TOUT EST DIT

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lundi 5 septembre 2011

L’Europe sera cosmopolite ou coulera

Etat-nation ou fédération : pour le sociologue Ulrich Beck, ce choix binaire classique pour l'avenir de l'Union est dépassé. Il est temps de lui donner un caractère cosmopolite, plus ouvert et démocratique. 

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le processus d’unification européen avait un objectif précis : "plus jamais ça !". Il s’agissait de faire d’anciens ennemis de bons voisins. A présent que ce miracle s’est réalisé, la paix sur le continent n’est plus un thème fédérateur. Cela ne fait plus aucun doute : le projet européen a urgemment besoin d’une nouvelle raison d’être. Il y a trois thèses.

Première thèse :

La refondation de l’Europe ne peut attendre car l’Union est aujourd’hui travaillée par trois processus autodestructeurs qui se renforcent mutuellement : la xénophobie, l’anti-islamisme et l’hostilité à l’Europe. Les critiques de "l’islam" – qui abuserait des libertés occidentales – parviennent à faire le lien entre la xénophobie et une forme de discernement. Il est tout d’un coup possible de se dire opposé à l’immigration au nom de la sagesse.
Avec les plans de sauvetage des pays d’Europe du sud s’est développée une nouvelle forme de ressentiment nationaliste ainsi qu’une dangereuse logique de conflit et de répartition. Les pays renfloueurs doivent imposer des plans d’une telle rigueur que le remède semble pire que le mal pour Athènes. Les Grecs ont l’impression d’être soumis à un "diktat de l’UE" qui déroge à leur indépendance autant qu’à leur fierté nationales. Des deux côtés, le processus nourrit la haine de l’Europe.
De toutes parts, on s’en prend au "doux monstre de Bruxelles", pour reprendre la formule de Hans Magnus Enzensberger. Derrière ces mots se cache la conviction que nous faisons tout, tout seuls. Ce "nous" étant un "nous, Allemands", "nous, Français" et peut-être "nous, Luxembourgeois".
Voilà le nouveau grand mensonge, la nouvelle "lucidité" allemande. Partout, on parle de l’Europe comme si l’Allemagne en était entièrement indépendante. La question est alors enfin posée : et si l’Union européenne s’effondrait vraiment ? Combien cela nous coûterait-il de recréer douze monnaies nationales, de réinstaurer des contrôles et des douanes aux frontières, de reformer vingt-sept espaces réglementaires ?

Deuxième thèse :

L’Europe ne souffre ni de la crise de l’euro, ni du manque de volonté pour une union politique, ni de l’absence de grand mouvement citoyen européen. Tout cela ne sont que les symptômes d’un autre mal, plus profond. L’Europe est victime d’un malentendu sur elle-même. En effet, le grand objectif "d’Etats-Unis d’Europe" transforme tous ses pays membres en rivaux implacables qui remettent en question leur existence réciproque. Tant que l’alternative sera "l’Europe ou les Etats nations" et qu’une troisième solution restera hors de question, tous les discours sur "l’Europe" ne pourront qu’inspirer la crainte.

Troisième thèse :

La "troisième voie impossible" consisterait à faire une Europe et une Allemagne cosmopolites. Il s’agit alors de clairement établir la distinction entre nation et nationalisme. Tous ceux qui, face à la déliquescence de l’Europe, prônent un "retour à la nation", font preuve de naïveté autant que d’anti-patriotisme. Ils sont naïfs car ils omettent du parler du coût phénoménal que représenterait la disparition de l’UE, et leur comportement est anti-patriotique parce qu’il fait courir un danger à l’Allemagne alors que l’avenir de l’Allemagne est dans un cosmopolitisme, source de progrès tant pour l’Allemagne que pour l’Europe.
Une Allemagne cosmopolite aurait besoin d’un nouveau concept de souveraineté. L’Europe, en effet, ne décourage pas les nations, elle les renforce. Les Etats membres peuvent faire entendre leur voix dans l’espace européen et au-delà. Ils peuvent directement influer sur les résultats de la politique européenne. La résolution de leurs problèmes nationaux – criminalité, immigration, environnement, agriculture, coopération scientifique et technologique – est possible grâce à la puissance cumulée de l’UE.
Une Allemagne cosmopolite aurait également besoin d’un nouveau concept identitaire et d’intégration permettant aux citoyens de vivre ensemble, au-delà des frontières, sans sacrifier les différences et les particularités de chacun sur l’autel de l’homogénéité nationale. La diversité de l’Europe en termes de langues, de modes de vie, d’art, de formes de démocratie, doit être synonyme d’ouverture au monde de la conscience nationale allemande, et non perçue comme une menace.
Il s’agit enfin de décider du sort de l’Union européenne, ou plus précisément du sort de la Grèce et de ses répercussions pour l’Allemagne. Pour reprendre la formule de Willy Brandt, les peuples "allemands et européens sont désormais, et espérons à jamais, inséparables".
Il est temps de transférer la Causa Europa des têtes nationales aux pieds du cosmopolitisme. L’éternelle crise européenne est une occasion à saisir pour les responsables politiques allemands ! Une nouvelle politique européenne, inventer un nouvel alphabet européen dans l’ABC des réglementations financières, environnementales et sociales, voilà qui pourrait être au cœur du projet d’une coalition gouvernementale rouge-verte. L’UE ne serait plus un "doux monstre" mais une Europe sociale des travailleurs et des citoyens, une Europe transparente et fondamentale aux yeux des citoyens, capable d’apporter sa propre légitimation démocratique et ses réponses politiques aux problèmes mondiaux. Une Europe qui rend leur voix aux citoyens. Mais où se trouve le Willy Brandt de l’Europe ?

jeudi 1 septembre 2011

Pour une nouvelle voie allemande

Face à la crise et la révolte de jeunes, il n'y a qu'une solution : plus d'Europe. Une politique qu'Angela Merkel doit avoir le courage d'élever au rang de priorité, aussi importante que l'Ostpolitik des années 1970, estime le sociologue Ulrich Beck. 

La politique européenne de l’Allemagne s’apprête à prendre un tournant aussi important que l’Ostpolitik [le réchauffement des relations avec le bloc soviétique] au début des années 1970. Le mot d’ordre était alors "le changement par le rapprochement", il pourrait être aujourd’hui "davantage de justice par davantage d’Europe".
Dans les deux cas, il s’agit de surmonter une division, entre l’Est et l’Ouest autrefois, entre le Nord et le Sud aujourd’hui. La menace existentielle qui pèse sur l’Europe, posée par la crise financière et la crise de l’euro, a fait reprendre conscience aux Européens qu’ils ne vivaient pas en Allemagne, ou en France, mais en Europe. La jeunesse européenne fait pour la première fois l’expérience de sa "destinée européenne" : mieux formée que jamais et nourrissant de grandes espérances, elle se trouve confrontée au déclin des marchés résultant de la crise économique et des menaces de faillite pesant sur les Etats. Un jeune Européen de moins de 25 ans sur cinq est sans emploi.
Là où ils ont planté leurs villages de tentes et donné de la voix, ces représentants diplômés du précariat réclament davantage de justice sociale – un appel qui a été pacifique, mais néanmoins ferme, en Espagne, au Portugal, mais aussi en Tunisie, en Egypte et en Israël (contrairement à la Grande-Bretagne). L’Europe et sa jeunesse se retrouvent dans la colère engendrée par une classe politique qui sauve les banques à coups de milliards mais galvaude l’avenir de sa jeunesse. Si la crise de l’euro ruine les espoirs de la jeunesse européenne, quel avenir restera-t-il à une Europe vieillissante ?

Vaincre ensemble ou perdre seul

La crise financière aura réussi au moins une chose : à catapulter tout le monde (experts et politiques compris) dans un univers que personne ne comprend plus. Du côté des réactions politiques, deux scénarios extrêmes entrent en concurrence. Un premier scénario hégélien qui offre une occasion historique à la "ruse de la raison" au vu des menaces engendrées par le "capitalisme-risque" mondial. C’est l’impératif cosmopolite : coopérer ou sombrer, vaincre ensemble ou perdre seul.
Dans le même temps, notre incapacité à contrôler les risques financiers (et le réchauffement climatique, et les flux migratoires) permet aussi un scénario calqué sur la pensée de Carl Schmitt, un jeu de pouvoir stratégique qui, avec la normalisation de l’état d’urgence partout dans le monde, ouvre la porte aux politiques ethniques et nationalistes.
Paradoxalement, l’Union européenne est victime de son succès. Un grand nombre d’acquis sont devenus tellement naturels pour les Européens qu’ils ne les remarqueraient probablement que le jour de leur disparition. Il suffit d’imaginer un retour des contrôles aux frontières, la disparition d’une législation commune sur les produits alimentaires, la suppression d’une liberté d’opinion et d’expression fondée sur les mêmes critères dans tous les pays membres (que transgresse aujourd’hui la Hongrie, s’exposant ainsi aux remontrances de l’UE) ; ou d’imaginer que l’on soit à nouveau obligé de changer de l’argent et de mémoriser les taux de change quand on part à Budapest, Copenhague ou Prague, mais aussi Paris, Madrid et Rome. L’Europe est devenue comme une seconde peau, et c’est peut-être pour cela que nous sommes prêts à mettre son existence en jeu sans sourciller.
Il faut que nous regardions la réalité en face et que nous reconnaissions que l’Allemagne partage désormais le destin de l’Europe. Contrairement à la destinée commune imposée à deux rivaux comme les États-Unis et la Chine, le destin commun de l’Europe repose sur un droit commun, une monnaie commune, des frontières communes, mais aussi sur le principe du "plus jamais !" Au lieu de se retourner un passé prestigieux, l’UE veille à ce que le passé ne se répète jamais. Au lieu de se transformer en super-Etat ou en un mécanisme qui, dans le meilleur des cas, représenterait des intérêts nationaux éclairés, l’UE a trouvé une troisième voie. Son rôle premier est celui de chef d’orchestre. Elle facilite les interconnexions entre des engagements et des entités qui incluent des Etats, mais aussi des organisations transnationales et des collectivités municipales et régionales, ainsi que des structures de la société civile.

Angela Merkel et l'euro-nationalisme allemand

Le fonds de sauvetage destiné aux pays du Sud a fait naître une logique de conflit entre les pays prêteurs et les pays emprunteurs. Les pays donateurs sont contraints d’imposer chez eux des programmes d’austérité qui les poussent à exercer des pressions politiques insoutenables sur les pays débiteurs. Résultat, ces derniers ont ainsi l’impression d’être soumis à un diktat de l’UE qui bafoue leur autonomie nationale et leur dignité. Ces deux phénomènes attisent la haine de l’Europe au sein même de l’Europe, car celle-ci apparaît à tous comme un carcan.
Dans cette Europe en crise perpétuelle, le conflit sur les modèles d’avenir pose les questions suivantes : dans quelle mesure le mouvement d’indignation des jeunes dépasse-t-il les frontières nationales et promeut-il la solidarité ? Dans quelle mesure le sentiment d’être laissé-pour-compte conduit-il à une expérience générationnelle et à de nouvelles initiatives politiques ? Quelle attitude les employés, les syndicats, le cœur de la société européenne, adoptent-ils ? Quels grands partis, par exemple en Allemagne, trouveront le courage d’expliquer aux citoyens à quel point l’Europe leur est nécessaire ?
Angela Merkel préfère suivre Hegel et les détours de la raison. Pour prendre la métaphore de la danse, elle fait deux pas en arrière, un pas sur le côté, avant le numéro farcesque de la volte-face éclair, tempéré par un petit pas en avant. Au son d’une musique que ni les Allemands ni les autres Européens ne peuvent ni entendre, ni comprendre. Car là où Helmut Kohl mettait en garde contre une Europe allemande, à laquelle il préférait une Allemagne européenne, Angela Merkel défend un "euro-nationalisme" allemand : l’Europe est censée se relever au contact de la gouvernance à l’allemande et de la politique économique de Berlin.

Repenser l'avenir de l'Europe

Dans un contexte de crise financière, la politique européenne devrait jouer le même rôle que l’Ostpolitik dans l’Allemagne divisée des années 1970 : une politique de rapprochement par-delà les frontières. Pourquoi l’intégration économique des pays débiteurs comme la Grèce et le Portugal fait-elle autant de vagues alors que les milliards injectés dans la réunification sont passés comme une lettre à la poste ? Il ne s’agit pas seulement de payer les pots cassés. Il s’agit de repenser l’avenir de l’Europe et sa place dans le monde.
La création d’euro-obligations ne trahirait pas les intérêts de l’Allemagne. Pourquoi l’Europe ne devrait-elle pas introduire une taxe sur les transactions financières qui ne ferait vraiment de mal à personne, pas même aux banques, mais qui bénéficierait à tous les pays membres en donnant une marge de manœuvre financière à l’Europe sociale et écologique, en garantissant aux travailleurs la sécurité dans toute l’Europe – et répondrait ce faisant aux grandes attentes des jeunes Européens ?
Dans le même temps, le menuet d’Angela Merkel pourrait également créer les conditions d’un futur projet politique associant les sociaux-démocrates et les Verts. Dès que le SPD et les Verts auront fait passer l’idée qu’une Europe sociale ne se résume pas à un esprit mercantile introverti, mais relève plutôt – selon l’argument de Hegel – d’une nécessité historique, le SPD lui-même reprendra du poil de la bête et renouera avec les succès électoraux. A condition cependant qu’il ait le courage de faire de l’Europe sa priorité, comme l’Ostpolitik voilà une bonne quarantaine d’années.

samedi 2 juillet 2011

L’Europe sera cosmopolite ou coulera

Etat-nation ou fédération : pour le sociologue Ulrich Beck, ce choix binaire classique pour l'avenir de l'Union est dépassé. Il est temps de lui donner un caractère cosmopolite, plus ouvert et démocratique. 

A l’issue de la Seconde Guerre mondiale, le processus d’unification européen avait un objectif précis : "plus jamais ça !". Il s’agissait de faire d’anciens ennemis de bons voisins. A présent que ce miracle s’est réalisé, la paix sur le continent n’est plus un thème fédérateur. Cela ne fait plus aucun doute : le projet européen a urgemment besoin d’une nouvelle raison d’être. Il y a trois thèses.

Première thèse :

La refondation de l’Europe ne peut attendre car l’Union est aujourd’hui travaillée par trois processus autodestructeurs qui se renforcent mutuellement : la xénophobie, l’anti-islamisme et l’hostilité à l’Europe. Les critiques de "l’islam" – qui abuserait des libertés occidentales – parviennent à faire le lien entre la xénophobie et une forme de discernement. Il est tout d’un coup possible de se dire opposé à l’immigration au nom de la sagesse.
Avec les plans de sauvetage des pays d’Europe du sud s’est développée une nouvelle forme de ressentiment nationaliste ainsi qu’une dangereuse logique de conflit et de répartition. Les pays renfloueurs doivent imposer des plans d’une telle rigueur que le remède semble pire que le mal pour Athènes. Les Grecs ont l’impression d’être soumis à un "diktat de l’UE" qui déroge à leur indépendance autant qu’à leur fierté nationales. Des deux côtés, le processus nourrit la haine de l’Europe.
De toutes parts, on s’en prend au "doux monstre de Bruxelles", pour reprendre la formule de Hans Magnus Enzensberger. Derrière ces mots se cache la conviction que nous faisons tout, tout seuls. Ce "nous" étant un "nous, Allemands", "nous, Français" et peut-être "nous, Luxembourgeois".
Voilà le nouveau grand mensonge, la nouvelle "lucidité" allemande. Partout, on parle de l’Europe comme si l’Allemagne en était entièrement indépendante. La question est alors enfin posée : et si l’Union européenne s’effondrait vraiment ? Combien cela nous coûterait-il de recréer douze monnaies nationales, de réinstaurer des contrôles et des douanes aux frontières, de reformer vingt-sept espaces réglementaires ?

Deuxième thèse :

L’Europe ne souffre ni de la crise de l’euro, ni du manque de volonté pour une union politique, ni de l’absence de grand mouvement citoyen européen. Tout cela ne sont que les symptômes d’un autre mal, plus profond. L’Europe est victime d’un malentendu sur elle-même. En effet, le grand objectif "d’Etats-Unis d’Europe" transforme tous ses pays membres en rivaux implacables qui remettent en question leur existence réciproque. Tant que l’alternative sera "l’Europe ou les Etats nations" et qu’une troisième solution restera hors de question, tous les discours sur "l’Europe" ne pourront qu’inspirer la crainte.

Troisième thèse :

La "troisième voie impossible" consisterait à faire une Europe et une Allemagne cosmopolites. Il s’agit alors de clairement établir la distinction entre nation et nationalisme. Tous ceux qui, face à la déliquescence de l’Europe, prônent un "retour à la nation", font preuve de naïveté autant que d’anti-patriotisme. Ils sont naïfs car ils omettent du parler du coût phénoménal que représenterait la disparition de l’UE, et leur comportement est anti-patriotique parce qu’il fait courir un danger à l’Allemagne alors que l’avenir de l’Allemagne est dans un cosmopolitisme, source de progrès tant pour l’Allemagne que pour l’Europe.
Une Allemagne cosmopolite aurait besoin d’un nouveau concept de souveraineté. L’Europe, en effet, ne décourage pas les nations, elle les renforce. Les Etats membres peuvent faire entendre leur voix dans l’espace européen et au-delà. Ils peuvent directement influer sur les résultats de la politique européenne. La résolution de leurs problèmes nationaux – criminalité, immigration, environnement, agriculture, coopération scientifique et technologique – est possible grâce à la puissance cumulée de l’UE.
Une Allemagne cosmopolite aurait également besoin d’un nouveau concept identitaire et d’intégration permettant aux citoyens de vivre ensemble, au-delà des frontières, sans sacrifier les différences et les particularités de chacun sur l’autel de l’homogénéité nationale. La diversité de l’Europe en termes de langues, de modes de vie, d’art, de formes de démocratie, doit être synonyme d’ouverture au monde de la conscience nationale allemande, et non perçue comme une menace.
Il s’agit enfin de décider du sort de l’Union européenne, ou plus précisément du sort de la Grèce et de ses répercussions pour l’Allemagne. Pour reprendre la formule de Willy Brandt, les peuples "allemands et européens sont désormais, et espérons à jamais, inséparables".
Il est temps de transférer la Causa Europa des têtes nationales aux pieds du cosmopolitisme. L’éternelle crise européenne est une occasion à saisir pour les responsables politiques allemands ! Une nouvelle politique européenne, inventer un nouvel alphabet européen dans l’ABC des réglementations financières, environnementales et sociales, voilà qui pourrait être au cœur du projet d’une coalition gouvernementale rouge-verte. L’UE ne serait plus un "doux monstre" mais une Europe sociale des travailleurs et des citoyens, une Europe transparente et fondamentale aux yeux des citoyens, capable d’apporter sa propre légitimation démocratique et ses réponses politiques aux problèmes mondiaux. Une Europe qui rend leur voix aux citoyens. Mais où se trouve le Willy Brandt de l’Europe ?