vendredi 26 juin 2009
Michael Jackson est mort#
Le «roi de la pop» aurait succombé jeudi soir à une crise cardiaque, à l'âge de 50 ans. Un avocat de la famille Jackson évoque un excès de médicaments.
L'Amérique est sous le choc : Michael Jackson est mort. Le chanteur américain, icône de toute une génération, est décédé jeudi soir d'une crise cardiaque. «M. Jackson a été transporté à l'hôpital (...) il était inconscient lorsqu'il a été admis et son décès a été constaté à 14H26 (23h26 heure française) », a déclaré à CNN un porte-parole de l'institut médico-légal du comté de Los Angeles, le lieutenant Fred Corral, confirmant des informations de médias américains. Le lieutenant Corral s'est refusé à toute précision sur les causes du décès, expliquant qu'une autopsie serait pratiquée pour les déterminer.
Selon TMZ.com, qui a le premier annoncé le décès de Jackson sans donner de source, «le roi de la pop» a été victime d'une crise cardiaque peu après 12h00 (21h, heure française) et les services de secours n'ont pas réussi à le ranimer. Le père de la star a confirmé que son fils avait fait une crise cardiaque.
Le capitaine des pompiers Steve Ruda a confié au Los Angeles Times que le chanteur ne respirait plus quand des auxiliaires médicaux des pompiers de la ville ont répondu à un appel provenant de son domicile de Holmby Hills, un quartier opulent du nord-ouest de Los Angeles où il louait un manoir depuis janvier.
Ils ont procédé à un massage cardiaque et l'ont transporté au Centre médical UCLA, selon Steve Ruda.
Un excès de médicaments ?
Une femme pleure devant l'hôpital de Los Angeles.
Une femme pleure devant l'hôpital de Los Angeles. Crédits photo : AP
Quelques heures après son décès, Brian Oxman, avocat de la famille Jackson, a affirmé que l'événement «n'est pas quelque chose d'inattendu (...) à cause des médicaments qu'il prenait» pour se remettre en forme en vue d'un lourd programme de concerts prévu cet été à Londres.
Selon Brian Oxman, interrogé sur CNN, «les gens de son entourage lui ont permis d'avoir accès (à des médicaments). Si vous pensez qu'il y a eu des abus dans l'affaire d'Anna Nicole Smith, ce n'était rien à côté de ce que nous avons vu dans la vie de Michael Jackson», a-t-il ajouté.
«Je ne connais pas l'étendue des médicaments qu'il prenait mais ce que j'ai entendu de la famille est que c'était très important», a-t-il ajouté.
jeudi 25 juin 2009
Bristish Airways: près de 7000 salariés acceptent des réductions de salaire
Parmi les 6940 salariés qui ont répondu à l'appel de la direction, 800 ont accepté de travailler gratuitement pendant un mois.
Près de 7.000 employés de la compagnie aérienne britannique British Airways (BA) ont consenti à des sacrifices financiers, pour aider leur entreprise à combler ses pertes, dont 800 qui travailleront gratuitement un mois maximum, a annoncé BA jeudi.
Sur un effectif de 40.000 employés au niveau mondial, 6.940 ont répondu à l'appel du groupe, qui leur avait proposé il y a plusieurs semaines de consentir, sur une base volontaire, à des réductions de salaires, sous forme de travail à temps partiel, de congés sans soldes ou de semaines de travail non rétribué, précise un communiqué du groupe.
Ces mesures devraient permettre à BA, qui a essuyé de lourdes pertes sur son dernier exercice financier, d'économiser jusqu'à 10 millions de livres (près de 12 millions d'euros), a ajouté l'ex-compagnie nationale du Royaume-Uni.
Le directeur général de BA, Willie Walsh, qui avait lui-même donné l'exemple en renonçant à un mois de salaire, s'est félicité de la "réponse fantastique" des employés, et les a remerciés d'aider le groupe "à sortir de cette période de difficulté".
Le groupe a ajouté qu'il pourrait proposer à nouveau d'ici la fin de l'année des mesures similaires aux salariés n'ayant pas pris part à ce programme d'économies.
EXEMPLE D'UN PEUPLE QUI CONNAIT LA VALEUR TRAVAIL
Mitterrand ministre de Sarkozy
Avec un tel patronyme dans un gouvernement de droite, la nomination de Frédéric Mitterrand ne pouvait pas passer inaperçue. Mais au-delà du symbole, c'est
bien un homme de lettres et de culture, écrivain, producteur de télévision et de cinéma, qui s'installe rue de Valois, et pas seulement le neveu de Tonton !
On sent de la jubilation chez Frédéric Mitterrand (photo AFP). Devenir le ministre de la Culture de Sarkozy est pour lui "une tâche exaltante et un honneur". Il a accepté immédiatement la proposition de Sarkozy "ne serait-ce que pour voir la 'tête de Jack Lang devant son poste de télévision" et, ne pouvant tenir sa langue, il a annoncé lui-même aux médias sa nomination.
A 61 ans, le directeur de la Villa Médicis, à Rome, où il n'a passé que 10 mois, se sent prêt : "C'est un poste difficile et je mesure la difficulté de certains dossiers, tels que la loi sur le piratage, l'état de la presse, la télévision publique. La villa Médicis est un peu un concentré d'un ministère et j'entends bien ne pas me faire dévorer par les problèmes internes et la technostructure", a-t-il déclaré.
Un homme de lettres et de cinéma
Après des études au lycée Janson-de-Sailly, diplômé de Sciences-Po Paris, Frédéric Mitterrand devient directeur d'une chaîne de cinémas d'art et d'essai parisiens, avant de passer lui-même derrière la caméra. Il réalise documentaires et longs-métrages, dont Madame Butterfly, salué par la critique. Ecrivain, il raconte en 2005 dans "La Mauvaise Vie", ses amours et sa quête des plaisirs homosexuels, "une vie infirme, tout de refoulements et de frustrations".
Un homme de télévision
Mais le grand public le connait surtout comme homme de télévision. Depuis 1981, il produit et anime plusieurs émissions notamment Etoiles, et toiles sur TF1, chaîne qu'il quittera avec fracas lors de sa privatisation en 1988 : "Ils n'aiment ni les Noirs, ni les Arabes, ni les pédés, ni les gens de gauche. Autant dire que je n'avais pas beaucoup d'avenir". Il continue avec succès sur le service public, passionné de stars et de têtes couronnées, narrant leurs destins de sa voix inimitable. Le "bonsouaaarrr" lancé à chacune de ses apparitions devient culte. Il a aussi été directeur général de TV5 Monde avant de partir pour Rome, et comptait animer à la rentrée une émission culturelle sur le cable, depuis la villa Médicis.
Si Frédéric Mitterrand n'a jamais vraiment été engagé politiquement, il avait rejoint les Radicaux de Gauche en 1993, avant de se prononcer en faveur de Jacques Chirac en 1995. Dans les milieux culturels, sa nomination semble bien accueillie. Pierre Bergé se réjouit de son entrée au gouvernement, car son action devrait "s'inscrire dans la foulée de Jack Lang", un sacré compliment de sa part !
Marie-Pierre Parlange
mercredi 24 juin 2009
Patronyme
L'éditorialiste du journal du Parti Socialiste nous sort une page pleine d'amertume, sachant que ce nouveau gouvernement va réussir, il tente d'éreinter, en vain. Pauvre JOFFRIN.
C'est ce qu'on pourrait appeler une nomination calembour. Mitterrand arrive au pouvoir sous Sarkozy: la force d'un patronyme ainsi arraisonné colore un remaniement pour le reste fondu dans la grisaille. Voilà une bonne farce servie à la gauche, qui sait bien que le neveu vif-argent n'est guère fidèle à l'oncle tutélaire, mais qui devra supporter néanmoins les inconvénients de cette niche familiale et homonymique.
De quoi Mitterrand est-il le nom? D'une ouverture vers le glamour, à coup sûr, mais d'une certaine fermeture politique. L'homme est charmant, ductile, chaleureux et ouvert sur la culture d'aujourd'hui. Dandy télégénique et cocasse, il est aussi empreint d'une certaine gravité que la vie lui a enseignée, agile avec les mots et les images et surtout homme de spectacle, un peu comme le Président.
Il a suivi un itinéraire scintillant, prenant la filière Carla Bruni bien plus que celle de l'UMP, produit de la culture bobo, frotté à la gauche quoique somme toute distant et froid à son égard. Une ouverture culturelle, donc, mais aussi une certaine fermeture politique. Ce Mitterrand fut peu mitterrandiste et bien plus chiraquien, sur le tard, avec un peu d'affectation. Il décore surtout un gouvernement d'où les traces de gauche s'effacent comme sur une vieille pellicule. Iago Besson a définitivement tourné sa veste et Tintin Kouchner pèse si peu. Pour le reste, on ne voit que des UMPistes et des lampistes. Une garde sarkozienne compacte et efficace. L'ouverture, somme toute, aura duré ce que durent les roses sur un champ de bataille, l'espace d'une manœuvre.
mardi 23 juin 2009
Au Congrès, "le PS s'est ridiculisé"
Le député François Loncle est socialiste. Il n'était pas présent au Congrès, réuni lundi à Versailles. Parce qu'il était occupé à Strasbourg. Parce qu'il ne voulait pas, surtout, assister à l'adresse solennelle de Nicolas Sarkozy. Furieux, Loncle ne mâche pas ses mot
s contre le parti socialiste : "Le PS s'est ridiculisé en assistant à cette cérémonie où le chef de l'Etat est arrivé comme la reine d'Angleterre, avant de s'en aller sans débattre, une fois son discours achevé. Le tout dans un décor digne de l'Ancien régime. La position mi-chèvre, mi-choux des parlementaires socialistes - on assiste au discours, puis on s'en va, sans débattre - ne tient pas." Lui voulait que ses camarades boudent ce grand raout. Comme les Verts et les communistes. "De la sorte, on aurait transformé ce congrès en congrès de l'UMP à Versailles. Ca aurait eu de la gueule!" Une proposition qui n'a pas été retenue...
Frédéric Mitterrand confirme son arrivée à la Culture
Frédéric Mitterrand a confirmé, mardi midi sur France 2, qu'il rentrerait au ministère de la Culture lors du remaniement du gouvernement annoncé pour mercredi. Il s'agit "d'une tâche exaltante et d'un honneur", a déclaré le neveu de l'ancien président socialiste François Mitterrand. Alors qu'on l'interrogeait sur ceux qui demanderaient s'il était toujours de gauche, Frédéric Mitterrand a répondu : "je leur lais
se le soin de répondre à la question. François Mitterrand quand il ne voulait pas répondre ne répondait pas. Je suis pareil", a-t-il estimé, ajoutant : "Nicolas Sarkozy a bien été ministre au temps de Mitterrand". L'actuel président de la République était en effet ministre du Budget et porte-parole du gouvernement d'Edouard Balladur de 1993 à 1995 durant la deuxième cohabitation.
Selon nos informations, Frédéric Mitterrand a organisé un pot d'adieu à la villa Médicis lundi soir. Au cours de cette petite sauterie, qu'il a lui même qualifiée "d'adieux très émouvants", il a annoncé à ses collaborateurs qu'il quittait Rome pour rejoindre Paris aujourd'hui même, confirmant à ses proches les rumeurs sur sa nomination au ministère de la Culture en lieu et place de Christine Albanel. Et ce, un an seulement après sa nomination dans la capitale italienne.
Nicolas Sarkozy reprocherait à Christine Albanel d'être "trop triste"
Nicolas Sarkozy poursuit ainsi son marché des personnalités de gauche. Selon des sources proches de l'Élysée, le chef de l'État reprocherait à Christine Albanel, non pas son travail, mais d'être "trop triste". La Culture est aussi le seul poste qui permet aisément de réaliser des prises à gauche. Frédéric Mitterrand est entré dans les petits papiers du chef de l'État il y a tout juste un an, le 4 juin 2008, au moment de sa nomination à Rome. Âgé de 62 ans, Frédéric Mitterrand exerçait jusqu'à cette date des fonctions de directeur général (en charge des programmes) de TV5 Monde. Il fut aussi animateur sur la chaîne Pink TV. Il est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages, dont La Mauvaise Vie , salué par la critique, dans lequel il confie ses doutes avec franchise. Frédéric Mitterrand avait reçu mission d'ouvrir la villa Médicis au public.
En mars dernier, Frédéric Mitterrand signait un contrat avec le groupe TF1. Il devait, à partir de septembre prochain, animer une fois par mois une émission culturelle sur la chaîne Odyssée (groupe TF1) depuis la somptueuse villa Médicis. L'émission devait également être retransmise sur TV5 Monde, avec pour parrain la chaîne hôtelière Sofitel.
Iran : Ahmadinejad prêtera serment cet été
MINUTE PAR MINUTE La plus haute autorité juridique dit n'avoir constaté «aucune fraude» dans les résultats de l'élection présidentielle. Sur le terrain, la contestation s'essouffle.
10h36 : Confusion autour du rappel de l'ambassadeur iranien à Londres. Une source au ministère iranien des Affaires étrangères nie le rappel de l'ambassadeur d'Iran à Londres pour consultations, annoncé un peu plus tôt par l'agence officielle Irna citant un député.
La tension est forte entre l'Iran et la Grande-Bretagne. Téhéran accusant la Grande-Bretagne d'«ingérence» dans les affaires intérieures iraniennes, en référence au mouvement de protestation déclenché après la réélection du président Ahmadinejad. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, avait violemment attaqué la Grande-Bretagne et sa «politique perverse» lors de la prière du vendredi de Téhéran. Lundi encore, le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a accusé Londres d'avoir «comploté contre l'élection présidentielle depuis plus de deux ans». Lundi, le Royaume-Uni a décidé de rapatrier les familles de son personnel d'ambassade et déconseillé à ses ressortissants de se rendre dans le pays pour des voyages non essentiels.
Parallèlement, une manifestation prévue aujourd'hui devant l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran, à l'initiative d'associations d'étudiants iraniens, a été annulée après son interdiction par les autorités.
9h47 : Ahmadinejad prêtera serment entre le 26 juillet et le 19 août. Le président et le nouveau gouvernement iraniens prêteront serment devant le Parlement entre le 26 juillet et le 19 août, annonce l'agence officielle Irna.
8h49 : Pas d'annulation du scrutin. Le Conseil des Gardiens de la constitution, chargé de superviser les élections et de valider ses résultats, a exclu une annulation de la présidentielle comme le réclame le candidat malheureux Mir Hossein Moussavi, rapporte la télévision d'Etat. «Nous n'avons constaté aucune fraude ou infraction majeure. Par conséquent, il n'y pas de possibilité d'une annulation» du scrutin, a déclaré le porte-parole de cette instance Abbas Ali Kadkhodaie, selon la télévision en langue anglaise Press TV, qui dépend de la télévision d'Etat. Il a ajouté qu'»aucune des plaintes des candidats n'avait été acceptée», a rapporté mardi pour sa part le quotidien gouvernemental Iran. Le porte-parole avait concédé la veille que des cas d'irrégularité avaient bien été constatés avant d'ajouter qu'ils ne remettraient pas en cause le résultat.
En ce début de semaine, la contestation s'essouffle en Iran, marquée par la répression du week-end dernier. Lundi, seul un millier de personnes environ a manifesté à Téhéran. Sur le front diplomatique, alors que Téhéran a convoqué tous les ambassadeurs de l'UE en poste en Iran, les Vingt-Sept cherchent une réplique coordonnée. La présidence tchèque de l'Union a appelé lundi soir les pays membres à «convoquer» individuellement chacun des 27 ambassadeurs iraniens dans l'UE.
lundi 22 juin 2009
Ali Khamenei, l'énigme iranienne
PORTRAIT - Il contrôle l'armée, la justice, la télévision, les gardiens de la révolution et les milices. Le guide suprême de la République islamique iranienne va devoir trancher pour mettre un terme aux manifestations qui secouent Téhéran.
Il incarne tous les mystères du régime iranien. Aucun journaliste étranger n'a pu le rencontrer depuis vingt ans. L'ayatollah Ali Khamenei ne reçoit jamais les ambassadeurs accrédités en Iran. Et sa parole est des plus rares. Derrière ses lunettes en écaille, sa barbe blanche et son turban noir des descendants du Prophète, c'est pourtant ce personnage énigmatiq
ue qui est au centre de la République islamique - son très officiel Guide suprême - depuis la mort en 1989 de son fondateur, l'ayatollah Khomeyni. Ce septuagénaire, amateur de marche en montagne, doit trouver une issue à la pire crise politique qu'ait connue l'Iran depuis 1979, après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad, vendredi, à la présidence de la République. Accéder aux demandes du perdant, Mir Hossein Moussavi, de faire revoter les Iraniens ? Ou céder au rouleau compresseur de la répression, quitte à pousser le vaincu dans la dissidence, en l'érigeant comme chef de l'opposition ?
L'heure du choix va bientôt sonner. Or, choisir n'est pas son fort. Sur le papier, pourtant, le numéro un du régime dispose des quasi-pleins pouvoirs. Il contrôle l'armée, la justice, la télévision, les gardiens de la révolution - donc le nucléaire -, sans oublier les milices bassidjs en charge de la défense du régime. Mais comme en Iran rien n'est jamais simple, le guide est entouré d'une armée de conseillers - 1 700 environ - et placé sous le regard d'une demi-douzaine d'instances de régulation du système. «Khamenei n'est en fait que le primus interpares (le premier parmi les égaux)», souligne un diplomate occidental. En clair, l'ultime arbitre entre factions rivales au sommet de l'État, le défenseur d'un consensus minimum pour sauver un régime, contesté dans la rue depuis bientôt une semaine.
Né dans la ville sainte de Mechhed dans l'est de l'Iran, Ali Khamenei étudia la philosophie islamique, avant de devenir ayatollah. Mais ses adversaires ont longtemps raillé ses connaissances religieuses plutôt limitées. Il fut l'une des principales figures de la révolution qui balaya le chah en 1979, derrière l'ayatollah Khomeyni, qui le nomma imam de la grande prière du vendredi à Téhéran, un poste influent auprès des foules. Deux ans plus tard, en 1981, il sera le premier religieux à être élu président de la République islamique. Tout au long de ses huit années à ce poste, Khamenei prendra soin de ne pas contrarier Khomeyni, refusant obstinément tout cessez-le-feu avec l'Irak pendant la guerre qui opposa les deux voisins. Pour de nombreux Iraniens, ces années à la présidence resteront celles qui ont vu l'Iran abandonner tous les espoirs de sécularisme. À la mort de Khomeyni, Khamenei est élu guide suprême par l'Assemblée des experts, un collège de 80 religieux, qui peut également le révoquer. Considéré comme un «dur», il freina la politique d'ouverture de la société et des institutions voulue par le président Mohammad Khatami entre 1997 et 2005. En 2006, Khamenei alla jusqu'à bloquer un décret autorisant l'entrée des femmes dans les stades.
Barack Obama n'ignore pas que c'est lui qui décidera, in fine, du sort du dialogue qu'il propose aux Iraniens. Mais comment entrer en contact avec ce pourfendeur virulent du «Grand Satan» ? «Le guide n'est pas prêt à une rencontre avec Obama», assure un diplomate iranien. Son conseiller diplomatique, Ali Akbar Velayati, qui est de nationalité américaine, par mariage, certainement. Mais Khamenei, qui n'est pas sorti de son pays depuis 1989, est-il réellement intéressé par une ouverture, qui pourrait conduire à la chute du régime ?
Ses déclarations sur le sujet entretiennent le flou. À Yazd, l'an passé, il affirmait qu'un rapprochement avec les États-Unis était «acceptable, dès lors qu'il servait les intérêts de l'Iran». Mais, après la main tendue d'Obama à l'occasion du Norouz - le Nouvel An iranien - douche froide au sommet de l'État : il ne s'agit que de «slogans», minimisa le guide.
En fait, sur cette question cruciale, «Khamenei hésite entre ceux qui pensent autour de lui que les divergences avec les États-Unis sont idéologiques et que le fossé ne peut être comblé ; et d'autres pour qui c'est d'abord une question d'intérêts pour l'Iran», écrit le centre d'études International Crisis Group.
Mais c'était avant l'élection présidentielle. Car, pour les sceptiques, la caution que le numéro un du régime apporta à la fraude montre clairement qu'il préfère voir l'Iran présidé par un dur comme Ahmadinejad, qui certes tendra la main à Obama, mais à un prix tel que ce dernier ne pourra que la refuser. Ce qui laissera à l'Iran le beau rôle de renvoyer sur l'Amérique la responsabilité d'un échec… Ces dernières années, ses relations avec le président sortant n'ont pas toujours été au beau fixe. Si le guide a défendu sa gestion du dossier nucléaire face aux Occidentaux, il a en revanche critiqué Ahmadinejad pour avoir laissé filer l'inflation.
Des rumeurs sur son état de santé alimentent régulièrement les spéculations sur la guerre de succession à laquelle se livreraient certains prétendants, dont Ali Akbar Rafsandjani, un autre pilier du régime, aujourd'hui dans le collimateur d'Ahmadinejad pour «avoir pioché dans les caisses de l'État». «Ne vous inquiétez pas pour la santé du guide. Il fait deux heures d'exercice chaque jour, il nage et il escalade encore facilement», raconte un de ses compagnons de randonnée sur les hauteurs de Téhéran. Père de six enfants, Ali Khamenei habite une demeure impériale du nord de Téhéran, mais est réputé mener une vie modeste. Ce rescapé d'une tentative d'assassinat, qui lui fit perdre l'usage de son bras droit en 1981, est désormais confronté à une autre bataille. Cruciale pour l'avenir de la République islamique.
À Téhéran, au cœur de la contestation
REPORTAGE - Des accrochages mortels ont opposé, samedi, les manifestants aux miliciens. Récit de la plus terrible journée qu'ait connue la capitale iranienne depuis le début des protestations.
«Je ne vois plus ! Je ne vois plus !», gémit la jeune Iranienne en manteau et foulard noir. Les joues pâles et les yeux rougis, elle s'écroule devant nous. Une femme légèrement plus âgée vient à son secours,
en allumant un briquet devant son visage. «N'aie pas peur, ça va réduire les effets du gaz lacrymogène !», lance-t-elle. Un bourdonnement de Mobylettes se rapproche. Les bassidjis, sans doute - ces fameux miliciens pro-Ahmadinejad qui font la chasse aux manifestants. «Fermez la porte ! Ils vont tous nous tabasser !», murmure une voix masculine.
Dehors, l'avenue Amir-Abbad s'enfonce dans le chaos. Des rafales de tirs retentissent. Des cris résonnent dans les rues. Une odeur de pneus brûlés se faufile à travers le grillage. Tout le monde retient son souffle. Il fait chaud. Des sanglots explosent. Nous sommes une vingtaine de personnes réfugiées, malgré nous, dans la cage d'escalier de ce petit immeuble : des visiteurs de passage, surpris en pleine promenade par des colonnes de manifestants - qui étaient censées se concentrer sur l'avenue Azadi, plus au sud -, des femmes au foyer de retour de l'épicerie, prises au piège des barrages dressés par les forces anti-émeutes…
À nos côtés, les protestataires qui viennent de se glisser par la porte semblent plus que jamais déterminés à se battre. Ils reprennent leur respiration, avalent quelques gorgées d'eau fraîche, avant de repartir s'engouffrer dans le ventre de la contestation. «Je résisterai jusqu'à ce que je récupère mon vote», lance l'un d'entre eux, en disparaissant dans un nuage de fumée noire. «Mort au dictateur !», hurlent, au loin, les manifestants.
À l'extérieur, la police et les forces anti-émeutes quadrillent la ville. À cheval sur leurs motos, les bassidjis slaloment à travers les bennes à ordure en feu, renversées en pleine chaussée par les protestataires. Matraques en main, ils sont prêts à tabasser sans répit. Et pour cause. Ils ont désormais le feu vert pour faire usage de la force. Dans son prêche de la grande prière du vendredi, véritable discours de soutien à Mahmoud Ahmadinejad, l'ayatollah Khamenei s'est montré très clair : la fête est finie et les rassemblements doivent cesser. Sous peine d'être sévèrement réprimés. Mais les manifestants sont nombreux à avoir bravé, dès samedi, l'interdit.
«À bas le coup d'État !»
Faute de pouvoir emprunter pacifiquement, comme prévu, le même chemin que celui de lundi dernier, ils se sont rassemblés, pendant tout l'après-midi, en groupes dispersés à travers les ruelles qui entourent l'avenue Azadi. Barrages des forces de l'ordre oblige, des attroupements spontanés se sont alors improvisés à travers la ville : place Tohid, place Enghelab, avenue Amir-Abbad, avenue Fatemi, non loin du ministère de l'Intérieur - pointé du doigt dans les fraudes électorales du scrutin présidentiel du 12 juin. Ici et là, de violents affrontements ont opposé les manifestants et les miliciens.
Le silence, règle d'or des rassemblements précédents, est désormais rompu. «Ils nous ont volé notre vote ! Ils friment avec !», hurle un jeune homme, le visage recouvert d'un bandeau vert - la couleur de Mir Hossein Moussavi, le candidat malheureux aux élections, qui persiste à demander l'organisation d'une nouvelle élection. «À bas le coup d'État !», répliquent les passants. Sur les pancartes, portées à bout de bras, les slogans sont beaucoup plus acerbes. «Mahmoud commet des crimes ! Le guide le soutient !», peut-on lire en lettres persanes.
En plein milieu de l'avenue Amir-Abbad, un inconnu a même osé franchir la ligne rouge du système, en insultant directement, à la craie blanche, le numéro un du régime : «A mort Khamenei». Un pari à haut risque. Au mieux, les miliciens le roueront de coups. Au pire, il peut écoper d'une condamnation à la peine capitale. «D'autres manifestants se sont fait arrêter et tabasser pour beaucoup moins que ça», nous racontera plus tard, par téléphone, un étudiant. Exemple à l'appui : ce jeune homme au visage ensanglanté, titubant le long d'un trottoir, après avoir été roué de coups. Son crime : avoir arboré un ruban vert autour de son poignet - un signe de soutien à Moussavi, désormais perçu comme une marque d'opposition au régime. «Quelle tristesse», se désole l'étudiant, en fondant en larmes.
Éparpillées dans les attroupements, les femmes, elles, continuent à afficher un sang-froid à toute épreuve. «Frappe-le ! Frappe-le !», hurle, par la fenêtre de son appartement, une mère de famille en tchador fleuri, en encourageant un homme d'une cinquantaine d'années à jeter à terre un milicien. Perchés sur le toit d'en face, tout en haut des marches de notre petit immeuble-refuge, nous lui faisons signe de se taire. Un accident est vite arrivé, les miliciens étant armés. «Je n'ai plus rien à perdre !», rétorque-t-elle, avant de jeter des paquets de Kleenex aux manifestants blessés. Elle a ses raisons, sans doute. Sous le premier mandat d'Ahmadinejad, les femmes ont trinqué. De nombreuses activistes féministes se sont retrouvées sous les verrous. Leur magazine préféré (Zanan - «les femmes», en persan) a dû mettre la clé sous la porte. Et ce n'est qu'à l'issue d'une mobilisation massive que le Parlement conservateur a fini par renoncer à une loi encourageant la polygamie.
Mais aujourd'hui, c'est en tant que mères, avant-tout, que les Iraniennes veulent faire entendre leur voix. Sur une vidéo, capturée sur le portable d'un manifestant revenant de la place Azadi, le message est clair. On y voit, au milieu de la foule, une Iranienne voilée de noir, s'adresser aux jeunes, en levant les mains au ciel. «Je vous en supplie, restez, n'ayez pas peur ! J'ai vu de mes propres yeux des jeunes se faire tuer sur la place Vanak ! J'ai vu nos beaux étudiants se faire couper en petits morceaux ! Ne vous arrêtez pas ! Avancez ! Avancez ! Battez-vous pour votre avenir», hurle-t-elle, en référence aux victimes des violents accrochages de ces derniers jours, tandis que des coups retentissent dans le ciel.
L'habit ne fait pas le moine. Engoncée dans un tchador noir, Zahra, une modeste mère de famille de Shahriar - à une heure en voiture de Téhéran - nous raconte qu'elle a affrété quatre bus remplis de femmes et de jeunes pour venir à la manifestation du jour. «En 1979, nous avons cru à la révolution contre le chah. Pendant la guerre Iran-Irak, nous avons sacrifié des milliers de soldats qui sont morts au front pour défendre notre patrie. Aujourd'hui, cette République islamique aux soi-disant idéaux de justice et d'égalité est en train de tuer ses propres enfants ! C'est contre ces dérapages que nous nous érigeons, avant qu'il ne soit trop tard», insiste-t-elle. Avant d'ajouter : «Je suis inquiète, très inquiète.»
À Téhéran les agences de presse rapportent que dans une allocution publique, Mir Hossein Moussavi, nouveau symbole de la contestation iranienne, se serait dit «prêt au martyre» et «prêt à poursuivre la lutte». Il aurait également appelé à une grève générale s'il était amené à être arrêté. Mais dimanche soir, le candidat malheureux à la présidentielle a incité ses partisans «à la retenue», tout en maintenant que «protester contre la fraude est un droit». Mais jusqu'à quand la désobéissance sociale pourra-t-elle tenir ? «Nous manquons d'organisation», concède Reza, un ingénieur. «Et puis, combien de temps vais-je pouvoir manquer le travail pour aller manifester ? Mon patron va finir par me virer», dit-il. De plus, reconnaît Zahra, les portes se referment peu à peu.
«J'ai bien songé à réunir des mères de famille pour aller faire un sit-in à Qom, la ville sainte, pour y rencontrer de grands ayatollahs… Mais ont-ils vraiment le pouvoir de nous aider ?», dit-elle, en référence au contrôle renforcé des gardiens de la révolution dans les affaires du pays. Ce sont eux, dit-on, qui ont la confiance du guide suprême. Fermement critiquée pour sa couverture pro-Ahmadinejad, la télévision d'État continue, pourtant, à frapper fort. Un nouveau programme qui passe en boucle dresse un portrait, sans concession, des manifestants. On y voit défiler, le visage flouté, certains «repentis», qui racontent avoir agi sur ordre d'opposants au régime basé en Angleterre et en France. «Ils veulent nous faire passer pour des voyous. C'est le début de la fin», se désole Mehdi, un ouvrier, contacté par téléphone.
Neda, victime et icône
Un hélicoptère militaire rase le ciel. Des coups retentissent. Par la fenêtre du petit immeuble, nous voyons des manifestants se disperser dans la confusion. «Ils nous tuent ! Ils nous tuent !», hurle l'un d'entre eux. Le lendemain, nous apprendrons qu'une jeune femme, prénommée Neda, fait partie des victimes. Touchée à la poitrine, elle a succombé à ses blessures dans les bras de son professeur de musique. Elle venait d'avoir 26 ans. Sa vidéo, prise par un inconnu, a aussitôt fait le tour des sites Internet. Quelques minutes plus tard, les forces anti-émeutes dispersent les badauds.
La circulation reprend, comme si de rien n'était. Il est temps de partir, avant la prochaine tempête. Nous quittons notre petit immeuble, en empruntant un détour par l'avenue parallèle à Amir-Abbad. Puis nous longeons le dortoir des étudiants, attaqué dimanche soir, par les miliciens. La façade est calcinée. Les fenêtres ont volé en éclats. Le mur d'une chambre s'est même complètement effondré. «On nous a enfermés, on ne peut pas sortir», glisse un étudiant. «Mais s'il vous plaît, dites aux manifestants qu'on est avec eux», lance-t-il. Une prison virtuelle, à l'image de celle qui étouffe peu à peu les frondeurs de Téhéran.
Les armes redoutables de la répression en Iran
En coulisse, plusieurs centaines de personnes auraient été arrêtées depuis dix jours.
À terre ou via les airs. À coups de matraque ou de gaz lacrymogènes. Par canons à eau ou à balles réelles. Les autorités n'hésitent pas à recourir à une très large panoplie de moyens pour réprimer sévèrement les manifestants, ou intimider les responsables politiques et les envoyés spéc
iaux des journaux étrangers, qui ont dû finalement plier bagages. Depuis le discours vendredi d'Ali Khamenei, le guide suprême, qui ordonna aux protestataires de cesser leur fronde, la bride a été lâchée sur les unités antiémeutes. «Le régime a intégré le fait que le bilan de la répression peut être lourd, ça ne lui fait pas peur, explique un diplomate arabe à Téhéran. Dans un régime autoritaire, la violence fait partie de l'exercice du pouvoir», ajoute-t-il.
Chez les forces de l'ordre, la confrontation est conduite par un mélange de policiers antiémeutes, de miliciens islamiques du bassidj, de gardiens de la révolution (pasdarans) et d'éléments non identifiés. Une fois les rassemblements dispersés à coups de trique, des motos foncent sur les manifestants, qui refluent dans les ruelles adjacentes. En tandem souvent sur leurs deux-roues, les miliciens n'opèrent pas seuls : ils sont guidés par les hélicoptères blanc et bleu de la police, qui tournoient au-dessus d'eux.
«Les hélicoptères rendent compte immédiatement de ce qui se passe dans la rue», souligne un expert. Lundi dernier, les appareils de la municipalité de Téhéran auraient évalué à trois millions le nombre des participants à la marche pro-Moussavi. Du jamais-vu depuis la chute du Shah en 1979. D'où, selon certains, ces actes de vengeance perpétrés, quelques heures plus tard, dans les dortoirs de l'université de Téhéran, où cinq étudiants - trois filles et deux garçons - furent sauvagement assassinés. Leurs familles auraient reçu l'équivalent de 240 euros de compensation… Ils avaient été «vendus» par des indics, ou repérés par des caméras de surveillance installées dans les rues de la capitale.
Armés de machette
Avec leur casque et leur barbe de plusieurs jours, les bassidjis sont facilement reconnaissables. Dans les manifestations, certains sèment la terreur avec leur machette. «Ils viennent d'attaquer une fille», s'écriaient samedi des badauds, sur le boulevard Fatémi, non loin de la place de la Révolution, où deux mille intrépides venaient encore de défier le pouvoir. Sur le trottoir, deux bassidjis se hâtaient pour reculer ; l'un d'eux, la tête enveloppée dans un bandage. Le pouvoir n'en parle pas. Mais il y aurait aussi des pertes parmi les forces de l'ordre. Ces derniers mois, profitant de la proximité des marchés afghan et irakien, de plus en plus de familles, en effet, se sont armées.
Depuis plus d'une semaine, des unités pasdarans sont disséminées dans toute la ville de Téhéran. La journée, leur présence passe inaperçue au regard du profane. Le soir, en revanche, certains quartiers nord, haut lieu de la contestation, sont littéralement quadrillés par les gardiens de la révolution, qui multiplient les barrages, à partir de 22 heures. Et dès qu'un groupe de jeunes crie sa colère, les pasdarans n'hésitent pas à les tabasser copieusement. Certains sont même allés jusqu'à pénétrer dans un hôpital pour empêcher les chirurgiens d'opérer des manifestants blessés, selon un habitant du quartier de Vali Asr.
Dans leurs basses besognes, ils sont épaulés par les agents du ministère des Renseignements, qui écument les maisons pour faire stopper les cris d'«Allah Akbar» (Dieu est grand), scandés chaque nuit par des milliers de jeunes, depuis le toit de leurs immeubles. Redoutables grandes oreilles iraniennes : malgré les sanctions qui frappent la République islamique, en raison de ses ambitions nucléaires, elles ont encore réussi à acquérir du matériel sensible auprès de sociétés allemandes, pour mieux écouter les téléphones portables.
À la répression et aux arrestations s'ajoutent les manœuvres d'intimidation. Contre les dirigeants politiques réformateurs, qui ne veulent plus parler à la presse étrangère, de peur des représailles. Mais surtout contre ceux qui ont été arrêtés : «Avant de les libérer, raconte un autre diplomate, on leur fait comprendre que s'ils continuent de soutenir les frondeurs, leurs familles seront alors sérieusement inquiétées.»
Les pressions ont également redoublé contre la presse étrangère. Samedi, deux policiers se sont déplacés à notre hôtel, porteurs du message suivant : «Votre visa expire ce soir à minuit. N'essayez pas de prolonger votre séjour, vous serez dans l'illégalité. Personne ne pourra alors garantir votre sécurité.» Tous les journalistes étrangers ou presque devaient quitter Téhéran, ce week-end. Dimanche soir, un journaliste canadien de Newsweek a été arrêté.
Une prise de position attendue sur la burqa#
Bernard Accoyer s'est prononcé pour la création d'une mission d'enquête.
Nicolas Sarkozy doit prendre position aujourd'hui dans le débat sur la laïcité et les libertés publiques, réveillé par la polémique sur la burqa qui s'est brusquement enflammée avec la demande, par un groupe de parlementaires emmenés par l'élu PCF du Rhône André Gerin, d'une commission d'enquête parlementaire.
Le gouvernement n'a pas écarté l'idée de légiférer sur le port de ce voile intégral ne laissant paraître que les yeux, suscitant des réactions en cascade tout le week-end. Hier, le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a plaidé en faveur de la création d'une mission d'information parlementaire, chargée d'évaluer la situation, plutôt qu'une commission d'enquête jugée plus « comminatoire ». L'un des écueils principaux du débat est de « ne stigmatiser personne », a-t-il souligné.
Ce week-end, le Conseil français du culte musulman s'est montré très préoccupé par « la façon dont est évoqué le sujet ». « La pratique du port du niqab ou de la burqa (…) correspond à un usage très rare », défend cette instance représentative. Au contraire, Rama Yade a estimé samedi que le port de la burqa « est un phénomène qui se développe ».
Toutefois, l'idée de labourer à nouveau le délicat sujet de la laïcité et de l'expression des religions, alors que la loi de 2004 avait suscité tant de controverses, ne va pas sans inquiétudes. Le ministre de l'Immigration, Éric Besson, a émis publiquement des réserves. À gauche, Laurent Fabius et Martine Aubry ont mis en garde contre « les solutions simplistes » et la mise en cause de la religion musulmane.
Juridiquement, la question est complexe. La Chancellerie n'a pour l'instant pas été chargée de travaux préparatoires. Mais les débats autour de la loi de 2004 ont déjà souligné la grande difficulté de poser la norme. Une interdiction visant exclusivement le voile musulman risquerait de se trouver en opposition avec le principe de liberté de conscience et de religion. C'est pourquoi Luc Chatel a évoqué l'idée d'interdire le port « subi » de la burqa.
Les bassidji, milice poreuse du régime iranien
Ces petits gardiens de la Révolution composent une bonne partie de l'arsenal répressif du régime. Mais aussi nombreux soient-ils, leur soutien au Guide n'est pas indéfectible.
Lundi 15 juin, les bassidji ont tiré sur la foule. A l'arme automatique, ils ont abattu sept manifestants, des anony
mes venus battre le pavé de l'avenue Azadi, l'artère principale de Téhéran. Mais qui sont ces miliciens, placés sous l'autorité des Gardes de la Révolution islamique?
"Leur origine remonte à la guerre entre l'Iran et l'Irak, juste après la révolution islamique, rappelle Azadeh Kian-Thiébaut, sociologue au centre Monde Iranien du CNRS. Ils constituaient alors un corps paramilitaire de volontaires, parfois très jeunes, puisque certains avaient 13 ou 14 ans."
En 1988, à la fin des hostilités, ils ne sont pas démantelés. Ali Khamenei, le successeur de Khomeini, décide d'en faire une force de répression interne, une milice morale en même temps qu'une soupape de sécurité. Formés par les vétérans de la "Guerre imposée", leur nombre croît de manière exponentielle. Aujourd'hui, selon les chiffres officiels, ils seraient plus de 4 millions, inféodés au Guide.
Jeunes défavorisés
Au contraire des pasdaran - la garde prétorienne du régime forte de 120 000 hommes - les bassidji ne sont pas un corps homogène. Pourtant, Azadeh Kian-Thiébaut en dresse le sociotype: "Ce sont majoritairement des jeunes de 20 à 30 ans, issus des couches populaires, notamment des banlieues les plus défavorisées de Téhéran".
Loin de tous être des bras idéologiques du régime, une bonne partie des bassidji a prêté allégeance à l'ayatollah Khamenei pour une raison plus matérielle que spirituelle: sortir de la misère. "Pour certains jeunes, entrer dans la milice permet d'avoir accès à un emploi rémunéré ou d'entrer à la l'université, puisque des quotas sont imposés", relève Azadeh Kian-Thiébaut.
Stigmatisés par la jeunesse pro-Moussavi, les martyrs d'hier ont perdu leur prestige. D'ailleurs, la sociologue estime que si la répression se durcit, "on risque d'assister à une fraction au sein des bassidji". Même enrôlés sous les prêches des mollahs, ces "gens du peuple" portent toujours l'habit civil.











