TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 17 avril 2013

Et hop, le record socialiste... 56,9% de PIB de dépenses publiques et 46,3% de prélèvements obligatoires en France : mais au fait quels secrets dissimulent donc ces 10 points de décalage ?

Le gouvernement présente ce mercredi son programme pluriannuel de finances publiques. Alors que les impôts et cotisations sociales atteignent déjà le record de 46% du PIB, les dépenses publiques flirtent avec les 57%. Un décalage que le seul déficit public, qui s'établit un peu en dessous de 5%, ne suffit pas à expliquer...

Le gouvernement va présenter mercredi son programme pluriannuel de finances publiques. Alors que Pierre Moscovici a confirmé une nouvelle hausse des impôts en 2014, le taux de prélèvements obligatoires, c’est-à-dire le total des impôts et des cotisations sociales de tous ordres représentera 46,5% de la richesse nationale, du PIB, l’an prochain, contre 45% fin 2012. Le poids des dépenses de l’Etat, de la sécurité sociale et des collectivités locales atteint quand à lui 56,9% du PIB. Comment expliquez-vous les 10 points de décalage entre le montant de la dépense publique et le montant des prélèvements obligatoires ?

Les trois zozos optimistes 
Gérard Thoris : Il y a ici trois concepts en jeu. La différence entre les recettes publiques et les dépenses publiques est simple à comprendre. Elle renvoie à la notion toute traditionnelle de surplus ou de déficit budgétaire. Pour l’année 2012, l’INSEE annonce ainsi un déficit public de 4,8 %. Mais la comptabilité publique comme la comptabilité privée doit jongler avec la réalité. Pour la même année, les recettes publiques sont ainsi supérieures de 6,8 points du PIB aux prélèvements obligatoires. Sous réserve d’une évaluation chiffrée, la différence provient pour une part des recettes non fiscales. On y trouve les dividendes versés par les entreprises dont l’État est actionnaire, des produits des amendes, sanctions et autres pénalités ou frais de poursuite ou encore les produits du domaine de l’Etat. On pourrait facilement désarmer cette impression d’opacité en présentant un tableau synthétique du passage de l’un à l’autre concept[i].

Marc Touati : Ce décalage est simplement lié au fait que l'Etat n'a pas que des recettes fiscales. Il a aussi des recettes liées aux activités de ses entreprises, des autoroutes, du loto, de la CDC... En 2012, le total des recettes publiques a ainsi atteint 51,5 % du PIB. Avec des dépenses de 56,4 %, nous retrouvons donc un déficit public d'environ 5 %. CQFD.

Eric Verhaeghe : D'abord parce qu'il ne faut pas tout mélanger dans ce rapprochement. D'un côté on a les prélèvements obligatoires, qui ne sont pas toute la recette publique au sens de Maastricht. Les prélèvements obligatoires, ce sont les prélèvements non consentis auprès des citoyens. Cela exclut deux catégories de ressources publiques, qui représentent grosso modo 4,5 points de PIB. 
D'abord un certain nombre de taxes ne sont pas considérées comme des prélèvements obligatoires. C'est par exemple le cas de la redevance télévisuelle, que tous les Français sont obligés de payer lorsqu'ils ont une télévision... mais les eurocrates considèrent que l'achat d'une télévision n'est pas obligatoire. Donc la redevance audio-visuelle ne fait pas partie des prélèvements obligatoires.
Ensuite, il y a ce que les maastrichtiens appellent les recettes de production. C'est par exemple le tiers payant que vous laissez à l'hôpital, ou encore les dividendes de l'Etat actionnaire, ou bien le droit d'entrée à la piscine municipale. 
Au total, les administrations publiques perçoivent 90 milliards d'euros non comptabilisés comme prélèvements obligatoires. Ils expliquent en gros la moitié du différentiel entre les prélèvements et les dépenses. L'autre moitié s'explique par du déficit public.
Présenté ainsi, vous voyez que le véritable déficit public français se situe autour de 5%.

En 2012,  le déficit public s'est établit à 4,8 % (et non 10%). Quels vices ce décalage vient-il cacher ?

Marc Touati : Ce n'est pas un vice. En revanche, le vrai danger réside dans le fait que le poids des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques dans le PIB atteint des niveaux stratosphériques et prohibitifs pour la bonne marche de l'économie française.C'est d'ailleurs pourquoi, j'ai lancé la pétition www.SauvezLaFrance.com qui appelle à une baisse de ces poids vers les niveaux moyens de la zone euro (c'est-à-dire 41 % pour les prélèvements obligatoires et 49 % pour les dépenses). Tant que ces efforts n'auront pas été effectués, la France restera enfermée dans la récession et la crise de la dette.
Eric Verhaeghe : Ayons bien à l'esprit que tous les gouvernements pratiquent systématiquement des arrangements avec le ciel budgétaire pour cacher la misère du Trésor public. La cavalerie budgétaire en est l'exemple le plus typique: elle consiste à repousser à l'année suivante les dépenses qu'on n'a pas les moyens de payer durant l'année en cours. Certains ministères ou établissements sont des spécialistes invétérés de cette technique. Beaucoup d'universités par exemple payent les premiers salaires ou les premières vacations des nouveaux recrutés avec plusieurs mois de retard. C'est toujours ça de gagner...
Ensuite, il y a la fameuse technique du hors bilan, dont les variantes sont nombreuses. Elle consiste à repousser les déficits dans des organismes qui ne figurent pas au budget de l'Etat. Jean-Pierre Raffarin fait figure de véritable Ponzi de cette méthode: ses lois de décentralisation ont permis de transférer aux collectivités locales des quantités colossales de mission, sans transférer le financement qui les accompagnaient. Cette technique a permis de faire supporter aux collectivités les réductions budgétaires de l'Etat.

Faut-il en conclure que les comptes publics ne sont pas sincères ?

Marc Touati : Ce qui n'est pas sincère c'est que les prévisions gouvernementales sont constamment fausses, ce qui permet de ne pas faire les réformes indispensables pour moderniser la puissance publique et par là même l'économie française.
Gérard Thoris : Les comptes publics sont une construction institutionnelle à destination de la représentation parlementaire. Cette construction a été profondément modifiée par la loi organique (LOLF) relative aux lois de finance et chacun reconnaît qu’il s’agit d’un progrès. Mais, comme dans toute entreprise, les comptes futurs sont fondés sur des prévisions. A ce titre, il faut effectuer une multitude d’hypothèses sur l’évolution macroéconomique aussi bien à l’intérieur du pays que dans le monde. Il faut estimer l’influence des changements de politiques publiques. Tout cela est un travail bien complexe.
Depuis Montesquieu, on sait que la séparation des pouvoirs est la meilleure des protections contre l’arbitraire. Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, les prévisions officielles du ministère de l’Economie et des Finances d’une part, de l’Insee d’autre part, avaient été doublées par celles de l’Observatoire Français de Conjoncture Economique (OFCE) et de Rexecode. Aujourd’hui, les pouvoirs publics et, de manière plus surprenante, les grands médias eux-mêmes ne font pratiquement plus référence aux prévisions de ces organismes, pourtant dotés de subventions publiques en vue de produire ces études ! Cela rend le mensonge public plus facile. N’est-ce pas Jérôme Cahuzac lui-même qui dénonce ce mal profond en refusant la frontière entre le mensonge privé par omission et le mensonge public par affirmation : « On me dit que j'ai menti sur ma situation personnelle. Cela veut dire quoi ? Qu'il y aurait des mensonges indignes et d'autres qui seraient dignes ? Quand on ment sur ordre, et pour des raisons politiques, à l’Assemblée, est-ce digne ? A ce compte-là, j'ai menti devant l'Assemblée, sur la possibilité de réaliser 3 % de déficit en 2013. »
Eric Verhaeghe : Voici une question intéressante! Personne n'a jamais véritablement osé la poser, pourtant elle est vitale. Je me souviens d'avoir vu un budget ministériel qui était pipeauté de A à Z. On inscrivait en loi de finances des sommes fantaisistes à chaque ligne budgétaire. La direction financière se chargeait ensuite de réaffecter les sommes au bon endroit, c'est-à-dire là où les fonctionnaires l'avaient décidé. 
Ce problème est crucial sur la question des primes variables versées aux fonctionnaires. Il faudrait vérifier que les primes réellement versées aux hauts fonctionnaires correspondent bien aux sommes inscrites en loi de finances. Techniquement, rien ne s'oppose à des réimputations dans le dos de la représentation nationale, qui permettent des augmentations salariales plus importantes que celles qui sont affichées. J'ai encore récemment entendu des fonctionnaires se vanter de gagner 5.000 euros nets en travaillant un gros mi-temps. Tôt ou tard, la productivité de la fonction publique devra être abordée. Je trouve très bien que les fonctionnaires soient bien payés s'ils sont productifs et efficaces. Mais le sujet n'est pas véritablement documenté aujourd'hui et surtout il fait l'objet d'une opacité totale.

Ce niveau de dépense publique place la France au 2ème rang sur 27 en Europe, juste en dessous du Danemark, mais au-dessus de la Suède.  Est-elle l’Etat le pays le plus socialisé du monde ? Pour quel résultat relatif ?

Marc Touati : C'est bien là le drame : en dépit d'une gabegie de dépenses publiques, la croissance économique est nulle depuis six ans et le chômage ne cesse de flamber. Cela prouve que ce n'est pas un problème de quantité de dépenses publiques, mais de qualité de ces dernières. Autrement dit, il faut mieux d’État. Tant que nos dirigeants n'auront pas compris cette règle de bon sens, la France restera menacée par un triple chaos : économique, social et politique.
Gérard Thoris : De toute évidence, le taux de prélèvements obligatoires est un reflet du degré de socialisation. Mais il est loin d’en être l’unique indicateur. Si nous sommes dans les mêmes eaux que le Danemark ou la Suède, notre système de prélèvements et de redistributions s’enfonce dans l’étatisme quand celui de nos deux références a fait l’objet d’ajustements constants pour simplifier les règles fiscales et sociales. Au fond, on peut prélever beaucoup avec des barèmes d’imposition simples, comme le montre la CSG en France même et prélever peu avec des taux élevés comme le montre l’impôt sur le revenu. Toujours en France, les allègements de charges sociales sur les bas salaires sont représentatifs d’une socialisation de la rémunération que personne ne veut voir. Plus encore, le fait de choisir le crédit d’impôt compétitivité-emploi plutôt qu’un transfert de charges sociales sur la TVA montre à l’envi que l’objectif ultime est peut-être d’alléger les charges sociales. Mais il s’agit surtout d’ouvrir à la représentation syndicale une possibilité de contrôle sur les sommes reversées par l’Etat. L’entrepreneur prudent se gardera donc de les utiliser sans discernement. Bref, le socialisme français se manifeste moins par son taux de prélèvement, effectivement élevé, que par son refus des règles simples qui constituent l’essence même de l’état de droit.
Eric Verhaeghe : L'Etat, en France, est en expansion constante et incontrôlée, comme l'univers. Il nous place dans une spirale extrêmement négative. 
De ce point de vue, il faut ouvrir un débat transparent avec les keynésiens. A titre personnel, je suis assez d'accord pour dire qu'un investissement public est, d'une façon ou d'une autre, un accélérateur de croissance. Par exemple si la France décidait d'investir massivement dans les réseaux de fibre optique, la dépense publique contribuerait fortement à des gains de productivité dans le secteur privé. 
Le problème est que cette théorie est détournée de son sens. Elle est invoquée pour justifier n'importe quelle dépense publique, comme si gaspiller l'argent dans le service public allait par principe contribuer à la croissance. Evidemment, recruter des fonctionnaires sans savoir à quoi ils vont effectivement servir est une saignée dans le corps de la nation, qui ne sert absolument à rien, sauf à produire des boulets que le secteur privé doit traîner derrière lui pendant 40 ans. Cela n'a rien à voir avec de l'investissement public.
Globalement, depuis vingt ans, les Français paient de plus en plus pour une administration qui fonctionne de moins en moins bien. Le plus grand scandale est celui de l'école, dont le coût est sans cesse plus élevé, et dont la performance est sans cesse plus basse. Se ruiner en impôts pour financer des écoles qui décérèbrent nos enfants est une aberration.
Peu à peu, la présence envahissante de l'Etat dans la vie privée et dans les esprits neutralise toute capacité à prendre des risques pour innover. La France se fonctionnarise. C'est probablement son handicap majeur aujourd'hui.


[i] Projet de loi de finances pour 2013, rapport sur les prélèvements obligatoires et leur évolution, p. 55, Média Internet.

Nicolas Sarkozy l'avait dit !




UN PREMIER MINISTRE À LA RETRAITE DORÉE


  ****************************************
 LE BILLET DE "SAUVEGARDE RETRAITES"
 ****************************************
Jean-Marc Ayrault, roi du cumul... de régimes spéciaux !
Cette fois, c'en est trop !
 Récemment, le Premier ministre a osé déclarer : "Tous les retraités ne sont pas des nantis ! ".
Ainsi Jean-Marc Ayrault reconnaît sans ambages que tout le monde n'est pas à son niveau ! Nonobstant, nous allons voir que, pour sa part, il a su fort bien préparer sa retraite ; et, n'en déplaise à l'intéressé, infiniment plus avantageusement que la plupart de ses concitoyens authentiquement "normaux", eux.
 En 2009, Jean-Marc Ayrault a été classé deuxième au palmarès des as du cumul de mandats publié par le journal  Le Monde. Et pour cause, voici un bon échantillon de son CV :
  • conseiller général de Loire Atlantique (de 1976 à 1982) ;
  • maire de Saint-Herblain (deux mandats, de 1977 à 1989) et de Nantes (presque quatre mandats, entre 1989 et 2012) ;
  • président du district de l'agglomération nantaise (de 1992 à 2001), puis de la Communauté urbaine Nantes-Métropole (de 2001 à 2012) ;
  • député de Loire-Atlantique (du 2 avril 1986 au 20 juillet 2012, soit pendant 26 ans) et président du Groupe socialiste à l'Assemblée nationale (de 1997 à 2012) ;
Or, qui dit cumul des mandats, dit cumul des retraites. Et pas n'importe lesquelles... Que des retraites relevant de régimes spéciaux !
 S'il partait à la retraite maintenant, Jean-Marc Ayrault percevrait, chaque mois un petit paquet non négligeable comme cela va apparaître ci-après...
L'opacité soigneusement entretenue autour des pensions des élus locaux empêche de chiffrer en toute exactitude ce que ses différents mandats lui rapporteront en définitive ; mais, selon nos calculs, il percevra au minimum 2 000 euros par mois au titre d'ancien maire de Saint-Herblain et de Nantes, et à peu près autant comme ancien président du district de l'agglomération nantaise puis de la communauté urbaine, soit, pour commencer, 4 000 euros...
Mais n'oublions pas l'essentiel ! Le plus gros morceau, c'est bien sûr sa retraite d'ancien député : une pension "plein pot" de 6 630 euros par mois (en 2012), plus un gros bonus comme ancien président de groupe qui devrait lui rapporter, au bas mot, 2 500 euros supplémentaires.
En comptant serré (nous n'avons pas pu réussir à obtenir le montant officiel de sa retraite de conseiller général...), on peut estimer que Jean-Marc Ayrault a déjà cumulé, à ce stade,  plus de 13 000 euros de pension retraite.
Et ce n'est pas tout ! 
Car, même s'il n'a enseigné que quelques années, on lit sur sa biographie officielle (publiée par les services du Premier ministre) qu'il est "professeur d'allemand, depuis 1973" !
 
Grâce à cette "carrière", pour le moins fictive convenons-en, il peut donc prétendre à une pension de retraite d'enseignant : et voilà  près de 1 800 euros par mois encore empochés...
Faites le calcul : on flirte avec la barre des 15 000 euros par mois. De quoi se convaincre que si "tous les retraités ne sont pas des nantis", il en est cependant certains qui seraient, tout de même, un tantinet plus nantis que d'autres... D'autant mieux que, comme on l'a soigneusement rappelé, toutes ces pensions relèvent des régimes spéciaux !
On ne sera pas loin de se laisser persuader que si nos gouvernants préfèrent saigner les retraites du privé plutôt que de toucher à ces fameux régimes spéciaux, c'est que dans ce cas comme dans beaucoup d'autres, ils défendent prioritairement leurs intérêts propres.
A quand un "Premier ministre normal" avec une "retraite normale" ?
***

 Je compte sur votre mobilisation pour faire suivre ce billet à l'ensemble de vos correspondants afin de  tenter de pallier le silence assourdissant de nos médias sur ces sujets sensibles dès lors qu'ils abordent les cas précis individuels. Faut-il aller jusqu'à soupçonner une certaine collusion entre grands journalistes et grands de ce monde ?
 Un grand merci pour votre précieuse collaboration future !
 Bien cordialement
Marie-Laure Dufrêche
Déléguée Générale
Novembre 2012
________________________________________________
 "Sauvegarde Retraites", association Loi 1901 indépendante de toute
 formation politique, syndicale ou professionnelle, rassemble
 plus de 103 000 personnes qui veulent obtenir un système de retraite
 plus efficace, plus juste et plus responsable.
 L'association se refuse statutairement de recevoir des subventions.
 Elle ne vit que des dons de ses membres donateurs.




L’insurrection continuera

L’insurrection continuera


La stratégie des partisans du « mariage » ouvert aux paires homosexuelles est claire. D’abord, passer en force et rapidement, même si c’est brutalement. Ensuite, ou, en même temps, discréditer l’opposition en exploitant toutes les possibilités de division interne. Dans cette offensive, le pouvoir politique est assuré de l’appui de la plus grande majorité des moyens de communication de masse. La conclusion est simple : le texte une fois voté et promulgué, l’opposition se disloquera, selon les avis, préférences et conflits de personnes, et le mauvais cap sera passé.
Le capitaine de pédalo n’est pas un adversaire si négligeable. Son mépris abyssal pour le peuple, que seule une vie entièrement passée dans les appareils de pouvoir peut façonner, lui donne une carapace quasiment impossible à transpercer. Rien ne l’émeut, car rien ne le touche. C’est l’insensibilité en personne.
« Insensibilité ! Mère de déraison ! » Ici, je cite l’auteur de cette formule parce que je ne veux pas risquer le sort du Grand Rabbin. L’auteur est Charles Maurras. Pour une fois que je chantais la louange d’un grand rabbin ! Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’il paie, au prix fort, son engagement contre le mariage homosexuel. Car enfin, cette histoire de plagiat ! Depuis l’aurore des temps, les auteurs n’ont fait que se répéter les uns les autres. Homère a-t-il écrit, de sa seule inspiration, L’Iliade et l’Odyssée ? Ou a-t-il été le compilateur, plagiaire de génie, de ceux qu’on appelle depuis « les chanteurs homériques » ? Péguy s’était amusé à recenser quelques-uns des plagiats les plus fameux du Père Hugo, sans compter « le grand ciel bleu n’emplirait pas mon cœur » du jeune Aymerillot, plagiat maladroit du « le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur » d’Eliacin. Robert Brasillach le dit dans la préface de son Anthologie de la poésie grecque,« la jeune fille est, toujours, semblable à la rose ». Ronsard plagie Pindare. Musset pompe Ronsard et Chénier, et se plagie lui-même.
Jamais deux yeux plus doux n’ont, du ciel le plus pur,
Sondé la profondeur et réfléchi l’azur…
qu’il nous ressert dans « le Saule », avec « Lucile qui était pâle et blonde » et qui avait quinze ans, après nous l’avoir chanté avec « Georgette que, pourtant, il aimait ». Les idées, les formules, les mélodies sont à tout le monde. Depuis quelques jours, je réponds à des journalistes qui me demandent si je suis le père, le fondateur, « l’idéologue » du « printemps français », que cette formule que j’ai écrite ici, mais que d’autres aussi ont écrite, n’est pas ma propriété et que le jeu de pistes que le journal Le Monde, en l’annonçant à la une, veut nous présenter comme « le secret de la manif » est un anachronisme désolant.
Ainsi, les vieux schémas, pour cette presse, comme pour la police, n’ont pas éclaté devant la réalité. Eh non ! Messieurs, ou Mesdames, il n’y a pas de parti, ni de club, ni de jeu d’influences obscures. Il y a une colère spontanée, populaire, familiale… dont la seule explication est la monstruosité de ce projet de loi. Inutile d’aller chercher plus loin. Le vieux canevas de Mai 68 les obsède. A l’époque, les universitaires cherchaient, dans les cours de sciences politiques, comment décrypter ce qui était venu des trotskystes, des « maoïstes », des situationnistes… en appliquant encore à ces groupes nouvellement constitués la grille léniniste qui était la seule connue. Seul peut-être le Parti communiste de l’époque avait un peu compris ce qui se passait. Mais la méthode, elle, d’où qu’elle vînt, était identifiable. Le procédé était révolutionnaire – et nos maîtres Jean Madiran, Jean Ousset, l’avaient clairement identifié. Quand les pouvoirs publics, déroutés, demandaient à leurs renseignements généraux des informations qu’ils étaient bien incapables de leur donner, nous savions, nous, ce qui se passait.
La situation se renouvelle, mais, à l’opposé, ou, plutôt de tout autre manière.
Et le pouvoir comme les grands médias n’y comprend rien. Ils font mine d’être intelligents en affirmant d’un air entendu que les partis et les associations « classiques » sont dépassés, qu’il s’agit de réseaux sociaux… mais, après avoir dit cela, ils cherchent encore à savoir où est le complot initial, qui tire les ficelles, comment s’appelle l’idéologue… et par quel lien la Cagoule, Charles Maurras, la milice et « le complot des soutanes » dirigent le mouvement.
Peine perdue, Messieurs, Mesdames – peine perdue ! Cette loi heurte le fond même de l’ordre humain, l’amour de l’homme et de la femme, ce que l’homme et la femme ont de plus cher, de plus sacré, de plus fervent, depuis qu’ils sont sur cette terre. Ne cherchez pas plus loin ! Ce choc est si violent, la détestation si intense, que loi votée ou pas votée, divisions internes calmées ou résurgentes, manœuvres conduites habilement ou désarroi… rien n’y fera. L’insurrection continuera.
Et puis, comme cela se passe dans les circonstances qu’après les historiens disent historiques, viennent se joindre à ce rejet fondamental, irrépressible, d’autres formes de contestation, de révolte. Aux soixante millions de mécontents s’ajoutent autant de sujets de mécontentement. Mélenchon apporte son concours par un souci désespéré de se faire entendre. Marine finit par se dire qu’elle aurait quand même dû s’en occuper. Vauquiez pense que peut-être, il peut devenir président de l’UMP. Copé ne lâche pas la barre. Raffarin ramène son baratin. Guaino se sent poète et tribun. Lamartine n’est pas loin. Boutin met les gaz pour que Bourges ne passe pas devant. Barjot ne lâche rien, surtout pas le podium. Tugdual essaie d’exister au milieu de ces femmes en furie, mais peu importe ils finissent par se confondre dans le ras-le-bol général qui les emporte tous et toutes.
Ce que n’ont vu ni les services du ministre de l’Intérieur – l’employé du gaz qui en fait un usage inconsidéré – ni les enquêteurs des grands médias, c’est qu’une révolte des familles est absolument incontrôlable, incommensurable et imparable. Car aucun organisme ne la conduit, aucune police ne peut la compter et rien ne l’arrête. J’ai vu, aux Champs-Elysées, le 24 mars dernier, quelques enfants qui n’avaient pas douze ans bloquer le mouvement d’un car de police en s’allongeant devant ses roues. Deux forces dans l’histoire sont irrésistibles : les femmes et les enfants. Les femmes en tant que mères. Les enfants, comme des enfants. Tout pouvoir peut écraser une coalition d’hommes, de jeunes gens, de garçons ou de filles. Aucun pouvoir n’a jamais pu triompher des familles liguées contre lui.
Nos dirigeants ne savent pas ce que c’est que la famille. Ils devraient relire Proudhon. Comme la propriété à laquelle elle est intimement liée, la famille est un vrai principe d’insurrection. Le chant des partisans
Ami, si tu tombes
un ami sort de l’ombre,
A ta place,
n’est rien à côté de l’invincible solidarité des frères et des sœurs, des pères et des cousins, des mères et des filles, des oncles et des neveux.
Le peuple que nos tyrans d’aujourd’hui dressent contre eux n’est pas la foule de 89, de 93, de la Commune ou de Mai 68, foules d’individus manipulées par les comités, les loges, les partis, les soviets, les groupes et les ambitions, c’est le peuple des familles de France, toutes libres, toutes nobles, toutes royales !

Attention !

Ça va barder !

Déclarations en séries

C'était couru ! Du combi Volkswagen à 1.000 euros de Jean-Marc Ayrault, aux trois vélos à 900 euros au total de Christine Taubira, les déclarations de patrimoine du Premier ministre et de ses 37 ministres ont pris l'allure d'un inventaire à la Prévert. Le premier réflexe serait de s'abandonner à la causticité en soulignant que pour la plupart, les membres du gouvernement, hors berlines officielles, ne roulent pas carrosse. Mais l'affaire mérite un examen plus approfondi. Si l'exercice de transparence imposé aux ministres n'a pas apporté de révélations stupéfiantes, il pourrait bien contraindre la gauche à réviser son discours de diabolisation des riches et son rapport schizophrénique à l'argent.
Il n'était que de voir l'embarras de certains, hier, pour justifier leur fortune. Bien sûr qu'il y a au gouvernement des gens riches et même très riches. Michèle Delaunay (Personnes âgées) a même confessé que sa déclaration de patrimoine (5,3 millions d'euros) avait constitué une « épreuve » tant « elle ne se vit pas en riche ».

Si le PS et ses dirigeants avaient moins souvent stigmatisé la richesse, y compris lorsqu'elle résulte d'une histoire familiale ou d'une réussite professionnelle sans tricheries, de tels scrupules n'auraient pas cours. Voilà François Hollande renvoyé à son imprudente affirmation de 2006 à la télévision : « Je n'aime pas les riches ». La gauche a souvent fustigé l'argent sur les estrades électorales pour s'en accommoder dans la vie réelle. Voilà, au moins, une opération vérité qui devrait mettre fin au manichéisme.
Ce serait déjà beaucoup, dans un pays où se creusent davantage chaque jour les clivages dans une exacerbation du climat politique. Le moment de curiosité passé, les citoyens vont vite exiger une autre transparence sur les douloureux prélèvements obligatoires qui s'annoncent. La déclaration de patrimoine des ministres s'effacera derrière… la déclaration d'impôt des Français.

mardi 16 avril 2013

Le peuple en a marre et va se fâcher !

Le peuple en a marre et va se fâcher !


C'est lui, François Hollande, qui, lorsque éclata le scandale Cahuzac, en relativisa la portée en le réduisant à une affaire individuelle, et c'est lui, le même François Hollande, qui aujourd'hui provoque une affaire d'État en décidant d'un train de mesures propres à "moraliser la vie publique" qui jette le trouble dans le pays. Ainsi fait le pompier incendiaire.
la suffisance du con, l'arrogance du nul
La publication dès ce soir du patrimoine des ministres et de celui des élus dans la foulée est une initiative irresponsable. Elle va largement au-delà du symbole. Son caractère précipité est un aveu d'opportunisme démagogique. Elle est décriée par les amis politiques du président eux-mêmes (Bartolone), ridiculisée par certains d'entre eux (Montebourg). Nombreux parmi les élus y voient une humiliation, voire une insulte. Son efficacité est à juste titre réputée douteuse. Elle rejoint et justifie les discours populistes des extrémistes de droite comme de gauche. Elle flatte les instincts populaires les moins nobles. Elle introduit dans les esprits le soupçon d'une présomption de culpabilité. Elle participe d'un procédé de délation. Elle est un instrument de haine sous couvert d'une intention de vertu. Elle tire encore un peu plus la France vers le bas.

Qu'il s'occupe donc de l'essentiel !

Selon une étude Viavoice, citée samedi par Le Figaro, 50 % des jeunes Français de 18 à 24 ans souhaiteraient vivre dans un autre pays que le leur. 36 % d'entre eux seulement croient dans l'avenir de leur pays, alors que 75 % croient dans l'avenir de l'Allemagne et 67 % dans celui des États-Unis. Ces chiffres sont les plus affligeants jamais publiés sur l'état moral de notre pays. À ce tableau dramatique, qu'opposent Hollande et les siens ? Quelles raisons d'espérer offrent-ils à cette jeunesse-là dont il avait pourtant fait sa priorité ? Quel exemple lui donne-t-il ? Quelle décision audacieuse et positive ? Réponse : l'obligation faite aux élus d'afficher leur patrimoine ! Une compétition misérable : le concours du plus pauvre ! À quel prix ? Une semaine perdue pour concevoir cette facétie. Combien de chômeurs de plus pendant ce temps, combien de dixièmes de point de déficit, combien de parts de marché en moins ? Qu'il s'occupe donc de l'essentiel ! Quel aveu d'impuissance dans cette malfaisance !
La France désespère et le monde rigole. Qui donc est cet homme-là ? Quelle ligne politique est donc la sienne, quelle cohérence ? Finalement toutes les gauches se réunissent et se résument en lui, depuis la Révolution jusqu'à nos jours, il les touille dans une grande marmite où chacun des siens retrouve un jour un résidu de son courant pour le perdre de vue le lendemain. Il est l'homme de la synthèse, le dénominateur commun, c'est-à-dire la marmelade. Il l'était déjà "en tant que premier secrétaire du Parti socialiste". Visiblement il l'est resté en tant que "moi, président de la République".
Or l'heure n'est plus à la synthèse. Elle est au choix. Il se dit social-démocrate. Alors qu'au moins il assume la social-démocratie ! Il n'a vraiment jamais assumé qu'en matière fiscale, et avec le talent que l'on sait ! Pour le reste, ce ne fut et ce n'est que bidon, défausse, frime, zigzag et compagnie. Le peuple en a marre de ces simagrées, de ce bricolage, de ces feintes perpétuelles ; il va se fâcher.