TOUT EST DIT

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mardi 15 juin 2010

Les dirigeants européens critiquent l'agence de notation Moody's

es dirigeants européens ont vertement critiqué la décision de l'agence de notation Moody's d'abaisser la note de la dette souveraine de la Grèce, mardi 15 juin. "Cette décision de Moody's arrive à un moment assez étonnant et malheureux suite à l'accord conclu sur un programme d'ajustement macro-économique entre la Grèce, la Commission, la Banque centrale européenne et le FMI", a déclaré le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, à Strasbourg. Moody's a toutefois persisté dans sa voie, en annonçant mardi avoir dégradé la note des principales banques grecques.
"Les mesures adoptées par le gouvernement grec traduisent bien son engagement à réformer son système statistique, stabiliser ses finances publiques et restaurer une croissance économique durable et à long terme", a poursuivi Olli Rehn lors d'un débat devant le Parlement européen. Selon lui, "la décision de Moody's ne correspond pas du tout au rendement des obligations grecques et aux différentes conséquences négatives qui se sont considérablement réduites depuis l'adoption de ce programme".

Peu après, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a également parlé d'un geste "irrationnel", estimant que les marchés financiers s'apercevraient "dans quelques mois qu'ils ont eu tort". "Je ne comprends pas pourquoi cette nouvelle dégradation est intervenue", a déclaré M. Juncker à quelques journalistes après un séminaire sur l'Europe à Oslo. "Ces abaissements de note ne sont pas, dans chaque cas, compréhensibles et rationnels", a-t-il affirmé lors de son intervention.

DÉBAT SUR LES AGENCES DE NOTATION

M. Juncker a aussi souligné la difficulté de trouver "le juste équilibre" entre la lutte contre l'envolée de la dette publique et la nécessité de soutenir la reprise de la croissance. "Nos fondamentaux sont en fait bien meilleurs que ceux des Etats-Unis et du Japon", a-t-il dit, en soulignant que le taux d'endettement et les déficits publics en Europe était moins élevé que dans ces deux pays. "Mais nous sommes la cible des marchés financiers parce que nous avons été incapables de (...) réduire les déséquilibres" entre pays européens, au sein desquels l'état des finances nationales est très variable, a-t-il estimé.

En abaissant la note de la Grèce de quatre crans (de"A3" à "Ba1"), Moody's a relégué le pays dans la catégorie spéculative pour un risque de non-remboursement de sa dette publique. L'agence de notation s'était notamment justifiée en arguant des risques liés au mécanisme de soutien apporté à Athènes par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI). Athènes avait jugé cette sanction sans fondement. La Grèce a déjà subi des baisses de notation par les deux autres agences. Elle est notée BB+ par Standard and Poor's, qui la range également dans la catégorie des investissements spéculatifs, et BBB- par Fitch.

Olli Rehn, qui a précisé qu'il s'était entretenu de ce sujet avec le président de la Commission, José Manuel Barroso, et avec le commissaire au marché intérieur, Michel Barnier, a estimé que la décision de Moody's "relance le débat sur la question des agences de notation. (...) La commission va se pencher sur la question du niveau de concurrence dans ce secteur où il y a une très forte concentration. Nous allons également réfléchir à la transparence en matière de méthodes et à la question de conflits d'intérêt", a-t-il assuré.

Retraites : l'épargne pourrait être taxée

La taxation des revenus du capital évoquée par Nicolas Sarkozy pourrait concerner tous les épargnants, croit savoir la Tribune dans son édition de mardi.

Alors que les derniers arbitrages concernant la réforme des retraites seront pris ce soir, entre Nicolas Sarkozy, François Fillon et Eric Woerth, la presse se fait l'écho ce mardi des dernières pistes envisagées pour taxer les hauts revenus. La Tribune révèle notamment qu'une taxation de l'épargne pourrait contribuer au financement de la réforme. Nicolas Sarkozy avait évoqué à la mi-mai une taxation des hauts revenus et des revenus du capital, confirmée ce lundi par François Fillon. Le quotidien économique précise que ce sont finalement tous les épargnants qui pourraient se voir appliquer une taxe supplémentaire.

«Tout le monde sait que les plus aisés sont les premiers bénéficiaires des revenus du capital. En taxant les revenus de l'épargne, on ne vise donc pas les plus modestes, mais les ménages des tranches supérieures», justifie dans la Tribune un expert gouvernemental. Quant au dispositif mis en place, il pourrait prendre la forme, soit «d'une nouvelle contribution retraite dont la base de calcul serait proche de celle de la CSG», soit une batterie de mesures visant certains revenus issus du patrimoine, tels que les stocks options ou le prélèvement forfaitaire libératoire. La première option concernerait un nombre bien plus important de contribuables, même si les recettes attendues ne devraient représenter que quelques centaines de millions d'euros.

Les Echos et le Figaro, en revanche, relayaient plutôt, hier et ce matin, l'idée d'un relèvement du taux de la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, actuellement fixé à 40%. Une mesure qui toucherait cette fois quelques 342.000 foyers fiscaux. Voire, selon les Echos, la création d'une nouvelle tranche d'imposition. Cette option pourrait, mécaniquement, faire croître significativement le nombre de bénéficiaires du bouclier fiscal.

Sondage : Fillon favori de la droite à Paris

François Fillon ferait un bon maire de Paris. Selon un sondage Ifop pour La Lettre de l'opinion, 57% des habitants qui connaissent le chef du gouvernement -soit 98% des 800 parisiens interrogés la semaine dernière- en sont assurés. Ce sondage vient confirmer l'analyse de la plupart des maires UMP de la capitale. Il y a dix jours, six d'entre eux se sont en effet dit convaincus que le premier ministre était le plus à même d'incarner la reconquête de la droite. Le sondage indique en outre que près de 65% des sondés ont une bonne opinion de lui, en deuxième position derrière l'actuel maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, qui recueille 71% de bonnes opinions. La «dauphine» socialiste Anne Hidalgo arrive derrière François Fillon avec 62%.

En revanche, et surprise du sondage, Rachida Dati, ex-garde des Sceaux et maire du VIIe arrondissement, ne recueille que près de 33% d'opinions favorables. Et seuls 18% des sondés qui la connaissent (98%) pensent qu'elle pourrait faire «un bon maire de Paris ». Quatre personnalités de droite ont été testées auprès des Parisiens et devant Rachida Dati, Claude Goasguen, le député maire du XVIe est jugé comme possible bon maire par 29% des sondés qui le connaissent (62%), derrière le député du XVe et président du groupe UMP au Conseil de Paris, Jean-François Lamour (31% avec 72% de notoriété).

«Nous étions très curieux de le vérifier mais on entend bien, dans la capitale, un véritable écho de la popularité nationale de François Fillon», indique Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion de l'Ifop. «Nous avons aussi constaté que les sympathisants de droite parisiens attendent un poids lourd national plutôt qu'un élu de la droite locale», ajoute-t-il. Ces sympathisants sont 88% à juger que Fillon ferait un bon maire contre 43% pour Lamour, 42% pour Goasguen et 33% pour Dati. Fillon apparaît aussi comme le seul capable de séduire au-delà du camp de la droite : 37% des sympathisants de gauche pensent qu'il peut faire un bon maire contre 20% pour Lamour et 7% pour Dati.

Sur le mauvais score de cette dernière, Jérôme Fourquet estime que «son implantation à Paris n'est pas réussie». «Déjà, en 2008 et malgré sa notoriété, son parachutage dans le VIIe arrondissement, pourtant l'un des plus beaux fiefs de la droite à Paris, s'était traduit par un score inférieur à celui de ses prédécesseurs.» Il juge que «son image s'est abîmée» et que «le travail qu'elle effectue au parlement européen ne paye pas à Paris où elle n'est pas identifiée».

Une faille entre l'Est et l'Ouest

Le travail que Chantal Jouanno a réalisé dans la capitale lors des régionales semble en revanche avoir porté ses fruits. La secrétaire d'État à l'Écologie, qui fut tête de liste UMP à Paris, obtient 60% de bonnes opinions derrière le député Bernard Debré (62%) mais devant Jean-François Lamour (59%). Elle serait d'ailleurs disposée à se présenter à la présidence de la fédération UMP de Paris, à l'automne. «Son approche écologique et concrète des grands dossiers parisiens a marqué au-delà du cercle de droite et au-delà, surtout, des arrondissements de l'Ouest dans lequel la droite reste forte alors qu'à l'Est, elle devient inaudible », juge encore Fourquet.

Cette faille entre l'Est et l'Ouest inquiète la droite même si Fillon obtient tout de même, comme plus bas score, 53% de bonnes opinions, dans les XVIIIe, XIXe, et XXe, contre 29% pour Dati et 65% pour Hidalgo. Dans les arrondissements allant du Ier au VIIIe, la popularité de Fillon (73%) étouffe encore plus celle de Dati (36%). Un score qui réjouit ceux qui imaginent une implantation de Fillon à Paris aux législatives de 2012, dans la 2e circonscription (Ve, VIe et VIIe ). Celle-là justement où Dati entend bien se présenter.

Nicolas Sarkozy déjeune avec Jacques Chirac

Nicolas Sarkozy doit retrouver Jacques Chirac, mardi 15 juin, pour partager un déjeuner dans un des restaurants asiatiques préférés de l'ancien chef de l'Etat. Il y a quelques semaines encore, Nicolas Sarkozy avait distribué des piques à l'encontre de son prédécesseur.
On a souvent traité l'agriculture de façon folklorique, avait-il ironisé devant des agriculteurs, lors d'une visite dans le Lot-et-Garonne le 21 mai. Et devant des militants UMP de l'Oise, réunis à huis clos le 25 mai , il avait lancé : "Il n'y a pas de fatalité à la trahison de nos engagements électoraux."

Cependant, le président de la République a besoin de rassembler son camp, la réforme des retraites intervient dans un climat difficile, l'Europe est en crise et le couple franco-allemand à peine rabiboché. Les deux hommes devraient parler du conseil européen du 17 juin, de la préparation du G20 et du 70e anniversaire de l'Appel du 18 juin.

Leur tête-à-tête intervient alors que Dominique de Villepin tient, samedi 19 juin, le congrès fondateur de son nouveau mouvement.


Frères inséparables

Le résultat des élections en Belgique n’est pas réjouissant mais il a au moins une vertu de démystification. Non, les querelles communautaires entre les Flamands et les Wallons ne sont pas seulement le fait d’une classe politique coupée de la réalité tandis que la population resterait profondément attachée à l’unité du royaume. Ce sont bien les électeurs belges qui ont placé en tête des formations ayant des visions assez radicalement opposées de l’avenir du pays : la Nouvelle Alliance flamande (N-VA) et, côté wallon, le Parti socialiste. Ainsi au moins les positions sont-elles claires et c’est peut-être, paradoxalement, une chance.

Partant de positions très différentes, Bart De Wever et Elio di Rupo, chefs respectifs du N-VA et du PS, vont pouvoir négocier cartes sur table. D’autant plus que les deux hommes ne sont pas liés par le passif de coalitions passées. Le leader flamand atteint pour la première fois le premier rang sur la scène politique belge, tandis que le socialiste wallon s’est concentré, ces dernières années, sur des fonctions régionales. Que peut-il sortir de leurs discussions ? Sans doute un degré supplémentaire de séparation entre les deux communautés avec une frontière linguistique encore plus marquée. Demain, ou après-demain, la Belgique deviendra une confédération de deux quasi-États.

Pour autant, risquons le pronostic, il n’y aura pas à proprement parler un éclatement de la Belgique, au moins à court ou moyen terme. Pour une première raison majeure : Bruxelles. Cette grande et attachante cité, symbole d’Europe de bien des manières, est historiquement flamande mais, très majoritairement, francophone. Elle est en somme inséparable. D’une manière ou d’une autre, les deux communautés devront veiller ensemble sur leur capitale commune. L’autre raison qui ne laisse pas présager une issue séparatiste, ce sont ces décennies d’interminables discussions qui sont devenues comme une sorte de mode de vie entre les deux parties du pays. Un peu comme ces repas de famille où l’on reprend pour la énième fois la même dispute sur les impôts ou le football. Chacun regretterait d’y mettre fin !


Guillaume Goubert

PME : les grains de sable de la reprise


Plusieurs milliers de chefs d’entreprise (plus de 10.000 patrons peut-être) vont se retrouver aujourd’hui à Paris pour Planète PME, l’événement de la CGPME. Nicolas Sarkozy va s’adresser à eux – une première pour un président – , et devrait leur dire tout le bien qu’il pense d’eux – eux qui ont été les victimes de la crise et dont l’image est bien meilleure que celle... des banques. Il va leur annoncer quelques mesures (par exemple pour maintenir les médiateurs du crédit).
Mais dans les couloirs, il y a fort à parier que ces chefs d’entreprise ne parleront pas de la politique économique, du couple franco-allemand et même des retraites. Ils parleront de leurs carnets de commandes et de la conjoncture encore incertaine. Et certains se plaindront d’un phénomène qui monte et dont pour le coup on parle peu : leurs problèmes d’approvisionnement. Parce que la reprise créé un peu partout des goulots d’étranglement (en France et ailleurs).

Il y a un peu partout des pénuries de matières premières, de pièces, qui empêchent les productions et ralentissent la reprise. Je vous donne quelques exemples. Faute de composants électroniques, le fabriquant allemand d’autoradios qui équipe les Audi et les Porsche ne peut les livrer. Résultat : les modèles de ces marques sont disponibles avec retard. Autre exemple, faute de dioxyde de titane, un produit chimique qui donne de la blancheur au papier, la fabrication de papier a des ratés. Faute de produits de base, les sous-traitants de l’automobile qui utilisent du plastique (pare-chocs), livrent Renault avec retard. Et c’est la même chose dans l’imprimerie ou dans l’électronique, où les « puces » manquent cruellement. Les fabricants de téléphones s’arrachent les cheveux alors que les ventes explosent.

La cause de ces pénuries est à la fois simple et inextricable. Confrontées à la crise, les industriels ont massivement réduit leurs stocks et leurs capacités de production, en fermant des usines. Ils l’ont fait tellement que maintenant que çà redémarre, ils n’arrivent pas à desserrer assez vite les boulons, surtout s’ils craignent que la reprise ne soit un trompe l’œil. Rouvrir les usines, relancer les chaînes, recruter du monde, cela prend du temps.
Voilà pourquoi les fabricants d’encres d’imprimerie sont sur les nerfs, voilà pourquoi il est difficile sur l’ensemble de la planète aussi de trouver certains composants électroniques, de l’acide acrylique, du pigment violet ou encore du nylon. Le résultat est que les prix montent, que les délais de livraison s’allongent, et qu’il faut parfois fixer des contingents.
Cela n’est pas anecdotique : aux Etats-Unis, certains chantiers routiers sont menacés faute de deux produits chimiques clefs pour fabriquer la peinture utilisée pour la signalisation …

Cela n’est sans doute pas grave… mais cela montre l’imbrication de l’économie, sa complexité, comment des grains de sable peuvent enrayer la mécanique de production. Une voiture, ce sont des milliers de pièces, un iPhone des centaines. L’économie c’est la macroéconomie, les grands équilibres mais aussi des petites choses qui font le quotidien de la vie des entreprises – celles dont nous parlons peu mais dont parlent les patrons quand ils se rencontrent.
DOMINIQUE SEUX

Europe, régulation financière : Sarkozy et Merkel décident d'agir en commun

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel réclament ensemble au G20 des mesures plus ambitieuses d'encadrement des marchés. Sur la gouvernance de l'Union européenne, Paris soutient Berlin sur de nouvelles sanctions pour les pays laxistes mais n'obtient pas de nouvelle structure formelle pour le pilotage de la zone euro.
Une semaine après leur rendez-vous manqué du 7 juin, le président Sarkozy et la Chancelière Merkel ont voulu démontrer, à Berlin, leur capacité à agir de concert, à la fois pour réclamer un encadrement plus fort des marchés financiers et pour améliorer la gouvernance de l'Union euiropéenne.

A deux semaines du sommet des Chefs d'Etat et de gouvernement du G20 de Toronto, les deux dirigeants ont indiqué leur intention d'adresser au premier ministre canadien, Stephen Harper, pour lui demander, selon les mots de Nicolas Sarkozy, «d'être plus ambitieux sur la régulation financière». Paris et Berlin demanderont l'instauration d'une taxe sur les transactions financières et d'une taxe bancaire, «que la France et l'Allemagne appliqueront de la même manière», a souligné le Président.

Alors que Paris et Berlin s'opposaient jusqu'ici sur la gouvernance de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont par ailleurs annoncé l'envoi d'une lettre commune à Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, qui dirige actuellement un groupe de travail sur le sujet. Ils lui demanderont de prévoir de nouvelles sanctions pour les Etats laxistes en matière de finances publiques, à qui leurs droits de vote pourront être retirés provisoirement. Un sujet auquel tenait Angela Merkel. Faudra-t-il pour cela modifier les traités européens ? Selon le Président français, les juristes ne sont pas unanimes. Mais si des modifications sont nécessaires, alors Paris et Berlin sont prêts à les introduire.

Sur la question de la coordination des politiques économiques des pays de la zone euro, Paris et Berlin ont décidé d'en rester à un niveau informel : les dirigeants des seize pays qui partagent la monnaie unique pourront se rencontrer, an cas de besoin, de manière pragmatique. Nicolas Sarkozy a insisté sur la nécessité d'avoir une Europe «réactive, au besoin pro-active même, capable de répondre à des marchés qui eux réagissent au millionième de sonde». Paris à l'origine souhaitait une structure plus formelle. Hier matin encore, dans la «Süddeutsche Zeitung», la ministre de l'Economie, Christine Lagarde expliquait : «nous devons réfléchir sérieusement à la nécessité d'un gouvernement économique qui aurait une réelle fonction de pilotage et ne soit pas seulement un contrôleur des banques et des marchés, mais un exécutif efficace et coordinateur». Mais Angela Merkel craignait que cela n'affecte l'indépendance de la Banque Centrale Européenne, un sujet très sensible outre-Rhin. Elle voulait en outre éviter de créer une Europe à deux vitesses.

Alors que les rumeurs se multiplient sur un prochain appel à l'aide financière de l'Espagne, Angela Merkel a simplement rappelé que «les Européens ont mis en place un mécanisme de soutien dont les conditions de déclenchement sont très claires». Plus tôt, un porte-parole de la Commission européenne avait indiqué qu'«il n'y a pas de plan pour fournir une aide financière à quelque Etat-membre que ce soit». Le porte-parole du ministre allemand des Finances, a lui rappelé que pour activer le mécanisme d'aides, «il faut qu'un pays ait des difficultés de paiement et qu'il y ait danger pour la stabilité de l'ensemble de la zone euro. A l'heure actuelle, il est évident que ces conditions ne sont pas réunies».

Taxe bancaire: l'offensive Sarkozy-Merkel

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel vont militer au G20 pour la création d'une taxe bancaire et sur les transactions financières. L'idée d'un gouvernement économique des 27 a également été évoquée.

«C'était un entretien très important. Merci à Nicolas Sarkozy d'être venu». Ce lundi à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel a souhaité mettre un terme aux rumeurs persistantes de mésententes entre la France et l'Allemagne dans le cadre de la lutte contre la crise financières européenne. Lors de sa conférence de presse commune avec le président français à Berlin, Angela Merkel a rappelé la nécessité pour les deux pays de donner «un élan» à l'Union européenne pour «agir de façon opérationnelle» et «tirer les conséquences de la crise financière à répétition».

Décidés à «parler d'une même voix», les deux chefs d'Etats ont annoncé qu'il porteraient ensemble, lors du G20 de Toronto, l'idée d'une taxe sur les transactions financières et d'une taxe bancaire, «qui sera appliquée de la même façon en France et en Allemagne», a précisé Nicolas Sarkozy.

Avec Angela Mergel, le président français a rappelé la nécessité de renforcer le pacte de stabilité et de croissance. Pour les pays les plus laxistes en matière de dette souveraine, les deux pays proposent une sanction qui se traduirait par la suspension de leurs droits de votes au Conseil européen. Cette proposition, qui sera soumise au président du Conseil européen Herman Van Rompuy, pourrait donner lieu à des modifications de traité qui se feront «dans un avenir proche», selon Angela Merkel.

Un gouvernement économique européen

Enfin, l'Allemagne et la France ont évoqué leur souhait de mettre en place «un gouvernement économique des 27» qui se réunirait rapidement «de façon opérationnelle et pragmatique». Les deux chefs d'Etats veulent également pouvoir, «en cas de nécessité», réunir uniquement les 16 seuls chefs d'Etats de la zone euro. «Il n'y aura pas de pays de première et de deuxième classe. L'idée est juste de coopérer rapidement en cas de problèmes concernant la zone euro», a insisté Angela Merkel.

«L'Europe n'est pas le continent le plus dynamique contrairement aux ambitions du traité de Lisbonne. Il ne faut pas créer de nouvelles institutions mais être plus opérationnels», a souhaité la chancelière. Nicolas Sarkozy a réitéré son souhait de «sortir des débats idéologiques pour faire bouger les choses rapidement».

Interrogés sur leurs visions respectives des plans de rigueurs annoncés dans les deux pays, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy sont restés évasifs. La chancelière allemande a précisé que l'«Allemagne avait fait le pas qu'il fallait et que la France aussi». Pour sa part, le président français a évoqué «une question de responsabilité commune, de confiance et de proximité».

Avant le G20, l'Allemagne et la France défendront leurs initiatives communes lors de la réunion du Conseil européen, ce jeudi.

Le commentaire politique de Christophe Barbier du 15 juin



Bayrou: "nulle envie" d'un rapprochement avec Sarkozy, mais pourquoi pas DSK

Le président du MoDem François Bayrou a réaffirmé lundi soir qu'il n'"avait nulle envie" d'un "rapprochement" avec Nicolas Sarkozy, mais n'a pas exclu un dialogue avec Dominique Strauss-Kahn.

"Je n'ai nulle envie d'avoir quelque rapprochement politicien que ce soit avec Nicolas Sarkozy", a-t-il affirmé lors de l'émission Mots Croisés sur France 2.

"Je suis un opposant au régime de Nicolas Sarkozy depuis la première minute (de sa présidence) et même depuis avant la première minute", a-t-il souligné.

Interrogé sur la possibilité d'un "dialogue" ou d'un "rapprochement" avec le PS et en particulier Dominique Strauss-Kahn, il a répondu: "oui, je pense que Dominique Strauss-Kahn est plus près de ce que j'évoque comme conscience ou en tout cas comme une vision d'un certain monde". "Mais on aura le temps d'en parler, si débat il y a", a-t-il ajouté.

"En tout cas, sur cette conscience-là qui cherche à marier bon sens et justice, je crois qu'il (DSK) est plus près", a-t-il ajouté.

BAYROU N'EST PLUS UN HOMME POLITIQUE C'EST UNE PUTE ! A COMBIEN LA PASSE ? ET POUR CE PRIX QUE FAIT-IL ?

Le penalty de Sarkozy

Ainsi il n'y aurait pas l'ombre d'une feuille de papier à cigarette entre la position de Nicolas Sarkozy et celle de son Premier ministre sur la question de l'âge légal de la retraite qui devrait être tranchée aujourd'hui. Le couple exécutif aurait pourtant le droit de marquer quelques divergences de sensibilité sur cette question politique explosive sans être taxé pour autant d'indécision. L'un sera comptable devant les électeurs, dans moins de deux ans, de l'orientation qui sera prise quand l'autre a davantage intérêt à camper sur une ligne dure pour marquer son tempérament autant que son territoire. En prenant l'engagement solennel de réduire le déficit public de la France de 100 milliards d'euros d'ici à 2013 -un objectif jugé, jusque-là, impossible à atteindre par la plupart des économistes- c'est bien le chef du gouvernement qui fait montre de la plus grande audace. En s'imposant une telle contrainte, il prend un risque considérable. Que restera-t-il de sa crédibilité dès 2011 si la tendance contredit son volontarisme ? L'Élysée, de son côté, demeure réticent à jouer à contre-emploi sur un registre aux antipodes de sa campagne allégorique de 2007. S'il dictera lui-même les grands paragraphes de l'avant-projet du gouvernement, c'est qu'il compte bien en arrondir les formules, et en adoucir quelques aspérités. L'exemple des difficultés rencontrées par Angela Merkel après la présentation de son plan de rigueur l'incite à une certaine prudence : il voit bien que l'autorité de la chancelière pourrait être -paradoxalement- érodée par sa très grande fermeté, mais aussi par la clarté avec laquelle elle a annoncé la couleur aux Allemands. Sans fioritures. Rien de commun, en effet, entre les méthodes de communication des deux côtés du Rhin. Berlin a choisi le style direct et une méthode extrêmement carrée, sans la moindre zone d'ombre sur sa détermination. Paris, en revanche, n'a cessé de recourir à des procédés allusifs pour habituer peu à peu l'opinion, petite dose par petite dose, à des changements majeurs du système des retraites. Jusqu'à présent, Matignon a parfaitement géré le calendrier pour contourner avec le meilleur timing les dangereuses chicanes posées sur la route de la réforme. Les derniers arbitrages seront donc rendus aujourd'hui et demain, en pleine Coupe du monde et à la veille d'un deuxième match décisif pour l'équipe de France contre le Mexique. Autant dire que l'attention des Français est un peu distraite, et leur capacité de mobilisation très émoussée. En bon professionnel Nicolas Sarkozy sait fort bien que si ce sursis permettra au texte d'arriver au Conseil des ministres de juillet sans trop de ratures, il lui faudra bien l'assumer pleinement à la fin du match. Le voilà saisi par l'angoisse du tireur au moment du penalty.

Olivier Picard

Vuvuzelas

Le fond de l'air n'est pas frais. Mais alors pas frais du tout. Temps de crise et d'exaspération, qui nous jette les uns contre les autres. Les extrémistes donnent la main aux imbéciles dans la provocation. A Paris se prépare un apéro « saucisson et pinard » dans un quartier habité par de nombreux musulmans. A Villeneuve-Saint-Georges brûle un drapeau français, remplacé par un drapeau algérien. Et demain, on mange quoi ? On brûle quoi ? Non, ça ne sent décidément pas bon. Déjà monte le vieux fumet du populisme anti-politique : tous nantis, tous pourris. Bien sûr qu'ils exagèrent parfois, nos politiques, qu'ils nous sidèrent par leur inconscience dans le registre : j'ai trois métiers et trois salaires, où est le problème ?…. Mais prenons garde à ne pas jeter le bébé de la démocratie avec l'eau sale de nos frustrations. Embouchons nos vuvuzelas et klaxonnons bien fort : attention, danger !

Francis Brochet

La Belgique et le risque du divorce

Dans une Belgique idéale, tous les Wallons parleraient flamand. Et réciproquement. Or, il n'en est rien. Dans une Belgique écartelée et se résignant au divorce de ses deux principales communautés, une nouvelle frontière surgirait au coeur de l'Europe. Or, il n'en est pas question car la légitimité d'autres frontières serait inévitablement remise en cause. C'est entre ces deux extrêmes, l'union parfaite ou le divorce, que la vie politique belge se démène, comme elle peut, depuis toujours, depuis la naissance du Royaume, en 1830.

Longtemps, l'État unitaire, forgé sur le modèle français, a prévalu, au bénéfice d'une économie wallone plus développée. Depuis les années 1960 et le déclin industriel de la partie francophone, le rapport de forces s'est renversé. Donnant naissance à une authentique frontière linguistique. Accroissant le fossé culturel entre les deux communautés. Aiguisant les tensions politiques pour le gouvernement de la chose publique.

Dimanche, cette tension vient de toucher un nouveau sommet avec l'affirmation historique des séparatistes flamands aux élections anticipées. Bart de Wever, le leader de la Nouvelle Alliance flamande, a réussi une percée impressionnante auprès de l'électorat flamand. Il réclame haut et fort la mort de la Belgique, tout en plaisantant volontiers en usant de l'arme médiatique. Et il est tellement persuadé du caractère inexorable de cette issue fatale, qu'il se déclare prêt à un statut intermédiaire. Le processus de fédéralisation serait poussé au point de faire naître une confédération. Stade minimal du vivre ensemble.

Singulière, la crise belge nourrit, dans l'immédiat, un paradoxe. Le résultat de dimanche risque de déboucher sur le retour d'un Premier ministre wallon et socialiste, Elio di Rupo, pour la première fois depuis 1974. La Flandre a voté à droite, la Wallonie à gauche. La négociation, qui va porter inévitablement sur le degré de décentralisation demandé par la partie flamande, va exiger plus que jamais la pratique du grand écart.

Plus profondément, la victoire électorale du séparatisme confirme la poussée résurgente du nationalisme au coeur même de l'Europe. On a pu évoquer, ces derniers mois, l'affirmation de mouvements populistes ou d'extrême droite en Hongrie, en Slovaquie ou aux Pays-Bas. La Belgique de Bart de Wever concentre plusieurs tendances, puisqu'il manie le fédéralisme fiscal et le repli identitaire comme levier de rupture institutionnelle. Un peu comme la Ligue du Nord, en Italie, qui s'y exerce depuis plus de vingt ans, sans avoir, jusqu'ici, pu ébranler totalement le cadre unitaire.

Un peu partout en Europe, ce vent de crispation identitaire s'incarne selon les spécificités culturelles de chaque pays. Tous ces mouvements ont toutefois en commun de réaffirmer un attachement au droit du sol, qui ne manque pas de préoccuper.

L'écho de la crise belge est d'autant plus retentissant, que le royaume abrite les institutions européennes. Le 1er juillet, une Belgique sans gouvernement, et presque sans raison d'être, assumera la présidence tournante de l'Union Européenne. On se serait volontiers passé de ce signal de faiblesse. Le rôle de plus en plus obsolète de cette présidence tournante n'est qu'une maigre consolation.

lundi 14 juin 2010

Les banques font-elles du chantage à la croissance ?

3 points de PIB et près de 10 millions d'emplois. C'est ce que coûterait l'application des nouvelles normes aux banques, à en croire l'Institut international de la finance. Mais les menaces du lobby bancaire sont-elles crédibles ?

La mise en place de Bâle III va coûter trois points de PIB à la croissance mondiale au cours des cinq prochaines années. Voilà la menace que l'Institut international de la finance a brandie dans un rapport publié la semaine dernière. A en croire le lobby bancaire, la réforme de l'arsenal réglementaire empêcherait la création de 9,73 millions d'emplois aux Etats-Unis, en Europe et au Japon d'ici à 2015. Rien que ça. Un avertissement redoutable alors que la reprise s'avère décevante, surtout en Europe, où, pour ne rien arranger, le financement de l'économie dépend à 74% du crédit bancaire.
Bâle III, une entrave aux profits des banques

Les banques ne se lassent pas de répéter à quel point ces nouvelles normes seront néfastes pour l'économie. Mais "c'est surtout pour leurs profits et bonus qu'elles seront nocives", rétorque l'économiste Jézabel Couppey-Soubeyran. Car l'un des objectifs de Bâle III est d'augmenter les fonds propres, la crise ayant révélé que de nombreuses banques n'étaient pas assez capitalisées pour pouvoir absorber les pertes subies. Or augmenter les fonds propres réduit mécaniquement le rendement, et donc les profits. Et "comme elles ne peuvent pas dire, «ça va diminuer notre rentabilité et nos retours sur investissement», elles ressortent le sempiternel «ça va diminuer le crédit», explique Felix Salmon sur son blog. "Les banques ont fait les simulations en retenant les scénarios les plus pessimistes pour arriver aux 0,6 point de croissance sacrifiés par an, poursuit Jézabel Couppey-Soubeyran. Cela fait partie du lobbying pour obtenir des assouplissements, au moins dans le calendrier, de l'application des normes." De fait, en dehors du milieu bancaire, les estimations sont moins alarmistes. Nout Wellink, le gouverneur de la Banque centrale néerlandaise et président du Comité de Bâle, estimait début mai que Bâle III devrait coûter entre 0,5 et 1 point de croissance du PIB sur les prochaines années.
Le crédit : variable d'ajustement ?

Faut-il prendre les menaces sur la distribution de crédit au sérieux ? En théorie non. Les nouvelles exigences de fonds propres s'appliquent surtout aux activités de marché et de titrisation, car ce sont ces métiers qui se sont avérés sévèrement sous-capitalisés pendant la crise. C'est donc dans la banque d'investissement qu'il va falloir doubler voire tripler le capital ou se résigner à réduire l'activité. Pas sûr toutefois que les banques acceptent de renoncer aux activités de marché, qui sont les plus rentables. Il est en effet probable qu'elles préfèrent faire du crédit la principale variable d'ajustement. Côté banques, on affirme ne pas avoir le choix: "le renforcement de l'exigence globale en capital revient in fine à relever dans les mêmes proportions les exigences spécifiques appliquées à chaque catégorie d'actifs. II est ainsi de nature à affecter l'ensemble des activités bancaires et à porter atteinte à la capacité des banques à financer l'économie", explique Céline Choulet, économiste à BNP Paribas. Si les nouvelles normes obligent les banques à lever d'ici 2012 jusqu'à 800 milliards de dollars en capital et 3700 milliards de dette, elles risquent donc de répercuter ces coûts sur le crédit, à la fois en terme de baisse de volumes et de renchérissement.
Rationaliser ou rationner le crédit ?

Mais serait-ce vraiment grave si les banques accordaient moins de prêts? Il ne faut pas oublier que la dernière crise résultait précisément d'un emballement du crédit. "Les banques n'étaient pas assez regardantes sur la solvabilité des emprunteurs, rappelle Jézabel Couppey-Soubeyran. Elles prêtaient à tout va puisqu'elles pouvaient se débarrasser du risque via la titrisation." Avec ces nouvelles contraintes, "les banques vont enfin retrouver un de leurs coeurs de métier : la sélection de risques", renchérit l'économiste Dominique Plihon. "Les banques vont parler de rationnement pour faire peur, mais il s'agit plutôt d'une rationalisation, ajoute Jézabel Couppey-Soubeyran. Sans compter que cela aura l'avantage de limiter la hausse des prix de l'immobilier".

En revanche, si les entreprises ont du mal à se financer auprès des banques, ce sera problématique pour la reprise. Et l'argument ne laisse pas indifférent dans le contexte actuel de reprise molle en Europe. "Mais si le volume de crédit est relativement faible actuellement, cela a plus à voir avec une demande fragile de la part des entreprises qu'avec un problème d'offre des banques, poursuit l'économiste. Et quand le crédit repartira, les garde-fous qu'on aura mis en place pour empêcher un emballement excessif seront sains".

Le président du Nouveau centre pense aussi à la Présidentielle de 2012

« Le choix se posera entre exister par la seule volonté du Prince, qui par nature est réversible et donc fragile, et celui d'exister par nous-mêmes », a lancé hier à Tours, devant 1 500 militants le président du Nouveau centre Hervé Morin, en défendant le principe d'une candidature centriste en 2012.

« Si nous n'allons pas jusqu'au bout, c'est que nous aurons échoué et j'assumerai alors mes responsabilités, car je n'ai pas l'intention d'être le président d'un parti qui se résumerait à être le décor d'une pièce qui se jouerait sans lui », a-t-il ajouté. Réélu sans surprise hier président du Nouveau Centre avec 93,4 % des suffrages, le ministre de la Défense veut bâtir un projet politique, rassembler les centristes et asseoir sa notoriété dans la perspective d'être candidat en 2012. Et l'homme ne minimise pas les difficultés de sa tâche. Selon un sondage Opinionway publié samedi dans Le Figaro, avec 16 % des suffrages, il n'arrive qu'en 3e position sur les candidats centristes potentiels à la présidentielle. 30% des sondés lui préfèrent le patron du parti radical Jean-Louis Borloo et 29 %, le leader du MoDem François Bayrou. « Proportionnellement à un niveau de notoriété encore en devenir, les résultats d'Hervé Morin dans ce sondage sont excellents », s'est félicité le porte-parole du NC, Maurice Leroy. « Bien évidemment, Hervé Morin est un excellent candidat », a observé la secrétaire d'Etat NC à l'écologie, Valérie Létard. Mais à ses yeux, Jean-Louis Borloo est celui qui « incarne le plus les valeurs humanistes, de cohésion sociale, de l'écologie, celles qui collent au centre ». « Nous connaîtrons des pressions, des doutes, des défections, nous le savons déjà, mais je sais que vous tiendrez bon, que vous résisterez », a lancé M. Morin à la tribune du congrès. Parmi les principaux obstacles, l'hostilité déclarée de Nicolas Sarkozy à l'émergence d'une candidature autonome centriste. Plusieurs membres de sa majorité ont aussi tendu la main au rival d'Hervé Morin, François Bayrou, qui a vu le président à deux reprises.


SOYONS SÉRIEUX, LES HOMMES DEVRAIENT RÉFLÉCHIR À DEUX FOIS AVANT DE S'AFFUBLER D'UN DESTIN QU'ILS SONT LOIN DE POUVOIR ASSUMER.
AZNAVOUR ET SA CHANSON EST TOUJOURS ACTUEL : "JE M'VOYAIS DÉJÀ....."

Retraites : cette semaine ou jamais

Le gouvernement présentera mercredi sa réforme des retraites. En attendant, on peut faire un bilan de la préparation de cette campagne des retraites. Une campagne éclair puisque Nicolas Sarkozy a annoncé le principe d’une réforme il y a un an (à Versailles) mais que tout a vraiment commencé il y a deux mois, avec des concertations officielles. Deux mois, cela paraît court pour une évolution des retraites qui engage la vie de millions de personnes mais il y aura d’autres étapes - au Parlement et dans la rue peut-être.

Au fond, le premier point qui frappe est que ce dossier des retraites est à la fois connu - voire hyper balisé - dans les grands principes (pour ou contre les 60 ans ou la hausse de la cotisation des fonctionnaires) et peu documenté dans le détail – en tous cas pour nous, pour l’opinion. Combien de salariés concernés dans cinq ans par le relèvement de l’âge légal de départ à 62 ans ? Mystère. Quelle baisse de la pension s’ils décident de partir quand même ? Mystère. Au-delà des grandes masses des déficits, il y a du flou. Les journalistes ont peut-être été paresseux… Mais le gouvernement et les syndicats (qui gèrent les caisses de retraite) ont aussi des éléments que nous n’avons pas et c’est regrettable.

Sur le fond, le débat a été plutôt convenu, chacun restant droit dans ses bottes, évoluant peu. Finalement, qui a animé le débat ? Dominique Strauss-Kahn disant que l’âge de la retraite ne pourrait pas rester éternellement le même – en porte-à-faux avec la position officielle du PS. François Bayrou, grand opposant de Nicolas Sarkozy, qui a reconnu que sur les retraites il n’y avait pas 36.000 manières différentes de faire. Et François Chérèque, qui a cherché un équilibre : pas question pour lui de soutenir le projet du gouvernement – cela lui a coûté cher en 2003 – mais pas question non plus de se boucher les yeux : l’idée d’un allongement de la durée de la cotisation a été acté au congrès de la semaine dernière. Du côté des pouvoirs publics, on verra mercredi si certains messages ont été entendus.

Les pouvoirs publics ne sont d’ailleurs pas tous sur la même ligne. En tous cas, ils débattent. C’est toujours compliqué de savoir qui pense quoi quand ce n’est pas public. Mais il semble bien que François Fillon souhaite une réforme forte, le Premier ministre ne voulant pas trop de contreparties comme en 2003 et en 2007 – ce qui a coûté cher. Pas question de recommencer une nouvelle réforme dans cinq ans. Il amènerait le passage de l’âge légal à 63 ans, comme Jean-François Copé. A l’Elysée, Nicolas Sarkozy, poussé par son conseiller Raymond Soubie, serait tenté d’être plus prudent (il viserait 62 ans). C’est là qu’a été prise la décision de ne pas toucher pour l’instant aux régimes spéciaux de la SNCF et de la RATP. Ce débat (un beau débat), sera tranché au plus tard demain soir.

Dernier point de ce premier bilan d’avant- réforme, il est clair que la France est sous surveillance. C’est le plus nouveau et ce n’était pas attendu il y a un an. Les investisseurs, mais aussi l’Allemagne et le Fonds monétaire international regardent de près ce que la France sera prête à faire. C’est une contrainte extérieure et elle s’ajoute à la contrainte intérieure.



Dominique Seux

L'insoutenable amortisseur social

Plus encore que le montant record du déficit de la Sécurité sociale prévu en 2010 - 27 milliards d'euros -, c'est la série dans laquelle il s'inscrit qui saisit d'effroi. La rétrospective est atterrante, la perspective est terrifiante ; l'une et l'autre montrent que le « trou de la Sécu » entre désormais dans une quatrième dimension, une zone où il échappe à tout contrôle. Après les déficits des années 1985 à 2000, qui se mesuraient en unités de milliards d'euros, sont venus ceux des années 2000, autour de la dizaine de milliards d'euros. Tel fut en effet l'ordinaire des pertes annuelles entre 2003 et 2008. Avec la crise financière mondiale, qui a fait s'effondrer les recettes salariales et s'envoler les dépenses sociales, l'unité de compte du déficit de la Sécurité sociale est devenue, en 2009 et 2010, la vingtaine de milliards d'euros. Fin de la troisième dimension. Au rythme auquel continuent d'évoluer les prestations et au vu des maigres espoirs de rebond de l'emploi et des salaires, le seuil des 30 milliards d'euros de pertes sera franchi l'an prochain. Car le gouvernement aurait tort de s'en remettre au caractère conjoncturel de la dégradation passée pour en espérer un redressement futur.

A un déficit de crise ne succédera pas un excédent de reprise. Pour trois raisons. D'abord, en majorité assises sur les revenus du travail, les recettes sociales sont moins réactives que les recettes fiscales. Ensuite, à de tels niveaux de déséquilibre, il faudrait un effort de très longue haleine - trop au regard des réalités de la politique. Enfin, après avoir tant vanté dans la crise le « modèle français », l'efficacité d'un amortisseur social célébré jusque dans la presse anglo-saxonne, il est difficile d'expliquer que le précieux coussin est devenu un boulet financier, un accélérateur de dette publique.

Les sommes en jeu peuvent certes paraître secondaires au regard des déficits budgétaires. Mais, à la différence d'un Etat qui peut s'endetter pour investir, une assurance sociale a vocation à couvrir par ses primes les services qu'elle offre. Pas à reporter la facture sur les générations futures à raison de 50 milliards d'euros tous les deux ans. Il y a là plus qu'une anormalité, une amoralité. Payer nos dettes serait la première étape vers une prise de conscience de ce que nous coûte notre glorieux amortisseur social. La deuxième serait de commencer à vraiment colmater les fuites, en acceptant cette idée bien peu française que des réformes puissent faire quelques perdants aujourd'hui pour éviter de l'être tous demain.

Patron pollueur, patron payeur

Cinquante jours après le début de la pire marée noire de toute l'histoire des Etats-Unis, le président Barack Obama exige que BP se sépare de son PDG et que le géant du pétrole suspende le versement de son dividende pour faire face aux conséquences financières de ce désastre écologique et économique. Une nouvelle jurisprudence du principe « pollueur-payeur » se dessine : en cas de catastrophe, le patron doit partir et l'entreprise renoncer au profit.

Exiger la tête du « boss » n'a rien d'un tabou. Les patrons truqueurs méritent souvent la prison. Ceux qui ont commis des erreurs stratégiques majeurs, la démission. Personne ne le conteste.

Mais le PDG qui n'a pas pu ou su empêcher un accident dramatique qu'il n'a en rien provoqué doit-il aussi être sacrifié ? Sans doute. Car ce n'est pas parce que le patron du XXI e siècle n'est pas forcément coupable qu'il n'est pas au moins responsable des dérives de l'entreprise qu'il dirige. Personne n'attend de lui qu'il « micro-manage » au quotidien une multinationale mais il se doit d'être le garant d'une culture d'entreprise. C'est lui, en engageant sa responsabilité, qui doit inciter ses troupes à limiter la prise de risques, à trouver un équilibre entre la pression concurrentielle à court terme et les exigences du long terme. Daniel Bouton a payé pour Kerviel, Tony Hayward devrait être puni pour Deepwater.

Tout comme son PDG, BP doit également faire face à ses responsabilités. Le fond n'est sur ce point pas contestable. La forme en revanche laisse à désirer. Ce n'est pas parce qu'il est britannique et riche à milliards que BP doit être mis à l'amende. C'est parce qu'il a pollué et qu'il peut assumer le coût de cette pollution. En cédant aux accents populistes et nationalistes, le président américain se trompe de cible et joue contre son camp. Tout autant « british » qu'américain, BP est non seulement l'un des principaux producteurs d'or noir en Amérique mais c'est aussi un géant dont 40 % des actionnaires sont américains. Fragiliser durablement BP, c'est donc affaiblir aussi les Etats-Unis. Enfin, s'attaquer au symbole du dividende, c'est chercher au-delà du management à punir l'actionnaire. La valeur boursière de BP a déjà été pratiquement divisée par deux. L'actionnaire a déjà été suffisamment puni.

Le commentaire politique de Christophe Barbier du 14 juin


Sarkozy et Merkel se rencontrent autour de questions économiques

Au menu: crise grecque, euro et sommet de Bruxelles...

Une semaine après le raté qui a ravivé les doutes sur la santé du couple franco-allemand, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se retrouvent lundi à Berlin pour tenter de rapprocher leurs positions sur la gouvernance économique de l'Europe avant le sommet de Bruxelles.

Grand classique de la geste diplomatique franco-allemande, le rendez-vous de la chancelière et du président avait été programmé le 7 juin pour colmater les brèches apparues entre les deux pays à la faveur de la crise grecque et des menaces sur l'euro. Son report d'une semaine, en dernière minute, avait attisé les inquiétudes.

Officiellement, la rencontre avait été retardée à cause de l'emploi du temps surchargé d'Angela Merkel, très occupée lundi dernier à négocier avec sa majorité un plan d'austérité draconien pour son pays jusqu'en 2014.

«Froideurs et malentendus»

La confusion entretenue dans les deux capitales autour du responsable de cet ajournement - Paris ou Berlin ? - n'a fait qu'alimenter les commentaires sur les "froideurs et les malentendus", selon les mots du quotidien allemand Die Welt (droite), entre les deux dirigeants.

Pour tordre le cou aux rumeurs de divorce, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont publié mercredi une lettre commune demandant à la commission de Bruxelles d'accélérer ses efforts sur la régulation des marchés financiers.

«Il fallait montrer que la France et l'Allemagne travaillent ensemble, a souligné mercredi le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche. La séparation n'est pas une option».

Concertation franco-allemande

Vendredi, la chancelière est elle-même montée au créneau pour réaffirmer la bonne entente franco-allemande, malgré les agacements suscités en France comme ailleurs en Europe par ses réticences à voler au secours de la Grèce ou à appuyer le plan de soutien de la zone euro.

«Je me suis concertée de façon intensive avec Nicolas Sarkozy pendant la crise de la zone euro, a-t-elle juré au Frankfurter Allgemeine Zeitung. Toutes les décisions importantes ont été préparées et portées ensemble».

Malgré ces proclamations, le menu de la réunion de Berlin s'annonce lourd tant les positions de la France et de l'Allemagne paraissent éloignées sur la question délicate de la coordination des politiques économiques au sein de l'Union européenne (UE) et de la zone euro.

«Gouvernance économique»

Partisan d'un véritable «gouvernement économique» dans la zone euro, Nicolas Sarkozy défend l'idée de réunions régulières de leurs chefs d'Etat et de gouvernement, avec création d'un secrétariat des 16 pays membres.

«Pour qu'une zone monétaire soit efficace il faut qu'elle soit dotée d'une politique économique coordonnée (et) des instances qui permettent la mise en oeuvre et le respect de ces politiques», a plaidé cette semaine encore le ministre français de l'Economie, Christine Lagarde.

Au nom de l'indépendance de la Banque centrale européenne, Angela Merkel préfère un pilotage économique à 27 et reste très réservée, tout comme le président de l'UE Herman Van Rompuy, sur la création de nouvelles institutions à vocation économique au sein de la zone euro.

Au contraire, la chancelière verrait bien toute l'Europe suivre son pays sur la voie d'une cure d'austérité, dont M. Sarkozy ne manque plus une occasion de dénoncer les risques pour la croissance. Bref, la discussion de lundi soir s'annonce serrée.

Pure folie

Par nature, un divorce échappe à la raison. Ressentiment, ivresse du règlement de comptes, certitude absolue de devoir en finir avec la vie commune... Le sentiment d'exaspération balaie tout sur son passage. A ce moment précis, l'histoire du couple ne compte plus, ni ce qu'il a bâti, ni ce qu'il représente pour la famille à laquelle il appartient, ni l'intérêt des protagonistes. La pulsion de séparation l'emporte sur tout le reste.
L'Europe a armé pacifiquement le Vieux Continent contre les guerres militaires. Elle n'avait pas imaginé qu'une guerre conjugale puisse un jour miner un pilier de ses fondations. Voilà donc la Belgique déchirée par l'inextinguible querelle linguistique entre Flamands et Wallons, tentée par la partition ! Un scénario longtemps impensable et qui, la crise perdurant, apparaît de moins en moins inenvisageable. Dans les esprits en tout cas. La victoire des indépendantistes flamands aux élections d'hier active un cran supplémentaire dans l'engrenage qui inexorablement conduit à la rupture.
Pur fantasme électoral, mais le passage à l'acte serait pure folie. Après tout, depuis l'indépendance du pays en 1830, l'amour entre les deux communautés n'a jamais été fusionnel. Les mots acides de Jacques Brel dans « Les Flamingands » suffisent à prendre la mesure des vieilles rancoeurs et autres petits mépris ordinaires. Le royaume a toujours fait avec. Il a l'expérience des crises et des rabibochages : en 1930, puis dans les années 60, alors que flottait déjà l'envie de se quitter pour de bon, des lois fondamentales avaient trouvé les compromis nécessaires au vivre ensemble. Aujourd'hui, malgré les scènes de ménage répétitives, nombre d'obstacles politiques, techniques et institutionnels rendent quasiment impossible une éventuelle scission. A commencer par Bruxelles, capitale-rempart à la fois mixte et internationale : il faudrait que la Flandre y renonce pour prendre son indépendance. Autrement dit, un suicide !
Non, la Belgique ne risque pas de mourir d'éclatement ce matin. Elle pourrait, en revanche, succomber à petit feu à la paralysie qui la guette si elle ne parvenait pas à trouver la recette d'une nouvelle cohabitation. Les vexations qui accablent les Wallons vivant en Flandre prennent des proportions aussi inquiétantes que surréalistes. Au goût, mesquin, de la revanche contre l'hégémonie passée du français s'est ajoutée la remise en question des transferts de solidarité du Nord, flamand, vers le Sud, wallon, où le chômage est trois fois plus important. Un mur immatériel mais bien réel s'élève peu à peu entre les uns et les autres.
Cette régression, l'Europe ne peut plus en rester passivement spectatrice. Fermer les yeux devant les absurdités égoïstes des dérives régionalistes reviendrait à une capitulation historique.

État de droit, on avance

Parfois, les révolutions sont discrètes. Depuis mars, il est possible pour un justiciable de saisir le Conseil constitutionnel sur une loi ou un article de loi en vigueur, pour demander que soit vérifiée sa conformité avec notre loi fondamentale. C'est l'un des effets de la révision constitutionnelle votée en juillet 2008.

La première « question prioritaire de constitutionnalité » (QPC) a porté sur les textes qui « cristallisaient » les pensions des anciens combattants des ex-colonies françaises. La juridiction suprême a jugé que ces dispositions étaient contraires au principe d'égalité devant la loi. Les pensions devront être recalculées. Ainsi sera mis fin à une injustice flagrante.

D'autres questions sont en cours d'examen, notamment sur le droit à l'indemnisation d'un enfant né handicapé, et sur le sujet très sensible du principe et des modalités de la garde à vue.

Ce qui est en jeu, c'est l'affermissement de l'État de droit dans notre pays. Nous avons le sentiment de vivre dans une démocratie solidement établie. Mais si nous regardons nombre de nos partenaires européens, surtout au nord et à l'est, si nous faisons la comparaison avec les pays anglo-saxons, les Français se distinguent par le fait qu'ils ne font que moyennement confiance à la loi et au législateur.

À la « légalité », ils opposent souvent une forme de légitimité populaire qui est celle de « la rue », qui autoriserait parfois même le recours à la violence. C'est assurément l'héritage de la révolution française, expérience fondatrice de notre existence politique moderne. Le pays semble, du coup, aller de blocages en crises, comme si les procédures légales et démocratiques ne suffisaient pas à assurer le développement normal de la vie en société.

En même temps, notre pays souffre aussi largement d'une inflation législative. Dès que surgit un drame, une crise, on sort un projet de loi, ce qui fait que nombre de textes restent inappliqués, et que des décrets d'application restent dans les tiroirs. Dès lors, la loi devient un outil d'affichage politique, plutôt qu'un instrument de régulation collective. Enfin, on entend, ces derniers temps, dire que la politique doit savoir tordre le bras à la loi, si elle est un obstacle. C'est ce qui a été affirmé lorsque le conseil d'Étata rendu un avis défavorable sur le projet de loi sur le voile intégral...

La mise en oeuvre de la « question de constitutionnalité » peut modifier progressivement notre rapport à la loi et à la Constitution, en montrant qu'il est possible de les prendre au sérieux et au mot. La première décision de la Cour constitutionnelle a mis fin à une injustice dénoncée et reconnue depuis longtemps, mais dont les victimes n'étaient pas en position de faire entendre leur protestation dans la rue. Il en va de même pour les « gardés à vue »...

La QPC offre un accès au droit, à la justice, à ceux qui ne peuvent pas s'organiser en groupe de pression ou de protestation. C'est en soi une oeuvre d'égalité et de justice considérable. Elle va, peu à peu, rendre la loi beaucoup plus crédible, puisqu'elle apparaîtra davantage au service du citoyen et du justiciable. C'est tout à fait considérable. À condition que des hommes politiques ne partent pas en guerre contre le Conseil constitutionnel, en dénonçant « la République des juges ».



(*) Éditeur et écrivain.
Jean-François Bouthors (*)

Le Japon accusé de corrompre des Etats pour leur soutien à la chasse à la baleine

n savait le Japon énergique dans la défense de son droit à chasser la baleine ; selon le Sunday Times du 13 juin, cette énergie dépasserait travail d'argumentation et utiliserait une persuasion plus directe, faite d'argent liquide et de prostituées.
Après avoir enquêté en infiltration, les journalistes de l'édition dominicale du quotidien britannique sont assuré que les représentants d'au moins six pays étaient prêts à mettre aux enchères leur voix dans les votes de la Commission baleinière internationale (IWC). Des révélation qui pourraient embarrasser le Japon alors que débute au Maroc le 21 juin une session de l'IWC qui pourrait remettre en cause le moratoire sur la chasse à la baleine qui a cours depuis vingt-quatre ans.

Face aux dénégations du Japon concernant d'éventuels achats de voix, le Sunday Times produit un verbatim de vidéos sur lesquelles on voit des représentants de pays favorables à la chasse expliquer s'être laissés convaincre par le montant des aides d'Etat en provenance de Tokyo, la distributions d'argent liquide au cours des séances de l'IWC – auxquelles ils avouent également avoir été conviés, logement et voyages payés, par le Japon – et même par la mise à disposition de prostituées lors de visites de délégations officielles au Japon.

1 000 DOLLARS PAR JOUR EN LIQUIDE

Certains montant sont avancés : ainsi, le représentant de la Guinée avance-t-il le montant d'au moins 1 000 dollars en liquide par jour offerts par le Japon au ministre de la pêche pour ses dépenses personnelles pendant toute la durée des rencontres de l'IWC. Quant au représentant de la Tanzanie, il parle de "gentilles filles" mises à disposition du ministre de responsables du secteur de la pêche de son pays lors de séjours tous frais payés au Japon.

Pour obtenir ces information, les journalistes du Sunday Times se sont fait passer pour des proches d'un milliardaire disposé à payer en échange d'une modification du vote de plusieurs pays pro-chasse. Le journal assure que Saint-Christophe-et-Niévès, les îles Marshall, la Communauté de la Grenade, les Kiribati, la Guinée et la Côte d'Ivoire ont accepté d'engager des négociations pour adoptéer une position anti-chasse.