TOUT EST DIT

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mercredi 14 septembre 2011

Des marchés vraiment trop réactifs

Parler ou ne pas parler ? Que dire ou ne pas dire ? La crise financière est décidément un casse-tête pour nos gouvernants. Ils semblent perdus face à des marchés qui sursautent à la moindre rumeur, sur-réagissent au silence comme à une déclaration ou à un démenti. Au final, pour faire remonter un temps les cours, la simple annonce d'une téléconférence avec le premier ministre grec en fait autant que l'évocation d'une aide des grands pays émergents à l'Europe. Si le yoyo actuel a tendance à faire perdre leurs nerfs aux bourses, le tandem Sarkozy-Merkel doit garder les siens plus que jamais. Surtout après les dégâts produits par l'attentisme et les divisions de leurs partenaires européens, sans oublier les fuites dans leurs entourages. Un sacré champ de mines, dont nul en Europe y compris à Bruxelles, n'a réussi à prendre la mesure. Même le tabou ultime, la faillite partielle de la Grèce, n'est désormais plus exclu, illustrant l'absence d'une ligne directrice et d'un leadership affirmé. On comprend mieux la tentation du président de revenir à la politique nationale et à sa candidature, sujets qu'il maîtrise bien mieux : en promettant des places de prison et des mineurs délinquants encadrés par des militaires, il a fait réagir tout le monde et fâche Ségolène Royal. De la vraie communication électoraliste aux accents classiquement sécuritaires, qui ne coûte rien et dont personne n'est vraiment dupe. C'est bien plus simple que de parler aux marchés financiers. Eux exigent des projets clairs et financés, des résultats rapides et concrets. Et ils votent tous les jours à la Bourse, pas dans neuf mois…

dimanche 20 mars 2011

Des frappes aériennes, et après ?

L'intervention tardive d'une coalition hétéroclite a donc commencé en Libye. On y trouve surtout des pays ayant de vieux comptes à régler avec le dictateur de Tripoli plus que des nations unanimement mobilisées pour défendre le droit à la démocratie d'une population en rébellion. Et à l'heure des premières frappes, chacun peut s'interroger sur la portée de cet engagement face à un adversaire dont la capacité de nuisance et l'habilité à rebondir ont fait leurs preuves depuis 40 ans. La seule zone d'exclusion aérienne ne suffit déjà plus, et le premier tir a eu lieu contre un véhicule terrestre menaçant la population. Les chars et lance-roquettes font en effet autant de victimes et de dégâts que des bombes d'aviation. Surtout ils occupent le terrain, à la différence des missiles et autres patrouilles de Rafale. Car l'axiome d'un conflit moderne demeure toujours le même, de la bataille d'Angleterre aux conflits en ex-Yougoslavie et à l'Afghanistan : une guerre contre un ennemi décidé, et Kadhafi a démontré qu'il l'est, se gagne et se consolide au sol. En s'engageant dans un affrontement armé, même légitime, la France et l'Angleterre ainsi que leurs alliés laissent beaucoup de questions sans réponses. Comment éviter des victimes collatérales ? Que veulent-ils et peuvent-ils faire concrètement en Libye ? L'objectif est-il d'obtenir le retrait de Benghazi, la destruction des armes lourdes du régime, ou le départ de Kadhafi et ses proches ? Comment réunifier le pays sans guerre civile ? Quelle politique avec les tribus et les actuels soutiens du satrape de Tripoli ? Comment maintenir l'ordre dans un pays désertique propice à la guérilla ? Les leçons de l'Irak devraient pourtant avoir été retenues. Dire qu'on veut instituer la démocratie ne suffit pas, il faut surtout en réunir les conditions locales. Cela aura un coût et exigera inévitablement du temps et des souffrances…