mercredi 16 février 2011
Le monde politique n’en est qu’à la phase préparatoire à la mise en place de la précampagne pour l’élection présidentielle de 2012, mais il vient de connaître une première alerte quant à la qualité du débat. Un soupçon d’antisémitisme a été émis contre un protagoniste important, le président du groupe parlementaire UMP de l’Assemblée nationale, Christian Jacob. Avant que la vraie campagne ne s’enclenche, dans plusieurs mois, avec les risques de dérapage que comportera la montée des tensions à l’approche du premier tour, il est encore temps de se pencher sur cet incident. Dans le propos controversé de M. Jacob, à propos de Dominique Strauss-Kahn — « Ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien, celle à laquelle je suis attaché » — le président de l’Association des fils et filles de déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, a pensé reconnaître un autre discours — « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif » -, tenu par en 1936 par le député Xavier Vallat, plus tard commissaire aux questions juives, à l’adresse de Léon Blum. Amalgamer ces deux phrases paraît abusif. Si analogie il y a, c’est au sens du Petit Robert : « ressemblance établie par l’imagination. » En émettant — en substance — l’opinion que DSK serait coupé du peuple et plus familier des milieux huppés, Christian Jacob a renvoyé aux socialistes les jugements que ceux-ci ont portés sur Nicolas Sarkozy. Sa phrase pourrait d’ailleurs s’appliquer au chef de l’État. Les remous et les exagérations provoqués par cet épisode ont néanmoins valeur d’avertissement. Des préjugés peuvent s’exprimer de façon bonasse ; ils n’en sont pas moins déplacés. Il est aussi un péché mignon, en France, de comparer des adversaires aux nazis ; il n’est pas utile de le cultiver.
Reste le fait politique pur, qui explique bien des choses : après avoir goûté l’éloignement de M. Strauss-Kahn au Fonds monétaire international, la majorité est obligée d’envisager l’hypothèse de la présence de l’ancien ministre au grand rendez-vous électoral. Elle se serait passée de cette éventualité. Les nerfs les moins aguerris pourraient donner des signes de surmenage.
le pavé de l’ours
La France se traîne. L'an dernier, sa production n'a progressé que de 1,5 %, selon le chiffre publié hier par l'Insee. Les révisions inévitables de cette première estimation ne devraient pas changer en profondeur l'image de l'année 2010, qui peut se résumer en deux mots : petit rebond. Rebond, parce que l'activité est repartie après une chute de 2,5 % en 2009, la plus mauvaise année depuis 1944. Petit, parce que la croissance a été faible. Après la récession de 1993, la croissance avait atteint 2,2 % en 1994. Après celle de 1975, l'activité avait gagné plus de 4 %. Et, en 1945, elle avait grimpé de plus de 8 %. Aujourd'hui, la machine paraît bridée. Elle ne parvient pas à accélérer au-delà de 0,5 % par trimestre, son rythme de progression depuis la fin 2009. En ce début 2011, l'investissement des entreprises et la reconstitution de leurs stocks pourraient stimuler l'activité, un effet positif compensé par l'affaiblissement prévisible de la consommation.
Au fond, cette langueur ne devrait pas nous surprendre. Car l'économie française ne cesse de ralentir. Dans la décennie 1960, son rythme de croissance approchait 6 % l'an. Il est passé à 2,5 % dans les années 1980, 2 % dans les années 1990 et à peine... 1,2 % dans la décennie 2000. Une moyenne qui englobe certes la grande récession, mais aussi les années qui l'ont précédée, où un endettement galopant à plus de 10 % l'an avait dopé l'activité et nourri la crise. Une moyenne qui s'explique surtout par des gains de productivité de plus en plus faibles, alors qu'ils constituent le seul ressort de la croissance durable.
Nos gouvernants n'ont pas pris la mesure du problème. Dans leurs lois de Finances, ils prévoient systématiquement une croissance entre 2 % et 2,5 % (sauf pour les années 2009 et 2010, marquées par la crise). Sur la décennie 2000, ils l'ont surestimée de pratiquement 1 % par an. Et ça continue. Le programme triennal transmis à Bruxelles prévoit 2 % en 2011... et 2,5 % en 2012 et 2013. Nous sommes dans le rêve. Il est temps de revenir à la réalité. La croissance sera moins forte dans les années à venir et ses recettes ne suffiront pas à résorber le déficit. Les Britanniques ont adapté brutalement leur budget à la croissance lente cette année, les Espagnols l'an dernier. Les Allemands l'ont fait au cours de la décennie écoulée. L'Italie s'en sort au ralenti. Pas la France. Cette adaptation devrait constituer la toile de fond de la campagne présidentielle. Si la croissance accélère, si un président parvient à la chercher avec les dents, ça ne sera que du bonheur en plus.
La mondialisation a deux visages. Celui cruel des délocalisations, des usines françaises qui ferment et du made in China dont rien ne semble pouvoir freiner l'inexorable essor. Mais il y a aussi, il ne faut pas l'oublier, le visage de la reprise de nos exportations de vins et de spiritueux, des performances historiques d'un Airbus tiré par l'explosion du nombre de voyageurs en Asie et enfin de la progression continue des ventes du luxe tricolore. Au-delà même des produits à forte valeur ajoutée et du luxe, qui est un peu notre high-tech à nous, la présence française à l'international est aussi le fait d'entreprises comme Danone ou L'Oréal : des spécialistes des biens de consommation qui réalisent déjà ou réaliseront à terme plus de 50 % de leur chiffre d'affaires dans des pays dits émergents qui ont de fait déjà largement émergé. Ne boudons pas notre plaisir face aux succès réels de ces groupes qui séduisent directement le consommateur chinois, russe, brésilien ou africain et qui ont su prendre place sur des segments de marché certes parfois jugés non stratégiques par les planificateurs chinois, mais qui n'en restent pas moins hautement concurrentiels.
A l'heure des tensions politiques au Maghreb, des inquiétudes sur l'inflation en Chine ou du déclin démographique en Russie, certains mettent en garde contre le rêve d'un eldorado sur ces nouveaux marchés. La réalité démographique est cependant sans appel. Comme l'explique Virginie Raisson dans son « Atlas des futurs du monde » (1), l'Occident va vivre au rythme du « baby krach » et du papy-boom. Nos populations vont vieillir alors que la vitalité démographique va continuer de tirer le reste de la planète. En 1950, l'Europe et les Etats-Unis représentaient près d'un quart de la population mondiale et pratiquement l'essentiel de la richesse terrestre. D'ici à 2050, l'Occident ne pèsera plus que 10 % de la population mondiale et les premières puissances économiques seront chinoise et indienne. Nul ne prétendra qu'ils auront réglé tous leurs problèmes de pauvreté, d'inégalité des revenus ou de tensions politiques, mais le vent de la démographie et de la croissance les pousse. Et si, derrière chaque Chinois, il y a bien sûr souvent un ouvrier, il ne faut pas oublier qu'il y a aussi un consommateur.
(1) Virginie Raisson, « Atlas des futurs du monde », Robert Laffont.
Inconnus hier, ce sont aujourd'hui des héros. Mohamed Bouazizi et Wael Ghonim, premiers visages de la révolution arabe, incarnent sa nouveauté. Le jeune Tunisien de Sidi Bouzid, diplômé et sans emploi, vendeur de légumes à la sauvette, en s'immolant par le feu le 17 décembre dernier, a déclenché le processus. Le blogueur égyptien, enlevé par la police et remis en liberté, a joué un rôle important dans la mobilisation électronique. C'est en comparant et en reliant ces deux visages, déjà devenus icônes, qu'on comprend mieux la métamorphose en cours.
L'un comme l'autre appartiennent à cette nouvelle génération indifférente aux appareils politiques comme aux intégrismes religieux. Etudes supérieures, sentiment d'impasse, refus d'un avenir sans horizon - voilà ce qui rapproche ces trentenaires sans dogme ni parti ni programme. Il faut y ajouter l'émotion. Peut-être faudrait-il même lui donner la première place. Car leur révolte n'est pas théoricienne. Elle ne s'inscrit dans aucun discours préétabli. Elle est d'abord émotionnelle, passionnée. Ce qui les fait agir, ce ne sont pas des concepts mais des affects - sentiment de l'intolérable, lassitude des brimades, désir de dignité.
Bouazizi était pauvre, Ghonim vivait à Dubaï au bord de sa piscine. Le premier survivait dans l'économie parallèle, l'autre dirigeait chez Google le secteur du Moyen-Orient. Pourtant, ce qui les distingue est moins le niveau de vie et de revenus que le mode d'action. L'un s'est tué, l'autre non. Le suicide de Mohamed Bouazizi est une communication du désespoir, une mise en lumière de l'impossibilité de vivre dans de pareilles conditions, un appel ultime au bouleversement d'un ordre injuste. Suscité par le présent, son mode d'action est cependant immémorial - sacrifice solitaire, immolation muette. Son geste, que d'autres continuent de réitérer, aurait pu aussi bien trouver place en d'autres temps que le nôtre.
Au contraire, l'action de Wael Ghonim n'appartient qu'à notre temps. Sans Google, Facebook et Twitter, rien n'aurait été possible de ses appels à la résistance, au courage et à la liberté, rien n'aurait exister des réponses, des interactions, des prises de conscience des dizaines de milliers de connectés, créant des occasions infinies de déjouer la répression policière. Ce qu'incarne l'Egyptien de chez Google, c'est évidemment l'impact neuf de la société numérique sur l'action politique. Mais il serait faux d'opposer sa modernité à l'archaïsme du Tunisien sans ressources. En fait, ils sont complémentaires. Et c'est même leur étroite relation qui dessine le paysage nouveau.
En effet, sans les réseaux digitaux, le sacrifice de Mohamed Bouazizi n'aurait rien déclenché. Quand les médias sont aux ordres, que l'information descend d'en haut, à sens unique, aucun geste jamais n'a de répercussion, si radical soit-il. A l'inverse, une fois que la parole circule sans que personne ne puisse la contrôler, la face du monde peut commencer à changer. Dans la longue histoire du pouvoir, voilà un point d'inflexion capital. Ce qui l'accompagne est sans doute plus essentiel encore : la fin de la peur.
En se sacrifiant par le feu, en défiant la police, en osant dire ce qu'ils pensent, ce qu'ils refusent et ce qu'ils espèrent, Bouazizi et Ghonim, et les foules anonymes qu'ils représentent, marquent un moment clef dans l'histoire contemporaine de leurs pays : celui où l'on cesse de consentir, de baisser les yeux, de subir. Ce qui l'emporte, avec le sentiment de n'avoir plus rien à perdre, c'est cette volonté d'en finir avec la soumission. Avec véhémence, avec quelque confusion parfois, soudain le désir de dignité se révèle plus puissant que la terreur.
Difficile de savoir comment s'enclenche pareil sursaut. Qu'il ne se comprenne pas encore lui-même, qu'il se cherche et tâtonne, c'est l'évidence. Mais une chose est sûre : parce qu'ils conjuguent émotions, communication libre et fin de la peur, les événements en cours dans plusieurs pays arabes ne peuvent plus se lire avec les anciennes cartes mentales.
Les cyberactivistes égyptiens s'organisent
Avec l'armée, ils engagent le dialogue pour faire entendre leurs revendications et préserver leur «révolution».
On croise des chevilles ouvrières de la gauche marxiste et nassérienne, des islamistes comme Mohamed el-Beltaguy, ancien député des Frères musulmans, ou des figures de la contestation, tel Georges Ishak, vétéran de Kefaya («Ça suffit»), le premier mouvement à avoir demandé, dès 2004, le départ du tout-puissant raïs. On voit, surtout, de jeunes activistes et des blogueurs, inspirateurs de la «révolution du 25 janvier», dont ils se sentent aujourd'hui le devoir de protéger l'héritage et les acquis.
Difficile cohabitation en perspective
Le visage encadré d'un voile rose, Israa Abdel Fatah écoute avec attention les intervenants. «Il faut qu'on se mette d'accord sur nos demandes pour présenter un programme et un calendrier précis à l'armée», souffle-t-elle. Il y a trois mois, la jeune femme était de l'autre côté de la table pour coordonner le contrôle de l'indépendance d'élections parlementaires qui allaient tourner au massacre pour l'opposition. Mais les cyberactivistes savaient que le vent finirait par tourner. Israa la première: le 6 avril 2008, c'est elle qui avait lancé sur Facebook, déjà, un appel à la grève générale, coup de semonce ignoré par un raïs enfermé sans sa tour d'ivoire. Passés maîtres dans l'art de la guérilla virtuelle, les «Jeunes de la révolution» savent que, pour peser sur l'avenir, ils doivent maintenant trouver leur place sur l'échiquier politique réel, et en comprendre les règles du jeu. «C'est pour ça qu'on a sollicité des personnalités comme Mohamed ElBaradei ou Ahmed Zoweil (Prix Nobel de chimie, NDLR), pour qu'ils nous fassent profiter de leur expérience», souligne Israa. Assis dans un coin de la salle, le romancier Alaa el-Aswany, auteur du best-seller L'Immeuble Yacoubian, et critique de longue date du régime Moubarak, fait partie de ces figures tutélaires. «Il était dangereux d'avoir une tête qui dépasse tant que la révolution n'avait pas abouti, car il aurait été facile pour le pouvoir de la couper ou de la manipuler, estime-t-il. Mais maintenant il faut des représentants crédibles. Il n'y a pas de temps à perdre, car la contre-révolution est en marche. Les partisans du régime œuvrent en coulisse pour dévoyer la révolution, ou la voler.»Dimanche, un premier groupe de huit jeunes a été mandaté pour rencontrer les militaires. À sa tête, Ahmed Maher, fondateur du Mouvement du 6 avril, et Waël Ghonim, le blogueur dont les larmes versées sur les victimes de la répression, qu'il découvrait après onze jours de prison, ont donné un second souffle décisif au soulèvement.
La refonte prendra du temps
«Chacun a formulé son point de vue , raconte Abdelrahman Samir, un membre de la délégation. On a plaidé pour une accélération des réformes, un gouvernement transitoire et la levée de l'état d'urgence; l'armée a demandé la fin des manifestations et le soutien à la reprise de l'économie et du tourisme. On ne peut pas encore parler de négociations. C'était plutôt une façon d'engager le dialogue.» Veste en velours marron et petit bouc soigneusement taillé, le jeune homme joue nerveusement avec ses trois téléphones portables. Représentant de la Coalition nationale pour le changement de Mohamed ElBaradei, il sait qu'il sera difficile de faire cohabiter dans une même structure des gens aux idées si différentes. Difficile, aussi, de dépasser jalousies et questions de préséance entre vieux opposants et jeunes révolutionnaires, au sein des «comités» qui seront chargés de proposer des réformes et de négocier avec l'armée.Les activistes sont plus généralement conscients que la refonte du paysage politique prendra du temps, et que les militaires pourraient en profiter pour asseoir leur emprise. «L'armée est très respectable et loyale, mais le fait d'être au pouvoir peut entraîner des ambitions, souligne Abdelrahman Samir. Il faut donc qu'on maintienne la pression pour que les réformes promises soient appliquées.» «On sera de nouveau dans la rue vendredi, pour “fêter la victoire”, précise Farah Kamal, membre du Mouvement du 25 janvier. On recommencera s'il le faut tous les vendredis, pour ne pas trop perturber la circulation. On reste plus que jamais mobilisés!»
Lagarde craindrait-elle DSK ?
Il est désormais un temps où Dominique Strauss-Kahn fait plus parler la droite que la gauche. Le président du FMI n'est toujours pas candidat aux primaires socialistes - le sera-t-il un jour ? - et sa popularité ne cesse de chuter. Selon le baromètre Ipsos pour Le Point , DSK perd 7 points et pointe désormais à 51% d'opinions favorables. Dans les coulisses socialistes, certains se réjouissent et d'autres s'inquiètent. De l'autre côté de l'échiquier politique, d'aucuns s'impatientent et beaucoup attaquent. « Choix intime »
mardi 15 février 2011
Le somptueux palais de Poutine
envoyé par france24. - L'actualité du moment en vidéo.
Iran : "La surveillance des opposants en Iran est renforcée"
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Wikipédia au château de Versailles
"La querelle des Anciens et des Modernes n'a plus lieu d'être", s'enthousiasme WikiMédia France. L' association qui promeut l'encyclopédie collaborative et le château ont signé un partenariat, mardi 15 février, afin d'alimenter et d'améliorer les contenus de l'information en ligne. "L'objectif est d'établir des ponts entre les équipes du château et les contributeurs de Wikipédia", résume Adrienne Alix, présidente de l'association Wikimédia France, au Monde.fr.
"Wikipédia est une source d'information majeure sur le château de Versailles, diffusée dans le monde entier. Certains conservateurs et scientifiques de l'établissement y contribuent déjà de façon spontanée pour enrichir certaines notices", note Jean-Jacques Aillagon, président de l'établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles, cité sur le site Wikimédia.fr.
Avant le château de Versailles, Wikimédia France a déjà signé deux partenariats avec des institutions, l'un avec la Bibliothèque nationale de France, l'autre avec la mairie, le Muséum d'histoire naturelle et les Archives de Toulouse. "Après le succès de l'expérience toulousaine, nous avons reçu de nombreuses sollicitations d'autres institutions", souligne Adrienne Alix.
Documents écrits, photographiques, multimédia : le British Museum a lancé pendant cinq semaines une initiative similaire à Londres, tout comme le Brooklyn Museum, à New York, plusieurs musées néerlandais, les archives fédérales allemandes, une bibliothèque de l'Etat australien du Queensland.
Alger: "Ce n’est qu’un début!"
De nombreuses références à la révolution égyptienne
Bouteflika lâche du lest
Zone euro: la croissance reste modérée au 4e trimestre 2010
La croissance dans la zone euro a un peu déçu en restant stable à 0,3% au quatrième trimestre 2010, portant le total sur l'année à 1,7%, selon une première estimation mardi de l'office européen des statistiques Eurostat.
C'est légèrement au-dessous des attentes des analystes, qui espéraient en moyenne une augmentation du Produit intérieur brut de 0,4% au quatrième trimestre, après 0,3% les trois mois précédents dans les pays partageant la monnaie européenne.
La croissance a notamment continué à ralentir dans la première économie de la zone euro, l'Allemagne: son PIB a augmenté de seulement 0,4% au quatrième trimestre après 0,7% au troisième et même 2,2% au deuxième.
Les économistes relèvent aussi la performance décevante affichée par la France au quatrième trimestre: seulement 0,3%, comme sur les trois mois précédents, mais moitié moins qu'espéré par la Banque de France.
Dans l'ensemble de l'Union européenne, la croissance a ralenti au quatrième trimestre, à 0,2% après 0,5% au troisième trimestre. Sur l'ensemble de l'année 2010, l'UE enregistre elle aussi une croissance de 1,7%.
En 2009, le recul du PIB avait atteint pour la zone euro un niveau historique de 4,1%, et pour l'UE 4,2%. Depuis la sortie de récession, la croissance européenne reste plutôt molle, seul le deuxième trimestre 2010 faisant figure d'exception avec un bond de 1%.
Eurostat n'a pas fourni à ce stade d'explications sur l'évolution du PIB européen au quatrième trimestre.
Mais "le mauvais temps en décembre pourrait avoir affecté l'activité dans certains pays", souligne Jonathan Loynes, économiste chez Capital Economics.
Pour lui, vu la confiance affichée par les entreprises, "la croissance pourrait de nouveau accélérer au premier trimestre 2011".
La reprise des exportations dans les membres historiques du "coeur" de la zone euro risque toutefois de "perdre au moins un peu de vigueur", tandis que la croissance restera très faible dans les économies plus fragiles, dites de la "périphérie", prévient toutefois l'économiste, qui table donc sur une croissance assez faible de seulement 1% environ en 2011.
Les Européens sous pression pour geler les avoirs de responsables égyptiens
"Nous examinons cette demande et nous coopérerons bien entendu avec les autorités égyptiennes", a ajouté le porte-parole en précisant qu'elle "ne concernait ni l'ancien président Hosni Moubarak ni des membres de sa famille".
A Londres, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a indiqué également avoir "reçu une demande de la part du gouvernement égyptien de geler les avoir de plusieurs anciens responsables égyptiens".
"Nous allons évidemment coopérer" avec les autorités égyptiennes "en travaillant avec l'Union européenne et les partenaires internationaux comme nous l'avons fait dans le cas de la Tunisie", a ajouté M. Hague, en référence avec le gel par l'Union européenne des avoirs de l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et de sa famille. "S'il y a la preuve d'un détournement ou d'une utilisation illégale de fonds publics, nous prendrons des mesures fermes et rapides", a encore assuré le chef de la diplomatie britannique.La même demande de gel des avoirs d'ex-responsables a été faite par le gouvernement égyptien aux Etats-Unis, a indiqué un haut responsable du département d'Etat à Washington qui a également précisé qu'elle ne concernait pas M. Moubarak.
A la demande de la Grande-Bretagne en particulier, les ministres européens des Finances ont décidé de mettre la question d'un gel éventuel des avoirs de sept anciens responsables égyptiens au menu d'une rencontre qu'ils doivent avoir mardi à Bruxelles, a indiqué à l'AFP une source diplomatique.
"Il y a six ou sept Egyptiens sur la liste, mais elle n'inclut définitivement pas Moubarak", a-t-elle dit.
L'UE discutera aussi de l'aide aux pays de la rive sud de la Méditerranée.
"J'ai demandé à ce qu'on évoque ensemble, et je sais que ça le sera demain, la situation dans les pays tels que la Tunisie, l'Egypte en particulier, pour en examiner les aspects financiers et économiques, c'est-à-dire à la fois, les perspectives d'investissement et de soutien, notamment par la Banque européenne d'investissement, par les différentes agences de développement de chacun de nos pays", a souligné la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde.
Il faut "voir comment on peut ensemble soutenir ce mouvement démocratique qui est en train de s'installer dans ces pays", a-t-elle ajouté.
L'Allemagne a aussi annoncé avoir été approchée par l'Egypte avec une requête de gel d'avoirs.
"Une demande d'entraide judiciaire des autorités égyptiennes concernant le gel d'avoirs d'anciens membres du gouvernement et du parlement égyptiens nous est parvenue", a déclaré à l'AFP un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. "Nous examinons actuellement cette demande", a-t-il ajouté.
Aucune des trois capitales n'a détaillé dans l'immédiat le montant des avoirs concernés ni les personnalités visées.
Le nom de Hosni Moubarak, qui a quitté la présidence de l'Egypte vendredi après 30 ans au pouvoir n'a pas été évoqué non plus à Londres et Berlin. Selon la presse britannique, M. Moubarak posséderait des millions d'euros d'avoirs en Grande-Bretagne. La Suisse a, elle, décidé dès vendredi de geler "avec effet immédiat" les avoirs que pourraient y détenir M. Moubarak et son entourage.
DSK confronté à une nouvelle salve de l'UMP
Après la polémique du week-end sur les propos de Christian Jacob critiquant DSK, Christine Lagarde et Brice Hortefeux sont revenus à leur tour sur les "qualités" du directeur général du FMI.
Dans la majorité, chacun y va de sa petite phrase sur Dominique Strauss-Kahn, actuel directeur du FMI et possible candidat à la présidentielle de 2012. "Tout le monde s'accorde, et j'en fais partie, pour dire qu'il (DSK) fait un très bon travail au Fonds monétaire international", a déclaré Christine Lagarde sur France 2 ce mardi matin. "Il soutient les thèses françaises pour ce G20, donc nous avons besoin de lui là où il est." Interrogée sur l'opportunité d'une candidature de l'ancien ministre socialiste de l'Economie à la présidentielle, Christine Lagarde a précisé : "cela relève du choix intime de chacun des individus concernés. Moi, je constate simplement que c'est un partenaire de qualité comme directeur général du Fonds monétaire international."
De son côté, Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, a estimé sur LCI que "Dominique Strauss-Kahn, qui est aujourd'hui loin de la France", n'était "pas forcément le mieux placé pour connaître les problèmes des Français au plus près". La France, selon le ministre, "il la connaît aujourd'hui moins bien du fait de ses responsabilités qui l'éloigne de notre pays".Des déclarations qui interviennent après d'autres ce week-end, qui ont fait réagir vivement les socialistes. Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pierre Lellouche, avait jugé dimanche que le directeur général du FMI incarnait la "gauche ultra-caviar", et Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, estimé qu'il représentait "plutôt bien" les bobos, les électeurs "bourgeois-bohème". "Ce n'est pas l'image de la France, de la France rurale, de la France des terroirs et des territoires, de la France qu'on aime bien", avait déclaré l'ancien ministre de l'Agriculture.
"Gauche caviar ? Non, plutôt gauche couscous"
Ces propos ont déclenché la colère des proches de Dominique Strauss-Kahn, relayés lundi par une mise au point du porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, pour montrer "ce que nous accepterons et ce que nous n'accepterons pas" pendant la campagne présidentielle de 2012. Lors du point de presse hebdomadaire du PS, il a dénoncé "les relents très moisis" de la polémique, laissant entendre, à l'instar des partisans de Dominique Strauss-Kahn, que celle-ci avait une connotation antisémite.
De son côté, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS et proche de DSK, a jugé mardi que les sondages d'opinion actuels donnant le patron du FMI tantôt ultra favori, tantôt en baisse, étaient "irréels". "Vous savez, Dominique Strauss-Kahn, c'est pas la gauche caviar, ce serait plutôt la gauche couscous. On mange plus de couscous à Sarcelles qu'à Neuilly (...) On ne peut pas dire que des hommes et des femmes qui gagnent de l'argent, qui ont des responsabilités à l'échelle internationale sont incapables de comprendre la situation française et la situation des Français. C'est pas très compliqué, cela n'a pas beaucoup changé depuis cinq ans, cela s'est aggravé", a poursuivi le député de Paris.
L'opposition iranienne défie à nouveau le régime

Sur d'autres images, en provenance de villes de province - Ispahan, Tabriz, Kermanchah -, on peut voir les manifestants faire le v de la victoire, les doigts tendus vers le ciel. Une victoire qui reste néanmoins relative. En fin d'après-midi, les rassemblements pacifiques ont viré, dans plusieurs endroits, en accrochages entre manifestants et forces de l'ordre. Ces dernières ont chargé la foule avec du gaz lacrymogène. Les contestataires, eux, ont brûlé des bennes à ordures renversées sur la chaussée. Un mort par balle et plusieurs blessés ont été signalés des deux côtés. «On s'attend à des clashs pendant la nuit», prévenait, en fin de journée, Arash, un manifestant joint par téléphone.
Officiellement, la manifestation, lancée à l'initiative des deux principaux leaders de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, avait pour objectif de «soutenir la lutte des peuples égyptien et tunisien» contre la «dictature», en saisissant au pied de la lettre les discours anti-Moubarak du pouvoir iranien. Officieusement, il s'agissait d'une journée «test» pour la dissidence iranienne, largement fragilisée par une répression sans merci. Depuis plusieurs mois, la «vague verte» née de la contestation postélectorale de juin 2009 - et dont l'activisme, à travers Facebook, Twitter et YouTube inspira les résistants tunisiens et égyptiens - peine à se ressaisir. L'expulsion de nombreux étudiants de l'université, l'arrestation de milliers de manifestants, la condamnation de journalistes et dissidents à de lourdes peines de prison - voire à la pendaison pour certains - ont rendu quasi impossible toute nouvelle forme de mobilisation.














