TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 20 septembre 2010

«Too big to fail»

En septembre 2008, lorsque la crise financière a éclaté, on a soudain pris conscience que certaines banques ou compagnies d’assurance étaient « too big to fail ». Littéralement : trop grosses pour faire faillite. Plus exactement : trop grosses pour qu’on les abandonne à leur sort. Les États, avec l’argent du contribuable, sont venus à leur secours pour éviter des banqueroutes qui auraient plongé l’économie mondiale dans une panique dévastatrice. « Too big to fail », ce mot-clé des deux dernières années, Benoît XVI a su, vendredi, le reprendre habilement à son compte pour lui donner une signification beaucoup plus vaste.

Lors de son discours au Westminster Hall, le pape relevait : « Le monde a été témoin des immenses ressources que les gouvernements peuvent mettre à disposition lorsqu’il s’agit de venir au secours d’institutions financières retenues comme “too big to fail”. Il ne peut être mis en doute que le développement humain intégral des peuples du monde n’est pas moins important : voilà bien une entreprise qui mérite l’attention du monde, et qui est véritablement “too big to fail”. »

C’est de cela qu’il va être question à partir d’aujourd’hui à New York, où chefs d’État et de gouvernement se réunissent afin de faire le point sur les Objectifs du millénaire, huit sujets retenus en 2000 comme prioritaires pour faire reculer la pauvreté dans le monde. La tentation existera au sein de cet aréopage d’affirmer qu’il faut se satisfaire des résultats obtenus. Sur le mode : ne nous en demandez pas trop, surtout dans cette période de crise.

Des résultats, effectivement, il y en a. Un seul fait suffit à le dire : des nations longtemps symboles de pauvreté – la Chine, l’Inde, le Brésil – ont suffisamment progressé pour figurer aujourd’hui parmi les pays qui financent l’aide au développement. Mais il reste tant à faire pour que la misère s’éloigne de l’horizon des hommes ! Afin de confirmer leurs engagements, les nations riches pourraient accomplir dès aujourd’hui un geste fort : annuler les dettes qui pèsent encore sur les nations les plus pauvres. Les banques aidées en 2008 ont commencé à rembourser les fonds publics dont elles ont bénéficié. Ce serait une belle manière de recycler cet argent.



Guillaume Goubert

Un sourire dans le noir

Les éditorialistes entendent régulièrement ce reproche : ils seraient maladivement « pessimistes ». Dark Vador(s) des news irrésistiblement attirés par le côté sombre de l'actualité. Les yeux rivés sur les trains qui n'arrivent pas à l'heure. Et la plume guidée par l'inspiration morbide de l'échec ou du scandale. Un bien triste destin, en somme.
Pour se défendre contre de telles spéculations, ils pourraient invoquer le réalisme du philosophe Raymond Aron quand il rappelait au jeune président Valéry Giscard d'Estaing - 48 ans en 1974 - « que l'histoire est tragique ». Grande ou petite, domestique ou internationale, elle l'est en effet. La saveur de l'existence, le goût du bonheur et les élans de leurs idéaux personnels n'y changent rien : les journalistes ne peuvent échapper à la gravité de l'information, ni rester étrangers à la tension des polémiques créées délibérément, jour après jour, par des annonces-choc.
Ce matin, il faudrait être doté d'une sagesse surhumaine, ou bien Candide, pour ne pas aborder la semaine avec une certaine appréhension. La précédente a été si « noire » (l'adjectif est de source ministérielle) pour l'exécutif qu'on se demande ce que peut réserver la suivante. Après la circulaire incendiaire sur l'expulsion des Roms, un imbroglio sur la double violation du secret de l'instruction et des sources journalistiques, un mercredi de désordre au Palais-Bourbon, un clash européen à Bruxelles assorti le lendemain du démenti d'une Angela Merkel courroucée, on en vient même à redouter que le déplacement du chef de l'État à New York pour l'assemblée générale de l'ONU aujourd'hui et demain soit l'occasion d'un nouvel incident.
En revisitant allègrement des pans entiers de la justice au nom de la sécurité, dans les colonnes du Figaro Magazine de ce week-end, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux n'a pas craint, lui, de souffler sur des braises incandescantes au risque d'allumer de nouveaux feux passionnels. Les partis de droite et de gauche qui tiendront leurs journées parlementaires dans les prochains jours auront du grain à moudre... Plus que les syndicats avant la nouvelle journée de grève sur les retraites de jeudi, dont on ne sait si elle sera un chant du cygne social ou une nouvelle étape de la contestation.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le gouvernement n'aborde pas cette échéance avec le moral. Le pari populiste de la politique sécuritaire n'a pas fonctionné, pas encore en tout cas, si on en croit le sondage Ifop JDD : il fait perdre quatre points au président, tombé à 32% de personnes satisfaites (pour 67% de mécontentes). Seule l'autre Sarkozy, Carla, résistant à deux biographies qui font pschitt, reste majoritaire avec 54% d'opinions positives. Un sourire dans le noir.

Olivier Picard

Un combat gagnable

au début de cette semaine, les images feront le tour de la planète et chacun hésitera entre l'émotion et l'exaspération. On y verra une centaine de dirigeants de ce monde monter à la tribune de l'ONU, à New York, pour signer la déclaration officielle réaffirmant les objectifs du Millénaire sur le développement. Barack Obama, Lula, Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et bien d'autres encore rediront la main sur le coeur leur soutien aux engagements pris il y a dix ans, avant de repartir vers leurs pays respectifs. Aux yeux de beaucoup, ces voyages éclair paraîtront indécents. Deux ans après une crise qui a conduit à mobiliser en quelques semaines des milliers de milliards de dollars pour sauver le système financier, les aides promises aux pays déshérités souffrent plus que jamais de la comparaison.

Pour une part, l'analyse du bilan de la lutte contre la pauvreté peut conforter ce pessimisme. Si 2010 affiche le premier recul de la faim dans le monde depuis quinze ans, selon les chiffres divulgués il y a quelques jours par la FAO, ce tournant suit en réalité deux années de hausse marquées par la flambée des prix agricoles. Et 925 millions de personnes restent victimes de malnutrition, ce qui est évidemment inacceptable. Un habitant sur deux du monde en développement n'a tout simplement pas d'accès à l'eau courante ni à des sanitaires dignes de ce nom ! C'est donc un bilan mitigé qu'ont dressé les Nations unies dans le rapport fouillé présenté juste avant l'été.

Il faudrait pourtant être aveugle pour ne pas voir les signaux d'amélioration et ne pas en relever les causes. Un indicateur les résume mieux que les autres : la proportion des habitants des pays en développement vivant en dessous du seuil de subsistance (1,25 dollar par jour) est passée de 46 % à 27 % entre 1990 et 2005, évolution qui est en ligne avec l'objectif de 15 % d'ici à cinq ans. L'explication ? Elle n'est pas à chercher très loin. Ce sont les progrès de la Chine, de l'Asie du Sud et du Sud-Est ou encore du Brésil qui sont en cause. Le miracle économique de ces pays ne fait pas seulement émerger des millionnaires et une nouvelle classe moyenne mondiale, il tire des millions de personnes de la pauvreté la plus absolue.

Seuls ceux qui veulent être aveugles refuseront d'y voir un succès de l'économie de marché et - osons ici le mot ! -du capitalisme, qui, malgré tous leurs défauts et les règles qui doivent les encadrer, sont considérés partout comme les plus efficients. Pour les pays riches, ce serait une erreur d'en tirer la conclusion qu'ils peuvent désormais se laver les mains du développement en s'en remettant à la croissance. Mais le début de ce millénaire aura au moins montré que le décollage est non seulement possible, mais qu'il est à portée de main.


Richard Hiault

Le grand désordre monétaire

L'intervention, mercredi, de la Banque du Japon pour contrer l'appréciation du yen révèle une absence totale de coopération internationale dans le domaine des taux de change. En dépit des multiples déclarations politiques sur la réalité de la concertation internationale au plus haut niveau, l'action unilatérale japonaise prouve le contraire. Tokyo aurait eu d'ailleurs bien tort de s'en priver, la plupart des gouvernements agissant de la même manière. L'heure de la mobilisation générale au paroxysme de la crise économique et financière semble bel et bien avoir vécu. Au niveau national, les plus hauts responsables politiques ne cachent pas leur amertume. De la « négligence bénigne » pour la valeur du dollar, malgré le sempiternel « un dollar fort est dans l'intérêt des Etats-Unis » de l'administration américaine, à l'intransigeance chinoise opposée à toute revalorisation rapide de sa monnaie en passant par le Japon désireux d'affaiblir sa devise contre toute logique sans oublier la cacophonie européenne sur le niveau souhaitable de l'euro, chacun défend ses propres intérêts. La valse des monnaies reste plus que jamais d'actualité et le chacun pour soi l'emporte. Seul un risque majeur de déstabilisation générale du système monétaire international serait à même de provoquer une nouvelle mobilisation générale.

Pour l'heure, il n'y a donc plus de pilote dans l'avion. Mais plusieurs. Historiquement, les relations entre grandes monnaies étaient régulièrement évoquées dans le cadre des sommets du G7, que ce soit au niveau des ministres des Finances et des gouverneurs de banque centrale ou des chefs d'Etat. Souvenons-nous des accords du Plaza, en septembre 1985, où les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France décident ensemble de déprécier le cours du dollar américain par rapport au yen et au deutsche Mark. Ou des accords du Louvre, deux ans plus tard, lorsque les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et le Canada opèrent de nouveau pour enrayer, cette fois-ci, la baisse du dollar. La dernière coopération sur les taux de change, plus limitée, viendra de la Banque centrale européenne et de la Réserve fédérale américaine pour soutenir l'euro en septembre 2000. Depuis, plus aucune intervention concertée n'a été mise en oeuvre pour corriger les déséquilibres des monnaies. Et pour cause. L'apparition de nouveaux géants économiques, Chine en tête, complique la tâche.

Les dirigeants du G8 ne peuvent plus aujourd'hui décider à eux seuls de gérer le système monétaire international. La crise économique et financière ayant radicalement changé le paysage, le G8 a perdu de ses prérogatives au profit d'un club élargi, le G20. Le sommet des chefs d'Etat du G20 de Pittsburgh en septembre 2009 l'a ainsi officiellement mandaté en tant que « forum prioritaire de la coopération économique internationale ». Sauf que, au sein de ce forum élargi, les questions de change sont abordées du bout des lèvres pour ne pas dire occultées. Certes, le dernier sommet des Vingt à Toronto, en juin dernier, a bien mentionné la problématique des changes. Mais en termes édulcorés. Les leaders se sont seulement engagés à « accroître la flexibilité des changes pour refléter les fondamentaux sous-jacents de l'économie » et ont regretté une « volatilité excessive » et « une variation désordonnée des taux de change », préjudiciables à la stabilité économique et financière. C'est bien peu. Les économistes regrettent que le G20 ne se soit pas plus saisi du problème. Mardi dernier, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), dans un rapport consacré au commerce et au développement, soulignait que « le moment d'une intense coopération internationale sembl[ait] appartenir au passé ». Et d'ajouter que le processus lancé en 2006 par la Chine, les Etats-Unis, la zone euro, le Japon et l'Arabie saoudite pour résorber les déséquilibres commerciaux mondiaux, notamment par un ajustement des taux de change, est un échec. Aucune des politiques qui ont conduit à l'émergence de ces déséquilibres n'a été modifiée. Dans un tel contexte, les chances d'assister à une refonte du système monétaire international et à une intense coopération dans le domaine des taux de change sont minimes. Du moins, tant qu'il n'y aura pas un arbitre reconnu internationalement pour forcer un ou plusieurs pays à revoir sa ou leur stratégie de change et de commerce.

Un renforcement des pouvoirs du G20 et du Fonds monétaire international (FMI) en la matière est donc plus que souhaitable. Il est même possible. Dans les statuts d'origine du FMI, le premier article stipule en effet que les buts du Fonds sont, entre autres, de « faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce international » et de « promouvoir la stabilité des changes, [de] maintenir entre les Etats membres des régimes de change ordonnés et [d'] éviter les dépréciations concurrentielles des changes ». Dès lors, pourquoi ne pas redonner au FMI sa légitimité première sous l'oeil du G20 pour éviter tout débordement des taux de change ? Pourquoi ne pas constituer grâce aux réserves des banques centrales du G20 un fonds commun géré par le FMI et qui aurait pour but d'intervenir massivement sur le marché des changes sur une devise dont la valeur s'écarterait de son niveau jugé souhaitable au regard de l'évolution de la balance commerciale du pays émetteur de cette devise ? La logique le voudrait. La pratique en décidera sans doute autrement. Malheureusement.



Richard Hiault

Sarkozy a été "vulgaire" pour Duflot



Sarkozy a été "vulgaire" pour Duflot
envoyé par Europe1fr. - L'actualité du moment en vidéo.


QUI EST-ELLE CETTE SALOPE SORTIE DU TROU DU CUL DE QUEL PARTI CRÉDIBLE ? LA VULGARITÉ C'EST ELLE.DUFLOT DE CONNERIES OUI! QUELLE PRÉTENTION A-T-ELLE ?

dimanche 19 septembre 2010

Chez les partisans de Royal : "Soutenir Strauss-Kahn ? Et pourquoi pas Tapie !"

C'est à Arcueil (Val-de-Marne), samedi 18 septembre, sur un terrain coincé entre une rocade d'autoroute et un terrain de football, que Ségolène Royal a reçu les militants de Désirs d'avenir, à l'occasion de sa troisième Fête de la fraternité. Une fête qui vient en écho au discours d'unité martelé durant l'université du Parti socialiste de La Rochelle fin août.
La présidente de la région Poitou-Charentes ne s'est toujours pas déclarée candidate à la candidature, soulignant la nécessité d'un parti uni et une "stratégie gagnant-gagnant" avec Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn. Si les militants "ségolénistes" admettent la nécessité d'un parti uni, l'idée d'un mariage à trois avec le patron du Fonds monétaire international passe mal.

Le traumatisme du congrès de Reims. "Le congrès de Reims a été une formidable arnaque, rappelle en préambule Manou Fondard, militante de Seine-Maritime et présidente d'association. Il y a eu des fraudes, mais cette période est terminée. On n'en veut plus."

"C'est clair, les urnes ont été bourrées au bénéfice de Martine Aubry", poursuit Baptiste Rebouillat, 29 ans, fonctionnaire territorial à Dijon, encore amer des conditions de la défaite de sa favorite pour la conquête du parti en novembre 2008. "Les magouilles du congrès de Reims, j'en ai pleuré", avoue Philippe Dupont, chargé d'affaires en Seine-Maritime. "La division affichée était une catastrophe mais nous n'en parlons plus. Nous tournons la page, l'unité affichée à La Rochelle est sincère".

La paix est donc signée entre la secrétaire générale du parti et les membres de Désirs d'avenir. Maintenant, place au prochain combat : la présidentielle de 2012 et, en guise de préparation, les primaires du Parti socialiste. L'union est la condition sine qua non de la victoire, répètent les militants.

"En 2007, Ségolène Royal n'était pas soutenue par l'ensemble du parti et c'est la première raison de sa défaite, analyse Antoine Hoareau, 25 ans, technicien en bureau d'études. Il faut rapidement s'accorder sur un processus de primaire puis réaliser cette élection autour de débats idéologiques plutôt que sur des batailles de personnes. Il faut donc rassembler le PS puis l'ensemble de la gauche."

Rassembler ! C'est là que le bât blesse entre les forces vives de Désirs d'avenir et l'un des candidats potentiel à la candidature socialiste : Dominique Strauss-Kahn. "Si Dominique Strauss-Kahn est le candidat de la gauche, nous le soutiendrons, même s'il n'y aura pas la même dynamique", avertit Delphine Litchman, 29 ans, étudiante en Ariège. "Si c'est 'DSK' qui est élu pour prendre la tête de liste, nous ne ferons pas la campagne pour lui, mais nous la ferons pour le parti. C'est cela la force d'un parti riche de différents courants. Nous resterons unis... C'est également une condition nécessaire pour se débarrasser de Nicolas Sarkozy." Un pragmatisme qui n'est pas partagé par l'ensemble des militants venus à Arcueil soutenir leur candidate de cœur.

Dominique Strauss-Kahn et l'union de la gauche. "Je ne pourrai pas soutenir DSK, déclare Marie-Hélène Laurent, de Saint-Denis, en région parisienne. "On ne peut pas se repayer un quinquennat de Sarko, il faut une vraie alternative. Le patron du FMI ne représente rien de tel."

"Dominique Strauss-Kahn est un représentant de la social-démocratie qui se rapproche trop de la politique que nous impose le pouvoir actuel. Il est par ailleurs bien content des réformes entreprises par la droite. C'est autant de boulot qu'il n'aura pas à faire en suivant son programme s'il était élu à la présidence du pays. L'union de la gauche avec DSK, c'est le grand écart", résume Philippe Dupont, chargé d'affaires en Seine-Maritime.

"Je ne crois pas à sa candidature, il ne prendra pas le risque d'une défaite en sacrifiant son poste à la tête du FMI", analyse Baptiste Rebouillat. "DSK a déjà montré par le passé son peu de goût pour le combat politique, son manque de punch", poursuit Florent Cappellotti, fonctionnaire. "Tant qu'à choisir un libéral pour mener l'union des forces de gauche, autant choisir Bernard Tapie", déclare le militant, sourire en coin.

Eric Nunès


LA ZIZANIE COMMENCE À 20 MOIS DES ÉLECTIONS, ÇA NOUS PROMET UN SUPER SPECTACLE !!

Irrationnel

C’était la une du JDD il y a tout juste une semaine, le samedi 11 septembre. "La menace n’a jamais été aussi grande", nous confiait le patron du renseignement français.

Dans son bureau, sur une carte du monde, il montrait l’épicentre de la zone la plus dangereuse, selon lui. Au coeur du Sahel, entre le Tchad, le Mali, le Niger, il décrivait la menace représentée par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Là où viennent d’être enlevés sept otages, dont cinq Français, travaillant pour Areva (et Vinci). L’Afrique, le nucléaire et ses mines d’uranium: cet acte terroriste, encore non revendiqué, touche le cœur des intérêts français.

Pour l’heure, tout doit être mis en oeuvre – et dans la discrétion – pour retrouver et sauver les otages. Il sera temps ensuite de dénoncer le manque de vigilance, de corriger les vieux réflexes impérialistes pour établir un partenariat équitable avec les populations locales, sédentaires ou nomades.

Depuis son élection, le président américain Barack Obama a voulu effacer l’image d’arrogance qu’il avait reprochée à son prédécesseur. L’Occident ne voit plus en l’Islam un ennemi. Pourtant, le monde ne se trouve pas plus en sécurité. Au contraire, même à Londres, le pape s’est vu menacé. Neuf ans après le 11-Septembre, l’humanité reste aux prises avec l’irrationnel. Seule la raison pourra répondre à cet obscurantisme. La raison et la vigilance.


Olivier Jay

Patriotisme

Quelle fierté d’être de la France, protectrice des Roms, quand on entend Pierre Lellouche appeler à la mobilisation continentale pour qu’on intègre les Gitans de tous les pays, qu’on leur donne des écoles et que leurs enfants ne mendient plus dans la rue! On voudrait juste rire devant tant de gâchis, quand ces propos ne servent qu’à conjurer nos fautes et notre isolement…

Le plus étonnant, dans le sarkozysme, c’est sa capacité à se faire expulser du champ de la raison. La France ne fait pas pire que ses voisins quand on en vient aux Roms. L’Allemagne réexpédie au Kosovo des Gitans par milliers, transformant des ados allemands en apatrides, et l’Union européenne, qui s’inquiète de nos transgressions, n’y trouve rien à redire: contrairement aux Roumains, les Roms kosovars ne sont pas ressortissants de l’Union, ce cercle autosatisfait qui réserve ses principes aux siens.

Cette hypocrisie aurait été un beau dossier pour une France digne d’elle-même si le pouvoir n’avait pas commencé à brimer les Roms par stratégie préélectorale. Notre vaine brutalité nous interdit de parole. Le drame de Bruxelles en est le dernier exemple. La France bouscule les uns, manipule les autres, elle biaise, elle tance et en est détestée. Le démenti infligé par l’Allemagne après que Nicolas Sarkozy a cité Angela Merkel à tort et sans sa permision, exposant une alliée au mépris de tous les usages, est une apothéose.

Nous voilà donc, pour l’opinion mondiale, bourreaux des Roms, accusés par l’Europe, fâchés avec Barroso, des menteurs pour Merkel… Et le vétéran européen Juncker, qui n’a pas digéré le renvoi de Mme Reding à ses origines luxembourgeoises, a qualifié Nicolas Sarkozy d’un "pas convenable", qui vaut exclusion du club des gouvernants.

La France va-t-elle suivre son Président dans sa guerre contre le monde entier? Nous voici soumis à la propagande d’un pouvoir qui s’abrite derrière le drapeau pour se couvrir. On nous raconte une histoire de pays insulté, et l’étranger seul est coupable. La France, la France seule, calfeutrée dans son irréalité… On cherche de l’indulgence, dans les souvenirs de 2007, quand un idéaliste enthousiasmant, bâtard culturel, fils d’étranger, promettait de rendre son pays au monde. On trouve juste du regret, tant chaque jour nourrit sa peine.

Nicolas Sarkozy a décidé d’introduire des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels. Brice Hortefeux, ami et démultiplicateur du Président, embraie en voulant faire élire juges d’applications des peines et présidents de tribunaux. Derrière cette campagne, l’idée que le peuple est sécuritaire quand les magistrats sont permissifs, et qu’il vaut mieux organiser les vendettas légales des jurys populaires que subir le laxisme des juges. Il y a des contre-exemples à cette théorie: à Draguignan, des jurés ont acquitté un gendarme qui avait tiré sept fois sur un homme désarmé et entravé, qui s’enfuyait d’une garde à vue. C’était légal, nous dit-on. Le gendarme a été acquitté, le fuyard est mort. C’était un Gitan. C’est notre pays.


Claude Askolovitch

JE NE SUIS PAS D'ACCORD AVEC TOUT CE QU'IL DIT, MAIS CET EDITO DOIT ÊTRE LU.

Le regard de Christian Signol

Ecrivain, Christian Signol est l’un des piliers avec Claude Michelet de cette fameuse école de Brive qui regroupe des romanciers populaires, attachés à leurs racines rurales du centre de la France. Sa saga best-seller, La Rivière Espérance, a été adaptée à la télévision par Josée Dayan. Son dernier roman, Une si belle école (Albin Michel), évoque un demi-siècle d’une vie d’instituteurs, bouleversés par la modernité.

Enseignants
Les soubresauts de la rentrée n’en finissent pas d’agiter l’école primaire, les collèges et les lycées. Parlons de la première, sur laquelle je viens d’enquêter. Pourquoi les nouveaux enseignants souffrent-ils tant? Tout simplement parce que leur position s’est dégradée et n’a conservé ni la respectabilité qui était la leur ni le prestige qui en découlait.

D’abord par rapport à la société, où ils ne sont plus considérés comme les "notables" qu’ils étaient encore dans les années 1960. Ensuite par rapport aux enfants, beaucoup moins respectueux vis-à-vis d’eux que les anciennes générations dont l’éducation était beaucoup moins permissive. Par rapport à leur hiérarchie, qui les encadre, les convoque à des réunions pédagogiques souvent inutiles, leur impose des méthodes décidées dans des ministères souvent coupés de la réalité, donne enfin le plus souvent raison aux parents d’élèves en cas de conflit.

Le professeur des écoles n’est donc plus aussi autonome et indiscutable que les maîtres d’école d’il y a quarante ans. Il souffre d’un déficit de considération qui le démobilise. Ce n’est pas une question de salaire. Il veut être considéré à l’aune de ses compétences et de son importance: il éduque des enfants à l’esprit malléable et les engage dans la vie au moins autant que les parents. Est-ce trop demander? Sans doute.

La société française s’est adaptée au monde. Le pouvoir n’est plus moral ou issu du savoir. La position sociale découle de la force financière et non de la culture – fût-elle celle de ses balbutiements destinés aux enfants. Gide soutenait que "le monde sera sauvé par quelques-uns". Peut-être. Mais lesquels?

Révolution
Michel Serres affirme que le néolithique s’est achevé en l’an 2000. Il veut dire par là que la société française, qui était à 75% rurale au début du XXe siècle, est devenue urbaine à 75% en l’an 2000. Il prétend que c’est la plus grande révolution que nous ayons vécue, mais que nous ne l’avons pas mesuré parce qu’elle a été souterraine – comme d’ailleurs tous les changements essentiels des sociétés.

J’ai vécu cette révolution au quotidien, n’ayant pas quitté définitivement le monde ancien pour la grande ville, au contraire de la majorité de mes camarades d’université. Et je vis aujourd’hui à proximité des décombres fumants de cet ancien monde, où les boutiques ferment, les villages meurent, ruinés par l’exode rural, les grandes surfaces et les autoroutes. La vie a glissé vers les grandes cités.

Dès lors, la question n’est pas de savoir s’il faut s’en réjouir ou pas. La seule solution, c’est de s’y adapter. Or, "les vrais hommes de progrès, écrivait Renan, sont ceux qui ont le plus grand respect du passé. Tout ce que nous faisons, tout ce que nous sommes, est le résultat d’un travail séculaire".
Mais comment conserver ce lien ultime sans tourner le dos au monde nouveau? C’est bien difficile. Peut-être faut-il rappeler sa beauté, ses valeurs – ce que je m’efforce de faire dans mes livres. Peut-être faudrait-il créer de nouveaux univers habitables. Hélas! Ce ne sont pas la morale et les idées qui gouvernent le monde mais les lois économiques. Aujourd’hui, l’histoire du monde est d’abord façonnée par les banques, les Bourses et les agences de notation de la santé financière des Etats. Les politiques, les intellectuels, les savants ont perdu le pouvoir.

Nomades
L’humanité est issue d’un creuset africain, d’où elle est partie à la conquête de l’univers il y a des centaines de millions d’années. De ce point de vue, l’humanité est donc essentiellement nomade. Elle n’a pas quitté le sol natal par plaisir mais par nécessité. Pour échapper à un danger, à une mutation climatique, à la guerre, à la faim, à la maladie. Elle s’est aujourd’hui en grande majorité sédentarisée, mais demeurent en Europe des peuples nomades: Manouches, Roms, Gitans, tribus marginales que l’on reconduit parfois vers les lieux d’où elles sont parties.

Faut-il s’en désoler? Je le pense, mais ce n’est pas une raison pour affirmer que la France n’est pas généreuse: elle a créé l’Aide médicale d’Etat, les allocations familiales, toutes sortes de secours pour les plus démunis. Ce qui nous heurte le plus, en fait, c’est que ces nomades, c’est nous. Car nous avons migré, nous aussi, il y a des millions d’années, pour les mêmes raisons qu’eux aujourd’hui.

Femmes
Il m’est arrivé une chose étrange en écrivant, récemment, le passage d’un roman situé en décembre 1848. La nouvelle République avait proclamé le suffrage universel. C’est donc en toute bonne foi que j’ai fait voter mon héroïne, avant de m’apercevoir que les femmes ne faisaient pas partie de cette universalité-là. Il a fallu attendre 1946 pour que les femmes obtiennent le droit de vote.

J’en ai été circonspect, avant de me souvenir qu’aujourd’hui, à travail égal, elles étaient moins bien payées que les hommes. Tous les sociologues nous disent pourtant qu’elles sont plus motivées au travail, souvent plus compétentes, et pour finir plus efficaces. Pourquoi ce déficit de considération et de rémunération de la part des employeurs? A cause, très probablement, des congés de maternité et des absences indispensables à l’éducation ou à la maladie des enfants.

Voltaire prétendait que "les femmes avaient été créées pour apprivoiser les hommes". Devant l’ampleur de la tâche, elles se découragent parfois. Il ne faut pas. Le travail des femmes leur permet de faire face aux divorces si fréquents aujourd’hui, aux abandons, à la tutelle des maris violents, à tout ce qui les enchaînait jadis à des existences dégradantes. Qui n’a pas vu des femmes faire les poubelles des magasins d’alimentation ne peut savoir ce que représente une misérable retraite de réversion, ou pas de retraite du tout, lorsqu’une vie s’est passée dans un foyer brusquement déserté. Et malheureusement, elles n’attendent ni 60 ni 65 ans pour cela.

Une ouverture fermée à double tour

Il faut bien s'y résoudre. C'est un mot d'une grande souplesse féminine et toujours séduisant, mais il est désormais virtuel. Vide de tout sens politique. « L'ouverture », c'est bien sympathique. Ça évoque la fraîcheur, le mouvement, la liberté. Une petite brise aussi. Fugitive comme une euphorie de lendemain d'élection. Légère comme une fragrance noyée dans les odeurs capiteuses du réel.
L'ouverture est morte à vingt ans. Fragilité fatale. En 1988, Michel Rocard avait bien essayé de lui donner un peu d'élan en faisant entrer quelques centristes isolés, et quelques « personnalités de la société civile » dans des gouvernements cadenassés par des tauliers mitterrandiens. Les impétrants, valeureux, n'eurent aucune influence sur la gouvernance du pays et l'expérience ne modifia pas d'un millimètre le paysage institutionnel.
En 2007, un Nicolas Sarkozy sincèrement soucieux de réunir Jaurès et Barrès sur le seuil de la France, réitéra l'expérience en convoquant quelques esprits libres de la gauche. Pour les convaincre, il joua de la curiosité des uns, de l'envie d'agir des autres, mais aussi des frustrations, du goût de revanche ou simplement d'ambitions décomplexées. En regardant la photo sur le perron de l'Élysée, on se demanda même : le nouveau président de la République n'allait-il pas nous faire du Bayrou ?
Ce n'était qu'un instantané sans lendemain. Un désir d'enfant pour un jouet rapidement délaissé : Nicolas Sarkozy confessa très vite qu'il ne rapportait pas une voix. Bref qu'il ne valait rien. Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre, dans tous les sens du terme. Abandonnée délibérément à une dérive droitière -selon l'expression de Jean-Pierre Raffarin- la politique gouvernementale ne sait même plus où est sa gauche. Babord a totalement disparu de son horizon. Jean-Marie Bockel aurait bien aimé, pourtant, que son nouveau mentor lui demande de tirer des bords vers un ouest « moderne ». Las.
Dévalués d'emblée par la vacuité d'un PS moribond jusqu'en 2009, relégués dans des fonctions subalternes, asphyxiés par une omniprésidence ne supportant aucune dissonance, décolorés et aseptisés par la potion de la crainte -l'effroi d'être débarqués- les aventuriers de l'ouverture sarkozienne n'ont jamais monnayé leurs convictions. A l'ombre du pavillon de la solidarité gouvernementale, ils se sont couchés sur le pont à chaque fois que la tempête s'est levée. Seul Martin Hirsch a su rester debout, misant tout ce qu'il représentait -sa différence- pour engager un bras de fer et imposer son RSA. A aucun moment, ses compagnons, eux, n'ont osé contrarier le capitaine quand il prenait le mauvais cap. Otages consentants et silencieux, ils ont préféré descendre à fond de cale pour se faire oublier. Ils y sont parvenus.

Olivier Picard

Ahmadinejad défend Carla Bruni

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a qualifié de "crime" les insultes proférées récemment par un journal extrémiste proche de la ligne dure du régime contre Carla Bruni, l'épouse du président français Nicolas Sarkozy. Le quotidien Kayhan, coutumier de propos insultants et outranciers à l'égard de responsables iraniens ou étrangers, avait assimilé fin août Carla Bruni à une "prostituée" en raison de sa vie privée jugée "immorale". Ces insultes sont "contraires à la religion", a commenté M. Ahmadinejad dans une interview au quotidien gouvernemental Iran. "C'est un crime pire qu'un crime. S'il y a réellement une justice, leurs auteurs devraient être poursuivis", a-t-il ajouté. "Un média peut-il insulter l'épouse d'un président européen? Avec quel Islam cela est-il permis?", a demandé le président iranien sans citer nommément Carla Bruni ni Kayhan.

Kayhan avait également estimé que Carla Bruni méritait la mort, dans plusieurs articles publiés après que l'épouse du président français ait pris la défense de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, mère de famille iranienne condamnée à mort par lapidation dans une affaire mêlant des adultères et le meurtre de son mari. "La République islamique n'approuve pas l'insulte contre les responsables des autres pays", avait alors réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast.

Paris avait toutefois transmis une protestation officielle aux autorités iraniennes. Kayhan, dont le directeur est nommé par le guide de la République islamique Ali Khamenei, a multiplié ces derniers mois les critiques contre le président Ahmadinejad et son entourage, accusés notamment de prendre trop de distance, sur certains sujets religieux ou de société, avec la ligne orthodoxe du régime incarnée par le Guide. Le journal a été poursuivi en justice au printemps par le chef de cabinet du président, Esfandiar Rahim Machaie, qui a toutefois été débouté.

L'aile gauche du PS ne veut pas de DSK


ET POUR CAUSE, IL MÈNERAIT LA MÊME POLITIQUE QUE SARKOZY !

samedi 18 septembre 2010

La Caisse des Dépôts va verser la moitié de son résultat à l'Etat

Ce n'est plus un tiers mais la moitié des bénéfices de la Caisse des Dépôts qui alimentera désormais le budget de l'Etat. Celui-ci percevra ainsi 330 millions d'euros supplémentaires en 2010.
Après des mois de négociations sur la remise à plat des relations financières de la Caisse des dépôts avec l'Etat, la nouvelle règle de partage des bénéfices est enfin arrêtée. Si la Commission de surveillance de l'institution financière donne son feu vert mercredi prochain, c'est la moitié de ses profits, et non plus seulement un tiers, qui ira alimenter le budget de l'Etat. Cette hausse sensible de la contribution volontaire de la Caisse des dépôts doit permettre d'intégrer les plus-values exceptionnelles qu'elle réalise. Jusqu'ici ces plus-values étaient exclues de la base de calcul du dividende de l'institution publique. Chaque nouveau gain faisait donc l'objet de débats sans fin entre la vieille dame de la rue de Lille et l'Etat qui souhaitaient chacun en obtenir une part significative. La nouvelle règle de calcul devrait éviter cet écueil.

Elle compte en contrepartie un filet de sécurité pour la Caisse des dépôts : son dividende ne pourra pas dépasser 75 % de son résultat social. En d'autres termes, quelles que soient les performances des filiales de l'institution financière, l'Etat ne pourra en bénéficier qu'à condition qu'il ne fragilise pas la solidité financière de l'établissement public lui-même. Dans la même logique, si la Caisse des dépôts étaient amenée, comme en 2008, à enregistrer des pertes, elle n'aurait pas à verser de dividende plancher correspondant au produit de la rente des notaires, dont elle a le monopole.

L'Etat comme la Caisse des dépôts affichent leur satisfaction. Pour le premier, ce nouveau mode de calcul se révèle fort opportun à l'heure où Bercy a le plus grand mal à trouver assez de ressources financières pour équilibrer le budget français. Michel Bouvard, député de la Savoie (UMP) et président de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts, s'étant engagé auprès de la ministre de l'Economie Christine Lagarde à appliquer la nouvelle règle dès cette année, l'institution devrait apporter aux caisses de l'Etat 330 millions d'euros, qui viendront s'ajouter aux 660 millions d'euros déjà versés au titre des résultats 2009. Le montant total du dividende (990 millions d'euros) acquitté en 2010 correspondra ainsi exactement à la moitié des bénéfices enregistrés l'an passé par la Caisse des dépôts.

Cette dernière reconnaît que la facture immédiate est lourde mais c'est selon elle un moindre mal. En effet, jusqu'en 2009, l'écart était minime entre son résultat social et son résultat consolidé -416 millions d'euros -, ce qui explique que le dividende plafond ne s'est pas appliqué. Mais cet écart promet d'augmenter sensiblement dans les prochaines années du fait du poids croissant des filiales. A titre d'exemple, les dividendes du Fonds stratégique d'investissement (FSI), qui apparaissaient dans le résultat social en 2009, seront transférés pour des raisons comptables dans le résultat de la filiale elle-même en 2010.

Le nouveau mode de calcul garantira-t-il pour autant suffisamment de surface financière à la Caisse des dépôts pour remplir ses missions d'intérêt général ? Elles bénéficiaient jusqu'ici d'un tiers des bénéfices de l'institution financière. Cette proportion ne devrait plus atteindre que 25 %, voire moins, en fonction des nouvelles exigences en fonds propres. C'est désormais à la Commission de surveillance de forger sa conviction et de voter mercredi.
NINON RENAUD

Une conférence européenne sur les Roms le mois prochain à Bucarest

L'Union Européenne organisera une conférence à Bucarest en octobre pour parler des programmes d'aide aux Roms, au centre d'une vive controverse notamment entre Paris et Bruxelles, a annoncé le commissaire européen aux Affaires sociales Laszlo Andor, dans une interview à paraître lundi.
Les participants à la conférence discuteront des moyens "pour mieux mettre en oeuvre les programmes d'aide en faveur des Roms", précise le commissaire hongrois à l'hebdomadaire autrichien Profil. Aucune date précise n'a été donnée pour la tenue de cette réunion.

Dans son interview, le commissaire Andor met également en cause la politique française de renvoi des Roms, estimant qu'"il y a évidemment des gens qui tentent de renforcer leur popularité aux dépens d'un groupe particulièrement vulnérable. Mais il ne peut y avoir de place pour le racisme et la xénophobie en Europe", dit-il.

Il déplore également le fait que d'autres pays, dont la Roumanie et la Bulgarie, ne mettent pas suffisamment en oeuvre les programmes d'aide existants. Le sommet des dirigeants de l'UE a tourné jeudi à l'affrontement avec de franches explications sur les Roms entre le président français Nicolas Sarkozy, qui maintient malgré les critiques sa politique controversée de renvois, et la Commission européenne. Cette communauté compte une dizaine de millions de personnes en Europe.

COMME QUOI LE SUPPOSÉ POPULISME DE SARKOZY PROVOQUE DES PRISES DE CONSCIENCES EN EUROPE.

Pour 71 % des Français, l'image de la France se dégrade

Plus des deux tiers des Français (71 %) jugent que l'image de leur pays à l'étranger s'est dégradée au cours des dernières semaines, et seuls 2 % estimant le contraire, selon un sondage Ifop à paraître dans Sud Ouest Dimanche.

Les personnes interrogées devaient répondre à la question suivante: "Au cours des dernières semaines, diriez-vous que l'image de la France à l'étranger s'est améliorée, s'est dégradée ou n'a pas changé ?" Si 27 % jugent que l'image de leur pays "n'a pas changé", seuls 2% des répondants estiment que la représentation de la France à l'extérieur s'est améliorée, note l'Ifop.
Le sentiment général de dégradation "se vérifie pleinement auprès de l'ensemble des catégories de population interrogées", analyse l'institut, qui souligne qu'il est toutefois "sensiblement plus intense auprès des sympathisants de gauche (78 %) que parmi ceux de la droite (61 %)".

"Les ouvriers apparaissent plus nuancés dans leurs réponses (67 % perçoivent une dégradation) alors que la plupart des cadres (85 %) et des professions intermédiaires (77 %) estiment que l'image de la France s'est dégradée". Pour l'Ifop, ce résultat "s'inscrit à la suite des évènements qui ont émaillé l'été et la rentrée", comme les déboires de l'équipe de France de football pendant la Coupe du monde ou les épisodes sécuritaires et sociaux de l'été.

Plus récemment, la politique de démantèlement des camps de Roms sur le territoire français "a, sans doute, contribué à accentuer le sentiment de dégradation de l'image du pays", poursuit l'Ifop.

Globalement, l'institut de sondage estime que la mise en cause de la politique socio-économique du gouvernement, notamment la réforme des retraites, "pourraient participer également, aux yeux des Français, d'une dégradation
" de
l'image d'un pays perçu comme "contestataire et difficile à réformer".


PLUS QUE L'EXPULSION DES ROMS, C'EST L'IMPRESSION DE FAINÉANTISE QUE DÉGAGE SON PEUPLE QUI DÉGRADE L'IMAGE DE LA FRANCE

La vie s'allonge, on ne vas pas pleurer!

La vie s’allonge et nous ne savons pas nous en réjouir. En un siècle, nous avons gagné vingt-cinq ans d’espérance de vie. Onze ans depuis 1945. Cinq ans depuis 1981. Trois heures par jour actuellement. C’est d’ailleurs pour cela que nous serons bientôt neuf milliards : nous sommes contemporains plus longtemps.


Si vous avez la chance d’avoir du travail pendant 42 ans, 35 heures par semaine, vous travaillerez en tout 63.000 heures dans votre vie. Mettons 70.000, avec les heures sup et autres compléments. La vie en France dure en moyenne 700.000 heures. Le travail égale donc moins de 10% de la vie en 2010. En 1900, on travaillait 40 % de sa durée de vie. Là est la grande révolution sociale du dernier siècle.

Nous avons bâti une société de vie longue et de travail court, encadré par un droit social considérable. Immense libération. Relisez Zola ou Marx. Nos enfants vivront 100.000 heures de plus que nous. Combien d’heures devront-ils travailler?

Pourquoi, dans ce contexte, de tels conflits, de telles angoisses? Parce que nous n’avons pas su sacraliser un modèle social européen où la durée du travail est d’environ 10% de l’existence. Ce modèle a été construit par 150 ans de luttes et de négociations. Avec des dates symboliques, comme la retraite à 60 ans. Certes, un jour, la retraite à 60 ans fera sourire. Mais pourquoi mener des batailles idéologiques qui fragmentent la société?

Nous avons besoin de sortir d’une gestion comptable de nos vies pour y retrouver du sens. Et de la justice, de la solidarité en particulier avec les ouvriers dont la vie doit cesser d’être plus courte - et avec les femmes qui sont les grandes perdantes des réformes en cours. L’incapacité de ce pays, et de ce pouvoir en particulier, à organiser de grandes négociations est stupéfiante. Pourtant, on avait bien commencé avec le Grenelle de l’environnement. Permettez-moi de conclure en rappelant que nous passons chacun 100.000 heures devant la télé. Il y a peut-être là un peu de temps à gagner?

Merkel-Sarkozy : un « malentendu »

ANGELA MERKEL a apporté un démenti cinglant à Nicolas Sarkozy qui lui a prêté des propos sur les Roms insupportables au regard de l’Histoire allemande. « Dès que l’on est soupçonné de xénophobie en Allemagne, on pénètre sur un terrain extrêmement dangereux », celui des analogies avec le Troisième Reich, commentait Claire Demesmay, de la Société allemande de politique étrangère. « Les Allemands sont obligés de réagir, Angela Merkel était obligée de clarifier ».

Jeudi à Bruxelles, où se déroulait un sommet européen, Nicolas Sarkozy a affirmé que la chancelière allemande lui avait confié avoir elle aussi l’intention de procéder prochainement à « des évacuations de camps ». Il s’était prévalu du « soutien complet, total et entier une fois encore d’Angela Merkel sur cette question comme sur tellement d’autres ».

Le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert a réfuté jeudi soir toute discussion sur « de prétendus camps de Roms en Allemagne ». Et « en aucun cas » il n’a été question d’une évacuation. Hier, il a martelé devant la presse que « la question des Roms en Allemagne n’avait pas été un sujet de conversation ».

« Sur ces sujets la réaction de l’Allemagne est toujours allergique », commentait le politologue Gero Neugebauer. « Tout ce qui peut évoquer une comparaison avec les camps de concentration nazis pour les Roms crée des difficultés ».
Les critiques les plus vives à Viviane Reding

La chancelière comme son ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle ont d’ailleurs réservé leurs critiques les plus vives à la commissaire européenne Viviane Reding, qui a tenu des propos « inacceptables » en comparant les renvois de Roms de France aux déportations de la Seconde Guerre mondiale.

Le nouveau clash franco-allemand, alimenté par les personnalités très différentes de Merkel et Sarkozy, ne remet toutefois pas en cause le rôle moteur de Paris et de Berlin dans l’Union européenne. « La France comme l’Allemagne doivent s’accorder pour être le moteur de l’Europe », affirmait Gero Neugebauer. Pendant la bagarre, la coopération continue. Mardi, la France et l’Allemagne ont adopté une position commune sur la PAC qui doit servir de base aux discussions européennes.

Les ministres allemands ont mis en avant cette coopération. « Au-delà de toutes les différences d’appréciation, de l’excitation et des malentendus, l’entente franco-allemande est parfaite », a assuré Guido Westerwelle.

L'HYPOCRISIE EST ENCORE TRÈS VIVACE OUTRE-RHIN.

Licencier Fillon ? Le pour et le contre

Nicolas Sarkozy doit-il prolonger le contrat de François Fillon à Matignon, ou le licencier ? Passage en revue des avantages et inconvénients des deux options offertes au Président:
Les avantages à le licencier

Licencier François Fillon,

c'est supprimer une aberration dans la logique de la Ve République : un Premier ministre plus populaire que le Président. C'est éviter qu'il acquière trop d'autorité en étant celui qui demeure à la tête d'un gouvernement où tout changerait. D'autant que le reconduire maintenant, c'est pratiquement se condamner à le garder jusqu'en 2012. Le licencier, c'est aussi pouvoir apporter du sang neuf, après plus de trois années très lourdes. C'est ouvrir à un changement de politique, comme l'avait fait en 1984 François Mitterrand, remplaçant Pierre Mauroy par Laurent Fabius afin de mieux préparer les législatives.
Les avantages à le garder

A l'inverse, garder François Fillon, c'est récompenser une gestion plutôt réussie, sans grands couacs, du moins de son fait. Et saluer une fidélité plutôt disciplinée, parfois agacée mais sans réels éclats publics, tournée vers la mise en œuvre un programme qu'il avait lui-même élaboré avec Nicolas Sarkozy.

Le garder, c'est aussi maintenir sous contrôle un homme populaire, ne pas lui laisser la liberté d'incarner une alternative rassurante, comme avait pu le faire Georges Pompidou face au Général de Gaulle, après avoir été renvoyé de Matignon en 1968.

Le garder, enfin, c'est suivre la sagesse populaire professant qu'on sait ce qu'on perd, mais jamais ce qu'on gagne. François Mitterrand ne voulait plus de Michel Rocard, mais il regretta d'avoir choisi Edith Cresson. Les prétendants à la succession sont nombreux, mais aucun ne s'impose vraiment (voir ci-dessous).

Et alors?

Alors, partira ou partira pas ? Si l'on compte, cela fait deux bonnes raisons de le licencier, et trois raisons de le garder… Prenons donc le pari : François Fillon restera à Matignon.

Incompréhensible !


Qui est encore assez naïf pour le croire ? Les législatives aujourd'hui en Afghanistan seraient une étape de plus vers la démocratie, donc vers la paix et la consolidation de l'État afghan... C'est ce qu'osent prétendre Américains et Européens pour justifier le maintien de leurs troupes dans ce pays de plus en plus incontrôlable. En réalité, déjà largement aux mains des talibans et autres moudjahidines.
Une bien curieuse « démocratie » ! L'assemblée nationale afghane se réduit à une chambre d'enregistrement qui fonctionne au bakchich, donc fluctuante au gré des largesses consenties aux « partis » d'origine tribale ou ethnique. Puis, en raison de l'immunité accordée aux élus, cette assemblée se confond vite avec un confortable refuge pour les affidés des seigneurs de la guerre, les trafiquants d'opium et autres profiteurs de la corruption généralisée. D'ailleurs, la grande majorité des candidats à ces législatives est issue des divers groupes armés et/ou des cartels de la drogue. Et tant pis pour les authentiques démocrates dont de nombreuses jeunes femmes qui ne peuvent opposer que leur courage.
A la pourriture du régime Karzaï, réélu président l'an dernier dans des conditions tellement inacceptables que même le grand protecteur américain a réagi (mais mollement), s'ajoute le danger imminent. Celui que font planer les talibans - et autres groupes combattant l'« occupation étrangère » - sur ces élections dites démocratiques. Avec des conséquences dramatiques pour les soldats américains et européens obligés d'exposer leur vie pour garantir des élections « libres » au profit d'un régime corrompu. De surcroît, un régime imprévisible au point de vouloir négocier avec le mollah Omar, le chantre de l'intégrisme taliban et de la charia, réfugié au Pakistan, autre « allié » pour le moins douteux !
Que les États-Unis, tout en sortant la tête basse de leur aventure irakienne, persistent dans une stratégie afghane qui n'a rien donné reste leur affaire. Que les Européens continuent à se prêter à cette sanglante mascarade, au nom de l'OTAN, est incompréhensible. Comme si, il y a quarante ans, l'Alliance atlantique avait soutenu les régimes fantoches de Saïgon mis en place par Washington dans la guerre du Vietnam. A l'époque, les Européens avaient su dire non.
Et qu'on ne dise pas que le terrorisme islamiste doit être combattu dans l'Hindou Kouch, à Kandahar, Kaboul ou ailleurs dans un Afghanistan en proie à toutes les factions. Non, mais aux portes de l'Europe, voire à l'intérieur de ses frontières, comme l'attestent les menaces actuelles !


Jean-Claude Kiefer

Terrorisme et pauvreté

Les derniers enlèvements au Niger, notamment ceux des cinq Français, sont d'autant plus inquiétants qu'ils ont eu lieu à leurs domiciles et dans une zone sécurisée. Ce rapt n'est pas le premier, mais ses auteurs ont fait preuve d'une audace et d'un sens de l'organisation, ainsi que de probables complicités qui posent en termes nouveaux la menace au Niger et dans toute cette zone sahélienne. On n'est plus face à des petits groupes épars de rebelles touaregs ou de bandits de pistes, mais à l'organisation terroriste al-Qaïda au Maghreb islamique.

Le défi devient très difficile à relever pour le groupe nucléaire français Areva. Il ne peut pas déserter les mines du Niger car les 40 % extraits là-bas alimentent le tiers des centrales françaises. Mais il est clair qu'il ne peut non plus assumer seul sa sécurité avec quelques vigiles et soldats locaux. Le défi est aussi énorme pour les pays de la zone, Mali et Niger, parmi les plus pauvres du monde. Pour mener son combat, l'organisation terroriste trouve d'autant plus facilement des relais sur le terrain que l'extrême pauvreté fournit logiquement ses bataillons aux trafiquants de drogue et d'armes, sous-traitants du terrorisme.

C'est donc une stratégie de sécurité, mais aussi de développement qu'il faut déployer, comme l'ont proposée les Européens. Mais, vue la situation des pays concernés, où les populations sont privées du minimum vital, malgré des décennies d'aides, on peut douter du résultat de cet appel un peu désespéré. Les franchisés d'al-Qaïda en Afrique ont encore de beaux jours devant eux pour trouver des recrues.

La menace terroriste en Afrique vise aussi directement la France où tous les clignotants seraient au rouge, selon le ministre de l'intérieur. Évidemment, dans le climat sécuritaire et anxiogène actuel, on pourrait avoir quelques soupçons. Mais nous ne sommes pas en période électorale. On sait surtout que des tentatives sont régulièrement déjouées par les services secrets qui s'occupent donc aussi du terrorisme, contrairement à ce que l'on aurait pu croire ces jours-ci ! La France reste une cible et la menace des jihadistes est réelle.

XAVIER PANON

Statues

C'est quoi, un grand homme ? Il y a les morts, qui sont au Panthéon. Célèbres comme Voltaire et Jean Moulin, ou largement oubliés de la patrie reconnaissante comme Claude-Louis Petiet. Un grand homme, c'est souvent un homme qui vient de mourir, tel Jean-Marcel Jeanneney. Ce peut être aussi une femme, mais c'est plus rare. Et puis il y a le grand homme selon Georges Frêche, qui érige des statues comme d'autres lancent des boules puantes. Dans le panthéon personnel qu'il impose à Montpellier, Monsieur Frêche aligne de Gaulle, Roosevelt, Lénine, Jaurès… Il envisageait Staline, mais il vient d'y renoncer. Un grand comique, ce Monsieur Frêche, qui a récemment déclaré ne pas s'intéresser aux gens intelligents, préférant faire campagne auprès des cons, qui sont les plus nombreux. Et si on lui élevait aussi une statue, à ce grand con ?

Le groupe Belvédère en difficulté

Le groupe Belvédère (vins et spiritueux) coté en bourse, qui compte au rang de ses prestigieux actionnaires Bruce Willis (image de marque de sa vodka) et Jean Réno, est menacé de dissolution.

Belvedere group a en effet convoqué ses actionnaires pour une assemblée générale extraordinaire le 22 octobre prochain à l'abbaye de Talloires, avec, à l'ordre du jour, un vote sur une éventuelle dissolution de la société. Ses capitaux propres "étant devenus inférieurs à la moitié du capital social". Le groupe espère que les actionnaires suivront la décision du conseil d'adminitration et voteront contre la dissolution.

Jean Reno et Bruce Willis avaient participé à la précédente assemblée générale, le 25 juin dernier à l'abbaye de Talloires.

Penser l'avenir

Pas de semaine, pas de jour sans nouvelles « révélations » de scandales vrais ou faux, sans attaques de l'un ou de l'autre. Et les mots, les insultes fusent : fasciste, imposteur, collabo ; on parle de putsch, de viol de la Constitution ; on rappelle jusqu'en plus haut lieu les exactions nazies contre les Juifs et les Tsiganes, faisant l'amalgame avec la difficile et douloureuse situation des Roms.

Un extraterrestre devant tout cela pourrait croire que la France est en guerre civile, que la résistance est en train de renaître contre la dictature... Et voilà que la tension gagne Bruxelles et l'Europe où, là encore, comparaisons odieuses et amalgames vont bon train. Tout cela dans une sorte d'hypocrisie généralisée où chacun voit la paille dans l'oeil de son voisin, mais ignore la poutre qui bouche sa propre vue.

Pendant ce temps-là, on semble négliger ou traiter insuffisamment au fond les véritables questions. Cependant, de l'étranger, on nous observe avec un étonnement mêlé de stupéfaction, voire d'inquiétude. C'est le cas de Vaira Vike-Freiberga (PHOTO), ancienne présidente de la Lettonie. À Paris, pour rendre compte de son rapport sur l'avenir de l'Europe à l'horizon 2030, elle déclarait :
« Si les Européens s'endorment sur leurs lauriers, ils vont se réveiller sur des lauriers fanés. La France ne pourra pas maintenir son train de vie en travaillant trente-cinq heures par semaine et en partant à la retraite à 58 ans. C'est très clair. Les chiffres sont là. C'est impossible. On peut l'appeler de tous ses voeux et chanter sur tous les tons qu'on aime ça et que c'est formidable. C'est très beau, mais ce n'est pas durable. C'est dommage mais c'est comme ça. »

Ne pas s'enliser dans l'immédiat

Puis, prolongeant sa réflexion, elle invitait les dirigeants de nos pays à ne pas se placer dans le court terme qui, dit-elle, est à la racine de nos démocraties. Les décisions prises par les élus sont, en effet, très vite impopulaires et critiquées par les citoyens. Les politiques veulent pourtant se les concilier, car ce sont leurs futurs électeurs. Tout le monde a donc tendance à s'enliser dans l'immédiat sans songer suffisamment aux mesures à longue portée. Pourtant, c'est bien l'avenir qu'il faut préparer dès aujourd'hui et c'est le rôle des politiques que d'agir ainsi.

L'ambassadeur des États-Unis, Charles H. Rivkin, en visite à Rennes ces jours derniers, résumait bien la question. Les États-Unis sont en pleine mutation et entreprennent des transformations majeures dans le domaine de la santé, de la construction de voies ferrées, dans la promotion des énergies nouvelles, dans l'éducation, la recherche, etc. Tout cela amène des décisions, pas toujours facilement acceptées, si bien que la cote du président Obama peut en souffrir. Mais, disait l'ambassadeur,
« le président Obama n'agit pas pour les prochaines élections mais pour les futures générations » !
C'est bien là l'attitude qui devrait être celle de tous les véritables hommes d'État.