L'intervention de l’État dans l'économie est néfaste. Il y a ce qu'on voit, ce qu'on ne voit pas et, surtout, ce qu'on subit.
Le groupe Arcelor-Mittal a cédé aux pressions du gouvernement et consenti à maintenir l'activité de ses hauts-fourneaux de Florange, mais réduira apparemment la voilure sur d'autres sites.
Une conséquence de toute intervention de l’État dans l'économie, qui
modifie l'allocation des ressources – rarement pour le meilleur.
L’État cherche le plus souvent à intervenir pour allouer les
ressources des autres là où ses agents pensent qu'elles seront les plus
utiles. Il donne à l'utilité des sens variables, qui vont de la création
de champions industriels au financement d'une économie propre en passant par le soutien à l'investissement vraiment productif de l'économie réelle (celle qui a besoin de l'argent du contribuable pour espérer être compétitive) – sans oublier le financement d'une presse déjà largement subventionnée par ceux qui génèrent la majeure partie de leur trafic en ligne.
En bref, les agents de l’État et les hommes politiques se sentent
investis d'une mission et dotés d'une lucidité qui justifient qu'ils
décident où et comment l'argent doit être investi et dépensé, et
déploient pour cela un arsenal de taxes, lois et autres mesures.
Dans le cas présent, le maintien en activité d'un site d'ArcelorMittal, super succès d'Arnaud Montebourg qui l'a conduit à demander sa démission, menace un autre site, situé sur le fief de Jean-Marc Ayrault. C'est ce qu'il se passe à chaque fois que l’État intervient : il y a ce qu'on voit, et ce qu'on ne voit pas.
Ce qu'on voit, ce sont les conséquences directes de l'intervention de
l’État : des emplois créés ou sauvés, la richesse créée... Ce qu'on ne
voit pas, ce sont les emplois et la richesse que l'argent aurait pu
générer s'il avait été alloué autrement. Or, cette richesse aurait été
au moins aussi importante : le marché alloue les ressources de la façon
la plus rentable possible puisque les individus qui investissent le font
a priori en cherchant la meilleure rentabilité. Avec ses préoccupations
"autres", comme un "intérêt général" qu'il est le seul à percevoir,
l’État détruit donc de la valeur avec sa grosse main bien visible, que
ce soit en biaisant les calculs des agents économiques ou en imposant, purement et simplement, ses décisions.
Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est que l'économie française est au plus mal, que les recettes de l’État
ne lui suffisent pas, qu'il est incapable de réduire les dépenses et
qu'il sera difficile de désendetter le pays. Ce qu'on ne semble pas
voir, c'est qu'il existe une solution rationnelle, logique et éprouvée pour résoudre les problèmes de l’État français : la liberté.
On peut aussi décider de ne pas résoudre des problèmes dont on n'est pas responsable (même si on essaie de nous en faire porter le chapeau) et dont on a aussi souvent que possible dénoncé les causes. Mais quoi qu'il en soit, il ne faut pas abandonner le champ des idées à ceux qui veulent, pleins de bonnes intentions, empêcher les individus de poursuivre leurs buts propres.
mardi 4 décembre 2012
Déshabiller Jean-Marc pour habiller Arnaud
Les séparatismes ramènent l’Europe au Moyen-Age
Catalans, Ecossais, Flamands… L'Europe de l'Ouest succombe à
son tour aux sirènes du séparatisme. Pour l'essayiste bulgare Ivaïlo
Ditchev, les nouveaux nationalistes se retranchent tels les seigneurs
féodaux derrière leur bien-être économique, sous couvert de défendre
leur identité.
On lance l'idée d'une autonomie substantielle de Sofia, la capitale bulgare, avec pour objectif ultime son détachement du territoire national. Pour ce faire, nous mobilisons une cohorte d'historiens médiatiques pour prouver – par exemple – les racines celtes de la ville tombée sous la coupe d'envahisseurs du Nord, responsables du massacre de milliers de chrétiens paisibles et innocents. L'Histoire est vaste, les sujets ne manquent pas !
L'indépendance de Sofia du reste du pays, économiquement bien moins développé, entraine automatiquement une hausse de la prospérité de ses habitants – de 37 % de la moyenne européenne leurs revenus atteignent les 70 % et, avec l'exclusion habile des quartiers roms de la ville, même les 100 %. Il ne nous reste plus qu'à proclamer notre capitale "le Luxembourg des Balkans". Facile !
Il en sera de même si la ville de Munich entreprend elle aussi un jour de se libérer du "joug" allemand ; idem pour Londres. Dans ce cas les revenus de leurs habitants atteindront des chiffres astronomiques : de 300 % de la moyenne UE pour les uns, jusqu'à 600 % pour les seconds !
Une soif d'indépendance intéressée
Qu'est-ce qui peut empêcher les riches de se libérer du poids de leurs concitoyens plus pauvres ? Rappelons-nous qu'à la chute de l'Empire ottoman, les Balkans se sont enfoncés dans une crise longue de plusieurs dizaines d'années. Tout au long du XIXème siècle, par exemple, l'économie grecque était sous perfusion des grandes banques internationales – exactement comme aujourd'hui. Des ruines de l'empire austro-hongrois est né un petit pays agraire, provincial et folklorique – l'Autriche. Du temps de leur splendeur, ces entités possédaient de vastes territoires contrôlées par l'Etat central – une source de matières premières et de main d'œuvre à qui l'industrie vendait en retour ses produits.Un échange qui demandait une bonne dose de solidarité : les riches consacraient une partie de leurs revenus pour instruire ses futurs employés, construire des routes, défendre les frontières du pays. Tout cela n'est plus de mise aujourd'hui : si Sofia déclare son indépendance, elle n'aura pas ce genre de préoccupations. L'économie est désormais globale et la sécurité est assurée par l'Alliance atlantique. Plutôt que d'acheter ses tomates à Plovdiv (sud), la ville pourra le faire à Izmir (en Turquie) ; plutôt que d'embaucher des conducteurs de trams à Vidin (nord), elle pourra employer des Indiens de New Delhi.
La construction identitaire, même fantasmagorique, a son importance – certes. Mais elle est surtout un moyen dans la lutte pour le pouvoir et les ressources économiques. A la différence de Sofia, la Catalogne possède réellement une histoire millénaire, une culture et même une langue qui lui est propre. Mais l'argument le plus sérieux des indépendantistes reste le fait que cette région est sensiblement plus riche que le reste de l'Espagne : les séparatistes gagnent la sympathie des électeurs grâce à leur refus de payer pour les autres.
En comparaison, les indépendantistes basques, qui n'hésitent pas à employer la force et la terreur, semblent bien plus déterminés dans leur lutte contre Madrid. Mais leur indépendance me semble bien plus éloignée que celle de leurs compatriotes catalans pour la simple raison qu'ils sont bien plus pauvres. Le topo est à peu près le même en Ecosse qui se prépare d'ici deux ans à organiser un référendum sur l'indépendance. Là aussi, nous avons une vieille histoire, des différences culturelles et les dégâts de l'impérialisme britannique – bref tout l'arsenal identitaire nécessaire à appuyer ce mouvement de séparation.
Mais est-ce que cette soif d'indépendance serait la même si on n'avait pas trouvé en Mer du Nord des gisements de pétrole capables de faire de l'Ecosse une deuxième Norvège – un pays qui, par ailleurs, refuse obstinément d'adhérer à l'UE ? En comparaison, le nationalisme irlandais est plus ancien, sanglant même. Mais la majorité des Irlandais du Nord s'est régulièrement prononcée contre leur indépendance.
Une logique néolibérale destructrice
Les Flamands de Belgique demandent également leur indépendance à
cause de l'appauvrissement de leurs compatriotes wallons dans les années
1970. Peut-être la seule chose – à part le roi, la bière et le foot –
qui fait que ce sympathique petit pays existe encore est la ville de
Bruxelles, que les deux entités n'arrivent pas à se partager. Sinon, le
processus de désintégration est bien avancé et la plupart des Belges que
je connais se sont faits à l'idée de voir un de ces jours leur pays
disparaître. Le nationalisme corse, beaucoup plus bruyant, a en revanche beaucoup moins de chances d'aboutir, car il est peu probable que la population de l'Ile de beauté (où l'on incendie tous les étés des villas d’"intrus français") renonce aux généreuses subventions et autres avantages prodigués par la métropole.
Comment se fait-il que l'Europe de l'Ouest succombe à son tour aux séparatismes et à la désintégration à l'œuvre à l'Est du continent ? Est-ce qu'il faut en chercher la raison dans la politique irresponsable des régionalismes prônée par l'UE ? Cette politique avait pour but d'affaiblir les Etats nationaux au profit de Bruxelles. L'idée a échoué car les Etats ont bien été affaiblis, mais Bruxelles l'a été encore davantage.
Selon moi, la raison principale de la désintégration des territoires nationaux est la logique néolibérale pour qui le profit économique immédiat reste le critère unique et universel. Et c'est ainsi qu'un pays, une région ou même une ville se prennent pour des entreprises et agissent de manière égoïste sur le marché global. L'aspect visible de ce processus est le durcissement du discours identitaire qui devient plus agressif, voire fascizoïde. Des Britanniques de plus en plus anti-européens, des Allemands qui ne veulent pas payer pour les frasques des Grecs…
Les députés PS votent "l'amendement le plus cher de la cinquième république"
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| Maman ! A peur du monsieur Frankenstein !!!! |
Des sous amendements PS qui ne tiennent pas la route, techniquement
Les députés de la commission des finances ont adopté quelques sous amendements, à ce dispositif phare du plan compétitivité qu'est le CICE, lesquels devraient recevoir l'aval du gouvernement. Ainsi, les entreprises auront une obligation de transparence -les dirigeants devront expliciter l'utilisation du crédit d'impôt- et ne pourront pas utiliser le CICE pour augmenter les dividendes ou les rémunérations des dirigeants. Mais comment savoir si de telles augmentations sont financées par le CICE ou grâce à une hausse des bénéfices par ailleurs ? Assurément, ces amendements ne tiennent pas vraiment la route, techniquement. Un élu PS, membre de la commission des finances, en pointe sur ce dossier, l'admet bien volontiers ; « ce sont des amendements littéraires, à ce stade ». Sans grande portée, donc. Les parlementaires vont donc avant tout voter le dispositif de CICE annoncé par Jean-Marc Ayrault.
Juncker quittera la tête de l'Eurogroupe à la fin de l'année
Le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker,
a confirmé lundi vouloir quitter la présidence de l'Eurogroupe "d'ici
la fin de l'année ou le début de l'année" 2013, et a demandé aux
ministres des Finances de la zone euro de lui chercher un remplaçant.
"Lors de la reconduction de mon mandat, j'avais dit que je partirai (à
ce moment-là). J'ai donc demandé aux membres de l'Eurogroupe de chercher
un autre ministre" pour me remplacer, a affirmé Jean-Claude Juncker
lors d'une conférence de presse, au terme d'une réunion de l'Eurogroupe.
"Il n'est pas temps de spéculer" (Moscovici)
Le ministre français, Pierre Moscovici, interrogé lundi soir sur la possibilité que lui-même assure cette fonction en tandem avec Wolfgang Schäuble, a répondu : "c'est une chose que nous examinerons". Il a expliqué qu'il était "important que la France et l'Allemagne soient d'accord" sur ce point. "Nous devons examiner de manière collective qui sera le successeur de Jean-Claude Juncker", et "le choix sera délicat", a-t-il reconnu au cours d'un point de presse. "Il n'est pas temps de spéculer sur un successeur", a ajouté Pierre Moscovici, qui a rappelé que la décision devrait être prise d'ici fin janvier. Le choix ne se fera "pas forcément" parmi les ministres des Finances actuellement en poste, a-t-il encore indiqué.
Pierre Moscovici avait plaidé un peu plus tôt devant la commission des Affaires économiques du Parlement européen pour la création d'un ministre des Finances de la zone euro. Vendredi, sur le même thème, il avait estimé qu'il faudrait "à moyen terme (...) incarner la zone euro dans un ministre qui doit pouvoir, d'une façon ou d'une autre, affronter la sanction du vote des citoyens". "La présidence de l'Eurogroupe est une fonction qui doit évoluer", avait-il ajouté.
La SNCF durcit le ton contre les incivilités
Quarante-cinq euros pour avoir laissé traîner ses pieds sur la
banquette ! Confrontée à une hausse des comportements irrespectueux, la
SNCF muscle son arsenal de sanctions.
Parce que « les bornes sont dépassées », Guillaume Pepy, le président de la SNCF,
a lancé hier un vaste dispositif de lutte contre les incivilités. Un
plan — dont le coût reste secret — en trois temps qu’il résume ainsi :
« prévention, action, répression ».
Le non-respect des règles, des voyageurs, des personnels et du
matériel connaît en effet une explosion qui a contraint la compagnie à
prendre le problème à bras-le-corps : « + 25 % » pour l’année 2012,
avoue la SNCF sans plus de détails.
Du crachat aux injures à l’encontre des contrôleurs, en passant par les
chaussures sur les sièges, les signaux d’alarme tirés sans raison, les
portes de train bloquées pour empêcher le démarrage… les quatre millions
de voyageurs transportés chaque jour voient souvent leur quotidien
empoisonné sur les lignes. Quant aux salariés de l’entreprise, ils
multiplient les arrêts maladie quand ils ne s’effondrent pas en pleurs
devant leur DRH, assure la direction de la société.
Il fallait donc agir. Le « travail de longue haleine » engagé il y a un an sur ce thème, s’est déjà soldé par une aggravation des sanctions encourues. Bientôt, un nouvel arsenal va donc être déployé. Deux mille sept cents cheminots seront spécialement dédiés à verbaliser les comportements abusifs. Le dispositif prévoit un surplus de personnel dans les rames, « notamment en Ile-de-France, Paca, Rhône-Alpes et Pas-de-Calais », confie le président. La SNCF admet par ailleurs qu’elle doit aussi balayer devant sa porte pour ne pas susciter les incivilités : « Apporter aux voyageurs une information claire sur leur implication dans les retards permet aussi d’éviter les désagréments », souligne ainsi Fabrice Michel, porte-parole de la Fédération des usagers des transports. Reste à savoir si le dispositif dévoilé hier sera suffisant pour renverser la vapeur. « Ne rien faire serait pire », insiste-t-on à la SNCF, qui espère créer un vrai « choc de citoyenneté ».
Copé veut rester à la tête de l'UMP jusqu'en 2014
L'ex-secrétaire général de l'UMP, qui se juge légitimement élu pour trois ans, propose de remettre son mandat en jeu après les élections municipales de 2014.
L'ancien Premier ministre, qui conteste un vote selon lui entaché d'irrégularités, juge cette échéance trop lointaine.
Selon son entourage, il est cependant prêt, comme l'y a invité Jean-François Copé, à rencontrer celui-ci lundi, à la veille d'une échéance décisive pour l'avenir du parti.
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| Copé ce sombre arriviste |
François Fillon a en effet annoncé la semaine passée la création d'un nouveau groupe parlementaire si un nouveau vote des militants n'était pas organisé dans les trois mois.
Or, Jean-François Copé a rejeté dimanche ce calendrier : "Relancer une élection interne avant les élections municipales serait une folie", a-t-il lancé lors d'une réunion publique avec des militants à Nancy, dans l'est de la France.
Selon la presse, mardi est également l'échéance fixée par l'ancien président Nicolas Sarkozy pour que les deux hommes trouvent une issue à la crise, faute de quoi il sortirait de son silence pour distribuer publiquement les blâmes.
CHATEL JOUE L'APAISEMENT
Le principal parti de la droite française, qui se déchire depuis 15 jours au point d'en oublier son rôle d'opposant, avait paru dimanche sur la voie de l'apaisement, après une initiative du lieutenant de Jean-François Copé.
Dans une interview au Journal du Dimanche, Luc Chatel, s'est rallié à l'idée d'un nouveau vote pour trancher ce conflit, qui désespère élus et adhérents de l'UMP.
L'ex-ministre de l'Education a proposé que les équipes de Jean-François Copé et de François Fillon se retrouvent dès lundi matin en groupe de travail pour réfléchir à l'organisation de ce nouveau vote et à une révision préalable des statuts de l'UMP.
Sans révision des statuts, "les mêmes causes produiront les mêmes effets", a-t-il fait valoir sur Radio J. "Ce spectacle non seulement est pathétique mais en plus, s'il va au bout, il nous garantit d'être dans l'opposition pour vingt ans !"
Pour Luc Chatel, il faut "coûte que coûte" empêcher la scission du groupe parlementaire. Sinon, "il y aura deux partis à terme, deux candidats à la présidentielle (de 2017) et (la présidente du Front national) Marine Le Pen au deuxième tour."
En déplacement à Royaumont, dans le Val-d'Oise, François Fillon a saisi cette main tendue. Il a ainsi déclaré que ses collaborateurs étaient prêts à rencontrer dès lundi ceux de son rival pour réfléchir aux modalités d'un nouveau scrutin.
"Dès lors que nous aurons l'assurance que ce vote pourra être organisé et piloté dans des règles d'impartialité indiscutables et dans un délai raisonnable, nous mettrons fin au groupe parlementaire que j'ai créé et aux procédures qui ont été engagées", a ajouté l'ancien Premier ministre.
Il faisait notamment allusion à une plainte en justice pour irrégularités, visant à faire annuler l'élection interne.
LE RÉFÉRENDUM EST DE RETOUR
Mais Jean-François Copé a de nouveau refroidi les espoirs d'issue rapide de la crise en ressuscitant une proposition de référendum interne - solution tentée en vain la semaine passée.
Cette fois, il ne s'agirait pas pour les militants de dire s'ils veulent revoter ou non mais de répondre à deux questions.
La première porterait sur la réforme des statuts du parti pour lui permettre de "fonctionner efficacement, y compris en situation de crise", a expliqué le député-maire de Meaux.
"La deuxième proposition que je veux soumettre à votre jugement par référendum est la suivante", a-t-il poursuivi : "Je vous propose de remettre à la disposition des militants mon mandat au lendemain des élections de 2014."
Outre les municipales, sont prévues cette année-là les sénatoriales et les européennes.
Jean-François Copé a aussi estimé que celui qui présidera l'UMP en 2016 ne devrait pas être candidat à la primaire qui désignera le champion du mouvement pour la présidentielle de 2017. Et il a souhaité qu'il soit mis fin "sans délai (...) à l'aventure mortifère d'un groupe dissident" à l'Assemblée.
Réponse de François Fillon par voie de communiqué : il s'est félicité du "consensus autour du principe d'un nouveau vote" mais a exigé qu'il ait lieu "dans les délais les plus brefs".
Il a demandé la réunion dès lundi du Comité des sages de l'UMP pour en étudier les modalités et lancer la réflexion sur de nouveaux statuts.
L'entourage de Jean-François Copé estimait dimanche soir que ce Comité des sages n'était "pas fait pour ça" et qu'il était en tout état de cause impossible de le réunir aussi vite.
Quant à une réunion des équipes des deux hommes, proposée par Luc Chatel et acceptée par François Fillon, elle ne semblait pas encore décidée dimanche en début de soirée.
Le temps des bombinettes
Les coulisses obscures de l'Arche
lundi 3 décembre 2012
Le "sexe", produit culturel ou donnée naturelle ?
Qu'est-ce que cette "théorie du genre" qui vient de faire
irruption dans le débat public à l'occasion des remarques présentées par
le Grand Rabbin de France pour dénoncer le "mariage homosexuel" ?
Si les gender studies lui sont antérieures, la théorie du genre ne se donne un soubassement idéologique cohérent qu’avec Trouble dans le genre, l’ouvrage séminal que publiait, en 1990, l’universitaire américaine Judith Butler (éditions La Découverte, 2005).
Dans ce livre, frappant par l’audace et l’originalité de sa construction, Butler se propose de retracer la généalogie — au sens nietzschéen — des catégories de sexe et de genre. Selon la représentation classique, le sexe est une constante biologique universelle qui structure les genres masculin et féminin, genres dont le contenu varie d’une société et d’une époque à l’autre. Par exemple, ce qui est "féminin" dans l’Occident du XXIe siècle n’a que peu de rapport avec le "féminin" médiéval ou celui des islamistes contemporains. Demeure le même substrat biologique : le sexe.
Pour Judith Butler, tout cela n’est qu’illusion. Le sexe n’est pas une donnée de nature, mais le produit culturel du genre. C’est la culture qui engendre notre concept de sexe. Or, cette culture est dominée par des représentations arbitraires sur le sexe, que sont l’hétérosexualité et le phallogocentrisme (c’est-à-dire la domination masculine), deux choix parmi une infinité d’autres choix possibles.
C’est par le tabou de l’inceste — qui, selon Butler, présuppose le tabou de l’homosexualité — que le pouvoir hétérosexuel et phallogocentique assure sa propre perpétuation :
C’est parce que toutes les cultures cherchent à se reproduire, et que l’identité sociale propre à chaque groupe de parenté doit être préservée, que l’exogamie est instituée, et tel est aussi le cas de l’hétérosexualité exogamique qui en est le présupposé. Par conséquent, le tabou de l’inceste ne fait pas qu’interdire l’union sexuelle entre les membres de la même lignée ; il inclut aussi un tabou de l’homosexualité.Telle est la généalogie du genre.
Bien sûr, la théorie de Butler se heurte à un mur d’objections, parmi lesquelles la nature du lien entre hétérosexualité et phallogocentrisme, que Butler présente comme allant de soi, alors que l’histoire nous offre maints exemples de communautés qui furent tout à la fois hétérosexuelles et pas du tout phallogocentriques (Mosuo de Chine, Berbères, Touaregs, Minangkabau, premiers Crètois, Hopi, etc.). Aussi, Butler estime que tout est acquis — rien n’est inné — et tout est langage : nous ne pouvons nous libérer de son emprise, or ce langage est profondément empreint de la marque du pouvoir dominant. Raison pour laquelle elle en appelle, contre le pouvoir dominant et pour se soustraire à l’empire de ses catégories langagières, à la mise en œuvre de stratégies fondées sur des pratiques, des pratiques concrètes, notamment sexuelles, pour "défaire le genre". Mais quel est la statut de ces pratiques, dès lors qu’à en croire l’auteur, le langage est notre seul accès à la réalité ? De même, quel crédit accorder à la revendication butlérienne de libre-arbitre, si nous sommes tout entier déterminés par la culture qui nous imbibe de ses catégories ?
Surtout, et bien qu’elle y mette tout son talent, Butler ne parvient qu’incomplètement à s’abstraire du substrat biologique. Son livre prend parfois des tours comiques, par exemple lorsqu’elle se dit stupéfaite que la recherche scientifique fasse encore droit à des critères aussi ridicules que la présence d’un pénis, quand il s’agit de déterminer le sexe d’un individu. À plusieurs reprises, Butler concède en passant que le champ des possibles culturels, dans le domaine du sexe et autres, est circonscrit par la biologie. Ainsi lorsqu’elle mentionne, sans la récuser, la notion d’individu anatomiquement mâle ou femelle. Cette concession en passant n’est pas un détail, elle contredit la théorie du genre. Car de deux choses, l’une : soit le sexe est tout entier engendré par la culture (modèle du genre), soit il est prédéterminé par la biologie (modèle classique).
On invente tous les jours des théories sans envergure ni intérêt. La théorie de Judith Butler ne se range certainement pas dans le même rayon. La question qui se pose plutôt, dans son cas, est de comprendre pourquoi Butler, qui tenait si manifestement une ligne de recherche valable et féconde, a cru devoir en absolutiser l’argument, au point de gagner un créneau qui, intellectuellement, n’est pas tenable.
Le prix que Butler est prête à faire payer à la société pour ses souffrances personnelles semble sans limite, puisqu’elle en appelle à démâter les tabous de l’homosexualité et de l’inceste pour "défaire le genre". Dans le cadre de sa théorie, l’un ne se conçoit pas sans l’autre, puisque le tabou de l’homosexualité est présupposé, on l’a vu, par celui de l’inceste. On ne peut atteindre le premier, qu’en dissolvant le second. Aucun problème, selon Butler, qui célèbre, avec Michel Foucault, les plaisirs buissonniers de l’échange sexuel intergénérationnel.
Telle est la généalogie de la théorie du genre, et le terme inexorable de son programme.
Florange ou l'évidente panique gouvernementale
La semaine passée, assez agitée sur le plan économique, a été
l'occasion de mesurer exactement la compétence et la détermination du
gouvernement. La conclusion qu'on peut tirer est sans appel : les
curseurs sont diamétralement opposés puisque tout indique que ses
membres déploient une détermination sans faille à prouver leur totale
incompétence.
Au premier rang de ces intrépides fanfarons qui se lancent ainsi à
l'assaut de problèmes qu'ils ne maîtrisent pas, d'autant plus facilement
que ce ne sont ni leurs vies, ni leur argent qui sont en jeu, on trouve
évidemment le bouillant Arnaud Montebourg d'Arceylör qui a, encore une
fois, montré l'étendue de sa suffisante frétillance avec sa gestion des
déboires du site industriel de Florange.
Grâce à une série de piques sorties de façon répétée contre le patron
indien, Lakshmi Mittal, Montebourg a ainsi durablement réussi à agacer
les Indiens vis-à-vis de la France, ce qui était une manœuvre aussi
habile qu'indispensable au moment où le pays s'apprête à leur vendre --
enfin ! -- ses Rafales. On appréciera l'ironie mordante de certains journaux
étrangers qui notent que pendant que l'Europe en crise fait tout pour
attirer les investisseurs étrangers, la France et son ministre au
maroquin à rallonge fait tout pour les repousser aux frontières.
Peut-être le preux chevalier de l'acier franchouille n'avait-il plus en
mémoire que la France a, avec l'Inde, un partenaire et des débouchés
commerciaux très importants ; si se mettre à dos un cinquième de la
population mondiale n'est pas une mince affaire, c'est en tout cas un
défi que le ministre du dressement reproductif semble s'être imposé.
Les consternantes vitupérations du ministre contre le patron indien
n'ont d'ailleurs pas constitué le seul affichage des capacités d'Arnaud
pour fusiller un dossier puisqu'il a, dans la foulée, proposé une
nationalisation du site. Là encore, je le rappelle, ce n'est pas avec
son argent qu'il joue et peut donc se permettre une libéralité
d'autant plus grande, même si celle-ci est plus que probablement
anticonstitutionnelle et/ou en contradiction avec les traités
internationaux et européens signés par la France.
Et comme prévu, sa proposition ridicule n'a pas manqué de lui exploser au museau.
Son discours ne pouvait être que dynamité par l'animosité évidente
qu'il peut déclencher à Bercy (où Moscovici ne peut pas le voir en
peinture), couplée avec l'indifférence (au mieux) ou l'agacement de plus
en plus visible d'un Ayrault qui n'arrive toujours pas, après plus de
six mois aux commandes, à tenir ses ministres. Au début, le premier
pouvait faire croire à une discrétion feutrée et un travail de fond. À
présent, il passe pour un petit instituteur de campagne dépassé par une
classe de cancres qui se jettent boulettes sur boulettes, Montebourg
loin d'être le dernier.
On notera la constance assez troublante avec laquelle ce dernier
persiste à raconter des bêtises et faire du vent en pure perte puisqu'il
aligne, depuis son accession au ministère créé pour lui, une assez
belle série de ratés minables et de soufflés voyants mais rapidement
dégonflés. Sans les lister tous, on se souviendra des réactions ulcérées
déjà déclenchées autour de lui, ici en France et dans le reste du
monde, lorsqu'il a décidé de nous gratifier de ses pensées profondes sur
les voitures coréennes, la direction de PSA, les performances de Free
et j'en passe. Le bon côté de l'affaire, c'est que chacune de ses
interventions est l'occasion pour notre diplomatie de développer de
nouvelles compétences et de s'agiter en coulisse pour calmer l'un ou
l'autre dignitaire étranger qu'il aura insulté sans même s'en rendre
compte...
"Sans même s'en rendre compte", parce que tout montre qu'en plus, le
personnage est complètement persuadé de faire un travail utile. Il
semble qu'aucun feedback ne lui soit jamais fourni, par personne, alors
qu'une tripotée de paires de claques s'imposent pourtant. Dès lors, il
peut déclarer sans sourciller :
«Si j'avais dû me sentir désavoué, je n'aurais pas été seul car plus de 63% des Français soutenaient cette proposition, qui est une sorte d'arme pour la puissance publique afin de se faire respecter.»Car oui, en effet, les Français, un peu bernés par les flonflons patriotiques du ministre et n'ayant aucune idée de ce que "nationalisation" veut vraiment dire pour les finances de l’État, approuvent à 59% l'éventualité d'endetter encore un peu plus leur progéniture pour sauver ce qui ne peut manifestement pas l'être. Au passage, ce comportement, qu'on peut largement qualifier d'irresponsable, est aussi partagé par une partie des députés qui ont le bon goût, pour une fois, de bien représenter cette partie naïve du peuple, pas avare des sous des autres :
«Il y a eu des parlementaires de tous les bancs, des anciens ministres sarkozystes, de Jacques Chirac, qui ont soutenu cette proposition. Il y a eu une mobilisation patriotique en faveur du sauvetage de l'acier français.»Mais oui, Arnaud, il y a eu mobilisation patriotique dans ta tête : le petit chimpanzé qui y faisait du vélo et des cymbales a arrêté de les frapper l'une contre l'autre pour rejoindre le piquet de grève du panda en collants mauves, c'est assez clair.
La réalité, malheureusement, est moins tranchée : d'une part, la majorité des Français sont mécontents de la politique actuelle du gouvernement. Le fait qu'elle soit illisible joue beaucoup dans ce score, et l'agitation cosmétique des uns et des autres, suivis d'une absence pathétique de résultats, ajoute à l'agacement du peuple, à l'évidence. D'autre part, tout le monde sent confusément l'incompétence des zigotos qui s'agitent dans le poste de télévision.
Comment ne pas comprendre que les dirigeants actuels sont dépassés lorsqu'il y a besoin, pour occuper le terrain médiatique pourtant fort encombré des déhanchements épileptiques de Montebourg, de faire monter au créneau une ministre de l’Écologie incolore, inodore et sans saveur, l'excipient q.s.p. parité du gouvernement ? Pourquoi Delphine Batho s'est-elle exprimée sur un dossier comme celui de Mittal, et surtout pour ajouter un tâcle supplémentaire dans les gencives du patron indien ? Quel était le but recherché ? Comment interpréter autrement qu'en MégaBordel©™® le communiqué de presse de Matignon et l'allocution du Premier qui oublie carrément son ministre ? Qui peut encore porter cette cacophonie au crédit de cette brochette de clowns ?
Peut-être s'agissait-il pour ce gouvernement de camoufler le fait que les petites affaires africaines de l'ancien colonisateur continuent de plus belle, la Françafrique s'étant muée en Pompafrique depuis un petit moment, quand bien même l’État français est maintenant aussi lessivé que ses partenaires de magouilles. On apprend en effet que, pendant que Montebourg enfilait les perles sur Mittal, Moscovici signait assez discrètement à Abidjan avec le gouvernement ivoirien un contrat de "désendettement-développement" de 630 millions d'euros sur la période 2013-2015, pour un total, sur une durée de 15 à 20 ans, de 2,85 milliards d'euros, une somme qui provient, par on ne sait trop quelle tubulure ou quelle imprimante survitaminée, de la récente annulation quasi-totale de la dette ivoirienne à l'égard de Paris.
Là encore, comment ne pas voir que Moscovici va déclencher autant de dégâts que Montebourg (avec certes moins de panache) ? Cela fait maintenant plusieurs décennies qu'on peut mesurer les effets réels de l' "aide" de la France en Afrique ; d'ailleurs, c'est assez bien résumé dans l'excellent ouvrage de Dambisa Moyo, l'Aide Fatale. Bien sûr, on comprend que, derrière ces programmes et le petit crobard officiel de Moscovici au nom d'un état exsangue, se cachent des intérêts économiques et financiers colossaux, dont la partie émergée est cette petite saillie du ministre de l'Economie, concernant la (méchante) concurrence chinoise en Afrique ... Eh oui : malgré les rivières de pognon du contribuable français, les Africains préfèrent le commerce avec les Chinois.
Ici, Moscovici reproduit le même schéma mental que Montebourg, et leurs prédécesseurs, avec les mêmes résultats à la clef, dans quelques années : d'un côté, on subventionne à mort, et de l'autre, on pleurniche bruyamment lorsque les entreprises s'en vont une fois les subventions asséchées, en faisant fi de tout nettoyage des environnements fiscaux et juridiques, pourris par des décennies d'instabilité, d'arbitraire et d'incompétence des décideurs. Pourtant, ils sont la base de la création et du développement sains de l'industrie et du commerce. Mais nos clowns n'en ont cure : ils s'inscrivent dans l'immédiat, réagissent par la panique ou l'obstination idiote là où une prise de recul s'imposerait.
Montebourg, comme Moscovici, comme tous les autres, mènent le pays à sa ruine.
Des mamans se transforment en Pin-up pour un calendrier
«Comme toutes les associations de parents d’élèves on cherche des idées pour récolter des fonds», a expliqué Catherine Prévost, vice-présidente de l’association des parents d’élèves «Transparents».
Réalisé par
le photographe parisien Martin Raphaël Martiq, qui évolue habituellement
dans les milieux homosexuels parisiens et a mis son talent bénévolement
au service de l’association, le calendrier 2012 a rapporté «au-delà des
nos espérances, on a pu organiser pour les élèves des activités en plus
qui n’étaient pas prévues au programme», explique Mme Prévost.«Face au succès il fallait que l’on réédite l’aventure», assure-t-elle. Et cette année ce sont donc les mamans, des «mères de famille et femmes assumées», qui ont relevé le défi, avec un calendrier«Pin-up» très soft dans le style américain des années 1950.
Dans un style glamour, les photos restent légères et humoristiques, une expérience pour laquelle «nous avons pris beaucoup de plaisir», assure la vice-président, miss décembre du calendrier 2013.
Les calendriers seront mis en vente (10 euros) samedi prochain à l’occasion du marché de Noël de Port-Louis (plus de 2.800 habitants), près de Lorient, et sur internet (www.facebook.com/transparents.portlouis).
La démocratie sociale en jeu
C'est dire si les accords sur la sécurisation de l'emploi, expérimentés en France dans l'automobile et en vogue en Allemagne, sont de la plus haute importance. De quoi s'agit-il ? D'offrir davantage de souplesse aux entreprises et de protection aux salariés. S'il n'est pas censé réparer les dégâts accentués par la crise, le défi de la flexibilité vise à ajuster travail et salaires à la conjoncture. Bref, à adapter, collectivement, la France à la mondialisation.
Normal qu'il y ait des tensions autour du volontarisme du patronat sur le sujet tant le cadre des licenciements individuels et collectifs, la taxation des contrats courts restent, aussi, des sujets interdépendants et clivants. Ça ferraille donc dur autour de la table des négociations. Et ça coince sur fond de dogmes savamment partagés.
Pourtant, le dialogue doit aller, plus que jamais, de pair avec le dynamisme économique et le progrès social, au prix d'efforts justes et équilibrés. À l'image de l'esprit très « responsable » des relations qui prédomine outre-Rhin entre syndicats, entreprises et puissance publique. Un esprit qui a manqué dans la gestion du dossier ArcelorMittal.
Un « compromis historique » ?
Contrairement à l'agenda imposé par le président de la République, il semble déjà acquis que la négociation, mal partie, ne débouchera pas avant la fin de l'année. Débordera-t-elle en janvier, février ? Continuer à jouer la montre ou prendre le risque de l'immobilisme serait suicidaire. Pour une simple et autre bonne raison : le cadre de ce rendez-vous, ô combien important pour l'avenir des relations sociales dans le pays, dépasse son contenu. Pour la première fois, patronat et syndicats discutent en amont, là où l'habitude veut que l'État décide seul. C'est dire si cette chance donnée à une nouvelle démocratie sociale ne supporterait pas l'insuccès. Les partenaires sociaux le savent qui jouent, là, rien de moins que leur légitimité.
Reste que la CGT, qui, à sa tête, a perdu beaucoup de forces dans une guerre de succession sans pitié, est au frein. Que, comme elle, FO a prévenu, tout de go, qu'elle rejetterait tout ce qui vise à donner plus de souplesse aux employeurs. Que la CFDT, moins dogmatique, souhaite aller jusqu'au bout de la réflexion, mais pas à n'importe quel prix. Que le front patronal est loin, en réalité, d'être à l'unisson.
Dans ces conditions, trouveront-ils un « compromis historique », appelé de ses voeux par François Hollande ? Pas sûr. C'est pourtant ce qu'il faut souhaiter pour notre pays. Sans céder à la pression des agences de notation et des investisseurs internationaux qui ne doivent pas venir polluer le débat, l'exécutif a prévenu qu'il légiférera. En cas d'échec des négociations, plus contraignante pourrait alors être la loi. Dura lex ? Sed lex.
Pourquoi la gauche italienne va enfin changer?
La gauche italienne désigne dimanche son nouveau leader, devant départager Pier Luigi Bersani et Matteo Renzi.
Matteo Renzi, "le Tony Blair italien"
dimanche 2 décembre 2012
Messieurs les Anglais, ne vous tirez pas les premiers !
Et voici qu'ils deviennent europhobes. Selon un sondage, 56 % des Britanniques voudraient quitter l'Union européenne si un référendum était organisé sur le sujet. Avec un tel climat qui pèse sur sa majorité politique, le Premier ministre britannique, David Cameron, se montre intraitable et a fait capoter un sommet européen, la semaine dernière, sur le budget de l'Union : il voulait des coupes dans les dépenses. Coupes que ses partenaires n'ont pas acceptées.
Eh bien, qu'ils s'en aillent, entend-on désormais à Bruxelles et à Paris. L'Europe sans les Britanniques n'en fonctionnerait que mieux. Ne se sont-ils pas exemptés de la discipline commune en exigeant un opting out pour l'euro, pour les accords de Schengen, pour le traité de stabilité signé au début de l'année ? Dès qu'un nouvel accord européen est signé, c'est la guerre de Cent Ans pour négocier avec l'Angleterre. Quel que soit le sujet, elle veut rester une île et ralentit le rythme de l'intégration.
Étrange procès. L'Europe n'est-elle pas justement l'expérience de la différence, le patient travail de polissage des cultures qui a permis de dépasser le nationalisme et ses travers ? Qu'y aurait-il de plus ennuyeux qu'une Europe d'entre soi, de plus barbant qu'un congrès de sociaux-démocrates continentaux ? Et de plus coûteux, avec des hommes politiques français toujours prompts à lever l'impôt et à créer des postes de fonctionnaires ? Si les Britanniques n'étaient pas entrés en Europe en 1973, la bureaucratie aurait prospéré sans contre-pouvoir. Nous paierions déjà d'innombrables impôts européens au titre d'une prétendue solidarité qui n'est pas autre chose que le manteau de la paresse politique.
La querelle budgétaire illustre bien la plus-value britannique. Est-il normal que le budget européen continue à progresser, alors que les États cherchent partout des économies en ces temps de disette ? Est-il tolérable que l'argent public file sans contrôle à Bruxelles, alors que la Cour des comptes européenne a refusé de certifier le budget pour la dix-huitième année consécutive à cause de manquements dans l'exécution ? Alors que les exemples d'aberrations relevés par le comité d'experts Open Europe se multiplient : une maison close baptisée 7e Ciel qui touche une subvention de 54 000 euros, un Danois qui reçoit 100 000 euros pour construire une piste de ski sur une île plate où il ne neige qu'une fois par an, 411 000 euros attribués à un centre de remise en forme pour les chiens en Hongrie... Réjouissons-nous qu'il y ait encore des hommes politiques pour poser ces questions ingrates, qui n'intéressent pas la classe dirigeante française, tout à sa religion de la redistribution.
De façon plus fondamentale encore, une Europe sans la City de Londres ne serait plus qu'une puissance financière de second rang. Une Europe amputée de l'armée britannique serait moins crédible et écoutée qu'elle ne l'est aujourd'hui. Pour Paris, Londres est un partenaire militaire autrement plus puissant que Berlin. C'est, en Europe, le seul pays qui possède une industrie d'armement de premier plan, avec lequel la France peut mutualiser certains programmes. Ex-puissance mondiale et ex-empire, le Royaume-Uni est aussi l'un des rares pays qui restent, comme la France, attachés à une forme de souveraineté nationale. Sans cette grande île exotique qui a le nez planté dans l'Atlantique, la France serait plus seule en Europe.
Sarkozy, sabre de bois !
Tandis que d'aucuns rêvent de la mort du bipartisme, Nicolas Sarkozy s'agite. Mais que peut vraiment l'ancien président ? s'interroge Jacques-Alain Miller.
Retour à la IVe République
Nous évoquions la fin du cycle chiraco-sarkozyen qui domine à droite depuis 38 ans. Mme Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde, va plus loin. Elle annonce carrément "la fin du bipartisme". En clair, le décès de la Ve République, telle que nous la connaissons. On imagine. L'éclatement de l'UMP. Le rejet des extrêmes (Front de gauche, FN, UMP-Copé) à la périphérie du système. L'apparition d'un vaste marais médian, allant de Fillon à Hollande, en passant par Bayrou et Borloo. Ce serait en somme une "troisième force", comme on l'a connue sous la IVe République. Il est amusant de relever que son grand homme fut Henri Queuille, dit "le père Queuille". Si le centre de la France est en Gironde, comme Sollers le soutenait ici même, que dire de cette Corrèze d'où nous vient, après Queuille et Chirac, François Hollande ?Passions françaises
Cependant, le cercle qui mène le jeu sur le plan économique n'est pas libre, sur le plan parlementaire, de s'accomplir comme une "troisième force" qui serait l'alliance formelle des partis de gouvernement. Ce qui y fait obstacle, ce sont ces passions françaises dont Theodore Zeldin se fit l'historien. Sur les questions dites régaliennes et sociétales, vives sont nos querelles. Aux États-Unis, on les appelle culture wars, et elles ont joué leur rôle dans les résultats de la dernière élection présidentielle. Les guerres idéologiques ont toujours eu en France une belle vigueur. Elles en ont encore trop pour penser que le temps d'un "bas-les-masques !" général est arrivé. Le spectacle continue. Boum ! Boum !"Moins de lumière !"
Mais il est vraisemblable que, rue du Faubourg-Saint-Honoré, on rêve, on spécule sur l'émergence, au centre de l'échiquier, d'une troisième force qui serait une mare aux crocodiles sacrés, bien boueuse, telle qu'une chatte, si l'on peut dire, n'y retrouverait pas ses petits. L'éloge de la transparence est aujourd'hui une figure imposée. Pourtant, il y a des opportunités qui n'émergent que de situations peu claires. Et, merveille ! Il y a justement à l'Élysée un spécialiste de la conduite par temps de brouillard. Quand le soleil brille, il reste au garage ; c'est un as quand plus personne n'y voit goutte. La tradition veut que les derniers mots de Goethe aient été "Mehr Licht !", "Plus de lumière !" Tout indique que les souhaits de François Hollande vont à l'opposé. "Baisse un peu l'abat-jour, veux-tu ? Nous serons mieux", comme dit Paul Géraldy. Il a maîtrisé l'art d'avancer ses affaires à couvert de la confusion et de l'indécision. De plus, a-t-il confessé, il croit à sa bonne étoile. Comment lui donner tort quand la paralysie de l'UMP, la perspective de sa division et, dans tous les cas, son état présent de "foutoir" font faire un pas de géant à l'action qu'il médite ?Le prisonnier du Palais-Royal
Aujourd'hui
L'enjeu n'est nullement de savoir, comme le répètent les médias, si Copé et Fillon, l'un ou l'autre ou les deux, céderont avant mardi aux objurgations de Sarkozy. La seule question qui vaille est celle-ci : "Copé le gourdin" trouvera-t-il ou non, grâce à Sarkozy et au choeur des lamentations à l'UMP, la feinte pour faire sauter son arme des mains de Fillon ? On saura alors si ce n'était qu'un fleuret moucheté, une épée en carton-pâte. Le père Queuille avait cette phrase, qui fut reprise et popularisée par Jacques Chirac et Charles Pasqua : "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent." [Autre version : "qui les croient".] Le sage corrézien s'y connaissait en matière d'intersubjectivité logico-linguistique.C'est la Saint-Nicolas, c'est la fête à Nancy ! Copé sera là. À 18 h 15, il parlera. Restons connectés...
Les mariés de l'an douze
- Entre un homme et un livre. J'épouserais volontiers les deux plus beaux romans français du XXe siècle : Les communistes d'Aragon et Belle du Seigneur d'Albert Cohen. En grande pompe, c'est-à-dire sur beau papier.
- Entre une femme et un animal. Beaucoup de femmes préfèrent leur chien ou leur chat à leur mari : je ne saurais trop leur conseiller de divorcer de leur conjoint et de se présenter devant le maire afin d'officialiser leur union avec un animal de compagnie.
- Entre un vivant et une actrice morte. Je suis certain que beaucoup de mes amis cinéphiles n'auraient rien contre un mariage avec Françoise Dorléac, trop tôt disparue. Je m'engagerais volontiers avec Pascale Ogier, Catherine Jourdan, voire Dominique Laffin. Ou même Pauline Lafont.
- Entre deux soeurs. Ma femme préfère partir en vacances avec sa soeur plutôt qu'avec moi, et je la comprends : c'est plus simple de ne pas se fâcher avec quelqu'un de son propre sexe et de son propre sang qu'avec un énergumène dans mon genre.
- Entre un homme et une ville. La passion pour une ville nous anime parfois pendant toute notre vie. Woody Allen épouserait volontiers Paris. Éric Neuhoff passerait avec joie la bague au doigt à New York. Entre Belgrade, Brazzaville et Bangkok, qui choisirais-je pour épouse ? Belgrade, que je m'empresserais de tromper avec les deux autres.
- Entre une femme et un gâteau. Elle épouserait une religieuse si elle était gay et un Bavarois si elle était straight.
- Entre un homme et un alcool. On fêterait à la slivovitsa mes noces avec la slivovitsa. Je me demande si Michel Déon épouserait une vodka russe, polonaise ou suédoise. Frédéric Berthet, aujourd'hui décédé, se marierait illico avec Johnnie Walker. Qu'est-ce qui pourrait bien empêcher un mort d'épouser un homme qui serait une marque de whisky ? La tolérance ne doit pas rester qu'un mot.
- Entre une mère et son fils. On sait, depuis Freud et Proust, que c'est le couple parfait, n'était le petit problème de la différence d'âge. Il est temps que le législateur autorise cette union qui n'a que trop souffert, depuis des siècles, de la clandestinité dans laquelle on l'a obligée à se terrer.
- Entre un père et sa fille. Le couple de rêve. Dans ce sens-là, la différence d'âge est moins gênante. Le père est l'idéal masculin de la fille et vice versa : il est temps que la loi française prenne en compte cette évidence.
Retour au débat d’idées
Najat Vallaud-Belkacem : Liberté, Égalité, Sororité
Pour l'égalité des sexes, le gouvernement souhaite "agir sur les mentalités". Une revue des moyens de Najat Vallaud-Belkacem.
Quand la société ne répond pas aux objectifs des collectivistes, ils
cherchent à "agir sur les mentalités" avec des moyens pourtant très
matériels - et, accessoirement, liberticides.
Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, souhaite que les mentalités changent pour qu'hommes et femmes soient, enfin, égaux. Elle détaille l'arsenal de mesures prises pour favoriser cette égalité : gouvernance, éducation, sanctions. Le grand bond en avant du féminisme, c'est maintenant.
Une fois la petite leçon d'esquive donnée en transformant un jugement
des Français sur la lenteur de l'action gouvernementale en jugement sur
le niveau de leurs attentes, la ministre nous explique que "Tous les projets de loi font l'objet d'une étude d'impact sur l'égalité entre les sexes"
- oui, tous les projets de lois, qu'ils concernent l'automobile,
l'énergie, la grande consommation ou le travail. D'ailleurs, chaque
ministère dispose désormais d'un "haut fonctionnaire à l'égalité", et "Les ministres eux-mêmes ont participé à des séminaires de sensibilisation".
Certains ministres sont des féministes convaincus, comme Michel Sapin ou Aurélie Filipetti. Vincent Peillon s'est révélé un très bon partenaire. Il sait que la question de l'égalité entre filles et garçons est centrale dans la réussite scolaire. Le fait que les garçons décrochent en lecture au collège explique en partie la chute de la France dans le classement PISA de l'OCDE.La chute de la France dans le classement PISA ne s'explique bien sûr pas par un système scolaire qui touche le fond et que l'on veut pousser à creuser encore ; Vincent Peillon est décidément un très bon partenaire, qui fait primer l'égalité entre les sexes sur l'éducation. Ce qu'il faut également comprendre, c'est que l'égalité entre les sexes doit être imposée, parce que laisser les gens décider n'est pas une bonne chose (ils pourraient exprimer autre chose que ce que la ministre souhaite) :
En matière d'égalité professionnelle, nous travaillons à l'émancipation des femmes, mais aussi à ce que les hommes puissent mieux concilier leur vie professionnelle et personnelle. Ils le demandent.On ira donc sans doute alourdir un peu le code du travail, pour l'agrémenter de moyen d'émanciper les femmes et de permettre aux hommes d'avoir un vie plus équilibrée, qu'ils le veuillent ou non. La faute au sexisme, qui est partout et qu'on porte en soi dès l'enfance :
Tous les pays ont un fond de sexisme. Dès le plus jeune âge, on enferme les sexes dans des rôles préétablis. Ces représentations ont justifié pendant des années qu'on n'accorde pas le droit de vote aux femmes. Aujourd'hui, on continue à réduire le champ des possibles pour les filles. Elles réussissent mieux à l'école que les garçons : pourtant la moitié des femmes actives est concentrée dans 12 familles professionnelles sur 87.On réduit le champ des possibles pour les filles : avec leurs meilleurs résultats scolaires, elles choisissent les filières qu'elles veulent et apparemment, leurs aspirations sont concentrées sur quelques métiers : horreur ! On enferme les filles dans des rôles préétablis en les forçant à choisir à peu près librement ce qu'elles veulent !
Nous avons connu par le passé deux générations de droits des femmes. Après la seconde guerre mondiale, les discriminations ont été retirées des lois. Dans les années 1970, des droits spécifiques leur ont été accordés, comme la contraception et l'IVG. Nous sommes maintenant à une troisième étape. Pour obtenir l'égalité, il faut agir sur les mentalités.Étape 1 : fin des discriminations. Étape 2 : reconnaissance de droits spécifiques, liés aux spécificités du beau sexe. L'étape 3, c'est donc de supprimer toute différence entre hommes et femmes dans les faits alors que ces différences ne résultant plus que des comportements et choix individuels. Comment s'y prendre ?
En premier lieu à l'école. Un module de formation à l'égalité et à la déconstruction des stéréotypes sera obligatoire dans les futures écoles supérieures du professorat, et dans la formation des autres personnels de l'éducation. Les enseignants pensent de bonne foi qu'ils se comportent de la même façon avec les deux sexes, mais toutes les études montrent qu'ils créent plus d'interactions avec les garçons, développant chez eux davantage que chez les filles des qualités précieuses dans le monde du travail. Pour les élèves, un apprentissage de l'égalité sera mis en place de la fin de la maternelle à la fin du primaire. Il sera expérimenté dans cinq académies en 2013, puis généralisé en 2014. Enfin, l'éducation à la sexualité deviendra effective : il ne s'agit pas de parler de pratiques, mais d'apprendre l'égale dignité et le respect entre les sexes.Toues les études montrent que les enseignants interagissent plus avec les garçons et que les filles sont ainsi pénalisées dans le monde du travail, où elles auront sans doute, par désespoir, renoncé à lever la main pour solliciter l'attention de leur supérieur... Il faut donc apprendre aux enseignants à déconstruire les stéréotypes et soumettre aux élèves un apprentissage de l'égalité - et surtout, de la sexualité, pour leur apprendre la dignité et le respect. Mais le pire outrage fait aux femmes, c'est, bien entendu, le recours à la prostitution, c'est-à-dire leur laisser jouir librement de la propriété de leur corps :
Mon propos est abolitionniste. En résumé, la prostitution est une violence faite aux femmes et il faut la faire reculer. Évidemment, elle ne va pas disparaître totalement. [...] Je réaffirme que l'achat de services sexuels systématisé est incompatible avec l'égalité entre les sexes.Dernier cheval (ou dernière jument, dans un souci de parité) de bataille, les salaires :
Un nouveau décret paraîtra dans les prochains jours afin de faire enfin appliquer la loi. Nous passons d'un contrôle aléatoire des inspecteurs du travail sur place à un contrôle systématique sur pièce. Les entreprises devront envoyer aux directions régionales du travail leur plan pour l'égalité, qui seront examinés systématiquement. Si elles ne se mettent pas en conformité, elles paieront les pénalités, jusqu'à 1% de la masse salariale.Oui, oui, un plan pour l'égalité, examiné systématiquement à la kommandantur régionale du travail, permettra enfin d'atteindre enfin une égalité des salaires - dont deux tiers s'expliquent "par des différences dans les carrières", mais passons. Ce qui est bien avec Najat Vallaud-Belkacem, c'est qu'à la différence d'autres ministres qui tentent de dissimuler ce qu'il y a de nauséabond dans leurs actions, elle ne dissimule pas ses convictions constructivistes :
Les politiques publiques sont là pour construire un projet de société.Construire un projet de société, c'est-à-dire imposer une vision de la société, c'est le rôle qu'elle s'est fixé. Espérons que, très rapidement, les filles choisiront de devenir maçon plutôt que coiffeuse, que les enfants auront des relations sexuelles empreintes de dignité et de respect mutuel, qu'hommes et femmes seront payés de la même façon au centime près (quelles que soient leur productivité, leurs contraintes et leurs aspirations personnelles), que femmes et hommes s'émanciperont et que tous les ministres et projets de loi soient féminismo-compatibles ; sinon, de nombreuses lois, comités, agences veilleront toujours plus ardemment sur notre égalité, au prix de notre liberté.





















