-2007 a enfin été marquée par le décrochage entre la courbe du salaire moyen et celle du PIB par habitant. « Les hausses de productivité ne se sont pas pleinement traduites par des salaires plus élevés » pour tous, conclut le BIT, ce qui explique l’explosion des inégalités sociales.
Aude CARASCO
Plainte des pompiers après le sauvetage d'un spéléologue
Ils dénoncent la négligence de deux hommes qui auraient «mis en danger» les sauveteurs. Et ils veulent récupérer les sommes dépensées pour ce sauvetage, la semaine dernière dans une grotte de la Drôme.
L'affaire débute le sam
edi 24 octobre avec le sauvetage dans la soirée, dans une grotte du département de la Drôme, à Bouvante, d'un spéléologue bloqué à plus de 200 mètres sous terre. Pierre-Yves Belette, parti cinq jours plus tôt, s'est retrouvé bloqué par une montée d'eau souterraine due à de fortes pluies. C'est un collègue, descendu dans la grotte le 19 octobre, comme son camarade, mais remonté seul en catastrophe deux jours plus tard qui donnera l'alerte.
Une semaine plus tard, on apprend que le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Drôme a déposé plainte contre le spéléologue et son camarade, leur reprochant d'avoir «mis en danger» les sauveteurs par leur imprudence. «Ces deux hommes ont pratiqué leur sport avec une témérité telle que ça a mis en oeuvre des secours énormes et mis en péril la vie d'autres personnes», explique ainsi Pascal Pertusa, président du conseil d'administration du SDIS. Dix-sept sapeurs-pompiers et 55 sauveteurs, dont quatre plongeurs, étaient intervenus pour secourir ce spéléologue expérimenté. Partis le samedi matin, ils l'avaient récupéré sain et sauf dans la soirée.
Dans sa plainte déposée vendredi, le SDIS rappelle que les bulletins météo prévoyaient de fortes pluies, et se réserve la possibilité de se porter partie civile «pour récupérer les 30.000 à 40.000 euros» qu'aurait coûté l'opération. Une somme que ne doivent pas acquitter les contribuables, juge Pascal Pertusa qui conteste également le nombre de sauveteurs mobilisés ce jour-là. «Il y a des moment, où il faut être responsable de ses actes. (...) Il faut arrêter d'être inconscient», ajoute-t-il sur France Info. «Ils avaient également conscience que cette période était favorable au phénomène de crues et à la création de siphons dans cette grotte», ajoute-t-il dans les colonnes du Dauphiné Libéré.
Une «réflexion» sur les risques
Le deuxième spéléologue, descendu dans la grotte le 19 octobre, comme son camarade, mais remonté seul en catastrophe deux jours plus tard, est quant à lui visé pour «non-assistance à personne en danger et entrave à la distribution des secours». Il lui est reproché de n'avoir prévenu les sauveteurs spéléologues que le lendemain. Ces derniers ayant eux-mêmes attendu pour prévenir les pompiers, les secours «sont partis alors que l'eau avait déjà beaucoup monté», a souligné Pascal Pertusa.
Le patron du SDIS se défend de vouloir remettre en cause le principe de la gratuité des secours, même si le sauvetage a coûté 50 fois plus cher que les «600 à 700 euros» d'une opération classique de secours à personne, mais appelle de ses voeux une «réflexion» sur les risques liés à certaines pratiques. «Lorsqu'un skieur prend un forfait de remontées mécaniques, une somme est automatiquement prélevée pour les interventions sur les pistes. Dans certains sports un peu particuliers, il y a peut-être un travail à effectuer pour inclure un système d'assurance dans la licence», a-t-il estimé. Le colonel Olivier Bolzinger, directeur du SDIS, réclame pour sa part «une mise en vigilance de ceux qui pratiquent les sports de plein air», déplorant que les pompiers de la Drôme soient «régulièrement confrontés à l'imprudence» de certains pratiquants.
Interrogé par le Dauphiné Libéré, Pierre-Yves Belette explique être depuis retourné dans la grotte en question. «Pour remonter mes notes et du matériel ... de sapeurs-pompiers !», explique-t-il. «Je suis déçu, révolté par cette attitude. C'est grave, ils veulent nous faire culpabiliser. Je me pose cette question : nous vivons dans quel monde ? »
Quand le stress favorise l'apparition de maladies
Difficile de faire le lien entre un travail stressant et l'apparition d'une maladie. Pourtant, une série d'enquêtes nationales réalisées ces dernières années, analysées et regroupées par un collége d'experts, sur demande du ministère du Travail, fait le lien de cause à effets pour cert
aines pathologies. Selon les auteurs de ce rapport, le stress au travail ou la dépression peuvent ainsi décupler les risques de maladies cardio-vasculaires, les problèmes de santé mentale et les troubles musculo-squelettiques "pouvant atteindre 50% à 100%".
Chargés de formuler des propositions en vue d'un suivi statistique des "risques psychosociaux au travail", le collège d'experts, regroupant notamment Philippe Askénazy (directeur de recherche au CNRS), Christian Baudelot (sociologue) ou Chantal Cases (statisticienne-économiste et directrice de l'Ined), a déterminé quarante "indicateurs provisoires" : "chacun est pertinent, mais ils ne donnent pas encore une vue exhaustive et synthétique des risques psychosociaux au travail", prévient Michel Gollac, sociologue et administrateur de l'Insee, qui préside le collège d'experts.
Se basant sur l'enquête Sumer de 2003 sur la surveillance médicale des risques professionnels, l'enquête 2005 sur les conditions de travail de la Dares (ministère du travail) et l'enquête Santé et itinéraires professionnels (SIP) 2007, le rapport classe les indicateurs en six catégories : exigences du travail, charge émotionnelle, autonomie et marges de manœuvre, rapports sociaux et relations de travail, conflits de valeur et insécurité socio-économique. La version définitive de l'étude est prévue à l'automne 2010.
Je commence à en avoir ras le bol de ces analyses à la mord moi le nœud qui comparent des choses auxquelles on ne faisait pas attention voilà dix ans.
Le stress a toujours existé, même à l'époque des pharaons, et cela ne va pas aller en s'améliorant avec le temps.
Qu'on nous lâche la grappe avec ces conneries et parlons de choses plus sérieuses, la compétitivité en Europe et dans le monde, voilà un sujet digne d'intérêt.
Tant de questions sur l'au-delà
Les Quarante Chroniques de l’au-delà qui composent Bis sont autant d’hypothèses sur ce qu’il y a après la mort.
Sur Dieu, l’éventail est ouvert: il est ici masculin, là féminin; il peut ignorer l’existence de l’homme parce qu’il a la taille d’une galaxie, ou bien celle d’un microbe; aimer l’humanité, ou la détester; rassembler autour de lui un véritable panthéon ou bien, fatigué de son rôle, démissionner. Qu’en est-il du paradis et de l’enfer? Il n’est pas toujours facile d’orienter les humains vers l’un ou l’autre: pour les victimes d’une guerre, quels sont le camp du bien et celui du mal? Mais surtout, qu’est-ce que le paradis? L’heureux élu aura-t-il à passer l’éternité avec plusieurs représentations de lui-même, à différents âges de sa vie? Ou exclusivement avec ceux qu’il a croisés pendant son existence? Devra-t-il revivre son passé à rebours, ou bien avec une redistribution temporelle des événements assemblant ce qui se ressemble, ce qui lui ferait passer successivement trente ans à dormir, sept mois à faire l’amour, deux mois à chercher une place de stationnement…?
On en vient à se demander si de tels paradis ne sont pas en réalité l’enfer. Peut-on au moins espérer être au clair avec la mort? Ce n’est pas sûr. C’est que la mort se déroule en trois étapes: quand le corps cesse de fonctionner, quand il est enterré et quand on prononce votre nom pour la dernière fois. Et les informaticiens inventeront peut-être un jour une touche "Trépas" qui permettra au défunt de se manifester par des messages préprogrammés envoyés périodiquement après sa mort. On finit par s’en convaincre: la vie est préférable à tous ces "au-delà". Chaque chronique est concise, troublante et drôle aussi. Chacune contraint à la réflexion: sur la condition humaine, sur l’évolution de la personnalité tout au long de la vie, sur la destinée, sur le bien et le mal. Le jeune Américain David Eagleman est spécialiste de neurosciences. Il écrit, nous dit-on, la nuit… Son petit livre est très brillant.
La Nef des fous, c’est un immense vaisseau peuplé de milliers d’humains qui erre dans l’espace depuis des siècles à la recherche de la Terre promise, coupé de tout par une épidémie qui l’a privé d’une partie de sa population et de ses archives. Il reçoit un signal radio qui le guide vers une planète habitable. Son équipe d’exploration n’y trouve pas âme qui vive. La population a été victime d’un effroyable génocide. Une question hante rapidement l’équipage: les coupables, des extraterrestres sans doute, n’auraient-ils pas attiré le vaisseau dans un piège mortel? Horreur et peur se conjuguent pour mettre en cause l’ordre établi dans ce monde clos, pour bousculer le fragile équilibre entre pouvoir politique et responsables religieux. Richard Paul Russo a le sens du suspense: on s’interroge jusqu’au bout sur le mystère du massacre, et aussi sur l’évolution des relations entre les personnages, complexes et attachants, qui sont confrontés à cette situation de crise.
Bis, de David Eagleman, Nil, 166 p., 16 euros. La Nef des Fous, de Richard Paul Russo, Pocket SF Le Bélial, 475 p., 22 euros.
Ces enfants qui ne vivent que devant des écrans
Les «produitsculturels» les plus vendus en France sont des jeux vidéo, les premiers «ordinateurs» s'adressent aux enfants de 3 ans et des télévisions diffusent des émissions destinées aux bébés de 6 mois… Enquête sur les véritables effets des écrans sur les jeunes.
Mon fils a tué quarante-cinq personnes aujourd'hui. » Le père qui prononce ces paroles n'est pas effondr
é. Juste un peu inquiet. Son fils, Adrien, ne fait pas la une des journaux pour un fait divers sanglant. C'est un adolescent sympathique, bien dans sa peau, qui, comme tous ses copains, passe beaucoup de temps sur son ordinateur, à jouer à des jeux guerriers. «Ce que je préfère, raconte Adrien, ce sont les jeux de stratégie, où il faut conquérir des mondes. Mais j'aime aussi tirer dans tous les coins, être plus rapide que l'ennemi.» Mathilde a 9 ans. On la croirait sortie d'un roman de la comtesse de Ségur, à ceci près que, contrairement à la petite Sophie du roman, Mathilde n'a pas de poupée. «C'est pour les bébés», tranche-t-elle avec une moue dédaigneuse. Mathilde a un cheval et de jolis petits animaux aux grands yeux attendrissants. Mais c'est sur sa console Nintendo DS. Mathilde, Adrien et tous les autres vivent entourés d'écrans. Ils y communiquent avec leurs amis, ils y jouent à des jeux plus ou moins violents, s'y inventent une vie rêvée, ou s'y échangent de courtes vidéos. Le reste du temps, ils le passent devant «Secret Story» ou Plus belle la vie.
Régulièrement resurgit le débat sur la violence des jeux vidéo. Aujourd'hui, c'est la notion d'addiction qui concentre l'attention. Simplement parce que le phénomène se prête aux études scientifiques : il est quantifiable. Le mois dernier, dans les allées du Festival du jeu vidéo de Paris, les «gamistes» s'agaçaient : «Ils s'imaginent quoi, réagit Vincent, 19 ans, chemise canadienne et chaussures de montagne. Quand on tue quelqu'un dans un jeu, on fait parfaitement la différence avec le réel.» Sur chaque stand s'affichait la créativité d'un secteur en pleine expansion. Trente milliards de chiffre d'affaire annuel, et des innovations permanentes. Grand Theft Auto IV, le jeu qui a défrayé la chronique par son hyperviolence, présente des plans dignes des meilleurs réalisateurs hollywoodiens. Et Assassin's Creed II, l'une des nouveautés les plus attendues de cette rentrée, promènera les joueurs dans une Venise d'un réalisme époustouflant. De plus en plus beaux, de plus en plus précis, les jeux vidéo seront au XXIe siècle ce que le cinéma fut au XXe. Ils se mêleront aux techniques de montage d'image et aux blogs pour créer un univers où les jeunes s'inventent déjà une identité sous le regard des autres.
La France est le premier pays européen de blogs adolescents. Elle est aussi un des pays où l'on trouve une partie des meilleurs créateurs de jeux vidéo. Et si chaque fait divers réveille la polémique sur leurs effets néfastes, les écrans fascinent autant qu'ils inquiètent. Les parents sont les premiers à acheter un ordinateur à leur petit dernier de 3 ans pour qu'il «ne rate pas la révolution numérique». Mais ils s'émeuvent de voir l'aîné collé à son écran. Thibault, 14 ans, avoue avoir réduit sa consommation. Il s'en réjouit même : «La télé endort un peu, c'est plus ennuyeux. Mais maintenant, j'arrive à m'ennuyer même sur ordinateur.» Il passait huit heures par jour devant son écran, ne dormant plus que quatre ou cinq heures par nuit.
Colin, 22 ans, a dépassé le stade de la dépendance. Même si aujourd'hui il se destine à la conception de jeux, il s'est un peu éloigné «depuis que World of Warcraft a supplanté Dark Age of Camelot». Entendez : deux jeux «MMORPG» ou «massivement multijoueurs», dont le premier a connu un succès foudroyant. La caractéristique des MMORPG : le joueur se crée un personnage et se connecte pour pouvoir s'allier avec les autres ou les combattre. Des batailles s'organisent, qui rassemblent parfois trois cents joueurs. Mais surtout, le joueur qui éteint son ordinateur sait que le monde continue à vivre sans lui : la temporalité du jeu lui échappe. Colin avoue avoir joué parfois de 8 heures du matin à minuit, ou les deux mois d'été. Quant à Thibault, il raconte que certains copains ont dépensé «jusqu'à 1 000 euros par mois pour obtenir des codes donnant accès aux niveaux supérieurs».
Internet aiguiserait le sens critique
De plus en plus de psychologues tentent de dédramatiser, notamment en privilégiant la théorie des usages : les écrans ne sont pas mauvais, c'est ce qu'on en fait qui pose problème. L'argument des défenseurs des écrans est aujourd'hui résumé dans un livre paru aux États-Unis, Ce qui est mauvais est bon pour vous. La thèse : les scénarios des jeux vidéo et séries que regardent les jeunes offrent une complexité croissante, qui développerait les performances cognitives. Mieux, pour le psychologue Michael Stora, tenant de la position «moderniste», «la fréquentation d'Internet apprend aux jeunes que tout est faux. Ils acquièrent un regard critique sur le monde.» Distance et refus des modèles. Pour Christian Gautellier, vice-président du Ciem (Collectif interassociatif enfance et média), voilà bien ce qui pose problème : «Ces jeux et ces séries télé sont porteurs de valeurs qui n'ont parfois rien à voir avec celles des familles ou même celles de notre civilisation. Mais les jeunes s'approprient ces valeurs par imprégnation.» Et par le fait qu'ils sont confrontés à des situations qui ne correspondent pas forcément à leur développement cognitif, ce que Liliane Lurçat (1), chercheuse au CNRS en psychologie de l'enfant, appelle la «fusion des âges à l'ère de la télévision». Un mélange entre la banalisation de la pensée magique et une sortie précoce du monde de l'enfance.
Pire, les techniques évoluent tellement vite, et l'imprégnation a lieu désormais sur des enfants tellement jeunes, qu'il est impossible d'avoir des études fiables. Venues de Grande-Bretagne, les télévisions pour bébés de 6 mois à 3 ans, qui diffusent des programmes 24 heures sur 24, se sont imposées en France malgré l'opposition du ministère de la Culture, grâce à la législation européenne. Pour Christian Gautellier, «ce n'est pas un problème de contenu. C'est pour ça que le débat sur la violence est biaisé. La violence, c'est de mettre des enfants de cet âge devant des écrans.» L'effet de sidération se manifeste dès les premiers mois de la vie, et nul n'en mesure les conséquences. Qui analysera scientifiquement l'absence totale de compréhension que les jeunes peuvent avoir du monde qui les entoure, de ses lois scientifiques et logiques, de son fonctionnement… Bref, de notre environnement naturel et culturel ?
«Bienvenue dans le désert du réel»
«Les écrans, explique Liliane Lurçat, ne sollicitent que les sens à distance, l'ouïe et la vue. Pas les sens de proximité. Or, l'odorat, le goût et le toucher sont des sens fondamentaux. Ils sont nécessaires à un développement cognitif harmonieux. C'est par les cinq sens qu'un enfant se raccorde au réel. Hannah Arendt en faisait la condition de ce qu'elle appelait le “sens commun”.» Il suffit pour s'en convaincre d'observer un bébé qui, pour comprendre les objets qui l'entourent, pour se les approprier, les manipule et les goûte. L'enfant installé devant son écran, à quelque âge que ce soit, détruit peu à peu cette conscience profonde de son existence au monde qui naît du lien entre les perceptions sensorielles et l'intelligence. Et les essais pour développer des environnements olfactifs sur ordinateur n'y changeront rien : ils ne seront aux véritables odeurs que ce que la fraise Tagada est à une vraie fraise, un artefact qui tend à modeler notre goût, à nous faire oublier le réel.
Serge Tisseron (2) est l'un des auteurs de la pétition contre les télévisions pour bébés. Il s'alarme de cette course à la précocité qui incite les parents à équiper leurs enfants de plus en plus jeunes et suggère une règle «3-6-9-12». Pas de télévision avant 3 ans, pas de console avant 6 ans, pas d'Internet accompagné avant 9 ans, et pas d'Internet seul avant 12 ans. Une proposition franchement minimaliste, quand d'autres experts demandent instamment que soit retardée au maximum l'exposition des enfants aux écrans. C'est selon eux le seul moyen de préserver leur développement sensoriel et de lutter contre la «désertification sans précédent de l'espace réel et de tout ce qui nous entoure» qu'analysait le philosophe Jean Baudrillard. «Bienvenue dans le désert du réel», déclarait un des personnages de Matrix, film culte des amateurs de mondes virtuels. Pour eux, d'ores et déjà, «la vraie vie est ailleurs» ; ailleurs que dans la civilisation et les références qui ont jusqu'à présent structuré les sociétés humaines.
(1) «La Manipulation des enfants par la télévision et par l'ordinateur», Liliane Lurçat, Éditions François-Xavier de Guibert. (2) «Qui a peur des jeux vidéo ?», Serge Tisseron, Albin Michel.
Les séropositifs à nouveau bienvenus aux États-Unis
Barack Obama a annoncé qu'il finaliserait lundi l'ordre levant l'interdiction d'entrer sur le territoire qui les visait depuis 22 ans, bouclant un processus entamé par George W. Bush. Leur liberté de voyager sera aussi restaurée.
C'est une interdiction vieille de 22 ans qui va prendre fin. Les Etats-Unis prendront en effet lundi les
dernières dispositions pour lever l'interdiction faite aux porteurs du virus du sida d'entrer sur leur territoire et la liberté de voyager sera restaurée tout début 2010, a annoncé vendredi le président Barack Obama.
«Il y a 22 ans, par une décision fondée sur la peur plutôt que sur les faits, les Etats-Unis ont instauré une interdiction d'entrer sur le territoire pour ceux qui étaient porteurs du virus du sida. Nous parlons de faire disparaître le stigmate que représente cette maladie, mais cela ne nous a pas empêchés de traiter comme une menace ceux qui vivaient avec et qui nous rendaient visite», a déclaré Obama. Il a souligné que seuls une dizaine de pays dans le monde appliquaient une telle réglementation et que les Etats-Unis en faisaient partie. «Si nous voulons être à la pointe du combat contre le sida dans le monde, nous devons nous comporter comme tels. C'est pourquoi mon administration publiera lundi une ultime réglementation qui supprimera l'interdiction d'entrée, avec effet juste après le Nouvel an», a-t-il dit.
Le président s'exprimait à l'occasion de la promulgation d'une loi prolongeant des mesures d'aide aux malades du sida, visant à garantir un traitement notamment aux plus pauvres. Le texte a été adopté par le Congrès ce mois-ci.
Obama «finit le travail» de Bush
Des restrictions avaient été imposées aux voyageurs séropositifs depuis 1987, à une époque où les connaissances sur le mode de transmission de la maladie étaient faibles. Elles ont été levées en juillet 2008 après la signature par le président américain George W. Bush d'une loi qui triple sur cinq ans l'effort financier des Etats-Unis pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
En septembre 2008, les services américains de l'immigration avaient annoncé avoir transposé dans la réglementation sur la délivrance des visas la levée de l'interdiction de l'entrée et du séjour sur le sol américain des voyageurs séropositifs. Mais la levée de cette interdiction devait encore franchir une dernière étape procédurale: la publication d'une ultime réglementation par l'administration. «Le Congrès et le président Bush se sont engagés dans cette voie l'an dernier et ils doivent en être félicités. Nous finissons le travail», a déclaré le président. Auparavant, les personnes atteintes du sida n'avaient, sauf exception, pas le droit d'entrer aux Etats-Unis.
Barack Obama a également affirmé que la bataille contre le sida était «loin d'être terminée». «Le sida n'est peut-être plus la cause de décès numéro un chez les Américains âgés de 25 à 44 ans, comme c'était le cas autrefois. Mais 1,1 million d'Américains continuent à vivre avec le sida aux Etats-Unis», a-t-il dit. Il a noté que certains groupes, comme les hommes homosexuels et les Noirs, continuaient à afficher des taux de contamination «inacceptables».
En France, Jean-Luc Romero, président d'Elus locaux contre le Sida (ELCS), a accueilli «avec beaucoup de plaisir» l'annonce faite par Barack Obama espèrant qu'elle aura un effet «boule de neige». Il a émis le souhait que la fin de l'interdiction soit étendue aux personnes séropositives «ayant la volonté de s'installer aux Etats-Unis». Leur cas, dit-il, n'a pas été abordé. La ministre française de la Santé Roselyne Bachelot a elle salué «une décision d'une grande humanité».
Du fait de cette loi, les Etats-Unis n'ont plus accueilli de conférence internationale sur le Sida depuis 1993.
* Selon l'association américaine Immigration Equality, onze autres pays dans le monde refoulent les étudiants, touristes, voyageurs ou immigrants porteurs du virus du Sida. Il s'agit de l'Arménie, du Bruneï, de l'Irak, de la Libye, de la Moldavie, d'Oman, du Qatar, de la Russie, de l'Arabie saoudite, de la Corée du Sud et du Soudan.
"Pourquoi nous ne voterons pas la réforme de la taxe professionnelle"
Exclusif. Dans les colonnes du Journal du Dimanche à paraître, Jean-Pierre Raffarin et 24 sénateurs* expliquent pourquoi ils ne voteront pas la réforme de la taxe professionnelle. Voici leur tribune.
"Les réformes relatives aux territoires nécessitent à la fois sagesse et volontarisme pour une décentralisati
on juste et efficace. A la veille du Congrès des maires de France, nous entendons répondre aux préoccupations et inquiétudes des élus et exprimer nos convictions, en toute liberté et responsabilité.
Sénateurs, militants de la République décentralisée, nous souhaitons porter sur les réformes qui nous sont proposées un jugement sage, juste et réformateur. La réforme des collectivités territoriales nous paraît stratégique et moderne. Nous la soutiendrons avec conviction. Les décentralisateurs sont dans le camp des réformateurs. L’immobilisme est le pire adversaire de la décentralisation. Le débat sur les structures, leurs compétences et leurs moyens financiers est nécessaire à l’avenir de la République décentralisée. Il s’agit d’apporter à notre organisation territoriale plus de lisibilité, plus d’efficacité et un meilleur rapport coûts-avantages.
La réforme des collectivités territoriales et la recherche de plus de compétitivité pour les entreprises françaises nous conduisent à souhaiter une réforme de la taxe professionnelle. Les entreprises françaises sont pénalisées fiscalement par rapport à leurs concurrentes étrangères. Là aussi, nous sommes dans le camp des réformateurs. Cependant, la réforme de la taxe professionnelle, actuellement proposée par l’exécutif, ne peut être votée en l’état. Si le volet "allègement fiscal" pour les entreprises ne nous pose pas de problème et peut donc être voté rapidement, en revanche le travail relatif au volet territorial de la réforme n’est pas achevé.
L’actuelle proposition n’est ni claire, ni juste, ni conforme à nos convictions d’élus enracinés. Nous ne pouvons prendre à la légère l’inquiétude profonde et légitime de tous les élus qui, à la tête de leurs collectivités territoriales, sont les premiers investisseurs du pays.
Il nous apparaît peu rationnel de mener la réforme des finances avant celle des compétences. Le principe de réalité nous conduit à penser qu’il est nécessaire de voter d’abord la réforme des collectivités territoriales, puis la réforme de la taxe professionnelle. La seconde doit trouver ses fondations dans les choix et principes de la première.
Définissons les compétences de chaque échelon territorial puis, sereinement, logiquement et équitablement, répartissons les recettes fiscales en fonction des missions des différents échelons. Afin d’être informés en toute clarté et connaissance de cause, les élus ont besoin des simulations financières et fiscales que Bercy est dans l’impossibilité de fournir dans les délais impartis.
Puisque la réforme proposée n’impactera pas les budgets territoriaux de 2010, il est possible de voter la réforme des collectivités territoriales et leurs compétences avant 2011, année au cours de laquelle s’appliquera la réforme de la taxe professionnelle.
Pour toutes ces raisons nous proposons un amendement visant à donner le temps nécessaire au bon ordre des réformes. Nous voulons des simulations avant les décisions. Il s’agit de nous donner le temps pour une réforme plus juste et plus efficace. Le bloc communal qui doit être renforcé par la réforme des collectivités territoriales, l’acte III de la décentralisation, ne peut être fragilisé par la réforme de la taxe professionnelle.
Représentants de la Haute Assemblée, nous voulons promouvoir la sagesse réformatrice."
*René Beaumont (Saône-et-Loire), Michel Bécot (Deux-Sèvres), Pierre Bernard-Reymond (Hautes-Alpes) , Joël Billard (Eure-et-Loir), Jacques Blanc (Lozère), Paul Blanc (Pyrénées-Orientales), Pierre Bordier (Yonne), Christian Cambon (Val-de-Marne), Jean-Claude Carle (Haute-Savoie), Alain Chatillon (Haute-Garonne), Philippe Dallier (Seine-Saint-Denis), Béatrice Descamps (Nord), Alain Fouché (Vienne), René Garrec (Calvados), Françoise Henneron (Pas-de-Calais), Michel Houel (Seine-et-Marne), Alain Houpert (Côte-d’Or), Jean-Marc Juilhard (Puy-de-Dôme), Jean-René Lecerf (Nord), Antoine Lefèvre (Aisne), Philippe Paul (Finistère), Jean-Pierre Raffarin (Vienne), Charles Revet (Seine-Maritime), Bernard Saugey (Isère).
L'avocat de Chirac revient sur les "naufrages judiciaires"
L’avocat de Jacques Chirac, Me Jean Veil, rappelle, exemples à l’appui, que les juges d’instruction peuvent aussi être désavoués par les tribunaux.
"Pour moi, la défense du président Jacques Chirac commence véritablement aujourd’hui. Elle s’achèvera par un procès à l’occasion duquel il établira son innocence. Rappelons d’abord des faits, du droit et de l’histoire. Etre renvoyé devant un tribunal correctionnel n’est
ni un signe de culpabilité ni l’annonce d’une condamnation. Pour un juriste, cela va sans dire. Pour l’opinion publique, nos concitoyens, à bon droit interloqués et inquiets, cela mérite d’être rappelé.
Citons donc quelques affaires. Celle de la Mnef d’abord. Dominique Strauss-Kahn, forcé de démissionner du poste le plus important du gouvernement après avoir été mis en examen par un juge d’instruction, finalement blanchi par le tribunal de grande instance de Paris, avec des commentaires très critiques sur l’instruction. L’affaire dite du 'Sentier 2': huit années d’instruction, sept ans de mise en examen pour blanchiment contre la Société générale, son président Daniel Bouton et cinq dirigeants de la banque, un renvoi devant le tribunal malgré les réquisitions de non-lieu du Parquet ; et, pour finir, une relaxe générale. Dans cette dernière affaire, la dernière juge d’instruction était Xavière Simeoni, celle-là même qui vient de renvoyer Jacques Chirac devant le tribunal, également contre des réquisitions de non-lieu.
On pourrait citer mille autres naufrages judiciaires: la FNSEA, Ciments français, etc., conclus par des relaxes prononcées par un tribunal saisi par un juge qui statutairement doit transmettre son dossier dès lors que des charges apparaissent, sans avoir à apprécier les chances de condamnation ou de relaxe.
Pour être précis, et juste, cela ne remet pas en cause l’honnêteté ou la diligence des juges d’instruction, et certainement pas Mme Simeoni: elle a été, dans l’affaire de la Mairie de Paris, d’une courtoisie et d’une discrétion remarquables ; aucune des fuites qui ont pollué ce dossier n’est venue d’elle. Mais elle, comme tous ses collègues de l’instruction sont placés par la loi dans une situation intenable. On leur demande d’instruire à charge et à décharge, comme s’ils n’avaient pas, au fond, d’opinion ou de conviction sur les dossiers qu’ils instruisent.
Comme de nombreux juristes, je suis partisan depuis des décennies d’une réforme de l’instruction. On ne peut pas instruire contre sa propre conviction. En l’occurrence, celle de Mme Simeoni était faite, et dès avant le 21 novembre 2007, jour de la mise en examen de Jacques Chirac. Pendant deux ans, malgré la réalité des faits, je n’ai pu la faire changer d’avis. Je le regrette, tout en me réjouissant de pouvoir faire la preuve publique de l’innocence de mon client devant le tribunal correctionnel, face à des juges qui diront simplement le droit sans convictions préconçues, simplement comme des arbitres."
Origine de la FÊTE DE LA TOUSSAINT
La langue française désigne par cet unique mot fort heureux la solennité collective tous les saints. Celle fête ne remonte pas aux siècles primitifs du christianisme. Voici quelle en a été l'origine. Marc Agrippa, gendre d'Auguste, vingt-cinq ans environ avant la naissance du Christ, fit élever à Rome un temple superbe pour le dédier à son beau-père. Auguste n'ayant point accepté cet honneur, Agrippa dédia cet édifice à Mars et à Jupiter Vengeur, en mémoire de la victoire remportée par Auguste contre Marc-Antoine et Cléopâtre.
Plus tard, la déesse Cybèle et tous les dieux et déesses dont elle est la mère y eurent leurs statues en bronze, en argent, en or et même en pierres précieuses, selon l'importance de chacune de ces fausse
s divinités ; alors ce temple reçut, à juste titre, le nom de Panthéon, ou réunion de tous les dieux. Les décrets de Théodose le Jeune contre les monuments de l'idolâtrie avaient respecté ce magnifique édifice. On s'était contenté d'en extraire les impures idoles et d'en fermer les portes. Le pape Boniface IV demanda à l'empereur Phocas le Panthéon pour en faire une église. Sa demande fut accueillie, et en 610, le treizième jour de mai, Boniface dédia le Panthéon au vrai Dieu, sous l'invocation de la sainte Vierge et des martyrs.
Il y fit transporter vingt-huit chariots d'ossements des généreux confesseurs de la foi pris dans les divers cimetières de Rome, et dès ce moment le Panthéon prit le nom de Sanctæ-Mariæ ad Martyres. Depuis longtemps cette église est nommée Notre-Dame de la Rotonde, à cause de sa forme ; en effet elle ressemble à un demi-globe dont la hauteur est presque égale à la largeur. Celle-ci est de cent cinquante-huit pieds de diamètre (près de cinquante-trois mètres.
Le porche de cette coupole ou dôme est percé d'une large ouverture qui éclaire seule l'intérieur du temple. Tout le pourtour de l'église est orné d'autels.
Le pape ordonna que tous les ans, à pareil jour, on célébrerait l'anniversaire de cette Dédicace. Néanmoins, comme on a vu, ce temple n'était pas destiné à y célébrer la mémoire de tous les saints. En 731, Grégoire III fit terminer dans l'église de Saint-Pierre, au Vatican, une chapelle en l'honneur du Christ Sauveur, de sa sainte Mère, des saints apôtres, martyrs, confesseurs et de tous les justes qui reposaient, pausantium, par toute la terre. Cette chapelle serait donc le véritable berceau de la fête de la Toussaint. Un Office fut composé pour célébrer la nouvelle solennité. Insensiblement, à cause des rapports intimes de celle-ci avec la Dédicace la Rotonde, ces deux fêtes n'en firent plus qu'une seule. Afin de donner aux fidèles plus de facilité pour la célébrer, on en fixa le jour à une époque où toutes les récoltes étaient terminées.
Ainsi du 13 mai assigné pour l'anniversaire de la Dédicace de la Rotonde, comme on le lit encore au Martyrologue romain, cette fête fut transportée au premier novembre, par le pape Grégoire IV. Ce pontife se trouvant, en France, vers 835, engagea Louis le Débonnaire à établir dans ses vastes états la fête qui jusqu'à ce moment était restée circonscrite dans Rome et ses environs. Elle s'étendit rapidement dans les autres royaumes, et, à dater du neuvième siècle, l'église latine solennisa, le mêmo jour, la rite de la Toussaint. Il y avait néanmoins, avant ce temps-là, une fête de tous les apôtres, qui était célébrée le premier mai.
Le jeûne de la veille est prescrit dans un Concile depuis l'an 1022. Mais l'Octave (semaine de liturgie spéciale) ne fut établie qu'en l'année 1480 par le pape Sixte IV, qui plaça le Toussaint à un degré plus haut. La fête a toujours été chômée et le Concordat de 1802, en France, l'a retenue. Au dernier jour de l'Octave, à Paris et dans beaucoup d'églises, on célèbre la fête des Reliques. Le Rite de Rome n'en fait aucune mention. Le Missel de Noailles n'en parle pas davantage. La vénération des reliques ne se trouve donc que dans le Rite de Vintimille. Le Canon de Prime, pour ce jour, y est extrait d'un Concile de Mayence, en 1549, qui parle du respect dû aux reliques des saints, mais ne fait aucune mention de la fête dont nous parlons. Elle se confond, il est vrai, avec le jour de l'Octave de la Toussaint, mais l'Office roule principalement sur les reliques. Nous trouvons dans le Missel de Noailles, pour le 4 décembre, une fête de la susception des saintes reliques, en 1194. La Messe en est à peu près la même que celle du 8 novembre, dans le nouveau Rit C'est donc une simple translation, mais sous un titre plus général qui en fait une festivité nouvelle.
Quelques événements du 1er NOVEMBRE
1er novembre 837
A Aix, le pape Grégoire annonce à la Chrétienté que le 1er novembre verra désormais la célébration de la fête de tous les saints. Le roi de France, Louis le Pieux, fils aîné de Charlemagne, l'annoncera à toutes les églises du Royaume.
1er novembre 846
Naissance de Louis II le Bègue.
1er novembre 1179
Louis VII fait sacrer son fils, le futur Philippe-Auguste. Fils d'Adélaïde de Savoie et de Louis VI le Gros, Louis VII lui succéda à l'âge de dix-sept ans, le 1er août 1137, un mois à peine après son mariage avec Aliénor d'Aquitaine. Actif et batailleur, il avait été détourné de sa vocation, le cloître, en 1131, à cause de la mort de son frère aîné Philippe. Associé dès ce moment au trône, il garda une grande dévotion et une soumission à l'Eglise. En 1165, il eut un fils de sa nouvelle épouse Adèle de Champagne, après avoir eu deux filles d'Aliénor. Louis VII poursuivit l'oeuvre de police commencée par son père, intervint militairement en Bourgogne, au Berry et en Languedoc, recevant partout l'hommage de ses vassaux. Frappé en 1779 de paralysie partielle, il fait sacrer son fils, alors âgé de quatorze ans. Il meurt un an plus tard, le 18 septembre 1180.
1er novembre 1500
Naissance à Florence, en Italie, du sculpteur et orfèvre italien Benvenuto Cellini.
1er novembre 1628
Louis XIII fait son entrée dans la ville de La Rochelle. Il y est accueilli par le cardinal de Richelieu, entré trois jours plus tôt. Le roi interdit le pillage accompagnant habituellement la prise d'une ville.
1er novembre 1636
Naissance de Nicolas Boileau.
1er novembre 1755
Tremblement de terre à Lisbonne. Il compte parmi les plus terribles de l'Histoire, et fit en quelques secondes plus de trente mille victimes. Les fidèles, entassés dans les églises en ce jour de Toussaint, furent écrasés par les voûtes et les clochers des édifices, qui tombèrent tous sans exception. Un incendie ravagea ensuite la ville durant trois jours. Le petit-fils du grand Racine qui passait en voiture le long du rivage à la hauteur de Cadix, fut entraîné par le raz de marée qui suivit la secousse sismique.
1er novembre 1806
Le maréchal Davouste s'empare de Kustrin, l'une des places fortes de la monarchie prussienne.
1er novembre 1814
Ouverture du Congrès de Vienne. Les rapports secrets et les intrigues sont pourtant toujours d'actualité. Depuis plusieurs semaines les diplomates ont entamé leurs conversations, Talleyrand ayant réussi à imposer sa présence pour représenter la France, Metternich représentant l'Autriche, Nesselrode la Russie, Castlereagh l'Angleterre, Humboldt et Hardenberg la Prusse. Ceux qui furent des alliés s'entre-déchirent. Au nombre des épineux problèmes, on compte le sort de la Pologne, de la Saxe et des Etats italiens.
1er novembre 1885
Au laboratoire de l'Ecole normale, on applique pour la première fois la méthode préventive de Pasteur contre la rage.
samedi 31 octobre 2009
Le programme européen Food invite les restaurateurs à cuisiner plus sainement
Pour inciter vos clients à manger plus équilibré, êtes-vous prêt à leur proposer deux tailles de plats, à favoriser les cuissons à la vapeur, au four et au gril et à mettre des légumes cuits et crus dans les entrées et les plats ?
Ces questions figurent en tête d'une liste que la société Accor Services va envoyer, à partir de novembre, à 335 000 restaurateurs affiliés à ses Ticket Restaurant, dans six pays européens (France, Belgique, Italie, Espagne, Suède et République tchèque), dont 160 000 en France.
Accor Services se présente comme le leader mondial des titres de services prépayés. L'entreprise distribue ses chèques restaurant à 32 millions de personnes par jour dans 40 pays (1,2 million en France). Elle a remporté l'appel à propositions que la Commission de Bruxelles a lancé en 2008 dans le cadre de sa politique de santé publique et de promotion de l'alimentation équilibrée.
Pour lutter contre l'obésité, Accor Services a suggéré de mettre en oeuvre le projet Food, acronyme de Fighting Obesity through Offer and Demand ("lutter contre l'obésité en agissant sur l'offre et la demande"), dans les six pays où elle savait disposer de partenaires - experts en nutrition, universitaires, responsables de santé publique. Ces experts ont mis au point une liste de recommandations nutritionnelles. Certaines sont communes aux six pays, d'autres tiennent compte des habitudes culinaires nationales.
Aux restaurateurs français, Food recommande d'assaisonner sans excès de graisses ni de sel, de présenter des desserts à base de fruits frais et de produits laitiers, du pain complet, des olives ou des fruits secs à l'apéritif, ainsi qu'une carafe d'eau. Aux Belges, il suggère de ne pas mettre de sel sur la table ou de remplacer le beurre qui accompagne le pain par de l'huile d'olive. Aux Espagnols, il conseille de servir les sauces séparément, pour que chacun puisse doser la quantité souhaitée. Aux Tchèques, il propose de réduire les portions des goulaches (ragoûts), de servir moins de viande et plus de légumes, ainsi que des salades.
Les restaurateurs qui accepteront de suivre ces consignes figureront sur la liste d'établissements recommandés par le programme Food, affichée sur le site www.food-programme.eu et envoyée aux 171 700 entreprises qui proposent des Ticket Restaurant (48 500 en France). Ils recevront gratuitement des porte-menus mentionnant les conseils des experts aux clients, tels que "goûtez les aliments avant de les saler, essayez d'autres condiments, réduisez votre utilisation en matières grasses et préférez les végétales, mangez au moins 5 portions de fruits ou légumes par jour", etc. Ces recommandations seront également envoyées, sous forme d'affiches, aux entreprises adhérentes.
Rafaële Rivais
Taxer les banques ? Non, mais...
Adresse aux députés et sénateurs : ne taxez pas les banques, mais facturez-leur le coût de la garantie des dépôts.
Ces jours-ci, les députés débattent de la taxation des banques, au motif de 1) leur responsabilité dans la crise, 2) leur retour spectaculaire aux profits. Je crois que les parlementaires ont mal posé la question, et donc apportent des mauvaises solutions.
Plutôt que d’augmenter une seule année l’Impôt sur les Société (amendement Migaud) pour les banques, il existe une bien meilleure façon de « faire payer les banques », en leur tarifant à un prix de marché l’assurance implicite de l’État sur les dépôts.
Augmenter l’IS une seule fois est éminemment discriminatoire. Pourquoi les banques, alors qu’elles ont déjà commencé à remboursé les prêts aidés consentis il y a une ? Pourquoi les constructeurs d’automobiles, qui ont pourtant reçu 6 Md€ de l’État (non remboursés jusqu’ici) ne sont pas concernés ? Pourquoi l’IS ? Pourquoi une seule fois ? S’il y a quelque chose à redresser, pourquoi seulement en 2010 ? On le voit bien, l’amendement Migaud est une mesure de circonstances, qui en outre frappe les banques juste au sortir de la crise, ce qui probablement n’est pas une bonne idée, dans la mesure où elles ont probablement encore des actifs toxiques sur leurs bilans.
La bonne solution est de taxer les rentes de situation des banques . À la différence de l’amendement Migaud (NB : Le paragraphe qui suit est une version remaniée d’un article dans ma chronique des Echos de septembre. Comme l’amendement Migaud montre que les députés ont de bonnes idées mais pas la bonne solution, je me permets de leur écrire ce billet), ceci est conforme à l’efficacité économique (dit de manière abrégée, il est optimal d’éliminer les rentes, pour augmenter la création de richesse). La plus importante rente des banques réside dans l’assurance quasi-gratuite par l’État des dépôts à vue. Depuis les années 1930, les États garantissent les dépôts à vue des épargnants auprès des banques pour éviter les faillites bancaires en chaîne. C’est une excellente mesure. L’Angleterre n’avait pas –curieusement- une telle protection des dépôts jusqu’en 2008 ; c’est ainsi qu’on vit en 2008 des queues d’épargnants espérant retirer leurs dépôts avant la faillite crainte de Northern Rock.
Il est donc complètement légitime –et efficace- que les États assurent les dépôts auprès des banques. Mais à quel prix facturer cette assurance ? Les banques (en France, et dans une moindre mesure dans les autres pays) ne payent presque rien pour cette assurance essentielle à leur survie. En France le Fonds de Garantie des Dépôts (FGD) assure ces dépôts à vue - 1200 milliards € (Md€) - avec, en face, des réserves de 1,7 Md€ (0,14% du montant !), abondées par une cotisation annuelle des banques de 80 millions € (soit 0,007% des dépôts !).
Évidemment, cette assurance seule est insuffisante. Si assurance il y a, c’est parce que nous savons tous qu’en cas de faillite d’une banque, nos dépôts seront garantis directement par l’État et non par les maigres réserves du FGD ! Le FGD permettrait d’assurer les épargnants contre la faillite isolée d’une petite banque régionale, mais pas d’assurer l’ensemble du système bancaire français, en temps de crise systémique comme en 2008 ! Les banques françaises ne payent pas donc cette garantie implicite, sur laquelle pourtant elles prospèrent ! Ceci explique une partie importante des « surprofits » des banques.
Proposition de réforme
La bonne réforme est de tarifier cette assurance à un coût approprié. Le problème est que ce tarif est difficile à mesurer : sans garantie de l’État, il n’y aurait plus de banques en temps de crise. L’État est donc le seul à pouvoir fournir l’assurance contre les crises systémiques, nous ne pouvons donc pas dériver du marché le prix de cette assurance.
Le coût de la liquidité pour les banques se décompose de :
· la liquidité elle-même (aller chercher les dépôts auprès des épargnants en construisant et exploitant des agences bancaires, ainsi que le réseau des paiements) ;
· du prix de l’assurance qu’ils doivent fournir à leurs épargnants pour les assurer qu’il n’y aura pas défaut.
Aujourd’hui, les banques payent une prime d’assurance de 0,007% par an (80 millions € par an pour des dépôts de 1200 Md€). C’est évidemment ridicule pour une assurance contre le risque systémique (qui par nature est rare mais violent). Une analogie : assurer sa maison contre les catastrophes naturelles coûte significativement plus cher à San Francisco qu’à l’intérieur des États-Unis (à cause des risques de tremblement de terre) et pourtant les grands tremblements de terre (Big Ones) arrivent moins souvent que les grandes crises bancaires. Alors, il n’y a pas de raison de ne pas faire payer aux banques ce risque de crise systémique, certes rare mais coûteux.
La BCE nous fournit une indication sur la tarification de ce risque. À côté de son taux central (taux refi, aujourd’hui à 1%) que tout le monde regarde, il existe un taux bas, dit ‘facilité de dépôt’ qui est le taux auquel les banques qui ont trop de liquidité par devers elles peuvent prêter à très court terme à la BCE. Ce taux, en général 1% en dessous du taux refi (Il est en ce moment, et de manière exceptionnelle, à 0,25%, alors que le taux refi est à 1%), mesure le taux auxquels les banques peuvent trouver un investisseur SANS RISQUE à très court terme pour leur liquidité excessive. Ce taux de facilité de dépôt est en un sens le meilleur prix pour les banques d’une garantie complète et sans risques de leurs liquidités, étant donné l’environnement de marché. Le taux de la facilité de dépôt mesure bien la garantie complète de remboursement, sans la liquidité (puisque dans ce cas ce sont les banques commerciales qui la fournissent). Or c’est bien ce prix que nous cherchons ici pour la garantie des dépôts des épargnants auprès des banques. Trouvons donc quelque chose d’analogue pour notre cas.
Je suggère donc l’on tarifie l’assurance des dépôts des épargnants en fonction du taux de facilité de dépôt. Comme il faut que les banques puissent couvrir leurs coûts de collecte des liquidités auprès des épargnants (entretien du réseau d’agences bancaires), on peut envisager un taux d’assurance de 0.50% à 1.0% en dessous du taux de la facilité de dépôt (Si l’on craint que la BCE ne manipule le taux de la facilité en le laissant trop bas pour aider les banques, ont peut envisager une formule du type : taux refi – 1.50% ou taux refi – 2.0%).
En moyenne sur un cycle économique, le taux de la facilité de dépôt est d’environ 2%. Comme les dépôts à vue en France sont de 1 200 Md€, la tarification de la garantie des dépôts à 1% rapporterait en moyenne 12 Md€ par an (0.6% du PIB). Avec un taux de 1.5%, on obtiendrait 18 Md€ (0.9% du PIB). En pratique, chaque banque paierait sa prime d’assurance à l’État une fois par mois, en prenant en compte le montant moyen des dépôts chez elle le mois précédent du mois, et le taux de la facilité de dépôt de la BCE ce moi-là.
L’avantage de ce mécanisme est multiple :
· Il réduit une rente patente des banques, ce qui permettra à la fois une meilleure efficacité économique et la réduction des « surprofits » des banques.
· Cette prime d’assurance serait contra-cyclique (les banques paieraient beaucoup en phase de croissance et rien en récession). Les banques prendront moins de risques en période de boom, et plus en période de ralentissement.
· Ainsi, au vu des taux probables de la BCE, les banques ne paieraient rien en 2009 et en 2010. Mais elles commenceraient au sortir de la récession, en 2011.
· Cette prime permet à l’État de faire payer sur long terme aux banques les coûts massifs des crises bancaires qui arrivent une fois par génération.
· Les gains pour les finances publiques seraient non-négligeables : 12 à 18 Mds€ par an !
· Il n’y a aucun risque de délocalisation ; cette prime d’assurance concerne l’épargne déposée en France. Une banque qui irait mettre son siège social à Londres ou Genève devrait quand même payer cette prime pour les dépôts en France. On ne peut pas délocaliser les dépôts à vue des épargnants.
· Cette mesure n’est pas obligatoire (à la différence des différentes taxes discutées aujourd’hui au Parlement) et n’entre pas dans le périmètre des Prélèvements Obligatoires. Une banque qui ne voudrait pas payer cette assurance le pourrait, si, bien sûr, elle annonce à ses clients que leurs dépôts ne sont pas assurés par l’État. Nul que doute que très peu, voire aucun, des déposants ne l’accepterait.
· Ce serait un bon moyen de mesurer l’attachement des dirigeants de banques envers l’économie de marché et la lutte contre les rentes, qui pèsent sur notre croissance.
En pratique, je ne prétends évidemment pas avoir la meilleure solution quant à la bonne tarification de l’assurance des dépôts, mais je pense que c’est un bon débat à lancer. Je suggère aux parlementaires (et à Bercy) de lancer le débat sur cela et de lancer une étude académique sur ce thème, avec pour objectif une réforme en 2010. Un indice, le Professeur Charles Calomiris, de Columbia University, est un grand spécialiste de la tarification de cette assurance.
JACQUES DELPLA
Tapie condamné à rembourser 1,3 millions d'euros au Crédit municipal de Marseille
L'ancien président de l'Olympique de Marseille Bernard Tapie devra rembourser au Crédit municipal de Marseille la somme de 1.313.129,76 euros, le tribunal de commerce de Paris ayant débouté un autre créancier s'opposant à ce remboursement, a indiqué samedi son avocat à l'AFP.
Dans le cadre de la liquidation judiciaire des sociétés de M. Tapie, les créanciers tiers ont la possibilité de contester des remboursements à d'autres créanciers. La société Révision Conseil s'est opposée à plusieurs créances, dont celle du Crédit municipal de Marseille. Le tribunal de Paris a déclaré vendredi cette action irrecevable, et a demandé au liquidateur de procéder au paiement, a expliqué l'avocat, Me Maurice Lantourne.
Bernard Tapie avait souscrit pour le compte de l'Olympique de Marseille deux emprunts auprès du Crédit municipal, se portant personnellement caution. Il n'avait jamais remboursé, hormis 100.000 francs (15.245 euros) récupérés au terme du procès des comptes du club de football.
"Bernard Tapie est solvable. Il n'y a pas de raison qu'il ne rembourse pas", a réagi l'adjointe au maire et présidente du Crédit municipal de Marseille, Jeannine Imbert, dans les colonnes du quotidien La Provence.
Elle s'est dite "très contente de faire rentrer cet argent dans les caisses du Crédit municipal dont la mission est d'aider les personnes en difficulté".
Me Maurice Lantourne a indiqué samedi à l'AFP que Bernard Tapie s'était "rendu compte que les mentions manuscrites au bas des deux documents étaient différentes d'un acte à l'autre".
"L'une est inexacte au moins et il pourrait les contester", a-t-il ajouté, car "il y a un soupçon de faux sur les écritures".
Selon La Provence, le Crédit municipal a fait attester par des témoins que le président de l'OM était bien le signataire des documents contestés.
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La Belgique vue par la Désencyclopédie du web, vacharde et drôle
Wikipedia est une encyclopédie collective sérieuse. Ce n'est certes pas le cas de Désencyclopédie, lancée en 2005: ses articles sont rédigés avec clichés, humour, dérision, et pas du tout à prendre au sérieux. A visiter sur le site: Charleroi, Liège, Bruxelles, Daerden, et bien d'autres...
Rédaction en ligne
En voici quelques extraits savoureux.
Belgique
Le point culminant de la Belgique est la Baraque Friture. C'est en fait une friterie de 86 étages qui appartient au célèbre chanteur Michel Daerden.
Bruxelles
Manneken-Pis: à l'époque où les Bruxellois mangeaient encore les petits enfants, l'un d'eux (l'histoire n'a pas retenu son nom) eut l'idée de se servir d'un garçonnet comme robinet, et ça marchait! Tout le monde l'imita et les gens ne devaient plus aller jusqu'au puits le plus proche, distant d'au moins 5 kilomètres et souvent dangereux à cause des lions de Waterloo qui venaient s'y abreuver.
Charleroi
Charleroi est un lieu de tourisme hautement prisé par les habitants des pays de l'est.
Les lieux à visiter: - La prison de Jamioulx, quartier général de l'élite politique de la ville. - Le Circus, lieu du clubbing par excellence, repère de fashion-barakis. - La "Ville-Basse", lieu très prisé par les top-models des pays de l'est, très vivant surtout la nuit. - Le parc: Lieu public ou les vendeurs honnêtes de farine font du commerce et proposent également toute sorte d'outillage pour faire sa farine et la cuisiner.
Liège
La ville a eu un riche passé industriel qui n'a pas rendu tout le monde riche, alors maintenant qu'il n'y a plus de travail, beaucoup d'habitants ont choisi le métier de clochard ou de chômeur. La vie économique s'est recentrée autour des travaux publics et dans l'exportation de boulettes de viandes destinées aux friteries. Les arbres à boulettes poussent un peu partout dans la ville.
Daerden
Ancien professeur de l'ULg (Université de Liège) c'est un homme très intelligent avant de boire (ce qui n'arrive pas souvent, je vous l'accorde) puisqu'il ne s'arrête que très rarement. Pour le contacter, prenez les Pages d'Or à la rubrique: Bistro.
Pour plus de vacheries: voir le site desencyclopedie.wikia.com
Ce que pense la presse internationale de l'affaire Chirac
La presse internationale était unanime samedi pour souligner le caractère exceptionnel du renvoi de l'ancien chef d'Etat français Jacques Chirac, de surcroit populaire, deva
nt la justice dans un dossier d'emplois fictifs du temps où il était maire de Paris.
"Il faut remonter très loin dans l'histoire pour trouver des précédents", relève le journal italien La Repubblica qui cite Louis XVI, guillotiné en 1793 et Philippe Pétain, condamné à mort pour haute trahison en 1945. "Depuis ces chapitres tragiques, aucun autre ex-chef d'Etat n'a comparu devant un tribunal français. Ce qui fait de l'affaire Chirac une exception", souligne le journal.
"Un développement sans précédent qui écrit une nouvelle page de l'Histoire" renchérit le quotidien britannique The Independent.
"Du jamais vu sous la Vème République", commente de son côté le journal suisse Le Temps, tout en remarquant que M. Chirac "est frappé alors même qu'il connaît un saisissant retour affectif auprès des Français".
"Pour la première fois dans l'histoire de la Ve République un ex-chef d'Etat français devra s'asseoir sur le banc des accusés (...) Sur le point de publier son autobiographie, il n'aura pas le temps d'inclure l'ignominie que représente le fait de devenir le premier ex-président de la République française contemporaine jugé par un tribunal", souligne l'espagnol El Mundo.
"S'il en vient à être jugé, M. Chirac sera le premier chef d'Etat français à devoir répondre à une accusation de corruption, conclusion humiliante d'une carrière de plus de 30 ans", écrit pour sa part le New York Times qui rappelle que M. Chirac encourt 10 ans de prison et une amende de 210.000 dollars.
A Berlin, le Tagesspiegel évoque une "première judiciaire".
En Allemagne, comme en Italie, en Algérie ou en Grande-Bretagne, l'événement est considéré d'autant plus exceptionnel qu'il est mis en contraste avec la popularité de l'ancien chef d'Etat.
"Le grand-père de la nation au bord du gouffre", souligne le Frankfurter Rundschau, une image reprise par le Berliner Zeitung qui en profite pour le comparer à Nicolas Sarkozy: "Il est honoré comme une sorte de grand-père de la nation, et beaucoup de Français lui reconnaissent une dignité d'homme d'Etat, qui manque tant à son très dynamique successeur Sarkozy".
"Après avoir battu un record de longévité politique et de popularité, Jacques Chirac conquiert le titre peu édifiant d'être l'unique président de la République français renvoyé devant la justice", écrit le Corriere della Sera tandis que l'Algérien El Watan s'exclame: "Suprême injure pour un gaulliste pur et dur adulé par 76% des Français malgré ses casseroles".
Le Times de Londres écrit lui "si Chirac se retrouve devant le tribunal, les accusations à son égard ne représenteront qu'une fraction des allégations, souvent épouvantables, qui ont émergé de son règne de 18 ans en tant que premier maire de Paris depuis le 19e siècle (...) Mais il bénéficie de l'affection de son pays en tant que chef d'Etat affable et âgé et il a toujours réussi à +passer entre les gouttes+".
Un dilemme que le belge Le Soir résoud ainsi: "Quel que soit le bilan politique de Jacques Chirac, quelle que soit la sympathie qu'il inspire désormais a l'opinion, il doit être jugé".
Tony Blair n'est plus en cour pour la présidence de l'UE
Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont convenus de soutenir «le même candidat».
Le réalisme politique et le retour en force d'Angela Merkel sur la scène européenne ont fini par peser : les Vingt-Sept ont pratiquement fait une croix sur le visage de Tony Blair, tout en laissant aux eurodép
utés le soin d'infliger le coup le plus direct à son ambition de devenir le premier président du Conseil européen.«Tony Blair ne sera pas président», lâchait vendredi un ministre européen, rouvrant du même coup la course au fauteuil le plus visible de l'UE.
Connu comme «le grand communicateur», l'ex-premier ministre britannique offre le profil idéal pour la première définition du poste : donner à l'UE une voix et un visage reconnus sur la scène mondiale. Mais, plombé par une proximité gênante avec l'ancien président américain, George W. Bush, et par l'insularité du Royaume-Uni, il pèche de plus en plus sur le second critère : s'imposer à la fois comme un européen convaincu et un homme de consensus entre les Vingt-Sept.
Nicolas Sarkozy fut le premier à le faire entrer en lice. Mais «les noms de la première vague ne sont pas forcément les vainqueurs de la dernière», reconnaissait-il vendredi à l'issue du sommet européen. Le moment venu, la France et l'Allemagne «soutiendront le même candidat», a ajouté le président, en évoquant la tenue d'un «sommet extraordinaire, pour nommer le président du Conseil européen, à la mi-novembre probablement». Les réticences d'Angela Merkel à l'endroit de Tony Blair risquent de gagner Paris.
L'Europe se prépare à repartir à zéro dans sa quête de l'«oiseau rare», au moment précis où un règlement politique avec Vaclav Klaus dégage enfin la voie du traité de Lisbonne. Ce n'est pas un hasard : Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n'avaient pas le cœur de dire franchement «non» à l'ancien du 10 Downing Street. Le drame s'est noué ailleurs, au Parlement européen.
Les deux grands partis, le PPE conservateur et les socialistes du S & D, ont décidé d'un partage des rôles qui exclut Tony Blair : la présidence du Conseil pour le PPE, les relations extérieures pour le S & D. Le grand favori britannique se retrouve éjecté de la course avant même qu'elle ne soit officiellement lancée. Londres n'a pas tout perdu. À 44 ans, David Miliband, le chef du Foreign Office, s'avance comme un bon candidat à l'autre poste phare créé par le traité : celui de haut représentant, patron désormais unique de la politique extérieure de l'UE.
Une multiplication des candidatures
Gordon Brown avait sonné l'alarme dès jeudi soir en admettant que «l'excellente candidature» de Tony Blair risquait de ne mener nulle part. Mais c'est Angela Merkel, chancelière reconduite et libérée du poids de sa campagne législative, qui a ouvert les vannes : Berlin ne verrait pas d'objection à un président venu d'un petit pays.
Au lendemain d'un dîner remarqué avec Nicolas Sarkozy à l'Élysée, le signal était clair. Tony Blair n'est plus en cour. Berlin comme Paris gardent une méfiance instinctive pour un pouvoir européen trop fort. Ou trop visible.
Parmi les Vingt-Sept, le signe le plus sûr de l'affaiblissement de Tony Blair est la multiplication des candidatures venues de petits pays, ceux qu'une presse britannique bien déçue qualifie de «Lilliputiens», voire de «Pygmées». Après le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, la Belgique laisse filer les noms plausibles, dont l'actuel premier ministre Herman van Rompuy. La Lituanie pousse une femme, tout comme la Lettonie. La Finlande avance trois noms, dont l'ex-premier ministre Paavo Tapio Lipponen. L'Irlande, convertie de fraîche date au traité, en dénombre quatre.
Lâché de toutes parts, celui que les Britanniques appellent parfois «Conserva-Tony» paie aussi le prix du rapport de forces politiques et d'une filiation idéologique ambiguë. Les socialistes européens revendiquent pour eux le fauteuil de haut représentant parce qu'ils veulent interdire la présidence européenne à l'incarnation d'une gauche britannique qu'ils jugent dévoyée. Les conservateurs, majoritaires en Europe et au Parlement, seront trop heureux de récupérer le fauteuil n° 1.
Strauss-Kahn "inquiet" de l'augmentation du RMI en Ukraine
Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn s'est dit vendredi 30 octobre dans un communiqué "inquiet" après la promulgation par le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, d'une loi augmentant le salaire minimum.
"Une mission récente du Fonds en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient [la] stabilité" du pays, a indiqué M. Strauss-Kahn. "Donc, nous sommes inquiets de la promulgation de la loi", a-t-il ajouté, une critique rare de la part du plus haut dirigeant du FMI envers un pays auquel le Fonds prête de l'argent.
Cette loi prévoit d'augmenter le salaire minimum de 11 % au 1er novembre. Le minimum vital doit quant à lui augmenter de 12 % au 1er novembre, puis encore de 18 % au 1er janvier. Le FMI a déjà fortement critiqué cette idée, laissant entendre qu'elle serait de nature à remettre en cause son aide au pays.
L'Ukraine, l'un des pays les plus durement atteints par la crise économique mondiale, a reçu en novembre 2008 un prêt du FMI de 16,4 milliards de dollars, dont elle a reçu jusqu'à présent un total de 10,6 milliards de dollars. Le déblocage d'une quatrième tranche, d'un montant de 3,8 milliards de dollars, est normalement prévu en novembre.
Pasqua : "Chirac a débloqué 900 000 francs" pour libérer deux pilotes
On n'arrête plus Charles Pasqua. L'ancien ministre de l'intérieur affirme dans une interview au Journal du dimanche, à paraître samedi 31 octobre, que Jacques Chirac, alors président de la République, a "débloqué 900 000 francs" pour la libération des deux pilotes français détenus en Bosnie et libérés fin 1995, et que cet argent lui avait été remis par Dominique de Villepin.
"Je suis un animal de combat. On m'a cherché, on va me trouver. J'estime que dans cette affaire [l'Angolagate] la justice n'a pas bien fait son travail. C'est grâce à Arcadi Gaydamak [également condamné dans le dossier de l'Angolagate], qui est un ancien du KGB, que nous avons pu faire libérer nos deux pilotes détenus par les Serbes. Le président de la République Jacques Chirac et ses collaborateurs le savent bien. Je le démontrerai en appel", affirme-t-il.
Comme on lui demande "comment ?", il répond : "Avant la libération des pilotes, Jacques Chirac m'avait donné le feu vert et m'avait même débloqué 900 000 francs sur les fonds spéciaux. C'est même Dominique de Villepin [alors secrétaire général de l'Elysée] qui m'avait remis l'argent à l'Elysée." "Alors, poursuit-il, quand je vois qu'Alain Juppé, Edouard Balladur, ou même Villepin ne se souviennent de rien, cela n'est pas sérieux !".
Condamné pour trafic d'influence à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et une amende de 100 000 euros dans le cadre de l'affaire de l'Angolage, Charles Pasqua réclame "la levée du secret défense" sur ce dossier des pilotes français.
vendredi 30 octobre 2009
Classement de Shanghai : suprématie des universités américaines, les françaises à la traîne
Les Etats-Unis dominent une nouvelle fois le classement des 100 premières universités dans le monde, avec 55 établissements présents. Contre seulement 3 pour la F
rance.
Les classements des grandes écoles et universités se suivent, se multiplient... mais se ressemblent. Après les palmarès du "Financial Times" et de "The Economist", la septième édition du classement de Shanghai, réalisée par l'Université des Communications de Shanghai et censée constituer la référence internationale en la matière, démontre une nouvelle fois l'hyperdomination américaine. Les Etats-Unis trustant 55 places sur 100.
L'indétrônable Harvard arrive une nouvelle fois en tête, une position que l'université américaine occupe depuis 2003. Suivent Stanford et Berkeley, soit le même trio de tête que l'année dernière. Cambridge et le Massachusetts Institue of Technology (MIT) complètent le top 5.
Dix-sept universités américaines sont dans les 19 premières de ce classement. Seules les universités britanniques de Cambridge (4e) et d'Oxford (10e) parviennent à se glisser parmi les dix meilleurs établissements mondiaux, aux côtés de facultés toutes américaines. Le premier établissement d'Europe continental, le Swiss Institute of Technology, n'arrive qu'au 24e rang, en progression d'une place.
Léger mieux des universités françaises
De leur côté, les universités françaises font toujours pâle figure. La première est l'Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), qui n'atteint que le 40e rang, malgré un gain de deux places cette année et après en avoir perdu trois en 2008. Les deux autres universités françaises du classement des 100 meilleurs établissements sont l'Université de Paris Sud (Paris XI) au 43e rang (+6 places), ex æquo avec l'Université de Copenhague, et l'Ecole normale supérieure (ENS), à la 70e place (+3 places).
Avec ces trois institutions figurant dans le célèbre top 100, la France retrouve sa sixième place au niveau des nations, une place qu'elle avait perdue en 2008. Mais elle est à égalité avec l'Australie, la Suisse et la Suède.
Paris Sud, 6e en mathématiques
L'édition 2009 du classement de Shanghaï innove en proposant également des classements spécifiques pour les mathématiques, l'informatique, la chimie, la physique et la gestion. Des matières dans lesquelles les universités françaises s'en tirent plus qu'honorablement. C'est notamment le cas en mathématiques, où Paris-Sud se hisse à la sixième place d'un classement dominé par Princeton, Berkeley et Harvard. Paris VI (7e), Paris Dauphine (35e), l'ENS (47e) s'installent dans le top 50 devant Polytechnique, Rennes-I et Strasbourg.
En physique, Paris-Sud pointe à la 19e place, loin derrière Harvard. L'ENS (34e), Grenoble et Paris VI complètent le palmarès. En chimie, Strasbourg, première université française, s'installe à la 15e place d'un classement lui aussi écrasé par Harvard. En gestion, apparaissent à la 40e place l'Insead, une école de commerce internationale installée à Fontainebleau, et Toulouse I entre les 76e et 100e places. Enfin, en informatique, aucune université hexagonale ne se classe dans les 100 meilleures universités, Stanford et le MIT dominant ce classement.
Une méthodologie contestée
Publié depuis 2003 par l'université Jiao Tong, ce classement est très contesté en raison de sa méthodologie. A tel point qu'il est ignoré dans certains pays. Ce palmarès s'appuie sur les performances académiques ou de recherche, les articles parus dans certaines publications scientifiques comme "Nature" ou "Science", le nombre de prix Nobel, de médailles Fields, de citations de chercheurs et autres récompenses prestigieuses de plus de 2.000 universités dans le monde. Des critères centrés sur la recherche et non la formation, que contestent fortement certains pays, la France en tête, qui estiment qu'ils favorisent de facto les universités américaines.
Le physicien français Albert Fert, prix Nobel 2007, déplore ainsi que la méthode de Shanghaï "désavantage les universités françaises" en partageant les points obtenus entre l'université et les organismes associés.
La ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, préconise la création d'un classement propre aux universités européennes pour "montrer la qualité de la formation" des établissements européens. Un classement qu'elle veut opposer en "référence" aux palmarès existants, et qui sera en fait une "cartographie" par disciplines, conçue notamment comme une aide aux étudiants pour leur choix d'inscription.
JULIEN POMPEY, Les Echos












