TOUT EST DIT

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jeudi 7 janvier 2010

Philippe Séguin, la voix qui disait «non» s'est tue

Le parcours d'un franc-tireur...
Philippe Séguin, c’est d’abord une voix. Grave et ténébreuse. Le Premier président de la Cour des comptes, né le 21 avril 1943 à Tunis (Tunisie), a toujours su la faire entendre au sein de la droite française. C'est aussi une stature, imposante, qui a fréquenté avec la même assiduité les bancs de l'Assemblée nationale, dont il a été président entre 1993 et 1997, que les gradins du Parc des Princes, en grand amateur de football, et très fin technicien des stratégies des joueurs sur le terrain.

Ceux qui ont connu l'ancien député des Vosges décrivent un personnage attachant et sympathique mais aussi une forte personnalité, qui n’a jamais hésité à marquer son désaccord au besoin. Comme en 1992, lorsqu’il s'engage pour le «non» au traité de Maastricht. Histoire de ne pas renier sa fidélité au Général de Gaulle.

Une enfance dans le Sud

Son enfance se passe en Tunisie et dans le Sud de la France. Philippe Séguin est adolescent lorsqu'il regagne la France avec sa mère. Il obtient son baccalauréat à Nîmes (Gard), avant d'entamer des études de lettres et de sciences politiques à Aix-en-Provence dans les années 1960.

Philippe Séguin rentre ensuite à l'ENA (Ecole nationale d'administration) en 1968 et commence sa carrière là où il l'a terminé, à la Cour des comptes. Il y effectuera ses classes de 1970 à 1973.

Mauvais points

En 2008, il épingle les mauvais comptes de l'Etat. Rappelant à l'époque «les trois ambitions» de sa fonction: «éclairer le Parlement dans sa fonction de contrôle du gouvernement», «apporter au gouvernement une expertise et des conseils au service de la modernisation de l'administration», et «donner au citoyen un information précise, argumentée et solide».

«La Cour reste volontairement besogneuse, elle s'appesantit, approfondit, vérifie et s'entête», avait-il estimé à l'époque. Une façon de parler de lui en décrivant sa fonction? Philippe Seguin laisse vacante la présidence de la commission Grands stades Euro 2016, qu'il occupait depuis janvier 2008. Il aura fallu une attaque cardiaque, survenue dans la nuit du 6 au 7 janvier, pour faire taire sa célèbre voix.

Philippe Séguin est mort

Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 66 ans. Cette information de RTL jeudi matin a été confirmée par l'UMP sans aucune précision. On apprenait de source policière et auprès d'un de ses proches, que M. Séguin est mort à son domicile à Paris, dans le 15e arrondissement, d'une crise cardiaque. Les pompiers appelés sur place ont constaté son décès vers 7 h 20.

Né le 21 avril 1943 à Tunis, Philippe Séguin fut notamment ministre des affaires sociales et de l'emploi dans le gouvernement de Jacques Chirac entre 1986 et 1988, puis président de l'Assemblée nationale de 1993 à 1997. En 1992, à rebours du RPR, ce gaulliste convaincu s'était engagé pour le "non" au traité de Maastricht, acceptant de débattre face au président socialiste François Mitterrand, partisan du "oui".

Philippe Séguin avait été l'une des chevilles ouvrières de la victoire présidentielle de Jacques Chirac, en 1995, avant de présider le RPR et de se présenter à la mairie de Paris face au socialiste Bertrand Delanoë, en 2001. Il était premier président de la Cour des comptes depuis juillet 2004.

Philippe Séguin est mort

Ancien ministre et président de l'Assemblée nationale, le premier président de la Cour des comptes est décédé dans la nuit d'une crise cardiaque. Il avait 66 ans.

Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes depuis 2004, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi. L'information révélée par RTL a été confirmée au Figaro par les services du premier ministre. Il a succombé à une crise cardiaque à son domicile du XVe arrondissement parisien. Les pompiers appelés sur place ont constaté son décès vers 7h20, a-t-on ajouté. Philippe Séguin avait 66 ans. Aussitôt connu, son décès a provoqué de nombreuses réactions.

Né le 21 avril 1943 à Tunis, Philippe Séguin a été député des Vosges de 1978 à 1986 et maire d'Epinal (1983-1997). Il fut également ministre des Affaires sociales et de l'Emploi dans le gouvernement de Jacques Chirac entre 1986 et 1988. Philippe Séguin occupera la présidence de l'Assemblée nationale de 1993 à 1997.

L'un des principaux faits d'arme de la carrière politique de ce gaulliste convaincu avait été son opposition, en 1992, au traité européen de Maastricht (Voir sa réaction au lendemain du scrutin). Il avait notamment défendu sa position dans un discours à l'Assemblée nationale en mai 1992 concluant par ces mots : «Oui, nous voulons l'Europe, mais debout, parce que c'est debout qu'on écrit l'histoire !».

Philippe Séguin a été le président du Rassemblement pour la République (RPR) de 1997 à 1999, date à laquelle il en claque la porte. Il avait été candidat à la mairie de Paris, battu par Bertrand Delanoë en 2001.

Grand amateur de football, Philippe Séguin était le président de la Commission «Grands stades Euro-2016» qui préparait la candidature de la France à l'organisation du Championnat d'Europe de football en 2016.

Le ministre de la culture reçoit les conclusions de la mission Zelnik

La mission Zelnik a remis, mercredi 6 janvier, un rapport à Frédéric Mitterrand sur l'avenir de la création sur Internet. Le ministre de la culture et de la communication avait chargé de cette mission le PDG de la maison de disques indépendante Naïve, l'ancien ministre Jacques Toubon et Guillaume Cerutti, président de Sotheby's France. Ils avaient entendus plus de cent personnes, acteurs économiques du secteur, pour formuler un certain nombre de propositions.
Rappelant que cette mission est complémentaire du vote de la loi Hadopi 2 sur le téléchargement illégal, M. Mitterand a salué une "approche panoramique et anticipatrice", englobant la musique mais aussi le domaine du livre et la chronologie de publication des œuvres audiovisuelles – le délai entre la sortie d'un film en salle et sa commercialisation en DVD. "Mes services se mettent à l'étude approfondie de ce document", a poursuivi le ministre, qui ne s'est pas prononcé plus avant.

Le rapport contient au total vingt-deux propositions, dont certaines ont été décrites par les membres de la mission. "Le secteur de la musique est celui où les enjeux d'Internet sont les plus forts", souligne Guillaume Cerutti, de Sotheby's. "Hadopi est nécessaire mais non suffisant", ajoute Patrick Zelnik.

"LICENCE LÉGALE"

Dans le domaine musical, la mesure la plus saillante concerne la négociation des droits dans l'univers numérique. "Pour la radio sur Internet, nous proposons l'alignement sur le système qui fonctionne avec la radio hertzienne, avec l'instauration d'une licence légale", explique M. Cerutti. L'objectif est de mettre fin au "morcellement des acteurs", avec des sites de streaming tels que Deezer, devant négocier avec chaque maison de disque pour diffuser ses catalogues. La mission préconise un délai d'un an pour que cette gestion collective soit intégrée de manière volontaire.

Le collège appelle également à la mise en place, au bénéfice des jeunes internautes, d'une carte numérique permettant d'accéder à une offre légale de musique en ligne, que ce soit en streaming ou en téléchargement. L'Etat devrait contribuer à hauteur de 50 % à la mise en place de ce dispositif. Les membres de la mission prônent aussi le renforcement de dispositions existantes, tel le crédit d'impôt, avec un élargissement de son assiette.

Dressant un panorama de la situation du cinéma, Jacques Toubon a estimé que ce média était dans une "situation intermédiaire". Forte de ce constat, la mission Zelnik préconise que l'offre payante de la vidéo à la demande (VOD) soit mieux placée dans la chronologie des médias. Elle invite aussi à ce qu'une loi fixe un principe d'accès non discriminatoire de la VOD, afin que les fournisseurs d'accès à Internet puissent proposer à leurs abonnés une offre plus exhaustive. Dans le domaine de l'édition, la mission évoque enfin l'instauration d'un prix unique du livre numérique.

INSTAURATION D'UNE "TAXE GOOGLE" ?

"Nous avons reçu plusieurs pistes de financement", note Jacques Toubon. Lors des phases de consultation, la Sacem et l'Adami, les deux principaux organismes qui gèrent les droits des musiciens en France, s'étaient accordées pour demander la création d'une nouvelle "contribution" prélevée sur les abonnements à Internet et censée compenser les pertes subies par l'industrie musicale – estimées à 750 millions d'euros depuis 2003 – en fonction du chiffre d'affaires des fournisseurs d'accès à Internet et modulable en fonction du volume global des échanges non autorisés.

Mais les membres de la mission ont plutôt opté pour deux autres types de dispositif. Le premier est la création d'un prélèvement obligatoire sur les revenus de la publicité en ligne, une sorte de "taxe Google". En révisant à la baisse la quote-part d'application de la TVA, réduite à 5,5 % chez les fournisseurs d'accès à Internet, la mission espère également trouver une autre ressource. A l'occasion des vœux aux personnels de la culture, le président Nicolas Sarkozy devrait, jeudi 7 janvier, donner son avis sur ces propositions.
Laurent Checola

TAXE ! LA FRANCE N'A QUE CE MOT A LA BOUCHE !!!

L'offensive anti-Parisot en trois questions

Trois semaines après le départ fracassant de la fédération agro-alimentaire, c'est au tour de Jean-Charles Simon, un des directeurs généraux du Medef, de claquer la porte. Déterminée à briguer un second mandat, la patronne des patrons est de plus en plus marginalisée.

Que se passe-t-il au Medef ?

Un des deux directeurs généraux délégués du Medef, Jean-Charles Simon, a démissionné de ses fonctions mardi. Un désaveu de plus pour Laurence Parisot, à peine trois semaines après que l'ANIA, la fédération de l'agroalimentaire, a claqué la porte de l'association patronale. Le départ de Jean-Charles Simon représente la troisième défection en trois ans, après celle de Jacques Creyssel, licencié pour "faute grave", et de son remplaçant, Pierre Henri Ricaud, parti au bout de trois mois sans fournir d'explication. Jean-Charles Simon l'avait remplacé en novembre 2008, en binôme avec Hélène Molinari - qui, elle, reste en poste.

Que reproche-t-on à Laurence Parisot ?

Jean-Charles Simon évoque des défaillances "en matière de prise de décision, de management, d'organisation des rôles". Il n'est pas le seul. "Il y a beaucoup de gens qui ont du mal à travailler avec Laurence", glisse un haut responsable du Medef sous couvert d'anonymat. Jean-René Buisson, le président de l'ANIA, trouvait lui aussi qu'elle "régnait de manière trop personnelle, ne lui parlait de rien et préférait consulter des conseillers non élus extérieurs, notamment de l'IFOP, qu'elle dirigeait auparavant", avait confié à l'Expansion.comGuillaume Delacroix, auteur d'une "Enquête sur le patronat".

A cela s'ajoute une orientation sociétale des débats qui n'est pas du goût des patrons. Développement durable, lutte contre les discriminations, passerelles avec le monde de l'université, des arts, de la magistrature... les thèmes privilégiés par Laurence Parisot et sa conseillère Rosine Lapresle sont loin des préoccupations financières des chefs d'entreprise, surtout en temps de crise. "Alors que son prédécesseur, Ernest-Antoine Seillière, était très apprécié en tant qu'homme de terrain, selon Guillaume Delacroix, Laurence Parisot est vue comme faisant avant tout de la com'."

Des critiques relayées par Alain Minc. Très proche des milieux patronaux, le conseiller officieux du président Nicolas Sarkozy a jugé fin décembre que le Medef avait été "aux abonnés absents" dans la gestion de la crise, tandis que les syndicats l'ont "cogérée" avec l'Etat. "S'il y avait un dixième du talent de l'état-major de la CGT au Medef, les choses iraient mieux", a-t-il lancé dans un réquisitoire sans appel à l'encontre de la hiérarchie patronale.

Mais la présidente assume et défend son bilan. "Pas question d'abandonner" le terrain sociétal, affirme-t-elle dans une interview au Figaro.

Un deuxième mandat fin juin est-il compromis ?

En 2005, la dirigeante de l'institut de sondages Ifop avait été soutenue par le Groupement des professions de services (GPS), nombre de banquiers, mais aussi par certaines fédérations industrielles, comme l'ANIA. Cela lui avait permis de damer le pion au candidat de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Yvon Jacob - une première dans les annales patronales. Cette année, elle ne pourra plus compter sur l'agroalimentaire.

Pour l'instant, Laurence Parisot est quasiment seule en lice. A part Thibault Lanxade, un jeune patron de PME qualifié de "trublion inoffensif" par le journaliste du Figaro Marc Landré, sur son blog, aucun concurrent ne s'est encore officiellement présenté. Toutefois, des noms commencent à circuler. A commencer par celui de Denis Kessler, le PDG du réassureur français Scor et ancien numéro 2 du Medef, institution qu'il a fondée avec Seillière en 1998. Redouté pour ses accès de colère et son libéralisme exacerbé, l'ex-poulain de Dominique Strauss-Kahn ne manque pas d'atouts: grand négociateur, respecté des syndicats, homme de conviction, expert des retraites... Et contrairement à Laurence Parisot, dont l'entreprise de portes coulissantes, Optimum, a subi de lourdes pertes avant d'être cédée en 2006, Denis Kessler a largement fait ses preuves dans le monde des affaires. En sept ans, il a restauré la croissance du groupe Scor, qu'il a hissé à la cinquième place mondiale de la réassurance.

Son seul défaut, du moins au yeux du "clan" des industriels : son appartenance, comme Laurence Parisot, au monde des services. L'UIMM, dont l'appui est indispensable, pourrait donc choisir de soutenir plutôt un candidat industriel.

Parmi les concurrents potentiels répondants à ce profil, il y a notamment Yvon Jacob, qui termine bientôt son mandat à la tête du Groupe des fédérations industrielles (GFI). Le nom de Xavier Fontanet, PDG d'Essilor et membre du comité d'éthique du Medef est également souvent cité, tout comme celui de Geoffroy Roux de Bézieux, président de Virgin Mobil et de l'Unedic... Enfin, il n'est pas exclu que le président de l'UIMM lui même, Frédéric Saint Geours, se présente le moment venu.

Bruxelles attaque sur le salaire des fonctionnaires de l'UE

La Commission européenne a décidé d'attaquer les pays de l'UE, pour annuler leur décision de diviser par deux la hausse salariale légale des fonctionnaires des institutions européennes.


La Commission européenne a décidé à l'unanimité, mercredi 6 janvier, d'attaquer les pays de l'Union européenne devant la Cour européenne de justice, pour annuler leur décision de diviser par deux la hausse salariale légale des fonctionnaires des institutions européennes.
En décembre, le Conseil des 27 Etats européens avait décidé à l'unanimité d'une revalorisation salariale brute de 1,85% pour les quelque 50.000 fonctionnaires et contractuels des institutions européennes, quand Bruxelles avançait le chiffre de 3,7%.
Calculée sur l'évolution des salaires de 8 Etats

La revalorisation salariale annuelle des fonctionnaires, proposée par la Commission européenne, est régie par une méthode gravée dans la loi, au moins jusqu'en 2012. Elle est calculée mécaniquement sur l'évolution des salaires de la Fonction publique de huit Etats (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni, représentant 76% du PIB de l'UE), durant l'année précédente, ainsi que sur l'inflation à Bruxelles.
La Commission a donc estimé que la décision des pays de l'UE n'est pas en conformité avec la loi.
Nombre de pays ont refusé avec véhémence la hausse prévue, en pleine crise économique. Certains ont en effet récemment réduit les salaires de leur Fonction publique pour réduire leur déficit.
Une fois saisie, la Cour de Luxembourg met en moyenne 16 mois pour rendre une décision. En attendant, les fonctionnaires obtiendront seulement la hausse réduite à 1,85%.
En 1972 déjà, la Cour avait tranché une affaire identique en faveur des fonctionnaires européens. "Les chances sont grandes pour que le recours passe", a souligné mercredi Günther Lorenz, un représentant syndical des fonctionnaires du Conseil qui ont observé deux arrêts de travail en décembre. Au Parlement européen, un front syndical de six organisations va maintenant demander au président de l'institution Jerzy Buzek de s'associer officiellement à la plainte de Bruxelles devant la Cour de justice. Dans le cas contraire, les syndicats du Parlement mèneront "une protestation de masse", lundi, devant la salle où aura lieu l'audition de la nouvelle diplomate en chef de l'UE Catherine Ashton.
Barroso gagne 304.000 euros nets par an

L'affaire est délicate pour Bruxelles qui n'hésite pas à jouer le rôle de la gardienne du temple puisque les commissaires européens et la soixantaine de juges de la Cour européenne de justice -les fonctionnaires les mieux payés de l'UE avec des salaires mensuels de base d'environ 17.000 euros- sont directement concernés par la revalorisation salariale. En bas de l'échelle, les salaires débutent à 2.550 euros mensuels bruts au sein des institutions. Il faut y ajouter diverses allocations dont une prime d'expatriation, puis déduire des cotisations sociales, un impôt sur le revenu payé au budget de l'UE et un prélèvement spécial de crise.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le nouveau président du Conseil européen Herman Van Rompuy naviguent dans les hautes sphères et bénéficient chacun d'un salaire de 304.000 euros nets par an (hors indemnités de résidence et de représentation). Selon le centre de réflexion eurosceptique britannique "Open Europe", c'est plus qu'aucun autre dirigeant du monde occidental, le président des Etats-Unis Barack Obama compris.
L'exécutif européen avait été déjà critiqué l'année dernière à propos du système de rémunération de ses commissaires qui leur octroie une indemnité de jusqu'à 65% de leur salaire pendant les trois ans suivant leur départ.
L'argument avancé est de faciliter leur "réinsertion professionnelle", puisque certains postes dans le privé leur sont fermés pour éviter des conflits d'intérêt. Comme si le pantouflage n'était pas une pratique en vogue à Bruxelles.

Rocard veut une taxe carbone européenne

Alors que le Conseil constitutionnel vient de censurer la taxe carbone, le président de la conférence sur la taxe carbone se prononce pour la suppression du système de marché de quotas européens de CO2.
Le président de la conférence sur la taxe carbone, Michel Rocard, souhaite la suppression du système de marché de quotas européens et son remplacement par une taxe carbone européenne.
Dans un entretien aux Echos du mercredi 6 janvier, l'ancien Premier ministre considère qu'il est "impossible de régler le problème soulevé par le Conseil constitutionnel sur la taxe carbone et sa cohabitation avec le système des quotas dans un délai aussi court, sans courir le risque d'être censuré une seconde fois". Il préconise "un report après les élections régionales du débat parlementaire sur le texte juridique".
La non-reconduction des quotas

"Mon avis de citoyen, dans le contexte de l'échec des négociations de Copenhague, est qu'il faut en profiter pour supprimer le système de marché de quotas européen et le remplacer par une taxe carbone générale appliquée à l'ensemble des pays européens", poursuit Michel Rocard. Il indique que l'absence de nouveau protocole mondial fait que le marché de quotas au niveau mondial n'est pas reconduit formellement après la première période d'engagement du protocole de Kyoto qui prend fin en 2012. Il remarque également que, dans sa décision, "le Conseil constitutionnel a considéré comme nul et non avenu le principe même du marché de quotas de CO2".
13 euros actuellement

Le remplacement des quotas par une taxe "règlerait d'un seul coup l'ensemble des problèmes d'équité fiscale qui pourraient se poser à l'intérieur des pays européens", selon Michel Rocard. "Cela donnerait de la prévisibilité aux acteurs économiques, alors que le marché est aujourd'hui très spéculatif", dit-il. La tonne de CO2, qui se négociait à 17 euros sur le marché l'été dernier, a chuté ensuite à 9 euros avant de remonter à 13 actuellement.
"La présidence suédoise (de l'UE, ndlr) a d'ailleurs fait cette proposition de taxe carbone générale à l'Union européenne". A l'Espagne, nouveau président de l'UE d'en reprendre le flambeau.

mercredi 6 janvier 2010

Sarkozy, consensuel, fait la promotion de son action

Nicolas Sarkozy dialogue de longues minutes avec des délégués CFDT, glisse un œil dans un bureau paysager : "Vous êtes bien, là !". Et se rassure : "je suis content de voir qu'il y a une bonne ambiance". Après ses vœux télévisés du 31 décembre, le chef de l'Etat a poursuivi sur le registre du président-rassembleur, mercredi 6 janvier, au cours de sa visite de l'usine Thales à Cholet (Maine-et-Loire) et lors de la présentation des vœux aux forces économiques.

Celui qui est accusé par ses détracteurs de diviser les Français a souhaité un débat avec "moins d'injures". Pas d'attaque contre les journalistes, qui se pressent devant lui et l'empêchent un instant de parler aux salariés : "ils font leur travail eux-aussi". Le président a choisi de s'exprimer sans monter sur un piédestal, ni être flanqué de figurants de la même taille que lui.

Il faut apparaître naturel, proche des Français, même si le parcours présidentiel reste hautement sécurisé. "Il faut bien qu'on innove un peu, sinon on s'ennuierait", concède un de ses conseillers. La ministre des finances, Christine Lagarde profite de la visite pour papoter avec son ancien conseiller passé à l'Elysée. Elle laisse les jeunes ministres s'afficher aux côtés du président, qui dans ses discours, n'oublie de citer personne.

"À VOUS DE JUGER"

M. Sarkozy visite la chaîne de montage des téléphones ultra-sécurisés qui équiperont, en 2010, 20 000 responsables militaires et gouvernementaux français. Secret défense, la presse n'est pas conviée. Le président, qui utilise un Nokia, a-t-il vu son futur téléphone ? "Oui, c'est pour la fin de l'année, ils sont beaux", confie-t-il.

Pas d'annonce nouvelle, ou si peu. A quelques mois des élections régionale, son long discours - prononcé après sa visite d'usine - a été un long plaidoyer en faveur de son action passée. "En 2009, vous avez vu les polémiques. Vous avez maintenant les résultats, c'est à vous de juger", a déclaré M. Sarkozy, qui s'en est pris au "mal français : le malthusianisme" : les 35 heures mais aussi la décroissance. "Cette idéologie ne produit de durable que la pauvreté", a-t-il asséné.

L'objectif, c'est de conserver en France des entreprises à forte valeur ajoutée, comme Thales. Mais il est bien obligé, alors que la société prévoit de produire aussi à Singapour, d'avoir un mot pour fustiger les parités entre devises, qui rendent nécessaire de s'implanter en zone dollar pour ne pas perdre des parts de marché.

Comme lors de ses vœux télévisés, où il avait rendu hommage à la fois aux syndicats et aux chefs d'entreprise, il a appelé au rassemblement, et appelé à cesser d'"opposer l'intérêt des entreprises et l'intérêt des salariés".

RÉDUIRE LA DÉPENSE PUBLIQUE

Le chef de l'Etat en a profité pour défendre son action : suppression de la taxe professionnelle, crédit d'impôt recherche, prime à la casse automobile, plan de relance, et non augmentation des impôts. M. Sarkozy a également assuré que la seule solution pour réduire les déficits est de faire maigrir l'Etat. "La dépense publique représente plus de la moitié de notre richesse nationale, soit 10 points de PIB de plus que chez nos amis allemands". Et il affirme, à l'approche des élections régionales, que "depuis 30 ans, les effectifs de l'Etat ont augmenté de 14 %, ceux des collectivités locales de 74 %".

En 2010, la France aura 1 % de croissance. "Cela voudra dire que la récession sera terminée ", a expliqué M. Sarkozy, qui a noté que le pouvoir d'achat n'avait cessé d'augmenter depuis la crise. "Ce n'est pas moi qui le dit, c'est les statistiques", a-t-il affirmé, trouvant soudain les chiffres dignes de foi. "Notre pays va dans la bonne direction", a-t-il assuré, en prédisant : "Bientôt, notre pays recueillera les fruits de ses efforts".
Arnaud Leparmentier

Sarkozy veut protéger les commerçants et artisans en cas de faillite

Nicolas Sarkozy a indiqué qu'un projet de loi visant à protéger artisans et commerçants contre la saisie de leurs biens privés en cas de faillite serait présenté en février, lors de son discours de vœux au monde économique, mercredi 6 janvier, à Cholet (Maine-et-Loire).

Il s'agit, a expliqué le chef de l'Etat, de "réparer" ce qu'il a qualifié d'"injustice extraordinaire" : "que les grandes entreprises soient protégées" et que "les artisans et commerçants dont on a tellement besoin dans le tissu économique du pays" puissent être "ruinés" quand ils ont "un retour de fortune".
"Quand les grandes entreprises font faillite, les dirigeants ne sont poursuivis que sur les biens de l'entreprise" ; "quand il arrive un problème à un artisan ou un commerçant", on vient le chercher "sur ses biens personnels", s'est exclamé le chef de l'Etat. En février, ses ministres Hervé Novelli (commerce-artisanat) et Christine Lagarde (économie) défendront un texte "au terme duquel désormais les artisans et commerçants seront protégés sur leur patrimoine personnel s'ils ont des difficultés".

"NOUS DEVONS DÉPENSER MOINS ET MIEUX"

Par ailleurs, la président a affirmé que la diminution de la dépense publique constituait la seule solution envisageable pour réduire les déficits, rejetant de nouveau toute hausse des impôts. "Nous devons dépenser moins et mieux (...). Il n'y a pas le choix", a martelé le président, affirmant que la dépense publique représentait actuellement "la moitié" de la richesse produite en France en un an. La dette publique en France devrait encore se creuser en 2010 à 84 % du produit intérieur brut (PIB). Le déficit public (Etat, collectivités, comptes sociaux) devrait, lui, atteindre 8,5 % du PIB.

Toujours selon le président, le plan de soutien au secteur bancaire durant la crise financière a par ailleurs rapporté deux milliards d'euros à l'Etat en 2009. En octobre 2008, le gouvernement avait créé la Société de financement de l'économie française (SFEF) pour permettre aux banques de se refinancer à moindre coût sur les marchés grâce à la garantie de l'Etat, ce qui leur devenait difficile en raison de la crise financière internationale. En échange de sa garantie, l'Etat français a perçu 1,3 milliard d'euros de commissions.

Parallèlement, l'Etat avait apporté des capitaux aux banques françaises pour les consolider dans la crise et a perçu 713 millions d'euros d'intérêts lorsque ces banques ont remboursé ces sommes fin 2009. Grâce à ces dispositifs mis en œuvre par le gouvernement, "aucun Français n'a perdu son épargne" et "aucun établissement financier n'a fait faillite", a souligné Nicolas Sarkozy.

Enfin, au sujet de la censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, le président a estimé devoir "trouver un équilibre", en confirmant que "la taxe carbone s'appliquera au 1er juillet". Il a réaffirmé sa volonté d'imposer une "taxe carbone" aux frontières de l'Union européenne pour éviter "d'ajouter le dumping environnemental au dumping social".

Le fils de Laurent Fabius en garde à vue à Paris

Thomas Fabius est visé par plusieurs plaintes pour «abus de confiance» et «escroquerie»...
Le fils d’un ancien Premier ministre en garde à vue. Thomas Fabius, 27 ans, fils de Laurent Fabius et de la productrice de télévision Françoise Castro, a été placé en garde à vue mercredi matin à la Brigade de répression de la délinquance astucieuse (BRDA). Cette audition sous le régime de la garde à vue est susceptible de durer 48 heures.

Le fils de l'ancien Premier ministre socialiste, chef d'entreprise, est visé depuis septembre 2009 par plusieurs plaintes pour «abus de confiance» et «escroquerie» déposées par deux chefs d'entreprises.

Escroquerie présumée

Les deux plaignants, un temps en affaires avec Thomas Fabius dans un projet de cartes à puces, auraient déposé à plusieurs reprises au restaurant Le Fouquet's (VIIIe arrondissement) des sommes en espèces de plusieurs milliers d'euros qui lui étaient destinées. L'avocat de Thomas Fabius, Me Cyril Bonan, n'a pas souhaité faire de commentaire pour le moment.

Thomas Fabius dirige la société People and Baby, qui propose des crèches clés en main aux entreprises et zones industrielles. Ancien directeur d'hôtel, il a également été chroniqueur dans l'émission de TF1 Langues de VIP et possède une société de production de longs-métrages.

Quelques événements du 6 JANVIER

6 janvier
Fête de l'Epiphanie. On a nommé cette fête la fête des Rois, dans la prévention généralement établie que les mages étaient des rois. Ces trois mages s'appelaient Balthasar, Gaspard et Melchior. Cette fête ne se célébrait autrefois qu'après avoir été précédée d'une veille et d'un jeûne très sévère. Il paraît surprenant, qu'à une coutume si pieuse, on ait substitué plus tard une solennité bien opposée à l'abstinence et à la mortification.
Les Romains faisaient à la fin de décembre, ce que nous avons transporté au mois de janvier, à l'occasion de la fête des Rois ; ils tiraient au sort avec des fèves à qui serait roi. Cet usage tirait son origine de ce que, chez les Grecs, on en usait pour l'élection des magistrats, d'où est venu ce précepte de Pythagore, a fabis abstine : « Ne vous mêlez point du gouvernement. » Cet usage, qui d'abord n'avait lieu qu'au mois de décembre, s'étendit ensuite à tous les autres mois de l'année. Anciennement, dit Plutarque, on créait un chef, un législateur, un roi de la table dans les repas les plus sages ; il se faisait de deux manières, ou par le sort du dé, ou par le choix des convives.
On raconte qu'en 1684, le roi Louis XIV décida de fêter le jour des rois avec tous ses courtisans. On avait installé cinq tables, une pour les princes et quatre pour les dames et, bien entendu, autant de galettes. Il y eut à chaque table un roi et une reine qui devaient à leur tour nommer des ministres, des officiers, des ambassadeurs... D'une table à l'autre on s'amusait follement à se demander protection, à se proposer des alliances et aussi à se déclarer la guerre. Ce jour-là Louis XIV ne fut pas le roi, et recevoir des ordres l'amusa tant qu'il décida de recommencer la fête l'année suivante.

6 janvier 1535
Fondation de Lima par Pizare. La future capitale du Pérou, située à l'embouchure du fleuve Rimac, s'appellera d'abord Ciudad de los Reyes.

6 janvier 1649
Louis XIV est obligé de s'enfuir de Paris. C'était au temps des troubles de la Fronde ; Louis XIV n'était pas encore majeur ; la reine ne pouvait paraître en public sans être outragée ; on ne l'appelait que Dame Anne, et si l'on ajoutait quelque titre, c'était un opprobe. Madame de Motteville dit, dans ses mémoires avec sa noble et sincère naïveté, « que ces insolences faisaient horreur à la reine, et que les Parisiens trompés lui faisaient pitié ». Elle s'enfuit de Paris avec ses enfants, son ministre, le duc d'Orléans, frère de Louis XIII, le grand Condé;, et alla à Saint-Germain, ou presque toute la cour coucha sur la paille. On fut obligé de mettre en gage, chez les usuriers, les pierreries de la couronne. Le roi manqua souvent du nécessaire ; les pages de sa chambre furent congédiés, parce qu'on n'avait pas de quoi les nourrir. En ce temps-là même, la tante de Louis XIV, fille de Henri le Grand, femme du roi d'Angleterre, réfugiée à Paris, y était réduite aux extrémités de la pauvreté ; et sa fille, depuis mariée au frère de Louis XIV, restait au lit, n'ayant pas de quoi se chauffer, sans que le peuple de Paris, enivré de ses fureurs, fit seulement attention aux afflictions de tant de personnes royales. Le calme fut rétabli le 11 mars suivant.

6 janvier 1740
Etrange punition infligée au prince Galitzin, pour avoir changé de religion. En Russie, la tolérance religieuse n'existait pas encore, et lorsque Galitzin devint catholique, il fut condamné à être le bouffon de la cour, puis l'impératrice décida de le marier à une fille du peuple et d'organiser elle-même les noces. Comme cet hiver de 1740 était l'un des plus rigoureux dont on se souvienne, elle fit construire un palais de glace où tous les meubles, et même le lit matrimonial, étaient en glace. Après la cérémonie du mariage, le cortège traversa les principales rues de la ville : en premier apparaissaient les deux époux enfermés dans une cage placée au sommet d'un éléphant, puis venaient les invités dans des traîneaux tirés par des chiens, des boucs et même des cochons. Les mariès furent conduits dans leur palais de glace, couchés dans leur lit de glace, et des sentinelles placées à la porte les empêchèrent d'en sortir avant le jour.

6 janvier 1761
Un nommé Lachaux, garde du roi, étant de service et en habit uniforme, a mis à exécution, dans le château de Versailles, le roi soupant à son grand couvert, le détestable projet de faire croire qu'il avait été assassiné par des gens qui en voulaient à Sa Majesté. Il s'était, en effet, retiré dans un escalier, où après avoir éteint sa lumière qui l'éclairait, et avoir cassé son épée, il s'était porté à lui-même, en différentes parties de son corps, des coups d'un couteau qu'il avait fait aiguiser par un coutelier de Versailles, et dont il fut légèrement blessé, quoique ses vêtements se trouvassent considérablement coupés de toutes parts ; en cet état, il était couché par terre, avait appelé à son secours, et faussement dit à deux agrdes du corps qu'il avait été assassiné, ajoutant qu'il fallait avertir la garde de veiller à la sûreté du roi, et que les malheureux qui l'avaient assassiné en voulaient à la personne de Sa Majesté. Il avait encore faussement déclaré à plusieurs reprises, avoir été assassiné par deux particuliers, qu'il supposait être vêtus, l'un en ecclésiastique, et l'autre en habit vert. Il persista durant plusieurs jours, tant verbalement que par écrit, dans son imposture ; mais enfin, quand elle eût été pleinement constatée, cet insensé fut livré au supplice.

6 janvier 1800
Un règlement du tsar de Russie, Paul Ier, ordonne que, sur le passage du souverain, les hommes descendent de voiture et que les dames restent debout devant la portière.

6 janvier 1808
François II, empereur d'Autriche, petit-fils de la grande Marie-Thérèse et neveu de Marie-Antoinette, épouse ce jour l'archiduchesse d'Autriche-Este. Ce sont là ses troisièmes noces. Son premier mariage avec Elisabeth de Wurtemberg, en 1788, avait eu lieu également un 6 janvier. Sa seconde femme lui avait donné, entre autres enfants, la future impératrice des Français, Marie-Louise. Après avoir épuisé trois épouses, François II convolera de nouveau en 1816... Pour maintenir une flamme qui risquait de s'éteindre, il exigeait que ses épouses lui adressent au cours de la journée des lettres érotiques...

6 janvier 1838Première démonstration publique du télégraphe par Samuel Morse à Morristown, aux U.S.A.

Steve Jobs, meilleur patron du monde

Le dirigeant d'Apple est, selon la "Harvard Business Review", le patron le plus performant au monde. Le premier Français, Antoine Zacharias, ex-patron de Vinci, n'est qu'à la 32e place du classement.
Les salariés d'Apple ont le meilleur patron au monde. C'est du moins la place qu'accorde à Steve Jobs la "Harvard Business Review" dans son classement des 200 dirigeants les plus performants de la planète. Pas forcément le mieux payé, le PDG d'Apple est en tête de ce classement grâce aux très bonnes performances de l'entreprise à la pomme depuis qu'il la dirige. Les critères retenus par le "top 200" de la "Harvard Business Review" sont en effet le taux de rentabilité de l'action et les performances boursières de chaque entreprise. Les 150 milliards de dollars gagnés par Apple en capitalisation boursière depuis l'arrivée de Steve Jobs en 1997 lui valent donc la plus haute place sur le podium.

Derrière lui, les dirigeants de firmes high-tech figurent en très bonne position. Ils sont en effet six parmi les dix premiers. En deuxième place figure Yun Jong-Yong, PDG de Samsung et premier non-Américain du classement. Suivi de John Chambers, de Cisco (4e), Jeff Bezos (Amazon, 7e) Meg Whitman (ex-eBay, 8e) et Eric Schmidt (Google, 9e). Dans l'ensemble du classement, pourtant, les PDG d'entreprise high-tech ne sont pas sur-représentés par rapport aux dirigeants de l'industrie automobile et des médias, même si ces derniers forment la queue du peloton. Le premier PDG issu du monde de l'auto est le dirigeant de Hyundai, Chung Mong-Koo, qui n'arrive que 29e.
Une seule femme dans le top 100

Le fait d'être un patron star ne compte en rien dans ce classement, souligne la "Harvard Business Review". Certains d'entre eux n'y ont même pas été retenus en raison des moindres performances de leur entreprise. Ainsi, Carlos Ghosn (Renault-Nissan), Sergio Marchionne (Fiat) ou John Mack (Morgan Stanley) font figure de célèbres absents. Relativement absentes aussi, les femmes, qui ne comptent que pour 1,5% des 2.000 PDG retenus pour établir ce palmarès. Meg Whitman, ancienne patronne d'eBay, est la première et unique dirigeante du top 100.

Les Français se comptent aussi sur les doigts d'une main : quatre seulement figurent dans ce top 100. Le premier d'entre eux, Antoine Zacharias, est classé 32e. L'ancien patron de Vinci, qui a beaucoup fait parler de ses parachutes dorés en 2006, est ainsi récompensé des 16 milliards de dollars de capitalisation boursière gagnés par le groupe pendant qu'il était en poste. L'ex- patron de Total, Thierry Desmarest, est le deuxième tricolore du classement avec la 40e place devant Thierry Breton (ex-France Télécom, 62e) et Franck Riboud (Danone, 99e).

mardi 5 janvier 2010

Les huîtres ne seront plus testées par des souris

Le très controversé "test de la souris" sera remplacé, en France, par un examen chimique, que réclament depuis longtemps les ostréiculteurs.
Le ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la pêche a confirmé ce samedi l'abandon du test souris, très contesté par les ostréiculteurs, et son remplacement par le test chimique.

"Ce changement de méthode" qui décide de l'interdiction ou non de la vente des huîtres est "opérationnel sur l'ensemble du territoire national, dès le 1er janvier 2010", a indiqué le ministère.

Vendredi soir, Olivier Laban, président de la section régionale conchylicole d'Arcachon avait lui-même annoncé avoir été informé la veille, par courrier, de cette modification.

Il s'était félicité de cette nouvelle, soulignant que c'était une demande de longue date. Les professionnels ont toujours dénoncé ces tests, estimant qu'ils provoquaient des résultats positifs même en cas d'absence de toxine.

"C'est le test chimique qui décidera désormais des ouvertures ou fermetures de bassin, mais le test souris est maintenu comme dispositif de vigilance" vis-à-vis des toxines inconnues ou émergentes, a-t-on précisé au ministère de la Pêche.

Le changement de procédure en faveur du test chimique a été validé à la mi-septembre par l'ensemble des autorités sanitaires européennes.

Le changement dans la réglementation européenne - aujourd'hui seul le test souris est reconnu par Bruxelles - sera adopté "dans les prochaines semaines", a-t-on encore affirmé de même source, soulignant que la France souhaite que "les choses aillent vite".

Pour les professionnels, la confirmation du ministère n'est pas une surprise. Ces derniers mois, Bruno Le Maire, le ministre de la Pêche, s'était engagé à faire entrer le test chimique en application par anticipation dès le début de l'année 2010.

Le premier test chimique devrait entrer en application sur le bassin d'Arcachon lors des prochains prélèvements prévus le 18 janvier.

Les "tests de la souris" consistent à injecter des extraits d'huîtres à des souris pour déceler la présence éventuelle de micro-algues toxiques pour l'homme. Si deux souris sur trois meurent dans les 24 heures, les coquillages sont interdits à la vente.

Depuis 2004, le test souris a régulièrement conduit à des interdictions de vente des huîtres du bassin d'Arcachon, provoquant la colère des ostréiculteurs.

La France, premier producteur européen d'huîtres, compte 15 000 à 20 000 ostréiculteurs.

Nicolas Sarkozy se rendra à Davos

Ce sera une première : un président de la République française à Davos. Nicolas Sarkozy se rendra le 27 janvier dans la station helvétique pour prononcer le discours inaugural du Forum économique mondial, qui rassemble le gratin économico-politique de la planète.

"Le président de la République prononcera un discours fort sur les dérives du capitalisme", indique Franck Louvrier, conseiller en communication de l'Elysée. M. Sarkozy, qui ne s'est jamais rendu à Davos, estime qu'il a suffisamment fustigé dans ses discours le capitalisme pour ne pas être compromis par un tel déplacement, habituellement boudé par les présidents français.
Le sujet du Forum, qui se tiendra du 27 au 31 janvier, s'intitule "améliorer l'état du monde : repenser, redessiner, reconstruire".
Arnaud Leparmentier

M. Sarkozy exclut de donner le droit de vote aux étrangers

Pour clore le débat sur l'identité nationale, Nicolas Sarkozy rêve de prendre la gauche à contre-pied, comme il l'avait fait en 2003 en supprimant la double peine (l'expulsion des étrangers après une peine de prison), alors qu'il était ministre de l'intérieur. Mais il n'existe pas foule de mesures pour réserver des "surprises", comme l'a annoncé à ses proches le président de la République.
Dans son livre Pour la nation qui parait mercredi 6 janvier (Grasset, 128 p., 9 euros) Eric Besson relance l'idée d'introduire le droit de vote des immigrés aux élections municipales, une idée à laquelle M. Sarkozy s'était déclaré favorable en 2005. Le ministre de l'immigration et l'identité nationale propose de réserver ce droit "aux ressortissants des pays qui furent colonisés par la France, qui sont des pays francophones, qui ont appartenu à notre République, et qui sont aussi ceux qui entretiennent avec elle les liens les plus profonds et anciens".

Cette proposition, même limitée, n'a aucune chance d'aboutir dans un futur proche. Non qu'elle soit inconstitutionnelle : depuis le traité de Maastricht, ce droit a été ouvert aux citoyens de l'Union européenne. Mais il faudrait réunir une majorité des deux tiers pour adopter une telle réforme constitutionnelle. Les proches de M. Sarkozy jugent peu probable que la gauche soutienne un tel projet proposé par la droite, comme elle l'avait fait pour la légalisation de l'avortement en 1975.

Surtout, l'UMP reste majoritairement hostile à une telle mesure. Pour cette raison, M.Sarkozy avait renoncé en 2007 à la proposer. Il ne compte pas y revenir. "Le droit de vote des étrangers n'est pas dans le programme de la présidentielle de 2007. Le sujet n'est pas d'actualité et ne sera pas évoqué dans les semaines ou les mois à venir", déclare Franck Louvrier, conseiller en communication. "Une telle décision aussi symbolique exige une adhésion large, renchérit un conseiller de l'Elysée. Elle ne peut se prendre qu'après un débat national ou une campagne présidentielle. Le sujet mérite d'être mûri."

L'Elysée affirme laisser M.Besson gamberger sur la série de mesures. M. Sarkozy a prévu de rendre ses arbitrages lors d'une réunion interministérielle fin janvier et fera ses propositions début février, sans doute le 4. Pour l'instant, l'arsenal exploré par M.Besson est un mélange de mesures censées tenir l'équilibre entre rappels aux devoirs des étrangers et mesures d'accueil plus ouvertes.

Lors du lancement du débat, en octobre, le ministre a proposé de faire chanter La Marseillaise aux jeunes Français au moins une fois par an. L'enseignement de l'hymne national est déjà inscrit dans les programmes scolaires.

Il a aussi suggéré d'instaurer, sur la base du volontariat, un parrainage républicain destiné aux étrangers arrivant en France pour y séjourner, et de mettre en place un "contrat d'intégration républicaine". Il s'agirait de renforcer le contrat d'accueil et d'intégration créé en 2003, qui n'exige pour l'heure qu'un niveau minimal de connaissance du français.

M. Besson a aussi retenu deux suggestions qui ont émergé des 50 000 contributions reçues sur le site debatidentitenationale. fr: faire chanter La Marseillaise lors des rencontres de première division des championnats de France des principaux sports; solenniser par un serment citoyen l'accession des étrangers à la citoyenneté et des Français à l'âge de la majorité.

M. Sarkozy a indiqué lundi 4 janvier aux dirigeants de l'UMP qu'il n'était pas question d'interrompre le débat. Il leur a demandé de réfléchir à des propositions. "Les pistes sont maigres", concède un proche du président.
Arnaud Leparmentier et Laetitia Van Eeckhout

Un parking pour femmes avec des places de stationnement... plus larges

Un parking réservé à l'usage exclusif des femmes a ouvert en fin d'année dans la province chinoise du Hebei (Nord). Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il ne s'agit pas de répondre à la demande de femmes s'inquiétant de l'insécurité dans certains lieux souterrains de stationnement. Non, le but de ce parking est de faciliter les manœuvres automobiles aux femmes en leur proposant des emplacements plus larges et une signalisation plus voyante.
Pour Wang Zheng, un responsable du centre commercial de Wanxiang Tiancheng dans la ville de Shijiazhuang, ce nouveau parking a été conçu pour "répondre à la perception forte de la couleur chez les femmes et à leur appréciation différente de la distance". "Les places sont plus larges d'un mètre par rapport à la moyenne", a précisé M. Wang, ajoutant que les panneaux de signalisation plus colorés du nouveau parking "correspondent mieux aux besoins des femmes".

En août, la mairie de Séoul en Corée du Sud avait annoncé une initiative similaire, qui doit voir le jour courant 2010, indique le Huffington Post. Près de 5 000 places de stationnement de la ville, situées à proximité des centres commerciaux, seront peintes en rose. Elles seront ainsi réservées à la clientèle féminine, laquelle, juchée sur de hauts talons, n'aura plus à souffrir de trop longues distances pour se rendre dans ses magasins favoris ou sur son lieu de travail. L'initiative fait partie d'un projet plus global pour rendre la capitale sud-coréenne plus accessible aux femmes.

REGARDEZ - Julien Dray flingue tous azimuts ses camarades du PS

Julien Dray n'en finit plus de régler ses comptes avec ses camarades socialistes, qui, estime-t-il, l'ont lâché. Le dernier acte ? Une vidéo enregistrée le 28 décembre 2009 et publiée lundi à l'occasion du lancement du site de son ami Nasser Ferradj, conseiller municipal à Noisy-le-Sec . Une nouvelle preuve que, malgré la fin de ses ennuis judiciaires le 17 décembre dernier , la rancoeur est toujours là. "C'est une épreuve qui ne laisse pas indemne", confie-t-il. Alors, il flingue. Ses ex-camarades du PS ? "Ils ont tous des trajectoires individuelles et ils ont tous rompu avec moi sur des problèmes individuels, des problèmes d'enfant gâté." Il vise ainsi Harlem Désir, actuellement à la direction du PS et qui fut cofondateur avec lui de SOS Racisme. Son "problème d'enfant gâté" était de vouloir devenir secrétaire national du PS à l'Europe. Et de ne pas y parvenir, raconte le député de l'Essonne. Julien Dray assène : "Alors, il est devenu le porte-flingue de Delanoë, tu parles d'une trajectoire... Mais bon, ça ne me surprend pas, il a toujours été rigide"...

Il parle aussi de Laurence Rossignol, membre de l'actuelle direction, qui pour un portefeuille de secrétaire nationale qui lui était refusé en 2003 a fait à Dray "un caca nerveux". Bilan, dit-il, elle est devenue "apparatchik sur les questions d'environnement".

Robert Hue "remarquable"

Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg en prend aussi pour son grade, lui qui "s'est comporté de manière honteuse" à l'égard et de l'avis de Julien Dray. Qui menace : "Un jour ou l'autre, on se retrouvera. Qui crache en l'air finit toujours par avoir le crachat qui lui retombe dessus." Quant à Jean-Christophe Cambadélis, artisan de l'accession de Martine Aubry au poste de première secrétaire, "il ne s'est pas bien comporté". Mais Dray prédit : "Un jour ou l'autre, il sera rattrapé par tout ça." Il est vrai que Jean-Christophe Cambadélis fut aussi embourbé dans de douteuses affaires (il fut condamné à six mois de prison avec sursis dans l'affaire de la Mnef).

Il y en a tout de même qui trouvent grâce aux yeux de Julien Dray. Manuel Valls et Vincent Peillon sont "des dirigeants de valeur", qui ont été "courageux" dans cette affaire. Le mieux loti reste cependant l'ex-numéro un du PCF, Robert Hue : "Il a été remarquable, d'une humanité extrême." D'ailleurs, il dit "se sentir plus proche de Robert Hue que de l'actuelle direction du PS". Ce qui ne va pas être simple à expliquer aux électeurs qu'il va rencontrer pendant la campagne des régionales, candidat PS en Essonne qu'il est...

Pour 2010, le gouvernement souhaite à Sarkozy de "l'énergie"

Emmené par son chef François Fillon, le gouvernement au grand complet a, comme le veut la tradition, fait mardi les quelques foulées qui séparent la place Beauvau de l'Élysée pour présenter ses voeux de "bonne santé" à Nicolas Sarkozy et lui souhaiter de "l'énergie". Encerclé par la presse, le Premier ministre a indiqué qu'il allait souhaiter à Nicolas Sarkozy, à l'occasion du premier Conseil des ministres de 2010, "une bonne année, une bonne santé et beaucoup d'énergie".

Quant aux ministres et secrétaires d'État qui se serraient autour du chef du gouvernement marchant à grands pas, ils n'ont pas été très bavards. Seul le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui a régalé ses collègues juste avant, a fait un peu d'humour en indiquant qu'il leur avait offert "un petit déjeuner complet". Comme le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, victime d'une chute de scooter, le secrétaire d'État à l'Emploi Laurent Wauquiez arborait, à la droite de François Fillon, un bras en écharpe. Il n'a pas voulu dire quelle en était la cause. Le gouvernement a été accueilli dans la cour de l'Élysée, toujours encombrée de son sapin de Noël, au son de la musique de la Garde républicaine. Tous les ministres se sont rapidement engouffrés dans le hall, à l'exception de Christine Lagarde (Économie) qui a salué par quelques applaudissements et un grand sourire la fin de la mélodie.

Pour sa première réunion de l'année, le Conseil des ministres examine notamment mardi matin un projet de loi autorisant l'approbation de la convention sur le transfèrement des personnes condamnées entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République dominicaine.

lundi 4 janvier 2010

DANS LA SAGA HALLYDAY JE DEMANDE.....LA FILLE

Laura Smet fait une tentative de suicide
Après avoir précisé ce week-end dans une lettre au JDD qu'elle aimait et admirait son père, la fille de Johnny Hallyday a tenté de mettre fin à ses jours. Elle est tirée d'affaire.

Laura Smet a été admise ce lundi à l'hôpital du Val-de-Grâce, après une tentative de suicide à l'église Saint-Germain-des-Prés. Elle aurait ingéré un cocktail d'alcool et de médicaments, mais son état n'inspirerait désormais plus aucune inquiétude.

La fille de Johnny Hallyday avait, ce week-end, tenu à "faire une mise au point" dans une lettre envoyée au Journal du Dimanche, où elle s'indignait d'avoir "lu et entendu n'importe quoi" depuis l'hospitalisation de son père à Los Angeles et précisait que, contrairement à certaines affirmations, elle n'est pas "écartelée" entre son compagnon, Julien Delajoux, et le frère de ce dernier, Stéphane, le chirurgien qui a opéré le chanteur et fait aujourd'hui l'objet d'une expertise judiciaire. Elle rappelait ainsi que Johnny Hallyday "connaissait le Docteur Stéphane Delajoux" avant qu'elle rencontre son frère Julien.

Comme le révélait Renaud Revel sur son blog dès la mi-décembre, le JDD a confirmé, dans l'article accompagnant la lettre de Laura Smet, que son frère David s'est lui aussi emporté contre ces gens qui "ont parlé à tort et à travers, sans savoir ni rien respecter", n'hésitant pas à "faire sortir de la chambre d'hôpital paternelle 'ceux qui n'avaient rien à y faire'".
PAUVRE ENFANT FRAGILE DONT LE SUCCÈS MONTE À LA TÊTE !

Six mois de manifestations et de répression

* Juin 2009
Le 12, élection présidentielle. Le 13, Mahmoud Ahmadinejad se dit vainqueur avec 63 % des voix. Mir Hossein Moussavi, appuyé par les réformateurs, et Mehdi Karoubi, autre candidat réformateur, dénoncent une "fraude". Début des manifestations massives hostiles au pouvoir qui font 36 morts, selon les autorités, 72 selon l'opposition. 4 000 personnes arrêtées. Le 19, le Guide suprême, Ali Khamenei, confirme la victoire de M.Ahmadinejad qu'il appuie sans réserve. Le 20, la jeune Neda Agha-Soltan, tuée par balle en marge des manifestations, devient le symbole de la contestation.
* Août
Le 1er, ouverture du procès d'une centaine de manifestants devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran. La chercheuse française, Clotilde Reiss, arrêtée le 1er juillet, est jugée à Téhéran pour avoir participé à des manifestations. Elle est assignée à résidence à l'ambassade de France, en attendant son jugement.
* Septembre
Le 8, arrestation de collaborateurs de MM. Moussavi et Karoubi. Dix jours après, manifestations à Téhéran : l'ex-président réformateur, Mohammad Khatami, est agressé par des nervis du régime. Des manifestants, battus et arrêtés.
* Novembre
Pour l'anniversaire de la prise de l'ambassade américaine en 1979, le 4, l'opposition "vampirise" les manifestations officielles et crie "mort au dictateur".
* Décembre
Le 7, l'opposition manifeste lors de la Journée des étudiants. Nombreuses arrestations. Le 8, le pouvoir lance un avertissement à M. Moussavi. Interdiction du journal réformateur Hayat e No.
Le 13, Ali Khamenei lance une mise en garde sévère aux dirigeants de l'opposition. Le grand ayatollah dissident Hossein-Ali Montazeri meurt le 19. Ses funérailles rassemblent des dizaines de milliers de personnes et se transforment en manifestation antigouvernementale.
Le 27, jour de la fête religieuse de l'Achoura, de violentes manifestations ont lieu à Téhéran et dans d'autres villes. Les forces de l'ordre tirent sur la foule. On compte huit morts (officiels) dont un neveu de M. Moussavi. Les manifestants attaquent les miliciens bassidjis.
Les jours suivants, des arrestations de proches de MM. Khatami et Moussavi se poursuivent.

Ceux qui défient le pouvoir en Iran

Le 12 juin 2009, l'Iran s'est rendu aux urnes pour élire son président de la République sans se douter que ce banal exercice électoral serait le coup d'envoi d'une des plus massives et sanglantes contestations qu'ait connues la République islamique en trente ans d'existence. Dans les heures qui ont suivi le scrutin, des permanences de candidats réformateurs ont été attaquées, l'Internet brouillé, Téhéran quadrillée par les forces de sécurité. Peu après, le président fondamentaliste, Mahmoud Ahmadinejad, réclamait la victoire avec un score écrasant (63 %). Les autres candidats dénoncèrent une "fraude". Ce fut le début de manifestations de masse dans le pays, réprimées par la force.
La photo de Neda, une jeune femme tuée par balles, fera le tour du monde. Ce qui n'était qu'un mouvement de contestation électorale avait trouvé son martyr, sa couleur fétiche aussi, le vert, couleur de la campagne de celui qui finira deuxième à l'élection, l'ex-premier ministre Mir Hossein Moussavi, appuyé par les réformateurs. Et lorsque le Guide suprême, Ali Khamenei, arbitre supposé de la vie politique iranienne, faisant la sourde oreille aux protestations, avalisera l'élection, le mouvement prendra un ton plus politique. Une opposition populaire, informelle et pacifique était née. Plus que des chefs, elle trouvera en M. Moussavi, mais aussi en Mehdi Karoubi (candidat réformateur malheureux, en juin) et Mohammad Khatami, l'ex-président réformateur, non des meneurs, mais des symboles de ralliement.

En six mois, 5 000 arrestations, des dizaines de morts et des procès arbitraires n'ont pas eu raison du mouvement. Pour l'Achoura, le 27 décembre 2009, la situation a dérapé: sans respecter la trêve de la fête religieuse, la police a tiré sur la foule. Des manifestants ont agressé les forces de l'ordre. Assez pour que l'ex-président Hachemi Rafsandjani, proche du mouvement vert, s'inquiète et appelle au calme, estimant que personne n'a rien à gagner par la violence.

Qui sont les personnages phares de cette opposition en marche ?

Moussavi, la figure de proue

A priori, rien ne prédisposait, à 68 ans, le tranquille technocrate Mir Hossein Moussavi, cet Azéri, devenu premier ministre de la République islamique pendant la guerre contre l'Irak (1980-1988), à prendre la tête d'un grand mouvement populaire de revendication. En fait, bien que proche du fondateur, l'ayatollah Khomeiny, et révolutionnaire de la première heure, il avait quitté la scène politique depuis plus de vingt ans. En 1989, devenu Guide suprême, Ali Khamenei, successeur de Khomeiny, avait décidé de supprimer le poste de premier ministre. Homme de sérail (il fut conseiller occulte des président Hachemi Rafsandjani et Mohammad Khatami), il se consacrera à l'art. Une passion partagée avec sa femme, Zahra, docteur en sciences politiques, elle aussi engagée dans le mouvement.

Lorsqu'il annonce sa candidature à la présidentielle, car il croit la République islamique "en danger" en dépit du soutien des réformateurs, peu croient à son succès. Mais cet homme, nationaliste irréprochable et professionnel (il géra l'économie de guerre) a gardé une réputation intègre. Son discours d'ouverture envers les jeunes et la société, pétri d'idéal et de justice, sera, malgré lui, le catalyseur des espérances d'une foule d'Iraniens privés de liberté.

On le croyait timoré, la confiance des manifestants en fera un tribun contre la fraude et l'arbitraire. La répression (il vit sous haute surveillance) révélera son courage et une rare ténacité. Il se dit prêt à aller "jusqu'au martyre" pour faire entendre la cause du mouvement populaire. Pas un leader, un "accompagnateur" : "C'est vous qui m'avez donné la force, je ne fais que vous suivre." Pour arrêter le cycle contestation-répression qui entraîne une radicalisation dangereuse de part et d'autre, le 1erjanvier, il propose un plan de sortie de crise: libération des prisonniers politiques, respect des libertés, obligation pour le gouvernement de rendre des comptes.

Karoubi, l'imprécateur

Natif du Lorestan, cet hodjatoleslam (religieux de rang intermédiaire) atypique et résolument réformateur, auquel on a pu parfois reprocher, dans le passé, un discours populiste et un goût prononcé pour la gestion de grasses fondations révolutionnaires, s'est révélé, à 72 ans, comme le représentant le plus courageux et combatif de la nouvelle opposition populaire.

Homme du sérail, lui aussi (il a été président du Parlement de 2000 à 2004), il avait mis en cause l'ingérence des miliciens islamistes à la présidentielle de 2005, gagnée par M. Ahmadinejad, dont il n'a eu de cesse de critiquer les dérives en matières de sécurité et d'économie. Populaire auprès des étudiants et des féministes, il a, juste avant la présidentielle de juin 2009, signé une pétition avec le Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi, pour demander l'arrêt des exécutions de criminels mineurs au moment des faits.

Le premier à dénoncer publiquement les tortures et les viols en prison des manifestants arrêtés, en dépit des pressions et des menaces, il a accumulé preuves et dossiers, obligeant le gouvernement à fermer un des centres de détention les plus arbitraires et sanglants, la prison de Kharizak. Il est, avec M. Moussavi, la cible de commandos de nervis à la solde des ultra-fondamentalistes. En début de semaine, sa voiture a été attaquée alors qu'il était à l'intérieur. En une autre occasion, des miliciens ont fait voler son turban. Son journal, Etemad-e Melli, a été fermé il y a quelques mois et, à présent, une procédure judiciaire est ouverte contre lui. Sa réponse à tout cela : "Je ne me tairai que mort."

Khatami, le symbole

L'ex-président de la République (1997-2005), réformateur, bien qu'apparaissant rarement en première ligne, a joué les deus ex machina de la contestation des derniers mois, faisant jouer ses réseaux et son aréopage de technocrates pour aider les candidats réformateurs. Fin lettré, ce religieux affable et habile tacticien né près de Yazd, en 1943, et qui a étudié dans les écoles coraniques de Qom, la ville sainte, avant de devenir ministre de la culture et de l'orientation islamique, a représenté une certaine ouverture au sein de la République islamique.

Sa présidence a été marquée par un regain de liberté dans la société, la presse et l'édition, et une meilleure image de l'Iran à l'extérieur. Même si les étudiants, durement réprimés pour s'être révoltés en 1999, lui ont reproché de les avoir "lâchés", tandis que certains le critiquent pour n'avoir pas eu la force de faire évoluer les institutions et de redresser l'économie. A l'extérieur, son engagement pour le dialogue des civilisations et une suspension temporaire de l'enrichissement d'uranium lui ont ouvert des portes.

Elu contre la volonté du guide Khamenei, en 1997, il est vite devenu sa "bête noire". M. Khatami avait même annoncé, en février 2009, sa candidature à la présidentielle de juin, mais son entourage a estimé que les risques étaient trop grands, et il s'est désisté pour M. Moussavi. Les menaces contre lui étaient explicites. Ainsi, le journal officiel Kayhan, dont le directeur est directement désigné par le guide, a-t-il publié, en février, un éditorial conseillant à Mohammad Khatami de"penser au sort de Benazir Bhutto au Pakistan", assassinée en campagne électorale en 2007.

Même si son nom est moins vilipendé que ceux de MM. Moussavi et Karoubi, M. Khatami est la cible principale du pouvoir fondamentaliste en pleine radicalisation qui veut, à travers lui, abattre le symbole du réformisme. Des voix, parmi les religieux extrémistes et les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique, ont réclamé son jugement et son exécution avec ses "complices", Moussavi et Karoubi.

Rafsandjani, un appui au cœur du régime

Hachemi Rafsandjani, 76 ans, ex-président de la République (1989-1997), ex-ministre de l'intérieur, ex-président du Parlement, est le Janus par excellence d'une révolution islamique à laquelle son pragmatisme, son clientélisme bien rodé et son art consommé de la volte-face politique "raisonnée" ont permis de survivre. Tous les autres fils ou presque de la révolution se sont entre-dévorés.

Passé par les séminaires religieux de Qom –il fit aussi de juteuses affaires immobilières dans la ville sainte–, l'hodjatoleslam Rafsandjani a été, dès les années 1960, un adepte de l'ayatollah Khomeiny. Il a tenté de libéraliser l'économie pour remettre le pays sur pieds après la guerre avec l'Irak (1980-1988). C'est lui qui favorisa l'arrivée au pouvoir du guide actuel, Ali Khamenei, à la mort de Khomeiny, en 1989, de façon à évincer le dauphin désigné, l'ayatollah Montazeri (mort en décembre 2009).

Mais entre le nouveau guide et son encombrant mentor, la rivalité s'est vite installée, s'exacerbant lors de l'élection de juin 2009, lorsque M. Ahmadinejad, "poulain" du guide, dénonça avec violence, à la télévision, les anciens dirigeants "corrompus" qui avaient "tenté de vendre le pays à l'Occident". M. Rafsandjani, dont la réputation voyante d'affairiste est devenue un handicap, et ses ouvertures vers l'étranger, pour sortir l'Iran de l'isolement, un sujet de critique des fondamentalistes, était le premier visé. Le ranger aujourd'hui dans la catégorie des "opposants" inconditionnels serait excessif, surtout qu'en théorie, il reste un pilier du pouvoir : il préside deux rouages essentiels, le Conseil du discernement et l'Assemblée des experts.

Toutefois conscient de ce que le guide veut, à la faveur de l'épuration en cours, en finir avec lui, M. Rafsandjani, déjà proche des réformateurs, leur a offert un appui tactique. Il se bat aussi pour la survie du régime, menacé, à ses yeux, par les dérives autoritaires actuelles, en prêchant l'unité.
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Le régime iranien menacé de l'intérieur

Le régime iranien est "menacé" par des "gens très déterminés" estime, lundi 4 janvier, Bernard Kouchner. Les autorités iraniennes n'ont pas réussi à mettre fin au mouvement de protestation qui a suivi la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, malgré un durcissement et la mort de huit personnes en marge de manifestations le 27 décembre.
Prié de dire s'il souhaitait la chute du régime iranien, il a répondu : "Ce n'est pas à moi de la souhaiter ou pas. Nous, nous continuons à parler avec les Iraniens", a observé le ministre français des affaires étrangères, sur RTL."Le devenir du régime iranien n'est pas une affaire internationale mais une affaire interne. Nous voyons tous qu'il est menacé par des gens très déterminés, certains très religieux, par la hiérarchie chiite elle-même."

"Oui, le régime est menacé par une contestation interne dont je ne sais pas sur quoi elle débouchera", a-t-il insisté, en notant une "contestation à l'intérieur du clergé" : "Il y a une énorme majorité, si je comprends bien, de chiites de rang extrêmement élevé, (...) qui ne sont pas en accord avec ce régime, qui contestent sa valeur religieuse elle-même".

"La répression est énorme. Nous devons condamner celle-là en particulier qui fait que des manifestants désarmés se voient exposés aux balles, à l'arrestation, aux condamnations très sévères, dont les condamnations à mort", a ajouté le ministre français. Le chef de file de l'opposition iranienne, Mir Hossein Moussavi, a déclaré vendredi que la répression ne briserait pas les manifestations antigouvernementales et qu'il n'avait pas peur de mourir pour son combat en faveur des réformes.

L'ombre de Carla Bruni-Sarkozy plane sur une nomination à la Culture

Carla Bruni a-t-elle inspiré la nomination de François Baudot comme inspecteur général de l'administration des affaires culturelles (IGAC) ? L'affaire agite les hauts fonctionnaires de la Rue de Valois qui, depuis quelques semaines, pestent contre ce coup de pouce, à leurs yeux injuste.
François Baudot est, en effet, le parrain d'Aurélien, fils de Carla Bruni. Sa nomination au tour extérieur est une prérogative de l'exécutif. Autrement dit, il n'a pas besoin de passer les concours administratifs. Âgé de 60 ans, cet ancien journaliste (au magazine Elle ), touche-à-tout des nuits parisiennes, auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire de la mode ou des arts décoratifs, trouve ici un poste tranquille pour faire la soudure avant sa retraite... La rémunération d'un IGAC en début de carrière est de l'ordre 5.000 euros mensuels, primes comprises. Il n'aura pas le temps de progresser.

Le 9 décembre, dans une note que Le Point s'est procurée, Serge Lasvignes, secrétaire général du gouvernement, informe le directeur général de l'administration et de la fonction publique du fait que le président de la République et le Premier ministre "se proposent de nommer M. François Baudot inspecteur général des affaires culturelles au tour extérieur". Il y joint le CV de l'intéressé et demande à son interlocuteur de saisir la commission ad hoc chargée d'émettre un avis.

Avis négatif de la commission

Or, le 15 décembre, la commission chargée d'apprécier l'aptitude de François Baudot à exercer les fonctions d'inspecteur général a émis un avis (unanimement) négatif ! Cette éminente commission était présidée par Hubert Blanc (conseiller d'État), lequel était entouré de Sophie Moati (conseillère maître à la Cour des comptes), Patrick Olivier (chef du service de l'Inspection générale de l'administration des affaires culturelles) et deux inspecteurs généraux (Michel Berthod et Jean-Sébastien Dupuit). Frédéric Mitterrand n'est pas lié par cet avis négatif et encore moins Nicolas Sarkozy et François Fillon. Néanmoins, sur le coup, la nomination - qui devait être officialisée le 16 décembre - est retirée de l'ordre du jour du Conseil des ministres, pour y être inscrite, plus discrètement, à la veille des fêtes...

Frédéric Mitterrand ne peut pas refuser grand-chose à Carla Bruni. Il doit d'avoir obtenu la direction de la Villa Médicis aux relations communes qu'il possède avec la première dame. Mais son ministère grince des dents... En effet, depuis l'application de la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, Frédéric Mitterrand mène une politique de rigueur qui bouscule sa haute administration et les agents du ministère et des musées... Or la nomination de François Baudot est la quatrième à l'IGAC cette année pour deux départs à la retraite, soit l'inverse de la règle prônée par Bercy. Ce qui vaut pour les simples agents ne vaut donc pas pour les nominations décrétées par le gouvernement... La CGT est à l'affût de ce genre de faux pas.

Un livre sulfureux

Le CV de François Baudot n'est pourtant pas honteux : diplômé des Beaux-Arts de Paris et de l'école Camondo, il fut architecte d'intérieur entre 1975 et 1980. Il occupe ensuite les fonctions de commissaire adjoint de l'exposition "Arts et Industries au Musée national des monuments français", etc. Alors, pourquoi cet avis négatif ? En fait, selon nos informations, la commission a été effarouchée par l'autre parcours de François Baudot, celui qu'il a livré lui-même, l'été dernier, dans un livre-confession, L'Art d'être pauvre , paru chez Grasset et dans lequel il remercie Carla Bruni-Sarkozy.

Dans un style voisin de celui de Frédéric Mitterrand - la mélancolie et le remord en moins -, Baudot y narre sa jeunesse dissolue, son aventure au sein du Palace, la boîte de nuit branchée des années 1980, et diverses expériences intimes. Ce livre licencieux circule depuis deux mois dans les allées du pouvoir, où l'on s'attendait à un recasage de François Baudot soit au Palais de la découverte soit ailleurs...

DE QUOI ELLE SE MÊLE L'ITALIENNE ?
ELLE ME FAIT MAL COMMENCER L'ANNÉE CETTE IDIOTE !!