Affichage des articles dont le libellé est Dominique Jung : les dna. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dominique Jung : les dna. Afficher tous les articles
samedi 17 mars 2012
La lutte des porte-voix
Repère irréfutable: aux entrées des marchés, les porteurs de tracts font depuis quelques jours concurrence aux vendeurs de jonquilles. Les travaux d’approche sont terminés, on passe aux choses sérieuses, avec les vrais candidats, les officiels, sans doute dix cette année.
Même s’il mérite d’être amélioré (on le répète à chaque présidentielle sans que cela soit suivi d’effet), le système des 500 parrainages a finalement fonctionné. Marine Le Pen chez qui le culte du père, l’éducation et le patrimoine chromosomique se conjuguent pour se proclamer victime des grands partis a ses signatures. Il en va de même du souverainiste de droite Dupont-Aignan ainsi que de Nathalie Arthaud et Philippe Poutou qui, à la gauche de la gauche, feront écho au poisson-pilote Mélenchon - tout en le privant de quelques voix. Le 22 avril, l’échiquier si typiquement français sera représenté de l’extrême gauche à l’extrême droite, et c’est très bien ainsi.
Les habitudes consuméristes de l’époque se seraient certes accommodées d’un éventaire plus large encore. Mais cela n’aurait pas changé grand-chose au débat d’idées. Des personnalités comme Dominique de Villepin, Christine Boutin, peut-être aussi Corinne Lepage qui espère ne pas être évincée, relèvent plus des variantes subtiles d’un nuancier que de l’échiquier politique avec ses cases irréductibles l’une à l’autre (du moins avant le premier tour).
Un scrutin présidentiel suppose qu’on aille à l’essentiel sans se disperser inutilement. Rien à voir avec un Hyde Park français où les orateurs se succéderaient sous leur meilleur jour devant les caméras. Ceux qui auraient aimé se présenter en avril auront une session de rattrapage avec les législatives. L’Assemblée nationale n’est pas la moindre enceinte pour qui ambitionne de se faire entendre.
lundi 5 mars 2012
Fragilités en sous-sol
La victoire de Vladimir Poutine s’explique d’abord par l’immense faiblesse structurelle de la vie politique russe. Les contestations qui grandissent depuis trois mois, trop dispersées, n’ont pas dégagé de leader.
Aucune des jeunes forces n’était en mesure de proposer une alternance, d’autant que la pseudo-campagne électorale a comme d’habitude été confisquée par le Kremlin. Les opposants ont les forces et faiblesses de la blogosphère dont ils sont issus: capacité à organiser des manifestations publiques, ce qui est nouveau, mais incapacité à prendre un pays en mains dès le lendemain d’un scrutin.
Poutine agit depuis douze ans selon un principe unique: faire le vide autour de lui, écarter ceux qui auraient pu se mettre sur sa route, à commencer par le brave Dmitri Medvedev obligé de renoncer au second mandat auquel il avait un temps rêvé. L’hypothèse de la relève de Poutine par un Medvedev plus libéral et plus attaché à l’Etat de droit était un leurre. Poutine n’a dirigé le gouvernement sortant que parce que c’était la meilleure façon de continuer à tirer les ficelles.
Ce n’est pas le parti communiste qui aurait pu le défier. Usé jusqu’à la corde, soutenu par un électorat plus nostalgique que combatif, il est conduit par Guennadi Ziouganov, un apparatchik exhumé du siècle dernier qui se félicite de chaque nouvelle défaite, car elle le pousse à croire qu’il n’est pas encore mort.
Poutine aimerait que son retour en première ligne, sans Medvedev pour faire écran, lui donne des airs d’homme fort. Mais son assise est bien plus fragile qu’il y a huit ans.
Ce nouveau mandat est à haut risque. Il faut moderniser l’économie, la diversifier sans tout attendre des conglomérats confiés à quelques oligarques préalablement agréés. La dépendance à la rente gazière et pétrolière est une grande source de vulnérabilité. Même si le cours du baril reste haut, Poutine aura beaucoup de mal à financer les promesses considérables faites à la classe moyenne et à l’armée.
Et surtout, il doit dès aujourd’hui stabiliser la situation politique. Poutine a une hantise: que les mouvements de foule à Moscou se terminent comme en Tunisie, en Égypte ou en Ukraine après la «Révolution orange» de 2004.
Il n’y aura pas de second tour dans les urnes, qu’en sera-t-il dans la rue?
Inscription à :
Articles (Atom)











