TOUT EST DIT

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jeudi 12 août 2010

Bruno Le Maire : «Les agriculteurs doivent être justement payés»

Entretien exclusif avec Bruno Le Maire ministre de l’Alimentation,de l’Agriculture et de la Pêche sur le conflit du lait .

La filière du lait est à nouveau en crise. Que peut faire le gouvernement ?

En tant que ministre de l’Agriculture, j’appelle au dialogue et à ce que chacun prenne ses responsabilités. Il faut que des négociations s’ouvrent dans les jours qui viennent et qu’elles aboutissent rapidement. Les producteurs doivent savoir à quel prix leur sera payé le lait en 2010. Et ils doivent être justement rémunérés pour le difficile travail qu’ils font.

Ce n’est pas le cas ?

L’accord du 3 juin 2009 doit rester la base de travail. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation aberrante : les producteurs doivent réaliser de lourds investissements, sur plusieurs années, et ils n’ont aucune visibilité à trois mois. Ils ne savent pas sur quelles recettes ils peuvent compter. Économiquement, ce n’est pas tenable. Il faut sortir de cette situation ubuesque.

Comment ?

La loi de modernisation de l’agriculture, votée par le Parlement le 13 juillet, prévoit la mise en place de contrats entre producteurs et industriels d’une durée d’un à cinq ans. Des contrats qui portent sur les volumes et la rémunération. Ce dispositif, qui sera obligatoire au 1er janvier 2011, est un changement radical pour l’avenir de la filière.

Tout le monde va jouer le jeu ?

Tout le monde devra s’y plier. Et si aucun accord n’est trouvé, l’État fixera lui-même les modalités des contrats. Ces contrats sont la seule façon pour que les producteurs aient de la visibilité sur plusieurs années.

Les industriels, eux, se plaignent d’un manque de compétitivité dû au prix du lait français, plus cher que le lait allemand…

J’entends parfaitement cette question. Moi, je crois en la compétitivité de la filière. Elle a tous les atouts pour réussir : un savoir-faire remarquable, d’une haute technicité, tant chez les producteurs que chez les industriels qui sont tous dans le peloton de tête mondial. La bataille de la compétitivité par rapport à l’Allemagne, car c’est là le nœud du problème, peut être gagnée. Mais il faut sortir des crises à répétition.

Comment la gagner ?

Je présenterai à la rentrée un plan de développement de plusieurs dizaines de millions d’euros pour aider les filières « lait » et « élevage ». Il concernera les producteurs, les coopératives et les industriels. Il reposera, notamment, sur l’innovation et la recherche.

Est-il validé ?

Son financement a été accepté, dans un contexte budgétaire tendu, par le président de la République et le Premier ministre. Mais attention : ce plan ne pourra être lancé que si un accord sur les prix a été trouvé. Il faut une filière sereine, où les relations doivent être plus matures entre les différents intervenants de l’interprofession.

Êtes-vous confiant pour les jours qui viennent ?

Je suis très attentif à la situation. Je pense que tout le monde va faire des efforts et que les choses vont aller dans le bon sens. Il y a urgence.


Yann BESSOULE

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