Le ministre de l'intérieur polonais, Jerzy Miller, a accusé mardi les castors d'avoir contribué aux inondations qui affectent la Pologne et qui ont déjà provoqué
la mort de quinze personnes.
"Le plus grand ennemi des digues, c'est un animal qui s'appelle le castor. Les castors vivent partout le long des digues de la Vistule et contribuent largement à leur détérioration", a déclaré M. Miller lors d'une conférence de presse. Selon les services de protection de la nature, quelque 50 000 castors vivent en Pologne, où ils sont partiellement protégés. A la suite des inondations, les autorités locales ont augmenté les quotas de chasse aux castors. "Les castors creusent des tunnels dans les digues, les affaiblissent de l'intérieur. Mais ils ne sont pas les seuls, il y a encore les campagnols", a déclaré le porte-parole des pompiers Pawel Fratczak.
Des crues records dans les bassins de la Vistule et de l'Oder continuaient mardi à progresser vers le nord du pays. Les digues imbibées d'eau, et aussi endommagées dans plusieurs endroits par les castors, selon M. Miller, ont lâché, provoquant l'inondation de plusieurs localités, notamment dans les régions de Sandomierz (sud-est) et de Plock (centre).
A Varsovie, un important boulevard longeant la Vistule était toujours fermé à la circulation mardi, des affaissements de terrain y ayant été signalés.
COMPENSATIONS
Les dégâts prévisibles provoqués par les inondations
qui affectent la Pologne depuis neuf jours risquent de coûter plus de 10 milliards de zlotys (2,43 milliards d'euros), selon le premier ministre, Donald Tusk. Ce dernier a annoncé, mardi 25 mai, une aide immédiate d'au moins 2 milliards de zlotys (480 millions d'euros) aux personnes qui ont perdu leur habitation dans les inondations. L'argent provient de la réserve du gouvernement polonais destinée à cofinancer les projets européens.
"Nous avons créé une grande réserve de 8 milliards de zlotys. Aujourd'hui, (...) nous savons que cette réserve ne doit pas être aussi importante. Cela signifie que nous avons 2 milliards de zlotys à notre disposition pour lancer un mécanisme d'aide immédiate à ceux qui ont perdu leur habitation", a déclaré à la presse M. Tusk. Le chef du gouvernement a également annoncé qu'il avait demandé à ses ministres de rechercher de possibles réserves dans leurs budgets pour l'aide à venir. Les dépenses destinées à aider les sinistrés ne doivent pas constituer "une menace pour la stabilité financière de l'Etat", a-t-il encore souligné.
mardi 25 mai 2010
Les castors accusés d'être responsables des inondations en Pologne
La baisse de l'euro inquiète jusqu'en Chine
Jusqu'ici, la chute de l'euro était la seule bonne nouvelle issue de la crise que traverse actuellement l'union monétaire. Cela arrangeait bien les affaires des exportateurs de la zone euro. "L'euro baisse, et c'est tant mieux", estiment même les experts du Crédit agricole.
Mais la glissade de la monnaie unique s'accélère, et commence à gêner sérieusement les partenaires de l'Union européenne. D'autant plus que la crise, qui s'enlise au fur et à mesure que les bisbilles franco-allemandes s'amplifient, s'est encore traduite par un plongeon spectaculaire de l'euro en début de semaine. Mercredi 19 mai, la monnaie unique est descendue sous le seuil de 1,22 dollar. Pour mémoire, l'euro avait grimpé en juillet 2008 jusqu'à 1,60 dollar.
En outre, la monnaie unique se déprécie non seulement face au billet vert, dont dépend le yuan, mais aussi face au yen et au franc suisse. Et tout cela ne plaît pas beaucoup aux chefs d'entreprise de Chine, du Royaume-Uni ou de Suisse.
Vendredi 21 mai, les plus grands dirigeants de la planète semblaient avoir pris la mesure de la gravité de la situation pour l'Europe, mais aussi pour leurs propres économies. Le nouveau premier ministre britannique, David Cameron, a ainsi assuré qu'il souhaitait une zone euro "forte et stable". Le ministre chinois du commerce, Chen Deming, était plus explicite encore, adressant un message de soutien à la vigueur de la monnaie unique plus qu'à la bonne santé économico-politique du Vieux Continent. Pékin, a-t-il dit, "croit dans un euro stable et fort".
Ces messages bienveillants et intéressés ont donné un peu plus de crédit aux rumeurs qui circulaient la veille dans les salles de marchés. Il était question d'une intervention des banques centrales chinoise, japonaise et suisse pour soutenir le cours de l'euro.
La Banque centrale européenne (BCE) a-t-elle été de la partie ? Si les responsables de l'autorité monétaire martèlent que le niveau actuel de l'euro ne suscite aucune inquiétude, l'ampleur des mouvements observés ces derniers jours est, elle, une source de préoccupation.
Selon les experts de Natixis, la volatilité implicite sur l'euro est actuellement de 18. Ce qui signifie que les investisseurs s'attendent à ce que la monnaie européenne progresse ou chute de 18 % au cours des quatre prochaines semaines. Or les banquiers centraux en général, et la BCE en particulier, aiment l'ordre et la stabilité.
Les banques centrales peuvent-elles gagner contre le marché ? Vendredi, la monnaie unique a opéré un étonnant rebond, jusqu'à franchir le seuil de 1,25 dollar. Et, selon l'agence Bloomberg, les opérateurs seraient en train de dénouer leurs positions "short", qui permettent de parier sur une baisse de l'euro.
De fait, jouer l'euro à la baisse, en tout cas à court terme, est devenu un peu risqué. Vendredi, les ministres des finances de l'Union européenne se sont réunis à Bruxelles pour réfléchir aux moyens de renforcer la discipline budgétaire et de rassurer les marchés en tentant de mettre en sourdine leurs dissensions.
"Si, au cours du week-end, tout le monde se jette dans les bras l'un de l'autre, l'euro a des chances de remonter", indique René Defossez, stratège chez Natixis. En votant, vendredi, la loi autorisant l'Allemagne à contribuer au plan de stabilisation financière de 750 milliards d'euros, malgré l'hostilité de l'opinion publique, le Bundestag a déjà donné un signal positif.
A plus long terme, toutefois, les investisseurs pourraient continuer à se méfier de l'euro, car "la croissance européenne reste au ras des pâquerettes", rappelle M. Defossez.
Plongeon des Bourses européennes à l'ouverture
La Bourse de Paris a ouvert en forte baisse mardi 25 mai à l'ouverture, perdant pas moins de 3 %, à 3 326 points, dans le sillage de Wall Street la veille et des places asiatiques.
Les autres places européennes ont elles aussi enregistré des pertes importants dès les premières minutes de cotation : peu après 9 heures, Francfort perdait 2,52 %, tandis que Madrid plongeait de 3,19 % et que Milan et Londres perdaient respectivement 3 et 2,82 %.
L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a en effet dévissé de 3,06 % à 9 459 points, son plus bas depuis six mois, mardi à la clôture de la séance, à cause d'inquiétudes renouvelées quant à la santé financière de la zone euro et au renchérissement du yen. Les investisseurs s'angoissent de la situation financière de plusieurs pays de la zone euro, des craintes renouvelées par l'annonce, samedi 22 mai, du placement sous tutelle publique de la caisse d'épargne espagnole Cajasur, auparavant contrôlée par l'Eglise catholique. Ce sauvetage pourrait coûter jusqu'à 2,7 milliards d'euros à l'Etat, alourdissant d'autant le déficit public de l'Espagne.
Ils redoutent en outre les conséquences de la cherté du yen sur les profits des exportateurs nippons. La force de la devise japonaise pénalise les groupes exportateurs du pays, dont elle réduit la valeur des profits rapatriés au Japon et dont elle fausse les prévisions financières, basées sur un taux de change moins désavantageux. Même morosité sur les marchés américains. Lundi 24 mai, les craintes entourant la situation des banques européennes ont porté le Dow Jones à un plus bas sans précédent depuis le 10 février : l'indice phare de la Bourse de New York a terminé en baisse de 1,24 %, à 10 066,57, et le Nasdaq a perdu 0,69 %, à 2 213,55 points.
L'EURO TOUJOURS EN BERNE
L'euro poursuit, quant à lui, sa chute mardi 25 mai face au billet vert, repassant sous la barre de 1,23 dollar. La monnaie unique européenne reculait également face à la devise nippone à 110,33 yens, contre 111,58 yens la veille. Le billet vert cédait aussi du terrain face au yen, à 89,76 yens contre 90,28 lundi soir.
"La tendance à la baisse [de l'euro] devrait se poursuivre, à moins que les autorités dans la zone euro n'émettent des mises en garde verbales" contre une trop grande faiblesse de la monnaie unique européenne, a estimé Masafumi Yamamoto, de Barclays Capital, auprès de Dow Jones Newswires.
Les marchés sont électriques. Cette expression, que l'on entend presque chaque jour, nous dit que, sur la planète financière, les transactions s'accélèrent ou ralentissent en fonction des opportunités. D'immenses volumes de capitaux se mettent en mouvement, presque automatiquement : pour se prémunir de ce qui apparaît soudain comme un risque, ou pour ne pas manquer ce qui semble promettre un gain.
Devant les conséquences de cette spéculation ¯ immensité des profits, accroissement faramineux des écarts de richesse, fragilité des entreprises, affaiblissement des États, risque d'effondrement du système bancaire... ¯ on parle de moraliser les marchés. Pourtant, par nature, rien n'est plus insensible à la morale qu'un marché. Parce qu'il ne se détermine pas en fonction de valeurs humaines, mais des intérêts des acteurs. Penser réguler les marchés en termes de morale, c'est se contraindre à arriver toujours en retard, comme les carabiniers, une fois les dégâts constatés. Dans ce sens, vouloir taxer les fruits de la spéculation ne traite pas le problème au fond.
Pour calmer les marchés internationaux, il n'y a que deux moyens. Le premier consiste à réduire les différences de potentiel économique et financier perçues par les opérateurs. Il faut du temps. C'est ce qu'envisage péniblement l'Union européenne en cherchant à harmoniser les politiques budgétaires et fiscales. Elle n'y parviendra pas rapidement : seule la peur du gouffre semble capable de persuader les dirigeants d'aller vers plus de convergence.
Second moyen : ralentir la circulation financière. Dans les pics aigus de crise boursière, il arrive qu'on suspende les cours. C'est ce que l'Allemagne vient de tenter en interdisant le mécanisme des ventes de titres financiers à découvert. Mais de telles décisions ne peuvent être qu'exceptionnelles et temporaires, puisque c'est du tout ou rien. En revanche, si l'on veut ralentir durablement et de manière pondérée les déplacements de capitaux, il faut en augmenter les coûts.
Les opérations se déclenchent, en effet, lorsque l'opportunité du gain l'emporte visiblement sur le risque de perte. Dans ces conditions, les acteurs du marché seraient irresponsables et incompétents s'ils « n'y allaient pas ». Si l'on ajoute un coût supplémentaire (le coût technique est devenu négligeable, avec les progrès des outils) ¯ sous forme d'une taxe sur les transferts financiers, comme les banques imposent à leurs clients des commissions ¯, alors les conditions de l'arbitrage changent puisque l'espérance de gain est affectée. Le marché va nécessairement ralentir.
Si le montant de la taxe était retourné aux États, via une institution comme le FMI, celle-ci ne serait pas une sanction morale mais le prix d'usage des infrastructures de base indispensables à l'existence des marchés, souvent créées et entretenues par les États. En cas de surchauffe, le fait d'augmenter le prix d'usage des marchés internationaux a le double avantage de faire baisser la pression, et d'apporter aux États des ressources pour qu'ils ne deviennent pas les victimes de ceux qu'elles auront aidés la veille, si nécessaire.
La crise offre l'opportunité de rendre les marchés « payants ». Si les États tardent à s'entendre là-dessus, ils n'auront plus la force de l'imposer aux acteurs privés, et la machine deviendra folle.
Le chef d'Annecy Marc Veyrat « passe le plat » à l'un de ses élèves
A 35 ans, Yoann Conte, sacré en 2009 meilleur espoir de la région Rhône-Alpes par le guide Gault et Millau, a décidé de marcher dans les pas de Marc Veyrat, son « mentor ». Mercredi, il sera aux fourneaux de l'Auberge de l'Eridan sur les bords du lac d'Annecy rebaptisée « La nouvelle maison de Marc Veyrat ». Le chef au célèbre chapeau et aux trois étoiles Michelin a en effet décidé de louer à son ancien élève les murs de son établissement gastronomique qu'il avait fermé en février 2009 pour des raisons de santé et de mettre à sa disposition ses « recettes développées il y a 25 ans » ainsi que sa cave à vins.
FACEBOOK – Et si on supprimait nos comptes ?
Accros pour beaucoup, les utilisateurs du réseau social Facebook n'acceptent plus que leurs données personnelles soient devenues tout public. Ils se sont donné rendez-vous pour supprimer leur profil, le 31 mai prochainA chaque nouvelle version, le réseau social de Mark Zuckerberg perd un peu plus en sécurité et en protection de la vie privée. Mais plus question de se laisser faire. Matthew Milan et Joseph Dee, deux internautes canadiens, ont lancé la 'Journée pour quitter Facebook'. Sur les 400 millions de membres du réseau, près de 14.000 personnes ont adhéré au Quit Facebook Day du 31 mai prochain. Une goutte d'eau. Parmi eux, combien auront réellement le courage de passer à l'acte ? Le défi est comparable à celui ''d'arrêter de fumer'' d'après les instigateurs du projet.
Où vont nos données personnelles ?
Lorsqu'on s'inscrit sur Facebook pour la première fois, il s'agit de fournir un grand nombre de données personnelles. Le nom, le prénom, la date de naissance, sont des informations habituelles que l'on donne aussi à son médecin. La différence est que ce dernier respecte le secret et la vie privée. Sur Facebook, rien n'est secret. Sauf si l'on prend le temps de décortiquer les 50 onglets de paramètres de son compte et que l'on parvient à régler les 170 possibilités disponibles. Véritable épreuve à laquelle beaucoup se refusent, au risque de ne pas contrôler la circulation de ses données privées. Or, un internaute connecté à Facebook a sa base de données activée, et lorsque celui-ci clique sur une publicité du site de réseautage, il envoie, sans le savoir, à l’annonceur son nom, son prénom et tout ce qu'il essaye habituellement de protéger dans la vie non virtuelle.
Récemment Facebook s'habillait d'un nouveau design, et perdait encore un peu plus en confidentialité. Selon la cellule de l’Union européenne chargée de la protection des données, ''il est inacceptable que Facebook ait modifié le réglage par défaut sur sa plate-forme de socialisation au détriment des utilisateurs''. Et pourtant, à chaque fois, les utilisateurs se plaignent, menacent de quitter le site, puis s'y font et rentrent dans le rang. L'addiction va très loin.
Dérive de Facebook ou de l'internaute ?
''Je ne sais pas pourquoi [mais] ils me font confiance. Putain d'abrutis''. Ces mots sont signés Mark Zuckerberg, le créateur et CEO de Facebook, en pleine discussion en ligne avec un ami, peu de temps après le lancement du site en 2004. Et il est vrai que la confiance des internautes a tout de surprenant. ''Sophie vient de se cogner l'orteil sur le coin de sa table'', ''Robin sort de la douche et va maintenant faire des pâtes'', autant de statuts inintéressants qui sont mis en ligne tous les jours par bon nombre d'utilisateurs et qui dénotent de la dérive que subit le site. L'intérêt de Facebook était avant tout de rester en contact avec ses amis et proches, sans pour autant tout savoir de leur vie à la minute près. Les internautes s'inquiètent de savoir que leurs photos de soirées puissent être vues par leur employeur, au risque de se faire licencier, comme cela a déjà été le cas. Mais alors pourquoi laisser circuler les photos de ses beuveries ? Ces photos ont-elles leur place sur Internet où l'on sait que les données ne sont que très peu protégées ?
Les internautes accusent Mark Zuckerberg de malveillance. Celui-ci pourrait bien leur rétorquer qu'il ne tient qu'à eux de faire attention à ce qu'ils rendent public. Mais celui-ci a finalement fait ses excuses, et assuré que :''Dans les semaines qui viennent, nous ajouterons à Facebook un système de contrôle des informations personnelles qui sera plus simple à utiliser. Nous vous donnerons également un moyen de bloquer facilement la transmission d'informations à d'autres sites.'' Sans oublier que le partage d'informations reste l'un des piliers du concept de son réseau social. ''Si nous donnons aux gens la possibilité de contrôler ce qu’ils partagent, ils voudront partager davantage. S’ils partagent davantage, le monde sera plus ouvert et plus connecté. Un monde plus ouvert et mieux connecté est un monde meilleur'', philosophait le jeune patron du site lors de son mea culpa.
Avant de pouvoir effacer définitivement son compte, il s'agit tout d'abord de trouver le formulaire de suppression, puis de patienter encore 14 jours sans se connecter. Mais pour ceux qui n'auraient pas le courage de passer à l'acte, le Protest Day est une alternative sympathique au projet. Le 6 juin sera une journée sans connexion, afin de marquer son mécontentement : ''Notre confidentialité n'est pas un privilège et n'est pas à vendre''.
Lauriane Rialhe
lundi 24 mai 2010
Un sénateur pour la fin de l'anonymat des blogueurs
Le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson a déposé début mai une proposition de loi visant à ce que les blogueurs soient soumis aux mêmes obligations d'identification que les éditeurs de sites professionnels.
Le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson, fondateur du parti Démocratie et République, a déposé le 3 mai une proposition de loi sur l'anonymat des blogueurs. Celle-ci propose que les blogueurs soient soumis aux mêmes obligations en matière d'identification que les éditeurs de sites professionnels : en d'autres mots, le sénateur voudrait lever l'anonymat des blogueurs.
Cette proposition a suscité de vives réactions - négatives, malgré des sons de cloche plus modérés - de la part de blogueurs connus tels que Maître Eolas et Authueil, comme le relate Rue89. Elle n'est soutenue ni par le gouvernement, ni par un groupe parlementaire, souligne Mediapart.
LA DÉMOCRATIE C'EST LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ESPÈCE DE SOUS MERDE !
Retraites: cafouillage entre Woerth et Estrosi
Le ministre du Travail reste évasif sur la question du report de l'âge de la retraite... alors que le ministre de l'Industrie a affirmé dimanche qu'il devrait bien "dépasser les 60 ans".
"Forcément, on s'oriente plus ou moins vers une augmentation de l'âge de la retraite qui devrait dépasser les 60 ans". La phrase a été lâchée, ce dimanche, par Christian Estrosi, ministre de l'Industrie,
au micro du "Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro".
"Pour l'instant cette décision n'est pas arrêtée", a-t-il aussitôt précisé. "Nous sommes dans une phase de concertation. (...) La retraite à 60 ans n'est pas forcément finie", s'est empressé de nuancer Christian Estrosi dans la foulée.
Trop tard. A la veille du mouvement intersyndical programmé pour jeudi 27 mai, une telle sortie alimente les rumeurs, de plus en plus solides, sur un éventuel report jusqu'à 62 ou 63 ans, alors que la concertation est encore officiellement en cours, répète le gouvernement à l'envi.
Le ministre du Travail, Eric Woerth, a du temporiser, quelques heures plus tard sur BFM-TV. Il a assuré que le gouvernement n'avait pas encore finalisé son projet de réforme qui serait "progressive, douce et lente".
"Aucun tabou nulle part"
"Nous allons demander aux Français d'avoir une vie professionnelle plus longue, par l'âge, par les cotisations, nous allons encore en discuter, nous verrons ça au mois de juin", a dit Eric Woerth, en insistant sur le caractère progressif des mesures qui seront prises sans "aucun tabou nulle part". "Le seul dogme sur les retraites qu'il faut avoir, c'est celui du sauvetage du régime par répartition".
Et le ministre du Travail s'exprime encore, ce lundi matin, dans les colonnes du Courrier Picard... Sans se prononcer explicitement sur un report de l'âge de la retraite, il évoque une augmentation de la "durée passée du travail dans une vie".
"Nous voulons d'abord répondre par la démographie, c'est-à-dire en augmentant la durée passée au travail dans une vie. Dans un pays où on vit 15 ans de plus aujourd'hui qu'en 1950, il faut évidemment répartir ces gains d'espérance de vie entre une part qui doit revenir à la retraite et une part qui doit revenir au travail", précise Eric Woerth.
Que, « Hors-la-loi », le film de Rachid Bouchareb qui a suscité plusieurs polémiques tant sur les massacres de Sétif que sur le rôle du FLN, n’ait pas été consacré par le palmarès du festival de Cannes ne devrait pas trop surprendre les cinéphiles. En revanche, le bruit qu’il a fait sur la Croisette et ailleurs illustre, comme les lois mémorielles, le malaise que la France entretient avec son histoire. Un paradoxe pour une nation qui peut légitimement se targuer d’être au firmament de cette discipline depuis près d’un siècle mais qui est incapable de regarder en arrière sans s’enflammer. Le problème c’est que les Français se réfèrent à Michelet lorsqu’ils parlent d’eux. Du coup, ils se voient comme ils aimeraient être et ignorent que le passé les montre souvent bien différents.
Ainsi, notre mémoire collective attribue aux Sarrasins la déroute de Roncevaux alors que Roland a été défait par les Vascons autrement dit les Basques mais, a priori, rien à voir avec l’ETA. En revanche, Charles Martel a bien arrêté les Arabes à Poitiers mais le 25 octobre de cette année-là correspondait au premier jour du ramadan. Pas très fair-play.
Et que penser de la colaphisation qui voyait un Juif être souffleté le jour de Pâques pour venger la gifle du Christ durant sa Passion ? Sans oublier la rouelle, une étoffe à porter sur ses vêtements lorsqu’on était Juif pour symboliser le prix de la traîtrise de Judas. Une décision de Saint-Louis qui ce jour-là devait s’ennuyer sous son chêne.
Hors la loi ou hors du temps ?
Journée de solidarité : moins d'un Français sur cinq au travail
Le lundi de Pentecôte, théoriquement transformé en journée travaillée depuis 2005, sera chômé cette année par quatre salariés sur cinq, selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest-France qui fait apparaître une chute de plus de moitié de l'activité ce jour-là en cinq ans.
Selon ce sondage, seuls 18 % des sa
lariés du privé et 16 % des salariés du public ont déclaré qu'ils travailleraient lundi 24 mai, contre respectivement 43 % et 44 % en 2005. Pour l'ensemble des actifs disposant d'un emploi, le taux d'activité sera de 20 % lundi, contre 44 % il y a cinq ans.
Le sondage fait apparaître de grandes disparités entre les artisans et commerçants (34 % d'activité) et les employés (26 %) d'une part, et les professions libérales et cadres supérieurs, qui ne seront que 10 % à travailler. Initiée par le gouvernement Raffarin (UMP), la loi transformant à partir de 2005 le lundi de Pentecôte en journée travaillée au titre de la solidarité avec les personnes âgées avait reçu un accueil mitigé.
Il est malin, notre ministre de l'Agriculture, le jeune Bruno Le Maire : « Nous sommes tous des agriculteurs », a-t-il lancé tandis que les Champs-Elysées se couvraient de champs agricoles portant blé, féveroles, haricots, vignes… Oui, nous voulons bien être tous des agriculteurs. Le ministre de l'Industrie lancerait « nous sommes tous des ouvriers », ça marcherait moins bien. Ce n'est pourtant pas plus faux, et les ouvriers souffrent autant de la crise que les agriculteurs… Mais voilà, il existe un lien singulier, ancestral, des Français avec leurs paysans, qui se manifeste dans notre loisir national, la bonne bouffe. Car ces paysans, on ne les rencontre plus qu'au marché, verbe haut et mains terreuses, vendant salades, poulets et fruits de saison. Plus chers qu'à l'hyper, mais tellement meilleurs. Et pour garder ça, notre ministre le sait bien, les Français sont tous prêts à payer.
Francis Brochet
C'est une fête de Pentecôte radieuse que nous aurons vécue ces jours-ci. Un peu de répit dans les affres de la crise économique et financière. Un peu de bonheur tout simple, offert gratuitement par la nature qui, après tant de catastrophes, nous montre à nouveau son visage souriant.
Tout cela, bien sûr, ne devrait pas nous enlever tous nos soucis, nous détourner de nos efforts. Mais ce répit devrait renouveler nos forces, ranimer nos espoirs tout en nous incitant davantage encore à respecter l'environnement dont nous profitons tant.
Le 21 avril, en marge du forum sur le climat à l'initiative de chefs d'État d'Amérique latine, le président bolivien, Evo Morales, a lancé l'appel à une « déclaration universelle des droits de la Terre-mère ». Si cette initiative trouve un écho favorable dans les rangs de l'Onu, elle pourrait prendre place dans les négociations internationales sur le climat. On reconnaîtrait des droits à la « Terre-mère » et à tout ce qu'elle contient : les animaux, les végétaux, les minéraux.
C'est aller un peu loin sans doute, car qui dit « droits » dit aussi « devoirs ». Que serait en effet un « droit » que personne n'aurait le « devoir » de respecter ? Rien du tout évidemment. Mais ces animaux, ces végétaux, ces minéraux dotés de « droits » ne peuvent accomplir aucun « devoir ». On voit donc la limite d'une telle démarche qui se fonde sur une conception erronée du droit.
« Grand esprit » et transcendance
Cependant, il n'est pas inutile de souligner cet aspect « mère » de la terre. Elle est en effet mère de la vie. Pour la respecter, il n'est pas nécessaire de la personnaliser, voire de la diviniser. Les esprits ont quitté depuis longtemps les arbres sacrés.
En envoyant dans le ciel bleu d'Assise de grandes volutes de fumée, les Indiens célébraient le « Grand esprit » devant le pape Jean-Paul II lors de la journée oecuménique des religions. Par ce geste, ils reconnaissaient une transcendance que nous aurions tort d'oublier dans nos sociétés modernisées. C'est cette transcendance que l'on célèbre en ce jour de Pentecôte, qui nous incite aussi au respect de la nature, de la terre nourricière, de la vie. Ce n'est pas la terre, fût-elle baptisée « mère », qui est transcendante. Cependant nous devons reconnaître humblement la puissance de ce qui bout en son sein et qui se manifeste dans le ciel avec le nuage émis par le volcan islandais. Ou bien de ce qui surgit sous la mer comme ce pétrole qui, par l'imprudence des hommes, envahit l'océan.
Tout cela devrait nous rendre modestes et conscients de nos fragilités, et nous inciter, comme le recommandent les textes anciens, à « habiter la nature ». C'est-à-dire à vivre avec elle, à composer avec elle, à se garder de l'épuiser et de la violenter. Sinon, nous le savons tous, elle cessera d'être généreuse pour le bonheur des générations.
François Régis Hutin
dimanche 23 mai 2010
Déficits : pour le PS, la proposition de Sarkozy est "surréaliste"
La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a estimé, dimanche 23 mai, dans un entretien au Parisien la volonté du président de la République d'inscrire dans la Constitution une
disposition pour limiter les déficits publics était "surréaliste".
"Nicolas Sarkozy est le roi des déficits : depuis 1945, jamais le pays n'a été aussi endetté ! S'il avait écouté nos propositions sur le plan de relance, nous n'en serions pas là.", tance Martine Aubry, pour qui "au lieu de résoudre les problèmes de pouvoir d'achat des Français, de leur redonner confiance en l'avenir, [le président] trouve une fois encore un dérivatif de communication."
Même son de cloche chez Benoît Hamon, invité du Grand rendez-vous Europe 1 / Le Parisien. Comme on lui demandait s'il voterait cette révision constitutionnelle, il a répondu: "je n'y suis pas favorable, nous allons en débattre mais je ne vois pas le PS prendre une décision comme celle-ci".
Il a souligné qu'il y avait le "pacte de stabilité et de croissance" auquel les Etats membres avaient souscrit. Aussi pour lui "cette trajectoire vers l'équilibre" dans la Constitution proposée par le chef de l'Etat, "c'est se défausser de ses responsabilités". M. Hamon a fait valoir que limiter les déficits n'était "pas une question de droit" mais "une affaire de politique économique".
Dans une réaction aux propos de Benoît Hamon, le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, a estimé qu'"une fois de plus", le PS "a clairement affirmé son incapacité à accepter une saine gestion des finances publiques et prôné un laxisme coupable dans la droite ligne de ce qu'il a toujours mis en oeuvre lorsqu'il était au pouvoir".
Samedi, dans un entretien au Monde, le président du MoDem, François Bayrou, a estimé qu'il fallait consulter les Français par référendum sur la réduction des déficits.
QUANT À BAYROU...EXISTE-T-IL ENCORE DANS LA PAYSAGE POLITIQUE FRANÇAIS ? J'EN DOUTE.
La retraite à 60 ans supprimée l'emploi des jeunes occulté
Selon plusieurs sources, la fin de la retraite à 60 ans serait déjà décidée par le gouvernement qui dément sur la forme mais pas le fond. Pour le sociologue Emmanuel Todd, ce débat occulte l'essentiel: les jeunes, l'emploi industriel
À en croire les sites internet de plusieurs journaux, le gouvernement aurait d'ores et déjà bouclé ou presque sa réforme
des retraites, laquelle reposerait pour l'essentiel sur un report de l'âge légal de départ et un allongement de la durée de cotisation. Comme de bien entendu, un double démenti émanant du ministère du Travail et de l'Élysée est venu aussitôt infirmer ces informations, le gouvernement assurant au contraire que rien n'est encore fait, que la concertation avec les partenaires sociaux se poursuit et qu'il conviendra d'attendre encore un mois - vers le 20 juin dit-on - pour connaître le résultat de cette réflexion. Toutefois, force est de constater que nos confrères, qui assurent puiser leurs informations « auprès de très bonnes sources » ( Les Échos), font tous les trois état au même moment des mêmes mesures. Ce qui privilégierait plutôt l'hypothèse d'une fuite. Reste à savoir si celle-ci a été organisée. On sait, en effet, qu'il est désormais de bonne pratique gouvernementale, notamment en période de réforme, de laisser ainsi « fuiter » des bribes d'information histoire de tâter de pouls de l'opinion et surtout de la préparer en douceur à l'inéluctable.
En attendant une certitude se profile de plus en plus nettement : nous travaillerons plus longtemps. L'âge de départ en retraite serait ainsi progressivement repoussé d'un trimestre par an à partir du premier janvier prochain, jusqu'à atteindre 62 ou 63 ans. La durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein, qui aura atteint 41 ans en 2012, sera prolongée et passerait à 41,5 ans en 2020 pour arriver à 42 ans dix ans plus tard.
Ces mesures d'âge ne pouvant suffire à équilibrer le système, comme le rapport du Conseil d'orientation des retraites (Cor) l'a démontré, le gouvernement aurait également décidé d'agir sur les recettes en prévoyant d'augmenter les cotisations retraite au fur et à mesure que les cotisations chômage baisseront, une fois la reprise acquise. Par ailleurs, un prélèvement sur les hauts revenus, déjà annoncé par Nicolas Sarkozy, serait acté comme le « rabotage » de la plupart des niches fiscales. Enfin, le gouvernement souhaiterait aussi - et cela ne sera pas le plus facile - augmenter le taux de cotisation des fonctionnaires, moins élevé que pour les salariés du privé. En revanche, il ne serait pas question de revenir sur le calcul des pensions de ces mêmes fonctionnaires.
Reste un autre calcul que nul n'a fait pour le moment: quel sera l'impact de l'allongement des carrières sur l'emploi des jeunes? Précisément, le sociologue Emmanuel Todd sonne l'alarme (lire ci dessous). N'oublions pas que les retraites de demain seront financées par ceux qui auront pu trouver u travail.
R.R.
Le coup de pouce de DSK, le rendez-vous du 27 mai
Le hasard fait bien les choses. Ainsi l'annonce - certes officieuse - du plan de réforme des retraites intervient alors même que Dominique Strauss-Kahn, au grand désarroi de nombreux socialistes, vient lui-même de cautionner la solution du report de l'âge de la retraite Un coup de pouce bienvenu, surtout venant d'un rival possible de Nicolas Sarkozy, et qui ne pourra qu'aider le gouvernement à faire accepter d'avaler la pilule amère de la fin de la retraite à soixante ans à une population déjà inquiétée par l'atmosphère dramatique qui entoure la crise de l'euro.
À moins que les syndicats, qui se disaient déjà convaincus la semaine dernière que le gouvernement allait intervenir sur l'âge de la retraite et la durée de cotisation, ne parviennent à rétablir en leur faveur le rapport de force en profitant de cette annonce prématurée. Réponse le 27 mai, pour la prochaine journée d'action à l'appel de neuf syndicats.
RÉFORME DES RETRAITES - Le PS rétablira l'âge légal de départ à 60 ans en cas de victoire en 2012
Martine Aubry affirme que si le gouvernement repoussait l'âge légal de départ à la retraite, ce qu'ont rapporté plusieurs médias samedi avant d'être démentis par le gouvernement , la gauche le rétablirait à 60 ans en cas de victoire à la présidentielle de 2012, dans une interview au Parisien Dimanche .
Comme on lui demandait si la gauche rétablirait l'âge légal de départ à la retraite à 60 en cas de victoire en 2012 si le
gouvernement décidait de le repousser, la première secrétaire du PS répond : "absolument". "C'est injuste, je l'ai dit et en plus cela ne règlerait qu'une partie des déficits du système de retraite et pas la plus grande", explique-t-elle, avant de défendre le contre-projet de son parti.
Alors que le gouvernement a éreinté les propositions du PS , en évoquant notamment une "bombe fiscale", Mme Aubry réplique que le PS "n'a pas de leçon de bonne gestion à recevoir de l'UMP quand on voit la situation dans laquelle ils ont mis la France". "Quand j'ai quitté le gouvernement de Lionel Jospin, j'ai remis la Sécurité sociale à l'équilibre. La réforme des retraites est une question sérieuse qui mérite mieux que ces invectives", ajoute Mme Aubry. Mme Aubry était ministre des Affaires sociales dans le gouvernement Jospin.
Est-ce la signature d'une époque définitivement raisonnable ? Dans un sondage paru cette semaine, une nette majorité de Français (58 %) se prononcent en faveur de l'interdiction pure et simple des apéros géant Facebook. Même les abonnés aux réseaux sociaux sont partisans d'une logique de prohibition. Et même les jeunes affichent une position plus radicale que celle de Brice Hortefeux ! Serait-on sérieux, désormais, quand on a 17 ans ?
La crainte l'emporte sur le sentiment. La prudence, sur l'élan. Ces rassemblements spontanés sont jugés « sympathiques » et « conviviaux » mais cet a priori positif ne résiste pas à la certitude qu'ils sont surtout « dangereux ». Comme le rappel à l'ordre d'une conscience grave et désenchantée. La hantise des débordements d'une foule incontrôlée tourne parfois au ridicule quand, comme à Strasbourg, vendredi soir, elle mobilise les forces de l'ordre au-delà du raisonnable au nom de la prévention d'une soirée... qui n'a existé qu'en rumeur...
Il y a eu le drame de Nantes, certes, mais d'autres apéros géants se sont bien passés, et bien terminés, il faut quand même le rappeler. Mais, c'est vrai aussi, il faudrait être de mauvaise foi pour minimiser les risques réels de telles manifestations. Pas de naïveté : il ne s'agit pas simplement d'une immense fête de voisins. On ne prévoit pas de réunir des milliers de personnes sur la place Broglie sans imaginer de possibles dérapages. Dégradation de mobilier urbain, déchets, vitrines explosées, malaises : le lot de nuisances potentielles est connu, et on peinera à trouver le moindre romantisme rimbaldien dans les beuveries générales ou le vandalisme des casseurs.
Faut-il pour autant renoncer définitivement au concept de ces invitations ouvertes en pleine ville ? Tirer un trait sur cette forme de liberté collective, au prétexte qu'elle serait condamnée par ses excès ? C'est la question qui est posée aux autorités... et à laquelle elles se gardent bien de répondre par une intransigeance théorique. Chacun pressent - et c'est une contradiction mise au jour par les enquêtes d'opinion - que de tels événements monstres, quelles que soient leurs formes, seront de plus en plus nombreux. Il y aura sans doute du monde ce soir au Champs-de-Mars et rien ne pourra vraiment l'empêcher.
C'est un phénomène irrésistible : de plus en plus nos sociétés modernes voudront instinctivement échapper à l'enfermement et aux solitudes que leur promettent les face-à-face avec les écrans d'ordinateur, et la désincarnation de la communication virtuelle.
Alors, il faudra sans doute trouver des compromis qui ne sont rien d'autres que des règles du jeu civilisées. Conditionner ces apéros à un encadrement organisé, strict et professionnel, ce n'est pas les étouffer. C'est préserver l'esprit qui les anime et leur garantir le meilleur : la rencontre.
Parce que la voie était royale, leur destin était souvent impérial. Que de normaliens devenus célèbres par leurs travaux scientifiques, tels Pierre-Gilles de Gennes ou Louis Neel, tous deux prix Nobel, par leurs ouvrages littéraires à l'instar d'Aimé Césaire ou Jean Giraudoux, par leur réflexion philosophique comme Raymond Aron ou Jean-Paul Sartre, et même par leur action dans le champ politique à la manière d'Alain Juppé ou Laurent Fabius.
Bref, quand on sortait d'Ulm, de Cachan ou de Fontenay, on avait toujours une place de choix dans la société sans avoir besoin de prouver que l'on était quelqu'un. C'était écrit dans le parchemin. Et même si l'on choisissait tout simplement l'enseignement, l'affectation était à la mesure du diplômé. Il ne fallait guère de temps pour rejoindre l'université. Aujourd'hui, ils ne sont plus tout à fait logés à la même enseigne... Le concours est toujours une redoutable épreuve, mais les brillants sujets qui décrochent la timbale ne sont plus assurés d'un rutilant avenir. Les postes en fac se font rares, et ils peuvent être nommés dans des établissements de zones difficiles où leur savoir n'est pas forcément valorisé. À quoi bon avoir bossé sur
la langue d'oïl d'Aucassin et Nicolette ou le choc des boules de Malebranche, s'il faut apprendre le français de base et la règle de trois à ses élèves... Ainsi la directrice de la rue d'Ulm voit-elle ses élites s'enquérir de juteux pantouflages en dehors de la sphère professorale. Il paraît que la "com et la pub" font désormais fureur. À telle enseigne que la célèbre institution multiplie les conventions avec certaines grandes écoles, style HEC, jugées plus adaptées au monde moderne. Certains n'en ont pas eu besoin pour devenir des stars. Il n'y a qu'à voir BHL. Pour lui savoir vendre Normale, c'était élémentaire.
Les économies contemporaines sont assises sur une montagne de dettes. En France, elle représente plus de trois fois la valeur de ce que nous produisons annuellement. Des dettes publiques (1.500 milliards fin 2009), bien sûr, contractées par l’Etat et les organismes de protection sociale pour combler leurs déficits. Mais aussi des dettes privées, contractées par les entreprises (2.000 milliards fin 2008), les organismes financiers (2.300 milliards) ou les ménages (1.000 milliards). Tout le monde emprunte en promettant de rembourser demain, et cela fait tourner la machine économique.
Jusqu’à présent, les dettes privées étaient jugées moins sûres que les dettes publiques. Rien ne dit en effet que l’entreprise ou le ménage pourront honorer leur parole. En revanche, l’Etat a toujours le pouvoir de lever l’impôt et de forcer ainsi le contribuable à payer. Dans les pays développés, le risque qu’un Etat fasse défaut était, jusqu’ici, à peu près nul. Mais avec la crise de l’euro, ce n’est plus le cas.
Le peu de croissance économique dans les pays européens tient presque partout au déficit public, qui gonfle la demande grâce aux emprunts. Les prêteurs commencent à douter : les remboursements de demain devront être financés par de nouveaux emprunts faute de pouvoir l’être par une croissance trop faible. On sait, depuis Madoff, où cela mène: à la faillite. Alors l’euro plonge, plombé par la dette publique, devenue potentiellement douteuse.
La solution existe, pourtant. C’est l’inflation. Des millions de Français, dans les années 1960 ou 1970, ont remboursé en monnaie de singe les emprunts grâce auxquels ils avaient acheté leur logement. Entre 1950 et 1980, la grande éponge de l’inflation a permis à la France de se moderniser et à l’Etat d’effacer ses dettes: avec 5% d’inflation par an, les 1.500 milliards d’euros de dettes publiques ne vaudraient plus dans dix ans que 900 milliards d’aujourd’hui. La Banque centrale européenne, en décidant de racheter les titres publics devenus douteux, s’apprête au fond à financer les besoins des Etats par de la création de monnaie - donc, à terme, par l’inflation - plutôt que par l’emprunt. Les créanciers paieront: chaque année leurs titres se déprécieront.
Immoral? Peut-être. Mais préférez-vous les solutions alternatives que sont les baisses de salaires, le chômage croissant dans une économie décroissante et, pour finir, l’appauvrissement de tous?
Aubry ne fait pas la guerre à DSK
La patronne du PS ne veut pas répondre au directeur général du FMI, qui récusait jeudi le "dogme" de la retraite à 60 ans.
Elle ne voulait pas le regarder, juste se le faire raconter ensuite par ses « veilleurs » habituels. Mais quand elle a lu la dépêche AFP à 20 h 30, Martine Aubry a changé d’avis et s’est postée devant sa télé. La patronne du PS a préféré écouter elle-même Dominique Strauss-Kahn s’affranchir du "dogme" de la retraite à 60 ans. Et elle a appelé immédiatement le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui était sur le plateau de France 2 face au ministre du Travail, Eric Woerth. "Ne te laisse pas faire, l’âge légal n’est pas un dogme, mais un droit, une garantie, une liberté et une justice. Le dogme est une théorie, nous, nous sommes réalistes."
Et Aubry a redéroulé à son porte-parole l’argumentaire qu’elle déploie depuis des semaines: une grande part des salariés a déjà cotisé plus de 41 années avant d’atteindre ces fameux 60 ans, beaucoup se sentent usés à cet âge fatidique et deux tiers des salariés sont au chômage entre 55 et 60 ans. Benoît Hamon connaît tous ces chiffres par cœur. Il est lui aussi très attaché au symbole de l’âge légal de départ à la retraite, et sait ce qu’il incarne pour le peuple de gauche.
Ce jeudi soir, Razzy Hammadi accompagnait son ami Benoît dans les coulisses d’A vous de juger. Secrétaire national au service public, Hammadi avait participé, il y a deux semaines, à un meeting sur les retraites organisé par la Fondation Copernic aux côtés de la Verte Cécile Duflot, de Marie-George
Buffet, Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot. Hier, Razzy Hammadi confiait au JDD: "On ne défend pas un dogme mais une réalité que la majorité des Français connaissent", ajoutant en soupirant, "d’ici à ce qu’on vive jusqu’à 100 ans, de l’eau aura coulé sous les ponts". Autant pour DSK, qui avait sorti sur le plateau l’argument des 100 ans d’espérance de vie…Voici donné le signal de l’opposition à Strauss-Kahn au cœur même de son parti? "Il existe un anti-strauss-kahnisme de gauche, en dehors du PS, et qui est en train de monter, et que ces déclarations sur les 60 ans vont alimenter", reconnaît Pierre Moscovici, qui souhaite une candidature de DSK à l’Elysée. Au PS même, l’opposition frontale au très populaire patron du FMI n’est pas encore de mise. Mais on sent que la gauche du parti n’est pas très à l’aise. "On n’avait pas besoin que Strauss-Kahn, qui nous demande de le laisser travailler, vienne mettre un petit coup de canif à notre boulot sur le projet socialiste qu’on est en train d’écrire", se désole Pouria Amirshahi, autre proche d’Hamon.
Moscovici s’interroge sur l’utilisation possible du thème des 60 ans par Martine Aubry, si elle devait affronter DSK. Interrogation prématurée, ou vaine. La patronne du PS et ses proches minimisent le désaccord ramené au rang de "buzz journalistique", et ne veulent surtout pas faire de Strauss-Kahn un martyr du modernisme face aux ringards attachés à l’âge légal. Ils tiennent juste à faire remarquer que personne, y compris chez les proches de DSK, n’a remis en cause la retraite à 60 ans, dans le parti comme dans les médias.
Le document adopté mardi soir en bureau national stipule "le maintien de l’âge légal de départ à 60 ans, car c’est une garantie pour ceux qui ont atteint leur durée de cotisation, c’est une protection pour les salariés usés par le travail et qui souhaitent partir, et c’est une liberté de choix pour tous les Français". Le texte a été adopté à l’unanimité, moins trois abstentions, celles de Malek Boutih, Gérard Collomb et Manuel Valls, Les déclarations de Strauss-Kahn tombent au pire moment, mais la direction du PS préfère jouer sur l’ambiguïté même des mots et de la situation de DSK. Il a 61 ans, explique-t-on, et il est loin, loin de la réalité sociale de la France…
En contraste, insiste-t-on, Aubry (59 ans) se veut résolument proche des Français. Elle ne veut pas ouvrir la guerre avec DSK, elle qui ne sait toujours pas si elle sera candidate, et qui, surtout, passe son temps à panser les plaies des socialistes en mal d’ego. Elle se refuse dogmatique, mais se revendique réaliste et surtout aux côtés des gens, des salariés qui sont fatigués à 60 ans. Mercredi dans son bureau rénové de la rue de Solferino, Aubry recevait les journalistes pour assurer le service après-vente de sa réforme des retraites. Elle précisait sans coquetterie: "Je vais avoir 60 ans cette année, je vois des femmes dans le textile dans le Nord qui ont mon âge et qui font dix ans de plus." C’est à elles et à tous les autres salariés fatigués que la patronne du PS veut penser, au moment où le gouvernement, veut revenir sur le "dogme" des 60 ans.
Copernic inhumé en Pologne, 467 ans après sa mort
L'astronome Nicolas Copernic dont les restes ont été identifiés récemment, a été enterré à nouveau, samedi 22 mai, à la cathédrale de Frombork dans le nord de la Pologne, au lendemain du 467e anniversaire de sa mort.
Lors d'une cérémonie
religieuse, le cercueil de Copernic a été à nouveau enfoui sous le sol de la cathédrale construite au XIVe siècle, au pied d'une tombe neuve en granit noire frappée d'une représentation d'un modèle du système solaire. Copernic élabora la théorie héliocentrique, qui fait état du double mouvement des planètes, sur elles-mêmes et autour du Soleil.Dans un discours, l'archevêque Jozef Zycinski a déploré les "excès de zèle de défenseurs autoproclamés de l'Eglise". Il a rappelé, dans ce contexte, la condamnation en 1616 par le pape Paul V de l'œuvre de l'astronome, considérée à l'époque comme contraire aux Ecritures. Copernic et ses disciples ont été depuis réhabilités par le Vatican.
Le grand astronome, mathématicien, économiste, médecin et chanoine à Frombork fut enterré dans la cathédrale en 1543, l'année de sa mort, mais aucune indication du lieu exact de son inhumation n'a été laissé. Il est mort peu connu dans son pays et son enterrement anonyme n'était pas lié à des accusations d'hérésie. De fait, son principal traité De la révolution des sphères célestes" a été publié à la fin de sa vie et il a seulement reçu copie de l'ouvrage le jour de sa mort.
Depuis deux siècles, des chercheurs polonais, français et allemands ont en vain tenté d'identifier sa tombe. En 2005, l'archéologue Jerzy Gassowski, professeur à l'Institut d'anthropologie et d'archéologie de Pultusk, a réussi à le faire et a conduit à l'identification des restes du savant, en coopération avec des chercheurs suédois d'Uppsala. L'ADN des dents et des os correspondait avec celui de cheveux retrouvés dans l'un de ses livres, ce qui a conduit les scientifiques à en conclure que, selon toute probabilité,
ils avaient finalement retrouvé la dépouille de Nicolas Copernic. (Lire : La tombe de Copernic identifiée grâce à son ADN)
La découverte du crâne de l'astronome a permis de reconstituer virtuellement le visage de l'homme mort à 70 ans, dont l'oeuvre fut à l'origine du bouleversement scientifique du XVIIe siècle.
Cette cérémonie intervient quelque 18 ans après la réhabilitation de l'astronome italien Galilée par le Vatican. Ce dernier avait été persécuté durant l'Inquisition pour avoir développé la révolution copernicienne.
L'héliocentisme, des savants, une controverse, sur le site de la Cité des Sciences
Jean Matejko: "Copernic paralant avec les dieux"
...Vous avez dit dignité de la femme ?
Au fond, la burqa est une forme de nudité, mais en plus obscène. Dans un cas, c’est la nudité du corps, dans l’autre, la nudité sans le corps. » Oui, il faut interdire, en France, le port de la burqa ; ou, plus exactement, faire en sorte qu’effectivement n’apparaissent plus de femmes intégralement voilées dans l’espace public. Il suffit d’une décision, d’une circulaire, en arguant d’un principe de sécurité publique : pas de visage masqué !
Ce qui marqua, sans doute, la naissance de la civilisation, ce fut l’apparition de l’agora. Du forum, c’est-à-dire de cet espace réservé à l’enchevêtrement des regards préludant à celui des reconnaissances : j’existe par la preuve que je reçois de l’existence de l’autre, en tant que le regard de cet autre me renvoie la preuve de ma propre existence, et ces deux existences, qui s’affirment en se découvrant, s’identifient dès lors à des dons qu’on se fait l’un à l’autre pour s’aider à mieux exister. Or, la burqa, c’est l’abolition de l’agora. L’escamotage du forum puisqu’on en a retranché cette part de l’altérité qui garantit la pérennité de la vie elle-même. Culture de mort en somme. Et pas seulement sociale. Ces femmes qui ne veulent pas être vues, n’habitent-elles pas généralement dans des espaces qu’on ne veut pas voir ?L’humain réduit à son emballage ? Pire : l’escargot réduit à sa coquille.
La femme n’est même plus quelqu’un qui parle chiffon, c’est un chiffon. Le pire des hommes va en prison. Elle, fut-elle la meilleure, sa prison, elle la porte. Non ! Même pas, car cela signifierait qu’elle lui est extérieure. C’est en fait sa prison qui la porte...
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samedi 22 mai 2010
Retraites: Les jeux sont faits?
Plusieurs médias dévoilent ce samedi les pistes qu'aurait privilégiées le gouvernement pour mener à bien sa réforme des retraites. Celles-ci portent à la fois sur un allongement de la durée du travail (et un possible report de l'âge de la retraite à 63 ans) et sur la recherche de nouvelles ressources. Le ministère du Travail dément en bloc.
Le projet de réforme des retraites voulu par
le gouvernement serait déjà bien ficelé.
C'est en tout cas ce qu'avancent de manière concordante trois médias ce samedi, Les Echos, Le Monde et L'Express, sans pour autant dévoiler leurs sources. Du côté des pouvoirs publics, on dément ces allégations, le document d'orientation transmis dimanche dernier par Eric Woerth aux partenaires sociaux faisant office, à ce jour, de seule base à la concertation. Selon ce texte, le ministre du Travail confirme vouloir aborder le problème du déséquilibre des comptes par le prisme démographique, sans pour autant trancher entre un report de l'âge légal de départ à la retraite – fixé à 60 ans depuis 1982 – et un allongement de la durée de cotisation – 41 ans à compter de 2012. Or, selon les informations parues dans la presse ce week-end, ce sont ces deux voies qui devraient être explorées conjointement.
Les syndicats dans la rue le 27 mai
Les Echos ou L'Express se font très précis en indiquant qu'à partir du 1er janvier 2011, l'âge légal de départ à la retraite augmenterait d'un trimestre par an et pourrait, à terme, être repoussé à 62, voire 63 ans. Quant à la durée de cotisation, elle pourrait croître d'un semestre à l'horizon 2020, voire d'un an (ou plus) d'ici 2030. Autant de dispositions qui pourraient donner du grain à moudre aux syndicats. Vent debout contre de tels projets, plusieurs responsables n'avaient d'ailleurs pas manqué de faire part de leur inquiétude récemment. "On a eu confirmation que la retraite à 60 ans était fortement remise en cause, témoignait ainsi Eric Aubin, négociateur CGT, interrogé mercredi dernier par leJDD.fr à la sortie d'un nouvel échange avec Eric Woerth. Les pistes privilégiées par le gouvernement sont effectivement l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge de la retraite." Et le syndicaliste d'appeler à une large mobilisation des salariés le 27 mai, dans le cadre d'une vaste journée d'action.
Toutefois, il n'y pas que sur le "front démographique" que les syndicats pourraient avoir à ferrailler. En effet, selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), l'augmentation de la durée du travail - quelles qu'en soient ses modalités – ne suffirait pas à équilibrer le système. La recherche de nouvelles ressources – le gouvernement serait à la recherche de 3 à 4 milliards d'euros par an - serait donc capitale. Or, sur ce point, et toujours à en croire les informations parues dans la presse, l'exécutif aurait également quelques idées bien arrêtées. Ainsi, alors que la taxation des hauts revenus ne devrait rapporter que 600 millions d'euros - soit la somme que "perd" l'Etat avec la mise en place du bouclier fiscal – d'autres pistes, plus fructueuses, devraient être lancées.
Augmentation des cotisations?
Le Monde affirme ainsi que les stock-options et les revenus du capital pourraient être davantage taxés. Mais l'essentiel des recettes viendrait d'ailleurs. Le quotidien du soir met en avant une augmentation des cotisations retraite – ce que le gouvernement a pour l'heure toujours écarté – mais contrebalancé par une baisse des cotisations chômage. Une solution à hauts risques, car tributaire de la potentielle bonne santé du marché de l'emploi. Ce qui, à l'heure actuelle, est loin d'être le cas.
Enfin, comme Eric Woerth l'avait précisé dans son document d'orientation, le rapprochement entre privé et public pourrait, au nom de "l'équité", s'accélérer. S'il ne devrait pas revoir le mode de calcul des pensions actuellement en vigueur - basé sur les six derniers mois pour les fonctionnaires, sur les 25 meilleures années pour les salariés du privé – le gouvernement pourrait opter pour un alignement du niveau de cotisation des premiers (actuellement de 7,85%) sur celui des seconds (fixé, lui, à 10,55% en moyenne). Une solution qui aurait l'avantage de rapporter rapidement, conclut Le Monde.
TOUS DANS LA RUE LE 27 MAI ? POUR QUOI FAIRE ? PERDRE UNE JOURNÉE DE SALAIRE...NON MERCI !
Réforme des retraites: l'âge légal va passer à 62 ou 63 ans
Le projet du gouvernement se précise. Il comportera à la fois une hausse de la durée de cotisation et de celle de l'âge légal. Les ressources nouvelles s'élèveraient à 3,5 ou 4 milliards d'euros. La cotisation des fonctionnaires pourrait bien augmenter.
-L'âge légal de départ en retraite
(60 ans) sera allongée de un trimestre par an à partir de janvier 2011. Jusqu'à 62 ou 63 ans. En conséquence, l'âge de la retraite à taux plein (65 ans aujourd'hui), c'est à dire celui où l'on ne subit plus de décote du fait d'une durée de cotisation insuffisante, passerait respectivement à 67 ou 68 ans.
-La durée de cotisation continuera d'augmenter, très probablement comme le prévoit la loi Fillon de 2003 : à 41,5 ans en 2020 et à 42 ans et un trimestre en 2030.
- 3,5 à 4 milliards d'euros de nouvelles recettes pour les retraites (à l'horizon 2020)devraient compléter la réforme : la taxe sur les hauts revenus, confirmée le 10 mai par Nicolas Sarkozy, pourrait bien s'élever à quelques 600 millions d'euros. Un chiffre qui ne doit rien au hasard: c'est le montant que l'Etat perd actuellement du fait de l'existence du bouclier fiscal. Celui-ci est maintenu, mais cette contribution supplémentaire sera acquittée par tout le monde, y compris par les bénéficiaires du bouclier. En outre, certaines niches fiscales ou sociales seront supprimées ou rabotées. Un transfert de cotisations de l'Unedic vers l'assurance-vieillesse aura lieu quand les comptes du chômage se seront redressés.
-Les fonctionnaires:
La piste privilégiée est une hausse de leur cotisation retraite ( 7,85 % aujourd'hui) car cette mesure rapporte plus que la modification du calcul des pensions ( actuellement 75 % du salaire des six derniers mois de la carrière). Pour éviter une baisse brutale du pouvoir d'achat des fonctionnaires, l'augmentation de la cotisation serait progressive et, en partie, compensée par des mesures salariales.
Qui sera concerné?
Le gouvernement penche pour fixer les règles de départ en retraite de tous ceux qui la prendront d'ici à 2030. Même si les conditions se durcissent, il estime qu'il est plus rassurant de connaître son sort le plus longtemps possible à l'avance.













