TOUT EST DIT

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lundi 24 juin 2013

Réactionnaires

Réactionnaires 

Le président de la Commission européenne et le président français ont joué les faux dupes au G8. Barroso a feint la colère : j'ai traité de réacs ceux qui m'accusent d'être un mondialiste dangereux. Pas la France. François Hollande a fait mine de le croire, trop heureux d'avoir un délai de 2 ans sur nos déficits et le maintien de la culture hors de la négociation avec les Américains.
Ce double « cadeau » fait couiner à Bruxelles, d'autant que Paris entend mener ses réformes à sa guise et s'en tient mordicus à son exception culturelle. Réacs les Français ? Pour des Gaulois, en voilà un compliment ! Non pas que cette exception soit une garantie de qualité. Loin de là. Elle n'érige pas non plus un rempart à l'envahissement de séries US. Souvent bonnes. Mais face, comme disait Levi-Strauss, à une civilisation mondiale destructrice des vieux particularismes, la biodiversité culturelle s'impose.
Cette bataille cache l'enjeu réel de la mondialisation : les gros trusts Internet, américains, veulent maintenir leur domination, donc empêcher une « réaction » européenne, à base de règles et de champions numériques.
Faute de Colbert européen, nous n'y sommes pas. L'ultra libérale Commission de Barroso, et certains États, n'ont guère favorisé le sursaut. Pour le commerce et la production industrielle non plus. Allez Barroso, le temps de la réaction est venu.

lundi 20 mai 2013

Les mots

Les mots


Faisons crédit à François Hollande de sa maîtrise subtile du langage, de sa passion pour les mots, jeux de mots, jeux de cache-cache. Un art perfectionné au PS par sa pratique de la synthèse. Et facilité, désormais, par le théâtre de conférences de presse orchestrées par les services élyséens. Les questions n'ont pas l'air de surprendre. Le président choisit ses mots.
Ainsi le mot courage, sujet du livre de Ségolène Royal (lire ci-dessous). Attaque subliminale contre un président qui en serait dépourvu ? Le seul courage, répond-il, est celui qui donne des résultats (il cite le mariage pour tous), sinon c'est de la témérité. Et toc ! Ensuite, plus que les multiples recours au « je », ce qui frappe, c'est l'usage présidentiel d'autres mots, a priori libéraux.
Les mots entreprise, psalmodié plus souvent que dans les manuels d'économie, rigueur, compétitivité, investissements privés, rénovation du modèle social… La ligne économique du président fleure bon la social-démocratie. Horreur !
Car c'est du socialisme qu'il se revendique, après avoir banni ce mot six mois plus tôt. Un mot totem qui permet, dans cette période très tendue, de faire passer les réformes hollandaises sans être taxé de social-traître. Ainsi, pour parodier un certain abbé de Lattaignant, peut-on dire encore le mot, alors qu'on ne peut plus la chose ! Il est vrai que l'abbé, libertin, parlait d'autre chose.