TOUT EST DIT

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jeudi 14 janvier 2010

Fillon : "Nous ne serons pas loin de doubler notre dernière prévision" de croissance

François Fillon a annoncé, jeudi 14 janvier, que la prévision de croissance pour 2010, actuellement de 0,75 %, allait être presque "doublée" à l'occasion de la loi de finances rectificative sur le grand emprunt présentée mercredi prochain en conseil des ministres.

"En ce début d'année, l'activité repart. Je vous annonce que nous allons réviser à la hausse notre taux de croissance à l'occasion de la présentation de la loi de finances sur les investissements d'avenir, la semaine prochaine", a déclaré le chef du gouvernement à l'occasion de ses vœux à la presse. "Je pense que nous ne serons pas loin de doubler notre dernière prévision officielle qui était de 0,75 %", a-t-il ajouté, réaffirmant qu'"on est sorti de la récession".
Par ailleurs, le premier ministre a indiqué qu'il préciserait "dans les prochaines semaines notre stratégie globale de sortie de la zone des déficits excessifs d'ici 2013", rappelant la tenue d'une conférence fin janvier sur les déficits publics avec "le Parlement, les collectivités locales, les organismes sociaux. Cette conférence doit permettre de faire un diagnostic, si possible, partagé. Mais elle devra aussi préparer des mesures concrètes. Nous allons continuer de tenir strictement les dépenses de l'Etat : déjà pour 2009, ces dépenses seront finalement légèrement inférieures au plafond qui avait été voté par le Parlement. Pour 2010, nous avons par ailleurs décidé que la charge d'intérêts du programme d'investissement sera compensée par une réduction équivalente des dépenses de l'Etat".

La loi de finances actuelle prévoit pour cette année un déficit public à 8,5 % du PIB. Elle table sur un déficit public à 5 % en 2013 mais le gouvernement s'est depuis engagé à passer sous la limite européenne des 3 % à cette date, à condition qu'une forte croissance soit au rendez-vous.

Jacques Dutronc revient chanter ses tubes sans se fouler

Quelle place occupe Jacques Dutronc dans l'histoire de la chanson française ? Elle est floue, et se lit en pointillés, l'énergumène ayant opté pour l'intermittence. Sa précédente apparition scénique remontait à novembre 1992, avec prolongations en 1993. Le récital se nourrissait alors de chansons écrites dans les années 1960, ou au mieux tirées de l'album CQFD, paru en 1985. Et si dix-sept ans plus tard Dutronc remet le couvert en débutant une tournée des Zénith par celui de Paris le 12 janvier, ce n'est pas forcément par attachement à la scène, un lieu devant lequel le "gai luron" s'est souvent montré aussi frileux que sa compagne Françoise Hardy.
Spécialiste des aphorismes et des réponses à côté, Dutronc affiche d'ailleurs du laisser-aller dans la construction de son récital, sa fainéantise naturelle lui suggérant d'employer des recettes de baratineur, certes personnelles, mais déjà utilisées, comme la reprise par deux fois, en entrée et en sortie, de Et moi et moi et moi. Il n'y corrige jamais les statistiques ("sept cents millions de Chinois, et moi et moi et moi"), mais fait évoluer le nom du présentateur de télévision, de Catherine Langeais (1966) à Guillaume Durand (1992) et William Leymergie (2010) ; cependant, le son est si fort que c'est à peine audible.

Il est en forme pourtant, Jacques Dutronc, 66 ans, il a toute sa voix, et le vibrato. Il a gardé son look de cuir noir et ses Ray-Ban, une dégaine à la Ray Davis, le leader des Kinks. Il a des musiciens requins doués (Jannick Top bluffant à la basse, Fred Chapellier à la guitare électrique, bavarde) et des chansons qui ressemblent à des madeleines de Proust en plus balancées.

Au catalogue, une heure trente de joyeusetés dont on ne saurait se lasser : Les Play Boys, Fais pas ci, fais pas ça, Les Cactus, La Fille du Père Noël, J'aime les filles, L'Opportuniste, Gentleman cambrioleur, etc., jusqu'à Merde in France (Cacapoum), chanson qui marque, dit le fumiste en rigolant "la fin de la répétition, et le début du concert". La pirouette est digne d'un débutant en manque de répertoire, et permet de chanter une seconde fois Et moi, et moi, La Fille du père Noël, et ainsi de suite, jusqu'à l'extinction des feux.

Les lumières (Jacques Rouveyrollis) et le décor sont en noir et blanc, les costumes aussi, sauf le déshabillé rouge cinglant d'une femme naine, charmant petit pois dansant.

Le précédent retour de Dutronc en scène intervenait après la mort de Serge Gainsbourg, en mars 1991, une disparition qui avait laissé une partie de la France orpheline de son provocateur en chef. Il y avait alors dans le public un appétit évident pour le dézingage et le grinçant.
Il en profitait pour se faire interviewer en scène par des journalistes assez naïfs pour se laisser huer par des spectateurs préférant la musique aux questions.

Son boucher corse balayait les planches, et puis un nain malin servait d'esclave ; en bref tout un montage confirmant la réputation d'anar de droite de Jacques Dutronc, une posture partagée par le Gainsbourg tardif, celui qui, en 1984, avait traité à la télévision Catherine Ringer de salope (pour avoir été actrice porno) ou avait brûlé "75 %" d'un billet de 500 francs sur TF1, protestant ainsi non pas contre la société marchande, mais contre le pourcentage de ses revenus prélevés par le fisc.

Dix-sept ans plus tard, Dutronc sort de sa tanière (le cinéma, Françoise Hardy, leur fils Thomas ont fait qu'il ne soit pas occulté). Le sujet Gainsbourg revient en première ligne – montage par le chorégraphe Claude Gallota de L'Homme à tête de chou avec la voix d'Alain Bashung, autre chanteur des marges et de l'anticonformisme, disparu en mars 2009, sortie du film du dessinateur Joann Sfar, Gainsbourg (vie héroïque). Le fumeur de Gitanes fabriqua d'ailleurs en 1980 avec le fumeur de havanes l'un des albums les plus crétins de leur carrière, Guerre et pets, dont Dutronc extirpe aujourd'hui L'Hymne à l'amour (moi le nœud).

Gainsbourg avait vécu la guerre. Dutronc et Hallyday, des rejetons du 9e arrondissement de Paris, sont nés pendant l'Occupation, en 1943 et ont grandi en "teenagers". Ces deux-là sont des enfants de l'aisance, quand Lucien Guinzburg fut celui de la persécution. Ils possèdent en conséquence, et même à 66 ans, le détachement et la désinvolture des "décagénaires" des années 1960, selon la formulation d'Edgar Morin.

Avec Etienne Daho, dandy pop, 54 ans à peine, Dutronc l'ancien chante au Zénith Tous les goûts sont dans ma nature, et c'est chic, léger, nouveau. Puis, se foulant, il donne une stimulante version de Il est cinq heures, Paris s'éveille, avec guitare manouche et acoustique en soutien rythmique.

En creux, on imagine ce que le roi Dutronc aurait pu produire pour nous épater et tenir le rang que sa nature, son style et le parolier Jacques Lanzmann lui avaient offert il y a trente-cinq ans.
Jacques Dutronc en tournée jusqu'au 24 avril. Au Zénith de Paris, les 13 et 14 janvier (complet). Le 21 à Albi, le 23 à Pau, le 28 à Lanester, le 29 à Nantes (complet), le 30 à Brest, le 3 février à Strasbourg, le 9 à Saint-Etienne, le 10 à Grenoble.
Véronique Mortaigne

ENFIN UN VÉRITABLE ARTISTE SUR SCÈNE, PAS COMME JOHNNY, J'ATTENDS AUSSI MONSIEUR EDDY !!!

Régionales en Ile-de-France : Pécresse en tête au premier tour, selon l'IFOP

Valérie Pécresse, chef de file de l'UMP en Ile-de-France, arriverait en tête au premier tour des régionales, le 14 mars, avec 32 % des voix. Mais le total des voix de gauche au premier tour dépasserait nettement celui de la droite, selon un sondage IFOP pour Valeurs actuelles rendu public mercredi.
La liste PS de Jean-Paul Huchon, qui brigue un troisième mandat à la tête de la région, obtiendrait 24 % au premier tour, devançant de sept points la liste Verts-Europe Ecologie conduite par Cécile Duflot, créditée de 17 %. L'IFOP n'a pas fait de scénario de second tour. Dans une enquête précédente, réalisée du 8 au 10 décembre, l'institut de sondage créditait l'UMP de 34 % au premier tour, le PS de 23 % et les Verts de 16 %.

La liste du Front de gauche, conduite par Pierre Laurent et soutenue par le Parti communiste et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait 6 %, et le NPA d'Olivier Besancenot 4%. La liste de l'Alliance écologiste indépendante de Jean-Marc Governatori est créditée de de 1,5 % et celle du MoDem d'Alain Dolium de 5 %.

A droite, la liste Front national de Marie-Christine Arnautu obtiendrait 8 %, soit 1,5 point de plus que dans l'enquête réalisée par l'IFOP en décembre ; et la liste Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan obtiendrait 2,5 %. 16 % des sondés ne se prononcent pas.

"Dans tous les cas, il y aura des Clio produites à Flins"

La polémique sur la possible délocalisation de la production de la Renault Clio vers la Turquie se réglera au plus haut sommet de l'Etat. Nicolas Sarkozy a convoqué à l'Elysée Carlos Ghosn, PDG de Renault, samedi 16 janvier. La rencontre devrait avoir lieu dans l'après-midi. Son but : entendre les arguments du constructeur sur ses projets à propos du futur modèle de Clio, la Clio IV, qui sera lancé en 2013.
Depuis plusieurs jours, les membres de gouvernement se relaient pour mettre en garde le constructeur sur le respect des engagements qu'il avait pris en plein cœur de la crise de 2009. En échange d'un prêt bonifié de 3 milliards d'euros, Renault avait promis qu'il ne procéderait à aucune fermeture d'usine ou aucun licenciement en France.

Mais des rumeurs sur un possible basculement de la production de Clio de Flins (Yvelines) vers l'usine de Bursa, en Turquie, ont fait craindre au gouvernement que ces engagements ne soient pas tenus. En toile de fond, la campagne des élections régionales rend sensible la question du maintien des emplois sur le territoire français.

Une rencontre a eu lieu mercredi entre Patrick Pelata, directeur général de Renault, et Christian Estrosi, ministre de l'industrie. Mais peu de chosea filtré dans l'attente du rendez-vous entre M. Ghosn et M. Sarkozy. "J'ai fait savoir [à Patrick Pelata] que nous n'étions pas favorables à ce que la Clio IV soit produite en Turquie", a affirmé M. Estrosi.

LA CLIO DÉJÀ LARGEMENT PRODUITE EN TURQUIE

La Clio actuelle est déjà largement produite dans l'usine de Bursa. Ainsi, en 2009, ce modèle a été fabriqué à 179 500 exemplaires en Turquie, contre 125 400 à Flins et 25 450 en Espagne. Au chiffre de production de Flins, il faut ajouter 14 600 Clio II, l'ancien modèle qui a été rapatrié de Slovénie vers la France en 2009.

Partant de ce constat, M. Pelata a annoncé que le constructeur était en train d'étudier une nouvelle ventilation de cette répartition en fonction de la montée en puissance de la production de la Zoé, une voiture électrique qui sera lancée en septembre 2011. Quelle sera le volume de production de ce modèle ? Aujourd'hui personne n'est capable de le dire. D'où les conjectures actuelles.

"Dans tous les cas, il y aura des Clio produites à Flins", a affirmé M. Pelata, qui souligne que l'avenir du site de Flins (3 300 salariés), avec plus ou moins de Clio, est de toute façon pérennisé grâce au véhicule électrique.
Stéphane Lauer

Quel avenir pour le fournisseur d'accès à Internet Alice ?

C'était un peu présenté comme l'opération de la dernière chance pour Alice : le lancement, en décembre dernier, d'un abonnement "triple play" Internet, télévision et téléphonie, pour 19,99 euros par mois. Le fournisseur d'accès, propriété d'Iliad-Free, comptait sur cette offre "low-cost" pour enrayer la fuite des abonnés, estimée à 57 000 départs pour le seul dernier trimestre 2009. Mais aussi pour concurrencer Numéricable, qui venait d'annoncer le lancement d'une offre proche à moins de 20 euros.
Mais le directeur général d'Iliad, Maxime Lombardini, a annoncé ce mardi que cette offre était un échec, et qu'il n'y avait "aucune demande pour ce produit". M. Lombardini n'a cependant pas précisé si l'offre d'Alice serait maintenue, ni quels étaient les chiffres d'abonnement.

PROBLÈME DE DEMANDE... OU D'OFFRE ?

Mais si l'abonnement à moins de 20 euros ne décolle pas, ce n'est peut-être pas en raison d'un manque de demande, mais en raison d'une absence d'offre. Les foyers éligibles à cet abonnement semblent en effet rares : les forums et sites spécialisés regorgent de témoignages de personnes ayant testé leur ligne, y compris au sein de zones entièrement dégroupées par Alice, pour découvrir qu'ils ne pouvaient s'abonner.

Quels sont les critères pour souscrire à cette offre ? Alice précise qu'elle est "proposée aux nouveaux abonnés sous réserve de compatibilité technique et d'éligibilité". En pratique, le critère d'éligibilité principal semble bien être... d'habiter dans une zone éligible à l'offre concurrente de Numéricable. C'est d'ailleurs l'explication avancée par le service commercial d'Alice à plusieurs personnes s'étonnant de ne pas pouvoir souscrire cet abonnement.

Plutôt que le recrutement, la finalité première de l'offre serait donc bien de concurrencer Numéricable sur son terrain. L'opérateur a en effet lancé en décembre sa propre offre à moins de 20 euros, qui combine les chaînes gratuites de la TNT, la téléphonie fixe et l'Internet haut débit. "Nous proposions déjà depuis juin une offre double play, téléphonie et Internet à 19,90 euros par mois, explique Jérôme Yomtov, secrétaire général de Numéricable. Lorsque les pouvoirs publics nous ont demandé de participer au passage au tout numérique, nous avons décidé de diffuser la TNT de manière transparente. Cela nous permet de combiner les trois services. L'offre est commercialisée depuis décembre sur notre site Internet, et nous sommes satisfaits du lancement ; en ce qui nous concerne, nous continuerons à la proposer."

ARRÊTER LA FUITE DES ABONNÉS

L'avenir d'Alice semble aujourd'hui incertain, ce qui provoque l'inquiétude des abonnés. "Beaucoup ont été déçus de voir que l'offre à 20 euros était réservée aux nouveaux inscrits", note Michel Gambin, administrateur de Forum-alice.info, un forum non officiel d'utilisateurs. "Et pour ces nouveaux abonnés, l'accès à la hotline devient payant : c'est dommage, parce que supprimer les points forts d'Alice n'est pas un bon moyen de conquérir de nouveaux clients." Alice avait été le premier fournisseur d'accès à Internet à proposer une hotline gratuite.

Aujourd'hui, la loi Chatel interdit aux fournisseurs d'accès d'utiliser un numéro surtaxé. Free et Alice facturent toutefois ces appels 0,34 euro la minute, arguant qu'il ne s'agit pas d'une surtaxation, mais des frais liés à la fourniture du service. Une pratique dénoncée par l'UFC-Que choisir, qui a déjà porté plainte contre Free.

Une harmonisation des pratiques qui préfigure une fusion entre Free et Alice ? "Chez Iliad, on continue de nous assurer que leur souhait est de garder deux entités séparées, rapporte Michel Gambin. Mais on ne voit pas comment ils vont pouvoir garder Alice si l'hémorragie d'abonnés se poursuit. Iliad se lance dans la fibre, dans la téléphonie mobile : tout cela demande des capitaux importants."

Sollicité par Le Monde.fr, Alice ne nous avait pas répondu à l'heure où nous publions cet article.
Damien Leloup

mercredi 13 janvier 2010

Un projet de loi pour "moderniser" l'agriculture française

Stabiliser le revenu des agriculteurs, renforcer la compétitivité du secteur, créer une réelle politique de l'alimentation et lutter contre le gaspillage des terres agricoles. Tels sont les principaux objectifs du projet de loi de modernisation de l'agriculture – le quatrième texte pour le secteur en dix ans – que Bruno Le Maire devait présenter, mercredi 13 janvier, en conseil des ministres.
"Pas une seule filière n'est épargnée par la crise, insiste le ministre de l'agriculture. Cette loi apporte énormément de changements et permet de réaffirmer que l'agriculture est un secteur stratégique."

Après deux années de hausse en 2006 et 2007, liées alors notamment à l'explosion du cours mondiaux des céréales, les revenus moyens des agriculteurs ont respectivement baissé de 20 % et de 34 % en 2008 et 2009. De brutales chutes des revenus qui ont rendu exsangues les trésoreries de nombre d'exploitations et qui ont amené le gouvernement à mettre en place, en octobre 2009, un plan d'urgence de 1,6 milliard d'euros.

Pour protéger les agriculteurs de ces fluctuations erratiques, le projet de loi – qui ne devrait pas être discuté au Parlement avant les élections régionales de mars – fait du "contrat écrit" la base des relations commerciales entre producteurs et acheteurs.

Ce type de texte doit permettre à l'agriculteur de connaître à l'avance les volumes de livraisons et le prix auquel sa production sera achetée, et ainsi de mieux anticiper d'éventuels retournements du marché. "Ces contrats fixent des prix, mais pas forcément des prix justes", nuance toutefois François Lucas, le président de la Coordination rurale.

Pour renforcer leur compétitivité et mieux peser face aux industriels et à la grande distribution, le texte doit également pousser à la fusion d'organisation de producteurs. Ainsi, dans les fruits et légumes, seules 50 % des 30 000 exploitations spécialisées adhèrent actuellement à l'une des… 285 organisations de producteurs de ce secteur, ce qui les fragilise grandement dans leurs négociations avec les quelques centrales d'achat de la grande distribution.

FREINER LA CONSOMMATION DE TERRES AGRICOLES

Outre le fort accent mis sur une politique alimentaire de qualité et diversifiée, le texte va aussi tenter de freiner la consommation de terres agricoles, dont 74 000 hectares disparaissent chaque année pour construire des routes, des habitations ou des zones commerciales. Dans chaque département, une commission spécialisée devra donner ainsi son avis avant tout déclassement de terres agricoles.

"Dans cette loi, il y a de la volonté, mais la question de la réelle efficacité reste à voir, juge-t-on à la FNSEA, le principal syndicat du secteur. Pour l'heure, les agriculteurs sont surtout accablés par l'effondrement de leurs revenus."

"Il ne faut pas trop capitaliser sur ce texte, prévient de son côté M. Lucas. La solution viendra moins de Paris que de Bruxelles", qui, jusqu'à présent, a parié sur l'autorégulation des marchés et a cherché à réduire de façon drastique la part de la politique agricole commune (PAC) dans le budget européen à partir de 2013.
Clément Lacombe

Fillon: «Je ne serai jamais candidat contre le président de la République»

Dans un livre qui sort jeudi, le Premier ministre explique aussi qu'il quittera ses fonctions avant la présidentielle de 2012...
Il dit tout. François Fillon quitterait Matignon «pas très longtemps avant les échéances (électorales) de 2012». Il suivrait ainsi un calendrier dont il a discuté avec Nicolas Sarkozy en mai 2008. Ces propos lui sont attribués dans un livre à paraître jeudi, La carpe et le lapin, signé par Alix Bouilhaguet, journaliste politique à France 2, dont l'express.fr publie mardi des extraits.


Selon l'ouvrage, ce calendrier aurait été évoqué lors d'un entretien avec le chef de l’Etat en mai 2008. «On s'est dit les choses sur les échéances à cette occasion-là. Et comme ça correspondait exactement à ce que j'avais toujours estimé être...», déclare aussi le Premier ministre.

«Le Premier ministre ne s’est jamais exprimé en ces termes»

Des propos démentis en fin de journée par Matignon. «Le Premier ministre ne s'est jamais exprimé en ces termes», a déclaré sa conseillère en communication Myriam Lévy, qui avait assisté à l'entretien du 28 août 2009 entre François Fillon et la journaliste auteur du livre. Interrogée par l'AFP, Alix Bouilhaguet a confirmé les propos qu'elle cite, précisant avoir enregistré la conversation.

Dans l'ouvrage, François Fillon révèle également qu'il a envisagé de démissionner en septembre 2007, quatre mois seulement après sa nomination à Matignon, quand la presse faisait état de fortes divergences entre les deux têtes de l'exécutif: «Je reconnais qu'à ce moment-là on a frôlé le clash. Vraiment.»

A l'été 2008, il confirme avoir encore pensé quitter la rue de Varenne, cette fois pour des raisons de santé, lorsqu'il souffrait de sérieux problèmes de dos: «J'y ai pensé, je me disais que je ne pourrais pas continuer comme ça.»

Parlant de la visibilité accrue des plus proches conseillers du président, l'une des pommes de discorde entre les deux hommes, François Fillon réaffirme aussi «que c'est une erreur. Ça n'apporte rien au président de la République. Rien du tout.»

Pas candidat en 2012, mais en 2017...

Sur son avenir politique, le Premier ministre écarte catégoriquement la possibilité de se présenter à la présidentielle de 2012, une nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy ne faisant à ses yeux aucun doute. «Je n'ai fait le deuil de rien du tout. Simplement je ne serai jamais candidat contre le président de la République. La question est assez éclaircie pour la prochaine fois.» Ce qui n’exclut rien concernant l'échéance de 2017.

Quant à une candidature à la mairie de Paris en 2014, hypothèse défendue par certains de ses proches, le chef du gouvernement ne se montre pas très enthousiaste: «C'est très loin quand même. Ce n'est pas mon option préférée.»

Quelques événements du 13 JANVIER

13 janvier 491
Mort de l'empereur Zenon l'Isaurique, prince hérétique, lâche et débauché, qui fut le tyran de l'Église et de l'Empire. On prétend qu'étant tombé dans un accès de mal caduc, l'impératrice Ariane, sa femme, le fit enterrer vif : il cria du fond de son tombeau qu'on vint le retirer ; les gardes lui répondirent que Basilique régnait à sa place. Il mourut enragé, après avoir mangé ses poings et ses pantoufles.

13 janvier 1151
Mort de l'abbé Suger. C'est le premier et le seul ministre de France, qui ait été honoré du glorieux nom de père de la patrie ; Louis le Jeune lui déféra ce beau titre de concert avec le peuple, en récompense de la sagesse avec laquelle il avait gouverné l'Etat, dont il avait été nommé régent, au départ de Louis pour la croisade.

13 janvier 1327
Déposition d'Édouard II, premier exemple d'un roi d'Angleterre déposé par l'autorité du parlement. Ce malheureux prince, vaincu par des sujets révoltés, se vit contraint de remettre la couronne, le sceptre et les marques de la dignité royale, entre les mains des députés de la nations. Cette formalité achevée, on procéda à la dégradation. Un nommé Trussel, juge, et qui, dans cette occasion, faisait office de procureur spécial du peuple, lut au roi l'acte qui déliait ses sujets de leur serment ; il est trop singulier, pour ne point trouver place ici : « Moi, Guillaume Trussel, procureur du parlement et de toute la nation Anglaise, je vous déclare en leur nom et en leur autorité, que je révoque et rétracte l'hommage que je vous ai fait, et, dès ce moment, je vous prive de la puissance royale, et proteste que je ne vous obéirai plus comme à mon roi. » S'il faut en croire Rapin de Thoiras, ce fut ce même Trussel qui, après le combat où Edouard fut fait prisonnier, se donna à lui et aux autres rebelles le barbare plaisir de faire raser ce prince avec de l'eau froide, tirée d'un fossé bourbeux. « Quoi que vous fassiez, dit alors le roi, vous ne m'ôterez pas l'usage de l'eau chaude. » Et des torrents de larmes coulèrent de ses yeux, ajoute cet historien. Après sa déposition, Edouard fut emprisonné, et mourut en prison au bout d'un an, d'un fer chaud que des scélérats lui enfoncèrent dans le corps.

13 janvier 1493
Christophe Colomb pense découvrir l'île des légendaires Amazones. Il rencontre ce jour les Ciguayos du nord de Haïti, dans le golfe des Flèches, qui lui parlent des îles de Carib et de Matinino. Il notera sur son journal de bord que cette dernière était habitée par des femmes seules auxquelles les hommes venaient rendre visite à certaines époques de l'année, venant de Carib ; que lorsqu'elles donnaient le jour à un garçon, celui-ci était envoyé dans l'île des hommes tandis que lorsqu'il s'agissait d'une fille, elles la gardaient dans la leur. Colomb envisage de se rendre sur ces îles pour ramener quelques autochtones et les montrer en Espagne. Pour cause d'avarie, il devra cependant rebrousser chemin. Les conquistadores associeront plus tard la légende des femmes de l'île de Martinino décrites par Colomb aux Amazones.

13 janvier 1595
François Ier fait interdire toute impression de livres en France sans autorisation. Il s'agit de la première censure officielle mondiale touchant les livres.

13 janvier 1631
Signature à Bärwalde, dans le marquisat de Brandebourg, du traité d'alliance pour cinq ans entre Louis XIII, roi de France, et Gustave Adolphe, roi de Suède, pour le rétablissement des princes d'Allemagne.

13 janvier 1687
Mort de Claude, le plus célèbre de tous les ministres protestants. Il était né dans le Rouergue. Il professa d'abord la théologie à Nîmes avec le plus grand succès ; il fut ensuite ministre de Charenton près de Paris, jusqu'en 1685, année de la révocation de l'édit de Nantes. Il passa alors en Hollande, où le prince d'Orange lui donna une retraite honorable à La Haye. Claude était regardé par son parti comme un oracle, et comme un émule digne des Bossuet, des Arnaud et des Nicole. Le premier ne dédaigna pas de se mesurer avec lui de vive vois, dans cette fameuse conférence qui se tint chez mademoiselle de Duras, et où ces deux athlètes déployèrent, l'un toute la force, et l'autre toutes les subtilités de la dialectique. L'honneur d'avoir été jugé digne par Bossuet d'un pareil tête-à-tête, suffit pour immortaliser Claude.

13 janvier 1691
Mort de George Fox, fondateur des Quakers. Cherchant à se rapprocher de la religion primitive, les Quakers s'habillaient toujours de couleur sombre, s'élevaient contre la danse, le théâtre et les jeux de hasard. Les hommes étant tous égaux, ils ne se découvraient devant personne, tutoyaient tout le monde, même les plus hauts magistrats, ce qui ne manquait pas de leur attirer quelques ennuis. Toujours dans cette recherche d'égalité, les imprimeurs quakers publiaient leurs livres sans aucune majuscule.

13 janvier 1791
Un décret républicain supprime le monopole et les privilèges des grands théâtres nationaux.

13 janvier 1898
Emile Zola publie dans l'Aurore une lettre ouverte adressée au président de la République, débutant celle-ci par le célèbre « J'accuse » et la terminant courageusement par : #171; Je n'ignore pas que je me mets sous les coups de la loi qui punit les délits de diffamation. Et c'est volontairement que je m'expose... J'attends ! » La seconde Affaire Dreyfus commençait.

13 janvier 1911
Un déséquilibré, nommé Sigrist, mutile, à Amsterdam, à coups de tranchet, la fameuse toile de Rembrandt : La Ronde de Nuit.

Le Grand Palais remonte à cheval

Le Grand Palais, à Paris, renoue avec son histoire. La maison Hermès proposera, les 3 et 4 avril 2010, une manifestation autour de l'univers du cheval, avec compétition et spectacle, qui se dérouleront dans la nef, devant 4 000 personnes. Connu aujourd'hui pour ses manifestations artistiques, le Grand Palais avait, à l'origine, une vocation plus éclectique. Dès son inauguration, en 1900, il accueillit notamment de nombreuses compétitions équestres, événements parisiens alors très prisés. Leur organisation fut abandonnée en 1957.

Rencontre avec les "Personnes" de Boltanski au Grand Palais



L'ART DU CHIFFON, DE L'ORDURE ET DE L'INUTILE CONCRET.

mardi 12 janvier 2010

M. Fillon rend un hommage teinté d'anti-sarkosyme à Séguin

"Philippe Séguin incarne une certaine idée de la politique, faite d'intégrité et de vision. Indifférent aux modes, étranger aux familiarités et aux paillettes qui abaissent le crédit des hommes publics, il opposait à la société du spectacle la culture et le sens de l'Histoire", a déclaré, mardi 12 janvier, le premier ministre François Fillon à l'Assemblée, en rendant hommage à celui qui en fut le président de 1993 à 1997, mort le 7 janvier.
Le chef du gouvernement, qui fut un proche du disparu décédé d'une crise cardiaque à l'âge de 66 ans, a salué "l'arbitre de nos différends" qui "ne fut ni l'homme de la droite, ni celui de la gauche mais l'homme de la République". "La République fut le fil de sa vie", a-t-il poursuivi devant les députés debouts, à propos d"'un homme qui pourfendait les inégalités sociales et les communautarismes".

"Contre le sectarisme, la laïcité. Contre le cynisme économique, le gaullisme social qui allie les forces de la liberté et celles de la solidarité. Contre le conservatisme, le goût de la modernité industrielle (...). Contre les corporatismes, l'intérêt général. Contre les divisions, l'unité nationale", a ajouté François Fillon. Philippe Séguin, dont les obsèques officielles ont eu lieu lundi aux Invalides, sera inhumé mercredi à Bagnols-en-Forêt, dans le Var, où sa famille s'était installée à son retour de Tunisie où il était né le 21 avril 1943.

Perpignan placé en état de siège pour l'arrivée du président Nicolas Sarkozy

Le président de la République est aujourd’hui à Perpignan pour ses vœux aux personnels de santé. Pendant son passage, la vie des habitants de la cité catalane est suspendue. Le temps de la visite présidentielle, une large partie du centre-ville est cadenassé. De l'hôpital au Palais des Congrès.

Ce matin, les usagers des bus de la ville n'ont pu utiliser les transport en commun que jusqu'à 7 h 30. Les bus de la CTPM ne circulent pas au-delà de cet horaire, afin de libérer les artères de la ville pour le cortège présidentiel. Reprise du trafic à 13 h 30.

Lundi après-midi, les hommes du service de Protection des hautes personnalités étaient en repérage. Accompagnées de la brigade de police motorisée de Perpignan,
les berlines sombres de ces hommes du Président reconnaissaient le parcours emprunté ce matin par Nicolas Sarkozy.

Les 600 barrières métalliques de la ville n'auront pas été suffisantes. Afin de sécuriser le périmètre d'1,6 km autour de l'hôpital et du palais des congrès, les communes du Barcarès et de Canet ont prêté 200 barrières supplémentaires, et 160, habituellement affectées au stade Aimé-Giral, ont été disposées autour de l'hôpital. Le square Bir-Hakeim, au pied du palais des congrès, a été doté d'un double barriérage. Double-barrières qu'on trouve aussi sur les boulevards Clemenceau et Leclerc.

Depuis hier, à Perpignan, c'est le ballet des véhicules de fourrière. Les interdictions de stationner, de lundi 8 h à ce soir 20 h, informent les riverains des risques d'enlèvement. Des agents municipaux ont même fait du porte-à-porte. Le quartier est bouclé jusqu'au parking Wilson qui n'accueillera plus aucun véhicule après 8 heures. Retour à la normale programmé pour 14 heures.

Mobilisés pour renforcer le dispositif de sécurité, les sapeurs-pompiers roussillonnais sont postés ce matin en différents lieux du centre-ville perpignanais.

La tablette d'Apple officialisée... par Orange

Fuite organisée ou boulette ? Le numéro deux de France Télécom a vendu la mèche sur la tablette Apple dotée d'une fonction visiophonie.
Elle sera commercialisée par Orange (entre autre) et elle possèdera des fonctions de visiophonie. Alors qu'Apple refuse de confirmer ou d'infirmer le lancement prochain d'une tablette multimédia tactile qui serait baptisée iSlate, ses partenaires s'en chargent. Le numéro deux et futur patron de France Télécom, Stéphane Richard, a vendu la mèche ce lundi matin lors d'une interview au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

Stéphane Richard, à l'instar de Didier Lombard la semaine dernière, s'est abord montré dithyrambique sur le mobile d'Apple : "L'iPhone est un appareil formidable. On en a vendu un peu plus de 200.000 en décembre à nous seuls, plus de 20.000 le 19 décembre. C'est un appareil extraordinaire parce que je crois qu'il a vraiment popularisé l'usage de l'Internet mobile."

Cet éloge fait, il a ensuite répondu sans tergiversation sur les rumeurs d'une tablette Apple dotée d'une webcam. A la question, est-ce que les usagers d'Orange en bénéficieront, il s'est montré on ne peut plus clair : "Bien-sûr, ils en bénéficieront, d'autant plus qu'avec la webcam on pourra se transmettre de l'image en temps réel. On va modernier en quelque sorte ce visiophone qu'on a connu il a quelques années."

Réponse sur les rumeurs autour de la tablette le 27 janvier - sans doute - date à laquelle Apple a prévu une conférence de presse.
ENCORE UN ABUS DE POSITION DOMINANTE, ORANGE EN EST COUTUMIER !!!

Sarah Palin, nouvelle commentatrice de la chaîne Fox News

L'ex-candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis Sarah Palin va être commentatrice sur Fox News, a annoncé la chaîne conservatrice qui appartient au magnat Rupert Murdoch dans un communiqué.
L'ancienne gouverneure de l'Alaska (nord-ouest des Etats-Unis) "a captivé tout le monde à travers tout l'échiquier politique, et nous sommes enthousiastes à l'idée que sa voix dynamique rejoigne l'équipe de Fox News", indique le communiqué. Le montant de ce contrat, "qui porte sur plusieurs années", n'est pas précisé.

Sarah Palin, qui aura 46 ans le 11 février prochain, fera des analyses politiques sur la chaîne, dont les orientations anti-Obama ne sont pas un secret. Elle présentera également certains épisodes d'une émission de télé-réalité intitulée De vraies histoires américaines, qui doit démarrer incessamment.

Sarah Palin, qui a démissionné de son poste de gouverneur en juillet dernier, plusieurs mois avant la fin de son mandat, a publié en novembre un livre autobiographique, intitulé Virer rebelle : une vie américaine, grand succès en librairie.

A QUAND SÉGO SUR BFM ?

lundi 11 janvier 2010

Incursion dans un monde bientôt perdu

Sur les rives de la Caura, une rivière située dans le sud du Venezuela, subsistent deux tribus indiennes qui ont conservé leur mode de vie. Plus pour longtemps sans doute, constate The New York Times.
Les chasseurs partent à l’aube pour traquer le tapir. Les rayons du soleil filtrent à travers le feuillage des arbres. Le danger rôde sur les branches sous la forme d’une fourmi qu’on appelle veinticuatro, parce que la douleur que provoque sa piqûre dure vingt-quatre heures. La peau abandonnée d’une vipère se décompose au sol. Les gémissements des singes hurleurs couvrent le bourdonnement des phlébotomes, ces tout petits insectes qui transmettent une maladie redoutable. Machette dans une main et fusil de chasse de calibre 16 dans l’autre, Romero montre au groupe de chasseurs la carcasse d’une anguille électrique de six pieds de long pêchée dans un ruisseau. Romero, 18 ans, appartient à la tribu des Ye’kuanas. Les chasseurs découpent une partie de la tête de l’anguille et la mangent rapidement pour s’assurer que la chasse est bonne. Peu de temps après, ils tombent sur un hocco, un gros oiseau qui ressemble à une dinde sauvage, et l’abattent aussitôt. Oublié du reste du monde, le bassin de la rivière Caura, qui couvre un territoire plus vaste que la Belgique, a été épargné par les chantiers de construction de barrages hydroélectriques. Quelque 3 500 indigènes appartenant à deux tribus, les Ye’kuanas et les Sanemas, y vivent. Sa forêt humide et ses savanes sont irriguées par les cours d’eau qui descendent des tépuis, immenses massifs tabulaires de grès.

Les Ye’kuanas et les Sanemas restent attachés à leur mode de vie ancestral en chassant le pécari, le singe-araignée et le tapir. Ils cultivent le manioc et utilisent un poison extrait du Lonchocarpus urucu, une variété de liane, pour pêcher. Mais leurs traditions sont de plus en plus menacées, et les anthropologues s’étonnent que leur culture demeure intacte. Parmi les énormes défis auxquels ils sont confrontés figurent le commerce illicite – et prospère – de la viande de brousse, les incursions des chercheurs d’or et le refus opposé par le gouvernement au souhait des habitants d’exercer un contrôle administratif accru sur leur territoire.

Les deux tribus ont survécu à d’innombrables épreuves. Au XVIIe siècle, des marchands d’esclaves caribéens menaient des raids dans la région pour capturer des esclaves et les vendre aux Néerlandais. Plus récemment, dans les années 1930, les Ye’kuanas et les Sanemas se sont livrés une guerre brutale, sans doute à cause des rafles qu’organisaient les seconds pour s’emparer des métaux et même des femmes appartenant aux premiers. Ces affrontements expliquent que dans certains villages ye’kuanas, des individus originaires de la tribu des Sanemas soient au service des Ye’kuanas.

Bizarrement, les forêts où vivent les deux tribus n’ont pas été abattues. Les historiens attribuent ce hasard à l’éloignement de la région de la Caura et à la dépendance accrue du pays envers une autre ressource naturelle : le pétrole. Des projets de barrages et de centres de recherche scientifique ont été élaborés, puis abandonnés.

On croise de moins en moins souvent les missionnaires et les anthropologues étrangers, autrefois nombreux à fréquenter la région. Ces dix dernières années, le président Hugo Chávez a expulsé les prosélytes américains en les accusant d’espionnage. Les efforts de préservation de la région ont donc été presque inexistants. C’est seulement aujourd’hui que le monde extérieur semble s’intéresser à ses forêts et cours d’eau.

Ainsi Maripa, un village d’environ 4 000 habitants situé à six heures de canoë d’Edowinña, offre-t-il une vision fugitive de ce que pourrait réserver l’avenir aux membres de ces deux tribus : l’assimilation. A Maripa, le “progrès” se manifeste par l’apparition d’un bidonville où vivent les Ye’kuanas qui ont quitté Chajuraña, un village situé dans les profondeurs de la forêt.

“Nous voulons de l’argent pour acheter des choses”, explique Silverio Flores, 49 ans, qui vit depuis trois ans à Maripa. “Peut-être pourrons-nous obtenir une allocation mensuelle quelconque.” Dans un relais routier du village, un commerçant illégal de viande sauvage fait l’inventaire de ses produits : tapir, agouti (un rongeur recherché), hocco et pécari. Les prix tournent autour de quatre dollars le kilo pour des animaux abattus par des braconniers. Malgré tout, les Ye’kuanas et les Sanemas continuent de cultiver, pêcher et chasser. Mais le jour où Romero González est parti à la chasse, il n’a vu aucun tapir. Le lendemain, des collègues sont passés en canoë près d’une clairière où des braconniers avaient laissé les restes d’un tapir fraîchement tué.

Tandis que les rapides font des remous autour de son canoë, Mocuy, un jeune Ye’kuana de 23 ans, résume ainsi la situation : “Appelez ça notre réalité… Appelez ça la fin de notre réalité, si ça ne cesse pas bientôt.”

AOL ferme ses portes en France

Une centaine de salariés vont être licenciés chez AOL France et AOL Advertising, la régie publicitaire du portail.

Le portail AOL France va fermer ses portes. Les salariés ont été avertis ce matin lors d'un Comité d'entreprise (CE) extraordinaire. Une centaine de salariés vont être licenciés chez AOL France et AOL Advertising, la régie publicitaire du portail, dans le cadre d'un plan de 2.500 départs au niveau mondial. Sur ce total, 1.100 départs volontaires ont déjà eu lieu. Les 1.300 autres licenciements seront liés à la fermeture de plusieurs bureaux européens dont l'Allemagne et la France. Seule certitude le Royaume-Uni et l'Irlande auront toujours leurs bureaux.

L'entreprise avait annoncé en novembre dernier des dépenses exceptionnelles de 200 millions de dollars pour financer la restructuration des activités. L'ancienne filiale du groupe de médias Time Warner a fait son entrer en Bourse en décembre alors que son chiffre d'affaires au troisième trimestre affichait un recul de 23 %, à 777 millions de dollars.

L'activité de fournisseur d'accès à Internet aux Etats-Unis continue naturellement de décliner puisque le groupe a cessé de promouvoir ses offres et s'en désengage. En Europe, toutes ces activités ont été cédées. Le chiffre d'affaires du portail Internet a chuté aussi. Les revenus publicitaires sont en baisse de 18 % sur le trimestre à 415 millions de dollars alors que Yahoo a affiché un recul de 12 % sur la même période et que ceux de Google ont progressé de 7%. AOL est donc l'acteur qui souffre le plus de la crise publicitaire sur Internet en cette rentrée.

AOL détenait une part de marché de 2,8 % seulement sur la recherche sur Internet au mois de novembre selon ComScore loin derrière ses rivaux Ask (3,8 %), Microsoft (10,3 %), Yahoo! (17,5 %) et Google (65,6 %). Skype et MySpace avaient également fermé leurs activités en France pour se recentrer sur le Royaume-Uni.

Hommage républicain à Philippe Séguin






Mort d'Eric Rohmer, légende du cinéma français

Avec Eric Rohmer, c'est une légende du cinéma français qui s'éteint. Comme toute légende, elle a sa part de lieu commun et sa part de vérité singulière. Vue d'un peu loin, ou prise en mauvaise part, l'œuvre d'Eric Rohmer fait ainsi le lit de deux jugements lapidaires. Le premier est que ce cinéaste serait le représentant d'une forme canonique du cinéma français, cantonnée à la parole, l'intimisme et le marivaudage. La seconde est que cet homme qui participa en première ligne à l'insurrection artistique mise en œuvre par la Nouvelle Vague serait par nature un classique contrarié. Vu d'un peu plus près, le cinéma de Rohmer ne dément pas ces jugements de manière catégorique, mais oblige à grandement les relativiser.Certes, Rohmer met en œuvre une conception très française de l'art, et du cinéma en particulier. Encore faudrait-il souligner la grandeur de cette tradition, sa subtilité spirituelle, son goût de l'impertinence et de la liberté. Dire plus encore l'intelligence avec laquelle le réalisateur a su la réinventer au cinéma, selon des paramètres qui engagent non seulement la parole, mais aussi bien, indissolublement associées à elle pour en faire jaillir l'esprit, une conception de l'espace et du temps, une incarnation des personnages, un frémissement de la chair, une sensibilité à la nature. "Je ne dis pas, je montre", revendiquait-il.

Quant au classicisme "rohmérien", il est trop entaché d'un refus des conventions, d'une inclination à la fantaisie et d'un goût de l'ambiguïté morale pour revendiquer pleinement ce statut.

Né Jean-Marie Maurice Schérer le 4 avril 1920, à Tulle, ce Corrézien devenu professeur de lettres se destine à une carrière littéraire, comme l'atteste la publication d'un premier roman en 1946, Elisabeth, sous le pseudonyme de Gilbert Cordier. C'est sous un autre pseudonyme et sous d'autres auspices artistiques qu'il fera carrière. Au ciné-club parisien du Quartier latin, qu'il anime dans les années 1950, il fait la rencontre de ses futurs compagnons de la Nouvelle Vague.

En 1957, le voici promu rédacteur en chef des Cahiers du cinéma. A côté des jeunes bourgeois dévergondés et autres graines de délinquants que sont Jean-Luc Godard, François Truffaut ou Claude Chabrol, Rohmer incarne la légitimité universitaire, le magistère de la haute culture. Sa pensée se distingue par le sens de la mesure, le goût de l'analyse. Il ne dédaigne pas pour autant, par haine du conformisme, certaines provocations qui le font passer pour plus réactionnaire que ses camarades.

Ses auteurs de prédilection sont notamment Howard Hawks, Jean Renoir ou Roberto Rossellini, sur l'œuvre desquels il signe d'une plume précieuse des articles pénétrants, recueillis pour certains d'entre eux dans un livre qui porte le titre d'un de ses textes: Le Goût de la beauté (éd. Cahiers du cinéma, 1994).

Ce prologue critique à sa carrière cinématographique préfigure la singularité de celle-ci. Rohmer, homme secret en retrait apparent du monde, obéit de toute évidence à un autre tempérament, une autre temporalité, que ses tempétueux compagnons. Il pense ainsi que la "conservation du passé garantit la possibilité de l'art moderne".

Son éviction des Cahiers du cinéma en 1963, sous les coups de boutoir d'un courant plus moderniste mené par Jacques Rivette, qui lui succédera à ce poste, marque cette différence, en même temps qu'elle signale l'implosion du petit groupe qui avait pris d'assaut la forteresse corporative et esthétique du cinéma français, chacun devant désormais mener seul sa barque. Eric Rohmer est celui qui est parti le plus tôt, réalisant dès 1950 ses premiers courts métrages. Son premier long, Le Signe du lion (1959), est un cruel apologue, qui met en scène un héros soudain déshérité dans le Paris estival. Le film ne trouve pas de distributeur et ne sort que trois ans plus tard, dans une relative indifférence.

POLITIQUE DES AUTEURS

Ainsi Rohmer est-il aussi celui qui se voit reconnaître le plus tardivement, avec le succès de Ma nuit chez Maud en 1969. Cette reconnaissance entérine la logique d'une œuvre dont la régularité et la viabilité ne seront partagées que par très peu d'auteurs de cette génération, Alain Resnais s'imposant sans doute comme le meilleur point de comparaison, selon des modalités sensiblement différentes.

Loin des montagnes russes chabroliennes ou de la révolution permanente godardienne, Rohmer est une incarnation exemplaire de cette politique des auteurs promue par la Nouvelle Vague, dont il se pourrait bien que notre époque porte aujourd'hui le deuil, en même temps qu'elle accompagne le cinéaste à sa tombe.

L'un des principes formels qui ont permis cette joie et cette curiosité incessamment renouvelées des retrouvailles avec ses films est celui de la série, empruntée à ce monde littéraire dont il était féru. Il s'agit encore d'inscrire fortement une démarche d'auteur, par les variations que la série autorise autour d'un même thème, et qui permet au spectateur de déceler la pérennité dans le changement, et vice versa. Trois cycles se succéderont. Les "Contes moraux": La Boulangère de Monceau (1962), La Carrière de Suzanne (1963), La Collectionneuse (1967), Ma nuit chez Maud (1969), Le Genou de Claire (1970), L'Amour l'après-midi (1972). Les "Comédies et proverbes": La Femme de l'aviateur (1981), Le Beau Mariage (1982), Pauline à la plage (1983), Les Nuits de la pleine lune (1984), Le Rayon vert (1986), L'Amie de mon amie (1987). Enfin, dans les années 1990, les "Contes des quatre saisons".

La transparence et le dépouillement de la mise en scène, servie par des acteurs confirmés (Jean-Claude Brialy, André Dussollier), ou plus souvent débutants (Fabrice Luchini, Pascal Greggory), la tenue des dialogues, l'attention portée aux lieux, conspirent ici à l'élaboration d'un style unique qui porte l'aveuglement sentimental, la sophistique du désir comme le miracle de la vraie rencontre à leur plus haut degré d'incertitude et de charme.

Qui ne se souvient de Ma nuit chez Maud, tenu à juste raison pour l'un des sommets de cette œuvre? Un homme (Jean-Louis Trintignant), moralement engagé avec une femme (Marie-Christine Barrault) en rencontre une autre (Françoise Fabian), pour laquelle il éprouve une irrésistible attirance. La longue nuit passée à ses côtés lui fera-t-elle trahir son serment? Sur le papier, voilà bien la tarte à la crème du dilemme amoureux. Chez Rohmer, cela donne un film hivernal et brûlant, dont l'effet de fascination naît du mélange d'austérité et de sensualité qui le caractérise. Aimantation pulsionnelle des corps et atermoiements de la morale conduisent à une sorte d'électrisation mentale, d'érotisation totale du langage.

Entre ces séries, le cinéaste se permet quelques excursions. Epures stylisées de quelques classiques de la littérature occidentale avec La Marquise d'O (1976), d'après Heinrich von Kleist, Perceval le Gallois (1978), d'après Chrétien de Troyes, ou Les Amours d'Astrée et Céladon (2007), d'après Honoré d'Urfé, fantaisie pastorale gorgée de sève juvénile, qui sera son dernier film. Ou de rares incursions directes et tardives dans l'Histoire avec sa grande hache. Cela produit deux œuvres d'une puissance déconcertante, rétives aux émancipations comme aux aliénations collectives: L'Anglaise et le Duc (2000) pour la Révolution française, et Triple Agent (2004) pour le prologue de la seconde guerre mondiale.

Cette prolifique carrière apparaît comme le fruit d'un curieux mélange entre deux principes antagonistes: la sagesse et la folie. La première tient à la manière dont Eric Rohmer a très tôt construit son autonomie artistique en fabriquant des films peu chers qui trouvent leur public, et en créant, dès 1962, une société de production à laquelle s'adosser, Les Films du losange. La seconde tient à une morale de fabrication d'une austérité tout à la fois altière et bricoleuse, un jansénisme de la prise directe couplé à une jouissance effrénée de la liberté ainsi conquise, en compagnie des nombreuses jeunes filles en fleurs qui peuplent ses films. Là réside sans doute le mystère de son cinéma, comme le secret de sa longévité.
Jacques Mandelbaum

Des tags "anti-minarets" sur le domicile du maire de Strasbourg

Le domicile du maire socialiste de Strasbourg Roland Ries a été tagué ce week-end d'inscriptions à caractère islamophobe, et notamment "anti-minaret", une affaire qui suscite l'indignation de la classe politique locale.Les inscriptions "Non aux minarets" et "Ries connard" ont été découvertes dimanche matin sur la façade de la maison où M. Ries est locataire d'un appartement, a précisé le vice-procureur Laurent Fabre.
"Il y avait également, en guise de signature, une croix celtique", symbole couramment utilisé dans les milieux d'extrême droite, a-t-il ajouté, précisant qu'une enquête avait été ouverte. "Les voisins n'ont rien vu et il n'y a pas de vidéo-surveillance dans cette rue", a observé le magistrat. Les inscriptions ont été rapidement effacées par les services municipaux.

En novembre, suite à la polémique qu'avait suscitée en France la "votation" suisse sur l'interdiction des minarets, M. Ries avait déclaré publiquement qu'il ne voyait "aucune raison" d'interdire aux musulmans de Strasbourg de doter d'un minaret leur future mosquée, actuellement en construction. Le chantier en cours de réalisation, approuvé par la précédente municipalité UMP, ne prévoit pas de minaret.

"ON PEUT ESPÉRER QUE CE SOIT UN ACTE À CARACTÈRE ISOLÉ"

Selon son directeur de cabinet, Patrick Pincet, M. Ries, qui n'était pas chez lui ce week-end, devrait déposer plainte. "Il était à la fois gêné pour ses voisins et un peu inquiet quant à la tournure que peut prendre un débat sur une question certes sensible, mais qui vient le chercher jusque chez lui, ce qui n'est pas dans la tradition politique française", a déclaré M. Pincet. "On peut espérer que ce soit un acte à caractère isolé, même s'il y a une signature politique."

Roland Ries a reçu le soutien de plusieurs élus municipaux et notamment du tandem UMP auquel il a succédé à la tête de la municipalité.
L'ancienne maireFabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin, a qualifié d'"inadmissible" l'inscription de ces "tags insultants". L'ancien maire adjoint et actuel chef de file de l'opposition, Robert Grossmann, a condamné "avec la plus extrême fermeté (cette) agression par tags".
PERSONNELLEMENT JE NE VEUX PAS DE MINARET EN FACE DE CHEZ MOI, J'AI DÉJÀ LA CHEMINÉE D'UN CRÉMATORIUM, ALORS...ÇA VA.

Sarkozy promet de "tout faire" pour la sécurité des écoles

Nicolas Sarkozy s'est déclaré, lundi 11 janvier, "profondément bouleversé" par la mort, vendredi, d'un lycéen du Kremlin-Bicêtre poignardé par un camarade, et a promis de "tout mettre en œuvre pour empêcher que de tels actes se reproduisent".

"Comme chacun d'entre vous, cet événement m'a profondément bouleversé. Nous devons penser à la famille d'Hakim, à ses parents, à ses frères et sœur, si douloureusement atteints en ce début d'année. Je veux leur dire que toute l'institution sera à ses côtés pour les soutenir, leur apporter toute l'assistance et l'aide morale que nous pourrons leur donner", a déclaré M. Sarkozy au début de ses vœux à l'éducation et à la recherche.
"Je veux dire aussi que cette tragédie est d'autant plus odieuse, d'autant plus inacceptable, qu'elle s'est déroulée au cœur même d'un établissement scolaire. S'il y a bien un lieu qui doit être protégé de toute forme de violence, un lieu qu'entre tous il faut sanctuariser, c'est bien l'école", a poursuivi le chef de l'Etat.

"Hélas, on ne pourra jamais se prémunir totalement contre les folies de la nature humaine, mais nous continuerons à tout mettre en œuvre pour empêcher que de tels actes se reproduisent." Le jeune Hakim, 18 ans, a été poignardé vendredi dans son lycée du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) par un camarade du même âge lors d'une rixe.

Hausse pour les forfaits et les cartes, baisse pour les incidents des paiement

Les nouvelles plaquettes tarifaires éditées par les banques en ce début d'année montrent que les frais bancaires vont augmenter pour plusieurs postes en 2010, notamment pour les cartes bancaires.

· Les forfaits

Les associations de consommateurs mettent fréquemment les clients en garde sur les prix des forfaits bancaires comprenant différents produits et services. Dans sa dernière étude, l'association Consommation, Logement et Cadre de Vie (CLCV) a ainsi noté que le recours à un « pack » avait souvent pour effet d'augmenter la facture du client, pourtant loin d'utiliser tous les services qu'il contient. Les prix des forfaits sont d'ailleurs souvent orientés à la hausse cette année. Au CIC par exemple, les prix des contrats d'entrée de gamme Essentiel et Global augmentent respectivement de 8,3 % et 10 %. Les contrats destinés aux jeunes Starts Jeunes Actifs et Parcours J voient eux leurs prix progresser de 10 % et 25 % ! Les autres contrats, Patrimoine Actif et Cap Transat, restent inchangés. A la Société Générale, l'offre Jazz est en hausse pour 3 types de cartes sur 4 (de + 2 % à + 3 %). L'offre destinée aux jeunes, elle, est en baisse (4,05 euros par mois, - 12 %). A BNP Paribas, l'offre Esprit Libre est également en hausse pour tous les types de cartes.

· Les cartes

Quand les cartes sont prises en dehors du forfait, les tarifs sont également plutôt orientés à la hausse. C'est notamment le cas pour toutes les cartes de la BRED, que ce soit pour la carte nationale à débit immédiat (38,40 euros, + 3,8 %) ou différé (48 euros, + 3,2 %), comme pour la carte internationale à débit différé (129 euros, + 2,4 %). A la Société Générale, la plus forte hausse revient à la carte nationale à débit immédiat (38 euros, + 5,5 %). Au Crédit Agricole Ile-de-France, la plupart des cotisations restent inchangées, sauf pour les Visa et MasterCard à débit différé (+ 2,7 %, à 45 euros) ou pour la Platinum MasterCard (+ 5,3 %, à 285 euros). Bonne nouvelle, les coûts des retraits d'espèces dans les DAB d'établissements concurrents semblent en revanche plutôt décliner.

· Les incidents de paiement

La loi instituant le droit au logement opposable a posé le principe du plafonnement des frais bancaires consécutifs à un incident de paiement. Elle est entrée en vigueur au printemps dernier. Ainsi, les frais perçus à l'occasion du rejet d'un chèque ne peuvent excéder un montant de 30 euros pour les chèques inférieurs ou égal à 50 euros et un montant de 50 euros pour les chèques supérieurs à 50 euros. Certains appliquent désormais des frais qui sont même légèrement inférieurs : respectivement 28 et 43,66 euros à La Banque Postale, ou 21,30 et 41,30 euros à la BRED, qui a nettement diminué ses tarifs sur ce poste. A la Société Générale, les commissions en cas d'intervention de l'agence (insuffisance de provision, présentation d'un ordre de paiement irrégulier, opposition administrative, etc.) sont en baisse (8,60 euros par opération, dans la limite de 3 par jour, au lieu de 8,90 euros, soit - 3,4 %).

· Les prélèvements automatiques et les virements

En ce qui concerne l'opposition sur prélèvement et cartes, le changement est radical pour la plupart des établissements bancaires avec la gratuité annoncée, alors que les frais d'opposition pouvaient dépasser parfois les 20 euros. Une évolution due à la nouvelle réglementation de la DGTPE dans le cadre de la directive sur les services de paiement, entrée en vigueur le 1er novembre. Certaines plaquettes, qui ne seront changées qu'en cours d'année (comme la Caisse d'Epargne Ile-de-France), ne l'annoncent pas encore. Concernant l'émission des virement occasionnels, la tendance reste à l'augmentation pour ceux effectués dans une agence bancaire. C'est le cas à la BRED et chez BNP Paribas (hormis de compte à compte, qui restent gratuits).

· L'épargne

C'est généralement là que sont logés les freins les plus importants à un changement d'établissement bancaire pour un client actif. Ainsi, transférer un PEL, un CEL ou un PEA peut coûter cher (au minimum 45 euros). Si, au CIC ou chez BNP Paribas, ils ne bougent pas, ils sont en revanche étonnamment en hausse à la BRED (+ 4 % pour les CEL et PEL), mais aussi à la Caisse d'Epargne Ile-de-France (+ 1,5 %, à 81,20 euros). Une étude menée en 2008 par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) estime « que, en l'état des textes et des régimes juridiques fiscaux relatifs à ces produits, il y avait peu d'améliorations à attendre à court terme », la gestion de ces transferts se faisant manuellement, étant souvent très complexe et représentant des charges élevées pour les établissements de crédit.

· Les autres prestations

Ce sont surtout les frais de recherche de documents qui augmentent, notamment chez BNP Paribas, La Banque Postale, la BRED et la Caisse d'Epargne Ile-de-France. Hausse également pour les émissions de chèque de banque à la BRED (+ 4,4 %, à 9,50 euros) et au CIC (+ 2,08 %, à 12,25 euros), l'un des plus chers en la matière. Enfin, chez LCL, qui affiche par ailleurs une importante stabilité de ses tarifs, la plus importante hausse concerne la location de coffre-fort (+ 2,4 %, à 86 euros l'année).
R. R. ET G. M., Les Echos

Apple distingué par Greenpeace

Nokia et Sony Ericssion sont en tête du guide des produits électroniques les plus écolo établi par l'association. Mais la firme à la pomme a fait de gros progrès.
Apple s'est propulsée au sein du classement établi par Greenpeace, dans son Guide pour une high-tech responsable.

Alors qu'il y a encore trois ans, le firme à la pomme avait été tancée pour les matériaux utilisés et son manque de transparence - critiques qui avaient quelque peu provoqué des remous au sein de l'entreprise -, elle a cette fois décroché une distinction pour ses progrès en matière d'écologie, et ce dans l'ensemble de sa gamme de produits ; elle est ainsi passée d'une note moyenne de 2,7 à 5,1 et se classe au cinquième rang de cette quatorzième édition du palmarès vert, quand il y a encore quelques mois, elle était au onzième rang.

Reste encore à la société californienne à fournir davantage d'efforts en termes d'informations sur ses initiatives environnementales et responsables ; le groupe a d'ailleurs pris plusieurs initiatives, au cours des derniers mois, pour communiquer sur le bilan écologique de son activité.

Toshiba et Philips sont également distingués par le classement Greenpeace pour leurs progrès. Dans le même temps, Nokia et Sony Ericsson affichent respectivement des score de 7,3 et 6,9 tandis que Microsoft recule à 2,4 (contre 2,7 l'année dernière) et que Nintendo reste bon dernier à 1,4.

Quant à Dell, qui avait annoncé son intention d'éliminer tout recours aux matériaux composites d'ici à la fin 2009, il est sanctionné pour promesses non tenues. Il passe ainsi au 14e rang.

La semaine dernière, l'association écologique a profité de la tenue du salon de l'électronique à Las Vegas pour inviter les fabricants à faire encore mieux que ce que la réglementation exige actuellement. "Sony Ericsson et Apple demandent déjà aux institutions européennes de soutenir une interdiction" de matières plastiques ignifugées au bromure ou au chlore" a cité comme exemple de bonne conduite, un porte-parole de Greenpeace, en demandant à ce que "d'autres grands acteurs, comme HP ou Dell, silencieux jusqu'à présent, ainsi qu'Acer, doivent s'assurer que cette interdiction soit adaptée par le parlement européen".
VALERIE LANDRIEU

La classe politique rendra hommage à Philippe Séguin aux Invalides

L'ensemble de la classe politique et les plus hautes autorités de l'Etat, à commencer par le président Nicolas Sarkozy, rendront, lundi à partir de 15 heures, un hommage solennel aux Invalides à Philippe Séguin. Pour honorer cette figure du gaullisme social qui a occupé des postes majeurs de la République, c'est l'église Saint-Louis des Invalides, nécropole des gloires militaires, qui a été choisie. Les obsèques religieuses seront célébrées par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, dans "l'église des soldats".
De nombreuses personnalités de droite comme de gauche devraient être présentes. Outre le président Sarkozy, seront là les anciens présidents Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing, le premier ministre François Fillon, dont Philippe Séguin fut le mentor, des anciens premiers ministres, tels Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin et les présidents de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et du Sénat Gérard Larcher. Ministres et responsables politiques de tous bords devraient être également au rendez-vous. Après la cérémonie religieuse, le chef de l'Etat prononcera un discours d'hommage dont certains passages devraient être inspirés par son conseiller spécial Henri Guaino, qui fut très proche de Philippe Séguin.

Après cette cérémonie aux Invalides, Philippe Séguin sera inhumé mercredi dans le caveau familial de Bagnols-en-Forêt, un petit village du Var situé au nord de Fréjus Saint-Raphaël, où sont installés des membres de sa famille, dont son demi-frère. Il y sera inhumé aux côtés de sa mère décédée en octobre 2009 et de ses grands-parents. A l'indépendance de la Tunisie, Philippe Séguin, né à Tunis en 1943, et sa mère s'étaient installés dans le Var.