TOUT EST DIT

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samedi 3 août 2013

Trappes: les trois trahisons de François Hollande


Le chef de l’État s’est servi des banlieues comme d’un réservoir de voix, au mépris de leurs habitants et de leurs demandes légitimes.
Contrairement à ce que pense la majorité socialiste, les émeutes de Trappes ne doivent pas être prises à la légère. Il faut en saisir toute la portée : à la suite d’un contrôle de police portant sur une femme qui ne respectait pas la loi, des mouvements d’une rare violence se sont déroulés à l’encontre des représentants de l’État. Ces faits, d’une extrême gravité, révèlent une crise dans certains quartiers et un profond malaise dans notre République. Ils montrent surtout la triple trahison de François Hollande.
La première, c’est d’avoir menti aux habitants des quartiers. La situation de Trappes, comme la difficulté sociale, économique, urbaine et morale des “banlieues”, n’est pas nouvelle : elle relève de notre responsabilité collective et de l’indifférence des gouvernements de gauche comme de droite pendant de très longues décennies. Sauf qu’il existe entre la gauche et la droite une différence majeure : Nicolas Sarkozy, lui, a toujours dit ce qu’il pensait, quitte à choquer, et il a agi en conséquence, sans mentir.
Alors qu’il était candidat, François Hollande a, quant à lui, manipulé les habitants des quartiers : il a multiplié les promesses, la main sur le coeur et les yeux emplis de larmes de crocodile, jurant qu’avec lui les banlieues seraient plus joyeuses, plus vertes, plus confiantes. Quelle fable ! Le 6 mai 2012, à 20 h 01, il leur avait déjà tourné le dos. Avec un cynisme total et assumé, il a fait des banlieues une chair à canon électorale : les socialistes ne s’intéressent jamais autant aux plus défavorisés que lorsqu’ils ont besoin de leurs voix.
La deuxième trahison du président, c’est de saper l’autorité de la République et de nier l’insécurité qui existe dans nos quartiers. La fonction suprême de nos gouvernants est de faire appliquer la loi, quoi qu’ils pensent de celle-ci. Comment peut-on transmettre le sens du vivre ensemble quand la majorité elle-même nie la loi, vante la transgression, relativise ce qui est interdit, minimise la délinquance quotidienne et ne joue pas son rôle d’exemple pour la société ?
Ce comportement n’est ni anodin ni isolé. Il se répand dans toutes les sphères de la société, à commencer par l’éducation, le coeur du problème — et de la solution ! — dans nos quartiers : en octobre dernier, M. Peillon, chargé de l’Éducation nationale, proposait à nos enfants de fumer tranquillement leurs joints ; les enseignants eux-mêmes se sentent lâchés par leur hiérarchie dès qu’ils tentent de faire preuve d’autorité ; la loi du silence est la règle la mieux partagée au sein de nos institutions scolaires. Quel exemple pour nos enfants !
Les habitants des quartiers ne réclament pas de différence de traitement, ils ne veulent ni misérabilisme ni victimisation. Ils demandent, comme partout, le respect de l’autorité pour leur sécurité ; ils revendiquent de pouvoir réussir par leur seul mérite dans les mêmes conditions que tout le monde, sans être renvoyés au statut d’assisté que la gauche affectionne tant…
La troisième trahison de François Hollande, c’est d’avoir affaibli la laïcité. Pendant des années d’opposition, le premier secrétaire du Parti socialiste s’est opposé systématiquement à l’ensemble des projets portés par l’UMP. François Hollande, comme Jean-Marc Ayrault, a refusé de voter le texte de Jean-François Copé interdisant le port de la burqa. L’actuel président de la République a dénoncé la « stigmatisation », balayant d’un revers de main les angoisses d’une large partie de nos concitoyens. Ils font les frais, aujourd’hui, de son comportement irresponsable.
Par ces trahisons, la gauche est coupable. Coupable d’aggraver le climat d’impunité, coupable d’accentuer le malaise identitaire et coupable d’entraîner la perte de repères dans nos quartiers populaires. Coupable de ne porter ni espoir ni ambition. Pendant cinq années, la gauche n’a eu de cesse d’attaquer Nicolas Sarkozy, organisant minutieusement un travail de sape de l’autorité républicaine et des tentatives de renouer avec la République du mérite et du respect ; elle s’est faite l’alliée objective de tous ceux qui travaillent à affaiblir la cohésion nationale et la République. Insidieusement, la gauche a trahi les quartiers populaires. Elle a trahi la République.

François Hollande : la spirale inéluctable du déclin économique

François Hollande s’est trompé (encore une fois me direz-vous) : sur le niveau de la croissance, sans cesse révisé à la baisse ; sur les déficits dont il a fallu reporter l’objectif de 3% à 2016 ; sur l’équilibre des comptes sociaux qui continuent de dériver dangereusement (15 milliards en 2012 pour le régime général de la Sécurité sociale) ; et sur le chômage qui a explosé depuis un an avec 300 000 demandeurs d’emplois en plus.

Ces résultats, en totale contradiction avec les annonces effectuées, étaient malheureusement inscrits dès les premières mesures prises en juin 2012.
Le collectif budgétaire, suivi de la loi de finances pour 2013, a en effet crée un choc fiscal de près de 40 milliards d’euros soit 2,7% du PIB, les entreprises en supportant la moitié alors que leur taux de marge s’était déjà effondré à un record historiquement bas de 28% contre 40% pour les entreprises allemandes.
N’allons pas chercher ailleurs les causes de la stagnation qui risque de déboucher sur une dépression : la faible confiance qui persistait a été remise en cause par des mesures fiscales qui ont aggravé la récession, la baisse du pouvoir d’achat et de la consommation, la chute de l’investissement et de la production.
En 2014, la France ne devrait pas retrouver son niveau de production industrielle d’avant 2008 : aucun autre pays à économie comparable ne sera dans ce cas.
La crise économique récente a mis en lumière de manière criante l’absence de réformes structurelles dans notre pays : aucune réforme de l’Etat ; aucune remise en cause du système de protection sociale en déficits chroniques ; une augmentation constante des dépenses publiques pour atteindre le record de 57% du PIB ; une croissance sans précédent des prélèvements obligatoires qui, avec 46% du PIB, placent la France sur la plus haute marche du podium ; une rétractation de la sphère productive due au manque de compétitivité de notre économie avec à la clé un chômage industriel massif et un déficit commercial record.
Face à cette urgence, les recettes du docteur Hollande sont dignes des médecins de Molière : on saigne le malade alors qu’il apparaît déjà très faible et anémié. La ponction fiscale attendue en 2014 (10 milliards d’euros ?), qui ne prend pas en compte les mesures de ponction relatives au rééquilibrage des comptes de l’assurance-vieillesse, va encore aggraver cette situation : la préférence française pour l’impôt et la dépense publique va accentuer la rétractation de l’appareil de production national.
Les expédients à caractère public (contrats aidés notamment ; crédit impôt-compétitivité) n’auront que peu d’impact sur la conjoncture même si, comme avec une drogue, le paradis artificiel de la stagnation du chômage peut être atteint.
François Hollande a choisi la déflation par l’impôt, a écarté tout choc massif de compétitivité, a tourné le dos aux réformes : le résultat sera à la mesure de ses erreurs.
Nous attendions un Gerhard Schröder à la française, nous aurons un Georges Papandréou à la corrézienne.

Le rebétiko, nouvel eldorado des archéomusicologues

Nouvel eldorado des archéomusicologues : la Grèce, et sa musique des bas-fonds, le rebétiko, compilé sur quelques nouveautés renversantes.

Les signes ne trompent pas. Depuis une dizaine d’années, le label anglais JSP, spécialisé dans les compilations de musiques d’avant-guerre, lui a consacré plusieurs coffrets indispensables. Au milieu des années 2000, Alex Kapranos, le leader de Franz Ferdinand, a maintes fois chanté ses louanges. En 2004, l’Américain (d’origine italo-grecque) Jim Sclavunos (batteur des Bad Seeds de Nick Cave) signait dans le Guardian un bel article sur le sujet (sous le titre éloquent “Tellement bon qu’ils l’ont interdit”).

En 2010, le très hype label américain Mississippi Records sortait un vinyle de la diva Marika Papagika (interprète en 1919 de Smyrneiko Minore, considérée comme la chanson la plus triste du monde). L’année dernière, l’Italien Vinicio Capossela lui consacrait son nouvel album – avec une version ramenée au pays de Misirlou, le tube surf-rock de Dick Dale popularisé par la BO de Pulp Fiction en 1994.
Le rebétiko, donc. Une musique née il y a un siècle dans les tavernes, les bordels pour marins et les prisons d’Athènes. Très loin des clichés folkloriques de mecs en jupe qui jouent du bouzouki et font la danse du mouchoir pour des touristes pétés à l’ouzo, une musique de l’intérieur, des bas-fonds infréquentables, qui parle de sexe, de drogue, de meurtres et de gangsters. Une musique historique aussi, liée aux soubresauts de l’indépendance du pays, aux guerres contre la Turquie, à la Première Guerre mondiale, chrétienne miséreuse, forcée après 1920 de quitter la Turquie pour s’installer en Grèce.
Pour le public occidental, le rebétiko est présenté comme une forme européenne du vieux blues. Ce n’est pas faux. Mais c’est surtout, dans son instrumentation et ses mélodies, une musique hautement influencée par le Moyen-Orient, par l’héritage culturel de l’Empire ottoman. “Je suis turc par la naissance, grec par les origines, et américain parce que mon oncle a fait un voyage”, disait Elia Kazan en ouverture de son chefd’oeuvre America America.
Cette musique en noir et blanc tragique raconte plus ou moins la même histoire. Et le coffret ultime vient d’arriver d’Amérique, conçu sous forme de livre-disque par le toujours essentiel label d’Atlanta Dust-To-Digital.Greek Rhapsody compile une quarantaine d’instrumentaux gravés sur 78t entre 1905 et 1956, au-delà du seul rebétiko et des frontières de la Grèce – pas mal de titres ont été enregistrés à Istanbul ou New York, peut-être par des oncles d’Elia Kazan. Des pépites exceptionnelles, merveilleusement nettoyées (la vieille musique a rarement aussi bien sonné), extraites d’un filon qui va de la Turquie aux Balkans en passant par Hawaii – la mode de la guitare hawaïenne dans les années 30 était arrivée jusqu’aux oreilles des Grecs.
L’autre gros morceau, c’est le coffret Beyond Rembetika du label JSP, qui ratisse la musique antique de la région de l’Epire (à la frontière entre la Grèce et l’Albanie). En grec, “épire” veut dire continent. Et c’est la révélation d’un continent oublié, presque cent morceaux enregistrés entre deux guerres mondiales et une multitude de conflits régionaux, qui suintent la virtuosité et la tragédie, comme un jazz sans l’insouciance. Une musique sophistiquée sur la forme, brute et violente sur le fond : magnifique. Pour finir, les esthètes garderont de la place pour Five Days Married & Other Laments, un autre disque qui résume le coffret précédent, sous une pochette dessinée par Robert Crumb.
Albums Greek Rhapsody (Dust-To-Digital/Differ-ant), Beyond Rembetika(JSP/ Socadisc), Five Days Married & Other Laments (Angry Mom Records/Orkhestra)


L’Europe a trop peur de l’échec


Le refus de l’Europe d’abandonner ses institutions défaillantes paralyse son redressement. Le continent devrait prendre exemple sur la ville américaine de Detroit, qui a récemment déclaré faillite, et laisser échouer les causes perdues, selon un journaliste du Financial Times.
La faillite de Detroit – une métropole autrefois remarquable – suit de quelques années seulement celle de General Motors, le légendaire constructeur automobile de Motown, comme on surnomme la ville. Ces deux débâcles sont le résultat de décennies d’échecs accumulés, parmi lesquels l’incapacité à regarder la réalité en face plus tôt.
Si l’Europe – et notamment la zone euro – veut sortir de la crise, elle doit adopter la méthode américaine
Elles symbolisent également l’avantage considérable des Etats-Unis par rapport à l’Europe : sa capacité à accepter plus facilement d’abandonner les causes perdues pour permettre à des activités plus prospères de croître. Accepter de laisser mourir les entreprises vouées à l’échec est une force, pas une faiblesse. Si l’Europe – et notamment la zone euro – veut sortir de la crise, elle doit adopter la méthode américaine et appliquer le dicton “qui aime bien châtie bien”.
Il est naturel d’être ébranlé lorsque les géants chancèlent. La dette de General Motors s’élevait à 172 milliards de dollars (130 milliards d’euros). Celle de sa ville natale pourrait atteindre 20 milliards de dollars, selon Kevyn Orr, l’administrateur public chargé de gérer la crise. L’essentiel de cette somme représente des pertes endurées par des personnes qui étaient convaincues que leurs paiements seraient honorés. Cette situation est bien évidemment injuste et on ne peut pas en vouloir aux créanciers floués de faire tout leur possible pour obtenir leur dû, comme en témoignent les demandes déposées par les syndicats de Détroit auprès du gouvernement fédéral.
Dans l’ensemble, toutefois, les Etats-Unis se sont habitués à laisser les choses se faire, en tout cas davantage qu’en Europe. Ça n’a pas toujours été le cas. En 1975, lorsque New York était sur le point de déclarer faillite, le président Gerald Ford aurait déclaré “allez crever !” (il n’aurait en fait jamais prononcé ses mots tristement célèbres), même si finalement, la ville a bénéficié de prêts de sauvetage. Mais au cours des dernières années, les Etats-Unis ont plutôt choisi de renvoyer des banques (Lehman Brothers et de nombreux établissements plus petits), de grands secteurs essentiels à l’économie (l’industrie automobile) ou encore de nombreuses municipalités au tribunal des faillites le plus proche.
L’Amérique châtie autant qu’elle aime. Aux Etats-Unis, prendre un risque et échouer ne sonnent pas le glas, car il est honorable de reprendre le dessus. La faillite est l’occasion de prendre un nouveau départ et dans la culture américaine, on se relève pour continuer à se battre. Le dynamisme économique américain doit beaucoup à l’attitude qui consiste à pardonner la prise de risque.

Aucune prise de risque

Pour les Européens, l’insolvabilité est entachée d’infamie. Faire faillite signifie traditionnellement que l’on n’est plus digne de confiance – c’est une honte qu’il faut cacher en quittant le monde des affaires à tout jamais et même (autrefois) en mettant fin à ses jours. Cette conception transparaît encore dans des règles archaïques, comme la période de faillite de douze ans imposée à l’Irlande (une échéance qui est enfin remise en question).
L’Europe juge la notion de défaut de paiement intolérable
Paradoxalement, si cette allergie culturelle à l’échec restreint la prise de risque, elle entraîne tout de même des politiques qui viennent porter secours à ceux qui ont effectivement pris de grands risques ayant abouti à un échec. L’Europe juge la notion de défaut de paiement intolérable. Si intolérable qu’au cours de la crise actuelle, elle a préféré prendre en charge les dettes des pays en faillite. Et elle subit les conséquences de cette décision.
Dans le cas de la Grèce, le choix était clair. Les Etats créanciers n’ont pas hésité à qualifier d’inacceptable la mise en œuvre d’un plan de sauvetage. Mais, l’idée qu’un Etat européen souverain risque de ne pas rembourser ses dettes s’est avérée encore plus inacceptable. Ainsi, des prêts venus de la zone euro – et du Fonds monétaire international, contraint et forcé – ont servi à retarder le jugement dernier.
Il s’est passé la même chose avec les banques. En 2010, le gouvernement irlandais a fait tout son possible pour pallier les incohérences des bilans de ses banques, et ce avec l’argent des contribuables, au lieu de déclarer ces établissements insolvables, de protéger les petits épargnants et de charger les créanciers de résoudre le problème. Lorsque Dublin s’est rendu compte que les fonds publics ne suffiraient pas, ses partenaires de la zone euro l’ont forcé à souscrire de nouveaux prêts auprès d’eux, afin de poursuivre le sauvetage. L’aversion pour la faillite a déformé les politiques vis-à-vis des banques, en Espagne et ailleurs.

Lents à tirer des conclusions

La réalité a contraint les Européens à changer d’avis, comme c’est souvent le cas in fine. La dette publique grecque a fini par faire l’objet d’une restructuration – mais pas avant qu’une grande partie des avantages liés à cette méthode ne soient perdus et non sans prétendre que les porteurs d’obligations pouvaient y souscrire volontairement. Dans le cas de Chypre, les pays d’Europe du nord n’ont pas réussi à encaisser l’idée de porter secours aux épargnants russes, même si les sommes concernées étaient réduites.
Même ces leçons prennent du temps à être assimilées. En 2010, les Etats-Unis se sont donnés le pouvoir de freiner les banques et d’imposer des pertes à leurs créanciers. La plupart des gouvernements de l’UE n’ont pas encore adopté ce type de législation cruciale. Il va se passer des années avant qu’ils y soient contraints par Bruxelles, même si la nécessité d’une requalification de la dette est admise par tous, en théorie.
Il est impossible de savoir combien d’argent la zone euro aurait pu économiser
Il est impossible de savoir combien d’argent la zone euro aurait pu économiser si elle avait appliqué une politique pragmatique de restructuration de la dette dès le début de la crise. En revanche, les années d’absence de croissance – par rapport au rythme modeste mais honnête auquel les Etats-Unis sont sortis de la crise – sont en partie dues à l’excédent de dettes qui demeure en Europe. Alors que l’ampleur des dettes au sein de l’économie américaine a énormément diminué, la population recommence à consommer. L’Europe est freinée par des banques dont les réserves de capitaux sont trop faibles – c’est le résultat d’un refus de convertir la dette en actions lorsque les autres sources de capitaux tarissent.
L’Europe peut rétorquer que la pire de toutes les faillites – celle de Lehman Brothers – a montré les dégâts engendrés par la tendance américaine àlaisser faire. Ce n’est pas faux, mais les Américains et les Européens ont cependant tiré des leçons différentes de ce choix. Les Etats-Unis se sont employés à mettre fin à la devise “trop grand pour sombrer” (bien qu’ils aient encore du chemin à parcourir). Jusqu’à la crise chypriote, l’Europe faisait le contraire et traitait même les plus petites banques comme si leur faillite serait aussi catastrophique que celle de Lehman Brothers.
F. Scott Fitzgerald a écrit : “Il m’est arrivé de penser qu’il n’y avait pas de deuxième acte dans les vies américaines, mais il allait à coup sûr y en avoir un dans la grande épopée du boom new-yorkais.” Fitzgerald avait en tête le crash de 1929 qui a interrompu les années folles. L’Europe doit suivre l’exemple que les Etats-Unis lui ont montré à de nombreuses reprises : laissez le deuxième acte arriver, puis un troisième suivra le moment venu. C’est ce qui s’est passé pour General Motors et c’est certainement le sort qui attend Détroit.

Prison à vie pour Ariel Castro

Prison à vie pour Ariel Castro


Ariel Castro, 53 ans, a eu beau plaider qu’il n’était pas un « monstre », le juge Michel Russo lui a promis qu’il ne sortirait jamais de prison, en lui infligeant la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de prison de… 1 000 ans.
Condamné à la prison à vie jeudi, pour avoir séquestré et violé pendant une décennie trois jeunes femmes – Michelle Kinight, Armanda Berry et Gina DeJesus, enlevées alors qu’elles n’avaient respectivement que 20, 16 et 14 ans – dans sa maison de Cleveland (Ohio), Ariel Castro, l’ancien chauffeur de bus scolaire d’origine portoricaine qui, pour échapper à la peine de mort, avait plaidé coupable de 937 chefs d’accusation (enlèvements, viols et meurtre aggravé pour avoir mis fin à la grossesse d’une de ses victimes en la rouant de coups), n’a apitoyé ni convaincu personne de son « innocence », de sa « folie ».
Il a bien essayé de se faire passer pour un malade mental en parlant de son addiction, sa dépendance, à la pornographie (il a répété, comme excuse, avoir été agressé sexuellement lorsqu’il était jeune et être devenu accro au sexe et à la pornographie à la suite de cette agression) « au point que cela me rend impulsif et que je ne réalise pas que ce que je fais est mal », personne n’est tombé dans le panneau de la compassion envers ce tortionnaire.
D’autant plus difficiles à croire, sa demande de pardon et ses regrets, qu’Ariel Castro a assuré fermement qu’il « n’a jamais battu ces femmes ». Et d’affirmer sans rire : « Je ne les ai jamais torturées. (…) La majorité des relations sexuelles qui ont eu lieu dans cette maison, presque toutes, étaient consenties. Dire que je les ai forcées est complètement faux. Il y a même des fois où elles demandaient. (…) Je ne suis pas une personne violente. (…) Il y avait même une harmonie dans cette maison. »

A chacun son enfer

Ces déclarations décousues faisaient suite au témoignage poignant de Michelle Knight, aujourd’hui âgée de 32 ans. Une jeune femme brisée à vie qui a raconté en pleurs devant la cour et son bourreau le calvaire qu’elle a vécu dans cette maison (dans la cave) de l’horreur de Cleveland.
« J’ai vécu onze ans d’enfer, maintenant votre enfer ne fait que commencer. (…) La peine de mort serait beaucoup trop facile, vous ne la méritez pas », a-t-elle promis à son tortionnaire, la voix tremblante et les larmes aux yeux. « Je surmonterai ce qui s’est passé [Michelle Knight s’est trouvée quatre fois enceinte durant sa captivité] », a-t-elle poursuivi en ajoutant : « Je peux vous pardonner mais je ne pourrai jamais oublier toutes ces nuits où j’étais seule, où j’avais peur, tous les jours, de tout ce qui pouvait m’arriver à moi et aux autres filles. Je vivrai (…) pendant que vous mourrez à petit feu chaque jour en pensant aux onze années et aux atrocités que vous nous avez infligées. (…) Vous méritez de passer votre vie en prison. »
Pas de pitié ni d’excuses pour Ariel Castro. « Monsieur, il n’y a pas de place ni dans cette ville, ni dans ce pays, ni en fait dans ce monde, pour ceux qui réduisent les autres à l’esclavage, pour ceux qui agressent sexuellement et brutalement », a lancé le juge Michel Russo.
Ariel Castro finira sa vie en prison.

Désormais, l’enfer est à lui !

OGM, énergie : Hollande sur des charbons ardents


En déplacement en Dordogne, le président a tenu à rassurer encore ses alliés Verts, malgré les oppositions des agriculteurs et des industriels.
D'un côté une manifestation des antigaz de schiste ce samedi en Seine-et-Marne et des écologistes remontés comme des coucous depuis que le Conseil d'État a annulé jeudi l'interdiction du maïs modifié de Monsanto pour cause de non-conformité au droit européen. De l'autre, des agriculteurs et des industriels qui peinent à croire qu'en période de crise le gouvernement choisisse de les priver de tels gisements de croissance. Sur les dossiers ultrasen­sibles des gaz de schiste et des OGM, la pression se fait chaque jour plus forte sur François Hollande. Le voilà qui avance comme sur une ligne de crête. Comment concilier des intérêts si divergents?
Les pieds nickelés sortant prendre des vacances
En déplacement vendredi après-midi dans des exploitations agricoles de Dordogne, le président a tenu à rassurer les alliés du PS sur les OGM. «Il y aura, a-t-il promis, une prolongation du mora­toire» sur le maïs transgénique de Monsanto. «Pourquoi avons-nous fait le moratoire sur les OGM? Non pas parce que nous refusons le progrès, mais au nom du progrès. Nous ne pouvons pas accepter qu'un produit, un maïs, puisse avoir des conséquences défavorables sur les autres productions», a justifié le président. Conscient de la difficulté de la tâche, Hollande a toutefois admis qu'il était nécessaire de «sécuriser juridiquement cette décision sur le plan national et surtout sur le plan européen». À défaut, le Conseil d'État casserait le nouvel arrêté d'interdiction, comme il l'a fait le 1er août avec celui qui avait été pris par l'ancienne majorité, début 2012. Le gouvernement doit trouver la parade. Et ce, «avant les prochains semis» d'avril 2014, comme l'a indiqué le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.
Manifestement, le président a choisi. À quelques mois des municipales, alors que les sondages sont au plus bas pour l'exécutif et que la majorité est fissurée, il s'emploie à ne pas froisser ses alliés Verts. Tant pis pour les agriculteurs qui réclament que soit engagée une véri­table réflexion sur le sujet des OGM ou pour les entreprises qui, à tort ou à raison, voient dans les gaz de schiste d'importants relais de croissance.

Messages contradictoires

Au PS, certains s'inquiètent de l'influence grandissante des Verts sur la politique gouvernementale. Le député PS du Nord Christian Bataille dénonce ainsi «cette stratégie de concession systématique» à Europe Écologie-Les Verts, «parti de l'immobilisme, voire de la régression».
Longtemps, Hollande a tergiversé sur ces dossiers chers aux écologistes, surtout sur celui des gaz de schiste, entretenant à dessein l'ambiguïté sur sa position et envoyant des messages contradictoires. Peu avant son départ du gouvernement,Delphine Batho avait d'ailleurs dénoncé une «ambiguïté permanente» sur les gaz de schiste. Après avoir annoncé, en septembre 2012, l'annulation de sept demandes de permis d'exploration, en raison de soupçons sur un éventuel recours à la fracturation hydraulique, interdite en France depuis une loi votée en 2011 par la précédente majorité, Hollande avait deux mois plus tard entrouvert la porte. «La recherche continue. On ne peut pas empêcher la recherche sur d'autres techniques» que la fracturation hydrau­lique, avait-il lancé en novembre 2012, au cours de sa première grande conférence de presse tenue à l'Élysée. «Aujourd'hui, elle n'a pas abouti. Mais elle n'est pas interdite. Je laisse les chercheurs travailler.» Le cas échéant, «je prendrai mes responsabilités le moment venu», avait-il conclu. Les écologistes y avaient vu une provocation.

«Il n'y aura pas d'exploitation de gaz de schiste»

Les positions sont désormais beaucoup plus claires. Le 14 juillet, quelques jours après que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg - favorable au gaz de schiste -, a à nouveau fait entendre sa voix sur le sujet, le président a fermé le ban. «Tant que je suis président, il n'y aura pas d'exploration de gaz de schiste», a-t-il tranché lors de l'entretien accordé à TF1 et France 2. «C'est quoi, le gaz de schiste? C'est un eldorado, là, qu'il suffirait de creuser?» a-t-il persiflé dans la foulée.
Le sujet des gaz de schiste est pourtant loin d'être épuisé. Même si aucun pays en Europe n'en produit encore, la liste des pays qui cherchent les gaz de schiste ne cesse de s'allonger: Pologne, Royaume-Uni, Roumanie, Hongrie, Espagne, Lituanie. Et l'Union européenne avance sur le sujet, mais pas dans le sens des écologistes. «Il ne s'agit pas d'interdire la fracturation hydrau­lique au niveau européen. Notre but est de créer les conditions pour que cela soit fait d'une manière sûre et sécurisée», a ainsi déclaré en juillet le commissaire à l'Environnement, Janez Potocnik. Une pression supplémentaire avec laquelle François Hollande devra composer à moyen terme.

La loi sur la fracturation hydraulique aux mains des Sages

À l'image du Conseil d'État pour le maïs OGM, le Conseil constitutionnel va-t-il lever l'interdiction de la fracturation hydraulique et permettre à des titulaires de permis d'exploration de forer du jour au lendemain? À l'origine de cette crainte des anti-gaz de schiste,  un recours de la société américaine Schuepbach. Celle-ci détenait deux permis, en Ardèche et dans l'Aveyron. Ils ont été abrogés en application de la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique. Le Conseil d'État a jugé, le 12 juillet, les arguments du pétrolier, qui invoque une interprétation abusive du principe de précaution, assez «sérieux» pour les transmettre au Conseil constitutionnel. Les Sages du Palais-Royal doivent se prononcer avant le 12 octobre. S'ils annulent la loi de 2011, le gouvernement assure qu'il prendra ses dispositions pour maintenir l'interdiction de la fracturation hydraulique.

vendredi 2 août 2013

EMPRUNTÉ A VICTOR HUGO


Voyez-les se jeter sur les talons d'Hollande ! 
Voyez-les vénérer le crétin éphémère,

Le zéro solennel qui, pour l'instant, prévaut -
Chez-la gent gauchisante ou dans le clan dévot! 
Un idiot étant-l'étui d'un personnage,
Il suffit qu'un grimaud soit plus vieux que son âge 
Et qu'il se taise 'avec' l'air d'un niais profond
Pour qu'on l'estime; et ceux qui font et qui défont 
Tous -les noms de hasard mêlés à nos orages, 
L'acclament de leur voix enrouée aux outrages, 
Sachant qu'on ne peut mieux compléter les assauts 
Aux grands hommes raillés qu'en admirant les sots. 

MAIS C'EST TELLEMENT JUSTE !

SANS ÊTRE RÉAC, ÇA N'EXISTE PLUS ET C'EST DOMMAGE

Les banquiers affirment financer l'économie... tout en prêtant de moins en moins


Alors qu' en Europe les prêts bancaires sont atones, les banques assurent financer pleinement l'économie. Certains dirigeants, tel le PDG de Société Générale, Frédéric Oudéa, assument cette situation, qui devrait s'accentuer: un métier qui s'oriente de plus en plus vers la désintermédiation, les banques se consacrant surtout à aider les entreprises à se financer sur les marchés.
Olivier Klein, PDG de la BRED. Banque qui ne fait pas crédit.
« Nous finançons l'économie, c'est notre rôle, nous l'assurons pleinement ». Cette affirmation, les dirigeants des banques la répètent à satiété. Mais les chiffres tendent à prouver le contraire. Et certains banquiers, non des moindres, n'hésitant à verser dans la contradiction, assument en fait cette évolution, assurant que l'avenir est à la « désintermédiation ».

On l'a vu ce jeudi avec la présentation des résultats de la Société Générale pour le deuxième trimestre. Ceux-ci, en hausse, ont été applaudis par les marchés. Mais s'ils tiennent à différents facteurs (fin des pertes liées à la crise financière, pression sur les coûts, conseil au financement des entreprises, à travers la banque de financement et d'investissement), ils ne sont absolument pas liés à un financement direct de l'économie, via une augmentation des prêts. Le volume de ceux-ci baisse. Notamment en France : au deuxième trimestre, l'encours moyen des crédits était de 175,9 milliards d'euros. Contre 176,6 milliards au deuxième trimestre 2012. Si l'on tient compte de la hausse des prix, la baisse réelle atteint 2,4%.
"En France, dans la résilience"
Bien sûr, cette situation peut être imputée à la faiblesse de la demande. Les entreprises investissent peu, le marché immobilier est plus qu'incertain, les consommateurs achètent moins. Une situation qui devrait changer rapidement, avec la reprise qui pourrait se dessiner ? Le PDG de Société Générale, Frederic Oudea, ne le croit pas. « En France, nous sommes dans la résilience adaptative, nous n'entrevoyons pas de croissance dans les deux ou trois ans à venir », a-t-il déclaré à l'occasion de la présentation des résultats du groupe.

Et même après cette échéance, dans l'hypothèse d'une économie en croissance, il se pourrait que les banques ne prennent pas tant que ça le chemin du crédit. « Nous devrons nous orienter vers plus de désintermédiation, aller vers un modèle plus anglo-saxon », affirme Frédéric Oudéa. Autrement dit, ce serait de moins en moins les banques qui prêteraient aux entreprises : ces dernières trouveraient leur financement auprès des marchés, avec l'aide des établissements financiers.
Déjà, le résultat brut d'exploitation de l'activité banque de financement et d'investissement de Société Générale a crû de 7,9% au premier semestre (par rapport à la même période de 2012), alors que le métier de banque de réseaux voyait se profits bruts stagner. Ce segment se développe rapidement, souligne-t-on aussi à la BNP.  La réglementation bancaire, qui contraint les banques à augmenter le ratio entre leurs fonds propres et leur total de bilan, explique largement cette évolution. 
Mais quand les banquiers reconnaîtront-ils 
qu'ils financent de moins en moins l'économie ?

Pourquoi vous avez tout à gagner à apprendre à dire non


Dans nos sociétés où tout est présenté comme porteur d'un intérêt important, nous ne parvenons pas à hiérarchiser, et donc à dire non. Ceci se vérifie quotidiennement au travail, mais également au sein de la cellule familiale avec ses enfants. Pourtant, savoir dire non est la clé de l'épanouissement personnel, à condition de ne pas en abuser.

Quelles réticences avons-nous à dire non ?

France Brécard : Parmi les différentes réticences pouvant exister, il y a celle relative à la crainte de ne pas faire plaisir à l’autre, mais également la peur de ne pas renvoyer l’image que nous souhaitons donner de nous-même, et celle aussi liée au conflit. Ces raisons relèvent davantage de la psychologie propre à chacun, en lien avec les messages de type éducatif que nous avons pu recevoir dans notre enfance. Nos parents nous ont éduqué selon un certain nombre de messages constituant des normes, parmi lesquelles celle de faire plaisir aux autres et d’être gentil. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’il s’agit là d’un message que l’on inculquait davantage aux petites filles, avec ce souci de les élever pour qu’elles puissent s’occuper des autres.

Qu'a-t-on à gagner sur le plan personnel et professionnel à savoir dire non ?

Sur le plan personnel, il s’agit d’être plus proche de ce que nous sommes, sans pour autant dire non à tout bout de champ et sans raison valable. Dire non, c’est se rapprocher de ses désirs propres.
Sur le plan professionnel, il s’agit d’une façon de se faire respecter, d’éviter de réaliser des tâches et missions qui ne nous conviendraient pas ou qui ne seraient pas en adéquation avec nos valeurs. D’un point de vue éthique, il peut donc être important dans le travail de savoir dire non.

A lire sur le même sujet : Petit guide anti-manipulateurs Partie 2 : apprendre à leur dire nonde Jacques Legard. 

Savoir dire non n'est-il pas la manifestation de notre assurance quant à nos envies et à nos objectifs ?

Très certainement, bien que plusieurs interprétations sont possibles. Par exemple, il y a des gens qui ne savent pas dire non car ils ne savent pas ce qu’ils veulent, ce qui les placent dans une situation telle qu’ils sont obligés de s’adapter à l’envie de l’autre. Ils n’ont donc effectivement aucune assurance quant à leurs propres envies et désirs.
A l’inverse, il y a des gens qui savent ce qu’ils veulent mais qui sont incapables de l’exprimer. Dans ce cas, le travail à accomplir pour pouvoir dire non est différent, même si l’objectif reste le même : affirmer ce que nous sommes.

Qu'est-ce qui doit motiver nos refus : notre absence d'envie de faire telle ou telle chose, ou bien le fait qu'il ne s'agisse pas d'une nécessité/priorité ?

Tout dépend bien évidemment à quoi nous disons non. Ne pas vouloir aller au cinéma, par exemple, peut relever du simple fait que nous n’en avons pas envie, tandis que l’acte de refuser d’accomplir telle ou telle tâche au travail peut signifier simplement un désir de hiérarchisation parmi toutes les choses à accomplir. 
L’identité de la personne à qui nous disons non joue aussi un rôle important. Savoir dire non à ses enfants notamment est important d’un point de vue éducatif. Beaucoup de parents aujourd’hui disent oui simplement pour être aimés de leurs enfants, ce qui n’a rien d’éducatif. Les parents doivent apprendre à leurs enfants la frustration, à leur fixer des limites : ne pas manger trop de bonbons, trop de glaces… Apprendre à savoir dire non, dès l’enfance, permet par la suite, dans notre vie d’adulte, à savoir dire non à des choses qui ne sont pas bonnes pour nous.

Quels risques court-on à ne pas dire non ?

On prend le risque principal de s’adapter, et avec lui, celui de s’oublier. C’est ce que beaucoup de patients me confient dans le cadre de mes consultations en tant que psychothérapeute.

Travail, vie de famille, vie sociale, loisirs que l'on fait pour soi...nos vies sont de plus en plus en chargées, avec un risque de burn out, phénomène de plus en plus caractéristique de notre société du XXIème siècle. Plutôt que de ne pas savoir dire non, n'avons-nous pas un problème avec le fait de ne pas savoir prioriser ?

Tout nous est présenté comme important. Du coup, nous ne savons pas comment prioriser. Néanmoins, nous devons absolument apprendre à dire non : non à travailler le week-end, non à travailler tard le soir…Savoir ce qui est prioritaire ou non est indispensable afin de pouvoir notamment se concilier une vie de famille.

L'une des principales craintes relatives au fait de dire non réside dans la peur de paraître impoli/de décevoir les gens. Quels types de formulation pourraient permettre de maintenir notre refus tout en évitant cet effet socialement "indésirable" ?

Il convient surtout de rester poli dans la formulation de son refus. Dans le cas du patron qui souhaite que nous restons plus tard au travail par exemple, il est requis, dans la notification du refus, d’éviter les situations conflictuelles le plus possible. Préférez les formulations du type : " Je comprends bien que vous ayez besoin de moi, mais j’ai déjà des impératifs à remplir ", ou bien " Ce n’est malheureusement pas possible maintenant, mais une prochaine fois, sans aucun souci ". Le plus important est de pouvoir avancer des explications, en évitant donc une simple affirmation de refus qui pourrait être trop dure. Attention à ne pas tomber dans l’excès inverse : celui de dire non tout le temps.

Vacances sous surveillance pour le gouvernement

Profil bas ! Ils en rêvaient depuis des mois, mais pas question de trop pavoiser : la trêve estivale des ministres sera courte, studieuse et pas trop loin de Paris.


Cette fois, ils vont pouvoir souffler, même s’il convient de ne pas le dire trop fort. A l’issue du Conseil des ministres, ce matin à l’Elysée, les membres du  partent pour des vacances courtes — deux semaines — susceptibles d’être interrompues et, de toute façon, studieuses. Certes, rien n’est plus pareil depuis l’épisode de la canicule de 2003, symbole de la vacance du pouvoir. 

Mais  garde aussi en  la façon dont l’an dernier il avait été stigmatisé par la droite pour ses vacances au fort de Brégançon, installant l’idée d’un exécutif en goguette alors que la crise, elle, ne faisait pas relâche.

Un an plus tard, alors que la popularité du chef de l’Etat reste au plus bas, l’objectif est de montrer que le gouvernement est sur le pont (en tout cas mobilisable, en étant à moins de deux heures de Paris, à l’exception des ministres ultramarins). Le sujet est visiblement sensible. Aurélie Filippetti (Culture), qui avait été épinglée pour avoir passé ses vacances de Noël à l’île Maurice, refuse aujourd’hui de dévoiler sa destination! Et les autres prennent des gants, n’oubliant jamais de mentionner les devoirs de vacances qu’ils ont dû mettre dans leurs valises. Tous savent néanmoins qu’il leur faudra récupérer des forces après une année épuisante et avant une rentrée qui s’annonce très rude.

Pinel « rattrapera le temps perdu ». C’est comme cela qu’au cabinet de la ministre de l’Artisanat et du Tourisme on résume son programme des vacances consacrées « à ses amis et à sa famille ». Des proches parfois victimes collatérales de leurs agendas chargés. Yamina Benguigui (Francophonie) compte elle aussi profiter à plein de ses deux filles du côté du bassin d’Arcachon. Du temps passé avec ses proches, c’est aussi ce qu’a prévu François Lamy (Ville), qui a loué une maison en Provence avec des amis.

Hamon fera de la randonnée. Le ministre de l’Economie sociale a choisi les Pyrénées-Orientales avec comme objectif affiché de garder la forme. Pour ceux qui n’iront pas sur la côte, la marche est à la mode. Ainsi, Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur) s’est réservé une semaine pour sillonner les Alpes du Nord. Elle y croisera peut-être son collègue Alain Vidalies (Relations avec le Parlement). Bernard Cazeneuve (Budget) fera du vélo et du jardinage à Senlis (Oise) et en profitera pour se replonger dans la lecture de… Tocqueville et Montesquieu.

Valls restera sur le terrain. Le ministre de l’Intérieur, qui passera ses vacances en Provence, continuera à avoir la bougeotte. Il effectuera (au moins) un déplacement par semaine. Les ministres ont d’ailleurs parfaitement saisi le message présidentiel : les congés oui, mais pas de farniente affiché! Frédéric Cuvillier (Transports) a d’ores et déjà prévu de rencontrer des routiers au cours de ses quinze jours de « vacances ». De son côté, Marie-Arlette Carlotti (Personnes handicapées et Lutte contre l’exclusion), en campagne pour la primaire qui doit désigner le candidat PS aux municipales à Marseille, devrait être très visible dans la cité phocéenne… Elle a déjà programmé une opération sur les plages le 9 août et une conférence de presse le 20.

Montebourg terminera son nouveau livre. Retiré dans sa maison de Montret (Saône-et-Loire), le ministre du Redressement productif va en profiter pour achever « le Retour de l’Etat », un essai dont la sortie est prévue pour la rentrée. Pour tous, les vacances seront studieuses avec la préparation du séminaire gouvernemental de rentrée, le 19 août. Et ceux qui seront chargés des projets chauds de septembre ont fait savoir qu’ils potasseraient leurs dossiers pendant leurs congés. Dans le sac de vacances de Marisol Touraine (Santé et Affaires sociales), le texte de la réforme des retraites devrait remplacer les tongs.

LA FRANCE QUI GAGNE : Pôle Emploi apprend à un informaticien comment allumer son ordinateur

Arnaud, 30 ans, est informaticien. Lorsqu'il se retrouve au chômage, Pôle emploi lui propose une formation. Au programme : comment allumer son ordinateur, naviguer sur le site de Pôle emploi, etc. Mais par peur d'être radié, il accepte.

Cela faisait un an qu'Arnaud était au chômage, rapporte la Charente Libre quand Pôle Emploi lui propose une formation. Cet informaticien de 30 ans avait exercé pendant quatre ans comme autoentrepreneur avant d'être contraint à mettre la clé sous la porte. Au menu de la formation ? Comment allumer son ordinateur ou encore, comment naviguer sur le site de Pôle emploi.
Mais par peur d'être radié des listes, il a quand même accepté le stage. "Pour prouver ma motivation et éviter la radiation", explique-t-il au quotidien charentais. Etonnamment, "ça ne m'a strictement rien apporté", confie Arnaud. Du côté de Pôle emploi, on explique que l'atelier n'était pas obligatoire, mais fortement conseillé. "Ces stages informatique accroissent les chances de trouver un emploi, même pour les informaticiens", explique un responsable départemental.

AVEC CES FORMATIONS ON EST 
CERTAIN DE TROUVER RAPIDEMENT 
UN JOB STABLE ET BIEN PAYÉ.

François Hollande et Valérie Trierweiller investissent la Lanterne

Pour ses vacances studieuses, François Hollande a décidé de poser ses valises à la Lanterne. Deux semaines de repos dans un lieu chargé d’histoire.

C’est Matignon qui régale. Peu de gens le savent mais le domaine de la Lanterne à Versailles est normalement réservé au Premier ministre qui en assure l'entretien à hauteur de 200 000 euros par an. Mais du temps de Nicolas Sarkozy la propriété fut réquisitionnée par le chef de l’État et François Hollande compte bien conserver cette habitude. Ainsi, dès la fin de semaine, le Président de la République et Valérie Trierweiler s’installeront là-bas pour quinze jours de repos.
Les Ceaucescou Français 

Il se murmure à l’Elysée que la journaliste qui partage la vie de François Hollande est tombée sous le charme de la Lanterne. Comme Cécilia Sarkozy et Carla Bruni, Valérie Trierweiler aurait tenu à passer son été sur place. Cette ancienne dépendance du château de Versailles bénéficie de tout le confort moderne et se tient à l’abri des regards indiscrets. La zone est interdite de survol et un service de sécurité s’occupe de disperser les éventuels paparazzis récalcitrants. Petit incident ou coup de communication maîtrisé, c’est en tout cas là-basque Carla et Nicolas Sarkozy s’étaient affiché pour la première fois ensemble après la naissance de Giulia, avec la mine de jeunes parents fatigués.
Patrice Machuret, auteur du livre Un long dimanche à Versailles: la République à la Lanterne (Seuil), s’étonne sur France Info que François Hollande ait décidé de garder sous sa coupe ce «symbole de l’hyper-présidence de Nicolas Sarkozy». Le président normal s’est laissé séduire par cette résidence au détriment d’un Jean-Marc Ayrault à qui la Lanterne revient normalement de droit. Mais les lieux qui ne ressemblent pas à une destination paradisiaque conviennent bien à François Hollande qui souhaite s'imposer des vacances studieuses, comme il le fait avec son gouvernement.

MAIS, CE N'EST PAS DE L'ANTI-SARKOZYSME ÇA !!