TOUT EST DIT

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jeudi 11 août 2011

Qui détient la dette de la France ?

Qui achète et possède la dette publique de la France ? Cette question, apparemment simple, est plus complexe qu'il n'y paraît. Et éminemment stratégique, alors que notre pays atteint un record d'endettement, à hauteur de 85 % de son produit intérieur brut (PIB), soit 1 646,1 milliards d'euros, en progression de 110 milliards d'euros depuis un an.
Comment est composée la dette publique ?
La dette publique est en fait triple : celle de l'Etat proprement dit, mais aussi celle des collectivités locales et celle des administrations publiques.
Sur les 1 646,1 milliards dus par la France, 1 286 le sont par l'Etat lui-même, selon l'Insee, soit l'essentiel. Les administrations locales (régions, départements, communes), sont endettées à hauteur de 156 milliards d'euros ; les administrations de sécurité sociale (assurance maladie, caisse nationale d'assurance vieillesse) pour 191 milliards d'euros. Enfin, les organismes divers d'administration centrale (établissements et agences dépendant de l'Etat) doivent 11,6 milliards d'euros.
Le déficit cumulé, conséquence de plus de trente années de budgets déficitaires, a été empruntée à divers acteurs financiers : Etats, entreprises, grandes banques... Ceux-ci achètent des produits, émis par la France et remboursables à plus ou moins long terme. La fameuse note "AAA" du pays permet de réaliser des emprunts à des taux réduits. De 1 % à 4 % en fonction de la durée de l'emprunt contracté, selon le dernier bulletin mensuel (en PDF) de l'Agence France Trésor (AFT), chargée d'émettre ces produits et de réaliser les emprunts pour l'Etat.
Qui achète des titres de dette publique en France ?
Les produits émis par l'Etat sont au nombre de trois, qu'on peut classer en deux catégories. D'abord les titres de long terme. Ce sont les obligations assimilables au trésor (OAT), les plus importants en volume, remboursables en sept à cinquante ans, qui peuvent être à taux fixe ou variable. Ensuite, ceux à court terme, de deux genres : les bons du Trésor à intérêt annuel (BTAN), d'une durée de deux ou cinq ans ; et les bons du Trésor à taux fixe et à intérêts précomptés (BTF), émis pour des périodes très courtes (de l'ordre de quatre à sept semaines).
La France emprunte environ un tiers de sa dette à ses propres banques et sociétés de crédit. Avec une particularité : le pays est plus endetté auprès des compagnies d'assurance (20 %), qui "achètent" des titres de dette française pour les placements d'assurance vie, qu'auprès de ses banques. Contrairement à la situation du reste de l'Europe, les établissements bancaires français possèdent moins de 14 % de la dette nationale.
Quel part de dette est détenue par des étrangers ?
La dette française est détenue à plus de 65 % par des "non-résidents" français. Un chiffre en baisse : jusque fin 2010, il se situait plutôt autour de 70 %. Mais un chiffre qui n'a eu de cesse de grimper ces dernières années : en 1993, seuls 32 % de la dette française était détenus par des non-résidents.
La situation française en Europe est particulière : selon une étude publiée en avril par la fondation pour l'innovation politique (Fondapol), notre pays est en troisième position de l'Union européenne, derrière le Portugal (75 % de la dette détenue par des non-résidents) et la Grèce (71 %). En moyenne, 53 % de la dette des pays européens est détenue par des non-résidents. C'est une différence majeure avec un Etat comme le Japon, dont l'énorme endettement (plus de 200 % de son PIB) est essentiellement possédé par ses épargnants. Les Etats-Unis, quant à eux, ont un tiers de leur dette aux mains de non-résidents.
Le terme de "non-résidents" recoupe une série d'acteurs : fonds de pension, grandes banques, compagnies d'assurance, fonds souverains... Il est impossible de savoir précisément quel pays possède le plus : la loi interdit la divulgation de cette information, à part aux vendeurs eux-mêmes. Ce qui pose question : la provenance des possesseurs de dette revêt en effet un caractère de plus en plus crucial.
Quelles conséquences au fait que la dette soit détenue hors des frontières ?
Le fait que la dette nationale soit détenue par des acteurs étrangers est un atout autant qu'une faiblesse. Un atout, car c'est une preuve de l'attractivité du territoire national et de la confiance qu'il obtient auprès des marchés. Mais une faiblesse, car le pays est d'autant plus sensible aux questions de conjonctures que sa dette est placée sur des marchés internationaux. La Grèce ou le Portugal, qui avaient également une dette majoritairement située à l'étranger, en ont ainsi payé les conséquences.
La dette des pays de la zone euro est en grande partie possédée par des non-résidents d'autres pays de la zone. C'est ainsi que, en 2010, 52 % des dettes de la France et de l'Allemagne étaient détenus au sein de la zone euro, et donc libellés dans cette monnaie. Par ailleurs, 60 % de la dette des deux pays sont détenus en Europe au sens large (en incluant Norvège ou Suisse).
C'est une sécurité, dans la mesure où l'Europe est capable de politiques contracycliques. La France a ainsi racheté une partie de la dette grecque au terme de l'accord du 21 juillet. Mais c'est aussi un danger, puisqu'un pays de la zone qui ferait défaut (qui se montrerait incapable de s'acquitter du paiement de ce qu'il doit) fragiliserait toute la zone et la monnaie européennes.
Restent donc 40 % à 48 % de la dette française qui sont détenus hors de l'Europe, et donc sur des marchés internationaux. Cette part est la plus vulnérable aux aléas de la conjoncture et à l'affolement de la sphère financière.

mercredi 16 février 2011

Voyage en Tunisie : la défense de Michèle Alliot-Marie s'effondre

Les nouvelles révélations du Canard enchaîné mettent encore plus à mal la défense, déjà fragile, adoptée par Michèle Alliot-Marie. Le journal satirique affirme que les parents de MAM ont profité du séjour tunisien de la famille pour acheter à Aziz Miled, propriétaire de l'avion mis à disposition de la ministre des affaires étrangères, des parts dans une société civile immobilière (SCI).

La "rencontre fortuite" n'en était pas une. La ministre avait dû justifier le premier scandale de son trajet en Tunisie, au moment des émeutes, à bord d'un avion appartenant à un homme d'affaires associé au clan Ben Ali-Trabelsi. Pour ce faire, elle avait invoqué un "hasard", expliquant qu'elle était tombée, à son arrivée à l'aéroport de Tunis, sur un "ami" qui se rendait justement à Tabarka, sa destination.

Une explication déjà passablement ébranlée par le fait que, comme l'a révélé le NouvelObs.com, Mme Alliot-Marie avait effectué, une semaine plus tard, un second vol à bord du même appareil, qui appartenait à la fois à Aziz Miled, l'ami de la famille Alliot-Marie, et à Belhassen Trabelsi, gendre du président Ben Ali.
Le même avion, un Challenger 604 immatriculé TS-IBT, a d'ailleurs permis à ce membre du clan de quitter la Tunisie à la chute du régime, révèle Mediapart.  Mme Alliot-Marie avait dû s'expliquer une deuxième fois sur cet autre trajet, qui invalidait déjà sa version d'une rencontre fortuite à l'aéroport de Tunis. La ministre avait jugé qu'il n'y avait "rien de nouveau", tout en promettant de ne plus profiter, à l'avenir, d'avions privés.

Les informations publiées mercredi 16 février par Le Canard enchaîné achèvent de démontrer que l'histoire d'une rencontre "spontanée" avec le riche homme d'affaires est fausse : les parents de la ministre ont conclu, avec Aziz Miled et son fils, une transaction financière, le 30 décembre, pour acheter des parts d'une société civile immobilière (SCI), pour un montant minimum de 325 000 euros. Un acte juridique complexe, qui ne se fait pas au hasard d'un voyage.
Le père de Mme Alliot-Marie contredit la ministre. De fait, le père de MAM a donné une autre version, mercredi 15 février sur Europe 1, contredisant totalement sa fille. Selon lui, la famille, qui devait rester en Dordogne pour les fêtes, a choisi au dernier moment de partir dans ce pays, car ils avaient besoin de "soleil".
Bernard Marie, 94 ans, se serait alors "tourné vers un ami qui s'appelle Monsieur Miled, que je connais depuis très longtemps et chez qui nous étions déjà allés. Il était d'ailleurs aussi venu chez moi, par le même jet". Il a raconté lui avoir téléphoné : "Je voudrais aller à Djerba. Est-ce que vous pouvez me trouver quelque chose là-bas ? Il m'a dit : 'Mais pourquoi Djerba ? Il fait aussi chaud à Hammamet ou Tabarka, où j'ai un hôtel.'" C'en est fini de la "rencontre spontanée" avec Aziz Miled et des explications de la ministre.
"C'est à ma demande que Monsieur Miled a organisé notre séjour ensemble dans un hôtel" qui lui appartenait, a encore expliqué Bernard Marie. La version de M. Marie pose une autre question : si ce voyage était un "coup de tête" de dernière minute, comment a-t-il pu prévoir la conclusion d'une vente immobilière d'un montant aussi important ? Mediapart affirme d'ailleurs que la venue de la ministre a donné lieu à un "branle-bas de combat" chez les autorités locales, qui ont organisé une petite réception à l'aéroport.
Qui a réglé la note de l'hôtel ? Le couple Alliot-Marie-Ollier affirmait jusqu'ici que les parents de la ministre avaient réglé la note du séjour dans le luxueux établissement d'Aziz Miled à Tabarka... mais se révélait incapable de fournir la moindre preuve de ce paiement. Pour cause : selon des sources locales, le séjour leur a été offert par M. Miled. "Avec Aziz, personne ne paie. Il n'y a jamais eu de facture", explique à Mediapart un proche anonyme de l'homme d'affaires.
Une transaction conclue durant les émeutes. Michèle Alliot-Marie avait également fourni des explications passablement embrouillées sur le contexte en Tunisie durant son séjour, expliquant qu'il n'y avait, à ce moment-là, "aucune répression" dans le pays, tout au plus "quelques événements qui n'avaient rien à voir avec ce qu'on a connu ensuite".
Elle avait été jusqu'à avancer que la tentative de suicide par le feu de Mohammed Bouazizi, déclencheur des mouvements populaires, s'était produite "à la fin" de son séjour. Ce qui est totalement faux, Mohammed Bouazizi ayant commis son geste dramatique le 17 décembre, soit une semaine avant l'arrivée de la ministre, de son compagnon, Patrick Ollier, et de ses parents. Le ministre des relations avec le parlement avait d'ailleurs reconnu cette erreur de date.
Le 30 décembre, date de la signature de la vente par ces derniers, les émeutes avaient atteint une telle ampleur que Ben Ali avait été forcé d'intervenir à la télévision, comme le montre ce reportage de la chaîne BFM TV, daté du même jour.



Sauf à faire preuve d'une légèreté à la limite de la faute professionnelle, Mme Alliot-Marie ne pouvait donc ignorer la situation dans le pays au moment où ses parents concluaient l'achat de ces parts de SCI.
Une ministre "en vacances" qui téléphone à Ben Ali. Autre contre-vérité : Mme Alliot-Marie avait commencé par affirmer qu'elle était en Tunisie "en vacances, comme des millions de Français", et que durant ses vacances, elle n'était "plus ministre". Devant les railleries provoquées par cette déclaration, elle était revenue sur ces propos, affirmant qu'elle "restait ministre 24 heures sur 24". Mais elle avait continué d'assurer qu'elle n'avait eu "aucun contact privilégié" avec le régime tunisien.
Ce qui est faux. Mediapart annonce que la ministre a bien eu un entretien téléphonique avec le président Ben Ali au cours de son voyage, ce que confirme le Quai d'Orsay. L'information jette le trouble sur une autre déclaration de Mme Alliot-Marie, qui avait proposé en janvier, à l'Assemblée nationale, d'offrir à la Tunisie le "savoir-faire français en matière de maintien de l'ordre".
Aziz Miled, une "victime" qui n'en est pas une. Le reste des explications de MAM était déjà peu crédible. Contrairement à ce qu'a continué d'affirmer la ministre, Aziz Miled, le vendeur des parts et le propriétaire de l'avion qu'a emprunté la ministre, n'était pas une "victime" du régime Ben Ali. Sans en être un thuriféraire, il avait su préserver ses intérêts en lui donnant régulièrement des gages de fidélité, allant jusqu'à financer une campagne électorale du président déchu.
Lire : Aziz Miled, victime ou complice du régime ?

vendredi 14 janvier 2011

Aubry et Royal, désaccords à géométrie variable

C'est presque devenu une habitude : Martine Aubry a présenté ses vœux à la presse, jeudi 13 janvier, rue de Solférino. Et Ségolène Royal présentera les siens... le même jour, dans sa région. Un exemple parmi des dizaines d'autres concernant les deux femmes depuis 2007.

2006-2007 : PETITES PHRASES ENTRE ENNEMIES
Lorsqu'elle est investie candidate socialiste, en novembre 2006, Ségolène Royal sait qu'elle n'a pas beaucoup d'alliés parmi les "éléphants" socialistes. Et que Martine Aubry n'en fait pas partie. Lors des primaires, Mme Royal a critiqué les 35 heures, qualifiées de mesures "technocratiques". Mme Aubry, qui a porté cette loi, n'a pas apprécié et l'a fait savoir, expliquant que "le problème [d'une campagne] n'est pas de savoir si on a les bonnes mensurations".
En janvier 2007, pour faire taire ceux qui la disent isolée, Ségolène Royal s'affiche à Lille en compagnie de Martine Aubry. Mais derrière la complicité jouée devant les caméras, les rapports restent tendus. "Ségolène Royal a choisi un style extrêmement particulier" de campagne, estime ainsi la maire de Lille dans ce qui se veut un compliment. Quant à la candidate PS, elle salue en Martine Aubry, ancienne numéro 3 du gouvernement Jospin, une... "élue de terrain". On a connu hommage plus vibrant.
Après la défaite de la gauche, les choses ne vont pas en s'arrangeant lorsqu'il s'agit de désigner un successeur à François Hollande à la tête du parti, en 2008. Jouant de sa légitimité d'ex-candidate, Ségolène Royal se place sur les rangs, transformant l'élection en référendum pour ou contre sa personne.

2008 : GUERRE DES ROSE(S)
Martine Aubry se retrouve rapidement, et sans qu'elle l'ait beaucoup souhaité, à la tête d'une motion concurrente, qui regroupe les fabiusiens et quelques strauss-kahniens, dont l'essentiel de la cohérence tient dans la volonté partagée d'éviter que Mme Royal ne prenne le parti. Et les petites phrases pleuvent, cruelles. A Reims, en novembre, sous le prétexte d'un débat sur une alliance avec le MoDem, que propose l'ex-candidate, le congrès du PS se transforme en guerre de tranchées entre pro et anti-Royal. Lors de son discours, la présidente de région est sifflée par les partisans de la maire de Lille. L'inverse se produit lorsque la dernière monte à son tour à la tribune.
Lors de la nuit dite "des résolutions", où les différents courants du PS tentent de parvenir à une synthèse, l'ambiance est à couteaux tirés. Quelques heures après le début des négociations, c'est l'impasse. Royal, qui n'a pu obtenir d'alliance ni de garanties suffisantes, claque la porte et dénonce devant les caméras des "méthodes d'un autre âge" et en appelle au vote des militants.
Peu désireuse d'hériter du poste de François Hollande, Martine Aubry attend le tout dernier moment pour se porter candidate. Elle n'a plus le choix : le renoncement de Bertrand Delanoë de se lancer ou d'envoyer un candidat issu de sa propre motion ne laisse qu'elle et Benoît Hamon face à l'ex-candidate. Sans surprise, le jeune représentant de la gauche du parti se rallie à la maire de Lille à l'issue d'un premier tour dont Royal sort gagnante.
Le vendredi suivant, le vote des militants se transforme en fiasco. Les deux femmes sont au coude-à-coude. A l'issue d'une nuit très agitée, Martine Aubry est déclarée gagnante, par quelques centaines de voix à peine. Le camp Royal, furieux, dénonce des fraudes, que des enquêtes de journalistes viendront confirmer. Mais des fraudes sont aussi signalées dans le camp royaliste. Une commission ad hoc confirmera la victoire de Martine Aubry, mais Ségolène Royal n'a pas l'intention d'en rester là.

2009-2010 : DU DÉGEL À L'ENTENTE CORDIALE
Martine Aubry veut "remettre le PS au travail" et surtout en finir avec les divisions. Elle n'entame donc pas de "purge" et prend même quelques représentants du courant Royal au sein de la direction nationale. Mais, plus discrètement, elle limite les subsides octroyés à son adversaire. Durant quelques mois, celle-ci joue les francs-tireurs, multipliant les provocations et les propositions iconoclastes pour continuer d'exister médiatiquement. Son camp critique la méthode d'Aubry pour les européennes de 2009. La première secrétaire finit par faire un geste et organise un meeting commun avec son adversaire. Il ne suffira pas à renverser la tendance, mais permet au PS d'en finir – provisoirement – avec les divisions.
Aux universités d'été de La Rochelle, fin août, même mise en scène. Mais en coulisses, la guerre continue. Tout est tactique. Quand Martine Aubry veut proposer à Ségolène Royal un poste au bureau national, mais dit ne pas arriver "à la joindre". Lorsqu'elle finit par y parvenir, Royal refuse, propose un de ses proches, maire-adjoint de 32 ans, et en profite pour estimer qu'il "faut faire avancer la rénovation des idées et des pratiques du PS par des choix très concrets". Elle profite de la fin de l'année pour remettre la main sur son courant, que Vincent Peillon tentait de s'approprier. Mais elle chute dans les sondages.


2010 : PACTE À TROIS
Une autre bataille est sur le point de s'ouvrir, celle de 2012. Martine Aubry aurait contracté un "pacte" avec Dominique Strauss-Kahn : ils décideront le moment venu lequel d'entre eux doit se présenter. En attendant, la campagne des régionales commence. Royal choque, une fois encore, en proposant une alliance locale au MoDem, alors que le PS l'a exclu. "Ségolène Royal veut mener son propre chemin", commente Martine Aubry.
La maire de Lille peut se réjouir : le PS sort gagnant des régionales et y puise une bouffée d'oxygène. Très bien réélue dans sa région, Mme Royal comprend qu'elle doit changer de tactique. Elle se lance dans un gambit en trois temps. Premier temps, le retour au sein du parti. Alors qu'en janvier elle disait n'avoir aucune intention de se "laisser marcher dessus" pour les primaires, elle modifie sa position. Le 26 mars, sur France 2, elle assure : "aujourd'hui je ne suis pas candidate (...) je ne veux pas entrer dans la guerre des chefs".
Concentrée sur les sujets de fond, comme l'usine Heuilliez qu'elle tente de sauver dans sa région, elle propose une trêve à Martine Aubry. Celle-ci, tout à sa volonté d'unité, fait tout pour s'afficher avec la présidente de région. Ségolène Royal, elle, passe au second temps et modifie son discours, assurant que la question des candidatures PS pour 2012 doit être "une décision collective, un dispositif collectif" entre Mme Aubry, "DSK"... et elle-même. Elle s'invite donc dans le pacte entre les deux.
Martine Aubry laisse faire et continue d'afficher leur proximité retrouvée. A La Rochelle, c'en est presque fini de l'ostracisation du camp Royal. Sur les retraites, l'ex-candidate remplace même au pied levé la première secrétaire pour une émission sur France 2. Ce n'est pas pour autant l'amitié, bien au contraire. Le camp Aubry surveille Royal, à l'affût du moindre signe.

2011 : LA NOUVELLE GUERRE DES DAMES ?
Celui-ci arrive fin novembre. Prenant prétexte d'une déclaration de Martine Aubry sur le "pacte" qui lie les trois candidats potentiels, Ségolène Royal... le réfute, estimant que "personne ne s'interdit d'être candidat aux primaires, y compris moi". Trois jours plus tard, elle est officiellement candidate.
Le camp Aubry n'est pas supris. Mais il reste paralysé par l'attente de la décision de Dominique Strauss-Kahn. Et pendant ce temps, Royal fait campagne. Le 10 janvier, à Jarnac, alors que le PS commémore les 15 ans de la mort de François Mitterrand, elle est la seule à oser dire qu'elle a "envie de succéder" au seul président socialiste de la Ve République. Une envie qui ne l'a "jamais" quittée, "pas un seul jour", dit-elle également, quitte à s'éloigner quelque peu de ses déclarations sur le collectif.
Martine Aubry, qui a opté pour la discrétion médiatique, doit occuper le terrain. Et profite du début de l'année et de la sortie d'un livre sur elle (Martine Aubry, les secrets d'une ambition, par Marion Mourgue et Rosalie Lucas ) pour faire allusion aux primaires, et rappeler qu'elle "n'exclut rien", y compris se lancer dans la bataille si "DSK" n'y va pas. La réponse de Ségolène Royal est attendue dans la soirée de jeudi.

mardi 30 novembre 2010

Le chemin sinueux de Ségolène Royal vers la candidature socialiste

Après avoir maintenu l'incertitude pendant plusieurs mois, Ségolène Royal a tranché : elle sera candidate aux primaires. Mais le chemin qui l'amène à se porter candidate ne fut pas sans détours. Retour sur un an d'annonces et de repositionnements millimétrés.

- Janvier-mars 2010 : "S'il le faut, je reprendrai ma liberté"
Le début d'année est difficile pour Ségolène Royal. Alors que la stratégie de Martine Aubry lui vaut une envolée dans les sondages, l'ex-candidate PS reste marginalisée après son échec au congrès de Reims. Ses tentatives de s'imposer face à Vincent Peillon pour le contrôle du courant "L'Espoir à gauche", fin 2009, ont été mal perçues et lui valent une chute de popularité dans l'opinion. Au sein du parti, on tente même de l'oublier, comme Laurent Fabius sur France Inter début février. Elle choisit alors le retrait médiatique : "Je n'ai aucune frayeur à disparaître des médias", glisse-t-elle au Parisien début février, après un mois de silence quasi-total.
La priorité de Ségolène Royal reste de faire campagne dans sa région, quitte a bousculer les codes : en décembre 2009, elle a offert cinq places éligibles au MoDem contre son soutien. Mais la présidente de région n'a pas oublié les primaires, au contraire : son entourage, à l'instar de la députée PS Aurélie Filipetti, annonce qu'elle sera "vraisemblablement candidate". Et Ségolène Royal elle-même explique au Monde Magazine qu'il faudra compter sur elle en 2012, avec ou sans le PS : "Je ne me laisserai pas marcher dessus. Si les primaires ne sont pas correctes, s'il y a de la triche, je reprendrai ma liberté" (lire l'article en édition abonnés).
- Mars-mai 2010 : "Aujourd'hui, je ne suis pas candidate"
Tout change avec les régionales. Deuxième socialiste la mieux élue, avec 60,4 % des voix, Ségolène Royal respire : ce triomphe, qu'elle impute à ses réalisations au sein de la région, laboratoire de ses idées, la remet en selle. Et ennuie Martine Aubry et son entourage, qui se sont employés, entre les deux tours de l'élection, à minimiser le triomphe attendu de la présidente de région Poitou-Charentes.
Pourtant, Mme Royal a compris qu'elle ne peut plus jouer trop en marge du parti. Elle revient dans les médias, mais pour y tempérer ses ambitions. Sur le plateau de France 2, le 26 mars, elle assure qu'elle n'est "aujourd'hui pas candidate" aux primaires. "Je ne veux pas entrer dans la guerre des chefs, même si je sais que je pourrais avoir la légitimité d'être candidate", explique-t-elle.
Parallèlement, elle entreprend de normaliser ses relations avec Martine Aubry, qui ne résiste pas à s'afficher avec son ex-rivale au nom de l'unité retrouvée du parti. Elle change aussi de stratégie médiatique : finies les phrases choc et les provocations, place aux communiqués traitant du fond des dossiers de l'actualité, surtout si elle est régionale : tempête Xynthia, bataille pour sauvegarder Heulliez... Il faut mettre en avant le travail et le sérieux.

- Mai-juillet 2010 : "Le sacrifice de l'ambition personnelle"
Alors que l'entreprise de rabibochage avec Martine Aubry semble porter ses fruits, Ségolène Royal fait un pas de plus vers l'unité. Le 30 mai, sur France 5, elle explique : "Je préfère faire le sacrifice d'une ambition personnelle et voir gagner la gauche, que le contraire." L'ex-candidate PS à la présidentielle veut désormais se placer dans un "dispositif collectif" avec les autres candidats supposés aux primaires.
Elle assure qu'elle décidera de cette candidature "avec les autres leaders", car "c'est une décision collective, un dispositif collectif". D'ailleurs, poursuit-elle : "C'est pour ça que je me rapproche de Martine Aubry (...), que je suis en contact avec Dominique Strauss-Kahn, parce que je pense que, le moment venu, nous aurons à décider tous les trois ensemble comment nous nous engagerons dans cette campagne". En clair, Ségolène Royal s'invite dans le "pacte" supposé passé entre Martine Aubry et DSK, selon lequel ils décideront ensemble qui ira aux primaires.
Une position appréciée des militants, et qui la replace au cœur de l'orchestre socialiste, qui joue la partition de l'unité retrouvée. Au point que les nuances apportées par Mme Royal, comme sur i-Télé, le 8 juin, où elle explique qu'elle n'a "pas encore pris de décision" sur sa candidature et qu'elle "peut très bien gagner une primaire sans problème", passent presque inaperçues au milieu des déclarations inverses.
Ainsi, sur BFM, le 30 juin, Ségolène Royal répète : "Je ne serai candidate contre aucun autre des deux grands leaders du Parti socialiste, (...) je ne serai pas candidate contre Martine Aubry si elle décide de l'être. J'apporterai tout mon soutien", car "s'il y a un conflit, c'est ingagnable".
- Août-septembre 2010 : "Je respecte les échéances"
A la faveur de l'été, Ségolène Royal et Martine Aubry se sont rapprochées. Elles se téléphonent, échangent, rapporte Solférino à la presse. Pourtant, discrètement, Ségolène Royal triomphe : ses idées sur la sécurité, qualifiées – au mieux – d'iconoclastes en 2006, reviennent en force dans le projet du PS sur la sécurité, qui marque un véritable virage idéologique pour le parti. L'ex-candidate les évoque à nouveau : "ordre juste", "sécurité durable", et encadrement militaire des jeunes délinquants. Plus présente dans les médias, elle y incarne une opposition dure à l'UMP et à Nicolas Sarkozy.
Mais derrière cette façade unitaire, le discours change subtilement. "Je respecte les échéances. Le moment n'est pas venu de la candidature. Le moment est venu du travail collectif autour d'un projet", explique-t-elle ainsi sur France 2, le 25 août, appelant de ses vœux un PS capable de "se rassembler dans une démarche morale et dans une démarche transparente". Même réponse, ou presque, sur Europe 1, le 20 août : "Je ne règle pas ces questions en deux minutes. Je vous répondrai le moment venu."
Elle ne parle plus de "pacte", mais respecte l'unité : alors qu'un ouvrage, Petit meurtres entre camarades, de David Revault d'Allones, lui attribue une phrase prononcée en juin ("je pense que je gagne les primaires face à tous les autres candidats"), elle botte en touche, sur RTL, fustigeant la presse qui alimente "le feuilleton de la zizanie au PS", sans démentir les propos.
En vérité, comme elle le confie à quelques journalistes en marge de l'université d'été de La Rochelle, où son discours est applaudi même par ses ennemis, Ségolène Royal n'a jamais abandonné ses ambitions. L'un de ses fidèles, Jean-Louis Bianco, a pourtant annoncé sa probable candidature, entre autres pour incarner les idées des "royalistes". Et occuper le terrain ?

- Octobre-novembre 2010 : "Si je suis en situation"
Avec le conflit sur les retraites, le duo Aubry-Royal apparaît encore plus présent. Lorsque Malek Boutih critique le flou de la première secrétaire sur le projet du PS sur la question, Ségolène Royal joue les gardiennes du temple : ""Il faut que les socialistes apprennent à être un peu disciplinés. C'est bien la liberté de parole, mais c'est bien la protection de l'unité."
La fête de sa formation, Désirs d'avenir, à Arcueil, le 19 septembre, est un hymne à l'unité et la célébration de son retour dans la "famille" socialiste. Nombre de responsables ex-ennemis mortels, comme Claude Bartolone, ont répondu à l'invitation. Et Ségolène Royal martèle : "Unis nous sommes, unis nous demeurerons. Nous resterons ensemble quoi qu'il arrive, face aux obstacles, nous serons ensemble en dépit de toutes les tentatives pour nous opposer." Revenue dans le sérail, Ségolène Royal monte au front pour jouer les porte-parole de son parti sur les retraites, en plein accord avec la première secrétaire, qu'elle remplace même au pied levé sur France 2, le 9 septembre.
Quant à ses ambitions personnelles, elle continue d'entretenir le flou : Sur France 5, le 3 octobre, elle n'exclut pas une seconde candidature à la présidentielle, "si je suis en situation, s'il y a un rassemblement, si je suis soutenue, si je suis désignée par les primaires"... Mais nuance immédiatement : "Je ne ferai pas d'annonce intempestive avant de lui en avoir parlé [à Martine Aubry], sans que Dominique Strauss-Kahn soit associé à cette discussion s'il le souhaite, Laurent Fabius s'il le souhaite".
- 29 novembre 2010 : "Ma réponse est oui"

Mais le contexte change rapidement : une vague de sondages montre, courant novembre, que DSK se place nettement au-dessus de tous les autres candidats. Surtout, Martine Aubry ne décolle pas dans les sondages. Et les candidatures aux primaires se multiplient. Après Manuel Valls, Arnaud Montebourg annonce la sienne le 19 novembre. François Hollande, pas encore officiellement candidat, est déjà en campagne. Et dans le camp d'en face, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy s'enfonce dans les profondeurs. Il est temps de réagir, estiment Mme Royal et ses proches.
Fin novembre, tout s'accélère : En marge d'une interview au magazine allemand Stern, le 23 novembre, Dominique Strauss-Kahn glisse qu'il compte "assurer [sa] fonction de directeur général du FMI jusqu'à la fin. Et la fin, c'est 2012". Les strauss-kahniens tentent de relativiser cette annonce, mais elle affole les socialistes. Sur France 2, Martine Aubry évoque ouvertement le "pacte" entre elle, DSK... et Ségolène Royal.
Sortie tactique ? La présidente PS de la région Poitou-Charentes doit abattre ses cartes. Quitte à changer de message. "Personne ne s'interdit d'être candidat aux primaires, y compris moi. Je n'irai pas dans un dispositif qui empêcherait les primaires pour une quelconque raison de confort personnel", lance-t-elle le 26 novembre. Elle était pourtant, jusqu'ici, la première à se féliciter de ce "pacte". Trois jours plus tard, prenant tout le monde de court, elle annonce sa candidature.

 CETTE FEMME SE REND COMPTE QU'ELLE EST DÉPASSÉE, JAMAIS SON HORIZON SERA PLUS FLOU QUE MAINTENANT, C'EST L'OUVERTURE VERS LA DÉCADENCE. 
CETTE FEMME NE SERA JAMAIS PRÉSIDENT (E) DE LA RÉPUBLIQUE; C'EST LA ZIZANIE QU'ELLE CHERCHE ET AFFECTIONNE.

mercredi 20 octobre 2010

La difficile mobilisation des étudiants lillois

Quand j'étais à Grenoble, les AG, c'était autre chose", s'étonne Andy, étudiant en troisième année de gestion et contrôle des entreprises, qui revient d'un blocage organisé dans la matinée dans le sud de la ville. L'amphi "Archimède" de l'université Lille-I a beau porter, sous forme de graffitis muraux, les traces des conflits étudiants des années précédentes, il peine à se remplir pour l'assemblée générale (AG) qui doit décider de la participation des étudiants au mouvement contre la réforme des retraites.

Les étudiants arrivent cependant peu à peu. Mais la prise de parole est difficile. Les militants de l'UNEF et de SUD-Etudiants évoquent les mouvements dans les autres universités françaises, exhortent les présents à se mobiliser, "par solidarité pour les salariés qui, eux, paient les jours de grève de leur poche". Une déclaration applaudie mollement.
LES LYCÉENS "ONT PLUS DE COURAGE"
La discussion s'engage autour du mouvement des lycéens. "Ils ont plus de courage que nous, au moins ils osent s'engager", estime une étudiante. "Comment voulez-vous que les jeunes soient pris au sérieux si chaque manif donne lieu à des violences et à des débordements", réplique une autre. "En face de nous, on a un gouvernement violent, c'est son intérêt que les choses dégénèrent", estime un troisième.
Les organisateurs rappellent l'audience à l'ordre. Il s'agit de définir une plate-forme de revendications et des modalités d'action. Un blocage de l'université ? La question fait débat dans la salle : Le CPE en 2006, la réforme LRU de 2007... les étudiants ont usé et abusé de l'arme du blocage, au risque de se couper de ceux qui désiraient aller en cours. "Le gouvernement n'en a rien à faire, qu'on bloque", estime un jeune homme, très applaudi. "Il vaut mieux occuper les rues tous les jours", juge un autre. Andy semble soulagé : "heureusement qu'ils n'ont pas appelé au blocage, j'aurais voté contre. On n'est pas assez nombreux, je n'ai pas envie de me faire allumer."

"ON A VOTÉ LA GRÈVE, D'ACCORD, MAIS JE DOIS Y ALLER, J'AI UN TD"
Les revendications se basent sur l'appel de Nantes, lancé le 12 octobre par un collectif d'organisations de jeunesse : retour à la retraite à 60 ans à taux plein après 37,5 années de cotisation, prise en compte des années de chômage et d'études dans le calcul des annuités... On est bien loin du projet alternatif à la réforme présenté par le PS, très critiqué dans l'amphi. "On part dans tous les sens là, passons au vote, il faut qu'on ait fini avant de rejoindre la manif à 14 heures", coupe Bastien, militant UNEF et modérateur des débats. Vote, donc : 165 pour, 13 contre, 16 abstentions, la plate-forme est adoptée.
Elle comprend le principe d'une "grève reconductible". Le terme déclenche un brouhaha général. "On vote la grève, d'accord, mais moi il faut que j'y aille, j'ai un TD", lance un étudiant en se levant. "Le contrôle continu nous empêche de faire grève", estime un autre. Beaucoup veulent attendre l'assemblée générale, prévue jeudi, avec les personnels de l'université, pour avoir l'assurance qu'ils bénéficieront d'exemptions. Reste à voter des points de détails, comme le nom de la coordination du mouvement : "'AG de lutte', ou 'Comité de mobilisation'" ? C'est le premier qui l'emporte. "Ça fait plus populaire", s'amuse Andy.

Tout le monde est appelé à se rassembler pour partir à la manifestation ensemble. Au final, seule une poignée de militants et d'étudiants monte dans le métro en direction du centre. "C'est compliqué de mobiliser, reconnaît Antoine, syndicaliste étudiant. Nos organisations ont mis longtemps à se bouger, et il faut du temps pour mettre en place un mouvement. J'espère que ça prendra. Tout va se jouer dans les prochaines AG." Même constat pour Bastien, membre, lui, de l'UNEF : "C'est difficile. Les étudiants sont rentrés en cours plus tard, ils sont moins mobilisés que les lycéens." Pour lui, pourtant, tout reste possible : "Il y a un ras-le-bol général, les jeunes en ont assez d'être les laissés-pour-compte permanents. On sera la première génération à vivre moins bien que nos parents."

"IL Y A UN DÉBUT DE MOUVEMENT"
Dans le cortège qui se rassemble, porte de Paris, à 14 heures, les quelques dizaines d'étudiants sont presque noyés au milieu des centaines de lycéens, venus en force. Certains ont dressé à la hâte une bannière "Lille-I en lutte". Les membres de l'UNEF ou de SUD se placent devant les lycéens et forment une chaîne pour les canaliser. Tâche ardue. "C'était la première AG, mais il y a un début de mouvement", veut croire Anne-Lise, étudiante à l'Institut d'études politiques, qui promet que "des choses sont prévues après les vacances" de la Toussaint, sur lesquelles compte le gouvernement pour casser le mouvement.
Mathieu, Barbara et Rémi, élèves ingénieurs, croient aussi que tout est possible. "C'est au-delà de cette réforme, un mouvement d'opposition globale. Il faut une grève générale. On ne gagnera peut-être pas, cette fois, mais à force, on y arrivera", explique Mathieu. Et lorsque la réforme sera votée, comme tout semble l'indiquer ? "Cela ne change rien. Rappelez-vous le CPE", assurent-ils.
Un combat gagné, en 2006, par le mouvement étudiant. L'histoire se répétera-t-elle? Maître de conférences en sociologie et déléguée syndicale SnesUp (syndicat d'enseignants du supérieur), Laurence Le Douarin assure que rien n'a été fait pour dissuader les étudiants de manifester. Elle comprend cependant leur difficulté à se mobiliser : "Ils sont extrêmement inquiets du chômage, ils ont peur de leur avenir." Pourtant, assure-t-elle, "ils viennent souvent de milieux populaires, ils voient leurs parents arriver à 60 ans épuisés par le travail, ils comprennent très bien les enjeux de cette réforme, surtout dans cette région" du Nord où l'emploi industriel est dominant. "Eux, rappelle l'universitaire, ils vont sortir de fac à 25 ans, et ils n'auront un CDI qu'à 29 ans en moyenne. Cela signifie qu'ils devront cotiser jusqu'à 70 ans. Evidemment qu'ils ont leur mot à dire sur cette réforme".



PENSER FAUX FAIT AGIR DE FAÇON IRRATIONNELLE, C'EST LE CAS DE CES "ÉTUDIANTS" QUI N'ENVISAGENT PAS UNE SECONDE QU'ILS ONT LE POUVOIR D'AMÉLIORER LES CHOSES PAR LEUR TRAVAIL ET LEUR VOLONTARISME FUTUR. 
ILS LÈVENT LES BRAS AU CIEL EN HURLANT CONTRE UN ÉTAT QUI EST SURENDETTÉ DEPUIS PLUS DE TRENTE ANS , ILS LUI DEMANDENT  ENCORE CE QU'IL PEUT FAIRE POUR EUX, ALORS QU'ILS DEVRAIENT PLUTÔT PENSER À CE QU'ILS POURRAIENT FAIRE POUR RELANCER LA COMPÉTITIVITÉ DE LEUR PAYS. 
ÇA IRAIT DÉJÀ BEAUCOUP MIEUX. 
LE COURAGE N'EST PAS INSCRIT DANS LEUR FUTUR.