TOUT EST DIT

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lundi 14 mars 2011

Les musulmans de France crient leur colère contre l'UMP

Pointés du doigt par Nicolas Sarkozy, les musulmans de France ne cachent plus leur malaise. A un peu plus d'un an de l'élection présidentielle, vers qui va alors se tourner cet électorat qui compte beaucoup ?

« Nicolas Sarkozy vient de me rendre ma liberté, je vais me mettre en campagne pour défendre la dignité des musulmans de ce pays ». Vendredi, Abderrahmane Dahmane, le désormais ex-monsieur Islam de l'Elysée ne cachait plus toute la colère que lui inspire la volonté du président de la République et de certains cadres de l'UMP d'instaurer un débat sur l'Islam, rebaptisé débat sur la laïcité.
A un an de l'élection présidentielle et en pleine montée du Front National le timing choisi par la majorité semble clair : siphonner à nouveau les voix du FN, comme en 2007.

L'UMP ? : « La peste des musulmans »

Mais cette fois l'ambiance est différente et ce débat qui était censé se concentrer sur la place des religions en France tourne à la stigmatisation. La crainte d'une vague d'immigration clandestine en provenance de Tunisie, d'Egypte ou de Libye est accompagnée de petites phrases qui choquent une partie de la droite et de la gauche. Autant d'ingrédients propices à jeter l'opprobre sur 4 millions d'individus vivant en France.
En colère, beaucoup de musulmans qui avaient adhéré à l'UMP se détournent alors du parti majoritaire, Abderrahmane Dahmane a ainsi appelé ses coreligionnaires à « ne pas renouveler leur adhésion » au parti présidentiel. « L'UMP de Coppé c'est la peste pour les musulmans » avait-il martelé.
Désenchantés par un Nicolas Sarkozy qui n'a pas réellement donné sa chance à des personnes issues de la majorité, – entre Rachida Dati qui aura brillé par ses frasques et Fadela Amara bien impuissante pour améliorer la vie dans les banlieues – les Français de confession musulmane pourraient se dispatcher sur l'ensemble de l'échiquier politique.

« Il n'y a pas de vote musulman »

En 2007, certains s'étaient tourné vers le FN, séduits par un parti qui avait choisi une jeune femme d'Afrique du Nord pour illustrer ses affiches et un discours qui ne stigmatiserait pas les populations intégrées.
A gauche, capter cet électorat ne semble pas faire partie des priorités. Le NPA évoque bien les musulmans, mais souvent à travers le prisme des revendications pro-palestiniennes. Du côté du Front de Gauche ou du PS, rien de plus, pas plus qu'au centre.
L'UMP fragilisée, un boulevard s'ouvre à ces factions politiques. Qui arrivera à séduire les musulmans de France ? « Il n'y a pas de vote musulman mais des musulmans qui votent pour des valeurs et chacun en fonction de ses références », répond Akli Mellouli, un élu socialiste refusant de soutenir l'idée d'un vote communautaire.

vendredi 4 février 2011

Algérie : Bouteflika lâche du leste

Abdelaziz Bouteflika, le président algérien a annoncé la mise en place prochainement de mesures visant à assouplir les libertés individuelles.
Le pouvoir algérien n'attend pas l'embrasement de son pays pour s'assouplir. Jeudi en conseil des ministres, Abdelaziz Bouteflika au pouvoir depuis 1999, a annoncé la mise en place « dans un avenir proche » de plusieurs mesures en faveur des libertés. La plus symbolique d'entre elles est certainement la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992.
Instauré par l'armée après l'annulation du second tour des élections législatives que le Front islamique du salut (Fis) était sur le point de remporter, il était présenté par les autorités comme une mesure nécessaire à la lutte antiterroriste. Bouteflika le lèvera « pour mettre un terme à toute polémique infondée sur cette question ».

Appel à manifester le 12 février

Conscient de la fragilité de la situation, au regard des événements en Tunisie et en Egypte, le président algérien a également promis plus d'ouverture en faveur de l'opposition. La radio et la télévision publiques sont ainsi priées d'ouvrir davantage leurs antennes à l'ensemble des partis et de couvrir leurs activités.
Une mesure qui s'accompagne toutefois d'une mise en garde présidentielle : « La liberté ne devra pas aboutir, dans quelque circonstance que ce soit, aux dérapages ou à l'anarchie auxquels l'Algérie a déjà versé un lourd tribut ».
Cet ensemble d'annonces qui n'empêchera certainement pas la manifestation du 12 février lancée par des associations, des syndicats et des formations d'opposition en faveur de réformes démocratiques.
Début janvier, plusieurs villes du pays ont été le théâtre d'émeutes provoquées par la flambée des prix de la nourriture. Deux personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées.