TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 21 septembre 2010

Quel avenir pour les chrétiens d'Orient ?

Au cours des dernières années, la condition de nombreuses communautés chrétiennes, notamment dans plusieurs États du Moyen-Orient, d'Afrique et d'Asie, n'a cessé de s'aggraver. Pressions de toute sorte, violences allant parfois jusqu'au meurtre délibéré, se multiplient. Si l'hostilité à leur religion n'en est pas toujours la seule cause, les observateurs les plus impartiaux conviennent qu'elle en a été et en demeure le principal motif.

Les dix millions de coptes en Égypte ; les maronites dans ce Liban que Jean-Paul II vantait comme « un modèle de pluralisme » ; les chrétiens en Irak, particulièrement à Mossoul ; même en Algérie, comme nous le rappelle le film sur l'assassinat des moines de Tibhirine ; aux Philippines, à Mindanao, pour ne citer que ceux-là... C'est dans une croissante précarité que ces communautés vivent et tentent de survivre, face à un fondamentalisme islamiste dont il faut souhaiter que les responsables musulmans désavouent les exactions.

L'on doit malheureusement regretter que les autorités nationales de ces États, auxquelles revient, en premier lieu, la responsabilité de protéger ces communautés, ne fassent pas davantage preuve de fermeté, tant pour punir les auteurs de violences que pour en prévenir le retour.

Mais l'on doit aussi s'interroger sur l'attitude de la communauté internationale. En particulier celle des États démocratiques qui ont des liens séculaires avec les chrétiens d'Orient. Que font-ils (ou ne font-ils pas) pour obtenir des assurances précises sur la volonté de ces autorités nationales de permettre aux communautés chrétiennes de pratiquer leur religion en toute sécurité, conformément aux obligations découlant de la Déclaration universelle des droits de l'homme ? Peut-être nos gouvernements procèdent-ils à des démarches diplomatiques discrètes. Mais, à voir se poursuivre un peu partout tant de violences et de pressions, l'on ne peut que douter de leur efficacité. Comment s'étonner que les chrétiens soient de plus en plus nombreux à chercher leur salut dans l'exil ?

Les minorités religieuses ont, tout autant que les minorités ethniques, le droit d'être protégées. C'est pourquoi il est indispensable d'appeler les autorités responsables à exercer leur devoir de protection. Car il y a urgence.

Espérons que le synode des évêques d'Orient, convoqué à Rome par Benoît XVI (10-24 octobre), donnera une réponse positive à cette question qui, parmi trente-deux, lui est posée : « Dans quels domaines peut se faire la collaboration avec les musulmans ? » Et souhaitons qu'un jour, pas trop lointain, il ne sera plus nécessaire de poser cette autre question : « Pourquoi avons-nous peur de l'avenir ? »

(*) Ambassadeur de France.

Prudence

Attention danger ! Le Sahel est devenu un sujet de préoccupation majeur pour les services de sécurité français. Des Occidentaux y sont enlevés. La semaine dernière, cinq Français ont été kidnappés à Arlit, au Niger, ainsi qu’un Togolais et un Malgache. Ces prises d’otages ont souvent pour acteur principal Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), une organisation terroriste basée en Algérie et qui multiplie les propos agressifs contre la France. Les services de renseignement craignent qu’elle ne parvienne un jour à manipuler des individus vulnérables et isolés dans l’Hexagone pour y perpétrer des attentats. « La menace est réelle, notre vigilance est renforcée », a déclaré hier le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux.

En ces moments d’inquiétude, la France doit s’interroger sur les moyens de stabiliser le Sahel, une des régions les plus pauvres du monde qui, de ce fait, entre dans les calculs souvent malintentionnés d’acteurs régionaux et internationaux. Cernés dans les lointaines montagnes du Pakistan, les leaders d’Al-Qaida comptent ainsi sur Aqmi pour perpétrer un coup d’éclat en Europe, où ils n’ont pu revendiquer aucun attentat depuis ceux de Londres en juillet 2005. À l’autre bout du monde, les cartels latino-américains de la drogue utilisent ces territoires désertiques comme une piste d’atterrissage pour leurs livraisons de cocaïne en Europe, créant localement des profits susceptibles de débaucher des responsables politiques et militaires. Quant aux États de la région, leurs rivalités ne favorisent guère la coopération contre ces forces de déstabilisation. Toutes ces stratégies rendent la situation opaque et très complexe.

La France aussi est désireuse de jouer un rôle, pour soutenir des régimes amis et sécuriser des investissements stratégiques importants. Ancienne puissance coloniale, elle doit toutefois veiller à ne pas exacerber les ressentiments. Pour atténuer le risque terroriste sur son sol, elle doit en outre éviter d’apparaître en première ligne. Surtout, elle pourra espérer gagner le soutien des populations locales en stimulant, avec l’appui nécessaire de l’Union européenne, une politique de développement durable.



Jean-Christophe Ploquin

La France n'est plus sanctuarisée

La menace terroriste serait-elle plus élevée en France aujourd'hui qu'hier? La récente alerte à la bombe qui a conduit à évacuer plusieurs centaines de personnes de la Tour Eiffel nous rappelle que Paris dispose, comme New York, de lieux symboliques pour des attentats analogues à ceux du 11-Septembre. D'ailleurs, de nombreux auteurs de politique-fiction ne s'en privent pas. C'est un fait que depuis les attentats de l'été 1995, survenus au lendemain de l'élection de Jacques Chirac, la France a été épargnée par le terrorisme islamique. Imputés au GIA, sans que l'on sache quelle était la part de manipulation du régime algérien dans au moins l'un d'entre eux, ces attentats, qui firent de nombreuses victimes, se soldèrent par le démantèlement du réseau, fruit de la coopération entre la DST et la sécurité militaire algérienne. Ainsi, les généraux algériens se présentaient habilement comme un rempart contre l'islamisme en Occident contre lequel ils luttaient dans leur propre pays. La politique de non-intervention du Président Chirac en Irak aurait-elle ensuite contribué à «sanctuariser» le pays face aux menaces d'al-Qaïda? Toujours est-il que le tournant diplomatique pris par Nicolas Sarkozy a remis la France dans la ligne de mire des adeptes de Ben Laden au Maghreb, dont le nom de «franchisé» est Aqmi. De l'interdiction du voile (prise sous Chirac) aux prises de position en pointe contre le nucléaire iranien, en passant par le rapprochement avec Israël et l'engagement en Afghanistan, tous les facteurs de risque sont réunis pour faire de la France le bouc émissaire du jihadisme international. Pour l'heure, le terrorisme d'Aqmi se limite, comme l'a montré sa dernière opération au Niger, à la bande sahélienne. Mais les katibas (*) qui y prospèrent sont furieuses contre Paris depuis son opération ratée avec les Mauritaniens pour libérer Michel Germaneau. Si elles ne semblent pas encore y disposer de relais logistiques, la France n'en est pas moins devenue une cible privilégiée. * Camps de combattants islamiques en Afrique du Nord



Hubert Coudurier

Rabotage

Ils ne respecteront donc rien ? Les cost-killers du gouvernement ont décidé de raboter la plus noble de nos institutions, le mariage. Oui, ce pilier de la société, garant de sa reproduction, s'écroulerait victime de l'impécuniosité de l'Etat. Les mariés de l'année ne pourraient plus cumuler les déclarations d'impôts et leurs réductions. C'est grave, car cette dot fiscale était devenue l'incitation première à passer devant le maire: qui se marie encore pour les enfants, qui assistent le plus souvent au mariage de leurs géniteurs ? Qui parle d'amour, quand il est en vente libre ? Ou de l'union des patrimoines, transmis directement aux petits-enfants ? Que dire, surtout, aux mariés de l'année qui auront la désagréable impression d'avoir été faits cocus par l'Etat ? Alors, sans vouloir paraître grossier, la vérité nous oblige à dire que ce gouvernement commence à nous les raboter menu !

Vers la fin du “bouclier nuptial”

Il paraît que le nid conjugal est aussi une niche fiscale. La première année de leur union, en effet, les conjoints - pas encore abattus - bénéficient d’un petit abattement.

Sauf à célébrer la noce au 1 er janvier, le nouveau couple adresse trois déclarations à Bercy. Une couvrant, pour chacun, les derniers mois de célibat. Une autre pour la période où commence l’existence commune.

Vous suivez le topo ? Reste l’essentiel : ce mécanisme permet d’alléger, un peu, le montant des impôts sur le revenu. Personne ne s’indignait, jusqu’alors, que les jeunes époux profitent ainsi d’une “aide au démarrage”.

Mais François Baroin, hier, a mis du vinaigre dans les lunes de miel. Le ministre confirme que les services du Budget “songent à annuler cet avantage”. On s’apprête à supprimer le “bouclier nuptial”, source de tant d’odieux privilèges. Voici la fin d’un système immoral qui encourageait les “mariages d’argent”, au détriment de l’amour véritable.

Trêve de plaisanterie, il s’agit plutôt d’éponger la dette publique. L’État racle les fonds de tiroirs. Chaque catégorie de Français, sauf clinquante exception, sera mise à contribution. L’inquiétude grandit, on vit sous le régime de la communauté réduite aux aguets…

Pour remplir ses caisses, Bercy vide la corbeille de la mariée. En attendant, sans doute, de taxer les divorces.



Gilles DEBERNARDI

Sûr de son coup

L'Élysée en est convaincu : la France, dans ses profondeurs, soutient le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy, la guerre aux campements illégaux, les expulsions, les critiques des juges laxistes, la fermeté sur la réforme des retraites. Après avoir relayé ce virage, marqué par la fameuse circulaire sur les Roms, le ministre de l'Intérieur récidive, sur le système judiciaire cette fois, n'en déplaise à Mme Alliot-Marie qui mange un nouveau chapeau. Là encore, il s'agit pour le tandem Sarkozy-Hortefeux de proposer à son électorat cette réponse ultra-sécuritaire qui flatte mieux que les mauvaises nouvelles pour le portefeuille.

Peu importe, du coup, les volées de bois vert reçues de tous côtés. De l'Onu, de l'Europe, de la presse nationale et internationale, de l'opposition, ce qui ne surprend pas, mais aussi d'une partie de la droite mal à l'aise, de personnalités emblématiques comme Martin Hirsch. Même François Fillon, à sa manière, a fait savoir à son ministre, donc au président, qu'il n'est pas prêt à suivre une telle escalade pleine de risques à tous points de vue.

Les records d'impopularité qui se succèdent dans les sondages ne semblent pas non plus troubler le président, qui a plusieurs séquences sous le coude. L'actuelle stratégie de la surenchère lui permet de préempter le marqueur sécuritaire. Il se relancera avec un nouveau gouvernement et un autre look plus compatible avec un électorat moins ultra-droitier. Mais avant, il lui faut enfiler le costume de « Monsieur Courage » des retraites.

Le rendez-vous social de jeudi sera donc décisif. Une journée couperet. Pour les syndicats si le mouvement social fait du surplace et freine leur volonté d'en découdre. Couperet aussi pour le président si le soufflé de la colère monte assez pour que l'on entre dans un bras de fer plus incertain. Ce n'est pas ce scénario-là que retient Nicolas Sarkozy, prêt à quelques concessions minimes pour faire passer sa réforme. L'opposition lui laisse d'ailleurs un peu de temps. Elle vient tout juste d'entamer ses danses du ventre unitaires. On n'en est pas encore au contrat de mariage pour rendre l'alternative crédible.

XAVIER PANON

Carla Bruni "se dissocie" du livre qui évoque "l'enfer" de Mme Obama

L'épouse du président français, Carla Bruni, a affirmé lundi à la télévision américaine "se dissocier" d'un livre à son propos, "Carla et les ambitieux", qui affirme que Michelle Obama trouve que la vie à la Maison Blanche est un "enfer".

Interrogée à New York par CNN en marge de l'ouverture du sommet de l'ONU sur les objectifs de développement du millénaire (OMD), Carla Bruni a démenti les propos qu'aurait tenus la première dame des Etats-Unis. "Bien sûr, Michelle Obama n'a jamais rien dit de tel. Je suis contente de vous dire que ce livre n'est pas un livre autorisé. Aucun des livres qui ont été publiés sur moi n'a eu mon aval. Je n'ai jamais lu ce livre", a déclaré Carla Bruni. "Je me désolidarise de ce livre", a-t-elle ajouté.

Selon le livre, Mme Bruni aurait demandé à Mme Obama au cours du dîner privé concluant la visite officielle du président Sarkozy à Washington le 31 mars dernier: "et toi, c'est comment ?", à propos de la vie à la Maison Blanche. "Ne m'en parle pas, c'est l'enfer. Je ne supporte pas !", aurait répondu Mme Obama d'après le livre.

S'exprimant dans un anglais fluide, Mme Bruni a poursuivi: "je n'ai jamais su ce qu'il y avait dans ce livre mais je vis en France et c'est un pays libre où chacun peut fantasmer et publier. Je pourrais engager des poursuites mais d'abord cela fait de la publicité aux ouvrages et c'est contre mes principes".

"Je suis une démocrate", a lancé la première dame française, sur la chaîne américaine. "Je crois que chacun peut dire, écrire ce qu'il veut mais je me fais un plaisir de me dissocier de ce livre", a-t-elle conclu.

Les auteurs du livre paru jeudi en France ont maintenu que la première dame des Etats-Unis avait bien tenu ces propos mais qu'il s'agissait d'un échange "sur le mode de la plaisanterie".

Les banques à l'amende

La sanction que vient d'infliger l'Autorité de la concurrence n'est pas seulement une mauvaise affaire financière pour les banques. Même si, à près de 400 millions d'euros, elle se situe à la troisième place du palmarès des amendes décidées par l'Autorité, l'essentiel des dégâts provoqués par cette décision porte surtout sur l'image du secteur. Une image collective que la crise financière a déjà passablement écornée, bien que les banques françaises dans leur ensemble aient plutôt bien résisté dans la tempête.

Il faut dire qu'à en croire le volumineux rapport des sages de la Rue de l'Echelle, les grands établissements du pays ont donné le bâton pour se faire battre. Instituer de concert une commission forfaitaire sur les chèques au moment où on en simplifie le traitement peut paraître à tout le moins contre-intuitif. Cela revient, en outre, incidemment à rendre le chèque payant, en enfreignant la sacro-sainte règle du ni-ni : ni facturation des chèques ni rémunération des comptes courants. Enfin, cette initiative, abandonnée il est vrai depuis 2007, apporte de l'eau au moulin de ceux qui dénoncent la jungle tarifaire des banques françaises.

Et, pour la profession, le moment pouvait difficilement être plus mal choisi pour ouvrir un débat sur cette délicate question. La décision de l'Autorité de la concurrence intervient à la veille d'une réunion d'importance du comité consultatif du secteur financier qui doit se pencher, en présence de Christine Lagarde, sur la mise en oeuvre des propositions du rapport Pauget-Constans sur les frais bancaires. La ministre de l'Economie a déjà fait savoir qu'elle souhaitait accélérer le rythme des changements envisagés. Nul doute, dans ces conditions, que les banquiers présents auront du mal à faire prévaloir leur point de vue.

Pour autant, si le choix de remettre à plat la grille tarifaire des banques devait être fait dans un avenir plus ou moins proche, il ne faudrait pas se borner à voir le verre à moitié vide. En dépit de l'impopularité supposée des banquiers, il ne faudrait pas oublier que leurs tarifs reposent sur un système de subventions croisées, dans lequel la surfacturation de certains services vient compenser la faiblesse des marges des crédits payées par les clients par ailleurs. La seconde n'excuse pas la première, mais elle l'explique. Et elle permet de comparer sur des bases plus justes le coût des services bancaires en France avec ceux en cours dans le reste de l'Europe.



Francois Vidal

Bientôt la fin de l'anonymat sur Internet ?

Le patron de Google, Eric Schmidt, a créé une belle effervescence cet été, lors d'une conférence technologique réputée, en Californie, Techonomy. Il a en effet déclaré, à propos de la manière dont Internet devrait évoluer dans les années à venir : « La seule façon de faire pour qu'il fonctionne de façon transparente est d'en finir avec l'anonymat. » Pour être plus clair encore sur l'obligation, selon lui, d'identifier individuellement les internautes, il précisait :
« il nous faut un service qui vérifie l'identité des gens. De toute façon, les gouvernements le réclameront bientot. »

Ces propos ont sérieusement choqué ceux qui pensaient que l'anonymat était l'une des caractéristiques fondamentales du Web et qu'il devait le rester. Convaincus que c'est grâce à lui que le Web a su conquérir, en seulement vingt ans, 2 milliards d'utilisateurs. Un tiers de la planète.

Les remarques d'Eric Schmidt sont d'autant moins passées inaperçues que l'homme n'est pas seulement le PDG du principal moteur de recherche en ligne et, à ce titre, probablement le plus grand collecteur d'informations personnelles au monde. Il est aussi membre du club très restreint des conseillers technologiques du président Barack Obama. Un personnage influent, donc, et à l'évidence bien informé des intentions des grands de ce monde.

Ainsi, selon Human Rights in China, une ONG fondée par des étudiants chinois, un haut dignitaire du régime, Wang Chen, directeur du State Council Information Office, a récemment prévenu de la fin prochaine de l'anonymat sur Internet en Chine. « Nous ferons un système d'identification réelle sur Internet le plus vite possible », aurait-il annoncé aux députés chinois.

Si une telle prise de position ne peut totalement surprendre de la part d'un gouvernement qui censure et surveille déjà largement le Web dans son pays, on s'attendait moins à ce que la même préoccupation soit exprimée par le gouvernement américain.

C'est pourtant ce qui s'est passé, en juin dernier, lorsque Howard Schmidt (un homonyme sans lien de parenté avec le patron de Google), le nouveau responsable de la sécurisation d'Internet à la Maison-Blanche, a proposé le déploiement d'un système « d'identification volontaire et vérifiée ». Celui-ci serait basé sur la possession d'une carte à puce capable d'identifier l'empreinte digitale de l'internaute. Qui devrait ainsi montrer patte blanche, via un lecteur relié à son ordinateur, à chaque fois qu'il se connecterait à Internet.

Officiellement, pour le gouvernement américain, l'objectif est moins de surveiller l'activité en ligne de ses concitoyens que de lutter contre la cyberdélinquance. Mais le résultat est le même.

Pour les détracteurs du projet - et ils sont nombreux parmi les associations de protection de la vie privée -, une telle carte pourrait vite évoluer. Simple moyen d'identification au début, elle pourrait se transformer un jour en « cyberpermis de conduire », un examen qu'il faudrait réussir (en fonction de quels critères ?) pour être admis à surfer sur le Net…

Face à la levée de boucliers déclenchée outre-Atlantique, la question qui se pose est de savoir quelle est vraiment la motivation du gouvernement américain pour s'aventurer sur un terrain aussi glissant. Si l'on peut écarter d'emblée les motivations politiques, à la chinoise, les raisons de type sécuritaire, pour limiter les dangers du cyberterrorisme, peuvent être rejetées de façon tout aussi certaine.

Rien de plus simple en effet, pour un internaute un peu averti, de s'équiper des logiciels nécessaires pour tromper n'importe quel serveur concernant la localisation exacte de son ordinateur. Le fait qu'il ait à s'identifier - sous une identité qui d'ailleurs pourrait être usurpée -ne change rien à son éventuelle capacité à lancer des cyberattaques, sans risquer d'être inquiété. La seule solution pour lutter contre cette délinquance, qui cherche à détruire tout ou partie du fonctionnement du réseau ou à pirater des serveurs d'entreprises ou gouvernementaux, est que les serveurs qui administrent le trafic soient dotés des logiciels adéquats. Ce qui n'est qu'à peine ébauché actuellement.

Reste donc, pour le gouvernement américain, les raisons « commerciales ». L'économie américaine, plus que n'importe quelle autre, est organisée en fonction d'Internet. Elle est devenue particulièrement dépendante du bon fonctionnement du réseau et surtout de la confiance qu'il inspire aux internautes consommateurs. Les banques, par exemple, ont tellement licencié et supprimé d'agences qu'elles ne seraient pas capables de faire face si leurs clients, perdant confiance dans la banque en ligne, retournaient faire la queue au guichet. Les secteurs du tourisme (agences de voyages en ligne), du commerce de détail (cybermarchands), des transports (livraisons à domicile), pour ne citer qu'eux, se sont massivement réorganisés en fonction de ce qu'apporte le réseau.

Il devra d'autant plus inspirer confiance que la révolution de l'informatique nomade s'annonce, qui rendra encore plus nécessaire une confiance réciproque entre marchand et consommateur.

D'ailleurs la présentation d'Howard Schmidt était bel et bien effectuée dans cette logique : la future « carte d'identité Internet » a pour but de garantir une identification certaine pour accéder à des services marchands, dans une confiance réciproque.

Le gouvernement américain - et l'on peut penser que la plupart des autres pays présents sur Internet avec lui -proposera donc bientôt à ses concitoyens d'échanger de l'anonymat contre de la confiance.

Malgré sa logique, ce deal ne sera pas si simple à faire passer. On peut donc s'attendre, dans les mois qui viennent, à ce que de plus en plus de responsables économiques et politiques influents, comme celui de Google, se livrent à un travail de persuasion pour préparer les esprits.


Michel Ktitareff

Question de perception

Des chiffres et pas de lettre. Aucun mot d'explication, encore moins de signature au bas de la missive. C'est presque par lettre anonyme que les contribuables sont invités - le genre d'invitation qui se refuserait bien, à dire vrai… -à acquitter, le 15 octobre pour l'une, le 15 novembre pour l'autre, la taxe foncière et la taxe d'habitation. Ce devoir fiscal d'automne est d'autant moins une formalité que, après avoir bondi comme jamais l'an passé, les taux desdites taxes s'envolent encore en 2010, en particulier dans les grandes villes.

Si l'on y ajoute le produit, conséquent, de l'obscure taxe d'enlèvement des ordures ménagères, voilà une quarantaine de milliards d'euros qui vont passer en deux mois de nos comptes en banque à ceux des collectivités territoriales. Et qui entend les seigneurs de la République girondine au moment de prélever leur dîme ? Les exécutifs locaux ont moins de pudeur à expliquer, sur ces grands placards disposés le long de nos routes, qu'ici et là, ils « investissent pour [notre] avenir ».

Percevoir l'impôt local, voilà encore une tâche dévolue au Grand Percepteur qu'est l'Etat. Le risque est d'entretenir dans les esprits cette idée de plus en plus singulière d'un pot commun des impôts. Car il faut être contribuable avisé pour discerner, au dos de sa feuille d'impôt local, à en-tête de la Direction générale des finances publiques, que le percepteur n'est pas l'émetteur. A tout le moins, la maîtrise impérative des taxes communales, intercommunales, départementales et régionales devrait commencer par l'exercice imposé de la responsabilité de collecteur.

Bien sûr, l'heure n'est surtout pas à doter les pouvoirs locaux aujourd'hui, comme la Sécurité sociale hier, de leur propre administration fiscale. Mais il n'y aurait rien d'incongru à ce que chaque assemblée territoriale réclame son dû, fût-ce par chèque à l'ordre du Trésor public. Ce serait déjà un grand pas vers une responsabilisation des politiques fiscales locales. On peut attendre d'une mairie qu'elle agisse comme un hôpital, lequel adresse bien à ses patients une facture à régler au fisc.

Cette question de la perception de l'impôt local peut paraître mineure ; elle changerait la perception des impôts. Peut-être le maire de Paris, ministre communal du budget, aurait-il alors éprouvé le besoin d'expliquer à ses administrés, au moment de les taxer, les raisons qui l'ont poussé à relever de 8 % cette année la taxe foncière. L'Etat est bon prince d'appeler des impôts locaux qu'il ne perçoit pas, et dont le poids dans la richesse nationale a doublé en trente ans.




Jean-Francis Pecresse

La folle exception de la dette sociale

On dirait le capitaine Haddock avec le whisky Loch Lomond. C'est la dernière bouteille, promis-juré. Et puis… tout de même une autre. Et encore une autre. Pour supprimer la tentation, le bar est mis sous clef. Mais c'est trop dur. Hanté par un démon rouge, le capitaine fait exploser la serrure. Et descend goulûment trois bouteilles d'affilée… Dans l'histoire qui nous occupe aujourd'hui, le gouvernement tient le rôle du capitaine. Ou pour être exact, les gouvernements successifs depuis quinze ans. Et le rôle de la bouteille est tenu par un drôle d'objet : la Cades. Caisse d'amortissement de la dette sociale. Drôle de nom aussi, car une caisse est construite pour être remplie. Or là, il n'y a qu'un immense trou dont la profondeur se mesure en milliards d'euros. Les employés de la Cades relèvent sans doute de la convention collective des explorateurs de gouffres, non de celle des grands argentiers.

Revenons au point de départ. Nous sommes en 1996. Le Premier ministre Alain Juppé vient d'accoucher dans la douleur, si l'on ose dire, d'un sauvetage ambitieux de la Sécu. Promis-juré, il n'y aura plus de déficit. Les dettes récemment accumulées, provenant en majorité de l'assurance-maladie, sont emballées dans une caisse, la fameuse Cades. Il y en a pour 137 milliards de francs, 21 milliards d'euros. Pour rembourser ces dettes, la Cades perçoit sur tous les revenus un nouvel impôt de 0,5 %, poétiquement appelé CRDS (cotisation pour le remboursement de la dette sociale). Mais le déficit revient. Dès 1997, Lionel Jospin rouvre la caisse pour y remettre un trou de 13 milliards d'euros. Le dernier remboursement prévu en 2008 est reporté à 2014. En 2004, rebelote. Jean-Pierre Raffarin y déverse… 50 milliards d'euros. La fin de la Cades n'est plus programmée, même s'il est question de 2021 ou 2022.

Sous la pression des députés, la caisse est alors fermée à clef. Une loi interdit d'accroître la durée d'amortissement : celui qui voudra glisser une nouvelle béance dans la caisse devra lui donner de nouvelles recettes. Le Conseil constitutionnel donne un second tour de clef en affirmant que cette loi est organique, et donc plus difficile à changer. Mais c'est trop dur. Hanté par le démon de la crise, le gouvernement fait sauter la serrure. La loi votée la semaine dernière par les sénateurs fait coup double, en prolongeant l'échéancier jusqu'en 2025, et en donnant 3 milliards d'euros par an de recettes supplémentaires à la Cades via la suppression de niches fiscales. Moyennant quoi le gouvernement Fillon déverse une brouette de… 80 milliards d'euros. La dette de la Cades passera ainsi de 87 milliards prévu fin 2010 à plus de 160 milliards fin 2011. Une dette « pour solde de tout compte » multipliée par huit en quinze ans…

Evidemment, ces chiffres colossaux perdent leur impact quand le déficit de l'Etat dépasse 150 milliards sur une seule année. Mais une dette sociale de 160 milliards, c'est tout de même 13 % de la dette de l'Etat. C'est énorme. On pourrait même dire que c'est cadestrophique. Car la dette sociale est un non-sens. L'expression n'existe d'ailleurs qu'en français. Sur Google, elle renvoie à 154.000 pages contre seulement 16.000 pour l'anglais « social debt ». C'est une dette composée seulement de déficits de fonctionnement. En face, il n'y a aucun investissement susceptible de rapporter de l'argent à l'avenir, comme des routes ou une jeunesse hautement qualifiée. Et c'est la dette d'une assurance (assurance-santé, assurance-vieillesse). Or un assureur doit au contraire constituer des provisions, remplir les caisses, pour financer sans problème les risques qu'elle couvre.

Cette situation cadestrophique n'est évidemment pas la faute de la Cades. Le doux Patrice Ract-Madoux qui la dirige est un excellent fonctionnaire, tout comme son prédécesseur Benoît Jolivet. C'est d'ailleurs un gâchis que de voir l'Etat affecter ses grands commis à de telles missions. Non, le problème vient de plus haut. Du gouvernement. Que le prochain Premier ministre s'appelle François Fillon, Bruno Le Maire ou Jean-Louis Borloo, il devra commencer par aller aux Alcooliques anonymes de la dette. Essayer de comprendre comment on a bien pu en arriver là. Puis agir enfin. Dans le cas contraire, il pourrait vite encourir l'un des aimables qualificatifs du capitaine Haddock comme bachi-bouzouk, sapajou, ou mérinos mal peigné.




Jean-Marc Vittori

Nicolas Sarkozy relance le projet de taxe sur les transactions financières

A l'occasion du sommet de l'ONU, le président français a également promis une hausse de 20% de la contribution de Paris au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme .
«Pourquoi attendre?» A l'occasion du sommet sur les objectifs du Millénaire pour le développement qui s'est ouvert hier aux Nations Unies, Nicolas Sarkozy a plaidé hier pour une relance du projet de taxe sur les transactions financières en vue de renforcer la lutte contre la pauvreté. Sans préciser le mécanisme de ces «financements innovants» pour le développement, il s'est engagé à promouvoir dans le cadre de la présidence française du G20 et du G8 l'idée d'une taxe sur les transactions financières défendue par Bernard Kouchner (initialement fixée à 0,005%). Outre le maintien à 10 milliards d'euros du niveau de l'aide publique au développement de la France en 2011, ce qui en fait le deuxième contributeur mondial en valeur absolue, il a également promis une hausse de 20% sur 3 ans de la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (300 millions d'euros en 2009).

«Nous n'allons pas prendre prétexte de la crise pour faire moins (…) Non seulement nous ne voulons pas réduire, non seulement nous ne voulons pas stabiliser, mais nous allons augmenter de 20%», a insisté le Président français en rappelant que si chaque Etat suivait l'exemple de la France, 4 millions de malades du Sida pourront être pris en charge par le Fonds dont Paris est déjà le deuxième contributeur après les Etats-Unis. Sur les objectifs du sommet de Copenhague de décembre 2009 (30 milliards de dollars par an sur le Fast Start et 100 milliards pour le développement), le Président français a estimé qu'ils ne pourront être tenus sans une avancée en matière de «financements innovants». «En tant que futur Président du G20 et du G8, nous nous battrons pour développer cette idée : elle est essentielle et c'est notre crédibilité qui est en jeu».

« Au nom de quoi nous ne demanderions pas à la finance de participer à la stabilisation du monde en prélevant sur chaque échange financier une taxation infime ?», a insisté Nicolas Sarkozy en rappelant que Paris a déjà joué un rôle pionnier pour trouver des modes de financements innovants tels que la taxe sur les billets d'avion. De son côté, le Directeur-général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, n'a pas caché que les objectifs du Millénaire pour 2015 risquent de ne pas être atteints sans une politique volontariste de relance de la croissance mondiale. A cinq ans de la date butoir fixée pour les 8 objectifs anti-pauvreté de 2000, les résultats sont pour le moins mitigés de l'aveu même du dernier Rapport 2010 des Nations Unies sur leur évaluation. Un seul est aujourd'hui en bonne voie : la réduction de moitié, entre 1990 et 2015, de la proportion de la population vivant avec moins de un dollar par jour. Si le taux de pauvreté global dans les régions en développement a reculé de 46% en 1990 à 27% en 2005, c'est en grande partie en raison de l'accélération de la croissance en Inde et en Chine. Malgré cette tendance, quelque 920 millions de personnes continueront de vivre en 2015 en dessous du seuil international de pauvreté fixé par la Banque Mondiale à 1,25 dollar par jour.

En outre, selon l'économiste de Columbia, Jeffrey Sachs, les grands pays donateurs (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Canada…) n'ont rempli qu'à moitié leur promesse d'augmenter de 30 milliards de dollars l'aide à l'Afrique. Malgré l'impact sévère de la récession sur le déficit fédéral américain, le Directeur de l'agence des Etats-Unis pour le développement international, Rajiv Shah, a indiqué que Barack Obama a confirmé sa promesse de doubler le niveau de l'aide américaine au développement de 25 à 52 milliards de dollars en 2015. Mais pour Jeffrey Sachs, ces 0,2% du PIB américain font encore bien pâle figure par rapport aux 750 milliards de dollars du budget américain de la défense (5% du PIB). Le projet de taxe sur les transactions financières pourrait permettre de combler une partie du retard, mais il se heurte encore aux réticences de nombreux Etats en période de récession.
PIERRE DE GASQUET, BUREAU DE NEW-YORK

François Bayrou, dimanche soir Politique



François Bayrou, dimanche soir Politique
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lundi 20 septembre 2010

Satisfecit des agences de notation au fonds européen de stabilité financière

Comme Moody's et Fitch, l'agence de notation financière Standard and Poor's a attribué, lundi 20 septembre, la meilleure note possible (AAA) aux titres de dette qui seraient émis par le Fonds européen de stabilité financière (European Financial Stability Facility, EFSF), créé pour permettre d'aider des Etats en crise de la zone euro. La note AAA lui permettra d'emprunter à un taux favorable.
"En se fondant sur les assurances données par l'EFSF, nous estimons que les garanties accordées par les gouvernements soutenant le remboursement des obligations de l'EFSF seront inconditionnelles, irrévocables et interviendront au bon moment", a-t-elle ajouté.

Cependant, cette note, assortie d'une perspective stable, "dépend des notes et des perspectives des garants notés AAA", à savoir la France, l'Allemagne ou les Pays-Bas, prévient Standard and Poor's. "La perspective ou la note de l'EFSF pourraient être révisées si nous révisions la perspective ou la note d'un ou plusieurs garants notés AAA", ajoute l'agence.

EMPRUNTER À HAUTEUR DE 440 MILLIARDS D'EUROS

Au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, les Etats européens ont décidé en mai la mise en place de ce fonds de soutien pour les pays de la zone euro qui connaîtraient des difficultés financières telles qu'en a connu la Grèce. Il s'agit d'une société spéciale, d'une durée de vie de trois ans, créée pour emprunter sur les marchés avec des garanties apportées par les Etats de la zone euro, qui pourront s'élever jusqu'à 440 milliards d'euros.

Si les pays de la zone euro décident de l'activer, cette société lèvera de l'argent sur les marchés, qui sera ensuite utilisé pour acheter des titres de dette d'un Etat en difficulté financière. Les garanties apportées par les pays de la zone euro seront proportionnelles à leur participation dans le capital de la BCE et, selon l'accord final, cette somme sera encore majorée de 20 %, afin de rassurer au maximum les marchés et de couvrir le cas où un pays décide de se retirer du mécanisme ou ne puisse pas y participer. Un mécanisme de "sur-garantie" qui a contribué à rassurer les agences de notation.

"Nous sommes extrêmement satisfaits d'obtenir les meilleures notes de la part de toutes les agences, a réagi le directeur de l'EFSF, Klaus Regling. C'est une confirmation claire que l'EFSF peut jouer le rôle envisagé", a-t-il ajouté dans un communiqué. En juin, les ministres des finances de la zone euro avaient clairement indiqué vouloir obtenir la notation la plus haute possible pour l'achat de titres obligataires.

FAUT PAS PLEURER, LA FRANCE RESTE BIEN NOTÉE, JUSTEMENT GRACE À LA POLITIQUE DE SARKOZY.

Onze banques françaises condamnées pour entente illégale

L'Autorité de la concurrence leur a infligé une amende de 384,9 millions d'euros. Elles sont accusées d'avoir illégalement coordonné leur tarification sur le traitement des chèques.

L'Autorité de la concurrence a infligé une amende de 384,9 millions d'euros aux 11 principales banques françaises pour entente sur les coûts de traitement des chèques, estimant qu'elles avaient facturé des frais indus à leurs clients, selon un communiqué publié lundi. (Pour lire la décision, cliquez ici)

L'Autorité a essentiellement sanctionné la commission dite d'échange image chèque (CEIC), mise en place en janvier 2002 pour compenser, selon les banques, la perte de trésorerie qu'induisait l'accélération du traitement des chèques.

Amenées à libérer plus tôt les sommes réglées par chèque, les banques faisaient valoir qu'elles ne pouvaient donc plus les placer aussi longtemps qu'auparavant, ce qui entraînait une perte de revenus financiers. De ce fait, les 11 banques concernées avaient appliqué uniformément à 80% des volumes traités une commission de 4,3 centimes d'euros par chèque. La CEIC a finalement été supprimée en juillet 2007, "sous la pression de l'enquête en cours", rappelle l'autorité administrative indépendante.

Les banques sanctionnées sont le Crédit Agricole, Société Générale, BNP Paribas, le Crédit Mutuel, le Crédit industriel et commercial (CIC), le Crédit du Nord (groupe Société Générale), LCL (groupe Crédit Agricole), la Banque Postale, BPCE, HSBC et la Banque de France. Le groupe BPCE, qui chapeaute les enseignes Banque Populaire et Caisse d'Epargne, a été le plus durement touché, avec une amende de 90,9 millions d'euros, suivi par le Crédit Agricole (82,9).

Les banques ont un mois pour interjeter appel de cette décision. Un appel éventuel n'est pas suspensif et ne dispense donc pas les banques sanctionnées de s'acquitter du montant de leur amende.

IL FAUT REVENIR AU PAIEMENT EN ESPÈCES, LES BANQUES NOUS ARNAQUENT DE PLUS EN PLUS. LAISSEZ NOUS CHOISIR NOS MODES DE PAIEMENTS, MÊME POUR DE GROSSES SOMMES.

LE PALMARES DES CRÉTINS ANTI-SARKO NE VOLE PAS HAUT.






Le commentaire politique de Christophe Barbier


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"Priorité à la compétitivité", plaide Jean-Louis Borloo

Le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, dont le nom est régulièrement cité comme successeur possible de François Fillon à Matignon, estime que la compétitivité de la France est "la clef de tout", dans un entretien au quotidien Les Echos daté de lundi. Interrogé sur la reprise économique, M. Borloo la juge "à notre portée", à condition d'avoir "comme priorité la compétitivité". "La clef de tout, c'est d'amplifier le retour de la France dans la course à la compétitivité mondiale, d'aider et épauler nos champions nationaux", affirme le ministre d'Etat, qui suggère de "regarder à la loupe" ce qui se passe dans les grands pays émergents.
"Pékin mise sur une croissance compétitive à faible intensité énergétique", souligne-t-il, rappelant que les Chinois sont devenus les leaders mondiaux du photovoltaïque et qu'il "préparent activement les voitures sans carbone". "Il est illusoire de croire qu'ils nous concurrencent uniquement par les coûts salariaux", ajoute-t-il. "Leur compétitivité va devenir de plus en plus technologique". Plaidant en faveur de "financements innovants", il propose d'organiser un "Grenelle de la fiscalité" autour de 2012 afin en particulier de "réintroduire de la simplicité, de la visibilité" et d'"accentuer l'équité fiscale".

Jugeant que l'élection présidentielle de 2012 se jouera avant tout "sur une vision stratégique" pour répondre à la mutation du monde, il se déclare persuadé que cette mutation est une chance et souligne qu'il y "travaille vraiment". Interrogé sur l'accent mis depuis quelques mois par Nicolas Sarkozy sur la sécurité et l'immigration, le ministre se tient à l'écart de la moindre réserve ou critique : "Il y a des séquences et la sécurité en est une", dit-il. "Il n'y a pas de prospérité sans règles et sans ordre." Comme à chaque fois qu'il est interrogé sur le sujet, le ministre de l'Ecologie refuse de se prononcer sur son attitude si le chef de l'Etat lui proposait de remplacer François Fillon à Matignon. "Je ne réponds pas aux questions qui ne sont pas posées", coupe-t-il.

LE JOUR OU LA FRANCE SERA COMPÉTITIVE, LES POULES AURONT DES DENTS!!

Grand-mère

La vie est faite de hauts et de bas, pour tout le monde. Mais il faut mépriser les hauts et repriser les bas, aimait philosopher Jacques Chirac, citant sa grand-mère. Le microcosme parisien, ce petit manège des sondages et des ramages, fait exactement l'inverse : il exacerbe au lieu de pondérer, enfonce les bas comme des portes ouvertes, et parle de renaissance au moindre vagissement. Sa chanson de l'heure, c'est l'agonie de Nicolas Sarkozy et le triomphe des socialistes. Elle ne sonne pas faux, certes, entre l'agressivité désordonnée de notre Président et les manifestations contre sa réforme des retraites. Mais qui nous dit que demain, tout cela ne sera pas cul par-dessus tête - Nicolas Sarkozy au pinacle des réformateurs, les socialistes replongés dans leurs querelles primaires ? Nous n'en savons rien. Et vingt mois jusqu'à la présidentielle, cela fait combien de hauts et de bas ?

Pétain, et puis quoi encore ?

Les outrances de Viviane Reding ne passent pas. Quel besoin avait la commissaire luxembourgeoise de ramener Vichy, voire la Shoah, dans l’affaire des Roms ? De proclamer, urbi et orbi : “Je pensais que l’Europe ne serait plus le témoin de choses pareilles après la Seconde Guerre mondiale.”

C’est confondre Roissy et Drancy, la déportation et l’aide au retour. Un peu forcé, le retour, mais quand même…

Pareil amalgame relève de la basse injure. Du coup, l’indignation change de camp. Ceux qui condamnaient - non sans arguments - sa politique de “sécurité-spectacle”, soutiennent désormais un Sarkozy calomnié. À l’attaquer trop grossièrement, ses ennemis lui rendent un fier service. Parce qu’en politique aussi, l’excessif devient vite “insignifiant”.

Faute d’avoir lu Talleyrand, Claude Bartolone se laisse prendre à son tour. Bien sûr, l’image de la France se trouve ternie par les errements élyséens. Il suffit de lire la presse étrangère pour s’en convaincre. De là à lancer sur RCJ, la Radio de la communauté juive : “Quelque chose de terrible est train de nous arriver...” Le député PS, hier, avait la gravité des prophètes de l’apocalypse. Il semblait annoncer des pogroms, la discrimination générale, le néo-pétainisme en marche…. Avec une opposition aussi subtile, le chef de l’Etat peut dormir tranquille. 2012 lui sourit encore.



Gilles DEBERNARDI

Sortir de la culture de la préretraite

Comment peut-on repousser l'âge de la retraite alors que près d'un Français sur deux n'occupe déjà plus un emploi avant de prendre sa retraite ? Cette question est au coeur du débat actuel. Loin de traduire un problème de formation ou de coûts salariaux trop élevés, du moins dans la grande majorité des cas, le départ anticipé des seniors de l'emploi est en fait le résultat d'un pacte social implicite entre les partenaires sociaux, le patronat et les syndicats.

Alors que la France possède un taux d'emploi des 50-55 ans relativement élevé, supérieur de 5 points à la moyenne européenne, il se produit un décrochage brutal entre 55 ans et 59 ans. Pourquoi les Français de cette classe d'âge deviendraient-ils subitement inemployables, tandis que les jeunes quinquas résistent mieux que dans les autres pays à l'usure du temps ?

Pour l'essentiel, l'explication tient dans la volonté des partenaires sociaux, de faire des 55-59 ans, la génération la plus proche de la retraite, la variable d'ajustement du marché du travail. Ils ont ainsi mis en place une véritable préretraite, qui n'ose dire son nom, dans notre système d'allocation-chômage : à partir de 57 ans, il est possible d'attendre l'âge du taux plein en étant indemnisé, quelle que soit la durée de chômage. Combien de départs négociés au sein de l'entreprise reposent sur la possibilité d'attendre l'âge de la retraite dans des conditions assez favorables ? Plus qu'un frein au retour à l'emploi, ce système accélère les sorties de l'emploi car la paix sociale dans l'entreprise, au moment d'une baisse des effectifs, passe par le départ des seniors.

Il est grand temps de sortir de la culture de la préretraite. Cela passe, aujourd'hui, par une normalisation du régime d'indemnisation-chômage des seniors. Il serait particulièrement incohérent et inefficace de vouloir reculer l'âge légal de la retraite sans chercher à augmenter parallèlement l'âge de cessation d'activité. Reste à en convaincre les partenaires sociaux. De ce point de vue, la logique d'affrontement actuelle sur la fin programmée de la retraite à 60 ans augure mal des futures négociations avec les syndicats. C'est pourquoi, il aurait été préférable que le gouvernement privilégie l'augmentation de la durée de cotisation, réforme des retraites jugée acceptable par les syndicats modérés, pour pouvoir demander, comme contrepartie, cette normalisation du régime d'allocation-chômage. Encore une occasion de dialogue social manquée...

Il est à craindre qu'en dernier ressort, le gouvernement ne doive dessaisir les partenaires sociaux de leurs prérogatives pour assurer cette normalisation. La cohérence d'ensemble de la stratégie de recul de l'âge de la retraite est à ce prix. Rien ne serait pire que maintenir l'âge de la préretraite autour de 57 ans, alors que l'objectif est clairement de travailler au moins jusqu'à 62 ans.

Jean-Olivier Hairault

Professeur d'économie à l'université de Paris I. A participé à l'ouvrage collectif 16 nouvelles leçons d'économie contemporaine, édit. Albin Michel.

Bouclier fiscal : opération survie

Après la bataille du printemps, qui succéda elle-même à la campagne d'hiver, la grande offensive d'automne est lancée à l'encontre du bouclier fiscal. Il aura suffi de deux étincelles pour relancer le combat de tous ceux qui, à gauche et jusque dans la majorité, s'accommoderaient bien de revoir l'Etat surtaxer les riches contribuables au seul prétexte de leur bonne fortune. Le premier déclencheur est la hausse sensible de la somme globale restituée en 2009 (680 millions d'euros) aux bénéficiaires de ce dispositif censé plafonner le montant des impôts directs à la moitié des revenus perçus.

Cette inflation étant la conséquence logique de l'appropriation de ce nouvel outil par les citoyens qui savent en tirer le meilleur profit, l'administration saura corriger les optimisations abusives. Quant aux 360.000 euros reversés, en moyenne, par le Trésor, curieusement, ils heurtent bien plus les consciences que les 900.000 euros d'impôts que ces mêmes contribuables auraient payé sinon, supportant alors des taux d'imposition indécents.

Le deuxième moteur du nouvel assaut vient du grand nettoyage opéré par le gouvernement dans les niches fiscales. En théorie, au moins, des crédits d'impôt restreints, ce sont plus de contribuables susceptibles d'être placés de facto sous la protection du bouclier fiscal. Et un nouvel angle d'attaque offert à ses adversaires, quand le projet de budget 2011 arrivera à l'Assemblée nationale. Déjà effrayés à l'idée de devoir défendre l'indéfendable, des députés UMP, même eux, commencent, en tapinois, à rédiger des amendements de suspension. Qui vaudraient actes de suppression.

Mais, puisqu'il a ouvert une brèche dans le bouclier en excluant de son périmètre l'« impôt retraite » - la hausse de 1 point du taux maximal de l'IR -, le gouvernement sera bien forcé d'y faire une autre entaille pour empêcher que la remise en ordre des niches ne fasse trop de nouveaux élus à restitution fiscale. Limitées au seul « coup de rabot » général sur les niches, ces concessions conserveraient au bouclier un semblant de cohérence. Etendues à l'ensemble des crédits d'impôt réformés, ces ouvertures réduiraient sensiblement l'espérance de vie de ce parapluie à impôts créé en 2007. Hélas pour la stabilité de la politique fiscale.



Jean-Francis Pecresse

L'appétit retrouvé de la Turquie

Les résultats très positifs (58 % de oui) du référendum constitutionnel intervenu il y a une semaine en Turquie représentent avant tout une victoire personnelle pour le Premier ministre, Recep Erdogan. Aussi est-il plus que jamais important de le comprendre.

Erdogan est-il, comme il s'est présenté initialement lui-même au monde occidental, un Konrad Adenauer musulman pour qui l'AKP est l'équivalent turc de ce qu'est la démocratie chrétienne en Allemagne ? Ou est-il en réalité, comme le pensent certains de ses détracteurs, une « version ottomane » de ce qu'était hier Nasser en Egypte, un populiste habile et opportuniste ?

Les deux comparaisons sont certes osées, sinon excessives. La Turquie n'est pas, contrairement à l'Allemagne d'après-guerre, un pays animé d'un fort sentiment de repentance. La république de Bonn naissante voulait rompre radicalement avec son passé. La Turquie à l'inverse veut renouer avec le sien, même si elle entend elle aussi rompre avec le régime des militaires. Le référendum a été organisé trente ans jour pour jour après le coup d'Etat qui amena le général Evren au pouvoir en 1980.

Mais, pour l'Allemagne d'Adenauer, l'équilibre entre les préceptes chrétiens et les principes démocratiques était fondamental. Y aurait-il aujourd'hui plus d'islam que de démocratie dans le projet de l'AKP ? Et l'islam, contrairement au christianisme, aurait-il une relation plus complexe avec le politique en n'établissant pas des frontières claires entre « ce qui appartient à César et ce qui appartient à Dieu » ?

Si Erdogan ne peut-être Adenauer, serait-il plus proche de Nasser ? Certes, la Turquie de 2010 est « beaucoup plus » que l'Egypte d'hier ou d'aujourd'hui. C'est une puissance émergente à la réussite incontestable. L'audience de Nasser dans le monde arabe d'hier est probablement sans commune mesure avec celle d'Erdogan dans le monde musulman d'aujourd'hui. L'Empire ottoman n'a pas laissé que de bons souvenirs. Quoi qu'il fasse pour séduire la « rue arabe », le Premier ministre turc demeure au mieux, tout comme les ayatollahs iraniens, un « étranger proche ».

Néanmoins, ces comparaisons peuvent se révéler utiles, car comprendre la « vraie nature » d'Erdogan, c'est répondre, pour partie au moins, à l'un des plus grands défis stratégiques auquel le monde occidental se trouve confronté, celui de sa relation avec l'islam.

Recep Erdogan peut inquiéter des démocrates laïcs soucieux du renforcement, excessif à leurs yeux, des pouvoirs de l'exécutif. Il n'en rallie pas moins une majorité de Turcs qui se retrouvent dans son nationalisme sourcilleux et dans son ambition de redonner à la Turquie une influence régionale, y compris dans les républiques turkmènes de l'ex-Union soviétique.

Les raisons de ce « nouvel appétit » d'influence sinon de puissance sont multiples. Un peu d'humiliation renforce l'ambition naturelle des peuples. Le comportement de l'Union européenne, de l'Amérique de Bush et plus récemment d'Israël ont constitué autant d'incitations pour la Turquie d'Erdogan. « Vous ne voulez pas de moi dans votre club de gentlemen chrétiens ou vous considérez mon soutien comme allant de soi, quel que puisse être votre comportement en Irak ou à Gaza… et bien vous vous trompez ! » La Turquie est l'héritière d'un grand empire. Elle possède une culture de puissance, une grande tradition diplomatique, celle de la Sublime Porte.

La nature a aussi horreur du vide. Les aventures moyen-orientales de l'Amérique de Bush ont profondément remanié les cartes de la région. La disparition de l'Irak comme centre de pouvoir, la sclérose de l'Egypte, la timidité de l'Arabie saoudite, l'isolement croissant de l'Iran ont « ouvert un boulevard » aux ambitions turques. Il y a, de plus, dans l'esprit des Turcs ce que l'on pourrait décrire comme une certaine relativisation de l'Europe, sinon de l'Occident en général. A l'heure de la Chine, de l'Inde, du Brésil…, la Turquie se dit qu'elle a des modèles alternatifs. Si les portes de l'Union se ferment, d'autres opportunités « émergent » devant elle. La multipolarité est déjà dans les têtes turques.

Erdogan n'est ni Adenauer ni Nasser. C'est un populiste habile qui a su utiliser les humiliations subies par son pays pour faire progresser de pair nationalisme et islam, à un moment où « l'équilibre de la confiance » évolue clairement en faveur de la Turquie et au détriment de l'Union européenne.