Le conseil national de l'UMP se réunit samedi. «Je souhaite qu'on lance l'offensive sur les valeurs», déclare au «Figaro» le secrétaire général du parti.
LE FIGARO. - On retrouve peu de vainqueurs des primaires parmi les têtes de liste investies pour les régionales. Ce
s élections internes à l'UMP sont-elles vraiment utiles ?
Xavier BERTRAND. - On ne reviendra pas sur le principe du choix des candidats par les militants pour les élections régionales. Les primaires créent une dynamique, y compris lorsqu'il y avait un seul candidat. On avait aussi prévu que la commission nationale d'investitures se prononcerait si les candidats n'allaient pas jusqu'au bout. C'est ce qui s'est passé.
Les cas les plus difficiles ont été tranchés par Nicolas Sarkozy. Est-ce le rôle d'un chef de l'État ?
Est-ce qu'il y a un lien très fort entre le président de la République et sa famille politique ? Évidemment ! Ça a toujours été le cas par le passé, sauf qu'au Mouvement populaire, nous l'assumons à 100 %.
Quel est aujourd'hui votre pronostic sur les résultats ?
Nous savons que les élections intermédiaires sont, par nature, difficiles pour la majorité. Chaque région gagnée constituera une victoire, et j'ai le sentiment que nous connaîtrons plusieurs victoires.
Nicolas Sarkozy, qui doit intervenir aujourd'hui au conseil national, sera-t-il le véritable chef de la campagne ?
Le président de la République, campagne ou pas, continuera à s'investir sur le terrain. Ce serait mal le connaître que de croire qu'il va rester enfermé dans son bureau parce qu'il y a une élection. Aujourd'hui, nous présentons l'ensemble des têtes de liste régionales et départementales. Le véritable lancement de la campagne avec tous les candidats de la majorité présidentielle se fera au cours d'un meeting commun de la majorité fin janvier.
La campagne sera-t-elle nationale ou régionale ?
Ce débat est derrière nous. La campagne se déroulera dans les 26 régions, et ce sera un rendez-vous politique, qui mobilisera l'ensemble de notre famille. Regardez le nombre de ministres qui s'impliquent : 19 sont têtes de liste ou candidats ! Il y aura des engagements régionaux, mais aussi des engagements nationaux.
Quels seront les axes de la campagne ?
La logique que nous voulons mettre en œuvre dans les régions est celle du changement qui prévaut au niveau national depuis 2007. Pour les régions aussi, nous voulons la rupture. Ce que Nicolas Sarkozy appelle la « folie fiscale » des socialistes est un scandale sans précédent : 6,5 milliards d'euros supplémentaires sont prélevés chaque année sur le contribuable depuis 2004. Nous prenons l'engagement de ne pas augmenter la fiscalité régionale dans toutes les régions où nous gagnerons. Nous voulons aussi la rupture en matière industrielle. En supprimant la taxe professionnelle, nous ne voulons plus laisser partir les usines. La manière dont les régions cherchent à s'ériger en contre-pouvoir n'a conduit qu'à freiner le plan de relance.
Comment le Nouveau Centre peut-il espérer reconquérir l'électorat centriste s'il se présente partout en liste unique avec l'UMP ?
La diversité sur nos listes en même temps que l'unité, c'est ce qui permet de remporter les élections. L'union n'est jamais un sacrifice, c'est une dynamique. Les électeurs centristes du MoDem auront le choix entre nous et le PS tiraillé entre certains écologistes et la gauche de la gauche. Ils ne trouveront pas de réponse à gauche.
Des alliances de la majorité avec des écologistes sont-elles possibles ?
Ces questions d'alliance d'entre deux tours, ou plutôt de rafistolage, c'est l'affaire du PS. Au conseil national, aujourd'hui, et tout au long de la campagne, nous allons démontrer pourquoi nous sommes devenus les plus crédibles depuis 2007 sur développement durable, avec notamment le Grenelle de l'environnement. Ensuite, ce sera aux électeurs de se déterminer.
Craignez-vous une poussée du Front national ?
Je ne comprends pas certaines interprétations des sondages. En 2004, le Front national avait recueilli 14,7 % des suffrages. Les sondages le donnent aujourd'hui à 8 %. Pour moi, c'est un vrai recul et rien d'autre.
Le recentrage sur des thèmes comme la sécurité et l'identité nationale préfigure-t-il la tonalité de la campagne ?
Je souhaite que l'on lance l'offensive sur les valeurs. Elles sont plus importantes que les lois, les décrets ou les règlements. Après deux ans et demi d'exercice des responsabilités, nous allons montrer que les valeurs comme le travail, la responsabilité ou la justice sociale nous ont guidés jusqu'à présent et continueront à nous guider. Pendant trop longtemps, les électeurs de la droite et du centre ont eu l'impression que les promesses ne valaient que pendant les campagnes. Aujourd'hui, nous faisons la démonstration que les engagements sont tenus.
Des aménagements sont-ils possibles sur le mode de scrutin des conseillers territoriaux qui suscite des critiques y compris à l'UMP ?
Je soutiens la réforme portée par Brice Hortefeux. Ce mode de scrutin permet à la fois de garder un lien territorial, avec le scrutin uninominal, et d'assurer la représentativité, avec une part de proportionnelle.
Jean-François Copé regrette que l'UMP n'ait pas mieux contré l'offensive du PS au congrès des maires de France. Est-ce un ratage ?
En politique, il y a trois attitudes : ceux qui créent les polémiques, ceux qui les entretiennent et ceux qui les ignorent. Je me situe clairement dans la troisième catégorie.
samedi 28 novembre 2009
Bertrand : «Nous voulons aussi la rupture pour les régions»
44% des Français sont pour l'interdiction du gavage des oies et des canards
44 % des Français sont favorables à l'interdiction du gavage des oies et des canards dans la production de foie gras, selon un sondage rendu public par l'association de défense des animaux L214.
Ce sont majoritairement les fe
mmes (59,9 %) et les moins de 35 ans (50,5 %) qui se déclarent pour cette interdiction, selon un sondage CSA pour SNDA et Stop Gavage. Le sondage a été réalisé par téléphone les 9 et 10 novembre auprès d'un échantillon de 1.000 adultes de 18 ans et plus (méthode des quotas).
«Reconnaissance de la souffrance des animaux»
«Si le foie gras reste une tradition sociale activement soutenue par des campagnes publicitaires, la reconnaissance de la souffrance des animaux (63,2% des sondés) est clairement à l'origine de ce désaveu», précise le communiqué.
Une grande majorité des personnes interrogées pense que les animaux souffrent du gavage (63,2%) et s'oppose au financement par les pouvoirs publics de campagnes de promotion du foie gras (59,1%).
En France, le foie gras s’est imposé comme produit emblématique des fêtes, rappelle l'association L214 qui explique «la difficulté de ne pas en prévoir au menu des fêtes de fin d'année (...) et plus difficile encore de refuser d’en consommer quand on est invité». Seulement, 12 % des personnes interrogées se disent prêtes à refuser de consommer du foie gras en tant qu'invité. Chaque année, 37 millions de canards et 700.000 oies sont gavées.
LA BÊTISE VA SE LOGER TRÈS LOIN DE NOS JOURS !
QUELS SONT LES CANARDS QUI SE PLAIGNENT D'ÊTRE GAVÉS, ILS L'ÉTAIENT DÉJÀ À L'ÉPOQUE DES PHARAONS, CE N'EST TOUT DE MÊME PAS UNE ASSOCIATION QUI VA NOUS EMPÊCHER D'EN CONSOMMER, AU NOM DE QUOI; DES DROITS DU CANARD ?
vendredi 27 novembre 2009
"Sur le chômage, la polémique initiée par Benoît Hamon n'a pas lieu d'être"
Le porte-parole du PS accuse Pôle Emploi de "tordre les statistiques". Pas pertinent, selon Mathieu Plane, économiste à l'OFCE.
Le rythme d'augmentation du chômage accélère, mais ce vendredi le moral des ménages repart à la hausse.
Comment expliquer ce paradoxe ?
En apparence, c'est vrai, le nombre de demandeurs d'emploi a fortement augmenté en octobre, de 2% sur un mois. Mais cela vient après des mois de fléchissement, et cela concerne la catégorie A, celle des personnes qui n'ont pas du tout travaillé dans le mois et qui sont à la recherche de tout type de contrat. Si on considère l'ensemble des personnes qui ont exercé une activité réduite, c'est à dire les catégories A,B et C, la hausse est plus modérée.
Evidemment, la tendance reste mal orientée, et nous prévoyons une hausse continue du chômage l'année prochaine. Mais le pire est clairement derrière nous et les ménages le savent : on n'est plus dans la situation du début de l'année, qui était cataclysmique. C'est pour cela qu'ils dépriment moins. Mais ils dépriment encore : l'indice Insee est à un niveau similaire au niveau le plus bas de l'année 1993, date de la dernière récession.
Benoît Hamon a déclenché ce vendredi une polémique sur les chiffres du chômage. Sont-ils fiables ?
Ce n'est pas correct de sa part. C'est très difficile de savoir ce qu'est un chômeur. Est-ce simplement quelqu'un qui ne travaille pas du tout. Faut-il aussi prendre en compte tous ceux qui sont en temps partiel subi ? Et que faire des gens qui ne sont pas inscrit à Pôle Emploi ? Ce débat a toujours existé, mais c'est un débat d'experts. Il existe des catégories, qui ont d'ailleurs été simplifiées, et qui sont comparables d'un mois sur l'autre, et cela suffit pour apprécier l'évolution du chômage. D'autant que la crise touche principalement la catégorie A, celle qui est mise en avant par le gouvernement et par les médias. La polémique initiée par Benoît Hamon n'a pas lieu d'être.
José Manuel Barroso compose la nouvelle Commission européenne
José Manuel Barroso doit boucler, vendredi 27 novembre, à Bruxelles la composition de la prochaine Commission européenne. Avant d'annoncer ses choix, le président de la Commission a multiplié les contacts avec les candidats pressentis, et leur capitale d'origine.
Le socialiste espagnol Joaquin Almunia semblait assuré vendredi en début de matinée de piloter la concurrence. Il cède son poste actuel, les affaires économiques et financières, au libéral fin
landais Olli Rehn, l'actuel commissaire chargé de l'élargissement.
Le commerce devait être confié au libéral Karel du Gucht, un ancien ministre belge des affaires étrangères, tandis que le conservateur allemand Günter Öttinger hériterait de l'énergie.
M. Barroso a tenu ces derniers jours à ce que les treize commissaires reconduits changent de mission. Il espérait dévoiler son équipe vendredi après midi, avant de s'envoler le lendemain vers la Chine. "L'annonce est imminente, les derniers arbitrages sont en cours, l'idée est d'aller vite, à moins de difficultés persistantes", dit-on à Bruxelles.
PARIS EXIGE DAVANTAGE DE RÉGULATION DES MARCHÉS
Les contours du portefeuille du commissaire français Michel Barnier (UMP) seront restés incertains jusqu'à la dernière minute. Jeudi, Nicolas Sarkozy a eu, depuis le Brésil où il est en déplacement, un long échange téléphonique avec M. Barroso, afin de s'assurer que les services financiers resteraient bel et bien dans le giron du candidat français.
Cette demande a été formulée de longue date par l'Elysée, qui exige davantage de régulation des marchés, mais elle mécontente le gouvernement britannique et la City de Londres.
Un peu plus tôt, le président de la Commission avait au contraire laissé entendre à M. Barnier qu'il envisageait de séparer les marchés financiers du reste du portefeuille, tout en lui offrant, en contrepartie, la tutelle sur les questions de fiscalité et la politique des consommateurs. Cette proposition n'était pas du goût de Paris.
Le patron de l'exécutif européen a par ailleurs tenté d'équilibrer l'assise politique d'un collège où la gauche sera très minoritaire. La prochaine commission comptera treize conservateurs, pour huit libéraux et six socialistes – sur un total de 27 commissaires, un par pays.
Réélu en septembre, M. Barroso a besoin du soutien d'une majorité de parlementaires s'il veut commencer son mandat dans de bonnes conditions, début 2010. Il espère éviter les débuts catastrophiques de sa première équipe, en 2004, lorsque les eurodéputés avaient contraint un des proches de Silvio Berlusconi à renoncer à ses ambitions, en raison de propos jugés sexistes et homophobes.
Outre les affaires économiques et le commerce, les libéraux se verraient confier le nouveau portefeuille "justice et droits fondamentaux". La ministre suédoise des affaires européennes Cécilia Malmström serait en lice pour ce poste, à moins qu'elle ne soit chargée de l'aide au développement.
La famille libérale se faisait d'autant plus pressante qu'elle est écartée des présidences du Parlement, du Conseil européen et de la Commission, en raison des accords passés entre les deux grandes familles politiques européennes, les conservateurs et les socialistes.
Cependant, le président de la Commission a aussi tenté de tenir compte des desiderata de la gauche, les sociaux-démocrates constituant la deuxième force du Parlement, derrière les conservateurs. Avec la Britannique Catherine Ashton, ils ont obtenu gain de cause au sujet du poste de haut représentant, qu'ils revendiquaient. La travailliste anglaise a été désignée à cette fonction le 19 novembre par les chefs d'Etat et de gouvernement; elle occupera la vice-présidence de la Commission.
M. Barroso espérait confier d'autres responsabilités à la gauche mais, parmi les candidats socialistes, trois manquent d'expérience européenne.
Enfin, M. Barroso a ménagé une place de choix aux femmes. Elles seront neuf dans le prochain collège, une de plus qu'aujourd'hui. La ministre danoise du climat, Connie Hedegaard (conservatrice) est pressentie pour un poste consacré à la lutte contre le changement climatique. L'actuelle commissaire à la concurrence, la Néerlandaise Neelie Kroes (libérale), devrait s'occuper d'économie numérique et des télécoms.
Philippe Ricard
QUI EST ? … Eddy Mitchell
Les chaussettes noires
Vieillir, ce n'est "pas joli", "je n'ai aucune envie de monter sur scène avec une canne". La petite p
hrase au ton humoristique souligne bien les 67 ans du plus français des crooners, qui en finira avec la scène dès 2011. Pas de faux adieu, il l'a promis, mais pas de retraite pour autant, pour "schmoll", qui totalise 50 ans de succès. L'enfant de Belleville commence à se produire des l'âge de 14 ans avec son premier groupe de rock jusqu'en 1961 au Golf-Drouot à Paris. Repéré par Eddie Barclay, "Les five rock" deviennent rapidement – et à leur insu ! – "Les chaussettes noires". La consécration viendra dès 1961 avec le tube 'Daniela'.
L'américain
D'américain, il n'a que les chansons qu'il reprend en français notamment dans son dernier album qui sort ces jours-ci "Grand Ecran" sur lequel il reprend 15 standards de grands films hollywoodiens et qui a demandé plus d'un an de préparation pour obtenir les autorisations des ayant-droits. Le petit Claude Moine transformé en grand Eddy, cet alias qu'il prend par admiration pour le chanteur Eddie Constantine, est dans le tourbillon des années 1960, fortement influencé par le rock'n'roll américain comme beaucoup d'artistes de l'époque. A Nashville, sa ville de prédilection, il enregistre plusieurs disques dont "Sur la route de Memphis" et "La dernière séance". Puis viennent ses succès : "Couleur menthe à l'eau", "Sur la route de Memphis, "Rio Grande". Influencé mais résolument différent, il a su trouver sa marque de fabrique, mêlant nostalgie et thèmes plus actuels.
L'acteur
Cinéphile, Eddy, c'est aussi la passion du cinéma, qui lui vient de son père, et qu'il a su transmettre avec brio dans la Dernière Séance, son ciné-club mensuel consacré au cinéma américain des années cinquante, tous genres confondus, pendant 16 ans à partir de 1982 sur FR3. Chaque soirée comprenait un film doublé en français, des actualités cinématographiques d'époque, des dessins animés puis un film en version originale sous-titrée. Au cinéma, il joue aussi comme dans "Coup de torchon" de Bertrand Tavernier et plus récemment "Le bonheur est dans le pré" d'Etienne Chatiliez. Et aujourd'hui, s'il souhaite toujours faire l'acteur, il est lucide et ne compte pas trop sur des premiers rôles à son âge. Place à la jeunesse, "c'est normal", dit-il. Il s'impliquera donc davantage dans la société de production qu'il partage avec Gérard Jourd’hui, et qui a produit la collection Maupassant pour France 2. "Mais rassurez-vous : je ne prévois pas de nouvelle "Star Academy". A moins de transformer cela en combat de gladiateurs ou d’offrir le supplice du pendu aux gamins qui chantent faux." Preuve que le Crooner tranquille à la voix chaude et rocailleuse que vous pourrez encore admirer en fin d'année 2010, en plus d'être une grande vedette du rock' roll et du blues, ne manque pas d'humour.
Laetitia Gueugnon
Infos tournée :
Eddy Mitchell, Ma dernière séance
Paris, Lyon, Marseille, Lilles, Rouen, Toulouse...
D'octobre à décembre 2010
Prix des places : de 39 à 69 euros suivant les régions
Voir aussi
Le Figaro : Eddy Mitchell : «J'ai envie de faire d'autres choses»
Le Parisien Eddy Mitchell : « Ce ne sont pas de faux adieux»
Martine Aubry n'exclut pas une candidature de Strauss-Kahn en 2012
La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, n'a pas exclu, jeudi soir 26 novembre, un retour de Dominique Strauss-Kahn en vue de l'élection présidentielle de 2012 s'il s'avère être le meilleur candidat.
Le directeur général du Fonds monétaire international jouit d'une popularité retrouvée depuis son exil à Washington, au point qu'un sondage récent le dit en mesure de battre Nicolas Sarkozy en cas de duel au second tour.
"Si c'est le meilleur candidat, il faudra qu'il revienne", a déclaré Martine Aubry dans l'émission "A vous de juger" sur France 2. Il est néanmoins trop tôt pour dire qui sera le candidat capable de remporter la présidentielle, a-t-elle ajouté, affirmant que Dominique Strauss-Kahn partageait cet avis.
"ÇA ME RASE"
Invitée à s'exprimer sur ses propres ambitions en vue de 2012, Martine Aubry s'y est refusée, expliquant que la question la "rasait". "Je sais qu'on [demande aux hommes politiques s'ils y pensent] en se rasant, moi je vous dis, cette question ça me rase !", a lancé la maire de Lille. "Je me poserai la question quand il faudra savoir", a-t-elle ajouté, renvoyant ainsi à 2011, date à laquelle elle souhaite organiser les primaires à gauche malgré de nombreux appels pour que la désignation intervienne dès l'année prochaine.
Interrogée sur les régionales, la première secrétaire du PS s'est dite convaincue que la gauche, qui partira divisée au premier tour dans de nombreuses régions, se rassemblera au deuxième tour des élections de mars. Elle a estimé que le PS pourra "conserver les régions qu'il détient" (20 sur 22 aujourd'hui).
Dominique Strauss-Kahn prépare l'avenir en candidat libre
Comme d'habitude, ses proches ont annoncé la couleur. Invité mercredi 25 novembre du "Grand journal" de Canal+, leur mentor, Dominique Strauss-Kahn ne commentera pas les affaires de politique intérieure française. Les instances du Fonds monétaire international (FMI) qu'il dirige le lui interdisent expressément.
Mais DSK n'a pas besoin de s'exprimer pour que le PS s'agite. Il lui suffit d'apparaître. D'autant que la popularité de Nicolas Sarkozy est en chute libre et que ses concurrents socialistes n'en profitent guère ou s'enferrent dans des luttes intestines.
"J'observe que, ces temps-ci, on compte de plus en plus de strauss-kahniens au PS", relève un député socialiste. Priés de se tenir cois "pour respecter le calendrier de Dominique", les proches de l'ex-candidat à l'investiture socialiste en 2006 assurent être de plus en plus sollicités. "Beaucoup de camarades souhaitent qu'il adresse un signal, même discret. Ils en seront pour leurs frais ; si DSK revient, ce ne sera pas pour être le candidat du PS - ce serait catastrophique - mais pour incarner l'alternance face à Sarkozy", assure l'un d'eux.
Indirectement, le directeur-général du FMI est à l'origine du "clash" survenu le 14 novembre à Dijon entre Ségolène Royal et Vincent Peillon. Quelques jours après la parution d'un sondage tonitruant plaçant Dominique Strauss-Kahn (51 %) devant Nicolas Sarkozy (49 %) au deuxième tour d'une présidentielle, l'ancienne candidate ne pouvait laisser, sans réagir, les dirigeants du courant l'Espoir à gauche se mettre au service du candidat le mieux placé à l'horizon 2012 comme ils en avaient affiché l'intention.
"Martine Aubry est absorbée par les difficultés du PS, Ségolène Royal est à la peine, François Hollande et les quadras n'émergent pas : dans ce paysage, la valeur relative de Dominique Strauss-Kahn est en forte hausse. Cela lui permet de se poser comme un recours", constate Jérôme Fourquet, de l'IFOP. Selon Brice Teinturier (TNS-Sofres), DSK peut faire fructifier deux atouts principaux : "Contrairement aux autres dirigeants socialistes, la question de la crédibilité ne se pose pas pour lui. En outre, il est très apprécié des plus de 50 ans qui se sont éloignés de la gauche."
Bénéficiant également d'une bonne image parmi les cadres mais aussi les électeurs situés à la droite du PS, M. Strauss-Kahn dispose, d'après les instituts de sondages, d'une belle "popularité de second tour".
A contrario, il manque de soutiens parmi les jeunes, les catégories populaires et à la gauche du PS. De plus, si sa prise de distance vis-à-vis de la scène politique française lui profite, l'ancien ministre est encore loin d'avoir totalement convaincu l'opinion.
Selon un autre sondage paru début novembre, 27 % contre 48 % des personnes interrogées considèrent que DSK dispose d'"un vrai projet pour la France", et 34 % contre 49 % jugent qu'il ferait un "bon président de la République".
Pour l'heure, ses partisans arguent de l'impossibilité de sonder les intentions profondes du "patron". "Le FMI l'a complètement libéré. Croyez-moi, son ego est rassasié. Il n'a pas de plan de carrière et il est libre vis-à-vis de lui-même", insiste le député de Paris Jean-Marie Le Guen.
Reste que chaque séjour en France du directeur-général du Fonds monétaire international donne l'occasion d'entretenir les liens au sein de son réseau. Mi-octobre, à Paris, il a été le témoin du mariage du député Jean-Christophe Cambadélis, au milieu du Tout-Parti socialiste. Fin juin, il était venu en grande pompe, et avec deux mois de retard, fêter son soixantième anniversaire aux Buttes-Chaumont. Là encore, les socialistes étaient nombreux à se presser autour de lui.
Les lieutenants de DSK, en dépit de quelques conflits de préséance - "Dominique n'a aucun porte-parole officiel au PS : il n'a jamais rien dit visant à accréditer l'existence d'un canal historique", s'amuse Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère -, s'efforcent de défendre au mieux les intérêts de celui qu'ils désignent parfois, sourire en coin, "l'imam caché". La question qui les préoccupe est l'organisation des primaires. En décidant de confier aux sympathisants la responsabilité de désigner leur candidat pour 2012, les socialistes n'ont pas facilité la tâche des partisans de DSK. Le mandat de directeur-général du FMI venant à échéance en septembre 2012, le calendrier n'était déjà pas facile à gérer : la procédure retenue le complique.
L'idéal, pour un Strauss-Kahn candidat, serait de retarder la procédure de désignation jusqu'à la fin 2011 pour conserver sa popularité intacte le plus longtemps possible. Or le "timing" envisagé par Martine Aubry - qui ne donne pas le sentiment d'avoir renoncé à toute ambition personnelle - évoque la fin du premier semestre 2011. François Hollande, lui, préfère la fin 2010.
La décision sera prise en juin 2010 mais, lors des premières discussions engagées sur cette question, les amis de DSK sont sortis du bois. Ils réclament des primaires concentrées sur quelques semaines avec des "éliminatoires" comprenant un nombre réduit de candidats. Il s'agit d'éviter d'exposer leur favori aux combats internes du PS et aux critiques de la gauche du parti mais aussi de "l'abîmer dans une confrontation face à des candidats qui ne boxent pas dans la même catégorie". Même s'il est loin de se désintéresser de ces considérations, M. Strauss-Kahn reste de marbre. Visiblement, l'heure de monter sur le ring n'a pas encore sonné.
Jean-Michel Normand
jeudi 26 novembre 2009
Plus de 500 000 messages du 11 septembre 2001 publiés
"Ne sors pas du bâtiment. L'une des tours vient de s'écrouler. Sois prudent. Je t'aime." Le site Wikileaks, spécialisé dans la publication anonyme de documents con
fidentiels, vient de rendre publics 500 000 messages échangés aux Etats-Unis le 11 septembre 2001. Il s'agit de textes envoyés sur des pagers, ces petits boîtiers ne pouvant recevoir que du texte qui sont tombés en désuétude, comme le Tam-Tam ou le Tatoo en France, avec le développement du téléphone portable. En 2001, certains services de secours et de sécurité, ainsi que certaines entreprises, les utilisaient encore.
"Ce sont des archives totalement objectives d'un moment-clé de notre époque. Nous espérons que ces documents historiques nous permettront de mieux comprendre de manière plus nuancée pourquoi cet événement a débouché sur des morts, de l'opportunisme et des guerres", explique le site. Comme d'ordinaire sur Wikileaks, aucune indication n'a été donnée sur l'origine des documents, qui proviennent de tous les fournisseurs de service américains.
INCROYABLE FOUILLIS
Les messages, publiés dans l'ordre de leur envoi, constituent un incroyable fouillis. On y trouve des messages personnels, paniqués et émouvants, écrits en majuscules : "Je vais aller collecter la prime de ton assurance-décès... Si tu ne m'appelles pas tout de suite pour me dire que tu es encore en vie, je vais te tuer !" Certains messages sont envoyés par des personnes travaillant au World Trade Center ou a leur intention : "Prends ton temps. Je ne serai pas au World Trade Center avant 9 h 30." [Le premier avion s'est écrasé à 8 h45.]
On trouve également des messages d'alerte envoyés par les machines surveillant les systèmes informatiques d'entreprises. Six secondes après le premier crash, le système d'alerte de la banque Goldman Sachs a ainsi envoyé un message annonçant "des irrégularités dans les données de marché". D'autres relaient les informations des secours, de la police et de l'armée : évacuation de bâtiments, réquisitions, passage en état d'alerte...
APPEL AUX INTERNAUTES
Pour faire le tri dans ces centaines de milliers de messages et tenter d'y trouver des informations encore inédites, Wikileaks en appelle aux internautes. Un moteur de recherche permet d'examiner des mots-clés, et les internautes peuvent voter pour une liste des messages les plus intéressants. Pour l'instant, aucune information majeure n'a encore été révélée, mais plusieurs messages jettent un éclairage, parfois anecdotique, sur cette journée.
On y trouve par exemple ce message expliquant à 10 h 24 que "Twinkle" et "Turquoise" – les noms de code des filles de George W. Bush pour les services secrets – sont en sécurité. Les tenants de la théorie du complot, qui pensent que le gouvernement américain soit cache des choses sur les attentats, soit y a directement participé, examinent également le contenu des messages avec intérêt.
Mais si les documents révélés par Wikileaks permettront peut-être de préciser certains des événements de cette journée, et notamment de dater précisément certaines décisions, ces archives offrent surtout une fenêtre sur l'état d'esprit d'une partie des Américains et des New-Yorkais ce jour-là. Face à la tragédie, les réactions sont loin d'être toutes les mêmes. "Le World Trade Center a été touché par deux avions. Allume la télé si tu peux. PS : les nouveaux meubles sont arrivés et ils sont super", écrit ainsi une femme juste après la chute du deuxième avion.
La hausse de salaire envisagée des fonctionnaires européens fait polémique
La Commission européenne a indiqué, jeudi 26 novembre, avoir proposé une hausse de salaire annuelle de 3,7 % pour ses 38 000 fonctionnaires et agents, malgré le fait qu
e l'UE soit à l'heure de la rigueur et que les émoluments du service public soient gelés dans certains pays. Il s'agit à ce stade d'un projet, qui doit encore être validé par les Etats européens, mais suscite déjà la controverse.
La ministre de la fonction publique autrichienne, Gabriele Heinisch-Hosek, a critiqué la proposition en estimant que, par temps de crise économique et de montée du chômage, une telle augmentation de salaire est "totalement impensable". "0 % serait plus adapté", assure la ministre.
La Commission s'est défendue en assurant travailler sur la base d'une méthode "objective" fixée par la législation européenne. Selon la porte-parole de l'exécutif européen, Valérie Rampi, ce sont des éléments statistiques qui déterminent les salaires des fonctionnaires publics. Ainsi, les augmentations salariales sont calculées à partir d'un rapport de l'Office européen des statistiques (Eurostat). Ce dernier se fonde lui-même d'une part sur un indice du coût de la vie à Bruxelles, et d'autre part sur l'évolution des salaires des membres de la fonction publique d'un échantillon d'Etats en comprenant huit : Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni.
INDEMNITÉS DES COMMISSAIRES CRITIQUÉES
Depuis le début de la crise économique, Bruxelles a ouvert de nombreuses procédures pour dénoncer les déficits publics excessifs de plusieurs Etats européens. La Grèce, l'Irlande, la Hongrie et les Etats baltes notamment ont dû geler les salaires de leurs fonctionnaires pour réduire leurs dépenses. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le futur président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, bénéficient chacun d'un salaire de 304 000 euros nets par an (hors indemnités de résidence et de représentation).
L'exécutif européen avait déjà été critiqué en début d'année au sujet de la rémunération de ses commissaires. Le système en place leur octroie en effet une indemnité allant jusqu'à 65 % de leur salaire pendant les trois ans suivant leur départ. L'argument avancé pour justifier cette indemnité est de faciliter leur "réinsertion professionnelle", puisque certains postes dans le privé leur sont fermés pour éviter des conflits d'intérêt. Le salaire d'un commissaire européen est d'environ 20 000 euros nets par mois.
Quelques événements du 26 NOVEMBRE
26 novembre 329
Fondation de Constantinople. Un des jours les plus remarquables dans les fastes du monde, est celui où l'empereur Constantin transféra le siège de l'empire romain à Byzance, ville ruinée de Thrace, située à l'extrémité de l'Europe, sur le terrain de laquelle, et dans une enceinte beaucoup plus étendue, il éleva une autre ville qu'il appela de son nom : Constantinople. Le construction de cette nouvelle Rome (c'est encore le nom qu'on lui donna), fut conduite avec tat de célérité, que les fondements en ayant été posés ce 26 novembre 329, la dédicace s'en fit le 11 mai suivant. Constantin n'épargna rien pour la rendre semblable à l'ancienne Rome. Des bâtiments superbes, entre lesquels il faut compter plusieurs églises, des places publiques, des fontaines, un cirque, deux palais, un capitole, le tout enrichi des plus belles sttues tirées des autres villes, furent les principaux ornements dont il la décora. Il y créa un sénat ; mais il restreignit son autorité aux fonctions de la judicature, sans lui accorder aucune influence dans les affaires de l'État. On voit par les anciennes médailles de Byzance, que le croissant fut toujours un symbole attaché à cette ville. Constantin, en fondant sa nouvelle capitale, consulta moins l'intérêt de l'empire que sa propre vanité. « Lorsque le siège de l'empire, dit Montesquieu, fut établi en Orient, Rome presqu'entière y passa ; les grands y menèrent leurs esclaves, c'est-à-dire, presque tout le peuple, et l'Italie fut privée de ses habitants. » Cette dépopulation d'un pays, qui était auparavant le centre des forces de l'empire,facilita les irruptions des barbares, et prépara la ruine totale de l'empire d'Occident. Fontenelle peint assez plaisamment la vanité de Constantin, dans un de ses dialogues, où Bérénice et Côme de Médicis s'entretiennent sur la folie des hommes à vouloir immortaliser leurs noms.
26 novembre 1120
Naufrage de la famille du roi d'Angleterre. Henri Ier, roi d'Angleterre, ayant terminé toutes ses affaires en Normandie, s'était rembarqué pour Londres. Guillaume, son fils, le suivait d'assez loin dans un autre bâtiment avec sa famille et toute la fleur de la noblesse d'Angleterre. La débauche excessive à laquelle se livra cette jeunesse licencieuse, servit d'exemples aux matelots qui, s'étant enivrés, laissèrent aller le vaisseau se briser contre un écueil. On eut le temps de mettre la chaloupe en mer pour sauver le prince ; déjà il avait vogué vers la terre, lorsque les cris de la comtesse du Perche, sa soeur, le firent retourner pour la prendre avec lui : mais tant de personnes qui couraient le même danger, se jetèrent sur l'esquif avec elle, qu'ils le firent couler à fond, en sorte que tout le monde fut noyé. Tous ceux qui étaient restés à bord du vaisseau, subirent le même sort, à l'exception d'un fils d'un boucher de Rouen, qui, s'étant sauvé sur un mât, vint au bout de trois jours annoncer au roi la nouvelle de ce terrible naufrage.
26 novembre 1504
Mort d'Isabelle la Catholique au château de la Mota, à Medina del Campo, près de Madrid. La dernière reine de Castille avait apporté sa couronne à son époux Ferdinand d'Aragon le Catholique, réalisant ainsi l'unité espagnole. Leur fille, Jeanne la Folle, épousera un Habsbourg et de cette union naîtra le monstrueux empire de Charles Quint. Isabelle la Catholique était fort jalouse. Elle voulut le demeurer par-delà la mort et exigea, par testament, que le roi Ferdinand ne se remarie pas... On enterra la reine Isabelle dans la chapelle des franciscains de Grenade et, deux ans plus tard, Ferdinand se remariait avec Germaine de Foix, nièce de Louis XII, qui lui apportait en dot - ce fut son excuse - le royaume de Naples.
26 novembre 1580
Signature de la paix de Fleix, qui met fin à la septième guerre de religion ou Guerre des amoureux (cette guerre mettant en cause Marguerite de Valois, alors mariée avec le futur Henri IV, et ses amours avec le vicomte de Turenne). La bataille entre Catholiques et Protestants avait contribué à accroître la popularité du futur souverain.
26 novembre 1648
Le pape Innocent X dénonce le Traité de Westphalie qui, un mois plus tôt, a mis fin à la guerre de Trente Ans.
26 novembre 1656
Louis XIV charge Jérémie Deschamps du Rausset de reprendre l'île de la Tortue, alors occupée par les Espagnols. Deschamps réussira dans cette entreprise en 1659.
26 novembre 1688
Mort de Quinault, né à Paris en 1635. Il composa d'abord des tragédies et des comédies peu estimées, châtiées par Boileau.
26 novembre 1703
Kidder, né à Suffolck, d'abord ministre à Londres, doyen de Péterborough, ensuite évêque de Bath et de Wels, est écrasé dans son lit avec sa femme, par la chute d'une cheminée qu'une grande tempête vient de renverser. Ce prélat était profondément versé dans la littérature hébraïque et rabbinique. On lui doit un savant commentaire sur le Pentateuque et une démonstration de la venue du Messie en trois volumes.
26 novembre 1713
Première entrevue de Villars et d'Eugène à Rastadt, au sujet de la paix. La France ayant fait sa paix avec l'Angleterre, la Prusse, la Savoie, le Portugal et la Hollande, n'avait plus d'ennemi que l'Empire. La victoire de Denain, la prise de Landau et de Fribourg, amenèrent l'empereur à des dispositions pacifiques. Le superbe palais de Rastadt, élevé au milieu des fureurs de la guerre, par la marquise Françoise Sibylle, fut choisi pour le lieu des conférences. Le maréchal de Villars et le prince Eugène furent les deux plénipotentiaires. C'était la première fois qu'on voyait deux généraux opposés, au sortir d'une campagne, traiter au nom de leurs maîtres. Ils y portaient tous les deux la franchise de leur caractère. « Monsieur, dit Villars au prince Eugène a leur première entrevue, nous ne sommes point ennemis ; vos ennemis sont à Vienne, et les miens sont à Versailles. » Villars avait autrefois dit à Louis XIV quelque chose de semblable, en partant pour l'armée : « Sire, je vais combattre vos ennemis, et je vous laisse au milieu des miens. »
26 novembre 1741
Prise de Praqgue par les Français. Après la mort de l'empereur Charles VI, sa fille Marie-Thérèse se porta pour son héritière universelle ; Mais l'électeur de Bavière et d'autres souverains de l'Europe voulurent avoir chacun leur part de cette riche succession. Au commencement de novembre, l'électeur de Bavière, à qui le roi de France avait envoyé quarante mille hommes, passe le Danube, entre en Bohême, et marche vers Prague ; il y est joint par les troupes du roi de Prusse, qui venait d'achever la conquête de la Silésie. Le 25 novembre, on ouvre la tranchée ; les Autrichiens arrivent le même jour au secours de la place. Il fallait ou prendre Prague en peu de jours, ou abandonner l'entreprise : on manquait de vivres ; on était dans une saison avancée. Le comte, depuis maréchal de Saxe, résolut d'emporter la place d'escalade. Ce fut le fameux Chevert, alors lieutenant-colonel du régiment de Beauce, l'homme de toute l'armée le plus capable d'exécuter un coup de main, qui fut chargé de conduire les troupes. « Ecoute bien, dit-il à un sergent qu'il envoyait tenter le premier l'escalade ; tu monteras par là (l'angle rentrant d'un bastion) ; en approchant du haut du rampart, on criera : Qui vive ? Tu ne répondras rien ; on criera la même chose une seconde fois, tu ne répondras rien encore, non plus qu'au troisième cri. On tirera sur toi, on te manquera ; tu égorgeras la sentinelle, et j'arrive là pour te secourir. » Tout fut ponctuellement exécuté, et la ville fut prise.
26 novembre 1781
M. de Bouillé reprend l'île de Saint Eustache sur les Anglais, qui venaient de l'enlever aux Hollandais, alliés de la France. Le succès brillant de cette expédition hardie fut encore illustré par la générosité de M. de Bouillé envers les négociants hollandais, auxquels il restitua près de trois millions que l'amiral Rodney leur avait pris injustement, en s'emparant de l'île l'année précédente. Dans cette même guerre d'Amérique, où M. de Bouillé développa les talents qu'il avait annoncés dès sa plus tendre jeunesse dans la guerre de Sept Ans, il joignit aux succès de nos armées une gloire plus précieuse ; il se distingua par sa magnanimité envers l'ennemi, et par des traits d'humanité dont un mérite d'être présenté. Le 12 octobre 1780, deux frégates anglais, le Laurel et l'Andromède, ayant péri sur les côtes, dans un ouragan qui désola alors les Antilles, M. de Bouillé recueillit avec soin les débris des équipages ; il les fit vêtir, leur distribua de l'argent, et les renvoya à l'amiral anglais, en lui mandant qu'il ne pouvait regarder comme prisonniers de guerre des malheureux que la tempête lui avait livrés désarmés. Par de tels traits, M. de Bouillé honorait autant le caractère français qu'il illustrait nos armes. L'ennemi sut apprécier ses nobles procédés, et lui en offrit, à la paix, des gages flatteurs.
Mathilde Seigner: «Nicolas Sarkozy a beaucoup soutenu Roman Polanski»
La belle-sœur du réalisateur a avoué avoir «pleuré» lorsqu'elle a appris la nouvelle...
Mathilde Seigner, la belle-sœur de Roman Polanski, s’est exprimée ce jeudi matin sur Europe 1 à propos de la décision du Tribunal pénal fédéral (TPF) suisse de relâcher sous caution et avec assignation à résidence sous contrôle électronique le cinéaste. La sœur d’Emmanuelle Seigner a confié à Marc-Olivier Fogiel: «Quand ma sœur me l’a appris, j’avoue, j’ai pleuré.»
L’actrice s’est dite «émue» de l'annonce de la libération prochaine de Roman Polanski et a indiqué qu’«Emmanuelle commençait à ne pas être très bien.» Elle s’est dite «très très très heureuse» de la décision, un «soulagement» pour sa sœur et les deux enfants du couple.
L'actrice, également interviewée dans Le Parisien, a aussi salué l'action de Nicolas Sarkozy: «Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est grâce au président que Roman a été libéré. Mais il a été super. Et il l'a beaucoup soutenu. Le président a été très efficace.»
Mathilde Seigner a de plus jugé «aberrant» de penser que Roman Polanski pourrait se soustraire à la justice américaine, et indiqué qu’il devrait l’affronter pour tourner la page: «Je pense que s’il doit le faire, il faut qu’il le fasse.
La France redevient premier producteur mondial de vin
La France est redevenue en 2009 le premier producteur mondial de vin avec une production estimée à 45,7 millions d'hectolitres, selon les chiffres de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) publiés jeudi 26 novembre. La France est ainsi repassée devant son principal concurrent, l'Italie, qui avait pris la tête du classement en 2007. Pour 2009, la production de l'Italie est estimée à 45,5 millions d'hectolitres.
Au niveau mondial, la production devrait rester quasiment stable par rapport à 2008, mais la consommation pourrait continuer à chuter en raison de la crise mondiale, a annoncé Federico Castellucci, directeur génér
al de l'OIV. En 2009, la production devrait être comprise entre 262,8 et 273,1 millions d'hectolires, selon l'OIV dont les données ne seront définitives que dans plusieurs mois.
La consommation mondiale devrait elle osciller entre 241 et 251,5 millions d'hectolitres, selon les estimations de l'OIV.
DIFFICULTÉS À L'EXPORT
L'annonce de ce classement ne devrait toutefois pas rassurer les viticulteurs français, qui peinent à trouver des débouchés à leur production et manifestaient, mercredi, à Montpellier pour réclamer des aides de l'Etat. Interrogé sur RMC, le ministre de l'agriculture Bruno Le Maire a souligné que "l'avenir des vins passe par la capacité à conquérir des parts de marché à l'exportation".
Pendant les six premiers mois de l'année, les exportations de vins français ont baissé de 12 % en volume et de 26 % en valeur. Mi-novembre, M. Le Maire avait annoncé la création d'un fonds pour promouvoir les vins français. "Nous n'avons pas aujourd'hui des capacités à vendre des vins de cépage en France", a noté le ministre. Or, "la demande mondiale est une demande des vins de cépage, c'est comme ça que les vins dits du Nouveau Monde ont réussi à mieux se commercialiser à l'étranger", a-t-il poursuivi.
Sur 2012, DSK ne dit rien mais n'en pense pas moins
Invité du Grand Journal de Canal+, Dominique Strauss-Kahn, toujours favori des sondages, s'est refusé à dévoiler ses projets pour la prochaine présidentielle.
Il ne dira rien. Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, refuse de commenter les spéculations sur son ave
nir présidentiel. Invité du Grand Journal de Canal+, Il s'est contenté de déclarer: "Vous avez des gens qui passent leur vie dans le passé, vous avez des gens qui passent leur vie dans l'avenir, moi je vis dans le présent."
"Ce n'est pas mon sujet aujourd'hui"
Pour lui, le problème d'une éventuelle candidature aux primaires ne se posera qu'en 2011. "Ce n'est pas mon sujet aujourd'hui", a-t-il dit. Il a toutefois admis suivre "de près ce qui se passe en France".
Il a, en revanche, été plus dissert sur la crise. "Je suis habité par l'idée que cette crise ne peut pas être seulement un malheur" mais aussi une "chance" a-t-il dit. Sur le rôle du FMI, il a estimé qu'avant la crise, le Fonds "était le gendarme" du système financier mais "aujourd'hui les gens le voient plus comme un médecin".
Fabius n'est pas "une pom-pom girl" de DSK
La venue de DSK au Grand Journal fait suite à une interview donnée au Figaro daté de mercredi. Une offensive médiatique qui entretient les rumeurs sur ses projets politiques.
Interrogé jeudi matin sur DSK, Laurent Fabius a estimé que "Dominique Strauss-Kahn est une des quelques personnalités" qui "a les épaules pour être président", a réaffirmé le député de Seine-Maritime. "On a de très bons contacts, on n'a pas toujours été d'accord, y compris sur le fond, mais on s'estime réciproquement et on a l'occasion de se voir", a-t-il dit.
Pour Faibius, DSK est l'"un des grands atouts" du PS pour la prochaine présidentielle. Mais "on n'en est pas là", a-t-il souligné. "D'abord, est-ce qu'il voudra être candidat? Je n'en sais rien. Ensuite il peut y avoir d'autres candidats, y compris celui qui vous parle, même si je ne suis pas en situation", a fait remarquer l'ancien Premier ministre, avant de plaisanter: "Je ne suis pas une pom-pom girl" de DSK.
Polanski attendra la décision américaine dans son chalet
Emprisonné depuis exactement deux mois à Zurich, le cinéaste Roman Polanski, 76 ans, devrait passer Noël à la montagne, en résidence surveillée dans son chalet de Gstaad. Mercredi 25 novembre, le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone (Tessin) a accédé à la demande de remise en liberté conditionnelle, déposée par ses avocats le 3novembre. Me Georges Kiejman s'est du reste déclaré "très heureux" de cette décision, qui lui "paraît naturelle".
C'est une caution de 4,5 millions de francs (3 millions d'euros), offerte par le cinéaste franco-polonais, qui a convaincu les juges que le risque de fuite était amoindri, quoique toujours qualifié d'"élevé". "La Cour a estimé que ce montant représentait une part substantielle de la fortune du recourant et que, vu l'âge avancé de celui-ci, il n'était pas certain qu'il ait à nouveau la possibilité d'accumuler une telle somme, en cas de perte de la caution", dit le TPF.
L'Office fédéral de la justice (OFJ), dirigé par la ministre Eveline Widmer-Schlumpf, avait dix jours pour s'opposer à la décision du TPF. Cette dernière n'a pas attendu. Dans la soirée du 25 novembre, la ministre a indiqué que "le Tribunal a pris cette décision en toute connaissance de cause et en pesant tous les éléments. Il est arrivé à la conclusion qu'il n'y a pas de risque de collusion, ni de fuite si M. Polanski reste à Gstaad, plutôt qu'en prison, dans l'attente de l'examen de la procédure d'extradition. Je pense que cette solution est tout à fait envisageable".
BRACELET ÉLECTRONIQUE
Polanski, accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec Samantha Geimer, une fillette de 13 ans, en Californie en 1977, a été arrêté en Suisse le 26 septembre à la demande des Etats-Unis qui demandent son extradition pour le juger. Le cinéaste devrait être assigné à résidence, dans les prochains jours, dans la station huppée de Gstaad, muni d'un bracelet électronique relié à la police, et privé de ses papiers d'identité.
Le 19 octobre, en l'absence de telles garanties, une première demande de remise en liberté avait été refusée par le TPF. Le ministère de la justice répétait depuis des semaines que dans ce genre de cas, une remise en liberté était "exceptionnelle". Pourquoi un tel retournement de situation ? Folco Galli, porte-parole de l'OFJ, répond au "Monde" que, outre la caution proposée, "les juges ont tenu compte du fait que Polanski, une fois extradé aux Etats-Unis, risquait une peine maximale de deux ans, et non de cinquante ans comme cela avait dit au départ, ce qui réduit le risque de fuite".
Cet épisode ne préjuge en rien de la suite de la procédure. Le 22 octobre, une demande formelle d'extradition a été envoyée par les Etats-Unis à Berne. Les avocats de Polanski "ont été invités à faire leurs observations auprès de l'OFJ qui doit ensuite rendre une décision", explique M. Galli. Quand ? Il ne donne aucune date. Mais à en juger par le zèle avec lequel la Suisse a répondu aux sollicitations de la justice américaine, Berne devrait extrader Polanski.
Deux scénarios se dessineront alors : soit le cinéaste y consent, et cette "procédure simplifiée d'extradition" arrangerait pas mal de monde en Suisse – elle a le mérite de la rapidité et le "prisonnier" est encombrant. Soit Roman Polanski fait appel, d'abord devant le Tribunal pénal fédéral, puis, en ultime recours, devant le Tribunal fédéral à Lausanne. Ces procédures pourraient alors durer quelques mois.
Polanski n'a pas dévoilé sa stratégie. Ses avocats américains, dans un communiqué du 20novembre, ont fait savoir qu'ils sont les seuls habilités à parler au nom du cinéaste dans cette affaire, avec leur collègue suisse Lorenz Erni. Ce dernier ne s'exprime pas. Les avocats américains visaient sans doute l'avocat français Hervé Temime, qui, dans un entretien récent au "Figaro", affirmait que son client n'accepterait pas d'être extradé.
Roman Polanski, encore plus maintenant, devrait opter pour la bataille juridique. En faisant traîner la procédure, il espère purger l'essentiel de sa peine en Suisse.
MANQUEMENTS À L'ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE
S'il est extradé, Roman Polanski comparaîtra devant un tribunal de Los Angeles, qui doit lui signifier sa sentence, sur le seul chef d'inculpation retenu à l'époque des faits, de "relation sexuelle illégale avec une mineure".
La peine encourue, comme il est spécifié dans la demande d'extradition américaine, est de deux ans. Mais en 1978, le juge Rittenband, aujourd'hui décédé, n'avait requis que 90 jours de détention. Polanski avait alors passé 42 jours à la prison de Chino (Californie). Si on y ajoute les mois de détention passés en Suisse, le cinéaste aura largement dépassé le temps d'incarcération prévu initialement.
Le juge Peter Espinoza, qui pilote aujourd'hui le dossier, a reconnu que la procédure d'instruction à l'époque avait été entachée de manquements à l'éthique professionnelle. Ces manquements, qui ont dû jouer dans la décision de Polanski de fuir les Etats-Unis il y a plus de trente ans, sont exposés dans le documentaire de Marina Zenovich, Polanski: Wanted and Desired, qui vient de sortir en DVD. Les irrégularités sont même dénoncées, dans le film, par le procureur de l'époque ainsi que par l'avocat de la victime de Polanski.
"Il est difficile de contester que certains actes, montrés dans ce film, ne sont pas irréguliers", confirmait M.Espinoza à l'audience du 17 février, apparemment sensible aux arguments des avocats de Polanski. Néanmoins, le juge Espinoza a refusé de classer la plainte, en raison de l'absence du cinéaste. Les avocats américains de Polanski ont aussitôt fait appel de cette décision. Une audience est prévue le 10 décembre à Los Angeles, devant une cour d'appel et un autre juge.
L'absence du cinéaste compromet ses chances d'obtenir un classement définitif de la plainte, mais l'audience, très attendue, va permettre aux avocats de Polanski de remettre sur le devant de l'actualité les vices de procédure et les atteintes aux droits du prévenu dont il aurait été la victime.
Agathe Duparc et Claudine Mulard
La France, championne du monde... de l'auto-flagellation ?
L'équipe de France de foot est nulle. La gastronomie française est morte. La situation économique va se dégrader. Bien loin des cocoricos, entre pessimisme et repentance, les Français ont du vague à l'âme, et ont du mal à être fiers de leur pays. Et si, comme le pense Raymond Domenech, les Français avaient "une fâcheuse tendance à s'auto-flageller"?
(Rédaction internationale) Le Français est-il une espèce à part? Il règne en France une drôle d'atmosphère depuis le match de foot contre l'Irlande. La France est qualifiée pour le Mondial 2010, et depuis, c'est haro sur Raymond Domenech et sur Thierry Henry, "le tricheur". Journalistes et opinion publique réclament la démission de l'entraineur qui affiche pourtant le plus beau palmarès à ce poste. Raymond, le mal aimé, fait part de son incompréhension. "Le vrai problème, c'est l'arbitrage". Thierry Henry lui, a pensé démissionner. On peut regretter que l'égalisation salvatrice ait eu lieu grâce à une main de notre joueur le plus capé, mais les Argentins, Allemands ou autres Italiens se seraient-ils offusqués de la manière de gagner un match décisif ? Quelques grands noms comme Zidane, et des internautes anonymes sont montés au créneau : "On devrait embrasser la main de Thierry Henry". "La France ne mérite pas Thierry Henry. C’est quand même à lui que l’on devra une surconsommation d’écrans plasmas l’été prochain." Y aura-t-il des supporters français dans les tribunes sud-africaines? Siffleront-ils la Marseillaise?
Autre exemple d'auto-flagellation récent, la parution de l'édition de Tokyo du guide Michelin. On y apprend que Tokyo affiche désormais plus de restaurants étoilés que Paris. La gastronomie française est morte? Certains médias relaient la nouvelle avec gourmandise. C'est oublier un peu vite que nombreux sont les chefs français récompensés pour leurs établissements tokyoïtes, et qu'il est impossible de comparer cuisine française et japonaise.
Pessimisme viscéral
Face à la crise, la France est l'un des pays les plus pessimistes au monde (21e sur 24), et ce malgré notre formidable consommation de psychotropes. Dans une récente étude, 44% des Français sont pessimistes, avec une moyenne mondiale à 27 %; seuls les Islandais, les Roumains et les Mexicains voient l'avenir avec encore plus d'inquiétude. C'est notre fâcheuse propension à voir le verre à moitié vide, et à n'attendre rien de bon de nos dirigeants (la note obtenue par le gouvernement est de 4,4 sur 10, n'en déplaise à Christine Lagarde, pourtant promue star de la Finance par le Financial Times). Brésiliens, Russes, Indiens et Chinois, malgré l'absence d'un équivalent à notre fameux modèle social français, ont moins d'états d'âmes. Alors est-ce de la morosité et de l'auto-flagellation, ou plutôt de la lucidité quant à la place de notre pays dans le monde ? Est-ce si difficile d'être fier d'être français? Votre avis nous intéresse.
LE FRANÇAIS EST UN ÊTRE QUI SE LA JOUE BEAUCOUP, CHAMPION DU MONDE DU NOMBRILISME, IL VOIT LA PAILLE DANS L'ŒIL DES AUTRES MAIS PAS LE RESTE.
PESSIMISTE ? IL PEUT L'ÊTRE LE FRANÇAIS, PAR SON ATTITUDE DE LOOSER PERMANENT, MAIS DE GRANDE GUEULE, IL SE DISCRÉDITE ET CHERCHE LA COMPASSION INTERNATIONALE.
mercredi 25 novembre 2009
Dominique Strauss-Kahn ou la stratégie du «un pied dehors, un pied dedans»
POLITIQUE - La présence en France du directeur du Fonds monétaire international (FMI) en France est très remarquée...
Il ne parle pas, mais
il fait parler. Il est absent, mais sa présence est remarquée. Dominique Strauss-Kahn tient-il là sa stratégie pour la présidentielle de 2012? Le directeur du Fonds monétaire international fait un passage remarqué en France mardi et mercredi. Officiellement pour parler de la crise, comme il l'a fait dans plusieurs pays ces derniers temps. Officieusement pour «garder un pied dans la vie politique française», selon Rémy Lefebvre, politologue spécialiste du Parti socialiste.
Car si l'ancien ministre des Finances de Lionel Jospin est tenu à un devoir de réserve en raison de ses fonctions au sein de la prestigieuse institution internationale, sa simple présence suffit à refaire parler de lui. D'autant qu'elle est suffisamment bien orchestrée sur le plan médiatique: participation à un colloque de l'hebdomadaire anglais The Economist mardi soir, interview dans Le Figaro daté de ce mercredi puis apparition sur le plateau du Grand Journal sur Canal+, un des rendez-vous politiques les plus prisés du moment, ce mercredi soir. Libération a aussi consacré ses premières pages, analyse et sondages à l'appui, à la stratégie du présidentiable. Stratégie également longuement disséquée dans Le Monde.
«DSK a les épaules pour l'Elysée»
Si DSK reste bouche cousue, donc, les autres parlent pour lui. Y compris à gauche. Laurent Fabius, pas franchement strauss-khanien, a ainsi déclaré sur LCI ce mercredi que «DSK [avait] les épaules pour l'Elysée». Depuis qu'ils se sont réconciliés au congrès de Reims derrière Martine Aubry, les deux éléphants feraient ami-ami, Laurent Fabius ayant renoncé à toute ambition présidentielle mais pas forcément ministérielle...
L'objectif, semble-t-il, est d'éviter d'abattre ses cartes trop tôt, pour profiter le plus longtemps possible de son aura à la tête du FMI, dont le blason a été redoré pendant la crise. En restant à distance des querelles internes du Parti socialiste, Dominique Strauss-Kahn «entretient l'hypothèse du recours, de l'homme-providence qui viendra dévérouiller la situation du PS», analyse Rémy Lefebvre. Une stratégie qui s'avère payante pour l'instant, un récent sondage le donnant vainqueur au 2e tour de la présidentielle 2012 face à Nicolas Sarkozy.
Fenêtre de tir limitée
Mais la fenêtre de tir reste limitée et le calendrier serré. En cause, la date des primaires pour désigner le candidat socialiste à la présidentielle. Si elles ont lieu avant la fin 2011, il sera compliqué pour DSK d'y participer, son mandat à la tête du FMI courant jusqu'en septembre 2012. Il lui faudra en effet démissionner pour pouvoir se lancer cette bataille - qui lui a déjà fait perdre des plumes en 2006. Il ne s'y engagera donc que si celle-ci est «faiblement concurrentielle», pronostique Rémy Lefebvre.
Dans cette équation à plusieurs inconnues, beaucoup dépendra de Martine Aubry. Si la première secrétaire du PS «passe le cap des régionales, ce sera décisif pour sa candidature en 2012, reprend le politologue. Si l'échec est important, en revanche, elle sera hors jeu.» DSK pourra alors plus facilement entrer dans la danse.
Catherine Fournier
Quelques événements du 25 NOVEMBRE
25 novembre 1483
Paul Frégosse, archevêque de Gênes, forme une conjuration avec plusieurs de ses parents pour déposséder le doge Baptiste Frégosse, son neveu. L'ayant attiré dans son palais, il le retient prisonnier, et l'oblige par de grandes menaces à lui livrer les forteresses, et se fait le même jour proclamer doge. La soumission de Baptiste Frégosse servit d'exemple à toute la ville, et assura à son oncle la jouissance paisible de son usurpation.
25 novembre 1560
Mort d'André Doria, noble Génois, le plus grand homme de mer de son siècle.
25 novembre 1616
Marie de Médicis incite le maréchal d'Ancre à confier le secrétariat d'Etat aux Affaires Etrangères à l'un de ses protégés, l'évêque de Luçon, Armand Jean du Plessis, âgé de 31 ans. En 1622, ce dernier deviendra cardinal, puis fera l'acquisition de la terre de Richelieu. L'Histoire de France lui gardera plus tard le nom de Cardinal de Richelieu.
25 novembre 1723
Mort de Bruéis, né à Aix en 1640. Associé avec Palaprat, il a composé de jolies comédies, qui se jouaient encore au Théâtre-Français au XIXe siècle : le Grondeur, le Muet, l'Avocat Patelin
25 novembre 1751
Mort de Bolingbroke. Il fut secrétaire d'Etat sous la reine Anne, et prit une grande part aux affaires et aux révolutions arrivées dans les dernières années du règne de cette princesse. Il fut célèbre à Paris par son esprit et ses connaissances. Il a laissé des ouvrages de politique, des Mémoires et des Lettres.
25 novembre 1812
« Place pour monsieur Larrey ! » Le passage de la Bérésina ! Il fait moins 20° le jour et moins 30° la nuit. Les corbeaux tombent, morts, raidis en plein vol, foudroyés par le gel, l'haleine des hommes gèle au contact de l'air avec un bruit sec qui ressemble à de petites détonations. Les hommes ne peuvent même plus tenir leurs fusils. L'acier colle à leurs doigts et la plupart jettent leurs armes. La horde débandée, affamée, attifée d'oripeaux, se presse sur les bords de la Bérésina attendant son tour pour traverser le fleuve. Les pontonniers d'Eblé, de l'eau chargée de glaçons jusqu'aux épaules, reconstruisent sur chevalet leurs ponts que le courant a emportés. Un cri traverse la cohue : « Place pour monsieur Larrey ! » L'admirable chirurgien de la Garde, dont le docteur Soubiran vient de faire revivre avec talent l'émouvante et admirable figure, est l'homme le plus populaire de l'armée.
C'est lui qui a créé le service de santé, qui, en pleine bataille, sous le tir des boulets, soigne les blessés, amis et ennemis, opère, coupe des membres en dix-sept secondes, et ne pense jamais à lui. Trois fois, fendant la cohue, pour ramener ses caisses d'instruments de chirurgie. Le voici arrêté au milieu du pont. Impossible d'avancer. « Mon nom fut prononcé, racontera-t-il. Aussitôt les regards se tournent vers moi et chacun s'empresse de m'aider. » Transporté de soldat en soldat, il passe de mains en mains jusqu'à l'extrémité du pont. Quelques semaines plus tard, arrivait à Koenigsberg un officier, les pieds à demi gelés, l'uniforme en loque. Il frappe à la porte du banquier Jacobi. On lui demande qui il est. Le malheureux ne peut prononcer une parole et tend une enveloppe sur laquelle Jacobi déchiffre un nom : Dominique Larrey. Le misérable loqueteux que Jacobi a devant lui n'est autre que l'illustre chirurgien qui a demeuré chez lui voici cinq années. On s'empresse de le soigner, on le couche, mais dès le lendemain matin, frissonnant de fièvre, boitant bas, il partait inspecter les hôpitaux de Koenigsberg.
Seule une PME sur cinq a son propre site internet
67% des TPE/PME ont un accès à internet, selon l'étude réalisée par PagesJaunes.
Les deux tiers (67%) des moyennes, petites et très petites entreprises (TPE/PME) françaises ont accès à internet et seulement une sur cinq (22%) a son propre site, selon une étude dévoilée mercredi par le groupe d'annuaires PagesJaunes.
L'accès au web est plus fort en Ile-de-France (70% des entreprises interrogées) qu'en province (66%), tandis que les TPE/PME de la région parisienne ont plus souvent un site (24%) que les autres (21%).
Pour celles qui en ont un, la fonction principale du site est de présenter les produits ou services de la société (50%), puis de transmettre des informations sur l'entreprise (39%) et enfin de vendre directement une prestation (10%). Des sites qu'elles jugent plutôt efficaces, donnant une note moyenne de 6,6 sur 10 en termes de retour sur investissement.
En 2010, près d'une TPE/PME sur deux (49%) disposant d'un site souhaite améliorer son référencement sur les moteurs de recherche, 32% envisagent de le refaire et 21% veulent même en créer un nouveau.
PagesJaunes en profite pour annoncer le lancement d'une offre de création de site dédiée aux TPE et PME, qui inclut son référencement sur les moteurs de recherche et sa version optimisée pour l'iPhone. PagesJaunes va également proposer deux nouveaux modes de recherche des coordonnées d'un professionnel dans son annuaire en ligne: via la vidéo, un service disponible dès maintenant, et en délimitant une zone géographique sur une carte, à partir du 1er décembre.
Khamenei fait du pied à la Turquie
Après avoir refusé l’offre américaine d’accord nucléaire, les Iraniens cherchent de nouveaux alliés. Les Turcs semblent favorables à cette alliance périlleuse mais lucrative.
Puisque l’ayatollah Khamenei se rapproche de Recep Tayyip Erdogan, il pourrait apprendre du Premier ministre
turc comment maintenir l’équilibre dans ses alliances. “Si un ennemi possède des alliés, la position de l’ennemi est forte”, a écrit Sun Tzu, le célèbre stratège chinois, dans L’Art de la guerre. Le guide suprême iranien constate aujourd’hui que les Etats-Unis, qu’il considère comme l’ennemi de ses ambitions nucléaires, s’évertuent à nouer des alliances, y compris avec la Russie. Et cela le contrarie beaucoup. Au point que l’Iran a récemment rompu l’accord passé avec la Russie pour lancer son satellite de communication, s’adressant à la place à l’Italie [qui a refusé]. Pour enfoncer le clou un peu plus, Téhéran s’est plaint du retard pris par la Russie sur la livraison du système de missiles sol-air S-300. Jusqu'à récemment, l’Iran ne lavait jamais son linge sale devant les caméras, mais à huis clos. Maintenant que Khamenei juge la Russie déloyale, son gouvernement ne se prive pas d’exprimer ses griefs en public.
Le gouvernement iranien a décidé de reprendre l’initiative et de chercher un nouveau partenaire pour remplacer la Russie. A en juger par le récent échange de visites entre Téhéran et Ankara, il semblerait que Khamenei a trouvé un interlocuteur bien disposé en la Turquie. Mais, à la différence de la Russie, les Turcs n’ont pas de droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. Cependant, leur cote au Moyen-Orient et dans le monde musulman est en hausse certaine. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, est considéré de plus en plus comme un défenseur crédible des intérêts arabes et musulmans. Dans la rue, beaucoup de gens respectent son autorité parce qu’il a été élu à la suite d’un scrutin réellement démocratique. On ne peut pas en dire autant du président égyptien, Hosni Moubarak, ni du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, qui ont décroché leur poste de façon bien peu démocratique.
Les relations qu’entretient Erdogan avec les Etats-Unis et l’Europe jouent également en sa faveur. Même s’il s’est rapproché récemment de ses voisins musulmans dans la région, il n’a pas coupé ses liens avec l’Ouest, jouant avec habileté sur les deux tableaux. De plus, ses rapports avec les Etats-Unis ne reposent pas sur une faiblesse de la Turquie. Il a déjà résisté aux pressions américaines et a même refusé une promesse de 6 milliards de dollars [4 milliards d’euros] d’aides et de 20 milliards de dollars [13,3 milliards d’euros] de garantie de prêts parce que l’accord ne lui convenait pas. Ses attaques verbales contre Israël après la dernière guerre de Gaza ont aussi certainement contribué à lui donner une bonne image dans la région.
Maintenant que Khamenei a rejeté l’offre nucléaire de Barack Obama, il doit penser que les risques de sanctions sont plus grands. Il lui faut donc changer de stratégie pour affronter les difficultés qui l’attendent. Une solution est de transformer son bras de fer avec Obama en une nouvelle confrontation Est-Ouest. Si l’on en croit le débat télévisé organisé récemment au Qatar et diffusé dans plusieurs pays, débat où le programme nucléaire iranien a été discuté par plusieurs analystes du Moyen-Orient, la position de Khamenei suscite incontestablement la sympathie. Pour beaucoup dans la région, le programme nucléaire iranien est le seul moyen de contrer la supériorité d’Israël dans le rapport de forces. C’est une stratégie qui a des chances de réussir. Par ailleurs, la popularité croissante d’Erdogan dans la région ainsi que l’embellie dans les relations de Téhéran avec le gouvernement turc permettraient à Khamenei de renforcer sa propre position lorsque les temps seront durs. Il sera également aidé par l’absence de progrès dans le processus de paix israélo-palestinien.
Saab va dans le mur
Décidément, General Motors a du mal à boucler sa restructuration. Après avoir renoncé à vendre Opel au canadien Magna et à la banque russe Sberbank, voilà que Koenigsegg, le fabricant suédois de voitures de luxe, renonce, mardi, à racheter à GM
le constructeur automobile suédois Saab, invoquant des retards trop importants dans le bouclage de la transaction. Ce n'est pas la première fois que GM ne réussit pas à concrétiser une vente. Il avait convenu de vendre la marque Saturn à Penske Automotive Group, mais la chose a tourné court fin septembre, peu de temps avant le bouclage théorique de la cession.
"Nous avons le regret, après six mois de travail intensif et déterminé, d'arriver à la conclusion difficile et douloureuse que nous ne serons pas en mesure de conclure l'acquisition de Saab Automobile", écrit le fondateur et PDG de la société, Christian von Koenigsegg, dans un communiqué.
"La question du calendrier a toujours été essentielle pour notre stratégie visant à insuffler une nouvelle vie à l'entreprise. Malheureusement, les retards dans le bouclage de l'opération ont entraîné des risques et des incertitudes qui nous empêchent de mener à bien nos plans pour le nouveau Saab", explique-t-il.
Koenigsegg, qui menait un consortium d'investisseurs pour reprendre Saab, avait annoncé début septembre avoir été renforcé par le groupe chinois BAIC pour reprendre la filiale suédoise en difficulté de General Motors. Le porte-parole de Saab, Eric Geers, indique que la décision de Koenigsegg était "arrivée comme une surprise" et que GM devait prendre une décision sur l'avenir de sa filiale la semaine prochaine. Le groupe américain, qui souhaite vendre Saab depuis décembre 2008, a plusieurs fois indiqué vouloir se séparer du constructeur suédois avant la fin 2010. Le conseil d'administration de GM doit se réunir mardi prochain à Detroit, et la question de l'avenir de Saab devrait peser sur l'ordre du jour, alors que le groupe américain doit se recentrer sur ses quatre marques principales : Chevrolet, Cadillac, Buick et GMC.
Saab Automobile, qui a périclité depuis 1990 durant les deux décennies passées dans le giron de General Motors, avec des pertes chroniques et un vieillissement de sa gamme jadis réputée pour son avance technique, n'a vendu qu'environ 93 000 voitures l'an dernier. Depuis le début de l'année, les ventes de Saab ont encore reculé de plus de 65 %, plombées par les incertitudes quant à l'avenir de la marque. Selon des médias suédois, Saab, qui a sollicité un prêt de 400 millions d'euros auprès de la Banque européenne d'investissement (BEI), voit ses fonds s'épuiser.
Pour GM, c'est en tout cas l'histoire de l'arroseur arrosé puisqu'il y a trois semaines, c'est lui qui avait au dernier moment annulé la vente du constructeur européen Opel-Vauxhall au canadien Magna et à la banque russe Sberbank.
La gestion de la RATP épinglée par la Cour des comptes
Dans un rapport dévoilé mercredi par Bakchich hebdo, la Cour des comptes critique sérieusement la gestion de la RATP, en estimant que "l'absence de calcul de rentabilité financière de ses investissements ne relève pas d'une approche d'entreprise".
Ce rapport "particulier", dé
libéré le 7 mai et portant sur les exercices 2001-2007, avance que la RATP "estime que ses investissements sont déficitaires, mais soutient qu'aucun objectif de rentabilité ne lui serait demandé". La Cour relève que la délibération de fin d'année du conseil d'administration "autorise systématiquement le président à contracter 'les emprunts nécessaires pour financer les dépenses d'investissements […], ainsi que les remboursements d'emprunts' sans définir ni le montant des emprunts nécessaires ni le niveau d'endettement".
Comparant les entreprises de transport urbain, la Cour note que d'après un indicateur pertinent la RATP est plus chère de 20 % sur le métro et de 24 sur le RER "par rapport à une moyenne hors Paris". Pour le bus, "Paris est 50 % plus chère que Lyon et plus chère encore que les grandes villes européennes". La Cour relève aussi "la surestimation de la rentabilité socio-économique des projets de tramway".
Sur le plan social, la Cour souligne que "le salaire moyen annuel brut a augmenté de 18,65 %, soit une augmentation moyenne de 3,1 % par an, niveau sensiblement supérieur à l'inflation en moyenne annuelle sur la période (+1,77 %)".
Affaire Jean Sarkozy : M6 et Canal+ sanctionné
Le CSA a mis en demeure M6 et engagé une procédure de sanction contre Canal+ à la suite de la diffusion d'un sujet sur l'éventuelle élection du président de l'Epad.
Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a officialisé, mardi 24 novembre, sa décision de mettre en dem
eure M6 et d'engager une procédure de sanction à l'encontre de Canal+ à la suite de la diffusion d'un sujet sur l'éventuelle élection du président de l'Epad.
D'après le CSA, dans un sujet consacré à l'élection du président du conseil d'administration de l'Etablissement public pour l'aménagement de la région de la Défense, le journal télévisé de M6 du 22 octobre comportait une séquence présentée "comme un extrait d'un journal de la chaîne allemande ARD et dans laquelle le journaliste semblait commenter de manière ironique cette élection". Les images diffusées étaient en réalité issues "d'un montage à caractère satirique" provenant d'un site internet et réalisé "à partir d'une séquence d'origine traitant un sujet totalement dépourvu de rapport avec l'élection", selon le CSA. Considérant que "l'information ainsi donnée était inexacte et de nature à abuser les téléspectateurs", il a mis en demeure la chaîne.
Plus important quartier d'affaires d'Europe
Le CSA a également décidé d'engager une procédure de sanction contre Canal+ qui a diffusé la même séquence le 18 octobre et a déjà été mis en demeure le 24 février pour un manquement similaire.
Jean Sarkozy, le fils cadet du président de la République, avait renoncé le 22 octobre à briguer la présidence de l'Epad, le quartier d'affaires le plus important d'Europe, après plus de deux semaines d'intense polémique en France et à l'étranger.











