TOUT EST DIT

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vendredi 18 décembre 2009

L'inscription "Arbeit macht frei" à Auschwitz volée BIS

La tristement célèbre inscription en allemand "Arbeit macht frei" (le travail rend libre), figurant au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien camp de la mort nazi d'Auschwitz-Birkenau, dans le sud de la Pologne, a été volée par des inconnus. C'est ce qu'ont indiqué vendredi des responsables du musée du site. D'après la porte-parole de la police polonaise, Katarzyna Padlo, le vol s'est produit entre 3 h 30 et 5 h du matin. "C'est une profanation de l'endroit où plus d'un million de personnes ont été assassinées. C'est honteux", a déclaré le porte-parole du musée, Jaroslaw Mensfelt. Selon lui, "il s'agit du premier cas aussi grave de vol en ce lieu. Celui qui l'a fait devait bien savoir ce qu'il volait et comment il fallait s'y prendre."

L'inscription en fer forgé qui témoigne des horreurs commises dans le camp n'était pas difficile à décrocher du dessus de la grande porte, "mais il fallait le savoir", a précisé Jaroslaw Mensfelt. La police a lancé une enquête à laquelle le voïvode (le préfet) a promis son soutien. Plusieurs dizaines de policiers, accompagnés de chiens, sont sur les lieux. Des barrages de police ont été posés sur les routes de la ville d'Oswiecim (Auschwitz en polonais). "Un chien policier nous a conduits vers un trou dans le mur d'enceinte, normalement fermé avec une grille, du côté de la rivière où il n'y a pas d'habitation. La grille a été arrachée. Les voleurs devaient disposer d'une grande voiture, car le panneau mesure 5 mètres de long", a déclaré à l'AFP Malgorzata Jurecka, porte-parole de la police d'Oswiecim.

Le site du camp d'Auschwitz-Birkenau est fermé la nuit et gardé par des vigiles. "La police est en train de visionner les enregistrements d'un système de caméras de surveillance du musée et des enregistrements du système de monitoring urbain", a ajouté Malgorzata Jurecka. La police polonaise a promis une récompense de 5.000 zlotys (1.200 euros) à toute personne dont les informations pourraient aider à retrouver l'inscription et arrêter les coupables. "Toutes les pistes sont possibles, mais nous privilégions celle du vol sur commande d'un collectionneur privé ou d'un groupe de gens", a-t-elle précisé. D'après le site Internet du quotidien polonais Gazeta Wyborcza, une réplique a déjà été installée au-dessus de l'entrée. Celle-ci avait été brièvement utilisée il y a quelques années, lorsque l'originale avait été restaurée.

L'Allemagne, la Pologne et Israël indignés

L'Allemagne "espère que la lumière sera faite rapidement" sur ce vol, a indiqué vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Andreas Peschke. "Nous espérons que la lumière sera faite rapidement sur cet agissement et que le dommage subi par le Mémorial d'Auschwitz sera réparé", a-t-il souligné dans une première réaction officielle allemande après le vol intervenu vendredi au petit matin. Rappelant "la responsabilité historique" de l'Allemagne dans la Shoah, le porte-parole a souligné que Berlin soutenait la préservation du site d'Auschwitz. Pour Dieter Graumann, vice-président du Conseil central des juifs d'Allemagne, ce vol est "une grande peine et un choc pour tous les survivants et les descendants des survivants".

Le président polonais Lech Kaczynski s'est déclaré "bouleversé et indigné par le vol commis dans la nuit sur le territoire de l'ancien camp allemand de la mort d'Auschwitz-Birkenau". "C'est un symbole connu dans le monde entier du cynisme des bourreaux hitlériens et du martyre de leurs victimes qui vient d'être volé. Cet acte mérite la condamnation la plus sévère", a ajouté le président.

Yossi Levy, un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères, s'est dit "abasourdi et en colère", et a demandé vendredi aux autorités polonaises de localiser ces voleurs "inhumains". Le vol de l'inscription est un "acte abominable qui relève de la profanation", a déclaré vendredi le vice-Premier ministre israélien, Sylvan Shalom. "Ce geste témoigne une fois de plus de la haine et de la violence envers les juifs", a-t-il ajouté. Sur la chaîne TVN 24, le prix Nobel de la paix, chef historique du syndicat Solidarité et ancien président, Lech Walesa, tempère : "Je n'y verrais pas un acte idéologique. C'est une affaire criminelle. Impossible de le comprendre autrement."

L'Allemagne nazie a exterminé de 1940 à 1945 à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de juifs. Les autres victimes de ce camp furent surtout des Polonais non juifs, des Roms et des prisonniers soviétiques. Ce camp, également connu sous le nom de "Auschwitz II", abritait des chambres à gaz. Le camp a été libéré par l'armée soviétique en janvier 1945. Les nazis ont détruit nombre d'installations en prenant la fuite. Sur 191 hectares, le site compte 155 bâtiments et plus de 300 ruines. L'année dernière, plus d'un million de personnes ont visité Auschwitz.

Copenhague : la pression monte, les objectifs baissent

La confusion restait de mise à Copenhague, vendredi 18 décembre à 18 heures, heure officielle de clôture du sommet mondial sur le climat. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la planète multipliaient réunions et appartés pour tenter de rallier leurs positions en vue d'une déclaration contre le réchauffement climatique, dont l'ambition s'annonce de plus en plus réduite. Les dissensions persistant, l'ONU a demandé aux délégations de "ne pas partir ce soir", a indiqué le commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas.
Un nouveau projet de déclaration fixe fin 2010 comme date-butoir pour conclure un traité sur le climat, a indiqué l'agence AP, Reuters indiquant pour sa part que cette échéance n'était plus mentionnée. Le texte cité par Reuters maintient l'ambition selon laquelle "la hausse des températures devra être inférieure à 2 °C". Reste à définir les moyens. Le projet qui circulait dans la matinée ne fixait pas encore d'objectif chiffré de réduction des émissions polluantes. Or, l'addition des promesses précédemment faites par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 °C, selon une note confidentielle des Nations unies. Un certain consensus semble s'être fait jour sur une aide financière immédiate de 30 milliards de dollars sur trois ans (2010-2012) et jusqu'à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 pour aider les pays en développement à faire face aux impacts du réchauffement.

"BEAUCOUP DE TENSIONS"

"Aucun pays ne pourra obtenir tout ce qu'il souhaite", a lancé le président américain Barack Obama, arrivé dans la matinée, aux plus de 120 chefs d'Etat et de gouvernement présents, tout en campant sur les positions américaines, peu ambitieuses en matière de réduction des émissions. Autre pays décisif pour un accord, la Chine se refuse à tout contrôle international des objectifs qu'elle se fixerait. M. Obama a rencontré près d'une heure en début d'après-midi le premier ministre chinois Wen Jiabao, ce qui a permis d'enregistrer des "progrès", selon un responsable américain. Nicolas Sarkozy reconnaissait "beaucoup de tensions", et a déjà réservé sa chambre jusqu'à samedi.

Le premier ministre indien Manmohan Singh a appelé à prolonger les négociations en 2010 pour parvenir à "un accord réellement global et une réponse authentiquement solidaire au changement climatique". Le président russe Dmitri Medvedev a évoqué un chemin encore "long et difficile". Son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'est dit prêt à "faire un sacrifice" pour aider financièrement les pays les plus vulnérables et permettre un accord. Une proposition inattendue qui fait bouger les lignes de partage traditionnelles entre pays industrialisés et pays en développement.

Pour Emmanuel Guérin, de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), le risque d'une "déclaration politique molle" est réel. "Wen Jiabao a fait une petite ouverture sur la question des vérifications, Lula a fait preuve d'un volontarisme politique énorme sur le financement, Obama n'a pas bougé d'un iota et Singh a fermé le bal en disant que cela se jouerait en 2010", résumait-il vendredi après-midi.

Copenhague: Nicolas Sarkozy «ne veut pas d'un accord médiocre» sur le climat

HEURE PAR HEURE - Les infos en temps réel sur la dernière journée de négociations au sommet mondial sur le réchauffement climatique...
Dernière ligne droite à Copenhague. Après Nicolas Sarkozy, la veille, Barack Obama est arrivé sur place ce vendredi se joindre aux 120 chefs d'Etat qui cherchent à conclure un accord mondial. Objectif: enrayer le réchauffement climatique.

17h15: «On ne veut pas d'un accord médiocre» sur le climat
C'est ce qu'a déclaré vendredi à Copenhague Nicolas Sarkozy, soulignant que les négociations étaient «dures».

14h28: Progrès entre la Chine et les Etats-Unis
Selon un responsable américain, les discussions entre le président américain Barack Obama et le Premier ministre chinois Wen Jiabao ont permis d'enregistrer des «progrès» en vue d'aboutir à un accord mondial sur le climat.

14h00: ils vont avoir froid!
Une quinzaine de militants écologistes se sont rasé la tête devant le site du sommet de l'ONU sur le climat, pour protester contre le manque de progrès et d'ouverture des négociations. Rassemblés devant le centre de conférences Bella Center, les militants -en majorité des femmes- se sont laissé raser entièrement la tête, laissant sur le sol enneigé des longues mèches de cheveux. «Copenhague a brisé mes espoirs», «Je suis sans voix devant vos fausses solutions», disaient les pancartes qu'ils portaient pendant qu'on leur coupait les cheveux. «C'est le seul moyen d'exprimer mon sentiment de profond désespoir», a expliqué Henrike Wegener, une Allemande de 29 ans, au quotidien danois Politiken.


13h25: L'Inde veut prolonger les négociations
Le Premier ministre indien Manmohan Singh a appelé à prolonger les négociations sur le climat en 2010, jugeant que le sommet de Copenhague pourrait s'avérer insuffisant pour arriver à un accord. Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a appelé, lui, à un accord politique «robuste» même s'il n'est «pas nécessairement parfait».


13h: Lula veut faire un miracle
«Un miracle peut arriver, et je veux en faire partie», aurait déclaré le président brésilien aurait déclaré en réunion plénière, selon le compte Twitter de l'Elysée.

12h45: Protéger les pays producteurs de pétrole
Le ministre saoudien du Pétrole a estimé nécessaire que toute résolution prise à Copenhague qui pourrait avoir un impact sur la demande de pétrole soit accompagnée de mesures «destinées à réduire ses effets» sur les pays pétroliers.

12h30: Les objectifs ambitieux de Barack Obama
Pour le président américain, le monde doit trouver un accord, même s'il est imparfait.

12h: Les négociations sont tendues
Les discussions entre chefs d'Etat sur un projet de texte pour lutter contre le réchauffement climatique donnent lieu à «beaucoup de tensions» mais «ça bouge un peu», selon Nicolas Sarkozy. Il (son équipe, en tout cas) en parle sur Twitter, et envoie même quelques twitpics.

11h30: Fallait pas les inviter
La police danoise a inculpé les trois activistes de Greenpeace qui ont mené jeudi soir une opération au palais de Christiansborg où étaient invités à un dîner royal plus d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement participant au sommet climat de Copenhague.

Nicolas Sarkozy face au défi d’une reprise poussive

Nicolas Sarkozy et François Fillon en viendront-ils un jour à regretter le temps de la récession? Sans doute pas. Mais que la sortie de crise s'annonce difficile! Et comment affronter, avec la croissance poussive qui s'annonce, les défis de 2010, l'amorce d'un redressement des finances publiques et la réforme de la protection sociale, retraites en tête?
"Notre pays", se félicitait encore le président de la République le 14 décembre, est "l'un de ceux qui a le mieux résisté dans la crise". Cela est vrai. Le plan de relance, le choix de laisser filer les déficits et jouer les stabilisateurs automatiques, le modèle social français et ses amortisseurs ont conjugué leurs effets pour limiter l'ampleur de la récession, la plus grave que le pays a connue depuis les années trente.

La contraction du produit intérieur brut (PIB) ne devrait pas atteindre -3% comme on le redoutait en 2009. Elle devrait finalement tourner autour de -2,3%, selon la dernière note de conjoncture de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), présentée jeudi 17 décembre.

Mais en 2010 le redémarrage s'annonce laborieux avec une croissance trimestrielle de l'ordre de 0,3% à 0,4% selon l'Insee. En présentant les travaux de son département, Sandrine Duchêne, responsable de la conjoncture, a insisté sur "l'hétérogénéitéde situations" prévalant dans les économies avancées. "Il y a des pays où l'activité peine à redémarrer, comme l'Italie, l'Espagne, le Japon et le Royaume-Uni. Et d'autres où la demande est soutenue, comme les Etats-Unis ou l'Allemagne", a-t-elle expliqué.

La France, avec sa "reprise laborieuse" se situe à mi-chemin entre les pays qui redémarrent vite et les autres. La demande privée n'y embraie que très lentement. Le moteur de la consommation, pourtant si décisif pour la croissance, tourne au ralenti. Le climat des affaires n'est pas bon et les dernières enquêtes de conjoncture annoncent davantage un ralentissement à venir de l'activité qu'une franche reprise. L'Insee ne prévoit d'ailleurs pas d'accélération d'ici la mi-2010.

La sortie de crise est placée sous le signe d'un "redémarrage à petite vitesse", qui n'a rien d'enthousiasmant. Depuis le choc brutal de la charnière des années 2008-2009, marqué par un recul du PIB de 1,5% au quatrième trimestre 2008 et de 1,4% au premier trimestre 2009, la croissance trimestrielle semble condamnée à osciller entre +0, 3% et +0,4%. Pas de quoi doper l'emploi ou réduire le nombre des demandeurs d'emploi.

Le taux de chômage, qui était de 7,8% fin 2008, devrait continuer d'augmenter fin 2009 et début 2010 mais moins fortement qu'au creux de la récession. Au deuxième trimestre 2010, il atteindrait 9,8% en France métropolitaine et 10,2%, si l'on y ajoute les Dom. Autant dire qu'il restera en 2010 l'un des principaux sujets de préoccupation des Français et de l'exécutif.

Les dispositifs de soutien aux ménages (primes de solidarité active, primes à certaines catégories de chômeurs, baisses d'impôt pour les contribuables les plus modestes, etc.), qui avaient été décidés au sommet social du 18février, n'avaient pas vocation à être reconduits. Certaines mesures de soutien à l'activité, comme l'extension du chômage partiel, sont également censées ne durer qu'un temps.

Le gouvernement pourra-t-il, pour autant, rester l'arme au pied devant la perspective de l'arrivée en fin de droits d'un million de chômeurs? C'est fort peu probable, ne serait-ce que parce que 2010 est une année électorale. Il lui faudra donc indemniser la majorité des chômeurs qui basculeront dans le régime de solidarité, à la charge de l'Etat.

Le colmatage des brèches sociales ouvertes par la récession et par un chômage redevenu massif imposera au gouvernement de prendre quelques libertés avec le programme draconien de réduction de la dépense publique nécessaire au respect de la parole donnée à Bruxelles (ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB d'ici à 2013). Mais s'il le fait, il se trouvera en porte-à-faux avec la Commission européenne et risque d'isoler la France en Europe.

EXERCICE REDOUTABLE

A l'inverse, engager la réforme de l'Etat-providence, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, dans une période de croissance faible est un exercice redoutable. Economiquement, car il risque de tirer la croissance vers le bas et de pénaliser une consommation dont l'Insee vient de souligner qu'elle tournait déjà au ralenti. Socialement ensuite, car la réforme des retraites, même présentée comme une nécessité à l'endroit des jeunes générations, est un sujet délicat et passablement anxiogène. L'allongement inéluctable de la durée de cotisation est compliqué à "vendre" dans un pays comme la France où l'emploi des seniors pose tant de problèmes. La baisse du taux de remplacement, inscrit dans les réformes de 1993 et de 2003, est des plus impopulaires.

Les sujets d'inquiétudes sont à la mesure de la complexité du dossier. Le gouvernement a peu de chances d'en tirer un profit immédiat. Comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, qui ne fait pour le moment économiser que 498millions d'euros à l'Etat, le recul de l'âge de départ à la retraite est important car il permet d'infléchir à moyen terme la tendance à l'accroissement des dépenses. Mais à court terme –c'est-à-dire à l'échelle de la vie d'un gouvernement – il risque fort de ne dégager aucune économie substantielle.

Où qu'il se tourne, le gouvernement risque de se trouver piégé. Piégé par une croissance trop faible pour lui laisser la moindre marge, piégé par ses engagements à l'égard de Bruxelles, et contraint de naviguer à vue dans un environnement des plus incertains.
Claire Guélaud

Les forces en présence à la table des négociations

Hier soir, les chefs d'Etat dînaient chez la reine du Danemark. Ensuite ils devaient commencer à négocier. Les positions étaient encore éloignées.

· Etats-Unis

Le gouvernement Obama propose une baisse de 17 % des émissions de CO2 en 2020 par rapport à 1990. En 2025 et 2030, le pourcentage passerait à 30 % et 42 %. Comparé à 1990, cela représente une baisse de 2 % en 2020. Le projet de loi n'est pas encore adopté, mais l'inclusion des efforts de réduction sur la forêt et l'usage des mécanismes carbone pourraient permettre d'améliorer l'offre. Les Américains souhaitent que la conférence aboutisse à un « accord opérationnel » qui déboucherait sur un engagement politique contraignant en 2010. Côté financier, 1 milliard de dollars de dons en faveur de la forêt ont été promis et Washington a accepté de participer au financement de l'effort jusqu'en 2012. Plus important encore, ils ont promis d'étudier la création d'un fonds de 100 milliards de dollars par an destiné à aider les pays en développement d'ici à 2020.

· Union européenne

L'Europe a pris des engagements unilatéraux dès décembre 2008 : réduire ses émissions de 20 % d'ici 2020 (par rapport à 1990). Un objectif qui pourrait être porté à 30 % si l'accord est jugé satisfaisant. Bruxelles envisage de moduler son offre de passage à 30 % avec par exemple un passage intermédiaire à 25 % en 2020, si elle estime les propositions insuffisantes. C'est l'Europe la première qui a évoqué la nécessité de mettre sur la table 100 milliards… d'euros d'aide aux pays en développement, soit 147 milliards de dollars.

· Les pays émergents

Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud insistent sur la « responsabilité historique » des pays du Nord. La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, a annoncé son intention de baisser le niveau de ses émissions polluantes par unité de PIB de 40 à 45 % d'ici à 2020 par rapport à 2005. Elle refuse tout mécanisme international de vérification mais accepte de publier chaque années un inventaire de ses émissions et de communiquer sur son programme national. Le président Hu Jintao a promis que Pékin disposerait en 2020 de 15 % d'énergie renouvelable. L'objectif européen est de 20 %. L'Inde propose de réduire son intensité carbone de 20 à 25 % en 2020 par rapport à 2005. Et le Brésil met sur la table une réduction de 80 % du niveau de déforestation en Amazonie.

· Les autres pays en développement

Dans le cadre des négociations sur le climat, aucune demande particulière ne leur est faite en matière de réduction des émissions si ce n'est de rendre compte régulièrement de leur niveau d'émission. L'Afrique et les petites îles se considèrent comme les plus vulnérables. Ils estiment que l'objectif des 2 degrés retenu par la communauté internationale n'est pas assez ambitieux et plaident pour un objectif de 1,5 degré. Le Premier ministre éthiopien a affirmé que la proposition de 100 milliards d'euros lui semblait satisfaisante.

· Japon, Australie, Canada

Ces trois pays ont en commun d'avoir ratifié le protocole de Kyoto, mais d'avoir du mal à atteindre leurs objectifs. Le Japon propose de réduire ses émissions de 25 % en 2020 par rapport à 1990 et a promis une aide de 15 milliards de dollars publique et privée sur trois ans d'ici à 2012.
A. B. ET J. CH., Les Echos

Copenhague : les chefs d'Etat à la rescousse

Les chefs d'Etat ont multiplié hier les déclarations volontaristes à la tribune de la convention sur le climat à Copenhague. Les Etats-Unis ont promis d'étudier la création d'un fonds à hauteur de 100 milliards de dollars, mais la vérification des réductions d'émissions est devenue l'enjeu central des négociations.
Si ce n'est pas maintenant, alors quand ? » hier dans les couloirs du centre de conférence de Copenhague, les ONG ont multiplié les appels aux chefs d'Etat pour la conclusion d'un accord « juste, ambitieux et contraignant » afin de limiter la hausse de température sous les 2 °C. C'est maintenant ou jamais, ont confirmé les leaders mondiaux qui se sont succédé à la tribune de l'ONU, mais en coulisse les négociations ont continué à se gripper. En colère devant les cafouillages de la négociation diplomatique, qui patine autour de deux textes avec la constitution de pas moins de 11 groupes de travail, Nicolas Sarkozy a résumé brusquement la situation. « Un échec à Copenhague serait catastrophique. Tous, nous aurions des comptes à rendre à l'opinion publique mondiale et à notre opinion publique. Les scientifiques, nous ont dit ce qu'il fallait faire et nous ont prévenus que nous étions la dernière génération à pouvoir le faire. »
Climat d'anxiété croissant

Délaissant le discours qu'il avait préparé, il a invité les chefs d'Etat ainsi que le président brésilien Lula da Silva à se réunir après leur dîner chez la reine du Danemark toute la nuit s'il le faut pour sortir de la nasse. Une invitation sous forme d'ultimatum des présidents brésilien et français, auteurs d'un texte commun, déterminés à reprendre le leadership des négociations pour éviter un échec.

Car hier, les négociations ont tourné en rond dans un climat d'anxiété croissant. Dans la soirée, le porte-parole de Barack Obama a affirmé que le président préférait rentrer les mains vides « plutôt qu'avec un mauvais accord ». De son côté, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, He Yafei, a affirmé que les négociations climat « risquent d'échouer » si les pays ne se concentrent pas « sur ce qui rapproche ». Dans la matinée, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait pourtant relancé la partie, en annonçant que les Etats-Unis étaient prêts à étudier une enveloppe globale de financement de long terme qui atteindrait 100 milliards de dollars par an pour la lutte contre le réchauffement et qui serait alimentée par des mécanismes de financement innovant, rejoignant la proposition européenne. « Nous sommes en train de sortir du couloir de la mort grâce à cette offre », avait souligné hier un responsable de WWF international, tandis que Jenifer Morgan, responsable climat du WWF estimait que cette annonce était de nature à faire bouger les lignes. Mais la proposition américaine est soumise à une obligation de transparence de toutes les grandes économies sur leurs actions de réduction d'émission. Une transparence également prônée par la chancelière d'Allemagne, Angela Merkel et qui vise directement la Chine qui a refusé toute la semaine toute intrusion visant à vérifier ses émissions de CO2 ou sur sa politique climat. Dans la soirée les observateurs estimaient que la déclaration de He Yafei assurant que, sur la question de la vérification des émissions, son pays est « ouvert à un dialogue et à une coopération qui ne soit pas intrusive et n'enfreigne pas notre souveraineté », réprésente une ouverture susceptible de faire bouger les lignes. « La Chine [...] ne peut considérer que la transparence des efforts de chacun soit une remise en cause de la souveraineté de chacun », a insisté Nicolas Sarkozy. Il a rappelé que l'essentiel d'un accord était à portée de main, si chacun cessait de se quereller sur la nature juridique des textes. « Que ceux qui veulent un texte sous le protocole de Kyoto, le gardent. Que ceux qui préfèrent un texte sous la Convention de l'ONU sur le climat, le fassent. Mais, qu'au moins, nous parvenions à la rédaction d'un chapeau politique commun clair, avec un renvoi dans les six mois maximum pour mettre l'accord sous une forme juridique »,a-t-il déclaré.
Un texte unique

Une position que ne partagent pas tous les Européens, certains continuant à préférer l'adoption d'un texte unique. Mais les pays du G77 et la Chine ont fait de la conservation du protocole de Kyoto une question de principe rappelant qu'il a fallu huit ans pour obtenir la ratification du protocole de Kyoto. Et dans les couloirs, les observateurs lisaient avec attention une note confidentielle provisoire des Nations unies montrant que les propositions des parties restent « non soutenables »et pourraient conduire à un réchauffement de trois degrés.
ANNE BAUER ET JULIE CHAUVEAU

L'inscription "Arbeit macht frei" volée à Auschwitz

La célèbre inscription en allemand "Arbeit macht frei" ("Le travail rend libre") figurant au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien camp de la mort nazi d'Auschwitz-Birkenau (sud de la Pologne), a été volée par des inconnus, a annoncé, vendredi 18 décembre, la police.

"Le panneau a été emporté vers 6 heures locales [même heure en France, ndlr]. Un chien policier a été lancé sur les traces des voleurs", a déclaré une porte-parole de la police, Malgorzata Jurecka, à la radio publique Trojka.

SAUF ÉVÈNEMENT INATTENDU, C'EST LA SEULE NOUVELLE DU JOUR !

jeudi 17 décembre 2009

Intervention de François Fillon pour la 500 000e création d’entreprise en 2009

Nous sommes réunis ce matin pour célébrer la 500.000eme création d’entreprise en 2009. Je me souviens d'avoir appartenu au Gouvernement du président Chirac. Il avait, à l'époque, demandé à ses ministres de mettre tout en œuvre pour qu'un million d'entreprises soient créées en cinq ans. Eh bien, grâce à Hervé Novelli, nous en faisons 500.000 en un an.

Ce sont des niveaux historiques, puisque, il y a une dizaine d’années, les chiffres plafonnaient autour de 200.000 créations d'entreprise par an.
Ces résultats remarquables, on les doit en très grande partie, au statut de l’auto-entrepreneur.
Quand cette mesure a été lancée, le 1er janvier, nous nous étions fixés, avec Hervé, un objectif qui nous semblait ambitieux : avoir 200.000 auto-entrepreneurs en 2009. Début novembre, ils étaient déjà 265.000.

Je crois que la réussite de ce dispositif tient d’abord à sa simplicité.
Devenir auto-entrepreneur, c’est une démarche ouverte à tous, qu’on soit étudiant, chômeur, retraité, salarié ou fonctionnaire.

C’est une démarche extrêmement rapide. On l’accomplit chez soi, en quelques minutes, sur Internet.

Et c’est une décision qui n’est pas difficile à prendre, je veux dire par là qu’on peut devenir auto-entrepreneur sans mettre ses économies en jeu, sans avoir la crainte d’être dans le rouge parce qu’on ne fait pas assez de chiffre d’affaires. Quand vous êtes auto-entrepreneur, si vous n’encaissez rien, vous ne payez rien ! Les charges sont fonction du chiffre d’affaires.

En termes d’activité, les premiers résultats sont très encourageants. Pour l’instant, nous n’avons que les chiffres d’affaires des auto-entrepreneurs qui se sont déclarés au premier semestre 2009 ; nous ne connaîtrons les résultats définitifs que l’année prochaine, mais nous prévoyons un total d'environ un milliard d’euros.

L’auto-entrepreneur, c’est un succès dans les chiffres. C’est un phénomène de société : les Français se sont emparés de cette idée. Ils ont trouvé dans ce statut un véritable outil anti-crise, qui leur a permis de créer leur emploi ou de trouver un complément d’activité.

Cela fait des années, des décennies, que l’on dit qu’il est difficile de créer une entreprise en France, parce que les contraintes sont trop nombreuses, et parce que les risques sont difficiles à assumer, et que les formalités administratives sont étouffantes.

Eh bien, on voit qu'il suffisait de simplifier les démarches pour constater que les Français ont la fibre entrepreneuriale et que la France est un pays d’initiative.

Je connais évidemment tous les débats qui entourent la création du régime d’auto-entrepreneur. On peut dire que beaucoup en sont satisfaits, mais que beaucoup aussi ont des inquiétudes.

J'entends ces inquiétudes. Il est essentiel que la procédure ne soit pas dévoyée. Il ne faut pas que le statut d'auto-entrepreneur devienne une forme de salariat déguisé. Nous allons naturellement surveiller son évolution, mais je crois que, dès à présent, nous pouvons considérer avec satisfaction la façon dont elle libère les énergies.

Et je voudrais dire qu'on est là dans une situation qui est assez classique dans notre pays. Tout débat avec des chefs d'entreprise, tout débat avec des responsables de chambre de commerce, tout débat avec des responsables de chambre des métiers, depuis des années et des années, donne lieu au même constat : c'est trop difficile, c'est trop compliqué, il y a trop de contraintes, il faut simplifier.
Et puis le jour où on simplifie, alors, à ce moment là, on voit se dresser tous ceux qui vous expliquaient que c'était trop compliqué, qui vous disent : "non finalement, il y a trop de risques à simplifier". C'est une tradition française. La seule innovation, c'est que d'habitude, le Gouvernement entendait ces critiques et, en général, remettait de la complexité dans le système pour rassurer tout le monde. On va essayer de ne pas faire la même chose.

C’est cette procédure nouvelle qui explique donc en grande partie les bons chiffres de la création d’entreprise, mais ce n’est pas le seul facteur.
En 2008, ce régime n’existait pas encore, et les chiffres étaient déjà en hausse de plus de 50 % par rapport à 2002 : c’est le résultat de la politique volontariste que nous menons.

Je pense à toute une série de mesures qui ont été prises ces dernières années, comme l’assouplissement des règles de cumul d’activités, les possibilités élargies d’exercer depuis son domicile, ou la baisse des montants des charges sociales ou des fonds propres exigés au démarrage.

Je pense à l’action des réseaux d’accompagnement, qui réalisent un travail remarquable auquel je veux, aujourd'hui devant vous, rendre hommage.

Je pense aux sources de financement dont peuvent disposer ceux qui se lancent dans la création d’entreprise : les prêts que propose OSEO, les prêts d’honneur du Réseau Entreprendre et de France Active, ou encore les financements de type micro-crédit, par exemple ceux que l’on peut obtenir auprès de l’Association pour le Droit à l’Initiative Economique.

Et je pense enfin aux initiatives qui contribuent à développer en France le goût et le courage d’entreprendre, comme celle de l’association "100.000 entrepreneurs" qui permet à des entrepreneurs bénévoles de partager leur expérience dans les écoles et dans les universités. Et Dieu sait si cela est nécessaire.

C’est essentiel, parce que la création d’entreprise, ce n’est pas seulement une question de mesures règlementaires, mais c’est aussi une question d'état d’esprit !

Un état d’esprit dont nous avons besoin pour faire face à la crise, un état d’esprit qui, surtout, va nous être terriblement nécessaire dans la compétition mondiale qui ne va faire que s’amplifier avec la reprise économique.

Alors, il n’est pas question de s’arrêter en chemin !

Les chiffres exceptionnels de 2009 doivent nous encourager à poursuivre.
D’abord en améliorant les dispositifs existants.

Prenons le dispositif Nacre, par exemple, qui a été lancé cette année pour aider les chômeurs à créer ou à reprendre des entreprises.

Dans le budget 2010, le Gouvernement a introduit une disposition qui permettra d’en bénéficier plus facilement. Actuellement, pour les demandeurs d’emploi non indemnisés, il faut avoir été depuis six mois au chômage pour en bénéficier. C’est contreproductif, car on sait que le retour à l’emploi ou à la création d’entreprise sont d’autant plus faciles que l’on n'est pas éloigné depuis trop longtemps du marché du travail !
Eh bien, désormais, tous les demandeurs d’emploi pourront bénéficier de l’accompagnement dans le cadre de Nacre, sans condition d’ancienneté dans le chômage.

Il faut aussi que nous poursuivions la réflexion sur l’auto-entrepreneur.

Nous allons élargir la liste des activités que les fonctionnaires pourront exercer à côté de leur emploi, de sorte qu’ils puissent devenir auto-entrepreneurs à titre accessoire, comme les salariés du privé.

Nous allons surtout développer l’accompagnement.

Un des grands atouts de ce statut, c’est qu’on peut devenir auto-entrepreneur sans avoir fait des études de management, de comptabilité ou de marketing. Et c’est très bien ainsi, et c’est justement pour cela que nous l’avons créé.
Mais en même temps, on doit aussi donner aux auto-entrepreneurs toutes les chances de succès. Et donc il faut lutter contre l’isolement qui, bien souvent, conduit à l’échec.

Je souhaite donc que soient expérimentées des modalités innovantes de soutien aux auto-entrepreneurs, sur le terrain, avec les réseaux d’accompagnement, ou bien grâce à l’utilisation des nouvelles technologies et d’Internet.

Enfin, à côté du régime d’auto-entrepreneur, il faut continuer à soutenir la création d’entreprise. C'est l'enjeu du nouveau statut d'entreprise individuelle à responsabilité limitée, qui va donner aux entrepreneurs la possibilité de protéger leurs biens personnels en cas d'échec. C'est une initiative qu'Hervé a beaucoup soutenue, et dont je suis heureux qu'on ait pu la mettre en œuvre rapidement, ou qu'on puisse la mettre en œuvre dans les toutes prochaines semaines. Il faut également soutenir la création en l'élargissant

Il faut la soutenir en la sécurisant.

C’est l’enjeu du nouveau statut d’Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée (EIRL) qui donnera aux entrepreneurs la possibilité de protéger leurs biens personnels en cas d’échec.

Il faut également soutenir la création en l’élargissant.

C’est l’enjeu de la création d’entreprise par les mineurs de plus de seize ans : nous allons permettre aux mineurs émancipés de devenir commerçants, et nous allons permettre aux mineurs non émancipés de créer leur entreprise, avec l’autorisation de leurs parents, autorisation qui sera aussi nécessaire pour les actes les plus importants dans la vie de l’entreprise.

Et enfin, il faut soutenir la création d’entreprise en la simplifiant. Et c'est tout l’enjeu du "guichet unique" qui va être mis en place le 1er janvier.

Le guichet unique, c’est une demande que j’avais formulée, il y a quasiment un an jour pour jour, devant les Etats généraux des Chambres de commerce et d’industrie. Et certains pensaient alors qu’il serait très très difficile de faire travailler ensemble tous les acteurs...

Eh bien, je suis heureux de constater que les chambres de commerce et d’industrie, les chambres de métiers, les chambres d’agriculture, les URSSAF, les greffes des tribunaux de commerce, l’APCE et l’INPI se sont rassemblés autour de ce projet commun.

Et au 1er janvier, ce guichet unique va prendre en charge les formalités de création de toutes les entreprises, mais ne permettra le traitement des demandes d’autorisation que pour certaines d’entre elles.

Il faut que le rythme de déploiement s’accélère, que toutes les activités puissent rapidement bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités offertes.

Pour cela les administrations en charge des différentes procédures d’autorisation vont devoir se mobiliser.
L’Etat va contribuer à cette évolution, y compris financièrement. Mais il sera naturellement nécessaire qu’il s’associe aux membres du "Guichet unique", dans un partenariat qui doit aller au-delà de l’organisation associative actuelle.

Voilà, Mesdames et Messieurs,

L’effort de simplification doit aussi concerner la gestion au quotidien des entreprises. Parce que quel serait le sens de mesures destinées à faciliter la création des entreprises si, ensuite, la complexité devait ressurgir dans leur phase d’exploitation ?

Prenons l’exemple de la comptabilité.

Bien entendu, les obligations comptables sont utiles, que ce soit pour l’information des tiers ou pour l’entreprise elle-même.

Mais elles doivent être proportionnées à la taille de l’entreprise, et c’est la raison pour laquelle le droit communautaire prévoit deux régimes de comptabilité: un régime normal et un régime simplifié, qui est un régime moins détaillé mais qui offre quand même toutes les garanties nécessaires.

Aujourd’hui, pour des raisons qui tiennent à je ne sais quel secret d'identité nationale, nous limitons le bénéfice du régime simplifié à des entreprises de très très petite taille, bien en deçà des seuils qui sont prévus par les directives européennes. Je souhaite que ces seuils soient relevés.
Cela permettra d’alléger les obligations comptables de plus de 100.000 entreprises.

Nous devons également être attentifs aux besoins spécifiques des entreprises innovantes.

C’est le sens des mesures de soutien à la croissance des PME innovantes qui vont être financées par le Grand Emprunt.

400 millions d’euros vont être affectés à un fonds d’investissement destiné à prendre en charge le stade de l’amorçage qui est, nous le savons bien, souvent le plus délicat et en même temps le plus décisif pour l'avenir de ces entreprises.

Voilà, Mesdames et Messieurs,

Notre effort ne va pas fléchir, parce que les enjeux de la création d’entreprise sont fondamentaux.

Il y a d’abord un enjeu démocratique, qui est aussi, en quelque sorte, un enjeu philosophique : faciliter la création d’entreprise, c’est en réalité donner à chacun la chance d’être maître de son destin, d'être maître de son activité, d'être finalement maître de sa réussite.

Il y a ensuite un enjeu conjoncturel : la création d’entreprise, c’est un outil décisif dans la lutte contre la crise et contre le chômage.

Ces enjeux, d'ailleurs, ils traversent la politique que nous menons depuis deux ans et demi.

On peut dire au fond que la première année du quinquennat, c’était l’année de la libération des énergies.

La deuxième année, cela a été, en pleine crise, l’année de la résistance par l’investissement et par le soutien à l'investissement.

La troisième année du quinquennat devra être l’année de la reprise compétitive.

La reprise compétitive, c’est le défi que nous lancent tous les pays qui ne nous attendent pas.
Je pense naturellement aux pays émergents, et notamment aux pays asiatiques, dont la production industrielle est déjà repassée au-dessus du niveau qui était le leur à l'entrée dans la crise, alors que nous, les vieux pays industrialisés d'Europe, on est encore très loin d'avoir retrouvé ce niveau de production industrielle.

Et je ne suis pas sûr que tous nos concitoyens mesurent à quel point la crise va agir comme un accélérateur de la délocalisation des activités des vieux pays industrialisés vers les pays émergents.
Quand nous nous réjouissons de sortir de récession avec, nous l'espérons, un peu plus de 1 % de croissance l'année prochaine, nos amis chinois sont déjà repartis sur des chiffres de croissance à deux chiffres. Et cette situation, elle va aller en s'accélérant.

C'est pour cela que toutes les mesures que nous essayons de prendre, notamment sur le plan de la fiscalité, pour essayer d'améliorer la compétitivité des entreprises sont des mesures qui sont fondamentales pour la croissance de l'économie, donc pour l'emploi et pour le maintien du mode de vie qui est le nôtre.

Voilà, je le dis. Quand je vois toutes ces résistances considérables à chaque changement, notamment de la fiscalité sur les entreprises, quand on parle de cadeaux aux entreprises, c'est d'une bêtise amère.

Comme si on ne voyait pas cette compétition extraordinairement dure qui est en train de se dérouler et qui se traduira, si nous ne savons pas résister, par la remise en cause de notre modèle social, de notre modèle de vie, tout simplement parce que nous n'aurons plus les moyens de le financer. Voilà.

Je suis heureux de voir, aujourd’hui que la France qui est devant moi, s’empare des forces qui sont en elles.

Cela me conforte dans le message de confiance et dans le message d’audace que je voulais vous adresser, avec Hervé Novelli, en vous félicitant puisque vous êtes ceux qui sont porteurs du renouveau économique de notre pays.


"Une nation sans entrepreneurs, c’est une nation qui est vouée au déclin. En revanche, une société qui rend hommage à ses entrepreneurs, c’est une société qui croit en l’avenir."

Les distributeurs de billets ne seront plus alimentés à partir de vendredi

Les employés chargés de la maintenance et de l'alimentation des distributeurs automatiques de billets (DAB) sont appelés à faire grève dès vendredi 18 décembre pour obtenir une meilleure prime de risque, a annoncé jeudi l'intersyndicale de la profession.

"En 24-48 heures, tout sera bloqué", a promis Michel Guyomard (CFTC). L'intersyndicale comprend les syndicats CFDT, FO, CGT, CFTC, CFE-CGC et FNCR. Elle avait initialement menacé de ne déclencher la grève qu'à partir du lundi 21 décembre. "Nous sommes fortement déçus, on n'a eu qu'une petite proposition de prime de 130 euros par mois", alors que les syndicats réclament un alignement sur la prime des convoyeurs de fonds à 230 euros, a-t-il précisé.
De plus, le patronat veut que les employés exercent "un nouveau métier", celui de convoyeur, estime l'intersyndicale. "Actuellement les 'dabistes' opèrent seuls, sans arme, circulent dans des véhicules banalisés" pour se rendre dans les agences bancaires et charger les distributeurs depuis les locaux sécurisés.

Selon Pascal Quiroga (CFDT), le patronat veut, "avec la complicité du ministère de l'intérieur" qu'ils travaillent "désormais armés, en uniforme". "Sous l'égide du ministère de l'intérieur, nous souhaitons travailler sur une évolution réglementaire" et que les dabistes "travaillent à bord de nos véhicules avec des personnes armées", a confirmé Robert Monti, de l'organisation patronale Fedesfi, précisant qu'alors les primes des convoyeurs et dabistes seraient alignées.

La profession compte un millier de dabistes, salariés des entreprises de convoyage de fonds. Sur quelque 50 000 DAB en France, 20 000 sont gérés par les sociétés de transport de fonds et les autres par les banques elles-mêmes. "Le secteur risque de s'enflammer", les convoyeurs pouvant rejoindre le mouvement, a ajouté la CFDT.

RER A : la grève est reconduite vendredi

Les organisations syndicales de la RATP se sont prononcées pour la poursuite vendredi de la grève sur la ligne A du RER en région parisienne, a-t-on appris jeudi auprès de la CGT.

Le trafic est très perturbé depuis une semaine sur cette ligne qui traverse la capitale d'est en ouest et transporte chaque jour environ un million de voyageurs. Il se résume à un train sur deux environ aux heures de pointe (7 h 30-9 h 30 puis 16 h 30-19 h 30) et à une circulation quasi nulle aux heures creuses.
Les négociations entre la direction de la RATP et les conducteurs, qui réclament des revalorisations de salaire, sont au point mort.

Par ailleurs, le préavis de grève déposé jeudi pour l'ensemble du réseau RATP, pour protester contre le licenciement d'un conducteur, n'a provoqué que de très faibles perturbations. Seules les lignes 6 et 9 du métro étaient légèrement affectées avec respectivement 2 rames sur 3 et 3 rames sur 4 en moyenne.

Mercredi, les organisations syndicales de la RATP ont opposé une fin de non-recevoir aux propositions de la direction pour les équipes du RER A. La RATP a notamment avancé l'idée de mettre en place de nouveaux tableaux de service ainsi qu'une prime variable en fonction des objectifs de régularité dans le cadre du contrat avec le Syndicat des transports d'Ile-de-France (STIF). Cette prime pourrait atteindre 80 euros par mois, là où les syndicats réclament un minimum fixe de 120 euros par mois.
RIEN, IL NE FAUT RIEN LEUR CÉDER !!!!!!

Huitième jour de grève sur le RER A

Ce jeudi, le mouvement devrait s'élargir à l'ensemble du réseau RER, ainsi qu'aux bus, métro et tramway à Paris.

La ligne A du RER va continuer de connaître une forte perturbation jeudi de son trafic avec un train sur deux aux heures de pointe (7h30-9h30 et 16h30-19h30) et un trafic quasi-nul aux heures creuses, a annoncé la RATP au 8e jour de grève consécutif des conducteurs.

"Avant 07H00, aucun train de la ligne A n'a encore circulé, mais le trafic était, comme prévu, de deux trains sur la ligne B du RER", a précisé le service de presse de la Régie. En revanche, "le trafic était quasi normal sur l'ensemble des lignes du métro et des bus", a-t-on ajouté de même source.
Jeudi, le mouvement devait s'élargir à l'ensemble du réseau RER, ainsi qu'aux bus, métro et tramway. La CGT, FO, les Indépendants et l'Unsa ont en effet déposé des préavis pour protester contre le licenciement d'un conducteur. Une nouvelle fois, les lignes de métro 1, 2, 4, 6 et 14 seront renforcées.

La RATP a prévu d'afficher en gare et sur internet les horaires prévus des trains et met un numéro vert à la disposition des voyageurs (0 800 15 11 11).

Quelles revendications?

Les conducteurs du RER A, réunis en assemblées générales mercredi, ont voté "à l'unanimité" la poursuite du mouvement. Jeudi, aucune nouvelle rencontre n'était prévue entre syndicats et direction, après les discussions de la veille, selon des sources concordantes.

Les syndicats revendiquent une prime de 120 euros (Unsa) à 150 euros dont 30 euros variables (CGT, FO, CFDT, Sud, Indépendants). La direction, qui mettait initialement environ 100 euros sur la table, a proposé dans la nuit "une prime variable" pouvant atteindre 80 euros mensuels, soulignent les syndicats.

Les syndicats estiment qu'une revalorisation est "un dû" au vu des efforts supplémentaires demandés aux 550 conducteurs de la ligne A depuis une augmentation de l'offre de RER en 2008, qui a entraîné une dégradation des conditions de travail. La RATP affirme au contraire avoir "enrichi" ses propositions.
SUPPRIMONS LE DROIT DE GRÈVE POUR CETTE CATÉGORIE DE PERSONNEL !!!

Etienne Mougeotte saisit le CSA contre les "Guignols"

Le directeur des rédactions du Figaro, Etienne Mougeotte, a saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel à la suite d'un sketch des "Guignols" sur Canal+ l'accusant, selon lui, de "racisme" envers l'islam, selon les informations de Libération. Le CSA a indiqué "examiner" sa demande et lui a donné rendez-vous le 14 janvier.
Un sketch des "Guignols" du 9 décembre mettait en scène la marionnette d'Etienne Mougeotte brandissant une fausse "une" du Figaro où il était écrit : "Musulmans, Noël approche, pensez à rentrer chez vous", en référence à la vraie manchette du journal : "Sarkozy rappelle aux musulmans leurs droits et leurs devoirs".

"C'est une abomination. Je me suis battu toute ma vie contre le racisme et la xénophobie, j'ai œuvré pour la diversité à TF1, et Le Figaro est d'une clarté absolue. Je ne supporte pas qu'on plaisante là-dessus", a déclaré M. Mougeotte.
Le Figaro "parlera des programmes de Canal+ mais il ne faut pas compter sur nous pour qu'on fasse des opérations ou de la promotion pour eux", a-t-il ajouté. Il ne demande pas des "excuses publiques" à Canal+, simplement que "Rodolphe Belmer (son directeur général) reconnaisse que, sur ce point, les 'Guignols' sont allés trop loin". "Tout le monde se couche devant les 'Guignols', on n'a jamais le droit de rien dire parce qu'ils sont drôles – et je les trouve drôles y compris lorsque c'est ma marionnette. Mais on ne plaisante pas là-dessus", a-t-il conclu.

CANAL + DERNIER BASTION DE LA PENSÉE DE GAUCHE PURE ET DURE.

La bataille autour des restes d'Adolf Hitler continue

En septembre, des chercheurs américains ont mis en doute la thèse des Russes, qui assurent être en possession d'ossements du Führer. Jusqu'à ce que Moscou réplique en dévoilant la semaine dernière de nouveaux éléments.

D'un côté les Russes, de l'autre les Américains. Au centre de la bataille, une interrogation : que sont devenus les restes d'Adolf Hitler ? Près de 65 ans après la mort du Führer, la question n'est toujours pas tranchée.

Pour Moscou, pas d'hésitation. Selon le FSB, le service de sécurité fédéral russe, qui a remplacé le KGB, les Russes ont toujours été en possession de la dépouille d'Hitler. En avril 2000, une exposition dans la capitale russe présentait d'ailleurs pour la première fois un fragment de crâne du leader nazi. A l'époque, Sergei Mironenko, chef des archives russes, assurait que l'os, troué par balle, était authentique.

L'histoire retient qu'Adolf Hitler a mis fin à ses jours le 30 avril 1945 dans le bunker berlinois où il s'était réfugié en avalant une capsule de cyanure puis en se tirant une balle dans la tête. Son corps aurait alors été emmené à l'air libre, dans les jardins de la Chancellerie, puis jeté dans un cratère d'obus et aspergé d'essence. C'est là que les soldats de l'Armée rouge auraient ramassé ses restes cinq jours plus tard. Les Soviétiques auraient aussi saisi les dépouilles d'Eva Braun, la femme d'Adolf Hitler, et de Joseph Goebbels, chef de la propagande nazie.

Selon les Russes, en février 1946, les trois corps auraient été secrètement enterrés par un groupe d'agents spéciaux du KGB sur un terrain militaire soviétique à Magdebourg, en Allemagne de l'Est. Mais en mars 1970, les Soviétiques doivent abandonner cette zone aux autorités est-allemandes.

À Moscou, la crainte de voir le lieu de sépulture d'Hitler se transformer en lieu de culte pour les nostalgiques du nazisme grandit. Le chef du KGB, Youri Andropov, décide alors de mener une opération secrète pour détruire les ossements. Le 4 avril 1970, des agents pénètrent secrètement sur le terrain militaire et déterrent les corps avant de les brûler. «Les cendres ont été jetées dans la rivière Biederitz, à 11 kilomètres de Magdebourg», a révélé la semaine dernière Vassili Khristoforov, l'actuel chef des archives du FSB dans une interview à l'agence de presse russe Interfax.

Le crâne d'Hitler serait celui d'une femme

Tout aurait donc disparu du terrain est-allemand, à deux exceptions près : le fameux fragment de crâne et un morceau de mâchoire du Führer, que le KGB aurait choisis de conserver dans ses archives, à Moscou. «Ces restes sont uniques», affirme Vassili Khristoforov. «Il s'agit des seules preuves de ce type de la mort d'Hitler, et c'est pour ça que le FSB les maintient dans ses archives».

Mais la version russe, pourtant crédible, a été remise en question en septembre dernier par des scientifiques américains. Des chercheurs de l'université du Connecticut ont réalisé à Moscou une série d'analyses sur le fragment de crâne censé avoir appartenu à Adolf Hitler, prélevant notamment des échantillons d'ADN sur l'os. Le résultat des analyses a de quoi surprendre : pour les Américains, ce crâne est en réalité celui d'une femme âgée de 20 à 40 ans.

Cette révélation décrédibilise la thèse des Russes. Mais elle réduit aussi à néant la seule preuve qu'Hitler se soit effectivement tiré une balle dans la tête, et pourrait relancer toutes les théories les plus fantaisistes. Certains évoquent depuis longtemps la possibilité que le Führer ne soit pas mort dans son bunker.

Les Russes, eux, persistent et signent. Les services de renseignement remettent en question les résultats des chercheurs américains, accusés d'avoir travaillé sans autorisation. «Ils ne se sont pas adressés aux archives du FSB pour effectuer une analyse ADN», assurait la semaine dernière le général Khristoforov. «Et même s'ils avaient obtenu de l'ADN de nos fragments, avec quoi auraient-ils pu le comparer ?»

L'étude approfondie de la mâchoire présumée d'Hitler, toujours conservée à Moscou et à laquelle les scientifiques américains n'ont pas eu accès, pourrait apporter de nouveaux éléments. Le FSB assure déjà que des analyses ont été réalisées et ont établi la correspondance entre le morceau de mâchoire et l'identité dentaire d'Adolf Hitler. De quoi relancer un débat qui dure déjà depuis plus d'un demi-siècle.

mercredi 16 décembre 2009

A Copenhague, "l'ONU fout les ONG dehors !"

Sébastien Godinot raconte comment son association, Les Amis de la Terre, a été "virée" mercredi du Bella Center.

Votre association a été exclue du Bella Center, où se déroulent les négociations...

Il y avait des problèmes lundi, où malgré neuf heures d'attente dans le froid, je n'avais pas pu retirer mon accréditation, accordée de longue date à notre association, qui fait partie des membres consultatifs du conseil économique et social de l'ONU. Hier, d'autres membres des Amis de la Terre n'ont pas pu rentrer, et aujourd'hui, l'ensemble de notre délégation s'est fait virer, avec des raisons confuses et contradictoires : trop de monde, des questions de sécurité incendie, nos badges qui ne seraient plus valables. Mais officieusement, il semblerait que la cause soit nos petites actions symboliques des deux derniers jours : cela consistait à porter des ponchos bleus de notre marche de samedi, à taper dans les mains en demandant que l'Union européenne réduise de 40 % ses émissions d'ici à 2020, comme recommandé par les scientifiques des Nations unies...

En réaction, on a organisé un sit-in et lancé une pétition, et on essaie de négocier. La Via Campesina, qui représente 60 millions de paysans, s'est elle aussi fait sortir... Notre sentiment est que les Nations unies sont en train de verrouiller le sommet officiel, et de foutre les ONG dehors.

Qu'est-ce qui vous fait penser que les ONG ne sont plus vraiment bienvenues ?

Nous sommes sans doute parmi les premiers touchés parce que notre mouvement ne demande pas des modifications à la marge, mais un véritable changement de modèle dans les pays riches, pour laisser le droit aux pays du Sud de se développer. Mais par ailleurs, les Nations unies sont en train de réduire drastiquement les accréditations qu'elles accordent aux ONG, ce qui ne s'était jamais produit dans les quatorze précédents sommets sur le climat. 80 % ont déjà été supprimées mardi, la réduction sera encore plus forte demain jeudi, et vendredi, pour la réunion des chefs d'Etat et de gouvernement, il n'y en aura plus que 90 représentées au Bella Center, contre 22 000 au début. Pourquoi font-elles autant les frais des réductions d'effectifs qu'on nous dit nécessaires ? Si ce sont les chefs d'Etat qui décident, les délégations de chaque pays n'auront plus à être aussi nombreuses, or elles ne semblent pas devoir être touchées.

Pourquoi la présence des ONG est-elle si importante ?

L'expérience montre que la pression des ONG à l'intérieur des négociations réduit le risque d'avoir des accords insuffisamment ambitieux. Nous ne sommes pas des lobbies défendant une industrie, nous travaillons pour l'intérêt général, et relayons la parole de citoyens qui s'estiment parfois mal représentés par leurs gouvernements. Il faut être là où ça se discute, se tenir au courant, faire pression, garantir la transparence et passer des messages aux représentants des Etats. La présence des ONG, c'est ce qui fait la différence entre les négociations à l'ONU et celles à l'OMC.

Et puis, les ONG demandent aux pays riches d'assumer leurs responsabilités, en réduisant radicalement leurs émissions et en remboursant leur dette écologique, avec un transfert massif d'argent public. Elles soutiennent les pays pauvres pour ne pas qu'ils se fassent avoir. Or ceux-ci n'ont pas été invités à certaines réunions du sommet de Copenhague. Le principe "un pays égale une voix" n'a pas été respecté. Que les pays pauvres et les ONG ne puissent pas s'exprimer démocratiquement constitue une violation flagrante des principes des Nations unies.
Propos recueillis par Claire Ané

Les députés UMP veulent interdire totalement la burqa

Pour le gouvernement, la loi devrait se limiter à bannir le voile intégral des services publics.
L'épilogue est proche. Les trois ministres qui s'expriment ce mercredi dans l'après-midi devant la mission parlementaire sur le voile intégral devraient appuyer une loi pour proscrire la burqa des services publics. À l'issue de plusieurs réunions, les ministres se sont rangés derrière la formule de Xavier Darcos, «la République à visage découvert». Une ligne «prudente» qui limite l'interdiction aux mairies, préfectures, bureaux de poste, à la Sécurité sociale... Sans statuer sur l'université, ni sur les transports. Elle n'intervient pas sur le port de la burqa dans la rue, objet de controverses juridiques intenses. «Une interdiction globale serait difficile à défendre devant la Cour européenne des droits de l'homme», avance un conseiller. Seul Éric Besson, le ministre de l'Immigration, semble encore décidé à bannir totalement ce vêtement, au nom de la dignité de la femme.

Symboliquement, les ministres souhaiteraient que le voile intégral soit désormais un obstacle à la naturalisation. Pour celle qui le revêt comme pour son époux. Car elle «manifeste un défaut d'assimilation aux valeurs françaises». Le gouvernement entend généraliser une jurisprudence établie par le Conseil d'État en 2008. Les Sages avaient estimé qu'une femme marocaine, mariée à un Français et portant le voile intégral, avait «adopté une pratique radicale de sa religion, incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes».

C'est au nom de ces valeurs que les députés du groupe UMP proposent, eux, une interdiction totale du voile intégral dans l'espace public. «La réalité, c'est que personne en France ne souhaite raisonnablement que cette pratique s'installe sur notre territoire. Les représentants des musulmans de France ont une position très claire, qui rejoint celle de la très grande majorité de nos concitoyens, pour qui le port de la burqa n'est pas compatible avec la vie en société, avec les valeurs de la République», explique Jean-François Copé .

Interdiction dans les services publics et dans la rue

Le groupe va donc plaider pour bannir la burqa des services publics et bâtiments accueillant du public, mais également de la rue. «Car la visibilité du visage est une des conditions du vivre ensemble», tranche François Baroin, qui copréside la mission burqa formée au sein du groupe UMP. Hors période de carnaval, «chacun doit aller à visage découvert». Autrement, une infraction sera commise, passible d'une amende allant de 1.500 euros à 3.000 euros en cas de récidive.

Pour l'instant, le groupe entend «apporter sa contribution» à la mission parlementaire, qui termine ses auditions aujourd'hui. Mais les députés UMP sont prêts, quoi qu'il arrive, à déposer une proposition de loi pour bannir le voile intégral de l'espace public, au nom de la sécurité et de la dignité de la personne.

Dès jeudi, ils organisent un colloque sur le voile intégral, dans une campagne de communication qui n'a pas échappé aux trente-deux députés de la mission parlementaire.

Censés rendre leurs conclusions fin janvier, ils se voient contraints d'annoncer des pistes dès à présent. Le président de cette mission, le communiste André Gerin, souhaiterait lui aussi une «grande loi» pour interdire de circuler masqué en France, telle que l'a suggéré le professeur de droit Guy Carcassonne lors de son audition. «Il ne s'agit pas de stigmatiser ces femmes. Mais de faire reculer une idéologie moyenâgeuse.» André Gerin espère déposer une proposition de loi soutenue par la mission mais se méfie du «contexte politique, avec la tenue prochaine des élections régionales». Les socialistes pourraient être gênés. Le député PS Jean Glavany, ardent partisan d'une interdiction du voile intégral, pourrait se heurter à une consigne de parti. Martine Aubry semblait préférer «la prévention» à la loi. Tout comme François Hollande, récemment interrogé.

Pour asseoir son projet de texte, la mission va revoir les maires de l'association Ville et banlieue, concernés au premier chef. Ainsi que les responsables du Conseil français du culte musulman. Les députés espèrent obtenir leur clair soutien. «Car une minorité extrémiste fait du tort à tous les musulmans.»

En attendant cet improbable consensus, la mission va suggérer d'autres voies d'action. Elle propose une résolution, sorte de déclaration d'intention du Parlement. Celle-ci permettrait d'exprimer l'importance de l'égalité homme-femme et «la lutte contre la barbarie et les idéologies rétrogrades», explique André Gerin. Enfin, si la loi d'interdiction générale venait à être écartée, la mission demanderait à chaque ministère d'interdire formellement, par circulaire, le voile intégral à l'hôpital, à l'université, mais aussi dans les préfectures et tous les services publics et lieux accueillant du public, au nom du respect d'autrui.

Six mois après le lancement de ce débat passionnel, le principe d'une loi semble acquis. Ses contours en revanche restent à déterminer, entre contraintes juridiques et difficultés d'application. Les sceptiques restent d'ailleurs nombreux. Au sein de la mission parlementaire, l'UMP Pierre Cardo craint «un texte inutile qui va nourrir les provocations». Tandis qu'André Gerin martèle : «Nous ne pouvons admettre que des territoires vivent sous la loi de la charia.»

COMME TOUJOURS, LA FRILOSITÉ DES AUTORITÉS FACE À CET ISLAM DE PLUS EN PLUS AGRESSIF ME LAISSE SANS VOIX.

Éric Besson : "9 Afghans ont été expulsés vers Kaboul"

Neuf immigrés afghans ont été expulsés vers Kaboul mardi soir. Une information confirmée par le ministre de l'Immigration, Éric Besson, mercredi matin. Plus tôt dans la matinée, le responsable d'une ONG allemande chargée de les accueillir à Kaboul corroborait l'information.

Mardi soir, un avion de la compagnie aérienne britannique BMI, entouré de cars de police, a été vu par des journalistes sur les pistes de l'aéroport de Roissy, sans que l'on sache s'il s'agissait de l'avion utilisé pour cette expulsion annoncée. Peu avant 23 heures, l'avion n'était plus sur la piste. Une source policière avait auparavant indiqué que des policiers français étaient "mobilisables" mardi soir en vue d'une possible expulsion à bord d'un avion venant de Londres. Et, selon la Cimade, seule association habilitée à intervenir dans les centres de rétention, huit Afghans ont été transférés de Coquelles, dans le Nord, à Paris, mardi, vers 18 heures. Un autre avait été transféré plus tôt de Lyon, ajoute l'association.

La date du mardi 15 décembre pour la reconduite aux frontières a par ailleurs été mentionnée par le ministère de l'Immigration, dans une lettre envoyée à la justice lui demandant la prolongation de la rétention d'un des Afghans avant son expulsion. Lundi, le ministre de l'Immigration Éric Besson a précisé qu'il s'expliquerait sur une telle reconduite "lorsqu'il y aura un vol avéré".

Sarkozy soutient son ministre

Dans la soirée de mardi, des manifestations ont eu lieu à l'aéroport de Lille-Lesquin et à l'aérogare 3 de l'aéroport de Roissy pour protester contre ces expulsions programmées. À Lille, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l'aérogare, avant de se diriger vers un centre de rétention situé à quelques centaines de mètres. À Roissy, une vingtaine de personnes ont protesté, sans avoir la certitude que c'était là que devaient embarquer les Afghans. "Besson et Sarkozy sont en train de fournir de la chair à canon pour les talibans", s'est insurgée Solange Odiot, militante à SOS-Soutien aux sans-papiers. En dépit des protestations soulevées par ce projet d'expulsion, le gouvernement a refusé de céder. Éric Besson a reçu le soutien de François Fillon et de Nicolas Sarkozy.

QUE LES HYPOCRITES DES ASSOCIATIONS SE TAISENT, IL FAUT EN EXPULSER BEAUCOUP PLUS, LA FRANCE N'EST PAS UNE POUBELLE.

Nicolas Anelka aime Domenech et les grosses voitures, mais pas les impôts et la France, "pays hypocrite"

Malgré ce qu'on a pu dire, c'est avec Domenech que j'ai les meilleurs rapports", a confié Nicolas Anelka dans un entretien paru dans le quotidien gratuit 20 minutes, mercredi. "Je n'ai jamais eu de dialogue comme ça avant avec un sélectionneur, explique l'attaquant de Chelsea. Avant, il y avait Santini, c'était impossible de parler avec lui. Lemerre, pareil. Jacquet, c'est ça, hein ? Impossible aussi."

"Aujourd'hui, [Domenech] est le mal-aimé, poursuit-il. Comme Aimé Jacquet à l'époque. Il faut juste être patient, être fort dans la tête. Et lui, il patiente. Peut-être que, dans six mois, il sera le boss, et plus personne ne pourra l'insulter." A la question "Vous ne vous sentez jamais soutenu quand vous êtes avec les Bleus ?", il répond : "Non. C'est pour ça qu'on a toujours la rage."

"Faut pas croire, on sait quand on joue mal, ajoute-t-il. Après le match retour face à l'Irlande, on s'est dit avec Evra, Titi : 'Mais on a été dégueulasse !' Le coach aussi a dit qu'on a été bidon. On le sait. Mais quand on fait des trucs bien, il faut le dire. On dirait que quand on gagne 3-0, c'est normal. Et quand on perd, là... allez. C'est pour ça qu'on ne ressent pas de soutien."

LA FRANCE, LA FISCALITÉ, LES GROSSES VOITURES

L'ancien joueur du PSG s'est également laissé aller en sortant du terrain footballistique, pour livrer un avis très personnel sur son pays et le rapport des Français à l'argent. "Quand tu as vécu et joué à l'étranger, tu ne peux plus revenir en France. On ne t'accepte plus comme tu étais avant. On attend de vous que vous vous cassiez la gueule." "En France, tu ne peux pas faire ce que tu as envie de faire, enchaîne-t-il. J'aimerais bien habiter en France, mais ce n'est pas possible. On sait pourquoi, niveau fiscalité..."

"Si je veux rouler en grosse voiture, je suis regardé différemment. Je ne veux pas jouer au foot et payer [ aux impôts, ndlr] 50 % de ce que je gagne", a expliqué Nicolas Anelka avant d'en dire davantage sur sa vision du jeu. "L'argent que j'ai, il est pour mes enfants. Si je peux leur offrir quelque chose, je le ferai là où il n'y a pas de fiscalité. C'est comme ça que je le vois. Si certains sont choqués, tant pis. Mais la France, c'est un pays hypocrite."
POUR UNE FOIS QU'UN SPORTIF NE DIT PAS DE CONNERIE, IL FAUT LE CRPOIRE.

Un agent de cette ligne ne conduit que 2h50 par jour

Les conditions de travail, le salaire comme les volumes horaires restent plus favorables que sur les autres lignes de la RATP.

C'est un peu la ligne reine, à la RATP. Pour accéder aux commandes du RER A, les agents de l'entreprise publique doivent avoir au moins dix ans d'ancienneté et de pratique dans le métro parisien. La moyenne d'âge des 523 conducteurs de la ligne A est de 45 ans.

«Ce sont un peu nos conducteurs de TGV à nous, explique un cadre de la RATP. La ligne A du RER est une fin de carrière plus qu'intéressante pour nos agents .» Traditionnellement, le travail y était plus agréable, avec notamment moins de tronçons souterrains. Mais la saturation de la ligne et les hausses de cadences demandées par la RATP pour y faire face ont peu à peu transformé la préretraite dorée en ligne à haute tension pour ses conducteurs

Les conditions de travail, le salaire comme les volumes horaires restent pourtant plus favorables que sur les autres lignes de la RATP.

3 333 euros brut par mois en fin de carrière

L'agent de conduite du RER A est embauché à 2 200 euros brut par mois et finit sa carrière à 2 700 euros. Ce salaire est assorti d'une prime de 633 euros que les syndicats aimeraient voir atteindre au moins 753 euros. Ils demandent en effet 120 à 150 euros de prime en plus pour compenser la hausse de productivité qui leur est demandée depuis fin 2008.

Une journée de travail de 6 h 30

Les conducteurs travaillent 6 h 30 par jour, cinq jours sur sept. Mais ils ne passent que 2 h 50 par jour aux commandes du RER et réalisent deux allers-retours quotidiens sur la ligne. Selon les semaines, un agent de conduite peut être affecté au service de jour et débuter sa journée entre 5 heures et 6 h 15 le matin. Il peut être affecté au service d'après-midi et commencer entre 12 heures et 13 heures, ou encore au service de nuit et démarrer sa journée entre 18 heures et 19 heures. Quand il ne conduit pas, soit pendant 3 h 40 sur ses 6 h 30 de service, il peut être en formation ou en «réunion avec des cadres pour analyser des pannes». La plupart du temps, il doit juste se rendre disponible pour des déplacements de trains en gare.

De nouvelles conditions de travail

Fin 2008, la RATP a intensifié ses rotations de RER A pour faire face à la hausse du trafic sur une ligne déjà saturée et essayer d'améliorer le quotidien de ses voyageurs. Une hausse de productivité de 10 % a été mise en place. Elle se traduit par 24 à 27 trains de plus par heure. En période de pointe, 66 trains circulent ainsi en même temps sur le tronçon central au cœur de Paris, à deux minutes d'intervalle les uns des autres. Cette hausse de la productivité n'a pas modifié le temps de travail ni le nombre de rotations effectuées chaque jour par les conducteurs. «Nous n'avons fait qu'exiger une ponctualité totale à nos agents en début de service, car tous les trains doivent partir à l'heure, explique un cadre de la RATP. Le moindre retard en début de ligne a un effet domino sur tous les trains qui suivent .» La direction reconnaît néanmoins que les nouveaux rythmes «imposent davantage de concentration de la part du conducteur aux heures de pointe».

La retraite à 50 ans

La plupart des conducteurs du RER partent encore en retraite à 50 ans. Ils gagnent en effet une année de cotisation tous les cinq ans du fait de la «pénibilité de leur travail». Seuls les nouveaux agents de la RATP ne bénéficient plus de ce système de bonification. Ils intégreront la ligne A dans dix ans et n'y seront pas majoritaires avant 2025.

Quelques événements du 15 DÉCEMBRE

15 décembre 1650
Turenne voulant délivrer les princes de Condé et de Conti, retenus prisonniers à l'occasion des troubles de la Fronde, est vaincu à la bataille de Rethel.

15 décembre 1799
Bonaparte, Premier consul, proclame la Constitution de l'An VIII, qui met en place le Consulat. Il déclare : « Je veux rendre la République chère aux citoyens, respectable aux étrangers, formidable aux ennemis, telles sont les obligations que nous avons contractées en acceptant la première magistrature. »

15 décembre 1830
Début du procès des ministres du roi Charles X. Ils sont déférés devant la Chambre des pairs, qui siège au palais du Luxembourg. Seuls quatre ne sont pas parvenus à fuir à l'étranger, et sont présents au procès : Polignac (Premier ministre), Peyronnet (ex-ministre de l'Intérieur), Chantelauze (ex-ministre de la Justice), et Guernon-Ranville (ex-ministre de l'Instruction publique). A l'issue du procès, ils seront condamnés à la réclusion perpétuelle.

15 décembre 1875
Paris connut une journée de brouillard comme il n'y en avait pas eu depuis longtemps. La circulation des voitures était interrompue, les agents étaient armés de torches.

15 décembre 1908
Parti d'Auvours, l'aviateur Wilbur Wright s'élève en vol à l'altitude, jamais atteinte, de cent quinze mètres.

mardi 15 décembre 2009

RER A : la direction prête à concéder une augmentation de salaire, sous conditions

Le trafic du RER A sera encore perturbé mercredi 16 décembre sur la partie RATP, avec un train sur deux aux heures de pointe et un trafic quasi nul aux heures creuses, à moins que syndicats et direction trouvent un terrain d'entente, à l'issue d'une réunion qui était toujours en cours mardi en début de soirée.
La grève des conducteurs est entrée mardi dans son sixième jour. A l'appel des syndicats CGT, CFDT, FO, SUD, UNSA et Indépendants, ils revendiquent une prime salariale et une amélioration des conditions de travail dégradées sur cette ligne, la plus grosse ligne de transport en commun urbain en France. Le RER A traverse d'ouest en est l'agglomération parisienne. Le tronçon RATP court de Saint-Germain-en-Laye et Nanterre à Boissy-Saint-Léger et Marne-la-Vallée.

AUGMENTATION SALARIALE SOUS CONDITIONS

De son côté, le PDG de la RATP, qui était entendu mardi par la commission des finances de l'Assemblée nationale, s'est dit prêt à discuter d'"une augmentation salariale spécifique" pour cette ligne, mais sous certaines conditions, exigeant notamment des "résultats concrets" en matière de régularité. Interrogé sur le rapport de la Cour des comptes sur la gestion de la RATP, Pierre Mongin a affirmé : "L'entreprise ne peut pas, malgré ses résultats économiques qui ne sont pas mauvais, se permettre un dérapage général de ses salaires".

Le président du réseau de transports publics a confirmé que la direction avait ouvert "trois chantiers d'amélioration de la situation des salariés de la ligne A" dont deux sur l'"exercice quotidien de leur métier" et "leur carrière". "Je ne veux pas que soient envisagées des augmentations de salaires pour la ligne A qui pourraient déborder de manière immédiate sur l'ensemble des autres salariés du transport", a-t-il dit aux députés, dont le rapporteur général du budget UMP, Gilles Carrez, administrateur de la RATP. "J'ai accepté (...) que soit discuté en janvier prochain le déroulé de toutes les carrières de conducteurs, ceux de la ligne A, de la ligne B et du métro", a-t-il ajouté.

L'objet du jour : le litre de lait

Chaque Français engloutit 94 briques de lait d'un litre par an. Un petit quintal de lait, ça vous remplit le bidon ad nauseam. Pourtant, on en a bu bien plus : en dix ans, la consommation nationale de lait liquide a en effet chuté de 20 %. L'industrie laitière reste néanmoins l'une des plus importantes du secteur agro-alimentaire. Elle se classe deuxième, derrière celle de la viande, avec 23,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2006. Davantage que la sidérurgie. Pour alimenter la filière, les exploitants agricoles français tirent sur les mamelles de 3,8 millions de vaches.
Résultat : 22,2 milliards de litres produits annuellement, selon le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel). Au palmarès européen, la laiterie hexagonale se situe donc au deuxième rang derrière l'Allemagne. Mais tout ce qui sort du pis de la vache ne sert pas uniquement à produire du lait liquide conditionné. Seuls 3,7 milliards de litres du réservoir annuel français finissent en packs, bouteilles ou briques. Le reste devient beurre, crèmes, fromages et autres produits laitiers, "nos amis pour la vie", martèle la pub.

DES ANIMAUX QUI FONT DE L'EFFET... DE SERRE

Le lait est-il également copain avec la planète ? Difficile de répondre à cette question de but en blanc. Néanmoins, l'élevage a mauvaise réputation auprès des écolos. Une opinion forgée à grands coups de chiffres et d'études. Exemples. En 2006, l'Organisation des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO) évaluait l'impact de cette filière à 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et, selon des scientifiques argentins, une vache d'environ 550 kg rejetterait entre 800 et 1 000 litres de gaz par jour. Principalement du méthane (CH4), ce gaz dont l'effet de serre est 23 fois plus puissant que celui du dioxyde de carbone (CO2) selon les experts du GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat).

De son côté, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) s'est employée à calculer le bilan carbone du lait entier depuis la prairie jusqu'au tank, avant sa sortie de la ferme. Comptez 1 160 kg équivalent CO2 par tonne (1 000 litres). Rien que ça. Sans oublier les consommations d'eau et d'énergie. Pour produire un litre de lait, 1 000 litres de flotte seraient nécessaires d'après Waterfootprint [1], et 0,13 litre de pétrole d'après l'association Solagro [2]. Plutôt indigeste.

DES SOLS ACIDES MAIS DES HAIES PARTOUT

Minute ! Comment sont calculées toutes ces données ? "Il faut être très attentif à la méthodologie de chaque étude", met en garde un ingénieur-conseil qui réalise actuellement, à la demande de coopératives laitières, une analyse de cycle de vie (ACV) du lait : "Lorsqu'on étudie un produit, il ne faut pas s'arrêter à une analyse monocritère, ne prenant en compte que les émissions de gaz à effet de serre par exemple." Il existe d'autres impacts à considérer pour la production du lait, comme l'utilisation de pesticides, d'eau, d'énergie, d'espace, la consommation d'énergie fossile, l'acidification du sol et l'eutrophisation, c'est-à-dire la hausse de la concentration de nutriments dans le milieu aquatique, qui peut provoquer l'apparition d'algues en surface.

Sans oublier que la production du lait à la ferme ne constitue qu'une partie du cycle. Fabrication et acheminement des matériaux et matières premières de la ferme, réfrigération, transport du produit fini, transformation, valorisation des coproduits (beurre et crème), mise en rayons, recyclage des emballages, toutes ces étapes sont aussi gourmandes en énergie et émettrices de gaz à effet de serre. C'est pourquoi, pour cet ingénieur, "il ne faut pas systématiquement mettre l'élevage à l'index". D'autant que les exploitations françaises, d'une moyenne de 40 têtes par troupeau, sont à taille humaine comparées à d'autres pays où la production du lait est totalement industrielle.

En Californie par exemple, les élevages laitiers atteignent 800 têtes en moyenne. Des vaches à perte de vue. Mais il est indispensable de prendre aussi en compte les effets positifs. "Oui, l'élevage de bovins est émetteur de méthane, mais il permet également de fixer le carbone dans le sol, souligne cet ingénieur. Et ce CO2 stocké grâce aux prairies permanentes ne bouge pas. Les légumineuses cultivées pour le fourrage stockent de l'azote. Les prairies entourées de haies évitent l'érosion et entretiennent la biodiversité. Tous ces aspects doivent être pris en compte car ils participent à rééquilibrer le bilan."

Louise Allavoine

[1] Waterfootprint est réalisé par l'université de Twente aux Pays-Bas, en collaboration avec l'Institut d'éducation à l'eau de l'Unesco-IHE.
[2] Solagro est une association qui travaille à la préservation des ressources naturelles et qui réalise des écobilans de filières, notamment en agriculture.

Régionales : le surmoi défaillant des socialistes

Les listes socialistes pour les régionales promettaient un enfantement dans la douleur. Renouvellement, « diversité » et ouverture obligent, les sortants ont, en effet, du numéroter leurs abattis (dans certaines région, le renouvellement atteindrait les 50%). D’autant que les candidats se sont – comme toujours lorsqu’il y a des élections au PS - bousculés au portillon. Attendu, l’émoi des éconduits et l’acrimonie des non-reconduits a tout de même pris des dimensions éloquentes. Dignes d’une tragédie grecque (« grand malheur arrivé à des personnages célèbres de la légende ou de l’Histoire, propre à exciter la terreur ou la pitié » dixit Le Robert). Et, surtout, révélatrices non seulement du caractère central que revêtent les élections locales au PS mais aussi de certains comportements – dénoncés ouvertement du haut en bas du parti – que l’on peut définir par la formule « pourquoi pas moi ? ». « Parle à mon surmoi, ma tête est malade » devrait devenir la devise des socialistes.

A cet, égard il faut revenir sur le mini-esclandre provoqué samedi, à Tours, lors de l’ouverture de la convention nationale par les secrétaires fédéraux des Hauts-de-Seine et de l’Ariège. On peut comprendre que ces éminents dirigeants n’aient pas apprécié que la commission électorale ait modifié la liste adoptée par les militants. On peut aussi se poser la question de savoir si les modifications apportées – si l’on a bien compris, il s’agissait d’imposer un candidat en 5 ème position dans les Hauts-de-Seine et de changer le titulaire de la troisième position dans l’Ariège – justifiaient un tel pataqués en ouverture d’une réunion nationale censée serrer les rangs en début de campagne électorale et donner du PS une image positive devant les médias. Or, dans cette « sociale-démocratie d’élus » qu’est le parti socialiste, le traumatisme est tel que certains ne peuvent le garder pour eux.

Ainsi, mardi, six conseillers régionaux d’Ile-de-France - dont deux vice-présidents sortants – n’ayant pas pu faire aboutir leur candidature se sont offerts un quart-d’heure Warholien de célébrité en annonçant leur décision de quitter le PS, dénonçant rien moins qu’un « un appareil déshumanisé ». Dans une lettre ouverte à Jean-Paul Huchon, les vice-présidents Elisabeth Gourévitch (Lycées) et Serge Mery (Transports), ainsi que les conseillers régionaux Danièle Chazarenc, Nathalie Kaufmann-Khelifa, Michelle Valladon et Jean-Jacques Lejeune s’élèvent contre « la disparition des valeurs fondatrices et collectives du Parti socialiste ». Rien de moins. Commentaire gourmand de l’UMP: “Jean-Paul Huchon est lâché par son propre camp (…) après avoir été lâché par les Verts ». Quant à Convergence-s « le réseau des socialistes qui rejoignent Europe Ecologie pour inventer la gauche de demain » il se frotte les mains. Eric Loiselet, porte parole de Convergence-s qui vient de quitter le PS pour conduire la liste des Verts en Champagne-Ardenne dit « bienvenue à Nathalie, Elisabeth et Jean-Jacques ».

Ce n’est pas nouveau; ces comportements très autocentrés témoignent d’un affaiblissement notoire de la discipline collective. On en saluera avec d’autant plus de respect la décision de Razzy Hammadi, secrétaire national chargé des services publics, de retirer sa candidature aux élections régionales, où il avait été expédié – au terme de longues négociations nocturnes dans la nuit de vendredi à samedi - en quatrième position dans le Calvados. « Je ne peux dignement accepter d’être candidat aux régionales dans le Calvados à la place d’un autre camarade qui milite localement depuis des années » estime Razzy Hammadi, 30 ans, dans un communiqué. « C’est là un parachutage illégitime que je ne peux assumer tant il est déconnecté de mes attaches territoriales et de mon parcours » conclut ce proche de Benoit Hamon.

Jean-Michel Normand

Sarkozy unveils €35bn 'big loan' boost for French universities and museums

President reveals grand spending plan to safeguard 'cultural heritage' and turn higher education institutions into best in world
Nicolas Sarkozy today unveiled a €35bn (£31bn) spending plan aimed at preparing France for the "challenges" of the future, vowing to save its cultural heritage and turn its struggling universities into the best in the world.

Flying in the face of calls for the state to tighten its belt, the French president announced the "big loan" - which will see the government borrow €22bn for a series of large investments, ranging from green technology to higher education.

It was billed by Sarkozy as an ambitious plan to give the country a kick-start into the next decade "so that France can fully profit from the recovery, so that it is stronger, more competitive and creates more jobs", he told ministers and journalists in a speech at the Elysée palace.

The opposition Socialists, although not questioning the need for more spending in certain key areas, criticised the scheme. With a budget deficit already the highest of any country in the Organisation for Economic Cooperation and Development (OECD), they said, France should be careful about "adding to uncontrolled debt".

Sarkozy said the project would be part funded by €13bn in loans made to banks at the peak of the financial crisis and since repaid. He said targeted investments now would help France achieve long-term excellence.

The sluggish and underfunded higher education sector – set to take €11bn of the package – is the centrepiece of the plan, researched by two former prime ministers, Michel Rocard and Alain Juppé.

The scheme envisages €8bn going to create 10 campuses, bringing together leading institutions. One campus, to the south-west of Paris at Saclay, would become a hotspot for science and technology, Sarkozy said. "Our aim is quite simple: we want the best universities in the world." But critics said the plan, instead of closing the gap between elite establishments and neglected universities, would reinforce the existing two-tier system.

The cultural sector was another winner. Out of a wider technology package worth €4.5bn, €750m will be earmarked to ensure that France's national treasures will be digitalised.

Sarkozy warned last week that he would not let France be "stripped" of its culture by the US giant Google's plan to scan books for publication in its online library. "This too is a question of identity," he added, in a reference to his ongoing efforts to discover France's inner self.

Sarkozy pointed out that France was among the countries to have emerged best from the crisis, but despite praise from his own right-wing UMP party the plans were criticised. The spending programme puts him at odds with both the EU and the OECD, which have urged countries to rein in spending after months bailing out financial institutions.

"Economists are saying – and they are right – that the loans of today are the taxes of tomorrow," said François Hollande, a Socialist MP and former party head. "So the big loan will be the big tax."